MONDE

1792-1981

La Veuve fonctionne partout


Palmarès du Pacifique : Nouvelle-Calédonie, Polynésie



Date Heure Lieu Nom Crime Exécution Condamnation
30 décembre 1858 Jeudi, Felipo Bouéone Chef Kanak de Balade. Accusé d'avoir fait incendier l'église de Pouébo. Fusillé. Pas de procès
29 août 1859 Lundi Kandio Chef Kanak Fusillé.
18 novembre 1859 Vendredi, Jack N'Gara Rétié Chef Kanak Fusillé.
06 octobre 1862 Lundi, 6h Port-de-France (Nouméa) Alexandre Albert et Emile Charles Pierre Sévin Fusillés à la baie des Anglais. Premiers Français exécutés sur l'île. septembre 1862
11 août 1864 Papeete (Tahiti) Deux Chinois La guillotine fut construite sur place ? EXECUTION A VERIFIER
17 juin 1865 Samedi, 7h Ile Nou Alexandre Charles Bourifé 39 ans, carrier, transporté n°133-15228, condamné le 10 décembre 1862 par la cour d'assises de la Seine pour tentative de meurtre aux travaux forcés à perpétuité.

Tue de deux coups de couteau son co-détenu Emile Roger, 27 ans, dont il était amoureux et jaloux, le 12 juin 1865.
Fusillé. 16 juin 1865
23 avril 1867 Mardi, 7h Ile Nou René François Chevrel 34 ans, manoeuvre, transporté n°76-14419, condamné le 02 juin 1862 par la cour d'assises de la Loire-Inférieure pour cambriolage à vingt ans de travaux forcés.

A la ferme-modèle de Yahoué, tente d'assassiner le sergent Bergerot, surveillant.
Fusillé. 16 avril 1867
08 juin 1867 Samedi, 7h Ile Nou Pierre Antoine "Capmann" Salmé 42 ans, marchand ambulant, transporté n°117-15112, condamné le 06 mai 1863 par la cour d'assises du Var pour cambriolages à vingt ans de travaux forcés.

Tente d'assassiner à coups de bouteille le sergent Desgeorges au dépôt de correction de Napoléonville en 1867.
Fusillé. 01 juin 1867
25 septembre 1867 Mercredi, Presqu'Ile Ducos (Nouvelle-Calédonie) Sobres, Matapon, Soupesale et Tiver Néo-Hébridais. A Pâïta, le 16 août 1867, attaquent la famille Pascal, et massacrent le père, la mère, leurs enfants âgés de 4 et 1 ans, et leur domestique, le forçat Jean Combroux. Première exécution capitale effectuée avec la guillotine en Nouvelle-Calédonie.
18 mai 1868 Lundi, 16h05 jusqu'à 16h17 Pouébo (Nouvelle-Calédonie) Maep,
Apollo Bwawi,
Elisé Dien,
Benjamin Kela,
David Tuabuat,
Pierre "Poindi de Chamboine" Cabwen,
Tom Harry,
"Samboine" Pwaedi,
Thierry Teary
et Pierre "de Bouhaïabate" Amwen.
30 ans, 25 ans, 36 ans, 18 ans, 30 ans, 38 ans, 40 ans, 30 ans, 50 ans et 30 ans, Kanaks s'étant rebellés contre la spoliation coloniale du gouvernement Guillain.

A la tête d'un groupe d'environ 300 hommes, le 6 octobre 1867 vers 17h30, assassinent à Pouébo, au lieu-dit Pont Boïvou, le maréchal des logis Alfred Theodor Bailly, 39 ans, et le gendarme Etienne Venturini, 32 ans, et jettent leurs corps dans la mangrove où ils sont repêchés le lendemain. A 20h, pillent le magasin Bertrand-Delrieu puis se rendent à un kilomètre de là, à la maison des colons Demené : assassinent d'un coup de casse-tête le colon agriculteur Pierre Demené, 50 ans, puis tuent à la hache et au casse-tête sa fille Louise Eugénie, 7 ans, son fils Alfred, 4 mois, et leur serviteur loyatien Koouine, avant de piller la maison. Eugénie Alexandrine Blanchard, veuve Demené, 33 ans, survit à ses graves blessures après s'être cachée dans un arbre, ainsi que son beau-fils Pierre-François Demené, 12 ans, et son fils aîné Emile Pierre Demené, 9 ans, qui avaient été frappés et laissés pour morts dans un fossé. Vers 23h45, à Oubatche, attaquent la station Henry et attirent à l'extérieur le jeune Alick Henry, 16 ans, qui est blessé de trois coups de casse-tête, puis fuient quand les occupants ripostent à coups de fusil. La situation fut volontairement montée en épingle, les journaux d'époque affirmant que les victimes avaient été dévorées par les rebelles !
Guillotinés sur le site d'Ouvanou, devant la chefferie Mwelebeng 09 mai 1868
16 juillet 1868 Jeudi, 6h Ile Nou Hamida ben Cella 29 ans, Algérien, journalier, transporté n°18634, condamné le 01 décembre 1866 par le 2e Conseil de Guerre d'Oran pour meurtre à dix ans de travaux forcés

Meurtre d'un condamné.
04 juillet 1868
08 septembre 1868 Mardi, 5h30 Ile Nou Jean Genest EXECUTION A VERIFIER
19 mai 1869 Mercredi, 7h Papara (Tahiti) Chim Siou Kung, dit Chim Soo Chinois, auteur d'une rixe ayant occasionné un mort et plusieurs blessés graves. Ses trois complices, condamnés à mort, sont graciés. Baptisé à Papeuriri sous le nom de Paul. Exécuté place d'Atimaono au moment où une pièce d'artillerie marque le premier coup de sept heures. 13 mars 1869
13 janvier 1871 Vendredi, 6h30 Ile Nou Alphonse Louis Rémy 37 ans, jardinier, transporté n°2616, condamné le 01 décembre 1868 par la cour d'assises de la Seine-et-Marne pour braconnage et meurtre d'un garde forestier aux travaux forcés à perpétuité.

Evasion, vol, tentative d'assassinat.
06 janvier 1871
10 février 1871 Vendredi, 6h30 Ile Nou Nicolas Chevanne 42 ans, cultivateur, transporté n°19481, condamné le 08 août 1867 par la cour d'assises de la Seine pour viols de sa propre fille aux travaux forcés à perpétuité.

Garçon de famille chez un colon, en état d'ivresse, blesse la fille de son employeur d'un coup de revolver, vols et évasion
07 février 1871
10 mars 1871 Vendredi, 6h30 Ile Nou François Marie Multédo 31 ans, postillon, transporté n°18013, condamné le 19 mai 1866 par la cour d'assises de Corse pour assassinat et vol commis en 1866 aux travaux forcés à perpétuité.

Tentative d'assassinat d'un gardien.
28 février 1871
28 novembre 1871 Mardi, 6h30 Ile Nou Louis Victor "Isidore" Brun 34 ans, piqueur de bottines, transporté n°18540, condamné le 19 novembre 1866 par la cour d'assises de Seine-Inférieure pour deux cambriolages à six ans de travaux forcés

17 novembre 1871
07 mai 1872 Mardi, 6h30 Ile Nou Charles Eugène Félix Girardet ? EXECUTION A VERIFIER
28 juin 1872 Vendredi, 6h Ile Nou Charles Louis Pierre 26 ans, fumiste, transporté n°21077, condamné le 21 novembre 1868 par la cour d'assises de la Haute-Garonne pour tentative d'assassinat à vingt ans de travaux forcés

Blesse d'un coup de couteau le surveillant Collin. Avait l'intention de faire subir un sort similaire à un autre gardien.
21 juin 1872
26 octobre 1872 Samedi, Ile Nou Noël Marie "Gabriel" Le Menez 43 ans, boulanger, transporté n°18484, condamné le 18 octobre 1866 par la cour d'assises du Finistère pour tentative d'assassinat sur son épouse aux travaux forcés à perpétuité.

Embauché à la boulangerie du bagne, surpris en flagrant délit de vol de pain le 15 septembre 1872, tue le distributeur Pierre-Sabas Germain, 56 ans, qui voulait s'interposer et le dénoncer.
18 octobre 1872
02 décembre 1873 Mardi, 6h Ile Nou Charles Dominique Giovacchini 44 ans, propriétaire, transporté n°18999, condamné le 13 mai 1867 par la cour d'assises de la Corse pour meurtre à vingt ans de travaux forcés.

Tue Mme Caujolle parce qu'elle venait de le licencier de sa place de domestique.
25 novembre 1873
26 janvier 1874 Lundi, 6h Ile des Pins (Nouvelle-Calédonie) Ernest Henri Lamouche, Henry Adolphe Althaus, Henri Emile Andrieux et Isidore Désiré Perrot Tous condamnés pour participation à la Commune, déportés sur l'île des Pins. Membres d'une association appelée "La Tierce", ou "Les casquettes bleues", prennent en haine le détenu Saint-Bris, conseiller (un des trois délégués élus chargés de l'intendance des autres détenus), dont l'autorité dépassait de beaucoup celle des gardiens. Le 20 juillet 1873, le menacent et le malmènent à plusieurs reprises, avant de forcer sa porte dans la soirée et de lui briser la tête de quatre coups d'une énorme matraque de fortune. Fusillés devant environ 900 déportés. 13 janvier 1874
15 avril 1874 Mercredi, 6h Ile Nou Auguste Petitclair 27 ans, forgeron, transporté n°22643, condamné le 01 juillet 1870 par la cour d'assises de la Seine pour vol et tentative de vol à huit ans de travaux forcés.

Le 4 janvier 1874, refusant de se lever, donne un coup de poing au visage du surveillant Robas avant de le frapper d'un coup de soulier au visage.
03 avril 1874
17 juin 1874 Mercredi, 6h Ile Nou Auguste Coron 24 ans, domestique, transporté n°?, condamné en 1871.

Le 30 mars 1874, sur l'île aux Pins, tue à coups de houe le transporté Louis Gaucher, 44 ans, pour lui voler une pièce de cinq francs.
02 juin 1874
08 août 1874 Samedi, 6h Ile Nou Auguste Métayer 36 ans, journalier, transporté n°?, condamné en 1867.

Incendie volontaire.
Guillotiné août 1874
08 août 1874 Samedi, 6h Ile Nou Ange Ferri 35 ans, Italien, terrassier, transporté n°18009, condamné le 14 mai 1866 par la cour d'assises de la Corse pour meurtre commis en 1865 à dix ans de travaux forcés.

Le 17 juin 1874, pris de rage contre le transporté Labusserne, et ivre, s'arme d'une hache, le tue de cinq coups. Tente également de tuer Louis Couronné, qui pare le coup et part prévenir les surveillants.
Fusillé août 1874
14 septembre 1874 Lundi, 6h Ile Nou Henri Alfred Chassé 28 ans, tourneur, transporté n°22749, condamné le 05 août 1870 par la cour d'assises de la Charente pour cambriolage chez son employeur à huit ans de travaux forcés.

Surpris en possession de trois bouteilles de bière volées, agresse le surveillant Jacques Schumacher, lui déchirant ses vêtements, le mordant à la main gauche.
04 septembre 1874
05 novembre 1874 Jeudi, 6h Ile Nou Jean Gros 40 ans, journalier et mineur, transporté n°19155, condamné le 28 juin 1867 par la cour d'assises de la Loire pour tentative d'assassinat à quinze ans de travaux forcés.

Tente de tuer de plusieurs coups de hachette le libéré Louis Tarel.
23 octobre 1874
07 décembre 1874 Lundi, 6h Ile Nou Louis Joseph Eloi Lâne 32 ans, journalier, transporté n°19583, condamné le 29 octobre 1867 par la cour d'assises du Loiret pour viol d'une adolescente de moins de quinze ans à huit ans de travaux forcés.

Au cours d'une évasion, le 23 septembre 1874, à Moindou, tente d'agresser sexuellement Mlle Denize, puis frappe à coups de bâton Mme Pinot qui s'interposait. Denize, blessée elle aussi par le gourdin, s'enfuyant, Lâne porte Mme Pinot évanouie sur le lit et la viole..
24 novembre 1874
20 mai 1875 Jeudi, 6h30 Ile Nou Auguste Rose 35 ans, forgeron, transporté n°18301, condamné le 20 août 1866 par le 2e Conseil de guerre d'Oran pour tentative de meurtre à cinq ans de travaux forcés.

Fusillé mai 1875
30 août 1875 Lundi, 6h Ile Nou Laurian Jules Gauthier 36 ans, cordonnier, transporté n°18809, condamné le 12 février 1867 par la cour d'assises du Puy-de-Dôme pour deux tentatives d'assassinat aux travaux forcés à perpétuité.

Sur l'île Nou, le 16 juin 1875, tente de tuer de huit coups de tranchet le transporté Jean-Claude Vernot, son amant infidèle.
20 août 1875
28 septembre 1875 Mardi, 6h Ile Nou Firmin Pradal 28 ans, cultivateur, transporté n°25707, condamné le 16 mars 1873 par la cour d'assises de l'Ardèche pour parricide aux travaux forcés à perpétuité.

Le 31 juillet 1875, insulte et frappe d'un coup de pied et de poing le surveillant Paul Marcelin Rolland qui venait de lui faire des remontrances à cause de son ivresse.
17 septembre 1875
10 novembre 1875 Mercredi, 6h Ducos Léon Joseph Rogier 26 ans, garçon de buanderie, déporté n°168, condamné le 28 mars 1872 par le 23e Conseil de guerre de Vincennes pour participation à la Commune (désertion, port d'armes et d'uniforme lors d'un mouvement insurrectionnel et outrages envers ses supérieurs) à la déportation.

A la presqu'île Ducos, le 11 octobre 1875, assassine le déporté François Armand Rinboeuf, 26 ans, cordonnier.
Fusillé novembre 1875
15 février 1876 Mardi, 6h Ile Nou Alexandre Jean-Baptiste Leroy 24 ans, ajusteur, transporté n°?, condamné le 20 avril 1875 par la cour d'assises de la Seine pour vols qualifiés à huit ans de travaux forcés.

En rade de Ste-Catherine, le 10 novembre 1875, à bord du "Rhin", égorge d'un coup de rasoir son co-détenu Pezeu. Erreur : il voulait tuer Barbier, qui avait dénoncé une tentative d'évasion de sa part.
10 février 1876
29 mars 1876 Mercredi, 6h Ile Nou Jean Delaire 24 ans, tisseur, transporté n°7750, condamné le 26 mai 1875 par la cour d'assises du Puy-de-Dôme pour vols qualifiés à dix ans de travaux forcés.

Le 14 mars 1876, assassine le surveillant Salvadori et tente de tuer le surveillant Schanebel, puis frappe le condamné Rambaud qui venait à la rescousse.
24 mars 1876
09 mai 1876 Mardi, 6h Ile Nou Calixte Lavorelle 26 ans, laboureur, transporté n°23752-4764, condamné le 12 août 1871 par le 1er Conseil de guerre de Rouen pour désertion à l'intérieur d'un territoire en état de siège et à l'ennemi à la peine de mort, peine commuée en travaux forcés à perpétuité le 31 octobre 1871.

Le 10 février 1876, en état d'ivresse, frappe d'un coup de couteau le surveillant Poggi sans le tuer.
02 mai 1876
26 mars 1877 Lundi, 6h Ile Nou Jules Albert Triolet 25 ans, domestique, transporté n°23637-4728, condamné le 16 novembre 1871 par la cour d'assises de la Marne pour assassinat et vol aux travaux forcés à perpétuité.

S'évadant le 10 février 1877, assassine à Moindou Heloïse Serres, 15 ans, parce qu'elle refusait de se laisser violer.
20 mars 1877
28 avril 1877 Samedi, 6h Ile Nou Jacques Morel 31 ans, cultivateur, transporté n°23194-4324, condamné le 13 juin 1871 par la cour d'assises de la Loire pour cambriolages à cinq ans de travaux forcés.

Fusillé 20 avril 1877
25 juin 1877 Lundi, 7h Ile Nou Constantino Verdoja, Pascal Manuel Murillo et Victor Frédéric Camus Verdoja, 33 ans, maçon, transporté n°20217-2262, condamné le 29 février 1868 par la cour d'assises de l'Isère pour tentative de vol et d'assassinat à la peine de mort, peine commuée en travaux forcés à perpétuité le 08 avril 1868.

Murillo, 57 ans, cordonnier, transporté n°21938-3435, condamné le 08 août 1869 par la cour d'assises des Basses-Pyrénées pour tentative de vol qualifié et d'assassinat à la peine de mort, peine commuée en travaux forcés à perpétuité le 04 septembre 1869.

Camus, 56 ans, charpentier, transporté n°22430-3026, condamné le 17 décembre 1850 par la cour d'assises de l'Oise pour cambriolage à vingt ans de travaux forcés, incarcéré à Brest puis en Guyane, libéré et revenu en France, condamné le 06 avril 1870 par la cour d'assises de Seine-et-Oise pour cambriolages à vingt ans de travaux forcés.

Evadés, assassinent le 11 mai 1877 à Fonwhary (La Foa) le surveillant Jacques Gallemaille, 35 ans, son fils Alfred, vingt mois, et le garçon de famille Duroux pour les voler. Elise Dottier, épouse Gallemaille, 24 ans, survit, de même que le petit Léon, âgé de deux mois et qui, caché par sa mère dans le jardin sous un arbre, échappe à la vigilance des assassins.
19 juin 1877
25 juin 1877 Lundi, 7h30 Ile Nou Fortuné Duménil 32 ans, journalier, transporté n°18546-940, condamné le 26 novembre 1866 par la cour d'assises de la Seine-Inférieure pour incendie volontaire d'une maison habitée en 1857 et vol de son employeur en 1860 à huit ans de travaux forcés. Libéré le

A Moindou, assassine sa patronne Mme Réal. En compagnie des évadés Verdoja, Camus et Murillo, participe à l'assassinat le 11 mai 1877 à Fonwhary (La Foa) du surveillant Jacques Gallemaille, 35 ans, de son fils Alfred, vingt mois, et du garçon de famille Duroux pour les voler. Elise Dottier, épouse Gallemaille, 24 ans, survit, de même que le petit Léon, âgé de deux mois et qui, caché par sa mère dans le jardin sous un arbre, échappe à la vigilance des assassins.
Fusillé. 19 juin 1877
04 juin 1878 Mardi, Île des Pins Nicolas Wormeringer 34 ans, boulanger, déporté n°186, condamné le 09 janvier 1872 par le 11e Conseil de guerre de Rambouillet pour port d'armes et d'uniforme dans un mouvement insurrectionnel à la déportation.

Le 10 mars 1878, à la prison du 4e groupe de la déportation, blesse mortellement de deux coups de couteau son co-détenu, Désiré Marchandon, 29 ans, déporté n°534. Son complice, Charles Ebstein, déporté 802, condamné à mort, est gracié.
Fusillé 17 mai 1878
30 juin 1878 Dumbéa Bambaï et onze autres Kanaks
juillet 1878 Tehen de Monéo, Poindi de Ponérihouen, Cambo de Houaïlou et six autres Kanaks Près de Canala, assassinent le sergent-interprète Donon. Un dixième condamné, trop malade, n'est pas supplicié.
avant le 02 octobre 1878 Bourail Willy Kanak. Trahison et assassinat.
28 décembre 1878 Samedi, 6h Ile Nou Léon Gustave Charpentier 22 ans, manouvrier, transporté n°362-6406, condamné le 02 février 1874 par la cour d'assises de l'Aisne pour vol qualifié à cinq ans de travaux forcés.

Le 23 octobre 1878, vole des outils, s'évade, puis tente d'assassiner le libéré Jules Louis Joseph Collinet à coups de masse et de burin avant de lui voler 15 centimes, un mouchoir, un couteau et du tabac.
27 décembre 1878
01 mai 1879 François et Dionnet Chefs Kanaks. A Muéo, le 11 septembre 1878, assassins de Henry Houdaille, colon, ancien gendarme, qui s'était interposé entre deux tribus ennemies, soutenant les Nekliaï contre les Néa.
1879 6h Ile Nou Une exécution
13 octobre 1879 Lundi, 6h Ile Nou Louis Emile Prou 31 ans, sans profession, transporté n°2696-8536, condamné le 18 février 1876 par la cour d'assises du Gard pour tentative d'assassinat sur un gardien de prison à huit ans de travaux forcés.

Le 19 juin 1878, s'évade de l'île Nou, et frappe de quatre coups de tiers-point le gardien de bétail Bertrand, libéré, qui cherchait à l'arrêter. Maîtrisé et ramené en prison, il frappe de trois coups de couteau le condamné Mayer qui venait lui remettre un uniforme de prisonnier. Condamné par le 1er Conseil de Guerre de Nouméa à la peine de mort le 20 septembre 1878, gracié le 04 octobre 1878. Le 22 septembre 1879, à l'île Nou, blesse de deux coups de couteau dans la poitrine le docteur Joseph Grosperrin qui refusait de lui délivrer un arrêt de travail, habitué à son hypocondrie.
07 octobre 1879
05 décembre 1879 Vendredi, 6h Ile Nou Jean-Baptiste Perret 24 ans, domestique, transporté n°1964-7864, condamné le 08 juin 1875 par la cour d'assises de la Lozère pour meurtre et vol qualifié aux travaux forcés à perpétuité.

Tentative d'assassinat.
28 novembre 1879
29 décembre 1879 Mercredi, 6h Ile Nou Marie-Joseph Mercery ans, propriétaire, transporté n°?, condamné le ?.

Voies de fait sur surveillant.
19 décembre 1879
31 décembre 1879 Mercredi, 6h Ile Nou Jean-Baptiste Lemaire 21 ans, journalier, transporté n°4233-10076, condamné le 06 novembre 1877 par le Conseil de guerre de Toulon pour incendie volontaire à dix ans de travaux forcés.

Assassinat
29 décembre 1879
27 février 1880 Vendredi, 6h Ile Nou Jean-Alexandre Olivier et Jean-François Hippolyte Chanéac Olivier, 32 ans, maréchal-ferrant, transporté n°272-6315, condamné le 04 septembre 1873 par la cour d'assises des Deux-Sèvres pour assassinat aux travaux forcés à perpétuité.

Chanéac, 38 ans, agent de police, transporté n°24509-4987, condamné le 08 juin 1872 par la cour d'assises de la Loire pour assassinat aux travaux forcés à perpétuité.

17 février 1880
29 avril 1880 Jeudi, 6h Ile Nou Marie François Joseph Dubois et Jean-Louis Poulmarch 32 ans, photographe, transporté n°2473-8353, condamné le 14 janvier 1876 par la cour d'assises des Alpes-Maritimes pour vol qualifié à vingt ans de travaux forcés.

Poulmarch, 36 ans, terrassier, transporté n°3867-9716, condamné le 04 juin 1877 par la cour d'assises d'Eure-et-Loir pour vols à quinze ans de travaux forcés.

20 avril 1880
22 juin 1881 Mercredi, 6h Ile Nou Louis Joseph Thieux 35 ans, claqueur de chaussures, transporté n°501-6522, condamné le 06 décembre 1873 par la cour d'assises de l'Oise pour meurtre aux travaux forcés à perpétuité.

Assassin du gardien Gerbe
24 décembre 1880
09 février 1885 Lundi, 6h15, 6h20 Ile Nou François Ferrari et Louis Rotatori Ferrari, 51 ans, cordonnier, transporté n°4651-10474, condamné le 15 mai 1878 par la cour d'assises de l'Aude pour meurtre aux travaux forcés à perpétuité.

Rotatori, 40 ans, carrier, transporté n°6846-12576, condamné le 20 novembre 1880 par la cour d'assises des Bouches-du-Rhône pour vols qualifiés à quinze ans de travaux forcés.

Première exécution en quatre ans. Avertis par le commandant du pénitencier la veille au soir. Ferrari demande devant l'échafaud, après avoir regardé la machine, à pouvoir dire quelques mots. Il fait l'apologie de sa vie, puis finalement, se précipite sur la bascule en criant : "C'est la plus belle des morts !" Veschi, lui, insultant le président Grévy, on fait battre le tambour pour couvrir sa voix. 10 juin 1884
08 mai 1886 Ile Nou Charles Antoine Courtin 23 avril 1886
17 juin 1886 Jeudi, 6h, 6h05 Ile Nou Joseph Veschi





Luigi Mosca
43 ans, meunier, transporté n°3027-22442, condamné le 02 mai 1870 par la cour d'assises de Bastia pour meurtre commis à l'arme à feu à vingt ans de travaux forcés. Condamné à vingt ans de travaux forcés supplémentaires par le Conseil de guerre de Nouméa le 6 novembre 1877 pour viol.

Devenu domestique chez M.Roger, propriétaire terrien à Gadjy, le 19 octobre 1885, suite à l'invitation d'un ouvrier canaque d'aller à la chasse, il s'empare d'un fusil Lefaucheux et abat trois autres prisonniers, le transporté Tellier, abattu dans le dos, le transporté Gaudin et le transporté Bart, tous trois domestiques dans la même propriété que lui, sans qu'il soit en état d'ivresse... Il tirera sur un quatrième transporté, Ducret, sans le toucher, puis se rendra à la police aux alentours de la Dumbea. Il affirmera avoir vu se venger de tous : de Tellier parce qu'il avait bu du vin sans le partager, Gaudin parce qu'il l'avait insulté, Bart parce qu'il avait fait une grimace en voyant Gaudin se faire tuer et Ducret parce qu'il s'était interposé entre Veschi et Gaudin.





26 ans, journalier, Italien, transporté n°9965-15483, condamné le 28 mai 1884 par la cour d'assises des Bouches-du-Rhône pour avoir le 21 février 1884 à Marseille tué à coups de couteau les époux Gatto, 75 ans et 64 ans, ses anciens logeurs, aux travaux forcés à perpétuité.

Evadé de Bourail, en compagnie d'un co-détenu, Froment, le 03 novembre 1885, vole vingt-huit choux dans le champ du concessionnaire Ben Hanila. Ce dernier, les surprenant, est tué de sept coups de couteau par Mosca.
29 décembre 1885





22 décembre 1885
28 décembre 1887 Mercredi, 5h30 Ile Nou Julien Fouilleul





Jacques Roumieux
30 ans, domestique de ferme, transporté n°3848-9699, condamné le 18 avril 1877 par la cour d'assises de la Mayenne pour assassinat et vol à la peine de mort, peine commuée en travaux forcés à perpétuité le.

?





27 ans, ferblantier, transporté n°758-16240, condamné le 30 avril 1885 par la cour d'assises du Doubs pour agression et vol avec violences à quinze ans de travaux forcés.

Tuèrent un Kanak






mai 1887
29 mai 1889 Mercredi, 6h15 Ile Nou Charles Gramont 25 ans, tonnelier, transporté n°9798-15278, condamné le 29 décembre 1883 par le 2e Conseil de guerre de la Guadeloupe pour destruction de biens de l'armée et vol d'armes et d'un bateau à huit ans de travaux forcés.

Tentative d'assassinat d'un autre détenu, Rouyer, qu'il frappe de deux coups de couteau pour se venger d'une punition dont il l'estimait responsable.
Regarde les trois cents condamnés réunis, puis la guillotine, impassible, et embrasse sans conviction le crucifix tendu par le père David. Demande et obtient du directeur le droit de s'adresser aux co-détenus : "Camarades, je vais mourir, ne me plaignez pas, j'ai mérité mon châtiment. D'ailleurs, je ne regrette pas de m'en aller, car mes souffrances sont terminées, tandis que vous n'êtes pas au bout des vôtres. Mais laissez-moi, avant de monter sur l'échafaud, vous donner un conseil, ne vous laissez jamais mener par les autres, ne faites jamais rien à l'instigation de vos camarades, ne subissez pas les excitations auxquelles on veut vous posser. Moi-même, je paie aujourd'hui pour d'autres, que je ne veux pas nommer, et qui m'ont poussé au crime. Quand un co-détenu vous y invitera, répondez-lui fais, agis toi-même, cela ne me regarde pas. Camarades, adieu une dernière fois, je pardonne à tous ceux qui m'ont fait du mal..." Gramont embrasse l'aumônier, et dit : "Il faut beaucoup de courage, mais j'en ai. Allons !" Sur la bascule, regarde Macé et s'écrie : "Dépêchez-vous !" Commentaire de l'exécuteur en essuyant le couperet : "A qui le tour ?" 28 décembre 1888
16 septembre 1889 Lundi, 5h30 Ile Nou Léonard "Henri" Bonnaud et Charles Joseph Deslin Bonnaud, 33 ans, chiffonnier, transporté n°7724-13426, condamné le 08 août 1881 par la cour d'assises de la Haute-Garonne pour vol qualifié à huit ans de travaux forcés et le 25 novembre 1881 par la cour d'assises de la Gironde pour vols qualifiés à vingt ans de travaux forcés.

Deslin, 29 ans, marchand ambulant, transporté n°8170-13819, condamné le 08 mars 1882 par la cour d'assises de la Seine pour vol qualifié avec violences aux travaux forcés à perpétuité, peine commuée en vingt ans de travaux forcés le 12 juin 1882.

Tuèrent le 03 décembre 1888 au camp disciplinaire Brun, à Bouloupari, leur co-détenu Léon Ménesson, 36 ans, en lui sciant le cou avec le couvercle d'une boîte de conserve, pour se venger : Deslin avait confié 10 francs à la victime pour qu'il achète du tabac, Ménesson avait gardé l'argent et affirmé que Bonnaud le lui avait dérobé.
Peu émus par la nouvelle. Bonnaud se montre ferme, et avant d'être basculé, se tourne vers le directeur et lui fait ses adieux. Deslin, qui assiste à la scène, salue également les 350 détenus de cinquième classe qui, agenouillés, assistent à la double exécution. 29 juin 1889
19 novembre 1889 Mardi, 6h Ile Nou Joseph François Morin 35 ans, ouvrier mégissier, transporté n°9964-15482, condamné le 28 mai 1884 par la cour d'assises de l'Isère pour émission de fausse monnaie étrangère à cinq ans de travaux forcés.

Le 26 février 1889, sur la route de Houaïlou à Canala, assassine Louis Philibert Venant, 60 ans, libéré, en lui frappant la tête d'un coup de manche de pioche, puis de deux coups de pierre pour lui voler un billet de 100 francs. Son complice Eugène Félix Barbier, condamné à mort avec lui, est gracié.
16 avril 1889
16 avril 1890 Mercredi, 5h15 Ile Nou Joseph Pascal Recordier et Marius Ambroise Jugy Recordier, 42 ans, cultivateur, transporté n°2670-8512, condamné le 24 janvier 1876 par la cour d'assises du Vaucluse pour vol qualifié à huit ans de travaux forcés. Condamné trois fois durant son incarcération par le conseil de guerre de Nouméa à vingt ans de travaux forcés supplémentaires pour complicité de vol qualifié et évasions.

Jugy, 26 ans, journalier, transporté n°8711-14295, condamné le 04 janvier 1883 par la cour d'assises des Bouches-du-Rhône pour tentative de vol qualifié à huit ans de travaux forcés. Condamné le 02 décembre 1886 par le conseil de guerre de Nouméa à quarante ans de travaux forcés pour cambriolage d'une maison.

Scièrent le cou de leur co-détenu Pierre Achille Lacroix, 56 ans, le 18 décembre 1888 au camp disciplinaire Brun, à Bouloupari, en se servant d'un arceau de barrique affûté pour la peine !
Visite courte du père David. Jugy, connu pour sa violence, est attaché serré - il avait proféré à plusieurs reprises des menaces contre le directeur du bagne. Le surveillant s'interrogeant sur l'ordre de passage ("A qui le premier ?"), Jugy répond "A moi !" et s'avance. Après avoir entendu la lecture de la sentence par le greffier, il demande à parler. "C'est pour ces cons de surveillants que je suis aujourd'hui au pied de la guillotine." On fait battre le tambour pour l'interrompre, et on le bascule rapidement. Recordier, resté assez stoïque, demande lui aussi à parler et formule peu ou prou la même remarque que son compagnon, plus modérément : "Ne faites pas comme moi... ce sont les surveillants du Camp Brun qui m'ont conduit ici." 25 juin 1889
18 avril 1890 Vendredi, 5h50, 5h51 Ile Nou Eugène "Varin" Pivet





Antoine Boiron
32 ans, sans profession, transporté n°15529, condamné le 21 juin 1884 par la cour d'assises de la Manche pour assassinat et vol commis à Gonneville le 28 décembre 1883 aux travaux forcés à perpétuité.

Ivre de vernis de menuiserie, tente d'assassiner son co-détenu Emile Abadie, avec lequel il s'était querellé l'avant-veille, d'un coup de poinçon entre les omoplates.





38 ans, cordonnier, transporté n°504-6525, condamné le 26 janvier 1874 par la cour d'assises de la Drôme pour voies de fait sur un gardien de prison à quinze ans de travaux forcés. Evadé onze fois, condamné à dix reprises par le conseil de guerre de Nouméa durant son séjour pour évasions, vols et recel, cumulant au total une peine à purger de 275 années supplémentaires de travaux forcés !

Tente d'assassiner un Kanak, Bevaya, qui l'avait reconnu comme bagnard évadé et s'apprêtait à le livrer aux gendarmes.
Au réveil, Pivet s'exclame : "Ah ! Enfin ! Ce n'est pas trop tôt !" puis dit au commandant du pénitencier : "On n'a pas le temps de s'embêter ici ! C'est pire qu'à la foire au pain d'épices, à chaque courrier, il y a des nouvelles maintenant." Accepte l'aumônier en ces termes : "Ma foi, je suis si mal avec les hommes qu'il faut que je me mette bien avec les autres." Boiron, atteint de surdité, se réveille uniquement quand le commandant rentre dans sa cellule et s'il n'entend pas ce qu'on lui, il comprend tout de même et répond : "Oui, je m'en doutais." Après la confession, Pivet réclame une tasse de café au lait pour soigner "sa bronchite", puis commente, en mangeant du poulet et des confitures : "Voilà une cuisse que Macé n'aura pas. Et cette aile non plus ! Tu ne manges pas, Boiron ?" "Ca ne passe pas très bien." "Mange, tout de même ! Il ne faut rien laisser pour ce cochon d'exécuteur !" La dernière bouchée avalée, Pivet dit : "Voilà un petit déjeuner que je recommencerais bien demain matin. Allons, mon vieux Boiron, les voyageurs pour le train de Saint-Cloud, en voiture !" Devant la guillotine, demande à parler : "Mes amis, j'ai appris dernièrement qu'on voulait donner des suites à mon exécution. N'en faites rien et restez tranquilles. Qu'il ne soit plus question de rien. Au moment de ma mort, je pardonne. De votre côté, oubliez ! Adieu, camarades, et bon courage !" Se place lui-même sur la bascule. Boiron ne fit, en quittant la salle où ils s'étaient restaurés, qu'une seule demande : "Qu'on m'expédie au plus vite." 28 juin 1889





26 juillet 1889
30 août 1890 Samedi, 5h45 Ile Nou Jacques "Philippe" Fontbertasse, Alphonse Marquelet et Louis Edouard Lecomte Fontbertasse, 39 ans, sans profession, transporté n°8108-13850, condamné le 30 mars 1882 par la cour d'assises de la Haute-Savoie pour vols qualifiés à vingt ans de travaux forcés.

Marquelet, 29 ans, plombier, transporté n°217-15719, condamné le 23 août 1884 par la cour d'assises de la Seine pour vols, tentatives de vols, tentative de meurtre et meurtre aux travaux forcés à perpétuité.

Lecomte, 26 ans, tourneur en cuivre, transporté n°9669-15166, condamné le 16 janvier 1884 par la cour d'assises de la Seine pour vol et complicité de cambriolage à huit ans de travaux forcés.

Evadés du camp de Gomen entre septembre et octobre 1889, sèment la terreur dans la région, et finissent par assassiner le 24 novembre 1889 un libéré du nom de Jean Baptiste Isidore Cousin, devenu épicier à Tinip, pour lui voler 600 francs et quelques denrées avant de s'enfuir en Australie. Leur complice Brelle est condamné à cinq ans de double-chaîne après admission de circonstances atténuantes.
Meurent avec des paroles de haine. 18 août 1890
12 septembre 1890 Vendredi, 5h45 Ile Nou Jean Hortion 26 ans, cultivateur, transporté n°388-15876, condamné le 09 décembre 1884 par la cour d'assises de la Gironde pour cambriolages et vols commis dans les Landes et en Gironde à huit ans de travaux forcés.

Quelques heures après s'être évadé, le 16 juillet 1890, à Pam, tue d'un coup de couteau en pleine poitrine Jules Nau, 32 ans, commerçant, qu'il était en train de cambrioler. Son complice, Josué "Louis" Boisdub, transporté 13342, est condamné à cinq ans de réclusion.
S'adresse aux condamnés de cinquième classe devant assister à sa fin : "Camarades, si je suis au pied de l'échafaud, c'est la faute à Boisdub !" 02 septembre 1890
13 février 1891 Vendredi, 5h30 Ile Nou Pierre Sem Cham Japhet Bidaux 29 ans, vacher, transporté n°603-16067, condamné le 09 février 1885 par le Conseil de guerre maritime permanent de Rochefort pour vol et cambriolage à cinq ans de travaux forcés. Libéré le 14 février 1890.

Le 2 avril 1890, à Pouembout, en état d'ivresse, tente de "séduire" une femme qui se réfugie chez un voisin. L'attendant en vain dans la rue toute la journée, en début de nuit, égorge à coups de couteau Marguerite Difol, veuve Gibert, 74 ans, qui rentrait chez elle avant de lui dévorer le visage, le sein droit et de violer le cadavre.
Devait être exécuté à Nouméa, mais le bagne de l'île Nou faisant partie de la commune, on se contente de dresser l'échafaud au bagne. Se montre énergique et calme, mais proteste : "On ne me donne ni café, ni tabac, et je me plains de la nourriture qui n'est pas bonne et insuffisante. Ce n'est pas comme cela qu'on traite un condamné à mort !" Avant que l'exécuteur ne libère le déclic, s'exclame tout haut : "Envoyez !" 24 juillet 1890
15 mars 1892 Mardi, 5h45 Ile Nou Paul Génicot 34 ans, journalier, transporté n°5253-11067, condamné le 09 janvier 1879 par la cour d'assises de la Seine pour tentative de viol à dix ans de travaux forcés. Condamné par le conseil de guerre de Nouméa à 145 ans de travaux forcés supplémentaires pour évasions et vols qualifiés.

15 septembre 1891
08 mars 1893 Mercredi, 6h Ile Nou Jean-Marie François Dumoulin 25 ans, cultivateur, transporté n°1134-19173, condamné le 25 mars 1891 par le conseil de guerre d'Oran pour voies de fait sur ses supérieurs à la peine de mort, peine commuée en travaux forcés à perpétuité le 12 mai 1891.

Le 23 février 1893, à l'île Nou, tue le gardien Edouard-Emmanuel Pérot, 34 ans, d'un coup de tiers-point aiguisé, puis tue le gardien Jean-Germain Laforie, 32 ans, et enfin blesse le condamné Claude Molle, 16062, infirmier de l'asile, qui venait à leur secours.
03 mars 1893
13 mars 1893 Lundi, 6h Ile Nou Charles Louis Eugène Constantin Léopold Amat 36 ans, sans profession, transporté n°6517-12252, condamné le 19 mai 1880 par la cour d'assises d'Alger pour incendie de la prison à huit ans de travaux forcés. Condamné à mort par le conseil de guerre de Nouméa le 13 mai 1887 pour voies de fait sur un médecin de la marine et outrage à magistrats, grâcié, condamné une seconde fois à mort le 28 août 1888 pour voies de fait sur un surveillant, peine commuée en travaux forcés à perpétuité le 22 décembre 1888.

Voies de fait sur un médecin du bagne.
07 mars 1893
14 août 1893 Lundi, 5h45 Ile Nou Antoine Buguet 26 ans, ouvrier confiseur, transporté n°17164, condamné le 22 mai 1886 par la cour d'assises du Rhône pour assassinat à vingt ans de travaux forcés. Condamné à mort par le conseil de guerre de Nouméa le 26 juillet 1889 pour avoir, le 24 mai 1889 au camp du Grand Plateau, près de Thio, assassiné le transporté Checkler d'un coup de couteau dans la poitrine, peine commuée en travaux forcés à perpétuité, condamné une seconde fois à mort le 06 mars 1891, peine commuée en travaux forcés à perpétuité le 11 juillet 1891.

Sur l'île Nou, tente de tuer le surveillant Brandin.
Très courageux. 1893
09 novembre 1894 Vendredi, 5h Ile Nou Alfonso "Alphonse" Diaz 32 ans, jardinier, Espagnol, transporté n°8783-14360, condamné le 23 décembre 1882 par la cour d'assises d'Oran pour vol et abus de confiance à huit ans de travaux forcés. Comparaît plusieurs fois devant le conseil de guerre de Nouméa, ce qui lui vaut d'écoper 62 ans de travaux forcés supplémentaires pour évasions et vols. Jugé le 25 janvier 1889 par le conseil de guerre de Nouméa pour vols à bord d'un bateau, lance son chapeau au visage de son défenseur d'office, le sergent Epardeaux, ce qui lui vaut une condamnation à mort le jour même, peine commuée en travaux forcés à perpétuité.

Dans la nuit du 13 au 14 août 1894, au camp Brun, étrangle avec une courroie le transporté Ernest Philippe Grandjean qu'il soupçonnait être un indicateur. Son complice Yves Pierre Godeste, transporté n°13618, est condamné à mort et grâcié.
06 novembre 1894
09 avril 1895 Mercredi, 5h30 Ile Nou Chedli ben Amor Tebourski 29 ans, garçon boucher, transporté n°1643-20023, condamné le 06 février 1893 par le tribunal criminel de Tunis pour vol qualifié à cinq ans de travaux forcés.

Etrangle un co-détenu à mains nues.
02 avril 1895
13 mai 1895 Lundi, 5h45 Ile Nou François Gustave Granger 42 ans, cultivateur, transporté n°3653-19179, condamné le 27 septembre 1872 par le 2e conseil de guerre de Blidah pour incendie volontaire et rupture du fil télégraphique à dix ans de travaux forcés. Libéré. Condamné le 07 janvier 1892 par le tribunal criminel de Nouméa pour tentative de meurtre et incendie volontaire à dix ans de travaux forcés. Condamné le 15 janvier 1893 par le Tribunal Maritime Spécial de Nouméa pour assassinat à la peine de mort, peine commuée.

Au camp Brun à Bouloupari, le 01 octobre 1894, assassine le transporté Victor Leroux, 46 ans. Son complice Ahmed ben Belkassem ben Rabah, transporté n°18231, condamné à mort, est gracié le 25 mars 1895.
15 janvier 1895
12 septembre 1895 Jeudi, 5h52 Dumbéa Dao Van Dien 31 ans, Tonkinois. Prévenu à 2h du matin à l'île Nou où il est incarcéré suite à deux tentatives d'évasion de la prison civile, rit et demande à manger et à fumer. Curieusement, aucune nourriture n'ayant été prévue, on lui promet de lui donner à manger à Dumbéa. Trajet en voiture, et autre souci. Les magistrats s'arrêtent à la gendarmerie, où on demande à l'épouse d'un gendarme de préparer un déjeuner pour le condamné... Mais la voiture cellulaire n'arrive pas, ce n'est qu'au bout d'un quart d'heure que le commissaire de police est dépêché pour comprendre la situation. Mal informés, les gendarmes n'ont pas suivi les officiels jusqu'à la gendarmerie, et se sont arrêtés un kilomètre plus tôt à proximité immédiate de l'échafaud, ont fait descendre le condamné de voiture et l'ont gardé debout, à quelques pas de la machine, où il patiente depuis quasiment vingt minutes... Il faut cinq minutes de plus aux magistrats pour revenir sur place, et indiquer à l'exécuteur Macé que le supplice peut avoir lieu. M. de Gueslan, importateur des Tonkinois en Nouvelle-Calédonie, a eu aussi tout loisir de s'approcher de Van Dien pour lui demander à plusieurs reprises s'il ne s'est pas rendu coupable d'autres crimes. Macé doit procéder in extremis à la toilette omise jusque là et couper les longs cheveux du condamné. Juste avant d'être basculé, le dernier cri de Dao Van Dien est une protestation : il crie qu'on ne lui a pas donné à manger comme promis. Sur la machine, attaché - à la différence de la France -, résiste et recule : il doit être saisi par les cheveux par Macé et maintenu au niveau des reins par son aide jusqu'à ce que Macé puisse libérer le couperet, et grogne : "Cochon, tu y es tout de même !" 26 mars 1895
07 septembre 1899 Jeudi, 5h30 Ile Nou Srir ben Ali ben Mohamed 42 ans, sans profession, Algérien, transporté n°543-18947, condamné le 08 octobre 1886 par le tribunal correctionnel de Constantine pour vol à six mois de prison et à la rélégation. Condamné le 30 juillet 1891 par le tribunal criminel de Nouméa pour tentative d'assassinat d'un co-détenu aux travaux forcés à perpétuité.

Assassinat d'un co-détenu à l'île Nou le 02 septembre 1898.
21 février 1899, 29 août 1899
26 février 1902 Jeudi, 5h20 Ile Nou Arthur Louis Joseph Thaise 40 ans, journalier, transporté n°8527-14128, condamné le 04 août 1882 par la cour d'assises du Nord pour vols qualifiés à huit ans de travaux forcés. Condamné par le Tribunal maritime spécial de Nouméa à 30 ans cumulés de travaux forcés pour évasions et vols.

Auteur d'une série de vols, arrêté à Dumbéa en possession d'une arme à feu, le 21 novembre 1901 à Koé, il s'évade lors de son transfert en prison en poignardant mortellement le garde Canaque Saoulo qui l'escorte jusqu'à la gendarmerie. Il est rattrapé très rapidement.
Au réveil, à 4h35, refuse les secours de la religion, dit avoir faim, mange de bon appétit des sardines, du poulet froid, qu'il arrose de vin et de rhum. Pendant qu'on le toilette, il s'adresse au bourreau Macé et lui dit : "C'est pas parce que ton boulot, c'est de couper des têtes, que tu ne peux pas trinquer avec moi !" Macé accepte l'invitation. Devant la machine, Thaise avoue son crime, mais réfute la préméditation. Après que sa tête soit tombée, Macé saisit la tête et lui demande s'il l'entend. Deux ou trois crispations de mâchoire sont remarquées. Première exécution avec la guillotine Berger livrée quelques semaines plus tôt. 15 février 1902
13 juin 1902 Vendredi, 6h05 Ile Nou Etienne Marie Normand 40 ans, forgeron, transporté n°9183-14744, condamné le 10 avril 1883 par la cour d'assises du Finistère pour vols qualifiés à huit ans de travaux forcés. Condamné par le Tribunal maritime spécial de Nouméa à cent ans cumulés de travaux forcés pour évasions et vols.

Assassine le 24 mars 1901 sur l'île Art (Belep) - léproserie pénitentiaire - son co-détenu le transporté Pierre Bessaud, 39 ans.
05 juin 1902
02 février 1903 Lundi, 6h ou 10h Nouméa John William 22 ans, Indien, employé aux travaux de chemins de fer de Dumbéa. Assassine à coups de bâton le 07 septembre 1901 Dominique, Kanak, planton des Postes et Télégraphes, pour lui voler l'argent dont il était porteur. Son complice Cardivelou est condamné à mort puis gracié. EXECUTION A VERIFIER. Décédé à l'infirmerie de l'Orphelinat : exécuté ou mort de maladie ? 04 octobre 1902
06 décembre 1905 Mercredi, 5h Nouméa Khenatra Miloud ould Ali bou Guedra 48 ans, sans profession, Algérien, transporté n°3515, condamné le 05 mai 1892 par la cour d'appel d'Alger pour escroquerie à deux ans de prison et à la rélégation.

Tua le rélégué Claude Boisson, 72 ans, sur l'Ile des Pins le 02 février 1905.
1000 personnes présentes. Suite à la mort du bourreau Macé, Rieusset, son successeur trop nerveux, fait de l'exécution une boucherie : libérant le couteau trop tôt, il décapite le condamné au niveau du front. En essayant de hisser le mouton, la corde lâche et il faut se munir de l'échelle pour fixer un câble à la corde, remonter le couteau et finalement la décapitation soit effective. 21 juin 1905
08 janvier 1906 Lundi, 5h Nouméa Dasma 20 ans, Javanais. Avec ses complices Sigodikromo et Kasbah, le 23 novembre 1904, près de la station de Poinda entre Koné et Pouembout, attaque leur patron, M.Rambert, gérant de la station, en le faisant tomber de cheval avant de lui briser le crâne à coups de bâton et de hache pour le voler. Sigodikromo est condamné aux travaux forcés à perpétuité et Kasbah à vingt ans de travaux forcés. Guillotine dressée devant la prison civile. Reveillé à 4h15, apprend l'information de la bouche d'un interprète. Peu concerné par la nouvelle, répète : "Je ne suis pas seul, j'ai été poussé, d'autres devraient avoir le cou coupé aussi. C'est pas bon, la Justice. Deux autres avec moi, ce serait bon." Refuse toute nourriture, demande "IL faut aller loin ?" Au greffe, écoute l'exécuteur Rieusset qui lui conseille de ne pas bouger sur la bascule pour "ne pas souffrir". Passe à côté de son cercueil, laissé par le gardien-chef sous la voûte d'entrée de la prison. Exécution très rapide. 26 juin 1905
08 novembre 1909 Mercredi, 5h05 Nouméa Pierre Arrighi 50 ans. Condamné le 01 décembre 1884 par les assises de Corse à perpétuité pour tentative de meurtre sur la personne de son beau-frère. Devenu chef de la "Bande rouge", sévissant entre Pouembout et Koné : un certain Grimigni, épicier, fils de forçat, lui propose de commettre des meurtres. L'épicier avait emprunté de l'argent à deux hommes et était dans l'incapacité de le leur rendre. Arrighi fait assassiner par son homme de main, l'Algérien Kouider Zermani, un certain Vincent, à qui Grimigni devait 8200 francs. L'homme est abattu chez lui, pendant le dîner, et sa paillotte incendiée : la bande est payée 60 francs. Un mois plus tard, M.Franceschi est supprimé de la même façon, et quelques jours après, la bande s'attaque au mineur Rostoucher, un soir sur la route, pour lui voler son salaire. Kouider Zermani est abattu par un gendarme à son arrestation, en 1908, au col de Nessamou. Grimigni et Santacroce sont condamnés à 20 ans de bagne, Meunier à dix ans, et Mme Voisin à cinq ans. Au réveil, répond au prêtre qui l'exhorte à croire en Dieu : "S'il y avait un Dieu, je ne serais pas là, puisque les vrais coupables sont la femme et Santacroce..." A peine la toilette terminée, il se lève, secoue les épaules et déclare : "Ah, les amis ! Prêt pour l'action !" Il se confesse et communie. Arrivé devant la guillotine, dressée sur les quais, s'avance avec courage. 23 mars 1909
08 octobre 1920 Vendredi, 5h15, 5h30 Nouméa Emile Oué et Doui Tiatein Kanaks. Membres de la rébellion de 1917, auteurs de meurtres, pillages et incendies volontaires : le 16 juin 1917 à la Basse Tipije, abattent à coups de fusil Henri Grassin, 54 ans, et son épouse Clémence Maloisel, 44 ans, ainsi que leur serviteur indonésien, lequel est tué à coups de hache. Attaquent le poste de Pouépaï le 06 septembre 1917. Mangon Kella, Paraour et Aié Tcheinou, condamnés à mort, sont graciés. 42 autres complices, condamnés à des peines allant de vingt ans de travaux forcés à dix ans de réclusion. Guillotine arrive de l'île Nou le 07 à 22h. Dressée à six mètres de la porte de la prison. Le bourreau requis refusant d'exercer, c'est un nommé Paturot qui remplira les fonctions. Oué dort, Doui est réveillé. Se montrent calmes devant la nouvelle. Oué paraît le premier, cigarette aux lèvres, assisté par l'aumônier Roman. Doui le suit, lui aussi fumant sa cigarette, semblant inconscient de ce qui lui arrive. Comme il rentre le cou dans les épaules, on doit le tirer par la tête. 19 septembre 1919
04 décembre 1920 Samedi, Nouméa Gimin et Sadijo Javanais. A Néaoua, le 05 octobre 1919, assassinent le colon Porcher pour le voler. Leur complice Moessidi, condamné à mort avec eux, est grâcié (ou bien se suicide le même matin). Guillotinés à l'entrée de la prison. Gimin s'écrie "Adieu, camarades !" en franchissant le porche 22 mars 1920
14 novembre 1921 Lundi, 4h40 Papeete (Tahiti) Kouan-Yu 27 ans, coolie, Chinois. Assassina d'un coup de couteau le 06 novembre 1920 l'épicier chinois Wong Fat à Papeete pour le voler. Les appels de la victime attirant des voisins, Kouan Yu s'enfuit sans être parvenu à voler quoi que ce soit, mais en perdant sa casquette sur place. Déjà réveillé à l'arrivée des autorités. Affirme être innocent. Baptisé par l'abbé Célestin, reçoit les secours de la religion. Conduit sur la place où est dressé l'échafaud en automobile. 150 spectateurs présents. 02 février 1921
08 mars 1923 Jeudi, Nouméa Djelloul ben Miloud ben Reghdi 56 ans environ, ancien relégué pour vols, condamné en outre pour meurtre à 7 ans de travaux forcés à Nouméa en 1898. Fin décembre 1921, s'associe avec un autre Arabe, Korichi, pour conduire un troupeau de bétail entre Pouembout et Bourail. En chemin, aux abords de Moindah, assomme mortellement Korichi pour lui voler le peu d'argent qu'il possède, sa jument, des vêtements et un revolver. 28 juin 1922
1926 Papeete (Tahiti) Deux chinois EXECUTION A VERIFIER
28 août 1931 Vendredi, 6h, 6h04, 6h08, 6h12, 6h16, 6h20 Port-Vila (Nouvelles-Hébrides) Cao Nam Loi et Le Dac Qayah





Bui van Buoc, Nguyen Huu Doc, Nguyen Hiep et Vu Van Que
Tonkinois. Tuèrent Thi Chuyen, Tonkinoise, pour la voler, en mai 1929.





Tonkinois. Le 25 août 1929, massacrent à coups de hache et de machette M.Chevalier, contremaître et gérant de la plantation Malo-Pass sur l'île de Malo.
Guillotine transportée par le Lapérouse depuis Nouméa. Exécutés place de la Milice française, devant l'hôpital. Exécuteur Javanais. Foule dense. 01 août 1930





12 août 1930
12 décembre 1931 Samedi, 5h Nouméa Temon Javanais. Assassin de John Henry Ohlen, 73 ans, éleveur australien à Païta le 15 mars 1929, condamné aux travaux forcés. En décembre 1930, au camp Est de Nouville, égorge d'un coup de lime le condamné Ya-Ya, maghrébin, gardien de chèvres. Guillotine dressée sur la presqu'île de Nouville. Meurt courageusement devant tous les condamnés, qu'il salue d'un ultime "Ta-ta" avant d'être basculé. 04 mai 1931
23 mai 1933 Mardi, 5h35, 5h45 Nouméa Joseph Abdelkader ben Cherfia Mohamed et François Abdelkader ould Ali ould Kadda Boudellal Ali 23 et 25 ans, beaux-frères, voleurs récidivistes. Attaquent Henriette Devaux, 62 ans, à Dumbéa le 15 juillet 1931, qu'ils assomment, égorgent puis violent à tour de rôle avant de lui voler 260 francs, deux montres en or et une cisaille. Leur complice, Joseph "le Boiteux" Boudellal, frère de François Ali, condamné à mort avec eux, est gracié. Guillotine montée à six mètres de la porte de la prison. Abdelkader réveillé à 5h15, comprend aussitôt et éclate en sanglots. Ali, lui, répond "Ah !" et pleure également, persuadé qu'il allait échapper à la mort. Au greffe, Abdelkader accepte le rhum et la cigarette, Boudellal uniquement la cigarette. Accompagné par le père Roman, Abdelkader doit être soutenu par Soulas et Amat, les aides de l'exécuteur Dalstein. Pendant qu'on l'exécute, le public peut entendre le second condamné pleurer et gémir dans le greffe. Avant qu'on ne s'empare de lui, il demande à son avocat : "Avant de mourir, je veux voir mon fils. Je suis innocent, je n'ai rien fait, pourquoi voulez-vous me tuer pour rien ?" Parvenu devant la bascule, dit au père Roman : "Non, mon Père, c'est mauvais ! Attendez, je dois vous dire quelque chose avant de mourir !" Le directeur Cassagne fait signe de se presser et dit aux aides : "Vite, poussez-le !" Boudellal résiste un peu en étant plaqué sur la machine. 17 mars 1932
24 mai 1934 Jeudi, 5h40 Nouméa Asti Javanais. Condamné à vingt ans de travaux forcés pour assassinat - une personne assommée d'un coup de machette, puis la tête broyée à coups de pierre -, s'évade en janvier 1933. Hébergé avec un autre fugitif du nom de Mohamed par M. Kromopraviro et son épouse Kartdjemiko à la Foa, le 24 janvier 1933, il tue ses hôtes à coups de hache et de sabre d'abattis pour voler 50 francs. Mohamed est condamné à dix ans de travaux forcés. Pluie fine, peu de gens présents devant la maison d'arrêt. Déjà réveillé à l'arrivée des officiels, répond à l'interprète : "Pourquoi couper cou ? Non, pas bon, tout à l'heure..." Converti, refuse malgré tout l'assistance du père Roman, ainsi que la cigarette. Le couperet tranche imparfaitement le cou - provoquant la mort immédiate cependant, et doit être remonté deux fois pour parvenir à achever la décapitation. 27 juin 1933
10 mai 1940 Vendredi, 5h30 Nouméa Matmoesin Javanais, coolie. Condamné aux travaux forcés à perpétuité pour une série de méfaits commis dans les parages de Nouméa, tente de s'évader de la prison de Nouméa avec un autre prisonnier le 01 novembre 1938 : surpris rue Sébastopol à Nouméa par M.Barbançon, agent de police, et son planton indigène Jean-Jean, tire plusieurs coups de revolver, dont un qui atteint Jean-Jean à la tempe et le blesse mortellement. Condamné par le TMS de Nouméa, arrêt cassé pour vice de forme, condamné à nouveau. Au matin, le gardien Wasso va le chercher, très ému car s'était pris de sympathie pour le condamné. Matmoesin lui donne un petit canif, en lui expliquant : "Moi cadeau toi ça, toi beaucoup gentil avec moi !" Refuse la cigarette et le rhum : "Pourquoi faire ? Couper la tête, couper la tête !" S'avance courageusement vers la machine dressée dans la cour, et s'écrie devant la bascule : "Allez, ta-ta ! Tous les vous autres !" Dernière exécution en Nouvelle-Calédonie. Exécuteur : un détenu qui bénéficie d'une remise de peine. 05 février 1939, 23 septembre 1939


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