AFRIQUE DU NORD

1843-1959

Palmarès du Maghreb

Palmarès du Maghreb



Dès la "colonisation", les Français ont introduit au Maghreb, en Algérie principalement, leur Justice et leur méthode de châtiment : la Veuve. Cependant, la machine et les bourreaux d'Alger se contentaient d'exercer sur la côte méditerranéenne. Les territoires du Sud, sous occupation militaire, expédiaient plus volontiers leurs condamnés au peloton d'exécution.
Outre la fusillade et la décapitation, la Tunisie, elle, alternait avec une troisième méthode d'exécution : en cas de condamnation par la justice beylicale, les suppliciés étaient pendus.
Si on exclut Oudjda, rattachée judiciairement à l'Algérie, ce n'est que tard que le Maroc songea à réquisitionner les services du bourreau d'Alger. Entre 1928 et 1932, pour deux doubles exécutions, la Veuve d'Alger fit le déplacement jusqu'à Casablanca et Rabat, mais au final, en décembre 1932, un décret paru au Journal Officiel du Protectorat changea la donne : désormais, les condamnés Marocains seraient passés par les armes. Seuls les condamnés Européens seraient décapités : cette situation ne se présenta jamais.
La guillotine d'Algérie se trouvait être un modèle unique, puisqu'il s'agit du prototype Berger de 1868, précurseur de la machine qui servira en France jusqu'en 1981. Plus haute (4m75 au lieu de 4m25), munie d'un système de chute inversé (la pince se trouve du côté de la lunette, et son usage nécessite un coup de main précis), elle fut la seule à servir pendant 86 ans, mais face à la recrudescence des supplices durant la guerre d'Algérie, André Obrecht, exécuteur de France, fit expédier une guillotine surnuméraire pour être en usage permanent à Constantine - le déplacement des bois de justice devenant, on le comprend, excessivement dangereux en cas d'arrestation. L'objet est très vite devenu un sujet d'horreur absolue, car si jusqu'alors, la guillotine a été souvent employée pour châtier des criminels de droit commun, elle l'est désormais trop souvent pour exécuter des condamnés politiques : certains avaient du sang sur les mains, d'autres non.
A compter de 1956, la majorité des condamnés provenaient de tribunaux militaires car ils revendiquaient leurs actes au nom de la Libération.
Entre juin 1856 et août 1958, 143 partisans du F.L.N. et assimilés furent suppliciés. Au total, entre novembre 1954 et janvier 1961, 222 Algériens furent exécutés, tant en France qu'en Algérie.
Après 1959 et ce jusqu'à l'Indépendance, les condamnés à mort seront passés par les armes.
Désormais, la guillotine d'Alger est en exposition dans un musée d'Alger, symbole d'une douloureuse politique colonialiste.

Date Heure Lieu Nom Crime Exécution Condamnation
16 février 1843 Jeudi, 12h50 Alger Abdelkader ben Zelouf ben Dahman Assassinats et vols dans la région d'Alger. Informé à 8h, dit regretter de mourir en laissant ses enfants, mais ayant appris que le gouvernement compte s'en charger, se montre détendu tout au long de la matinée. Arrive en voiture place Bab-el-Oued, aux côtés du bourreau, précédé par un Algérien qui annonce au peuple que l'exécution va avoir lieu. Monte courageusement les marches de l'échafaud. Première exécution par guillotine en Algérie. 16 septembre 1842
13 novembre 1843 Lundi, 13h Alger Mohamed ben Hamed Saïd Orage et pluie torrentielle. Très pâle mais ferme, discute pendant la route avec les exécuteurs, et affirme son innocence tout au long. Parcourt les derniers mètres le séparant de l'échafaud pieds nus dans la boue. 19 août 1843
23 avril 1845 Miliana ? Décapité au yatagan. Sans jugement
26 mai 1845 Lundi, Oran Kenedil ben Djeffal Membre des Derkaouas. Mène l'attaque du camp de Sidi Bel Abbès le 29 janvier 1845, au cours de laquelle cinquante-huit personnes meurent. Condamné par le conseil de guerre. Va à la mort avec courage, mais quand il arrive sur la place, en voyant qu'un Juif lui attache les mains, il se plaint que c'est humiliant pour un musulman. Après lecture du jugement par le capitaine-rapporteur, Kenedil s'agenouille et présente sa nuque au bourreau, un brigadier de spahis. Le premier coup ne fait que blesser le condamné, qui hurle et enguirlande l'exécuteur. Le second touche la tête : pendant que les spectateurs crient d'horreur, Kenedil se lève et prie le Prophète de le faire mourir au plus tôt. L'exécuteur parvient à le calmer suffisamment pour qu'il s'agenouille à nouveau, et le troisième coup parvient enfin à décapiter le condamné. 08 mars 1845
08 juin 1845 Dimanche, 12h Oran Juan Santiago Aguilera-Gonzales 27 ans, Espagnol, légionnaire. Le 19 mars 1840, à la ferme brûlée de Kouba, assassine le lieutenant Wierbinski. Fusillé place des carrières novembre 1844, 24 mars 1845
29 juin 1845 Chlef/Orléansville Mohammed ben Frégoul et Yahia ben Aïssa Ben Frégoul, caïd des Heumès. Huit autres complices sont condamnés à mort, quatre d'entre eux voient leur peine commuée en travaux forcés à perpétuité, quatre autres en vingt ans de travaux forcés. Fusillés sur la place du marché 05 avril 1845
30 juin 1845 7h Alger Adolphe Constant Bonnaire Soldat à la 10e compagnie d'ouvriers d'administration. Tente d'assassiner un caporal. Fusillé sur la place Bab el Oued 14 avril 1845
10 juillet 1845 Miliana Ali ould Saïd Décapité au yatagan Sans jugement
juillet 1845 Constantine Salah ben Rebah ben Messaoud Condamné par le conseil de guerre. Conduit sur la place aux côtés du chaouch Brahim, avec lequel il discute amicalement. 14 mars 1845
16 août 1845 Samedi, 11h Alger El-Azazi-ben-Messaoud-el-Robei Berger Kabyle. Décapite deux adolescents de sa propre tribu de Khachna le 05 mai 1845. Prévenu à 7h, répond "Allah le veut ! Allah est grand !" Informe les officiels de ses dernières volontés, fait le récit de son crime qu'il estime justement puni par le Seigneur, se lave, se parfume, mange, prie jusqu'au départ de la prison. Va à la mort à pied, psalmodiant tout au long du trajet : "Allah est grand, et Mohammed est son prophète." Pris d'un moment de faiblesse devant les marches de l'échafaud, se reprend et se confie aux bourreaux. Dans le public, nombreux, les Algériens commentent la méthode de mise à mort, la jugeant plus efficace et rapide que le traditionnel yatagan. 06 juin 1845
22 septembre 1845 10h Alger Mohammed ben Ahmed Reghioua et Mohammed ben Saanoun Condamnés par le conseil de guerre. Reghioua affirme être innocent, Saanoun pleure. 15 septembre 1845
26 février 1846 Jeudi, 10h55 Alger Belkacem ben Mohamed et Messaoud ben Ahmed Assassins de M.Canut et de sa gouvernante Anne Bedouet. Machine dressée dès 8h, foule immense à 10h30, beau temps. Arrivent à pied, en récitant des prières. Le bourreau place Messaoud dos à l'échafaud pour qu'il n'assiste pas à la fin de son complice. Après que le couperet soit tombé, Messaoud demande : "Où est donc mon camarade ?" Il est à son tour placé sur la bascule, mais quand on le renverse, il a le temps de voir au fond de la bassine la tête coupée de son complice qu'on a oublié d'enlever ! 15 novembre 1845
23 avril 1846 Jeudi, 9h Blida
Alger
Ali ben Ameur Membre d'une bande, complicité dans l'assassinat du zouave Sauvagna. Condamné par le conseil de guerre. 14 avril 1846
après le 20 juin 1846 Alger Ali ben Ameur Assassinat d'un soldat français 14 avril 1846
14 août 1846 8h Skikda/Philippeville
Constantine
Salah ben Souïla 25 ans. 30 avril 1846
05 décembre 1846 Samedi, 8h Alger Mohamed ben Djelloul, Djilali ben Omar, Abdelkader ben Alab et Abdallah ben Alab Dans la nuit du 14 au 15 mars 1846, assassinent MM. Masson et Gorju, employés du télégraphe de Gontas, ainsi que leurs familles. Quatre complices, également condamnés à mort, sont graciés. Sept autres inculpés. Exécutés place Bab-el-Oued 27 août 1846
après le 22 février 1847 Constantine Ahmed ben Ali Assassin d'un cheikh. 27 août 1846
24 avril 1847 Samedi, 11h02 Alger Juan Antonio Maëstre 32 ans, sellier, Espagnol. Tente d'assassiner les époux Chéronnet d'Oran en juillet 1845. Ses complices Bordenado et Mariano sont respectivement condamnés aux travaux forcés à perpétuité et à vingt ans de travaux forcés.
après le 15 novembre 1847 Alger Ben Aouda Bel Hadj Meurtre d'un agent de la force publique. 21 septembre 1847
1847 Alger ? Ali ben Embareck Vol et assassinat de l'ouvrier Champagne et du domestique Biais. Condamné par le 2e Conseil de Guerre d'Alger. Complices : Amar Bel Kassem, Mohamed ben Séliman, Mohamed ben Aïssa et Rebah ben Moktar. 30 septembre 1847
13 février 1848 Alger
26 septembre 1848 Constantine Tahar Tua un compagnon de voyage pour le voler en lui broyant la tête à coups de pierre Supplicié au yatagan
25 ou 27 septembre 1848 9h Constantine Ben-Kassem ben Saïd et Mohamed ben Kakouah Tuèrent en janvier 1847 à Constantine Fathma, la maîtresse de l'un d'eux, et trois autres Algériennes, pendant qu'elles dormaient pour les voler. Leurs deux complices sont condamnés aux travaux forcés à perpétuité. Environ 10.000 personnes place de la Brèche, pour la première exécution par guillotine dans la ville. A la prison, les condamnés prient : Ben-Kassem rédige une amulette à conserver dans son cercueil, ben Kakouah lui, dénonce au juge un méfait commis par l'un des témoins à charge. Son frère vient lui rendre visite et pleure : le condamné répond : "Qu'as-tu donc ? N'es-tu pas venu pour me consoler ?" Quittent la maison d'arrêt avec fermeté, marchant en psalmodiant la prière. Dans la foule, une femme crie : la mère d'une des victimes. Ben Kassem la reconnaît et clame : "Réjouis-toi ! Dans un instant, nous seront lavés du sang de ta fille." Exécution rapide et sans histoire. La foule s'éparpille en commentant : "Cette naoura-djéled (machine-bourreau), quelle hadja ouhéra (méchante chose) !" 28 avril 1848
05 mars 1849 Jeudi, 7h Alger Jean François "Pas-de-Chance" Sain 26 ans, cordonnier. Condamné à mort, au jour de la nouvelle de sa grâce, tente de tuer à coups de couteau le gardien qui venait lui annoncer la clémence ! Condamné par le 2e Conseil de guerre. Fusillé place Bab-el-Oued. 29 décembre 1847, 22 septembre 1848
après le 14 septembre 1849 Constantine Brahim ben Bouzeid 30 ans, laboureur. Assassinat. 24 février 1849
après le 05 février 1850 Alger Ahmed ben Chérif et Mohamed ben Abdallah Participèrent à l'assassinat de trois français au télégraphe de Miliana. 09 novembre 1849
06 juillet 1850 6h Alger El Arbi ben Ali Décapite à coups de couteau un marchand de figues Kabyle près de l'Arbâ pour lui voler son âne et ses fruits. Abdesselam ben Youssef, condamné à mort, est gracié, et un troisième complice est gracié. Foule sur la place Bab-el-Oued. Quitte la prison neuve, effondré, et doit être soutenu pour être conduit sur l'échafaud. 11 avril 1850
08 juillet 1850 Lundi, 14h Mascara
Oran
Hubert Defrance 30 ans, soldat au 1er bataillon d'infanterie. Le 7 mars 1850, tente d'abattre son capitaine et un lieutenant qui venaient l'arrêter en état d'ivresse. Condamné par le Conseil de guerre d'Oran. 18 avril 1850
29 mars 1851 7h10 Alger Soliman Boudjdoub 28 ans, cultivateur, assassine Fathma "Madjouba", prostituée, rue de Thèbes à Alger. 09 janvier 1851
28 juin 1851 Alger Ali ben Taïeb 25 ans, cafetier. Assassine le marchand Ismaël ben Mohammed pour le voler 11 avril 1851
après le 13 septembre 1851 Constantine Ali ben Djaballa 23 ans, cultivateur. Assassinat du caporal Jacquet 06 juin 1851
début janvier 1852 Constantine Ahmed ben Mazouz Assassin de son frère 16 juin 1851
10 mars 1852 Mercredi, 6h Alger Ferdinand Louis Victor Gosselin 29 ans, glaisier. A Mustapha, dans la nuit du 17 au 18 août 1851, égorge et massacre à coups de couteau la veuve Bozo et sa fille. Jusqu'alors toujours froid, perd toute contenance devant l'échafaud, place Bab-el-Oued. Ses jambes se dérobent sous lui, et les exécuteurs doivent le porter sur la machine pour l'exécuter. 21 novembre 1851
après le 27 mars 1852 Oran Ben Amran ould Mohamed Tentative d'assassinat et vol sur le cantinier Gall à Oran 27 décembre 1851
19 mai 1853 Jeudi, 7h Alger François Ravis 52 ans, cultivateur, Suisse. Au hameau de Saïghr, commune de Koléah, le 08 janvier 1853, assassine à coups de gourdin sa voisine, la veuve Catherine Willemoz, et blesse grièvement son fils Frédéric, 10 ans, pour ne pas avoir à rembourser une reconnaissance de dettes de 58 francs, et lui dérober un petit héritage de 300 francs. La veuve survit quatre jours à l'hôpital. 19 mars 1853
27 août 1856 5h30 Constantine Don Hyacinthe Battaglini 40 ans, maréchal des logis de gendarmerie. Assassin de son officier.
08 juin 1857 Lundi, 6h Oran Ginès Lopez Vidal et Antonio Sanchez Gomez 21 ans, meunier et 26 ans, cordonnier, Espagnols. A Oran, attaquent le moulin Fouque et tuent le garçon meunier Pierre Ribet pour lui voler environ 20.000 francs. Il survit jusqu'au lendemain, assez de temps pour dénoncer ses assassins. Sa veuve, repartie en France, meurt de chagrin quelques semaines plus tard. Réveillés à 4h. Ginès calme, mais Sanchez proteste. Etant Espagnol, il estime que seule la reine d'Espagne a le droit de vie ou de mort sur lui, et pas Napoléon III. Se calme, puis tous deux se confessent. Quittent la prison à 5h. Boulevard Oudinot, remarquant une foule de compatriotes, Sanchez hurle : "A moi, Espagnols ! Me laisserez-vous tuer par les Français ?" Il n'obtient aucune réponse. Arrivé au faubourg de Karguentah, sur le champ de manoeuvres - lui-même derrière l'hôpital - il crie à nouveau : "Lâches Espagnols ! Me laisserez-vous mourir ?" Cette fois, Ginès se laisse gagner par ses protestations, et rajoute : "La reine peut-elle permettre pareille chose ?" Exécution rapide, devant environ 15.000 spectateurs. 16 avril 1857
28 septembre 1857 Lundi, Oran Sliman ben Mohammed, Mohammed, Mohammed ben Sadok et Mohammed ben Ahmed Marocains. Attaquent en mai 1857 à la Sénia la ferme d'André B., et égorgent son épouse, ses deux enfants et le domestique avant de piller les lieux. Sur sept coupables, cinq sont appréhendés. Le dernier condamné, plus jeune que ses complices, n'est condamné qu'aux travaux forcés à perpétuité. Environ 10.000 spectateurs. Restent calmes même face à la machine de mort. 01 août 1857
03 octobre 1857 Oran Mohammed ben el Zerga et Aïssa ben Tayeb Assassins de M.Lacoste sur la route d'Oran à Sidi-Chami. 31 juillet 1857
28 octobre 1857 Oran Amar ben Amadouch, Djilali ben Hanny et Abdelkader ould Drah 40 ans, 35 ans et 25 ans. Violent le 05 mai 1857 entre Bou Sfer et M'Sabieh Vicenta Llorca, qui revenait du marché, avant d'assommer son fils de 12 ans et de le percer de vingt-quatre coups de couteau, le décapitant presque, sous ses yeux et de finalement l'égorger de douze coups de couteau, puis de dérober ses biens. Adda ben Amram ould Sbab, 40 ans, et Abdelkader ben Mimoun, 35 ans, condamnés à mort sont graciés. El Habib ben Moktar, 45 ans, accusé de recel, est condamné à deux ans de prison. Résignés. Silencieux pendant tout le trajet. Ben Amadouch, en gravissant les marches, dit tout haut : "Je demande pardon à Allah du crime que j'ai commis". Grande foule, dont beaucoup d'Algériens. 03 août 1857
02 janvier 1858 Constantine Ahmed "Ben Zerti" ben Mohamed En mai 1857, tue Estelle et Esther Roussél à Heramna près de Philippeville. Condamné à mort deux fois suite à cassation du premier arrêt rendu par les assises de Philippeville. Deuxième venue de la guillotine à Constantine. Dressée sur l'esplanade Valée, près du marché au charbon. Pris de faiblesse en montant dans la charrette, doit être soutenu pour être conduit sur l'échafaud. Foule considérable qui assiste à la mort, silencieuse. 15 juillet 1857, 30 octobre 1857
après le 03 mars 1858 Alger Bel Hadj Mohammed ben Silath 23 ans. Son complice Ahmed ben Hadj, condamné à mort, est gracié. 15 janvier 1858
vers le 16 juin 1858 6h Alger Amar ou Sliman Naït Amourt Cavalier du bureau de Tizi-Ouzou. Conduit place Bab el Oued, y marche droit, tête haute. Alors qu'on s'apprête à le lier, sort un couteau de sous ses vêtements et poignarde (mortellement ?) au bas-ventre le caporal Latour, puis blesse un gendarme. Maîtrisé, refusant de se tenir debout, est fusillé étendu au sol. 10 avril 1858
26 juin 1858 8h, 8h02, 8h04, 8h05, 8h07 Sétif
Constantine
Ali "Negro" ben Saad, Saad ben Ahmed ben Hadj Ali, Mehenni ben Mehenni, Embareck ben Ahmed et El Koraïchi ben Embareck Assassinent à coups de yatagan, le 06 janvier 1858 à la ferme de Tesseyre, proche de Sétif, les époux Gilson, fermiers, et mutilent leur fille aînée, Augusta, 16 ans, qu'ils défigurent et amputent d'un bras. Blessent également la tante des victimes, Mlle Lepape, ainsi que les deux frères Deluche et leur manoeuvre Louis Charnot qui venaient leur prêter main-forte. Ahmed ben Mehenni, frère de Mehenni, et Bouzid ben Saad ben Hadj Ali, fils de Saad ben Ahmed, condamnés à mort, sont graciés en raison de leur âge. El Ayachi ben Embareck et Taïeb ben Embareck, frères de El Koraïchi, sont respectivement acquitté et condamné à 20 ans de travaux forcés. Condamnés par la cour de Constantine. Quittent la prison de Constantine le 24 à 2h30 du matin. Surpris en voyant le nombre de soldats, comprennent que c'est la fin. Chacun accuse son complice, sauf Ali ben Saad, qui reste parfaitement calme, car il était le seul à être sûr de sa fin prochaine. Les autres pleurent, crient, et tentent de frapper El Koraïchi, qu'ils accusent d'avoir été trop bavard lors des interrogatoires, et donc d'avoir causé leur perte. Montent en voiture avec quatre gendarmes, escortés par des cavaliers. Étape au bout de 100 kilomètres le soir, au caravansérail de Bord-Mam'ra. Arrivée à Sétif le lendemain en début d'après-midi, les condamnés sont enfermés à la prison. Le lendemain, en sortant de cellule, Ali ben Saad s'exclame : "Que me fait de mourir maintenant ? J'en ai tué 27 !" Conduits au milieu de la foule, place du marché. Tous montent dignement, sauf El Koraïchi, le dernier, qui doit être soutenu et qui, voyant le panier rempli des corps de ses complices, tente de se libérer en vain. Dès le premier supplicié, dans la foule, un chef Algérien perd connaissance et chute de cheval, ce qui entraîne une débandade au sein des spectateurs autochtones, horrifiés par la décapitation complète - qui empêche le défunt d'aller au paradis. 11 mars 1858
après le 16 novembre 1860 Oran Ahmed ben Arbi, Miloud ben Chérif, Mohamed bou Ziam et Sadok ben Abed Brigand près de Relizane 21 août 1860
02 mars 1861 Alger Ali ben Guendouz Condamné à mort par le conseil de guerre pour avoir tué un autre Algérien du cercle de Laghouat, tente d'assassiner à coups de hachoir M.Perret, un des gardiens de la prison militaire. Exécuté sur la nouvelle place proche de la prison Barberousse. 09 janvier 1861
27 avril 1861 Samedi, 7h Blida
Alger
Mohamed ben Miloud 19 ans. Lapide un vieillard qui vivait dans une grotte derrière Mimiche pour lui voler son burnous. Condamné par le 2e Conseil de guerre.
03 juillet 1861 Mercredi, 6h Alger Backa ben Aïssa Assassin de Salah ben Brahim Exécuté place de la prison civile 22 mai 1861
29 septembre 1861 Samedi, Oran Bartolomeo Vicedo Espagnol. Assassinat. Exécuté sur le terrain de manoeuvres entre la porte Saint-André et Karguentah. Particulièrement effondré pour grimper sur l'échafaud. 29 juillet 1861
01 octobre 1861 Aïn Temouchent
Oran
Ali ben Zekri Assassin crapuleux des époux Lafont, colons à Aïn Temouchent. Son complice Kadda ould Khoris est condamné aux travaux forcés à perpétuité. 01 août 1861
12 octobre 1861 Samedi, 8h10 Tlemcen
Oran
Abdelkader ben Aoulia et Elhadj ben Memi Tentent d'assassiner le domestique Denis pour le voler. Exécutés place Zafrata. Première venue de la guillotine à Tlemcen. 14 août 1861
15 ou 16 octobre 1861 Mardi ou mercredi, 6h30 Tlemcen
Oran
Abdelkader el Hadj ben Sehil Assassinat et vol. Son beau-fils Aïssa ben Abdelkerim est condamné aux travaux forcés à perpétuité. Exécuté sur le champ de manoeuvres près de l'hôpital civil. L'humidité joue sur la machine, et nécessite trois chutes du couperet pour achever la décapitation. Cinquième exécution dans la province d'Oran depuis un mois. Les charretiers refusent de transporter la machine depuis Mers-el-Kébir, ce qui mène à un procès. 06 août 1861
02 décembre 1861 Alger Ahmed ben Kouider et Saïd ben Bouklif Assassina Charles Conte, colon à Aumale, et tenta de tuer le père Conte. 26 septembre 1861
14 décembre 1861 8h Tlemcen Caddour ben Lakdar, Caddour ould Mohamed ben Moussa, Cadour ben Ouassin et Guelmin ould Abdallah Bande ayant commis de multiples crimes entre 1856 et 1861 près de Tlemcen. Fusillés 14 septembre 1861
28 avril 1862 8h Aïn Tedelès
Oran
Abdallah ould Cheref Assassin d'Henriette Clairfond. 08 mars 1862
mai 1862 Vendredi, Constantine Deux condamnés Tentent d'assassiner une jeune fille. Condamnés par le 1er Conseil de guerre de Constantine. Fusillés au Coudiat-Aly, près de la prison. mars 1862
29 octobre 1862 7h Alger Mohamed ben Ali el Kracheni Assassine à Roumilly Kaddour bel Garbi, berger travaillant pour le fermier Witte. 19 septembre 1862
16 novembre 1862 Dimanche, 8h Teniet-el-Had Abdelkader ben Kouider et Ben Youssef ben Kouider Assassinent un membre de leur tribu des Beni-Hayane. Condamnés par le conseil de guerre de Blida.
27 janvier 1863 Mardi, 8h28 Aïn Tedelès
Oran
Cherif ben Madani Assassina son frère Quitte la prison de Mostaganem à 5h. Durant le trajet, dit qu'il a envie de mourir. Arrive à Aïn-Tédelès à 8 heures, enfermé dans le cachot de la gendarmerie en attendant l'arrivée des exécuteurs. Demande à voir son père, mais en son absence, c'est un cousin qui vient lui rendre une ultime visite. Comme il pleure, le condamné le lui en fait le reproche, car il voit ses pleurs comme de la faiblesse, puis sollicite deux choses : que son corps soit remis au marabout pour l'inhumation, et que son cousin lui serre la main une dernière fois devant l'échafaud. Il obtiendra satisfaction. Très peu de monde présent : huit Algériens présents doivent être réquisitionnés pour transporter le corps, car aucun ne voulait le faire de son propre chef. 30 novembre 1862
avant le 06 février 1863 Constantine Mohammed ben Saïd Assassinat Fusillé
09 ou 10 février 1863 Lundi ou mardi, 8h30 Constantine Embareck ben Saïd, Ahmed ben Saïd et El Mekki ben Ali Déjà condamnés pour d'autres crimes par le conseil de guerre, tentent en juillet 1862 de s'évader de la prison militaire de la Casbah à Constantine en étranglant le gardien Turquand. Épouvantés et abattus au moment du supplice 30 octobre 1862
02 avril 1863 Jeudi, 8h Mascara
Oran
Ben Zerga Ould Rabah et Mohammed ben Zekri Egorgent un jeune Algérien pour lui voler 400 francs. Exécutés place du marché. Fusillés ? Guillotinés ? 20 décembre 1862
24 avril 1863 Vendredi, 6h30 Mostaganem
Oran
Mohamed ben Djilali Soldat au 2e régiment de tirailleurs algériens. A Mezila, le 23 septembre 1862, assassine à coups de couteau son neveu Mohamed ben Mamar et tente d'assassiner sa belle-soeur Khadidja bent ben Chora, parce que celle-ci refusait de lui rendre une paire de boucles d'oreilles dont il affirmait qu'elles lui appartenaient. Condamné par le conseil de guerre d'Oran. Va à pied de la prison militaire au terrain de la cible, soit deux kilomètres. Meurt délié, la main droite levée, index au niveau de l'oeil, en priant. Foule, notamment d'Algériens. 19 janvier 1863
29 mai 1863 6h30 Mostaganem
Oran
Adda ben Amar Cultivateur. Tentative d'égorger en plein jour, sur la grand route de Mostaganem à Oran, une femme, Khaïra bent Tahar, qu'il renverse de son âne pour lui voler ses deux bijoux. 29 mars 1863
25 juin 1863 ?
Oran
El Aoussin ben Nesteri 24 ans, cultivateur. Egorge Marie Colette Crétin, 17 ans, le 05 octobre 1862 Saint-Denis-du-Sig puis la viole, avant de piller la ferme de son beau-frère, M.Dumoulin. 07 mai 1863
mars 1864 8h Alger Sliman ben Ganoub PARRICIDE. Réveillé à 6h. "Est-ce pour aujourd'hui la mort ? Je l'attends ! Allahu Akbar ! Je meurs musulman !" Demande, en dernières volontés, qu'on suive son choix quant au tuteur de ses enfants, puis recommande sa jeune épouse à ses parents. "Dites-leur qu'avant de mourir, j'ai désiré pour alle que la vie fût douce et heureuse." Demande à l'interprète qu'il écrive à ses soeurs pour qu'elles prient pour lui, et lui serre la main, ému. Conduit dans les fossés du Fort-L'Empereur, s'agenouille et se laisse bander les yeux docilement. 26 janvier 1864
après le 09 octobre 1865 Alger Cheik ben ben Tayeb Spahi. Assassine un brigadier, commet un vol puis déserte à l'ennemi. 21 juillet 1865
13 novembre 1865 Lundi, 7h Sour El-Ghoszlane/Aumale
Alger
Emhamedi ben Messaoud, Brahim ben Messaoud et El Barki ben Saad



Saïd ben Bouklif
A Aumale, le 23 avril 1865, égorgent Mme Chabre, cultivatrice, pour la voler.



Assassinat
30 septembre 1865



23 septembre 1865
après le 25 novembre 1865 Marengo ? Ahmed ben Si Dehmou 30 ans, journalier. Pour se venger de son frère, le 25 août 1865, incendie plusieurs tas de chaume et de broussailles appartenant à ce dernier dans le canton de Marengo. L'incendie détruit la cabane de Ameur ou Kouider, ainsi de nombreuses récoltes de fèves, orge et blé appartenant à d'autres propriétaires. 20 octobre 1865
26 mars 1866 Lundi, 7h Oran El Habib ben Arbia Guillotiné devant la prison civile face à 2000 personnes. 23 décembre 1865
26 avril 1866 Oran Un condamné
05 juin 1866 6h Mostaganem
Oran
Adda ben Hadj, Miloud ould el Arbi ben Hadj et Ahmed ben Doudou Zerouki Assassins de M.Bonneau et de Mme Guiraud, demeurant à l'Hillil. Exécutés sur l'esplanade, à droite en sortant de la porte de Mascara. Durée de l'exécution : 57 secondes ! 29 mars 1866
18 juin 1866 Lundi, 5h30 Mostaganem
Oran
Abdelkader ben Yayia Tue à coup de yatagan, le 25 décembre 1865 près de la forêt des Amamra, le vieux Moktar ben Barka pour lui voler son burnous et son baïk, et tranche la main de l'épouse de sa victime, Fathma. Fusillé au polygone. 03 avril 1866
25 juin 1866 Lundi, 6h30 Oran Abdelkader ben Aoufi et Bagdadi bou Saïd



Mohammed ben Mened
Assassinent M.Garivier à Saint-Rémy en septembre 1865.



Tente d'assassiner M.Marcou sur la route entre Saint-Denis-du-Sig et Pérrégaux.
25 avril 1866



12 avril 1866
10 juillet 1866 Mostaganem
Oran
Ahmed ould el Arbi bel Hadji Déserteur et assassin de Bonneau à l'Hillil. Fusillé. 1866
23 octobre 1866 Sidi Bel Abbès
Oran
Abdelkader ben Ameur et Sliman ould bou Abdallah Fusillés au tir à la cible.
après le 19 décembre 1866 Constantine Abdelhafid "El Abdel el Guerfi" ben Bouacka Assassinat et vol de mulets. 29 août 1866
après le 05 décembre 1866 Oran Abdelkader Oul L'Hassen, Ahmed ben Caddour Le 19 avril 1866, au douar des Oulad Daoud, assassine trois colporteurs kabyles pour les voler. Complice, Ahmed ben Ali est gracié. 03 septembre 1866
18 février 1867 8h Sidi Bel Abbès
Oran
Tayeb ben Djilali et Mohamed ben Bachir Tentative de meurtre sur la personne d'un soldat. Leur complice Caddour ben Mustapha est gracié. Fusillés au tir à la cible. 19 novembre 1866
23 février 1867 Tlemcen
Oran
Kada Ould el Hadj el Klouche et El Habib ben Amrouch Assassins de l'adjoint Isoart. Leurs complices El Miloud ben Ramdan et Arbi ben Abdelmalek el Kaffi sont graciés. 12 décembre 1866
02 mars 1867 Samedi, 7h Oued Tlélat/Sainte-Barbe-du-Tlélat
Oran
Mohamed ben Djilali Ancien interprète à la mairie de Saint-Louis. 22 décembre 1866
18 mars 1867 Lundi, 7h Mascara
Oran
José Soriano-Gonzales 35 ans, Espagnol, journalier. Exécuté à la porte d'Oran. 29 décembre 1866
05 avril 1867 Mascara
Oran
Bouazza ould Abdelli Assassinats et tentatives d'assassinat commis à Mascara entre 1865 et 1866. 06 janvier 1867
27 avril 1867 Samedi, 6h Souk Ahras
Constantine
Lino Rodriguez Espagnol, ouvrier briquetier. Abat de deux coups de fusil son collègue, Lacroix, pour lui voler ses vêtements ainsi qu'un fusil. Prévenu à la prison de Bône le 26 à 22 heures, tremble come une feuille et se laisse passer la camisole de force. Refuse une fois encore de voir le curé Goudard, mais ce dernier s'installe d'autorité dans la voiture quand le convoi s'en va, à 23 heures, ce qui touche le condamné : "Quoi, monsieur le curé, vous venez avec moi ? Ah, vous êtes vraiment bon !" Dès lors, il écoute les mots de réconfort, buvant un peu de vin fourni par les gendarmes. Après deux heures de trajet, arrivée à Souk Ahras. Demande à parler au juge de paix, mais ne fait que répéter ses aveux incomplets, au cours desquels il accusait son ex-patron, Manuel Garcia, d'être le véritable criminel, et lui-même n'avoir été qu'un comparse. Se confesse et communie. Confié aux exécuteurs à 5h. Monte dans la voiture à 5h45 : embrasse plusieurs fois le crucifix, réclame à boire, s'adresse à la foule, prie, parle au curé, et demande pardon pour ses crimes. En grimpant les marches, dit encore quelques mots impossibles à discerner avant d'embrasser une dernière fois la croix. 4.000 personnes présentes. 22 février 1867
10 septembre 1867 Mardi, Constantine Ahmed ben Mamach Assassinat et viol d'un enfant de dix ans. Fusillé au camp des Oliviers 12 juin 1867
12 septembre 1867 7h Sig/Saint-Denis-du-Sig
Oran
Refah ben Missoun Avec ses cinq frères, à l'automne 1866, attaque au moulin Gardelle, plaine de l'Habra, un gourbi d'Espagnols pour les voler, avant d'y mettre le feu. Premier arrêt cassé, condamné à mort en deuxième instance. Arrivé la veille, réveillé à 5h. Exécuté sur la place. Pris de faiblesse au moment de grimper sur l'échafaud. 04 juillet 1867
après le 29 septembre 1867 Constantine Attalah ben Mohamed et Bougrin ben Tameur Assassins de deux bergers pour leur voler leurs troupeaux 10 juillet 1867
après le 29 septembre 1867 Constantine El Atreuch ben Mohamed ben Touati Assassin d'un berger pour lui voler son troupeau. 22 juillet 1867
après le 27 novembre 1867 Constantine Amar ben Makhlouf Assassinat et vol 25 septembre 1867
après le 30 novembre 1867 Oran Abdel el Ouhab ben Miloud Assassin de son frère 07 octobre 1867
04 avril 1868 Samedi, 8h Ténès
Alger
Menouar ben Mohammed ben Tin Avait assassiné un ami bûcheron pour lui voler 2f50. Pousse un cri au moment où le couperet se détache. Première exécution à Tenès. 04 février 1868
11 avril 1868 Samedi, Chlef/Orléansville
Alger
Ali ben Chaban Tua un enfant de dix ans jamais identifié pour lui voler son burnous. Exécuté sur la place d'Armes en face de l'Hôtel de la subdivision. 08 février 1868
25 avril 1868 Douéra (Alger) Amar ben Saïdi Assassinat et vol 07 février 1868
après le 06 mai 1868 Alger Ahmed ben Hamou Assassinat et vol 04 mars 1868
12 juin 1868 Mascara Ahmed ould El Hadj 28 ans, forgeron. Assassinat et tentative d'assassinat sur les époux Abensour, marchands de semoule à Mascara. 09 avril 1868
après le 17 juin 1868 Constantine Ali ben Aïmer Assassinat et tentative d'assassinat sur deux colporteurs. 28 mars 1868
après le 20 juin 1868 Constantine El Hairch ben Mohamed Assassin d'un berger. 30 mars 1868
18 juillet 1868 Tlemcen Belkassem ould el Hadj ben Salah Assassin crapuleux d'un berger. 30 avril 1868
fin juillet 1868 Jeudi, 6h Constantine Merzoug ben Belkassem, Ahmed ben Hadj, Ben Amar et Mohamed ben Seddit Assassinat et vol. Fusillés au camp des Oliviers.
30 juillet 1868 Jeudi, 5h35 Blida
Alger
Tahar ben Aïssa Massacra un adolescent en le précipitant dans un gouffre puis en lui broyant la tête à coups de pierre avant de lui voler ses vêtements. En arrivant place Bab-el-Sebt, lance des regards fous de peur à la cantonade. Exécution rapide. 3.000 spectateurs. 01 juin 1868
10 septembre 1868 Jeudi, 8h Boufarik
Alger
Mohamed ben Hamza Tue un autre Algérien pour ne pas avoir à lui rendre les 375 francs que ce dernier lui avait prêté. Quitte Blida par le train de 6h40, et arrive à Boufarik à 7h45. Pris en charge par les exécuteurs dès la gare à 7h45. Montent en voiture jusqu'au caravansérail, où il subit la toilette. Il reste encore cent mètres à parcourir, le condamné ne prêtant attention à rien autour de lui se contente de prier. Mais devant l'échafaud, doit être entraîné par les aides, et pendant qu'on le lie à la bascule, se débat, tourne la tête, et hurle : "Barka ! Barka !" (Assez !) Peu de monde présent, une femme dans l'assistance fait un malaise. 04 juin 1868
après le 05 septembre 1868 Oran Ghalem ould Caddour et Miloud ben Sliman Payés par Aninou bent Ali pour tuer son gendre. 28 mai 1868
après le 07 septembre 1868 Oran ? Abdallah ben Bakti Assassinat d'une jeune fille de 16 ans pour voler ses bijoux 01 juin 1868
18 septembre 1868 Vendredi, 6h48, 6h49, 6h50, 6h51, 6h52 Constantine Ahmed ben Abdallah, Belkassem ben Mohamed, Cherif ben Maaraf et Mohamed ben Chebana



Amar ben Belkassem
40 ans, 50 ans, 25 ans, 45 ans. Assassinent à Aïn-Guerfa le 24 décembre 1867 M.Gabriel, garde-champêtre, violent et tuent son épouse puis tuent une petite Algérienne de 8 ans qu'ils avaient recueilli quelques jours plus tôt, pour les voler. Deux complices condamnés aux travaux forcés à perpétuité, un dernier à vingt ans de travaux forcés.



Tua un jeune mendiant près de la porte d'El Kantara.
Prévenus à 4h par le mufti, écoutent et prient. Quittent la prison civile à 6h30, complètement abattus. Guillotine montée devant la nouvelle prison, près de la pyramide Damrémont. Foule importante : environ 6000 spectateurs. 21 juin 1868



22 juin 1868
après le 21 septembre 1868 Constantine Bouallec ben Mohamed Assassinat et tentative d'assassinat. 30 juin 1868
après le 30 septembre 1868 Oran Abdelkader Mohamed Assassine deux marchands de grains pour les voler à Tiaret. 19 juin 1868
après le 30 septembre 1868 Constantine Achour ben Mohamed Assassinat et vol sur deux Algériens. 06 juillet 1868
17 ou 24 octobre 1868 Samedi, 7h Tlemcen
Oran
Dahmann ould Ali Moussa, El Arbi ould Belhady et Bouzian ben Chourak



Mohamed ben Abdallah
Auteurs de l'assassinat de la famille Saint-Germès



Nota : dans la nuit du 24 au 25 août, les quatre hommes s'évadent de la prison provisoire après avoir blessé de deux coups de barre de fer le gardien-chef. Ils sont arrêtés avant le lever du soleil, pour la plupart blessés à coups de baïonnette lors de leur capture.
Trois d'entre eux sont horrifiés, le quatrième, parfaitement indifférent, fait un repas copieux. Présence dans la foule - 3000 personnes - de la fille des Saint-Germès, devenue folle après l'attaque, dans l'espoir vain que le spectacle la ramène à la raison. 30 juillet 1868



27 juillet 1868
après le 19 octobre 1868 Constantine Ahmed bou Kerrit 16 août 1868
après le 19 octobre 1868 Constantine Amor bou Menidjel Double assassinat et vols. Son frère El Ghoumari bou Menidjel, condamné à mort, meurt en prison le 13 septembre 1868. 23 juillet 1868
après le 28 octobre 1868 Alger En Nayli ben Sellam et Saïdi ben Abdesselem Le 01 mars 1868, assassinent deux colporteurs pour les voler. 28 août 1868
04 novembre 1868 Oran Blaha ould Rabah 35 ans. Double assassinat et vol Guillotiné place de la Geôle. 10 août 1868
après le 04 novembre 1868 Constantine Ali ben Boudjelel Vol et assassinat d'un homme dont le corps fut ensuite dévoré. 17 septembre 1868
21 ou 28 novembre 1868 Samedi, 7h Blida
Alger
Ahmed ben Kaddour Le 18 janvier 1868, à Millianah, va cambrioler son voisin Abdelkader ben Mohamed, qui habite dans une grotte du Zaccar, et assassine la soeur de l'occupant, Fathma, 9 ans, qui aurait été un témoin gênant, et dérobe quelques bijoux. Exécuté place du Marché aux bestiaux. Première utilisation du modèle Berger sans échafaud. 22 septembre 1868
23 ou 24 novembre 1868 7h Constantine Ali ben Boualek Tua un Algérien et son âne. Fusillé 30 mars 1868
après le 27 novembre 1868 Constantine Ahmed ben Melek et Sadaoui ben El Ouanes Assassinat et tentative d'assassinat sur deux marchands de dattes. 30 septembre 1868
après le 01 décembre 1868 Constantine Ahmed ben Saïd Assassine le mari de sa maîtresse Zohra bent Abdallah avec la complicité de cette dernière. 28 septembre 1869
après le 10 décembre 1868 Bône Amara ben Ahmed, Brahim ben Belkassem et Mohamed ben Belkassem Assassin de son frère 23 novembre 1868
11 décembre 1868 Vendredi, 8h Constantine El Nuhadi ben Gaoun (ou El Louadi ben Gaouaa) 30 ans. Assassina son neveu pour une question de terrains à Sétif. 03 août 1868
12 décembre 1868 Samedi, 7h Bône M'ahed ben Belkassem Meurtre et vol qualifié. Fusillé à la Butte, près de la porte des Caroubiers. 08 septembre 1868
04 janvier 1869 Lundi, 6h30 Blida
Alger
Ali ben Kouider Anthropophage, tua six personnes pour les manger. Fusillé dans le lit de l'Oued el Kebir, en dessous du jardin des Oliviers. 21 octobre 1868
après le 16 janvier 1869 Oran Aïssa ben Bouazza et Ben Kaddour Bouazza Tuèrent un homme à qui ils devaient de l'argent. 24 septembre 1868
après le 03 février 1869 Constantine Ahmed naït Amokran PARRICIDE, 29 ans, cultivateur à Bougie. Assassinat de sa mère. 17 septembre 1868
après le 20 février 1869 Constantine El Hadj ben Abdallah 21 ans, cultivateur. Assassine un jeune berger pour lui voler son troupeau. Son complice est condamné aux travaux forcés à perpétuité. 21 novembre 1868
après le 10 mars 1869 Constantine Bouros ben Ahmed (Ahmed ben Ahmed ben Alessa et Messaoud ben Ahmed ben Alessa) Assassine deux colporteurs kabyles. 28 novembre 1868
31 mars 1869 Mercredi, 6h36 Alger M'Amed "Sordo" ben Mustapha Boulevard de l'Impératrice à Alger, le 03 mai 1868, viole et égorge le petit Henri Cligny, huit ans. 22 septembre 1868
01 avril 1869 Jeudi, 6h Constantine Neuf condamnés Membres d'une bande de brigands. Le 21 janvier 1868, attaquent une caravane entre Koudiat-Khammès et l'Oued-Messouaï. Tuent sur le champ deux hommes, puis jettent dans un ravin quatre autres prisonniers. 24 novembre 1868
après le 03 avril 1869 Oran El Bahiri ould el Hadj 35 ans, cultivateur. Assassine une jeune fille qui avait refusé de l'épouser, puis tue et vole un jeune berger. 14 décembre 1868
après le 05 juin 1869 Oran Pierre Cimetière Assassin du caporal Bor. 10 avril 1869
après le 03 juillet 1869 Constantine Abed ben Mohamed A Constantine, le 01 janvier 1869, tente d'assassiner un capitaine en retraite qui se promenait. Complice Tahar ou Djafer. 14 avril 1869
après le 18 septembre 1869 Constantine Abdallah ben Bourenan et Ahmed ben Abdallah Assassine un berger pour voler son troupeau de 63 chèvres et moutons. 05 juillet 1869
21 mai 1870 Samedi, Tlemcen
Oran
Mohammed ben Ahmed En juillet 1869, à Rhar el Hammam, décapite son ancienne maîtresse, Fathma bent Yehou et la fille de cette dernière, Mimouna bent Abdelsalem, 12 ans, parce qu'il l'avait quittée et qu'elle comptait dénoncer ses relations adultères auprès des maris qu'il trompait dorénavant. Fusillé au Grand Bassin.
après le 17 novembre 1870 Constantine Belkacem ben Ahmed 20 ans. Triple assassinat crapuleux en octobre 1868 sur des marchands de dattes. 21 septembre 1870
28 décembre 1871 Alger Mahmed Naït Abderrhaman PARRICIDE. Le 17 mars 1870, abat son père d'un coup de fusil dans le dos parce que celui-ci aurait détourné deux boeufs qui lui étaient destinés. Fusillé dans les fossés Bab-Azoun, sous le Fort-Neuf. 05 septembre 1871
30 mars 1872 Samedi, 6h Alger Mohamed ben Abdallah Tue en juillet 1871 le colon Gerbal près de Cherchell, dont il mutile le corps avant de le faire brûler. Réveillé à 5h30. "Louanges à Allah, que sa volonté soit faite !" Toilette rapide, car crâne rasé. Pendant la toilette, remarque : "Je pensais qu'on m'aurait conduit à Chercheil pour y mourir, j'aurais pu voir une dernière fois ma femme et mes enfants." Parcourt le chemin vers l'échafaud à pied, route peu longue, encadré par les adjoints exécuteurs. Au bout de 25 pas hors de la prison, remarque la guillotine, pris d'un instant de défaillance. Les aides le soutiennent, mais il se reprend vite. Au pied de la machine, demande au bourreau d'attendre, mais est rapidement poussé sur la machine. Peu de monde présent (500 spectateurs environ). 05 février 1872
avril 1872 Dellys
22 avril 1872 Lundi, Souk Ahras
Constantine
Hacène Reguigue, Boudiar el Kamel et Belgacem ben Resgui 22 ans, 17 ans et 25 ans. Tuèrent des soldats français durant l'attaque du Grand Bordj à Souk Ahras le 26 janvier 1871.
29 avril 1872 Lundi, 7h Blida
Alger
Selimen ben Ali Soldat au 1er régiment de tirailleurs. Assassina une jeune fille de Zurich. Demande à commander le feu lui-même, mais alors que l'adjudant lui tourne le dos, tente de s'enfuir. Rattrapé au bout de dix mètres par un brigadier de police et deux gendarmes qui le ramènent en place. 25 novembre 1871
02 mai 1872 Jeudi, 6h Alger Belkassem ben Ahmed ben Ladoun et Messaoud ben Kihal En 1869, dans la banlieue d'Aumale, attaquent et incendient la maison de M.Fabre et tentent d'assassiner Ahmed ben Bakouch qui les coursait parce qu'ils venaient de piller sa tante. Un complice, Belkassem ben Kihal, se suicide en prison avant le procès, et Abdallah ben Lani est condamné à cinq ans de réclusion. 08 février 1872
03 mai 1872 Blida
Alger
Amar ou Saadi, Mohamed Amzian Naït Mezian et Ahmed Isradin Meurtre et vol. Condamnés à mort par le 2e conseil de guerre d'Alger.
15 juin 1872 Baghlia/Rébeval
Alger
Ahmed bel Hadj Amar ben Mahi Edein et deux autres co-accusés Assassinats commis à Rebeval durant l'insurrection. 30 mars 1872
24 juin 1872 Sidi Bel Abbès
Oran
Ben Douma ould Maamar ben Douma et Abdelkader ben Zian Dans la nuit du 25 novembre 1871, assassine Filliol, ancien soldat et fermier près de Sidi-Lhassen. 11 avril 1872
août 1872 Constantine Ahmed ben Boudjema Assassine le 16 février 1871 Giovanni Crosso et Francesco Gavazzi, charbonniers italiens à Mouia. Ses quatre complices condamnés à mort sont grâciés. Foule présente. Exécuté devant la maison d'arrêt. 29 mai 1872
06 septembre 1872 Vendredi, 5h30 Oran José Bernabeu Garcia 25 ans, journalier, Espagnol. Lors de l'attaque d'une ferme sur la route de Saïda à Mascara, assassine la femme Couard. Son complice Ximénès, condamné à mort, est gracié. Trois autres complices restent en fuite. 06 juillet 1872
30 septembre 1872
Constantine
Amar ben Safiani et Otsman ben Belkassem (ou Tahar ben Mohamed ben Sihoudi) 16 juillet 1872
24 janvier 1873 Vendredi, 7h Batna
Constantine
Mohamed ben Amor ben Derach et Sliman ben Si Mohamed ben El Draoui Auteurs de l'attaque et des incendies des fermes Yquille et Grosso, le 22 avril 1871, durant l'insurrection, au cours desquelles plusieurs personnes sont assassinées. Première exécution par guillotine à Batna depuis sa foncation en 1844. Condamnés très courageux, prient tout au long du transport de la prison civile à la place.
vers le 02 avril 1873 Constantine Un condamné
15 avril 1873 Constantine Mohamed ben Boughadi Assassinats durant l'insurrection de la ferme de Chassaing.
19 avril 1873 Samedi, Batna
Constantine
Ahmed "Gozzis" ben Mohamed, Embarek ben Saïd, Belkassem ben Mohamed ben Naïssa et Ali ben Mohamed Chaban Crimes commis durant l'insurrection. 07 mars 1873
02 mai 1873 Alger Boudjenah ben Hamed, El Hadj hamed ben Dahman et Sliman ben Hamed Participants à l'insurrection de 1871, prennent d'assaut la ville de Palestro le 14 avril 1871 et abattent les hommes du village, laissant la vie sauve à 42 personnes - vieillards, femmes et enfants. La presse exagérera la scène, en affirmant qu'au total, entre trente et cinquante civils, tous sexes confondus, seront brûlés vifs, décapités ou châtrés. 20 janvier 1873
03 mai 1873 5h Boudouaou/Alma
Alger
Otsman ben Redgeh Koulougli Assassin du "père" André Cardi lors de l'insurrection de 1871. Ses complices Hamdan ben Ahmed ben Mohamed et Slimane ben Mohamed ben Ismaël, condamnés à mort, sont graciés. 05 janvier 1873
15 novembre 1873 7h Chelghoum Laïd/Châteaudun-du-Rhumel
Constantine
Mohammed Chérif Assassina M.Héran Exécuté au village colonial de l'Oued Dekri (rattaché à la commune en 1875) 16 août 1873 ou 23 septembre 1873
17 septembre 1874 Mercredi, 6h Alger Paul Louis Monnier



Messaoud ben Lakhdar ben Saïdi
Zouave, tentative de meurtre sur un officier de sa compagnie.



20 ans. Viol, vol et assassinat d'un garçon de sept ans.
Fusillés près de la prison militaire de Bab-Azoun.



03 juillet 1874
14 décembre 1874 7h Constantine Bachir ben Salah Tua son épouse Messaouda bent Messaoud en mars 1874 à Milah, avant de l'abandonner dans un silo. 25 septembre 1874
après le 20 avril 1875 Oran Abderrahmane ould Mohamed Assassinat et tentative d'assassinat suivi de vol en novembre 1874. Complice : Salah Ould Abdelkader. 15 février 1875
après le 28 avril 1875 Constantine Abdelafid ben Belkassem, Ahmed ben Mohamed et Salem El Oucif Association de malfaiteurs et assassinats. 29 décembre 1874
après le 02 juin 1875 Constantine Belkacem ben Bachir Assassinat. Son frère Ahmed ben Bachir est condamné aux travaux forcés à perpétuité. 25 mars 1875
02 octobre 1875 6h Tlemcen
Oran
Si ben Ali Ould si l'Habid ben Mansour Condamné par la cour d'assises d'Oran. Fils de marabout, s'offusqua qu'une mère lui refuse la main de sa fille malgré son importance au sein de la communauté. Le 26 février 1875, à Aïn-el-Hout, il tue et viole la femme qu'il convoitait, et assassine sa mère et sa soeur. Prévenu à 3h, crie : "Je suis innocent !" L'imam l'incite à prier, il répond : "Je veux la justice, je suis innocent : je n'ai pas à être condamné." Le prêtre finit par s'en aller. Le condamné est mis en présence de ses parents, et réitère ses protestations, surtout sachant qu'on doit "lui couper le cou avec un couteau". Toilette rapide, quitte la prison au milieu de la foule. Inhumé au soir à Aïn el Hout. 18 juillet 1875
22 octobre 1875 Samedi, 5h Skikda/Philippeville

Constantine
Auguste Placide Combier 37 ans, domestique. Étrangle et poignarde, dans la nuit du 24 au 25 juin 1874 à Saint-Charles ses patrons les époux Perceau pour voler deux montres en or et des bijoux. Sa complice et maîtresse, la veuve Mayer, est condamnée à la détention perpétuelle. Kipplen, ancien zouave, est acquitté. A l'arrivée des officiels, à 3h, déjà réveillé. Se montre très calme, discute avec l'aumônier et recommande sa famille. Entend la messe avant d'être confié à l'exéécuteur pour la toilette sous le préau de la maison d'arrêt. Prend un verre de vin et mange un biscuit puis monte dans la voiture qui le conduit sur une placette, derrière l'hôpital civil, où la guillotine a été montée. Arrivé cinq minutes plus tard, exécution rapide. 06 août 1875
26 novembre 1875 6h Alger Si Mohamed Arezki Nail El-Hadj Assassine le 10 mai 1875 à Fort-National son beau-frère Ali ould Belaïd par vengeance sur fond crapuleux et politique. Fusillé sur l'esplanade du fort Bab-Azoun. 17 septembre 1875
29 mai 1876 5h Constantine Ali Ould El-Hadj Tua sa femme Mehmez 16 mars 1876
11 ou 20 juillet 1876 5h Mohammadia
Oran
Bouziane Ould el Habib el Kalaï, Larbi Ould si Kaddour et Kaddour ben Hamida Bouziane, 39 ans, résistant à la colonisation espagnole puis française. Assassinat, meurtre et vols. Bachir ben Tenni, leur complice condamné à mort également, est gracié. Condamnation à Oran. 17 mai 1876
03 janvier 1877 Mercredi, 6h30 Sidi Bel Abbès
Oran
Alexandre Faglin Fusillé.
10 mars 1877 Samedi, 6h Oran El Hadj Ahmed ben Mohamed 27 ans. Dans la nuit du 18 au 19 juin 1876 près de Mostaganem, assassine Fatma bent Mohamed pour la voler. Exécuté devant la prison civile. 26 décembre 1876
04 avril 1877 Mercredi Sidi Bel Abbès
Oran
Bou Addi ben Guerrach Assassina dans la nuit du 11 au 12 octobre 1875 le maire de Sidi Bel Abbès, M.Bleuze, et sa servante Honorine Dubreuil. Affirme être innocent jusqu'au bout. 24 décembre 1876
après le 19 juin 1877 Constantine Ali ben Mohamed ben Raahla Assassin du cadi Si El Haoussin ben Ahmed. 19 avril 1877
29 juin 1877 Vendredi Aïn Defla/Duperré
Alger
Moussa-ben-Aouda Assassin de la veuve Sada, et tentatives de meurtres. Extrait le 28 de la prison d'Alger, conduit en train à Duperré. Aucune faiblesse. Va à la guillotine en psalmodiant les versets du Coran. 18 avril 1877
après le 08 août 1877 Constantine Ammar ben Seghir PARRICIDE, assassina sa mère 11 juin 1877
après le 24 août 1877 Oran Ameur ould Ali et Kaddour ould Mhamed Assassins d'un colon espagnol pour le voler le 16 novembre 1876 09 juin 1877
après le 01 novembre 1877 Constantine Darradji ben Abdallah ben Bahri Assassinat avec vol des colporteurs David Zemmour et Roubil-Mechich près de Takintout le 15 février 1877. Ses complices Mohamed ould Saou et Saïd ben Tarfouf, condamnés à mort, sont graciés. 24 août 1877
février 1878 Constantine Tahar ben Ameur 22 novembre 1877
22 mars 1878 Vendredi, 6h Oran Kadda ould Abdallah et Kaddour Ould Labib ben Moktar Bouzied Assassinat et tentative d'assassinat des colons Forest et Pietro. Leur complice Si Ali Ould el Habib ben Aïssa est gracié. 04 décembre 1877
03 juillet 1878 5h Oran Ben Djeneidi ben Chohra Assassine un marchand et laisse son corps se faire dévorer par des chacals. Fusillé sur le plateau, entre la porte du Santon et le mont Santa-Cruz. 23 mars 1878
09 juillet 1878 Mardi, 5h Béjaïa/Bougie
Constantine
Mohamed ben Saïd Entouchit PARRICIDE. Le 11 octobre 1877, tue de quatre coups de flissa (sabre) son père Saïd ben Mohamed Entouchit aveugle qui refusait de lui céder son héritage de son vivant. Fusillé sur le plateau allant de Bougie au fort Clauzel. 03 avril 1878
15 juillet 1878 5h Sidi Bel Abbès
Oran
Mohamed ould Ahmed bou Chonicha Le 21 février 1878, à Sidi Bel Abbès, égorge et éventre Max Berr, négociant, pour lui voler sa caisse. Exécuté place du Marché arabe. 16 avril 1878
07 septembre 1878 Samedi Azzaba/Jemmapes
Constantine
Bouguerra ben Belkacem ben Derradj, Aïssa ben Taïeb et Aïssa ben Mohamed Malfaiteurs, assassinats. Deux complices condamnés à mort sont graciés. 22 mai 1878
15 mars 1880 6h10 Sétif
Constantine
Guessoum ben Gueleich PARRICIDE. Tue d'un coup de kassoula (massue) dans la tempe son père Gueleich ben Dalaoui le 28 juillet 1878 au douar Belaa, canton de Saint-Arnaud. Son frère M'Hammed est condamné à mort également. Jugé en première instance par les assises de Constantine, arrêt cassé le 29 mai 1879, recondamné par les assises de Bône. Exécuté place du marché. 08 avril 1879, 19 décembre 1879
26 juillet 1881 Mardi, 5h Alger José "Moro" Caravaca-Molina 40 ans, charbonnier, Espagnol. A Koleah, le 09 mai 1880, tue de vingt-cinq coups de couteau M.Camus, domestique du colonel de la Jonquière, puis, après avoir pillé la maison, volant 1.100 francs-or, du linge et des armes, blesse le colonel d'une balle de revolver dans l'oreille gauche avant de lui trancher la gorge... mais le colonel survit à son supplice et parvient à se soigner et à fournir assez d'informations pour identifier les criminels. Son complice Sartre est condamné à mort et gracié. Le fils Caravaca est condamné à huit ans de prison. 12 avril 1881
27 août 1881 Constantine Aïssa ben Ali ben Taïeb Son complice, Ahmed ben Mohamed ben Salem, est gracié. 04 mai 1881
30 mars ou 02 avril 1882 5h50 Bougie
Constantine
Mohamed Hamou ben Achour Chef d'une bande de malfaiteurs de la région de Takitount. Condamné par les assises de Constantine. Guillotine arrivé la veille par bateau. Exécution place Philippe. Reveillé à 5h, demande du café, et apprend la nouvelle de la part du substitut à 5h30. Réclame un appel, mais informé que toutes les possibilités ont été employées, redevient fataliste. Demande que soient consignées par écrit plusieurs dettes que des gens lui devaient, puis désigne un tuteur pour ses enfants. Dit adieu aux détenus en quittant la prison. 12 novembre 1881
08 avril 1882 Samedi, Mostaganem
Oran
Mohamed ben Chouata Vol et meurtre. Condamné par les assises d'Oran. Réveillé à 4h30. Réagit bien : "Tant mieux, j'en ai assez tué. C'est à mon tour, maintenant." Refuse le café, mais boit une grande gamelle d'eau, puis roule une cigarette. S'enquiert de la nationalité de ceux qui vont le tuer ; persuadé qu'on allait le fusiller, se fâche quand on lui coupe de col de sa gandoura : "Ce n'est pas bien ! J'ai tué avec de la poudre, c'est avec de la poudre qu'on doit aussi me tuer !" Face à l'absence de réaction des officiels, se résigne et refuse de recevoir la visite de ses parents en ces termes : "Je n'ai pas de parents." Conduit au plateau du Collège, lieu du supplice, dans un tombereau à ordures. Fume une cigarette en route, puis la laisse tomber et psalmodie des prières. Corps récupéré pour être conduit à Tigditt, mais le commissaire de police donne des ordres pour interdire qu'on recouse la tête. 22 novembre 1881
08 juillet 1882 Annaba/Bône
Constantine
El Khodja ben Ahmed, Saad ben Salah ben Chaoui et Messaoud Ould ben El Houal Assassinat 04 mars 1882
01 avril 1883 6h L'Hillil
Oran
Belkacem ben Hassan Assassinat des époux François. Quatre complices graciés. Condamné par la cour d'assises d'Oran. Exécuté à proximité immédiate de la ferme où le crime avait été commis. 12 novembre 1882
15 mai 1883 Teniet el Haad (Alger) Bel Arrous ben Cheick 23 ans, gardien de silos. Dans la nuit du 04 au 05 juillet 1882, à Teniet el Haad, attaque les frères Jacques et Bernard Pedro, boulangers, et leur domestique Jean Piola, pour les voler. 03 mars 1883
03 juillet 1883 Mardi, 5h Oran Ben Abdallah "Fabre" ben Ghobrini Assassine Jean-Marie Lac à Relizane Foule importante : environ 7000 personnes. 10 mars 1883
25 juillet 1883 Médéa
Alger
Djilali ben Abdelkader ben Djouadj et Ahmed ben Seddiki ben Cherchour Le 12 mars 1882, lors du cambriolage d'une ferme à cinq kilomètres de Médéah, étranglent avec un foulard et égorgent à coups de couteau la veuve Ginet, surnommée "Mme Charles Gatita", 61 ans, font subir le même sort à sa fille Louise, 21 ans, non sans l'avoir violée, puis volent environ 9.500 francs. Ben Cherchour avait été le khammès (métayer) des victimes. Condamnés par les assises d'Alger. Djelloul ben Khalifa est condamné à vingt ans de travaux forcés et Mohammed ben Seddik ben Cherchour, mineur, à six ans de réclusion en maison de correction. 05 mai 1883
13 mars 1884 Jeudi, 6h Aïn Temouchent
Oran
Mustapha Ould Mohamed ben Bahi 30 ans, bandit. Sema la terreur pendant trois ans à l'ouest de l'Oranais. Tua quatre colons Européens et trois Algériens : Frédéric Daire le 13 avril 1881, Abdel Kader ben Attou le 17 mars 1883, Cheik Ould Mohamed le 16 mai 1883, MM. Liminara et Erdinger le 21 mai 1883, M.Moutonnet le 31 mai 1883 et enfin Mohamed ben Abdel Hadi le 27 juin 1883. Conduit la veille depuis Oran dans une diligence encadrée par 7 gendarmes. En traversant les villages, entend des cris qui lui font comprendre la réalité de ce déplacement, et arrive à Aïn-Temouchent effondré. Passe une mauvaise nuit. Pendant la toilette, se déchaîne, donne un coup de pied à un aide. Résiste encore face à la guillotine, à tel point qu'on a du mal à lui faire passer la tête à la lunette. Inhumé 30 mn plus tard, sans que quiconque ait eu l'autorisation de recoudre sa tête. 22 décembre 1883
16 août 1884 5h Boudouaou/Alma
Alger
Ali ben Touati ben Brahim Tua le colon espagnol Sanchez A son arrivée dans le village, prend un café maure et un quignon de pain. Attend la dernière heure dans la salle des délibérations de la mairie, car le commandant de gendarmerie a refusé de laisser sa chambre de sûreté à disposition. Informé du rejet de sa grâce, répond : "Je suis innocent et je veux, si je mens, que la victime sorte de terre et vienne me pendre par les yeux." Se plaint quand on l'attache : l'aide Ernest Bornacini, ivre mort, n'hésite pas à serrer trop fort les cordes, au scandale de l'assistance. Quand on le conduit à l'échafaud, mentionne : "Mon ancien patron me doit 25 francs, que ma famille les réclame." Arrivé à trois mètres de la guillotine, perd tout son calme, se fige, se tord en deux et psalmodie une prière. Rapidement maîtrisé. Dans le public, pas un seul Algérien. Dernière exécution d'Antoine Rasseneux, démissionnaire. Bornacini révoqué. 11 juin 1884
après le 14 avril 1885 Oran Giuseppe Basilone Légionnaire. Assassin de trois Algériens, tentative d'assassinat sur un gendarme. 02 février 1885
08 septembre 1885 Mardi, 5h35 Alger Francisco Arcano 26 ans, sicilien. Assassin de Salomon Mekiesse, 22 ans, Juif Marocain, marchand ambulant d'étoffes, le 01 décembre 1884 à Guyotville, pour le voler. La guillotine devait être montée sur la place habituelle située à 400 mètres de la prison, mais juste quand les adjoints commençent leur travail, le procureur vient leur ordonner de dresser les bois à l'entrée de la prison. Réveil à 5h, un interprète explique à Arcano ce qui va se passer. Crie à l'injustice, puis se calme. Se confesse assez longuement. Proteste pendant qu'on le ligote : "Vous n'avez rien à craindre. Je marcherai tranquille et je ne ferai pas de bêtises. Pourquoi m'attacher les pieds ?" Demande qu'on ne coupe pas ses vêtements pour les confier intacts à son frère. Reproche au procureur sa condamnation et ajoute que le maire de Guyotville sera content en apprenant sa mort. Demande à parler à la foule devant la guillotine, mais aussitôt expédié sur la bascule. Première exécution d'Anatole Deibler. 11 juillet 1885
18 juin 1886 Vendredi, 4h45 Sidi Bel Abbès
Oran
Messaoud Ould el Arbi 35 ans. Abat d'un coup de fusil son patron M. Chauvet, le 8 juillet 1881, près de Sidi Bel Abbès, pour lui voler son argent et son cheval. Exécution prévue le jeudi, mais pour être sûr d'avoir une machine en état de marche après le voyage assez long, M.Rasseneux demande un délai supplémentaire. Réveil à 3h, courageux. Affirme qu'il est innocent, et que malgré tout, il n'en veut pas à la justice de s'être trompée. Parle d'un homme qui lui devait de l'argent, et d'une dette de vingt moutons qu'il doit lui-même. Pendant la toilette, dit : "Inutile de m'attacher. Je n'ai nullement l'intention de tenter de m'enfuir." Comme c'est Ramadan, refuse de boire et de fumer. S'entretient avec un imam et les magistrats, puis grimpe en voiture. Arrivé sur la place du marché, va à la mort, un peu rejeté en arrière, tout en psalmodiant les versets du Coran. Corps transporé à l'ampithéâtre pour expériences électriques et moulage de la tête. 24 mars 1886
08 septembre 1886 5h27 Alger Ahmed-ben-Mohamed Ouali 25 ans, tua son frère de deux coups de pistolet le 24 octobre 1885. Réveil, très calme. En sortant de la prison, voit la machine et se révolte, rentrant la tête dans les épaules, résistant aux efforts des aides. Gustave Rasseneux, l'exécuteur en chef, doit les aider pour le coucher sur la bascule. Ce n'est qu'après plusieurs minutes de lutte qu'on peut enfin laisser tomber le couperet. La tête du condamné part à plusieurs mètres de l'échafaud, sectionné au niveau du menton à cause des efforts désespérés du condamné. 03 juillet 1886
02 octobre 1886 Samedi, 6h23, 6h30 Sig/Saint-Denis du Sig
Oran
El Hadj Bouazza et Miloud ben Lemna Alors qu'ils cambriolent sa boulangerie, abattent Joseph Bellier et son commis Perez Walter, 19 ans, et blessèrent gravement l'un des fils Bellier, le 05 décembre 1885. L'un des six bandits est abattu sur place : les trois complices survivants sont condamnés à perpétuité. Transférés la veille depuis Alger. Personne ne veut transporter les bois de justice, seule une réquisition du juge permet de charger la guillotine pour la conduire sur la place du marché, face à la boulangerie Bellier. Réveillés à 5h20 : plusieurs situations de crise. La justice ne veut pas rendre les têtes, le Coran l'ordonne. On finit par s'en tenir à la loi ; Gustave Rasseneux refuse de signer la levée d'écrou, et doit être forcé par l'inspecteur des prisons. Les condamnés sont montés dans un tombereau direction la place. 3000 personnes présentes. L'exécution de Bouazza se passe très bien, mais la machine est déséquilibrée sans que personne ne le remarque, et le couperet ne coupe que légèrement la nuque de Ben Lemna. Rasseneux tente, avec une scie à main, de trancher le cou, mais en vain. Une deuxième chute du couperet ne donne aucun résultat probant, pas plus qu'un essai de décapitation au rasoir ! La troisième chute provoque enfin la mort, mais la tête reste accrochée par un lambeau de peau, qui est prestement coupé avec un canif. L'affaire fait scandale localement, même si l'information n'est que guère mentionnée en France. Gustave Rasseneux est révoqué, et est remplacé par Pierre Lapeyre. 16 juillet 1886
16 août 1887 Souk Ahras
Constantine
Mohamed ben El Hanachi et Taïeb ben Tahar el Euchi Satyres assassins d'Ahmed ben Brahim, collégien de 11 ans, le 25 août 1886 01 juin 1887
14 mars 1888 Mercredi, 5h50 Alger Amar Naït Noussa Tua le wattman Raucher pour le voler, le 02 mars 1886 En voyant la guillotine, très impressionné. Exécution très rapide, au grand dam des spectateurs. 23 décembre 1887
29 mai 1888 Mardi, 4h30 Annaba/Bône
Constantine
Amar ben Mohamed ben Larbi Le 8 juin 1887, à l'Oued-Zenati, tue son frère, son beau-père, viole et tua sa belle-soeur. Réveillé à 3h30. Dort bien, doit être secoué pour ouvrir les yeux. Averti, répond qu'il n'a pas peur de mourir, mais qu'il désire mourir dans sa région natale. Son avocat lui demandant d'avoir du courage, il rétorque : "Je te disais bien qu'on me couperait le cou." Conduit dans la cour pour la toilette, n'arrête pas de protester : "Je ne voulais qu'une chose, mourir dans mon pays. Pourquoi ne veut-on pas que je meure dans mon pays ?" Refuse le café : "A quoi ça me servirait, maintenant ?" Prie en silence, s'écriant de temps en temps : "Qu'Allah me protège !" Se plaint pendant qu'on l'attache car les cordes lui font mal aux mains. On lui retire son burnous, on coupe le haut de sa gandoura et de sa chemise avant de le faire monter dans un tombereau. Passant par les allées Randon et la porte de la Colonne, le convoi parvient place du marché aux bestiaux, où se trouve la guillotine. Exécution rapide, environ 1000 spectateurs, en majorité Européens. Le docteur Silve, sitôt le couteau tombé, s'empare de la tête par les oreilles et l'appelle "Amar ! Amar !" Contractions de la face et dilatation de la pupille durant une minute. Corps conduit à l'hôpital pour expériences jusqu'à 5h30. 28 mars 1888
03 septembre 1888 Lundi, 5h10 Constantine El Hadef ben Amar Tua le conseiller général Bourceret le 17 mars 1888 Terrorisé au réveil, murmure des prières sans discontinuer. Foule, mais pas d'Algériens. Ben Amar, en voyant la guillotine, pousse un hurlement. Résiste un instant pour ne pas être basculé puis semble perdre connaissance. Le corps et la tête sont remis au docteur militaire Poulet à fins d'expérience. 09 juillet 1888
17 septembre 1888 Lundi, 5h30 Sidi Bel Abbès
Oran
Embareck ben Salem Le 01 mars 1888 aux Mehadid, commune des Trembles, égorge à coups de couteau sa patronne, Mme Rollin, avant de l'achever à coups de pioche, puis use du même outil pour tuer ses enfants, une fille de 6 ans et un garçon de 4 ans, dans le but de piller la ferme, n'emportant qu'un peu d'argent, des bijoux et autres babioles. Seule Mme Rollin survit : le garçonnet meurt le 02 mars, sa soeur quelques jours plus tard. Réveil à cinq heures, dort profondément. Transpire à grosses gouttes en comprenant, et gémit : "Je demande justice !" Hagard, répète cette phrase, et quand on lui demande ses dernières volontés, répond : "Puisque je vais mourir, je n'ai besoin de rien." Mis en présence de l'imam Otman, comprend qu'il peut retarder l'échéance. Demande à rester jusqu'au lendemain matin avec l'imam, puis réclame du bouillon, de la viande, du café, et de l'eau pour ses ablutions. On lui forunit l'eau et le café, qu'il boit à petites gorgées. Quand il est confié aux exécuteurs, s'effondre et doit être porté dans la cour pour la toilette. Conduit place du marché arabe, où se trouvent environ 2000 personnes. Résiste beaucoup : les aides doivent faire preuve de force pour le coucher sur la bascule. Décapitation effectuée au niveau du menton, un ultime lambeau non tranché par le couperet. Corps remis aux médecins pour expériences durant un quart d'heure, avant moulage de la tête, photographie, et remise de la dépouille aux hommes chargés de l'enterrer. 20 juillet 1888
22 janvier 1889 Mardi, 7h Tunis
Tunisie
Mohamed ben Saïd el Gerchaoui Tirailleur. A la veille de sa libération, abat d'un coup de revolver à Gabès un brigadier maréchal-ferrant pour lui voler la caisse de la cantine. Va de lui-même se placer contre le poteau sur le champ de tir, à deux kilomètres de la ville, mais refuse de s'agenouiller et de se laisser bander les yeux. 28 novembre 1888
20 février 1889 Ben Mehidi/Morris
Constantine
Mahmoud ben Embareck Bouktaïa 28 ans. Viole en 1885 à Mondovi la jeune Philomène Galéa, 13 ans. Satyre assassin de Victorine Guigzhem, 15 ans, le 27 mai 1888 à Morris, qu'il tue à coups de pierre. Condamné par les assises de Bône. Jour de marché, 200 tirailleurs envoyés exprès. Conduit à Morris soit disant pour une dernière expertise. A son arrivée à la justice de paix, prévenu par le mufti et les membres du Parquet. Discute avec son avocat, Me Givry. Pendant la toilette, s'adresse aux officiels en français : "Mon complice, Mohamed ben Aïd, le principal témoin à charge, a tué deux jeunes filles." Affirme à deux reprises son innocence. Conduit en charrette près d'une enceinte close d'une barrière de planches où l'on a dressé la guillotine. Quand on le plaque, résiste, se raidit, se courbe en criant : "Non ! Non ! Pourquoi, Monsieur !" Il faut de longues secondes avant de parvenir à le maintenir en place sous le couteau. Après l'exécution, les parents et les frères du condamné se lamentent et récupèrent le corps, enveloppé dans un tapis, afin qu'il soit inhumé dans son douar. 15 décembre 1888
27 avril 1889 Samedi, 5h30, 5h32 et 5h35 Tunis
Tunisie
Mohamed ben Salah, Ali ben Déba et Ali ben Salah Assassinèrent deux marchands kabyles à qui ils devaient de l'argent afin de les voler, le 27 mai 1888, et font brûler les corps. Réveillés à 4h. Très calmes. Toilette dans le vestibule, environ 25 minutes dans le plus grand silence et avec des condamnés impassibles. Chargés dans une voiture cellulaire jusqu'à la place Bab-Saadoun : peu de monde, une centaine de Tunisiens et trois cents Européens. Premier supplicié, Mohamed résiste beaucoup, doit être placé de force sous le couperet. Ben Déba meurt courageusement, et de grosses gerbes de sang jaillissent de son corps. Ali meurt le dernier sans résister. Corps transportés à l'hôpital Sadiki pour la cérémonie religieuse, puis au cimetière. Premières exécutions par guillotine en Tunisie. 13 février 1889
16 août 1889 Vendredi, 5h20 Mascara
Oran
Hamza Ould el Hadj Abdelkader 23 ans, cultivateur. Tua, pour la voler, Marie Boyer, 63 ans, à Aïn-Farès. Quitte Oran pour Mascara par le train de 8h50 le jeudi. Ne se doute de rien. En route, mange du raison, du melon, refuse le pain et demande de l'eau à Tizi. Arrive à 15h20 devant la foule. A la prison, vers 22 heures, demande du thé, et s'endort tranquillement, persuadé qu'on va rejuger son cas le lendemain matin. Réveil à 3h45, aucune émotion, dit qu'il est innocent, victime de faux témoins, et très surpris du mensonge grâce auquel on l'a conduit là. Refuse toute nourriture, mais accepte de parler à l'imam Si Daho ben Badoui, qui lui apporte les secours de la religion. Comme il demande à voir sa famille, on fait entrer son frère, son beau-frère, son oncle et son cousin - non sans les avoir fouillés pour récuperer les couteaux qu'ils portaient sur eux. Les parents embrassent le condamné en pleurant. Hamza leur dit : "Je meurs innocent. Ne vous désolez pas de la sorte. On ne meurt qu'une fois." Pendant la toilette, gémit de douleur et fusille du regard le bourreau qui vient de lui serrer trop brutalement les bras dans le dos. Avant de sortir de prison, demande qu'on remette son burnous à sa famille pour participer aux frais d'inhumation. Pendant le trajet en camion, récite les versets du Coran. Arrive au marché de la paille, devant la porte d'Oran, face à 2.000 personnes. Exécution très rapide. Après une inhumation "ratée" - la fosse trop petite doit être agrandie, ce qui prend une heure supplémentaire - le corps est deterré dans l'après-midi, remis à sa famille, subit une procédure de rattachement de la tête au tronc, puis enterré une dernière fois selon les rites. 18 juin 1889
26 février 1890 Mercredi, Oran Kaddour ould Medjaed Conduit sur le plateau de Santa Cruz en voiture, accompagné par le mufti. Exécution sans histoire.
09 mai 1890 Vendredi, 5h Sidi Bel Abbès
Oran
Mohamed Ould Boubeker Assassina à coups de fusil deux colporteurs kabyles en janvier 1889 au Télagh pour les voler. Transféré d'Oran le 08. Aucune émotion, se dit innocent et accuse un complice en fuite, Fatallah ould Yaya, d'être le véritable assassin. Foule importante. 05 mars 1890
18 septembre 1890 5h35 Lakhdaria/Palestro
Alger
El Foud'hil ben Ismaïl ben Bakhir Tua le 23 décembre 1889 M.Montreau, tailleur de pierres pour lui voler sa paye, soit 30 francs. Foule, majoritairement composée d'Européens, une centaine d'Algériens. Exécuté sur la grande place. Corps non réclamé par la famille, confié aux médecins. Dix-huitième et dernière exécution d'Anatole Deibler en tant qu'exécuteur-adjoint en Algérie. 19 juillet 1890
19 janvier 1891 Lundi, 7h, 7h03, 7h05 Isser/Isserville
Alger
Amor N'Ali Hamou ould Zian, Aïssa Allouech et Ali Mohammed Namar "Kalfouni" Aïssa Attaquent le 30 avril 1889 près d'Isserville la ferme des époux Dubouis : tirent deux coups de fusil Mme Dubouis qui cherchait à s'emparer d'un revolver, abattent également le voisin, M.Moureu, venu dîner ce soir-là, et l'achèvent à coups de matraque, puis fracassent le crâne de M.Dubouis. Les époux Dubouis, cependant, ne sont pas morts et miment l'inconscience la plus absolue pendant que leurs assassins pillent la ferme et descellent le coffre-fort. Au moment du procès, les époux sont quasiment presque rétablis. Leur complice, Ahmed Amar Amrouch, est gracié. Temps de neige important. Arrivée des condamnés d'Alger le 18 janvier, enfermés selon toute vraisemblance à la gendarmerie. Conduits à la mairie pour la toilette à 6h. Seul Kalfouni semble calme. A un certain moment, les gardiens s'écartant, Kalfouni et Allouech, bien que ligotés, tentent de s'enfuir mais sont vite attrapés. Amor est basculé le premier, porté par les aides. Allouech, pâle, le visage contracté par la peur, est moins porté que soutenu. Kalfouni tente de se rejetter en arrière sur la bascule, mais les aides le plaquent : cependant, quand le corps bascule dans le panier, un soubresaut le fait choir assis, et la neige autour de l'échafaud est rougie de sang. Un cadi octogénaire ayant assisté à la mise à mort par devoir est pris d'un malaise et meurt dans les minutes qui suivent. 08 novembre 1890
04 septembre 1891 Vendredi, 5h30 Saïda
Oran
El Habib Douldmimolan 30 ans. Déserteur du 2e régiment de tirailleurs en décembre 1890, devient un bandit qui terrorise les environs de Saïda. Tenta de tuer son cousin, et poursuivi par les habitants, en abattit deux à coups de fusil. Alla de nuit tirer sur les tentes d'autres habitants de la région. Conduit la veille d'Oran à Saïda. Aucune émotion au réveil, dormait bien, indifférent. Parle quelques instants avec l'imam, refuse la nourriture, se laisse toiletter sans protester et va courageusement à l'échafaud. 27 juin 1891
19 septembre 1891 Samedi, 7h Sétif
Constantine
Ahmed ben Ali ben Baziz, Amar ben Kassi et Mohamed ould Kassi Naït Ali Bouda Assassins du facteur télégraphiste Ancia en décembre 1890. Transférés la veille de Constantine à Sétif. Calmes et résignés. Foule, notamment d'Algériens. 11 juillet 1891
06 octobre 1891 Mardi, 5h50 Mascara
Oran
Mohammed Snaïdji ould Abdelkader ben Aimour 20 ans. Tua en janvier 1891 à Fortassa le colon Maurel pour lui voler des boeufs. Transféré la veille d'Oran, apprend pendant le trajet les raisons de ce voyage, ne s'en fait pas outre-mesure et dort tranquillement sa dernière nuit. Déjà reveillé à 5h. Remercie greffier et interprète qui font la lecture des rejets. Demande une cigarette. Un journaliste présent lui en offre une, mais le condamné refuse car un co-détenu lui en a préparé une durant la nuit. La fume rapidement, puis demande de l'eau pour les ablutions et prie avec le muphti. Demande à voir ses parents, mais ceux-ci sont absents. Toilette rapide, puis quitte la prison en charrette, s'adressant au public pendant le trajet. Simple mouvement de recul face à la guillotine, en présence d'une foule innombrable. Corps remis pour que la tête soit rattachée avant inhumation au cimetière arabe. 28 juillet 1891
05 février 1892 7h25, 7h27 Sousse
Tunisie
Ali ben Belkacem El Oudjani



Ali ben Bechir Soufi
Oudjani condamné pour assassinat



Soufi, auteur de trois assassinats accompagnés de vols.
Prévenus à 5h30. Oudjani ne comprend pas ce que signifie "rejet de pourvoi" et demande au greffier de lui expliquer. Informé, il répond : "C'est bien triste de mourir lorsqu'on est innocent !" Demandent l'autorisation de parler aux autres prisonniers, l'obtiennent, et affirment leur innocence. Après la toilette, conduits en fourgon militaire à côté du camp où la guillotine est dressée. El Oudjani regarde la machine en face. Soufi résiste quelques secondes. 600 spectateurs, majoritairement des Européens. 28 juillet 1891, 21 novembre 1891
26 février 1892 Vendredi, 6h Annaba/Bône
Constantine
Bel Hadj ben Hassan Avait tué, près de Mascara, une vieille Espagnole. Condamné en première instance par la cour d'assises d'Oran, arrêt cassé, puis condamné à nouveau à Bône. En apprenant la nouvelle, reste calme. Refuse de s'alimenter : "A quoi bon, puisque je vais mourir ?" Au mufti, dit : "Je sais que je sors du néant et que j'y retourne." Récite des prières jusqu'à l'échafaud, dressé sur la place des Karézas, ou foirail, près des remparts. Applaudissements à la chute du couperet. 04 décembre 1891
01 février 1893 Mercredi, Chebli
Alger
Hadj ben Hamou, Ahmed ben Mohamed et Mohamed ben Amor Tuèrent les vieux époux Nadaud en octobre 1891 dans leur ferme pour les voler. Condamnés à mort en première instance, arrêt cassé, recondamnés à Constantine. Leur complice Mohamed Adjouzil, condamné à mort comme eux, est grâcié. Conduits de Constantine à Boufarik en train, puis de Boufarik à Chebli en voiture cellulaire. Affirment leur innocence. Toilette dans la mairie : guillotine dressée sur la place, à trente mètres de là. Meurent courageusement après avoir demandé que leurs corps ne soient pas remis aux médecins. La foule applaudit. 12 juillet 1892, 13 novembre 1892
11 février 1893 Samedi, Boufarik
Alger
Ben Aïssa ben Mohamed ben Saïd Tua des Européens Quitte la prison d'Alger sous couvert d'une nouvelle confrontation, mais n'est pas dupe. "Je connais le sort qui m'attend". Refuse de faire des révélations dans un premier temps, puis avoue avoir participé au crime, mais seulement comme complice d'un Européen dont il donne le nom. A la mairie, repousse le bourreau qui voulait lui couper les cheveux, arguant qu'il est encore tôt. "Nous avons bien le temps, je ne dois être exécuté qu'à huit heures. Qu'on me laisse donc passer en paix les quelques instants qui me restent à vivre." Fume deux cigarettes, puis se confie aux bourreaux. Guillotine montée devant la mairie. Garde un mégot à la bouche jusqu'à la dernière seconde. Peu d'Algériens présents : la foule applaudit sitôt le couperet tombé. Pendant l'exécution, à petite distance de là, une maison en feu est entièrement détruite. 10 décembre 1892
03 juin 1893 Samedi Sig/Saint-Denis-du-Sig
Oran
Mohamed Ould el Hadj Abdelkader et Sebbah Mohamed ben Nedjadi Le 09 juillet 1892, près du Sig, assomment à coups de matraques deux jeunes Espagnols pour leur voler une paire d'ânes chargés de blé. Une seule des victimes survit. 17 mars 1893
05 juin 1893 Lundi Sebdou
Oran
El Arbi Ould ben Abdallah Bouchekif A VERIFIER : Abat à coups de pistolet deux jeunes Espagnols à six kilomètres de Sebdou et les achève à coups de crosse pour voler leurs ânes. Son complice demeure en cavale. Réveil à 4h15. Demande à être fusillé. Porté jusqu'à la bascule, donne un grand coup de coude à l'adjoint Desfourneaux. Poussé en avant, tente de se rejeter à gauche pour ne pas passer la tête par la lunette, mais vite maintenu par les aides. Un article local évoque leurs noms : Lapeyre, Roch, Desfourneaux et Cazillac. Présence auprès de l'échafaud du survivant de ses victimes, désormais handicapé mental, et de la mère du défunt. 24 mars 1893
31 août 1893 Jeudi, 5h25, 5h27, 5h28 El Kantara
Constantine
Boudouk Saïd ben Larbi, Dridi Mohamed ben Ali et Saïd ben Ahmed Belkadi Commirent plusieurs assassinats dans la région de Biskra. Le complice de Boudouk, Ammar Korbara, est grâcié. Arrivent le 30 à El Kantara par le train de 21h36. Incarcéré pour la dernière nuit dans les cachots de la gendarmerie. Le procureur se présente à 4h30. Peu d'émotion, demandent à voir leurs parents : cette volonté leur est accordée. Longues accolades et larmes, Ben Dridi console sa mère, puis demande quelque chose à boire, et à fumer un cigare. Boudouk, lui, confie au magistrat instructeur avoir proféré de fausses accusations contre deux adolescents dans l'une des affaires pour laquelle il a été jugé. A cinq heures, la toilette est finie, et la marche commence : l'échafaud est dressé à environ 800 mètres de là. A mesure qu'ils approchent, la résolution des condamnés diminue. Exécution rapide. Foule en majorité européenne. 23 juin 1893, 21 juin 1893
09 octobre 1893 Oran Kaddour Ould Abdallah 27 juillet 1893
13 janvier 1894 Samedi, 6h30 Annaba/Bône
Constantine
Brahim ben Djaballah et Makhlouf Resgni ben Ahmed Au réveil, Resgni demande à faire appel du jugement. L'interprète lui répond : "Trop tard, il faut mourir." Les condamnés prient et psalmodient des versets du Coran. Grande foule présente. 28 octobre 1893
16 janvier 1894 Mardi, 7h15, 7h20 Oran Diaz Alonzo Avila-Morilla et Francisco Sabater-Gimenez 35 et 43 ans, journaliers, Espagnols. Meurtre, tentative de meurtre et attaque à main armée. Au réveil, Sabater se dit innocent et Avila fond en larmes. Sabater s'entetient calmement avec l'aumônier tout en fumant un cigare. En quittant la prison, Avila voit la foule et s'affirme de nouveau innocent, tout en insultant l'assistance. Couché sur la bascule, s'arc-boute mais rapidement tenu en place par les bourreaux. Sabater va à l'échafaud en priant, en clamant son innocence également et en disant des grossiéretés à la foule. 02 novembre 1893
23 janvier 1894 Mardi, 7h Bouïra
Alger
Saïd Mohamed ben Arab 27 ans, fils de cheikh. Meurtre et incendie volontaire. Son complice Yahia ben Amar est grâcié. Réveillé à 6h20. Dit : "C'est bien ! Dieu l'a voulu, mais je meurs innocent !" Reçoit la visite de ses parents, et leur dit : "Voulez-vous que je vous donne du courage moi-même ? Vous m'enterrerez dans notre cimetière, près de mon frère... et vous, Monsieur le juge, ne laissez pas mutiler mon corps." Pendant la toilette, tremble un peu en fumant. Grimpe en voiture et rejoint la place du marché escorté par ses parents qui poussent des lamentations. 15 novembre 1893
17 août 1894 Vendredi, 5h20, 5h22, 5h25 Souk Ahras
Constantine
Ferhat ben Rabah, Mohamed ben Rabah et Raouki el Kamel ben Mohamed Tuèrent les époux Cherri, un couple de Maltais vivant près de Souk Ahras. Leurs complices Sathout ben Ali ben Belkacem et Maizia Bouaziz ben Aoun sont grâciés. Au réveil, les frères ben Rabah reçoivent la visite de leur père, et tous trois pleurent. Devant l'échafaud, Ferhat se montre assez assuré. Son frère MOhamed, à demi-inconscient, doit être presque porté sur la bascule. Raouki peut à peine marcher, mais sur la bascule, se tord et résiste. La foule applaudit à la triple exécution. 07 juin 1894
20 août 1894 Lundi Annaba/Bône
Constantine
Smaïl ben Zekri Tue un marchand de tissus Algérien, rue Gambetta à Bône, pour le voler. Dormait bien. Fume une cigarette, boit un verre d'eau, puis, suivant une coutume mozabite, mange du miel. Pendant la toilette, dit aux aides : "Mes amis, ne serrez pas si fort, je ne veux pas me sauver !" En quittant la maison d'arrêt, crie : "Adieu, la prison de Bône !" Foule immense, une femme se fraye un chemin à travers les haies de soldats pour aller, une fois l'exécution accomplie, tremper un mouchoir dans le sang (?). 14 juin 1894
03 septembre 1894 Lundi, 5h45 Sidi Bel Abbès
Oran
Mazar Abdelkader Ouldari Au cours d'un cambriolage à Baudens le 24 septembre 1893, éventre à coups de couteau M.Lambert, fermier, avant d'assommer Mme Lambert, qui dormait dans une chambre voisine avec son fils de quatre ans, et de l'achever d'un coup de couteau en plein coeur. Son complice Mohamed Ould el Habib Chibani, condamné à mort, est grâcié. 5.000 personnes présentes sur le marché arabe. Un quart d'heure avant l'arrivée du fourgon, un spahi chargé d'écarter la foule fait du zèle et blesse plusieurs spectateurs, dont l'un d'un coup de sabre à la poitrine. Arrivé au pied de la machine, le condamné demande encore quelques minutes, qu'on lui refuse. Meurt courageusement. 16 juin 1894
06 septembre 1894 Jeudi, 5h26, 5h27, 5h29, 5h31, 5h32 Batna
Constantine
Sekiou Amar ben Belkacem, Bekouchi M'Ahmed ben Mohamed, Bouzegahia ben Mohamed, Yacoub Salah ben Khen et Ben Feraï ben Saïd Ben Belkassen Tuèrent quatre colons dans l'auberge de la Grande-Halte, sur la route Batna-Lambessa, le 26 septembre 1893 : M.Nessler, Eugènie Souillié, Albert Flachaine, 14 ans, et Adrienne Flachaine, 18 mois. Cherif Bouzeghaia et Mohamed ben Ahmed Bala sont grâciés. Yacoub Amar ben Ali, le huitième complice qui les dénonce, condamné à perpétuité, meurt en prison. Transférés de Constantine le 05 à 19 heures : Yacoub très calme, ne cesse de parler, Ben Feraï accablé, mais tous deux se disent innocents. A la prison, Yacoub boit deux litres de vin, et ses complices se contentent de sirop de groseilles. Réveil à 3h45. Se disent innocents. Reçoivent successivement la visite de leurs familles, et chaque condamné confie au cadi la responsabilité de distribuer leurs biens après leur mort. Entendent la prière de l'imam, puis subissent la toilette avant de monter en voiture cellulaire. Exécution place du marché aux bestiaux. Sekiou est courageux, Bekouchi presque effondré, Bouzegahia résiste. Yacoub s'écrie : "Courage ! Je suis un homme ! On ne meurt qu'une fois !" Ben Feraï, chef de bande, est conduit sur la bascule inconscient. 30 juin 1894
15 septembre 1894 Samedi Oran Alhadj ben Ahmou et Mohammed ben Abderrhamane Assassinèrent sur la ligne Mostaganem-Tiaret le briagdier poseur Veyrenche Journalistes interdits d'entrer dans la prison. Réveillés à cinq heures, disent : "Nous sommes prêts à mourir". Refusent boissons et tabac, parcourent la tête haute la centaine de mètres qui sépare la prison du lieu d'exécution. Ben Ahmou n'arrête pas d'insulter les spectateurs, Abderrahmane reste silencieux. 28 juillet 1894
18 janvier 1895 Vendredi, 7h10 Mascara
Oran
Merad Taïeb Ould Larbi Assassin de Joseph Serrano Quitte la prison à 7h, et s'installe dans une charrette aux côtés du mufti qui récite les versets du Coran. A un agent de police Algérien, dit : "Prie ! Encourage-moi à mourir, je n'aurai pas la force d'arriver vivant au supplice." Environ 600 personnes présentes. Au moment où on le bascule, résiste en rejettant la tête de tous les côtés. Le couperet, en tombant, projette la tête avec fracas contre le brise-jet et dans la bassine. 27 novembre 1894
18 février 1895 Lundi, 6h35, 6h37 Béjaïa/Bougie
Constantine
Taroudjit Mohammed ou Kassa et Abdelli Aliou Saïd Tuèrent Marius Jean à l'Oued-Marsa le 26 juin 1894 Peu d'émotion. Ne mangent rien et ne disent pas un mot durant la toilette. Foule calme. 07 décembre 1894
14 mai 1895 Mardi, 4h40, 4h43, 4h45, 4h48, 4h50, 4h52 Azazga
Alger
Ahmed Namar ould Tahar, Ali Ouel Hadj Karli, Mohammed Ouiddir, Mohammed ou Amokran Naït Saïd, Ahmed Ousaïd Ou Abdoun, Areski ben el Bachir Ouali La "bande d'Areski". Mohamed ou Boudjema ou El hadj, Amara ben Mohamed ou Djouadi, Mohamed Saïd Nait Saïd et Ali ben Mohamed ou Saïd sont grâciés. 04 février 1895
20 mai 1895 Lundi, 4h20, 4h22 Azeffoun/Port-Gueydon
Alger
Arabou Boudjemaa Nait Ali et Mohamed Nait Ali ou Boudjemaa Brigands des Ben-Hassen. Areski ou El Hadj Mohamed ou Amar et Saïd ben Mohamed Nait Saïd sont grâciés. Arrivés le 19 de Tizi-Ouzou, incarcérés à la justice de paix. Dorment peu, ne mangent rien et acceptent un peu de café. Machine montée place de l'Abreuvoir, une minusule place cernée de murs derrière la justice de paix. Informés, prient, et son accompagnés par le cadi jusqu'à l'échafaud. 200 personnes environ assistent au supplice. 16 mars 1895
10 juin 1895 Lundi, 5h Tlemcen
Oran
Mohamed ben Djalili Tirailleur. Abat un autre soldat qui ne voulait pas lui obéir. Pluie violente, ayant convaincu les gens de ne pas se déplacer sur le champ de tir. Les seuls spectateurs sont les membres de la garnison.
18 juillet 1895 Jeudi, 4h47 Miliana
Alger
Ben Blidia Miloud ben El Hadj Abbès 66 ans. Assassin de Mlle Marie Bruneau. Transféré la veille d'Alger à Miliana. Apprend la nouvelle sans émotion. Demande à voir ses enfants, refuse tout aliment. Aucune résistance. 27 mai 1895
20 juillet 1895 Samedi, 4h53 Tiaret
Oran
Mohamed Ould Embareck Assassin de M.Cabal, garde-champêtre à Mellakou. Transféré le 19 depuis Oran, arrive à 21h, passe la nuit à fumer et à parler calmement avec les gardiens. Réveillé à 4h10. Peu d'émotion, fatigue visible. Avoue son crime et dit s'en repentir. Calme durant la toilette, juste un mouvement de recul devant la machine. 18 mai 1895
07 avril 1896 Mardi, 5h30 Alger Vincenzo Previtera 41 ans, terrassier, Italien. Assassina M.Chiodo, dont il était domestique, à Aumale, et la maîtresse de ce dernier, Rose Concella, pour les voler et repartir en Italie. Dort très profondément, doit être secoué. Peu ému, se contente de dire : "Je suis innocent ! Le bourreau va tuer un innocent !" Courageux, pris de faiblesse devant la guillotine. 20 février 1896
16 mai 1896 Samedi, 5h Mascara
Oran
Salem Ould M'barek ben Fatel Marocain, assassin de Mlle Chassaing à Bab-Ali pour la voler. Pendant la toilette, avoue avoir assassiné et violé une fillette de 14 ans. Sur la bascule, résiste tant qu'il ne faut pas moins de huit personnes pour le maintenir, et ce n'est que grâce à une corde avec un noeud coulant que l'on parvient à lui placer la tête dans la lunette ! L'exécution ne dure pas moins de trois minutes ! 20 mars 1896
18 mai 1896 Lundi Aïn Témouchent
Oran
Merhane Kadda Ould-el-Habib Assassin de M.Garson, garde-champêtre de Guiard, qui s'apprêtait à l'arrêter. Capturé quelques jours plus tard, il tua les deux Algériens qui l'avaient appréhendé. Transféré le 17 en train d'Oran à Aïn Témouchent : pensait aller à Alger pour ses lettres d'entérinement, mais se doute de quelque chose en voyant que le convoi ne prend pas la bonne direction. A la gare de Misserghia, voyant du monde comme rarement, comprend complètement et dit aux gardiens : "Demain, fechta !" et se passe le doigt sur la gorge. A la prison, demande à avoir un agent de police pour lui tenir compagnie, et passe la nuit à discuter avec lui. Demande même des détails sur l'exécution accomplie à Mascara l'avant-veille. Boit plusieurs tasses de café, mange une orange. Reveillé à l'arrivée des officiels, très calme, demande à ce que l'exécution soit rapide. L'imam l'incite à prier, il répond : "Allah ne m'a pas sauvé. Ce n'est pas en priant qu'il me sauvera davantage." Demande que des Algériennes l'accompagnent à l'échafaud en poussant des youyou. Marche de la prison à la place Thiers, devant la cantine Schrotter, où on a dressé la machine. Murmure enfin quelques prières tout en fixant le couperet. Poussé sur la bascule, crie : "Semrone, pardon !" Corps remis au frère du supplicié. Peu de monde présent, dont la veuve du garde Garson. 13 mars 1896
22 juin 1896 Lundi, Constantine Houhou el Hadj Ahmed 37 ans, ex-instituteur, devenu porteur de contraintes au bureau des Contributions de Biskra. Tua pour le voler à Biskra dans la nuit du 08 au 09 août 1895 l'Algérien Seddik, buraliste, avec la complicité d'Abderrahman Gouassem ben Merad, greffier à la justice de paix, et son fils Mohamed. Abderrahman, condamné à mort, est grâcié. Mohamed condamné à vingt ans de travaux forcés. Calme au réveil, dit en évoquant sa condamnation : "C'est la faute de la République !". Il subit la toilette sans protester. Demande à prendre un pain, mais il est un peu tard, et on ne peut le satisfaire. Promet aux officiels : "Vous irez tous en enfer ! Tous ! Sauf Monsieur l'inspecteur de la prison, qui est un brave homme !" Devant l'échafaud, s'adresse à la foule pour dire adieu et crier une ultime fois son innocence. Comme il entend poursuivre son laïus, les aides s'emparent de lui, et le poussent avec la plus grande difficulté sur la bascule. Les quatre hommes ne sont pas de trop pour le plaquer sur la machine, et encore, il parvient à mordre de toutes ses forces le bois de la lunette ! 24 avril 1896
24 novembre 1896 Mardi Constantine Deux condamnés Assassins. Se dirigent seuls vers les poteaux au camp des Oliviers.
19 janvier 1897 Mardi, 6h40 El-Harrach/Maison-Carrée
Alger
Manuel Egéa-Lopez 34 ans, sans profession, Espagnol. Tue de trois coups de couteau le 17 mai 1896 Mr Gélabert, entrepreneur à la Maison Carrée, qu'il détestait parce que ce dernier aurait médit de lui. Avait déjà, quelques années plus tôt, été condamné à un an de prison pour avoir, suite à une dispute, frappé de treize coups de couteau un camarade. Conduit de la prison Barberousse jusqu'à la mairie de Maison-Carrée, arrive sur place à 4h40 et est placé dans la salle des pas perdus. Informé à 5h45, se montre calme. "Je savais que j'allais être exécuté. Mais on ne meurt qu'une fois." Il fait des déclarations, consignées sur papier, et signées par l'interprète. Après s'être confessé, fume plusieurs cigarettes et boit deux verres de rhum. S'emporte : "C'est bien long ! Mierda ! Qu'est-ce qu'on attend pour m'exécuter ?" Confié aux exécuteurs, il discute avec eux pendant la toilette, allant jusqu'à s'asseoir de lui-même sur le tabouret. Quitte la mairie d'un pas ferme, les yeux baissés pendant qu'il parcourt les 30 mètres qui séparent l'hôtel de ville de la guillotine. Quelques cris "A mort !" retentissent à la chute du couperet. 04 décembre 1896
29 janvier 1898 Samedi, 6h Guelma
Constantine
Noël Nicollet Tua Mme Bargelot. Exécuté à 6 heures au rond-point de Souk-Abras. Très courageux, sans émotion. Environ 1000 spectateurs, et un nombre important de femmes. 03 décembre 1897
07 mai 1898 Samedi, 4h35 Sétif
Constantine
Messaoud ben Ahmed Techoua Tua le garde Raynaud Transféré dans la nuit en train depuis Constantine. A la prison, à 4h20, devient pâle et perd connaissance quand le procureur lui annonce la fin. Doit être transporté couché jusqu'aux bois de justice. Foule importante, peu d'Algériens. 15 mars 1898
24 mai 1898 Mardi, 4h02 Constantine Salah ben Mohammed Hamada Frappe d'un coup de matraque en juillet 1897 à Collo, le colon Siby, de Cheraïa, pour lui voler son fusil. L'homme survit une vingtaine de jours, et dénonce son agresseur. Réveillé à 3h45, apprend la nouvelle très calmement, se dit innocent. Guillotine dressée place des Chameaux (place de la Brèche). Garde une cigarette aux lèvres jusu'à la dernière seconde. Nombreux Européens présents. 04 avril 1898
22 août 1898 Lundi, 5h02, 5h04 Hadjout/Marengo
Alger
Mohammed Djafari et Ahmed Boucetta 23 ans et 21 ans, journaliers. Assassinèrent le 15 mars 1898 le boucher Richerme pour le voler sur la route allant de Tipaza à Marengo. Conduits la veille de la prison de Blida. Prévenus à 4h, seul Boucetta était réveillé. Très fermes, demandent à être enterrés dans leur pays - ils sont Kabyles - puis s'entretiennent avec un muphti. Pendant la toilette, Djafari sourit et dit aux exécuteurs : "Maintenant, vous allez nous couper le cou comme on fait aux moutons et aux chèvres." avant de demander une cigarette : "C'est la dernière que je fume." Gagnent à pied la guillotine, dressée à gauche de la maison d'arrêt, derrière la fontaine. Djafari se jette presque sur la bascule, Boucetta meurt aussi courageusement. Foule immense en raison de la fête patronale. 01 juillet 1898
05 septembre 1898 Lundi, 5h Bordj Bou Arreridj
Constantine
Mohamed ben Seghir Kaderbache PARRICIDE, avait tué sa mère à Maïla pour lui voler ses bijoux. Arrivé la veille à 1h30 par le train de Constantine. Pendant la toilette, exhorté au courage par le muphti qui lui dit "Nous sommes tous mortels", il répond : "C'est égale, ce n'est pas la même chose", et demande à aller à l'échafaud, dressé devant la prison, en portant son propre burnous. Foule dense d'Européens. 19 juillet 1898
24 janvier 1899 Mardi Oran Kara Ould Faradji Boualem



Ould Mimoun Boukarfa
Assassin de Joseph Moulin, à l'Ougasse.



Marocain, auteur du quintuple assassinat d'Arbal.
Réveillés à 6h. Kara, les larmes aux yeux, se fait répéter deux fois la sentence par l'interprète et jure qu'il est innocent. Boukarfa, lui, dit très fort : "J'ai commis une grande faute et je suis heureux de mourir, car Allah l'a voulu." En arrivant dans la cour pour la toilette, il ricane très nerveusement et retire sa chéchia. Se plaint juste qu'on ne l'ait pas laissé voir une dernière fois sa femme. Refusent tous deux cigarette et café, et répètent les prières de l'imam. Conduits au plateau de Saint-Michel, à environ 500 mètres de la prison. 5000 personnes, en majorité des Européens, et beaucoup de femmes et d'enfants. Kara descend le premier et voit, à proximité de la guillotine, la famille de sa victime, ainsi que la famille Santa-Maria. Recule face à la bascule. Boukarfa se retourne sur la planche et résiste. La famille Santa-Maria, famille de Joseph Moulin, conduisent le neveu de la victime auprès du panier contenant les corps et montrant le cadavre de Boukarfa, lui disent : "Regarde-le bien, tu es vengé." 22 novembre 1898



17 novembre 1898
12 janvier 1900 Vendredi, 6h15 Tunis
Tunisie
Mohamed el Mecheri ben Adjeb 22 ans. Viola et tua à Béja Giuseppe Difranco, Italien, 9 ans. Premier usage de la guillotine depuis 1889. Réveillé à 6h, pâlit mais répond : "Allah a décidé, je me résigne." Prie et murmure quelques mots : "Le sultan des Français n'a pas voulu me grâcier. Que Dieu favorise le gouvernement français." Demande aux gens présents de lui pardonner. Quitte la prison à 6h15, route déserte. Exécution à la porte Bab-Saâdoun, très peu de spectateurs massés assez loin. RAS. 15 novembre 1899
10 mai 1900 Jeudi, 4h37, 4h40, 4h43 Sétif
Constantine
Lakdar ben Abdallah Chadli, Tahar ben Saad Boulakras et Saïd ben Mohamed Bounechada Tuèrent à El-Djouan le 29 avril 1899 le meunier Larochette pour le voler. Pâles et muets face à la nouvelle. Durant la toilette, Bounechada veut être enterré avec ses frères et communique ses dernières volontés à l'imam, Boulakras se dit innocent, et Lakdar, le plus jeune, se monte moins bouleversé et dit : "Pas besoin de serrer si fort, je ne crève qu'une fois." Fermes durant le trajet de la prison à la place du marché arabe. Environ 2.000 personnes : Européens, Algériens, femmes, enfants. Lakdar va sans soutien et sans dire un mot, Tahar récite des prières, et Saïd regarde la machine avant de s'adresser à la foule : "Frères, pardonnez-nous !" Résiste quand on le pousse sur la bascule. 07 mars 1900
25 avril 1902 Vendredi, 10h Medjez el-Bab
Tunisie
Ahmed ben Mohamed Hamida Assassin du colon français Hélis à Medjez el-Bab. La guillotine n'avait jamais encore servi en dehors de Tunis : exécution dans la ville du crime à fin d'exemple. Le condamné quitte la prison de Tunis à 8h pour prendre le train. Arrive sur place à 9h45. Conduit au marché, informé du rejet de sa grâce. Répond calmement : "Il m'est indifférent de mourir. Que j'expie, puisque j'ai commis un crime. Mais il serait juste qu'aucun des miens ne pâtisse de mon forfait. J'espère qu'il sera pourvu aux besoins de mes frères. Il serait juste aussi que ma maison ne soit pas vendue, elle appartient à mes enfants. Je n'en veux pas aux Français. Ils ont agi envers moi légalement. Mais j'emporte dans ma tombe toute la haine que j'ai justement vouée au caïd et au cheik !" Calme durant la toilette, parle de sa famille, demande que ses vêtements soient rendus à ses frères, puis s'exclame : "Je suis content de mourir un vendredi, parce que c'est un jour de fête !" En quittant le marché, dit adieu au spahi de contrôle, puis remonte dans le fourgon qui le conduit au lieu de son exécution. Présence du contrôleur et du caïd. Aucun incident. 19 février 1902
13 janvier 1903 Mardi, 6h46, 6h47 Oran Charef ben Abdallah ben Mohamed Balegh et Mohammed ben Abdelmalek 26 ans et 21 ans. Le 04 août 1900 à Lamoricière, abattent d'un coup de fusil en pleine poitrine M.Teissier, puis assomment son épouse, accourue au bruit du coup de feu, avant de la tuer en lui déchiquetant le visage à coups de couteau. Réveil à 5h45. Très calmes, toilette rapide, vont en fourgon sur le lieu d'exécution, au village nègre, près de la maison du marabout, en compagnie d'un imam. 3.000 spectateurs, dont beaucoup d'autochtones. 12 novembre 1902
25 août 1903 Mardi, Draâ El Mizan
Alger
Hadj Saïd Belkacem ben Hadj Saïdi PARRICIDE, 70 ans. En septembre 1902, abat d'un coup de pistolet en plein coeur son père centenaire (la presse lui donne 102, voire 112 ans) parce que mécontent de ses fils, le vieil homme voulait les deshériter. Les deux autres frères, âgés de 65 et 60 ans, sont condamnés à la réclusion perpétuelle et à dix ans de réclusion. 26 juin 1903
02 août 1904 Mardi, 5h11, 5h12, 5h13 Oran Esmi Bouhalouan Habib, Esmi Bouhalouan Mohamed et Boualem Abdelkader ben Mibani Dans la nuit du 03 au 04 novembre 1903, à Saint-Maur, assomment à coups de matraque puis égorgent M.Rubio, épicier, qui avait refusé quelques jours plus tôt de leur faire crédit, puis égorgent Mme Rubio et étranglent le petit Angel, deux ans, avant d'arroser les corps de pétrole et d'y mettre le feu. Seul le fils aîné, Jean, 4 ans, échappe à la mort en allant se cacher dans une caisse sans être remarqué. Leur complice Esmi Bouhalouan Abdelkader est grâcié. Au réveil, à 1h30, prennent la nouvelle calmement, mais affirment être innocents. Après avoir prié, deux d'entre eux fument. Habib demande à embrasser son frère, ce qui lui est accordé. Mangent quelques pommes et poires avant d'être conduits en voiture sur la place du village nègre, devant 10.000 personnes. Tour à tour, vont à la mort en regardant le couperet. Applaudissements après la troisième chute du couteau. Corps non réclamés par leurs familles. 24 mai 1904
11 février 1905 Samedi, 6h Tunis
Tunisie
Abdallah ben Rezgui ben Abdallah Tua dans les montagnes près de Sidi-Ayed un mineur italien pour lui voler 1300 francs. La veille de son exécution, dépose auprès du procureur une plainte contre sa famille qui s'était déjà partagé ses biens sans même attendre la décision présidentielle. Réveillé à 5h30, croit à sa grâce. Informé du rejet de celle-ci au greffe : pâlit, puis se reprend, mais proteste et clame son innocence. Conduit place Bab-Saadoun : pendant le trajet long de vingt minutes environ, ne dit pas un mot. Foule très importante. Va à l'échafaud d'un pas ferme. 25 novembre 1904
28 février 1905 Mardi, 6h32 Aïn Témouchent
Oran
Zedjidi Bendida ould Abdelkader 25 ans. Assassin de Désiré Harlot, vieil employé de ferme, à Turgot. Très courageux. Foule importante. 10 décembre 1904
30 mai 1906 Mercredi, Mostaganem
Oran
Boudali Mohamed ould Labib Assassina deux Algériens le 31 juillet 1905 Dormait, reste impassible devant la nouvelle. Discute avec l'imam. Perd ses forces devant la guillotine, place du Faubourg Tigditt, doit être soutenu par les aides. Environ 2000 spectateurs, dont beaucoup d'Algériens. 09 mars 1906
27 juin 1906 Mercredi, 4h07 Béjaïa/Bougie
Constantine
Igoussimène Mohamed Amokran ben Saïd 21 ans. Viole, égorge et vole une fillette avant de jeter son corps dans la rivière Soummam. Réveillé à 3h55, dormait bien. Etonné, mais répond : "C'est Allah qui l'a voulu". Refuse le café, demande si son frère est venu à Bougie pour le voir. La réponse étant non, le condamné ne demande plus rien. Attaché dans la cour, se laisse faire. En voyant le couperet, léger frisson de surprise mais avance vers l'échafaud sans s'arrêter. Dernière exécution au Maghreb occupé avant 1909. 04 avril 1906
28 juin 1909 Lundi, 5h, 5h02, 5h04 Dhaya/Bossuet
Oran
Nour Bouchta, Cheikh ould Cheikh et Mohamed ben Slimane 36 ans, 31 ans et 29 ans, journaliers. Assassinèrent dans la forêt de Daya le 16 septembre 1906 l'inspecteur des forêts Dubois et le brigadier Barbier. Premier arrêt de la cour de Sidi Bel Abbès cassé, rejugés à Alger. Quittent la prison de Sidi Bel Abbès le 27 au matin, informés qu'il s'agit d'un déplacement pour supplément d'information. Mais les trois condamnés ne sont pas convaincus. Prennent le train pour Magenta à 8h, où ils arrivent trois heures plus tard. Sont enfermés dans un local de la gare le temps de mettre les bois de justice dans une charrette. Dès leur départ de Magenta, sont assurés de mourir : Bouchta ne cesse d'insulter les passants et de les menacer. Arrivent en fin d'après-midi à Bossuet, et sont incarcérés à la redoute locale. Le lendemain, réveil à 4h30. On leur affirme une dernière fois que le voyage n'est pas fini, et on les conduit par des chemins détournés jusqu'à la place de la mairie, face à l'église, où l'échafaud a été dressé. Dans l'hôtel de ville, entendent les paroles du mufti et sont remis aux exécuteurs. Bouchta, seul des trois condamnés, passe son temps à vociférer. 24 juin 1908, 12 décembre 1908
04 août 1909 Mercredi, 4h25 Bouira
Alger
Cherigui Mohamed ben Mohamed 20 ans. Assomme à coup de matraque puis égorge François Dupont, 20 ans, pour le voler, le 08 août 1908 à Bouira. Son complice Saïdi Ahmed est condamné à perpétuité. Transféré la veille d'Alger à Bouira. 04 avril 1909
07 août 1909 Samedi, 4h42, 4h45 Oran Brahim Kerriche Larbi ben Mohamed et Ben Krich Kada ould Tayeb 26 et 50 ans. Cousins. L'aîné voulait épouser la soeur de Brahim, une adolescente de 15 ans, qui refusa ce mariage. L'étranglèrent dans son sommeil le 08 août 1908, chargèrent le corps sur un mulet puis le cachèrent dans une grotte, avant de le couvrir de paille et d'y mettre le feu pour cacher le crime. Si Brahim avoue dès son arrestation, Ben Krich se dit innocent. Réveillés à 4h. Ben Krich affirme son innocence, tandis que Brahim lui crie de prendre ses responsabilités. L'aîné est inquiet, le second indifférent. Trempent leurs lèvres dans un café qu'on leur sert. Pendant qu'on les attache, Ben Krich gémit : "Je suis innocent, je suis malheureux ! Je n'ai pas commis le crime dont mon cousin est seul à m'éccuser. Je le jure devant Dieu et les hommes, je n'ai rien fait. C'est le caïd qui a voulu me perdre ! Pourquoi vais-je mourir ?" L'imam lui répondant que c'est là la destinée de tout homme, il répète par trois fois : "Il n'y a de Dieu qu'Allah, et Mohammed est son prophète !" Quand on les mène vers le fourgon, Benkrich demande des nouvelles de son douar et de sa soeur, voulant savoir si elle est venue assister à sa mort. "Confie-toi à Dieu", répond l'imam. Conduits sur un terrain communal voisin du cimetière, à environ 500 mètres de la prison. Environ 5000 personnes présentes, dont beaucoup d'Algériens. Brahim descend le premier, pâle, impassible. Ben Krich, soutenu par les aides, regarde le couperet et semble vouloir parler quand on le bascule. Rentre la tête dans les épaules, vite maintenu en place. Corps non réclamés par les familles, inhumés au cimetière musulman. 04 juin 1909
21 octobre 1909 Jeudi, 5h10 Aïn El Assel/Yusuf
Constantine
Meriah ben Zehouani Boubakeur 22 ans, journalier. Assassine de cinq coups de couteau la veuve Durand, 78 ans, à Yusuf dans la nuit du 30 au 31 octobre 1908 pour la voler. Transféré la veille de l'exécution. Guillotine montée à quinze mètres de la prison, derrière le mur d'une maison formant angle. Conduit à l'échafaud dix minutes après le réveil : résiste en voyant la machine. 06 juin 1909
21 février 1910 Lundi, Souk Ahras
Constantine
Nekouch ben Amor Assassin de Messaoud ben Moni, au douar de Hamana, près de Souk Ahras le 16 juillet 1909. 12 novembre 1909
24 mai 1910 Mardi, 4h27 Alger Juan "Figarette" Vidal 20 ans, jardinier. N'ayant pu obtenir de travail à la ferme Coll, à Berkadem, près de Kouba, y assassina à coups de couteau trois personnes le 18 mai 1909 : Mme Slives, 86 ans, belle-mère de M.Coll, qu'il décapita quasiment, et ses deux fils, Joseph, 24 ans et Pierre, 14 ans. Réveillé à 4h, ne comprend pas ce que dit le procureur : on doit traduire la sentence en espagnol. "C'est bon, puisqu'il le faut, je mourrai !" Puis s'énerve devant son avocat : "Tout le monde m'abandonne parce que je suis Espagnol ! La voilà, votre justice !" Puis demande si un autre condamné à mort, Amrouche, va être exécuté lui aussi. Discute avec l'aumônier, boit cul sec un verre de rhum et laisse les aides procéder à la toilette. Quand les portes s'ouvrent, des cris à mort retentissent un peu partout. Le condamné regarde le couperet, puis toise la foule avant d'être basculé. Corps livré à la faculté de médecine.
NB : il s'agit selon toute vraisemblance de l'exécution à laquelle le père d'Albert Camus était allé assister.
02 mars 1910
20 septembre 1910 Mardi, 5h36, 5h37 Oran Kara Miloud ben Salah



Saïd Mohammed ben Moussa
Égorge le 13 octobre 1909 au douar d'Ain Beida sa femme Halima bent Taieb, sa belle-mère Kheira bent Bouzian, et blessa grièvement la soeur de celle-ci, Yamina bent Zief. Mobile : Halima, lasse de sa violence, l'avait quitté pour se réfugier chez ses parentes.



25 ans, journalier Marocain, tua deux jeune Marocains pour leur voler 75 francs.
Au réveil, pâlissent puis prient. Prient tout au long de la toilette, refusent toute boisson ou tabac. En grimpant dans le fourgon, Kara remarque : "On me tue pour bien peu de chose !" Guillotine dressée à un kilomètre de la prison, au village nègre. Cris de la foule poussés tout au long de l'exécution, qui ne cessent que quand la seconde tête est tombée. 19 mai 1910



20 mai 1910
11 octobre 1910 Berrouaghia
Alger
Ben Saïd Mohamed ben Larbi Tua son frère 23 juin 1910
31 octobre 1910 Lundi, 6h Skikda/Philippeville
Constantine
Ben Abderrezag Chabani ben Amor Assassinat et vol qualifié Réveillé à 5h30 par le greffier et l'imam. Demande une tasse de café et une cigarette. Conduit place des Chameaux, ne prononce pas une seule parole. Foule très nombreuse, mais presque aucun Algérien. 27 juillet 1910
14 janvier 1911 Samedi, 7h06 Chlef/Orléansville
Alger
Ben Bali Larbi ben Kalifa Le 19 février 1910, tua à coups de matraque son oncle Khelifa ben Hamadou, agriculteur à Rabelais, qui revenait du marché d'Orléansville avec 180 francs grâce à la vente de bestiaux. Enterra le corps nu, qui ne fut retrouvé que deux mois plus tard. Machine dressée place Victor-Hugo. Au réveil, pâlit affreusement, manque défaillir. Refuse la cigarette et le café. Remercie son avocat et lui dit "Je suis un bon musulman, ancien Taleb, et je mourrai courageusement." Grande foule car jour de marché. Violent mouvement de recul face à la machine, mais le condamné se reprend... quelques instants : alors qu'on le plaque à l'horizontale, se révolte et mord de toutes ses forces le bois de la lunette pour empêcher les exécuteurs de le placer correctement sous le couperet. Il faut deux minutes aux aides pour le maîtriser et enfin le positionner. Un tirailleur, bouleversé par la scène, s'évanouit quelques secondes plus tard. 15 novembre 1910
08 septembre 1911 Annaba/Bône
Constantine
Mesrough Tahar ben Abdallah Tua deux colporteurs juifs tunisiens le 04 décembre 1910 près de Combes pour les voler. 10 juin 1911
02 février 1912 Vendredi, Batna
Constantine
Ghassemi Salah 37 ans. Tua un maquignon pour le voler.
05 février 1912 Lundi, Batna
Constantine
Boukhalfa Ahmed ben M'Barek 23 ans. Dans le cadre d'une vengeance familiale, en février 1911, assomme à coups de matraque, poignarde puis pend à un arbre la jeune Bensedira, 12 ans, bergère, sa belle-soeur. Son complice Khélia est condamné à 20 ans de travaux forcés. 12 décembre 1911
25 mars 1912 Lundi, 5h10 Oran Antonio "Damian" Navarre Légionnaire. Tente d'assassiner le 25 septembre 1911 le colonel Passard. Très calme, refuse l'aide de la religion. Au greffe, prend un verre de café, qu'il boit à la santé des gens présents, puis accepte plusieurs cigarettes. Entre la prison militaire et le plateau du Santon, refuse à nouveau d'écouter le prêtre. Sur place, refuse d'avoir les yeux bandés, et arrache le bandeau qu'on lui met sur le visage. On doit le forcer à le porter, et le forcer également à s'agenouiller. Avant que les coups de feu ne retentissent, hurle : "A bas le militarisme ! Vive l'anarchie !" 18 décembre 1911
11 avril 1912 Jeudi, 5h10 Mascara
Oran
Bouadi Abd el Kader Membre de la bande Labane. Commit un crime au Poirier, près de Nazereg, le 11 mai 1910. Réveillé à 4h45. Angoissé, dit : "Ca va ! J'ai tué... tant pis !" Demande à voir son père, ce qui est impossible au vu de l'heure. "Je ne demande plus qu'une chose : c'est qu'on ne me fasse pas trop souffrir." Serre la main à deux compagnons de détention, refuse café et cigarettes, et répète la chahada pendant la toilette. Mouvement habituel de recul devant la bascule. 16 décembre 1911
12 avril 1912 Vendredi, Oran Abdelkader ould Abdelkader Chibani, Abdeljebbar ould El Hadj Lot, Abderrahmane ould Kadda Labane et Khada Bouadi Membres d'une bande de brigands ayant sévi près de Nazereg tout au long de l'année 1910. Jugés en première instance par le Conseil de Guerre d'Oran, arrêt cassé le 7 septembre 1911, rejugés à Mascara. 26 juillet 1911, 16 décembre 1911
30 mai 1912 Jeudi, 4h30 Saïda
Oran
Mohamed "Abdesslam" ben Moussa Le 06 juillet 1911, à Saïda, assassine à coups de couteau Marie Esturgot, épouse Marcot, 21 ans, et étrangle avec une cordelette son fils aîné Clément, 3 ans, n'épargnant que le petit Lucien, 10 mois, dormant dans son berceau, pour voler un revolver, 20 francs et une montre. Condamné par la cour criminelle de Mascara. Guillotine montée sur la petite place, près du bureau de poste. Réveillé à 4h15 : "J'ai tué, je dois payer, j'aurai du courage". Prie avec l'imam durant la toilette, boit une tasse de café et demande à ne pas être bousculé par les aides. Grimpe dans le fourgon, demandant au procureur de transmettre ses amitiés au gardien-chef de la prison de Mascara, qui s'est montré bon pour lui, et demande à son avocat d'écrire à son père, habitant de Melilla, pour lui annoncer sa mort. Va à la guillotine avec indifférence, à reculons, en récitant la Châada. Mouvement de recul devant la bascule. Foule nombreuse, environ 2000 personnes. 23 mars 1912
25 juillet 1912 Jeudi, 4h20 Béjaïa/Bougie
Constantine
Mazouzi Abdallah ben Saïd Assassine le 26 août 1911 Drouiche Mohamed Saïd, adjoint du douar Tararist. Réveillé à 4h, pleure un peu. Passe une gandoura, et durant la toilette, affirme son innocence. Se laisse conduire à l'échafaud sans rien dire. 31 mai 1912
14 août 1912 Mercredi, 5h20 Alger Brahim ben Messaoud et Brahim ben El Barka 30 ans et 18 ans. Le 26 novembre 1911, sur le territoire militaire de Ghardaïa, étranglent avec un chèche le mozabite El Hadj Bakir ben Salah après l'avoir enivré, ce pour lui voler une dizaine de francs. Leur complice Boudjema ben Mohamed ben Najeur, 17 ans, est condamné aux travaux forcés à perpétuité. A l'arrivée des officiels dans leur cellule de la prison militaire, à 4h15, El Barka est déjà réveillé. Informés de la fin, semblent réflechir. Demandent au mufti de tenir leur famille au courant et de leur demander pardon en leur nom, avant que Messaoud ne s'inquiète des futures circonstances de son inhumation. Grimpent dans une ambulance qui les conduit au champ de tir du Fort-l'Empereur. Le convoi s'arrête à dix mètres des poteaux. El Barka est attaché à celui de gauche, Messaoud à droite. Ecoutent le verdict tête baissée, puis ont les yeux bandés et sont mis à genoux. Le peloton, composé de huit sergent, huit caporaux et huit soldats du 1er Zouaves se met en position. Exécution rapide, atteints sur la gauche : au moment du coup de grâce porté à El Barka, le revolver a des ratés, et cela prend quelques secondes. 22 mai 1912
26 août 1912 Lundi, 5h20 Remchi/Montagnac
Oran
Zenan Bachir Ould si Abdelkader Le 22 mars 1912, abat d'un coup de moukala le gendarme Richard, au douar des Beni Ouarsous, parce que celui-ci l'avait surpris en plein braconnage, puis tente d'abattre le gendarme Grosclaude qui se lançait à sa poursuite. Quitte le 25 au soir la prison de Tlemcen, soit disant pour une instruction supplémentaire. En cellule, ne dort pas, fume beaucoup et boit énormément de café. Arrivée des officiels à 5h, aucune émotion, s'affirme innocent : accuse le caïd de l'avoir fait condamner à tort pour cacher l'identité du vrai coupable, l'un de ses proches. Demande à voir ses six enfants, et comme la chose est impossible, il demande que l'administration française s'occupe de leur éducation. Toilette rapide. En franchissant la porte, dit une dernière fois qu'il est innocent. Peu de gens présents car exécution tenue relativement secrète. 08 juillet 1912
09 septembre 1912 Lundi Khenchela
Constantine
Maamar Bouziane Bandit notoire. Assassina dans la nuit du 24 au 25 juin 1911 le meunier Monterastelli aux alentours de Khenchala. Ammar Meddour, son complice, est grâcié. Grande foule. Converti, accompagné par l'abbé Devaure, très digne pendant le trajet, se soucie de l'au-delà. Devant la machine, dressée sur la place, embrasse le crucifix. 22 juin 1912
26 octobre 1912 Samedi, 6h46, 6h48 Tunis
Tunisie
Chedli ben Amor El Guettari et Marroubi ben Ali El Khadraoui Djardjar Affaire du Djellaz : en septembre 1911, la municipalité de Tunis lance une procédure d'achat du cimetière du Djellaz, le plus grand cimetière de la ville. Aussitôt, des protestations s'élèvent qui conduisent la ville à interrompre son projet, mais cette décision n'est relayée par aucun organisme officiel, pas même par la presse. Ce manque de communication conduit à une manifestation les 7 et 8 novembre 1911 à l'entrée du cimetière, au cours de laquelle les participants trouvent le domaine barricadé et interdit d'accès par des forces de sécurité. La violence éclate, les policiers sont lapidés par la foule, l'armée intervient, et la mort d'un enfant abattu par un riverain italien conduit les Tunisiens à attaquer la communauté italienne, entraînant de nombreuses victimes. Chadli est condamné pour le meurtre du brigadier Franchi et les tentatives de meurtre de l'agent Fouin et sur Jacques Victor, Marroubi est condamné pour les crimes sur les agents Franchi et Fouin. 74 personnes sont inculpées : dix-huit d'entre elles sont condamnées à des peines de travaux forcés. Leurs complices Mohamed ben Ali Chedli, Mohamed ben Hadj Abdallah El Gharti, Abdallah ben Mohamed Ouali, Mohamed ben Abdallah ben Amor El Gabri et Milani ben Ali ben Fattallah, eux aussi condamnés à mort, sont grâciés. Réveillés à 5h30, dormaient profondément. On leur annonce qu'ils vont être transférés à Alger, mais une fois au greffe, on leur traduit la sentence. COmme ils ne comprennent pas bien, Chedli demande à ce qu'on leur explique mieux, mais la présence d'un imam et de leurs avocats vaut toutes les explications du monde. Confiés aux bourreaux à 6h30 : Chedli tremble de panique quand on lui découpe le col, croyant qu'on va le décapiter ainsi. Quittent la prison en fourgon cellulaire, jusqu'à la porte Bab-Sâadoun. Chedli descend le premier, pâlit en voyant la guillotine, mais se laisse basculer. Grande gerbe de sang, à près de trois mètres. Marroubi, terrorisé, doit être traîné jusqu'à la machine. Beaucoup d'Européens présents, les Tunisiens s'étant abstenus d'assister à la double mise à mort. 30 juin 1912
07 mai 1913 Mercredi, 4h25 Alger Pédro Galéra PARRICIDE, 20 ans. Le 31 mars 1912, tua ses parents pour les voler puis jeta les corps dans une mare. Crime accompli avec la complicité de trois Algériens, Kemel Belkheir ben Ladjal, Benhammad M'hammed ben Ameur et Lazib Djilali ben Tahar, tous condamnés à mort et grâciés. Entend dans la nuit les clameurs de la foule, qu'un gardien attribue à une grève de tramways... Réveillé à 4h15, dormait bien. Se met à trembler en apprenant la nouvelle, puis se reprend. Discute avec l'aumônier Carrel durant la toilette, prend un verre de rhum et une cigarette, puis s'entretient avec Me Roger, son avocat. Revêtu de la tenue parricide, alors qu'il quitte la prison, dit : "Je veux les voir ! Je veux les voir !", parlant de ses complices grâciés. Lecture de l'arrêt devant la bascule, et poussé très rapidement sur la machine. 5000 spectateurs environ. 02 mars 1913
05 juillet 1913 Samedi Oran Charles Cromer Caporal au 2e régiment de la Légion Étrangère, déjà titulaire de 14 condamnations dans le civil, mais jamais puni depuis son incorporation. Le 24 juin 1912, à Saïda, tue de deux coups de fusil Lebel dans la poitrine le sergent-fourrier Piétri, avec lequel il était en rivalité à cause d'une femme. Premier verdict cassé, rejugé. Réveillé à 4h, dormait bien. Enfile son pantalon et dit au lieutenant Thomann, qui le priait d'avoir du courage : "J'en ai à revendre. Vous paraissez plus émus que moi, Messieurs les officiers." Cire ses souliers, pendant qu'on lui retire ses galons et la grenade, insigne de la légion. Chez le concierge de la prison, il prend une tasse de café et des cigarettes. Lit une lettre de sa famille, s'entretient avec le prêtre, puis dans la conversation : "Je m'y attendais tous les jours, et cela ne m'effrayait pas. J'ai tué, on me tue. La justice des hommes est juste. J'ai eu le courage d'accomplir mon acte. Je dois avoir celui d'en supporter la responsabilité. Tout de même... il y avait moins de monde quand il est mort, lui !" Parle encore à l'aumônier, va à la chapelle mais refuse la messe en ces termes : "C'est inutile, monsieur le curé. Nous avons fait notre devoir. Dix minutes de plus ou de moins dans la vie, ce n'est pas une affaire. Le mieux encore, c'est d'y aller de suite." Salue d'un coup de képi, dit "Au revoir Messieurs", et grimpe dans le fourgon qui le conduit sur le plateau du Santon. Refuse d'abord d'être ligoté et d'avoir les yeux bandés, mais se résigne. Foule très importante, aucun incident. 04 janvier 1913, 14 mars 1913
28 octobre 1913 Mardi Beni Saf
Oran
Azizi Abdelkader ould Djelloul 20 ans. Assassine au hameau de Ghar El Baroud Mohamed ould Moulaï Ali, Aïcha bent El Mahi et Fatma bent Moulaï Ali Aucune émotion au réveil. Conduit en voiture à Ghar El Baroud. Exécution rapide. 19 juillet 1913
05 novembre 1913 Mercredi, 6h10 Bougaa/Lafayette
Constantine
Mekkour Amor ben Djemaa Au douar Beni-Maouche, le 20 novembre 1912, précipite d'un rocher un petit garçon de six ans, puis l'achève en l'égorgeant. L'enfant était le fils issu du premier lit de sa femme - le père était un cousin du meurtrier - et son existence faisait obstacle à ses envies d'héritage. Réveillé dans sa cellule de la gendarmerie à 5h40. Pleure, implore le cadi, et dit à ce dernier de récupérer auprès de trois connaissances l'argent qu'ils lui devaient. Refuse tabac et café : "Je n'ai besoin de rien !" Pendant la toilette, continue à pleurer tout en priant. Conduit à la guillotine, dressée le long du mur de la gendarmerie. Résiste sur la bascule, mais vite maîtrisé. Corps non réclamé par la famille inhumé dans la foulée. Rassemblement populaire assez important, surtout venant de Sétif. 26 juillet 1913
23 janvier 1914 Vendredi, 6h32 Sétif
Constantine
Abdallah Ferathia ben Savu Tua près de Colbert, au douar Raïfa, le 06 décembre 1912, à coups de couteau sa femme Guermfa bent Saïd, leurs deux enfants, Kaïna, 4 ans, et Zohra, cinq mois, et sa belle-mère, Barkahoum bent Ahmed. Réveil à 5h50, dormait bien, tête sous la couverture. Se lève, surpris, médite un peu et dit : "J'ai fauté ! Dieu a décrété ma mort, je dois mourir !" Demande au procureur de demander pardon en son nom à son père, puis accepte du café et s'entretient avec l'imam. Pendant la toilette, Me Martin l'incitant à mourir courageusement, il répond paisiblement : "C'est Allah qui l'a voulu !" Conduit en voiture devant le palais de justice. Ne dit pas un mot, regarde la guillotine. 25 novembre 1913
29 janvier 1914 Jeudi, 6h40 Tizi Ouzou
Alger
Oumghez Ali ben Saïd Le 31 décembre 1912, à Pirette, près de Dra-el-Mizan, tue de sept coups de couteau la veuve Causse, 74 ans, pour cambrioler sa maison. Première exécution capitale à Tizi-Ouzou. Au réveil, fait un reproche au procureur :"Vous auriez pu me prévenir plus tôt, j'aurais ainsi pu voir une dernière fois ma famille." 27 novembre 1913
23 février 1914 Oujda
Maroc
Mostefa ould Amar En mai 1913, assassine six ouvriers au camp de l'oued Télagh et enlève Eléonore Sampère, qu'il conserve prisonnière pendant sept mois. Fusillé. 25 novembre 1913
01 septembre 1914 Mardi, 5h02 Blida
Alger
"Moktar" Chachoua Assassin du colporteur kabyle Mohammed Bergui à l'Oued-el-Allouz. Réveil à 4h40, dort profondément. Peu d'émotion, si ce n'est quelques lames aux yeux. Souhaite déjeuner avec un repas préparé à l'extérieur de la prison, mais il est trop tard : boit une tasse de café et fume trois cigarettes. Quitte la prison en priant, pris d'horreur en voyant la machine, mouvement de recul vite contenu. 11 juillet 1914
03 septembre 1914 Jeudi, Tiaret
Oran
Ould Chaban Touddert Messaoud 11 juillet 1914
23 janvier 1915 Oujda
Maroc
Mohammed ben Abderrahmane 22 juillet 1915
26 juillet 1915 Mascara
Oran
Mokedem ben Dehou et Hattab el Abdelkader 28 mai 1915
24 août 1915 Mardi, 5h45 Tunis
Tunisie
Jean-Marie-Théophile Durand 26 ans, ancien facteur à Paris ayant détourné 10.000 francs, errant en Europe, puis au Maghreb. Tua d'une balle de revolver dans la tempe gauche pour le voler le 09 mai 1914 M.Batt, consul de Norvège et de Russie à Tunis, à bord du train Bizerte-Tunis, et jette le corps sur la voie entre Tindja et Mateur, à une quinzaine de kilomètres de Bizerte. Exécuté à l'entrée de la prison. 15 mai 1915
25 février 1916 Vendredi Alger Laroussi ben Mohamed et Benazouz Saïd ben Ali Étranglent le 23 août 1915 à Saint-Ferdinand la veuve Ramos pour la voler. Réveillés à la prison militaire à 4h30. Calmes, disent au mufti qu'ils sont victimes d'une épouvantable erreur et qu'ils sont innocents. Arrivent au champ de tir dans les fossés de Fort-L'Empereur en voiture, tandis que l'orchestre des zouaves joue "Aux Champs". Descendent très inquiets, sont agenouillés au pied du poteau puis attachés. Après lecture de la sentence, l'imam prie pour eux une dernière fois, et les condamnés ont les yeux bandés. Bien que touché de douze balles et ayant reçu le coup de grâce, un des condamnés agonise pendant près de cinq minutes. 06 janvier 1916
28 juillet 1916 Vendredi Djelfa
Alger
Ahmed ben Touati Tua deux cavaliers de commune mixte pendant que ceux-ci réquisitionnaient des chameaux Fusillé au champ de tir 19 février 1916
01 août 1916 Mardi, 6h Khemis Miliana/Affreville
Alger
Abdelkader Ferah Surpris en plein vol de brebis dans la nuit du 12 au 13 décembre 1915 au douar Guerib, commune mixte des Braz, abat d'un coup de feu dans la tête le fermier Tebrour ben Tibre qui voulait l'empêcher de fuir. Ses complices, Halloui Larbi et Mohamed Gaïdi, sont respectivement condamnés à vingt et dix ans de travaux forcés. 12 avril 1916
20 septembre 1916 Mercredi, 6h Boghari
Alger
Aïssa Sahari Tue d'un coup de couteau dans la nuque, le 24 novembre 1915 près de l'oued Sedra, le colporteur kabyle Rabah Loukhal pour le voler. Son principal complice, Mohamed Boughera, est condamné à mort par contumace. Aouissi Laissaoui est condamné à vingt ans de travaux forcés, Zohra Ghezali à deux ans de prison, tandis qu'Henia Chenoufla et le jeune Abdelkader Bariane sont acquittés. 31 mai 1916
04 décembre 1916 Oujda
Maroc
Ahmed ben Abdelkader Mektit 15 mai 1916
31 mars 1917 Annaba/Bône
Constantine
Zenoun Zidan ben Rabah Assassinat, tentative d'assassinat et vols à Boudaroua le 23 novembre 1915. Son complice Hemdi Boularas ben Salah, condamné à mort, est grâcié. 20 décembre 1916
juin 1917 Annaba/Bône
Constantine
Mecib Amara ben Ramdane 28 mars 1917
11 août 1917 Samedi, 5h46 Alger Mebarki Medani ben Saïd Assassine à Maison-Carrée Marguerite Ferrer le 19 novembre 1916. Réveillé à 5h30, tremble en apprenant la nouvelle, mais suit les magistrats sans plus broncher. Va à la guillotine soutenu par le mufti et les aides. 13 juin 1917
14 août 1917 Mardi, Tlemcen
Oran
Bouziane Ould Hadjazi Assassine le marchand forain Gouil ben Hamza pour le voler. Ses complices, Chikh Ould Labib et Abderrahman Ould Boudjema, sont grâciés. Fataliste, va à la mort en disant : "J'expie. Dieu m'en tiendra compte." 12 juin 1917
01 octobre 1917 Lundi, Tlemcen
Oran
Bouhaf Boumedine Assassinat de Sadi Kaddour. Son complice, Abdelkader Loudjdi, est grâcié. 19 juillet 1917
13 novembre 1917 Mardi Skikda/Philippeville
Constantine
Zeghbib "Bouarâara" Laïdi ben Ali et Mat Messaoud ben Abdallah Lors de l'attaque d'une ferme proche de Philippeville, assassine les époux Taboni, puis tuent également le gendarme Quillery qui, en patrouille non loin de là, venait aider les victimes. Boussekta Salah ben Saïd et Boussouat Zidan ben Saïd sont grâciés. Averses. 11 août 1917
19 février 1918 Annaba/Bône
Constantine
Trois condamnés Association de malfaiteurs, meurtres et vols qualifiés. A leur arrestation, en novembre 1916, abattent deux gendarmes.
06 mars 1918 Aïn Touta/Mac-Mahon
Constantine
Ben Ali Mohammed Bennour Assassin du sous-préfet de Batna et d'un administrateur.
05 août 1918 Lundi, 5h30 Alger Kerredine ben Djemdi et Mohamed ben Amar 32 et 31 ans. Le 22 septembre 1917 au douar Zemlane, tirent un coup de feu sur M.Pasteraro, propriétaire près d'Aumale, puis l'achèvent à coups de couteau pour lui voler l'argent qu'il a gagné au marché. Ils ne trouvent sur lui que 35 francs dans un portefeuille, car l'argent espéré se trouvait dans la voiture à chevaux, et les bêtes, effrayées par le coup de feu, s'étaient enfuies en emportant la somme au loin... 28 mai 1918
août 1918 Mascara
Oran
Mohamed ben Hadj Ahmed 06 juin 1918
07 octobre 1918 Lundi, 5h55 Saïda
Oran
Mohamed Ksantini Domestique. Assassine à Saïda le 06 février 1918 la soeur de son patron, Mme veuve Giudicelli, 66 ans, pour la voler. Affirme être innocent. Prie avec le mufti. Toilette rapide. Foule importante, beaucoup de femmes, presque pas d'Algériens.
09 octobre 1918 Mercredi, 6h Tlemcen
Oran
Boubekeur Mohamed Ould Mohamed PARRICIDE, tua sa mère. Réveillé à 5h45. Demande pardon à sa mère. Conduit en tenue parricide vers la guillotine dressée à cinq mètres de la prison. Prie quand on le bascule. 28 juin 1918
25 juillet 1919 Vendredi, 5h30 Oran Boumedine ould Moktar Marocain. Surveillant des prisonniers russes à la ferme Carrafang, à Aïn-el-Radiar, le 23 juillet 1918, se fâche avec les fermiers, les frères François et Pierre Pardiès. Tirant sur eux deux coups de fusil, abat Pierre et blesse François. Courageux dès le réveil, dit qu'il ne regrette pas son crime et que sa mort ne lui fait rien : "C'est comme si je tombais dans les tranchées !" Refuse les aides du mufti. Au poteau, sur le plateau du Petit-Santon, ne souhaite pas avoir les yeux bandés ni s'agenouiller, car ce sont pour lui des gestes humiliants. Atteint par dix balles, huit au torse, deux à la tête. 19 mars 1919
29 juillet 1919 Mardi, Batna
Constantine
Ayadi bou Djema ben Saad et Saïd Mohamed ben Ahmed Assassinèrent le 17 mars 1918 un couple de commerçants du village nègre pour les voler. Entendent la nouvelle sans réagir. Toilette très rapide, refusent café et cigarettes. Exécutions sans histoire. 09 avril 1919
26 août 1919 Mardi, 5h50 Batna
Constantine
Boulemzab Ali ben Amor Égorge à coups de couteau, avec quatre complices, le garde forestier Alexandre Lèbre en décembre 1917 près d'El-Mader qui l'avait surpris en train de piller du bois en pleine forêt. Le corps est retrouvé le 04 janvier 1918. Quatre complices furent condamnés à mort et graciés, et un dernier, berger, est condamné à cinq ans de prison. La femme et les enfants de la victime assistent à l'exécution. 10 avril 1919
24 septembre 1919 Mercredi, 6h20, 6h22 Alger Aouina Sliman Mohamed ben Bouhemi et Assoul Mohammed ben Mokrane Le 27 octobre 1917, près de l'oued de Bovirredine, entre Bou-Sâada et Aumale, attaquent trois hommes qui revenaient de Berrouaghia avec sept chameaux chargés de grains. Rabah ben Mohamed est assommé d'un coup de matraque puis abattu d'un coup de fusil. Mazari ben Mohamed, qui s'enfuyait, est abattu à son tour. Seul Hadj Ahmed ben Mohamed, assommé et feignant l'inconscience, parvient à fausser compagnie aux meurtriers et à donner l'alerte. Les bandits s'échappent avec cinq chameaux, ainsi que le fusil et le burnous d'une victime. Leur complice Mohamed Bekkache, inculpé de vol qualifié, est condamné à ? Réveil à 6h. Dormaient profondément, tremblent de peur et se disent innocents. Assoul est étonné qu'ils soient deux à mourir alors qu'ils étaient trois à commettre le crime. Le cadi répond qu'Allah l'a voulu ainsi, et qu'Il a inspiré la décision des juges humains : cette raison convainc Assoul. Pendant la toilette, prennent une tasse de café et recommandent leurs enfants à leurs avocats. Aouina avance le premier, visage hagard. Assoul résiste quelques instants. 27 mai 1919
04 octobre 1919 Samedi Oran Henri Boudet



Abel Castillo et René Heidelberger
Assassin de M.Finance, chef de la Sûreté.



Tuent Elisa Chaffanel, mercière, rue Philippe à Oran pour la voler.
Exécutés sur le plateau du Petit-Santon. Heidelberger, avant d'être attaché, afforme qu'un troisième larron, Désiré Garrau, avait participé au crime de la rue Philippe. Après vérification, Garrau ayant bien été reconnu complice d'un vol avec les deux condamnés à mort et ayant fui Oran en leur compagnie après le meurtre, on cherche à l'arrêter. Sa famille apprendra aux policiers que leur fils, incorporé au bataillon d'Afrique, est mort à Tataouine le 18 décembre 1918 d'une pneumonie. 28 mars 1919
01 décembre 1919 Lundi, 5h30 Oran Ahmed Itchir 26 ans, tirailleur. Abat le 09 mai 1919 de deux coups de fusil le sergent Hacen, chargé de la surveillance des punis, et qu'il jugeait trop autoritaire. Ecoute la prière, demande au mufti d'écrire une lettre à sa mère. Plateau du Petit-Santon, refuse qu'on lui bande les yeux, demande qu'on lui tire dans le coeur et non la tête, histoire de rester présentable quand sa famille récupérera le corps. Peu de monde présent pour assister au supplice. 20 août 1919
avril 1920 Casablanca
Maroc
Mohamed ben Mohamed ben Abdelkader 03 novembre 1919
24 avril 1920 Samedi, 6h, 6h03 Alger Joseph Vallespir et François Arreza Égorgent le 23 janvier 1919 Fernand Cachot, bijoutier rue Bab-Azoun à Alger avant de lui voler ses bijoux. Charles "Chanot" Acquarullo est condamné aux travaux forcés à perpétuité. Bruine glacée, brume. Réveil à 5h55, sont déjà levés. Arreza dit : "Dire que je viens d'avoir vingt ans ! Mourir à vingt ans, c'est terrible ! Tant pis, c'est comme si j'étais mort à la guerre, mais il y a les vieux, les pauvres vieux !" Dit par la suite qu'il sera courageux, et un peu bravache, s'inquiète de savoir qui mettra un bouquet de violettes sur sa tombe. Pendant la toilette, Vallespir dit avoir froid et craindre d'attraper un rhume. Il est le seul des deux à accepter de s'adresser à l'abbé Castéra. Comme seules déclarations, ils disent tous deux : "Nous sommes innocents, nous mourons innocents !" Boivent une tasse de café au rhum, que Vallespir accompagne de plusieurs cigarettes. Leur parent commun, Baldo, lui aussi détenu à la prison Barberousse, vient leur rendre une dernière visite. Avant de quitter le greffe, les deux hommes remercient leurs avocats et leur remettent à chacun une mèche de cheveux afin qu'elles soient offertes à leurs mères. 27 décembre 1919
22 août 1920 Rabat
Maroc
Kacem ben Mohamed et Lhassen ben Driss 14 mai 1920
09 octobre 1920 Sidi Bel Abbès
Oran
Mohamed "Ramdane" Ould Mohamed 04 juin 1920
22 octobre 1920 Vendredi, Batna
Constantine
Koraichi ben Saïd et Soukri Belkacem ben Abdelkader Assassinent à coups de couteau, dans la nuit du 01 au 02 mai 1919, le boulanger Lannier, mutilé de guerre, à El-Outaya, au cours d'un cambriolage qui ne leur rapporte que 200 francs. Leur complice Amar ben Mohamed, condamné à mort, est grâcié. Un quatrième condamné à mort, Saddok ben Ahmed, se pend en prison. Bensalah ben Demouj ben Mohamed est condamné à dix ans de prison et Bachir ben Madani aux travaux forcés à perpétuité. Réveillés à 6h30, dormaient profondément. Pâles, répondent : "Mektoub Rebhi ! On ne meurt qu'une fois !" Toilette rapide. Vont à pied de la prison à la place du tribunal où a été dressée la guillotine. Koraïchi va vers elle en regardant le couperet avec effroi. Soukri, lui, traîne les pieds et semble être ailleurs. 20 mars 1920
22 janvier 1921 Samedi, Oran Belhadria Bleha Ould Slimane et Rachedi Ahmed ben Mohamed Anciens tirailleurs, tuèrent près de Marnia Andrès Lopez, 74 ans, pour le voler. En arrivant sur le plateau du Petit-Santon, leur courage leur fait défaut, et ils se mettent à pleurer en implorant Allah. Après s'être tus un instant à la demande du mufti, continuent à pleurer devant le poteau. Cinquante personnes présentes environ. 23 juillet 1920
13 mars 1921 Casablanca
Maroc
Ali-Hakim ben Mohamed Assassin de Mr Quinet
09 avril 1921 Samedi, 5h20, 5h22 Sétif
Constantine
Loucief Saïd ben Lakdar et Ben Touati Mohamed Seghir Le 06 janvier 1920, sur le chemin de Colla à Guebsa, près de Mansourah, Ben Touati abat de deux coups de fusil, l'un dans les reins, l'autre dans la nuque, le frère de Loucief, Chabane ben Lakhdar, et lui vole 70 francs, son burnous et des bracelets en argent. Il avait été payé 500 francs par Loucief, qui haïssait son frère depuis que ce dernier avait réussi une affaire financière sans lui en faire profiter ! Dorment profondément. Ont du courage. Loucief, ancien tirailleur, dit : "Mourir demain ou aujourd'hui... il vaut mieux en finir maintenant." Calmes durant la toilette. Devant la machine, Touati, deuxième à être supplicié, dit quelques mots à l'attention de la foule, d'ailleurs peu nombreuse. 26 novembre 1920
12 avril 1921 Mardi, 5h22 Relizane
Oran
Seddoud Kadda Ould Abdelkader 50 ans, derviche. Blessa le 19 avril 1920 la soeur Sainte-Laurence, née Marie-Rosine Bayl, 69 ans, d'un coup de couteau dans le ventre sur la place de l'église de Relizane. La religieuse mourut cinq jours après, non sans avoir subi une laparotomie. Seddoud expliqua ainsi son geste : "Dieu l'avait voulu." Première venue de la guillotine, dressée au milieu de la route nationale d'Oran à Alger, à douze mètres des portes de la prison. Réveillé à 5h, ne comprend pas vraiment, demande à ce qu'on lui répète. Répond : "J'ai tué, je mourrai courageusement, mais je veux être assisté du secours de ma religion." Le mufti lui lit deux versets du Coran, et lui demande d'être courageux. Seddoud récite trois fois la prière, et demande à voir un membre de sa famille. A son frère, venu exprès, il reproche ses larmes qu'il estime indignes d'un homme, et lui parle d'un endroit proche de leur maison où il a caché de l'argent. Remerce son avocat, Me Abou, et le prie d'aller récupérer à la prison de Mostaganem un tricot et des chaussettes qui étaient à lui. TOilette dans la cour, se lève seul, sans accepter que les aides ne le touchent. Murmure : "Allah ! Allah !" en allant à l'échafaud. 1000 personnes présentes environ. Corps remis à la famille. 22 décembre 1920
15 juillet 1921 Vendredi Tlemcen
Oran
Ben Aïssa ben Amar Assassinat et vol 17 mars 1921
11 octobre 1921 Vendredi, 5h30 Constantine Abdelkader ben Salah Désertion en temps de guerre, vols qualifiés, rébellion et tentative de meurtre. Fusillé au Polygone. Aucun incident.
13 octobre 1921 Jeudi Skikda/Philippeville
Constantine
Cheurfa Akli ben Abdallah et Oumert Amhidouche ben Mohamed Attaquèrent la ferme Gatt, tuant Mme Gatt et deux de ses enfants, laissant le troisième pour mort. N'avouèrent jamais. Foule importante. Tous deux effondrés : Ahmidouche doit être porté sur la bascule. Applaudissements à la seconde chute du couperet, et Mme Gatt mère, grand-mère des petites victimes vient elle-même constater la mort des condamnés en regardant dans le panier. La veille, M. Gatt était mort chez lui. 21 juin 1921
22 octobre 1921 Samedi, 5h50 Oran Lazare Vovitch, Vidine Guisguieff et Kaneff Yougoslave et Bulgares, légionnaires. Entraînent en mai 1921 par un bois de Sebdou le jeune engagé Vladimir Guerguieff pour le tue et lui voler sa prime d'incorporation, s'élèvant à 250 francs. Fusillés sur le plateau du Petit-Santon. Meurent courageusement. 200 spectateurs environ. 26 juillet 1921
07 novembre 1921 Lundi, 6h Oran Feradj Mohammed Ould Miloud 25 ans. Tua M.Guestas, son compagnon de chasse, pour le voler. Guillotine montée au carrefour du boulevard d'Iéna et de la rue Dutertre. Refuse café et cigarette. Pris de faiblesse devant l'échafaud, se reprend et demande pardon à la foule. Environ 1500 personnes présentes. 22 juillet 1921
14 février 1922 Mardi, 6h24, 6h29 Batna
Constantine
Habès Messaoud ben Ahmed



Allag Salah ben Mohamed
Tua le brigadier de gendarmerie Pergola, à Aïn-Yacoub.



Assassin d'un commerçant kabyle.
Tous deux très courageux. Habès meurt en chantant ses prières. 25 octobre 1921



27 octobre 1921
15 février 1922 Fériana
Tunisie
Sadok ben Mohamed el Hami et Ali ben Ali Toumi Bandits qui terrorisaient la partie Sud de la Tunisie. Premier usage de la guillotine à Fériana. Réveillés à 5h15. Sadok est effondré, et il refuse tout aliment, même le café, et n'a même pas la force de s'adresser et de prier avec l'imam. Ali, lui, est surpris par la présence de tout ce monde, et quand on l'informe, il n'est pas d'accord : "J'avais demandé cassation du jugement !" Le cadi leur demande de faire preuve de courage, puis ils sont confiés aux exécuteurs et chargés dans la voiture cellulaire. Conduits sur la place du champ de manoeuvre de la gendarmerie. Tous deux meurent avec courage : double exécution, à peine trois minutes. 150 spectateurs environ. 29 octobre 1921
mars 1922 Casablanca
Maroc
Ali ben Brahim ben Mohamed 15 novembre 1921
31 mars 1922 Vendredi Annaba/Bône
Constantine
Khelifi Hamadi ben Saad Assassine le courrier ravitailleur du sémaphore du Cap de Fer en lui tirant un coup de fusil en plein visage, avant de l'achever à coups de hache et de lui broyer la tête avec des pierres, dans l'espoir de pouvoir occuper son poste ! R.A.S. 01 décembre 1921
11 avril 1922 Mardi, 7h30, 7h32 Azazga
Alger
Addad Mohamed ben Ali et Saïd Ali ben Amar Assassinent à Azazga le 09 octobre 1920 Mlle Gaudard, institutrice, puis cambriolent la maison de l'huissier Reboul. Leur complice Saddedine Mohamed ben Essaïd, condamné à mort, est grâcié. Réveillés à 6h55, affirment être innocents. "Nous mourons pour rien !" dit Addad, effrondré. Saïd reste calme et regarde avec hauteur les officiels. Addad est traîné jusqu'à la bascule. Saïd, lui, se raidit, résiste, crie des injures envers la police et la justice. On doit le prendre par les cheveux pour le maintenir en place sur la bascule et dans la lunette tant il bouge la tête. 09 décembre 1921
03 juin 1922 Samedi, 4h18, 4h20 Sétif
Constantine
Djahiche Aïssa ben Rabah et Benyssaad Mohamed ben Hadj Bandits multirécidivistes, auteurs de 17(!) meurtres et de nombreux vols, condamnés deux fois à mort, une fois à perpétuité, et trois fois à des peines allant de dix à vingt ans de travaux forcés. Le 13 novembre 1918, au douar de Medjana, poursuivis par les gendarmes, abattent le spahi Salah ben Fenni et blessent le gendarme Benmansour. Leur complice Yahia Tebbiche meurt pendant l'instruction. Réveillés à 4h. Djahiche, malade, se lamente et demande au cadi de noter ses dernières volontés. Benyssaad demande une cigarette, et refuse de prier à voix haute, disant qu'il s'adresse à Dieu dans sa tête et en silence. Exécution sans histoire. 26 et 27 octobre 1921
07 juin 1922 Mercredi, 5h25 Béchar/Colomb-Béchar
Territoires du Sud
Ali ben Amara Tua les gendarmes Bernal et Ferradlou en septembre 1920 Au réveil, dit avec morgue : "On ne meurt qu'une fois !" 24 février 1922
09 juin 1922 Vendredi, 4h32 Tiaret
Oran
El Habib ben Mohammed 63 ans, Marocain. Egorgea un jeune Algérien pour lui voler 7 francs 50 de marchandises. Réveil à 4h15. Refuse cigarettes et café, toilette rapide. 25 février 1922
19 septembre 1922 Mardi Bou-Sâada
Alger
Zaïdi Tahar ben Lamri, Zaïki Bachir ben Slimane et Zaïeter Abderrahman ben Tahar Attaquent l'autobus Alger-Bou-Sâada le 18 mai 1918 au lieu-dit Davat Sidi El Hediol pour dévaliser les voyageurs, blessant gravement trois d'entre eux à coups de fusil. Quittent la prison militaire d'Alger de la rue Volland pour gagner en camion Bou-Sâada. 27 octobre 1920
14 octobre 1922 Samedi, Mascara
Oran
Seghir Hadj Djilali Bandit Exécution tenue secrète, donc peu de spectateurs. Meurt courageusement. 15 juin 1922
18 octobre 1922 Mercredi, 5h45 Béjaïa/Bougie
Constantine
Ifersen Rabia ben Areski 24 ans. Condamné trois fois (!) à mort pour assassinats et vols commis dans la région de Seddouk et d'El-Kaour. Réveillé à 5h30, dormait bien. Se repent mais demande à être fusillé : "J'ai tué par le plomb, je veux mourir de même." Prie avec le mufti, refuse un quart de café. Toilette dans la cour de la prison, trouve les liens trop serrés : "Pourquoi me faire souffrir, puisque je vais mourir ?" En voyant la machine, sursaut de peur, mais exécution rapide. 08 février 1922, 27 juin 1922
19 octobre 1922 Jeudi, Sétif
Constantine
Belbouaidi Bouhid et Alzaoui Makdar Salah Assassinent de cinq coups de hache dans la tête, le 14 décembre 1921, faubourg de l'Industrie à Sétif, Thérèse Rolla, septuagénaire, pour la voler. Réveillés à 5h30. Dominique Rolla, le mari de leur victime, assiste au supplice. 18 juillet 1922
21 octobre 1922 Samedi, Annaba/Bône
Constantine
Abaïdia Mohamed ben Labidi



Aïssa ben Ahmed
Le 24 avril 1921, Abaïdia tua dans la gare d'Oued-Frarah le brigadier de la voie Françès. Son complice, Bedri Amara ben Bedrani, est grâcié.



Aïssa tua le 23 janvier 1922 le colon Paul Hierling, dont il était le serviteur.
02 juin 1922



11 juillet 1922
10 mars 1923 Samedi, Tlemcen
Oran
Abdelkader ben Mohamed Marocain. Vol qualifié et assassinat d'un enfant de 12 ans. Au procureur qui lui demandait ses dernières volontés, le condamné répond : "Un Impérial Anis !" (L'Echo de Bougie, 18 mars 1923) 20 novembre 1922
05 avril 1923 Jeudi, 5h18, 5h22 Dellys
Alger
Bacha Mahmoud ben Ali et Ouachem Bachir ben Chérif Le 24 avril 1922, assassinent à coups de hache Louis Brussier, 68 ans, jardinier, pour le voler. Transférés de Tizi-Ouzou le 04 avril. Guillotine montée au carrefour des rues, non loin de la porte de la gendarmerie. Réveillés à 5h10, prient tout au long de la toilette. 28 novembre 1922
08 mai 1923 Sétif
Constantine
Abdallah ben Mohamed Nebili 37 ans, taleb (écrivain public). A Périgotville, le 13 juin 1922, tue d'un coup de couteau dans la poitrine M.Bazin, commis de la commune mixte de Takitnunt, en affirmant que c'est un marabout qui lui a donné ce conseil : "Tue un roumi !" Bazin meurt à l'hôpital le 20 juin. 23 février 1923
29 mai 1923 Mardi, Tunis
Tunisie
Messaoud ben Laïfa ben Mansour et Ali ben Hamouda ben Hellal Attaquent le train de Mellaoui et tuent quatre personnes. Leurs complices Mohamed ben Khalifa et Ahmed "Boutiba" ben Brahim sont grâciés. Condamnés en première instance à Sousse, arrêt cassé, rejugés à Tunis. 28 avril 1922, 10 novembre 1922
27 juin 1923 Mercredi, 4h43, 4h45, 4h47, 4h49 Hassi El Ghella/Er Rahel
Oran
Amar Ould Abdelkader Bellouati, Mohamed ould Ameur Bellouati, Bouahous ould Benchada Sebié, Khenfousia Lakdar ould Slimane Djilali Le 21 septembre 1922, se rendent à la ferme Lopez, au douar Ouled Benzeria, tuent Mme Lopez et deux de ses enfants avant de piller la maison. 14 mars 1923
01 août 1923 Mercredi Bouchegouf/Duvivier
Constantine
Ammar ben Ali Zenk Assassin de M.Blazi, à Duvivier. Condamné trois fois à mort. Au procureur, dit : "J'ai fauté, je meurs justement, mais je ne devrais pas être seul. D'autres se promènent librement et me narguent. Si la justice n'a pu les juger, d'autres les jugeront." Meurt en invoquant Sidi Abdel-Kader. 16 février 1923 (Guelma), 02 mars 1923 (Bône)
02 octobre 1923 Mardi, 5h30 Alger Sâada Rezgui ben Amor Le 16 septembre 1921, à Saoula Qui, égorge Jean Dupouet, gérant de la ferme Robert, avant de lui écraser le visage à coups de pierre, pour le voler. Deux complices supposés ne sont pas poursuivis, faute de preuves. Réveil à 5h20, on fait sortir ses compagnons de cellule avant de l'avertir. Répond : "Je n'ai rien à dire. Il n'y a qu'un seul Dieu." Puis, en kabyle, insulte la justice et les lois françaises, ainsi que les Français en général avant de refuser d'écouter le mufti. Toilette au parloir, demande à son avocat Me Benhabylès : "Vais-je mourir ici ou ailleurs ? Est-ce ce matin ou cet après-midi ?" Devant la guillotine, après avoir répété la prière, recule et dit : "Attends ! Attends !" Résiste légèrement. 20 juin 1923
05 octobre 1923 Vendredi, 5h29, 5h31 Sidi Mérouane
Constantine
Boussaoui Rabah ben Ali et Boukesab Mohamed ben Aïssa Tuent à coups de fourche le 08 janvier 1922 à Sidi-Mérouane Marc Lugaro, 71 ans. Mobile : la vengeance, car Lugaro avait porté plainte contre eux fin décembre parce qu'ils avaient laissé leurs moutons paître sur les champs de la famille Lugaro, et l'affaire devait être soumise au juge de paix de Mila le 31 janvier suivant. Courageux, refuse les secours de la religion. 08 décembre 1922
06 octobre 1923 Rabat
Maroc
Sellem ben Driss 28 mai 1923
25 octobre 1923 Jeudi, 6h10, 6h12 Chlef/Orléansville
Alger
Abdelkader Benziane ben Abdelkader et Benarara ben Yahia ben Adda Bandits dans la région de Mostaganem, puis de Ténès. Arrêtés suite au braquage de la diligence de Ténès à Cherchell. Condamnés d'abord à Orléansville, puis à Mostaganem. Réveillés à 6h. Toilette rapide. Conduits en voiture place Victor-Hugo, devant le palais de justice. 14 mars 1923, 13 juin 1923
14 décembre 1923 Vendredi, 6h30 Touggourt Ali ben Kaddour et Ahmed ben Hounachi Le 17 décembre 1922, aux Ouled Djellal, étranglent avec un mouchoir M.Schaeffer, 74 ans, avant de le brûler vif en le couchant sur son lit et en mettant un seau de pétrole embrasé entre ses jambes. Pillent également la maison, et emportent 13.000 francs. Aïssa ben Loumachi, complice, est condamné aux travaux forcés à perpétuité. Transférés la veille de Constantine. Pas surpris le moins du monde, courageux. Grand nombre d'Algériens, exécution sans histoire. 15 août 1923
29 mars 1924 Samedi, 5h25 Thénia/Ménerville
Alger
Ahmed ben Mohamed Babassi PARRICIDE, 26 ans, garçon boucher. Le 18 novembre 1922, à Ménerville, égorge sa mère Chemaï bent Ahmed pour pouvoir s'emparer de ses économies et ne plus l'entendre lui reprocher les moeurs de son épouse qui le trompait, puis abandonne le corps sur la voie ferrée dans l'espoir qu'un train passera dessus et maquillera le crime. Temps de pluie et brume. Transféré le 28 depuis Alger, dort d'un demi-sommeil, se réveille sitôt les officiels entrés dans sa cellule. "Français et indigènes doivent tous mourir un jour. Un peu plus tôt, un peu plus tard, cela n'a pas d'importance. Je n'ai pas peur." Toilette dans une salle de la gendarmerie. Ne semble pas vouloir parler au mufti, mais demande que son épouse remette à sa soeur tous ses biens, ainsi que de l'argent. Arrive à la machine, dressée à quinze mètres de la geôle locale, derrière une haie fleurie, en tenue parricide - gandoura blanche, pieds nus, voile noir. Dos à la machine, il entend l'arrêt de mort, parle une fois encore de ses dernières volontés. Environ 600 personnes, très silencieuses. 09 novembre 1923
07 avril 1924 Rabat
Maroc
Abderrahman ben Larbi 27 novembre 1923
05 juillet 1924 Samedi, 4h Tizi Ouzou
Alger
Hafsaoui Hamoud ben Ali Le 7 mars 1923, à Bordj-Menaiel, assomme Rabah Amrani, 14 ans, vole ses vêtements puis jette le garçon inconscient dans l'oued-Isser où il se noie. Le 10 mars 1923, près d'Issebourg, fait subir exactement le même sort à Hamoud ben Mohamed Hafsaoui, 14 ans. La seconde victime est repêchée le jour-même, la première uniquement le 23 mars. Peu d'émotion, se dit innocent. Refuse cigarette et rhum. Va à la mort avec courage. Foule importante. 12 mars 1924, 17 mars 1924
10 juillet 1924 Rabat
Maroc
Layachi ben Abbès ben Fejgoun 01 mars 1924
14 août 1924 Casablanca
Maroc
Saïd ou Jabeur Assassinat et vol 21 mai 1924
18 août 1924 Tizi Ouzou
Alger
Mohammed Saïd ben Ali Hour 45 ans. Le 26 octobre 1923, à Tizi-Ouzou, abat d'un coup de pistolet dans le dos Mohamed Saïd Boubekeur, 50 ans, cafetier aveugle, sur ordre payé par le neveu de la victime, Ali Boubekeur. Ce dernier est condamné à vingt ans de travaux forcés. 10 juin 1924
23 août 1924 Samedi, Constantine Abdelkader Djemoui 20 ans. Tua un jeune chamelier pour lui voler ses bêtes, les revendre au marché et aller faire la nouba. Peu de surprise au réveil. "Je m'y attendais." Jusqu'au Polygone d'exécution, se montre calme et résolu, se dirigeant seul vers le poteau.
28 octobre 1924 Mardi, 6h Alger Mohamed Belkadi ben Ali Egorge d'un coup de couteau dans la nuit du 08 au 09 septembre 1923 rue Sidi-Ramdane à Alger la prostituée Abdelkrir Adda bent Amar pour voler 931 francs et du linge. Environ 1000 personnes présentes. Réveillé à 5h45, semble accablé, ne dit pas un mot pendant une dizaine de minutes, ne se manifestant que durant la toilette pour que ses affaires soient remises à sa mère. Pendant la toilette, dit à l'imam qu'il est soulagé de voir sa mort arriver : "Comme cela, mes souffrances seront terminées !" Courageux, paraît devant la prison et dit en arabe : "Pardon à tous mes frères !" Sur la bascule, pris de panique, cherche à enlever sa tête de la lunette tout en récitant un verset du Coran. 12 juillet 1924
19 mars 1925 Jeudi, Azzaba/Jemmapes
Constantine
Ahmed ben Ohmane Boucetta et Mohamed Bendjeddou Assassinent le 06 février 1924 Mme Fillioz, épicière à Auribeau, pour la voler. 01 décembre 1924
27 octobre 1925 Mardi, 5h51, 5h57 Tizi Ouzou
Alger
Akli ben Saïd Kebdi



Facih Hamadane ben Ali
51 ans. A Fort-National, le 22 juillet 1924, assassina à coups de hachette son fils Mohammed ben Akli Kebdi, dépeça le corps en huit morceaux et l'enterra devant sa maison, sous un bloc de maçonnerie, avec la complicité de son épouse, Tassadit bent Ali Aït Hadi, et de la soeur de Tassadit, Sada bent Ali Aït Hadi, aussi femme de la victime, accusant le défunt, récemment rentré d'Europe, d'avoir souillé l'honneur de la famille en ayant des relations avec leur autre soeur, Hadjila, qui prenant sa défense, est gravement blessée aux bras.



PARRICIDE, 31 ans. A Camp-du-Maréchal, douar Sidi-Ali-bou-Nab, le 16 novembre 1924, abat d'un coup de feu son père Ali ben Mohammed ben Lounès Fecih, 60 ans, puis blesse gravement son frère Hocine, 18 ans, qui venait à sa rescousse et qui, touché au flanc, meurt peu après. Mobile : le criminel avait réclamé 100 francs à son père qui les lui avait refusés.
Réveil à 5h30. Kebdi meurt courageusement. Facih, arrivant devant la guillotine en tenue parricide, a un mouvement de recul. Beaucoup de monde présent, bien que la nouvelle de l'exécution ait été révélée tard la veille. 12 juin 1925



17 juin 1925
13 février 1926 Samedi, 6h30 M'Chedallah/Maillot
Alger
Zekrir Iddir ben Mohamed Tue près de Maillot le 11 janvier 1925 d'un coup de fusil le brigadier de gendarmerie Garagnon qui venait de le surprendre en plein braconnage. Transféré le 12 de la prison d'Alger, sous couvert de la reconstitution des faits. Réveillé à 6h15, peu de réaction de sa part. Pendant la toilette, proteste qu'il soit nécessaire de soulever sa gandoura pour lui lier les chevilles, et trouve les liens trop serrés. En quittant la gendarmerie, passant devant le juge Dubout, il lui dit bonhour en souriant. Arrivé place de la gendarmerie, devant la guillotine, observe la foule, cherche et appelle sa mère. Celle-ci est absente, tout comme les autres membres de sa famille. Résiste pour aller sur la bascule. 21 novembre 1925
23 mars 1926 Mardi, 5h31, 5h35 Alger Hamouri Dif ben Ali et Djellali Dahmane ben Chabachi 27 ans tous les deux. Dans la nuit du 18 au 19 juillet 1924, entraînent leur camarade Abderhaman Ahmed ben Sliman dans une chambre d'un hôtel de la rue de Chartres, à Alger, et l'égorgent à coups de rasoir pour lui voler les économies qu'il avait faites en France. Réveillés à 5h. Endormis depuis 3h, avaient veillé en mangeant toute la soirée - nous sommes durant Ramadan. Avaient demandé à être éveillés avant le lever du soleil pour pouvoir prendre une collation avant le jeûne, mais ne s'attendaient pas à être réveillés pour mourir. Informés, se mettent à hurler et à pleurer. Le mufti et l'interprète se chargent de les apaiser, et les condamnés demandent que leurs vêtements soit remis à leurs familles. Pendant la toilette, récitent le takbîr, et comme le soleil pointe, refusent cigarettes et café. Hamouri, voyant la guillotine, a le visage qui se décompose. Dahmane, arrivé devant la machine, refuse de faire un pas de plus, demande à parler. Il s'adresse à la foule en algérien, puis en français : "Ecoutez-moi ! Merci les Français ! Merci le drapeau français !" (Ou "Merci, les travaux forcés !" : les spectateurs ne sont pas certains de ce qu'ils ont entendu. Inhumés au cimetière d'El-Kettar. 23 novembre 1925
25 mars 1926 Jeudi, 5h45 Tiaret
Oran
Faudel Mohamed ben Mostefa 26 ans. Egorge un jeune berger de 12 ans à Faidherbe le 13 mars 1925 pour s'emparer d'une agnelle. Arrêté le lendemain alors qu'il tente de vendre la bête à Tiaret. Réveillé à 5h30, murmure des paroles incompréhensibles. Refuse la tasse de café. Devant la guillotine, dressée devant la prison de la rue Canrobert, a un sursaut de panique vite réprimée. 16 décembre 1925
27 avril 1926 Tunis
Tunisie
Sadok ben Mohamed ben Amar ben Boubaker Domestique. Assassine son patron, M.Meyer, dans la banlieue de Tunis, pour le voler. Meurt courageusement 03 novembre 1925
14 août 1926 Samedi, Tizi Ouzou
Alger
Amrouche Amar ben Saïd Abat le 22 novembre 1925 de deux coups de revolver l'agent de police Mustapha Harchaoui qui venait l'arrêter. Foule importante. Dit quelques mots devant l'échafaud. 26 mars 1926
16 décembre 1926 Jeudi, Aïn Leuh
Maroc
Amor ben Haddou ben Amor 20 juillet 1926
07 janvier 1927 Vendredi, 6h30 Biskra
Constantine
Filliachi ben Boulakras Le 06 mai 1926, tue son beau-père, son épouse, et blesse gravement sa belle-mère. Va au poteau avec courage, et pendant qu'on l'attache, prononce quelques mots qu'on ne comprend pas. 08 octobre 1926
17 février 1927 Jeudi, 6h21 Béjaïa/Bougie
Constantine
Taghbalout Mohand ben Smaïl 30 ans, tueur à gages. Abat de deux coups de fusil, près de la gare d'El-Kseur le 21 décembre 1925, Bouiche Youcef ben Amar, 45 ans. Cette affaire serait son sixième meurtre. Réveillé à 6h10, dormait bien. Blêmit, puis répond : "Pourquoi me demander de mourir avec courage ? Je n'ai rien fait, je suis un Kabyle de vieille souche, et je n'ai pas peur." A l'interprète, dit "Tu périras, les autres aussi. Je meurs avant vous, c'est tout. Ce ne sont pas les Français qui me tuent, c'est Dieu qui l'a voulu ainsi !" Refuse café et cigarette, demande de l'eau, et lègue son burnous à un co-détenu. Pendant la toilette, dit : "Je suis un Kabyle digne, je n'ai pas peur. Je ne suis pas comme tant d'autres, ce n'est pas la peine de m'attacher, j'irai bien tout seul." Soulevé du tabouret, dit à l'imam et à l'interprète en français : "Donnez le bonjour à tous." Le répète alors qu'on lui passe la tête dans la lunette. Environ 1500 personnes présentes. 23 novembre 1926
05 mai 1927 Kherrata
Constantine
Smaoun ben Haïd ben Mohamed 29 ans. Evadé du bagne de Lambèse où il purgeait une peine de huit ans de réclusion pour meurtre suite à une condamnation prononcée par Bougie, le 12 avril 1926 au douar Djemouna, commune mixte de Taïktount, abat d'un coup de fusil dans le dos Sauveur Lombardo, 47 ans, inspecteur de la Sûreté de Bougie, qui était venu pour l'arrêter. 23 février 1927
21 avril 1928 Casablanca
Maroc
Daoud ben Daoud m'Hamed Tua des bergers pour leur voler leurs troupeaux Fusillé dans une carrière près de la prison civile. La décision d'utiliser la guillotine au Maroc est prise juste après cette exécution. 22 novembre 1927
04 juin 1928 Lundi, 6h03 Hussein Dey
Alger
Kacem ben Salah 26 ans. Viole et tue à coups de pierres, le 20 juillet 1927 dans les gorges de Chabet Guem, territoire de Ghardaïa, le petit Omar ben Mohamed ben Ahmed, 9 ans. Réveillé à 5h à la prison Barberousse, ne comprend que quand l'interprète lui traduit et que le mufti l'incite à mourir avec courage. Horrifié, boit avec peine un peu de café, et accepte, sur les consels de son avocat Me Roullaud un verre de rhum qu'il avale d'un coup. Conduit en voiture jusqu'au au polygone de tir d'Hussein Dey, en bas de la cité Divielle, face à la mer. Peu de spectateurs présents. En voyant le poteau, manque tomber, mais quand on cherche à lui mettre un bandeau jaune sur les yeux, proteste : "Laisse-moi voir". Demande à ce qu'on dénoue un peu les cordes, trop serrées à son goût. Après lecture du verdict par le lieutenant-greffier Guerry, exécuté rapidement, avec coup de grâce. Corps remis à l'hôpital militaire avant inhumation au cimetière d'El-Kettar. 24 janvier 1928
23 juin 1928 Samedi, 5h40 Sidi Ali Benyoub/Chanzy
Oran
Toumi Mohamed ben Ahmed Le 14 mars 1927, non loin de Chanzy, égorge Habib Bouziane, 16 ans, berger, pour lui dérober un chevreau. Djilali Medjehed, complice, est condamné à vingt ans de travaux forcés. Condamné par la cour criminelle de Sidi Bel Abbès. Exécuté place de la mairie 13 mars 1928
23 août 1928 Jeudi Casablanca
Maroc
Boudjemaa ben Ali ben Salah



Moktar Ben Hadj Lahoussine ben Amoar
Tua le colon Fraissinet.



Assassine le 13 mars 1928 à Casablanca M.Courcoux, son épouse et le jeune Bourouilloux, leur neveu de 13 ans, à coups de hache pour les voler.
Première venue de la guillotine au Maroc (?) Foule nombreuse, tant d'Européens que d'Algériens, autour de la prison. Réveillés, entendent la nouvelle avec calme. Conversent avec le mufti, procèdent aux ablutions rituelles, puis sont confiés aux exécuteurs. Boudjemaa, devant la guillotine, lance des regards affolés en direction du couteau, puis avance résolument. Quand vient le tour de Moktar, la foule hurle : "A mort !" Piqué au vif, le condamné insulte le peuple, les magistrats et l'exécuteur, avant de résister aux aides qui cherchent à le plaquer sur la bascule. Préférence marquée des spectateurs pour la fusillade, plus honorable à leurs yeux que la guillotine. 17 avril 1928



17 avril 1928
12 mars 1929 Mardi, 5h47 Bordj Bou Arreridj
Constantine
Khalafi Mohamed ben Amar Le 1er novembre 1927, assassine le garde forestier Joseph Nicolini. Son frère et complice Khalafi Khelifa ben Amar, condamné à mort, meurt à la prison de Sétif. Leurs complices et cousins, les frères Khalifi ben Moussa, sont condamné aux travaux forcés à perpétuité. Pas d'exécution depuis 31 ans. Transféré le 06 à Bordj, pensait que ce voyage ne précédait la mort que de quelques heures, mais suite à un délai supplémentaire, les gardiens tâchèrent de lui faire croire qu'il s'agissait là d'un supplément d'enquête. Réveil à 5h25. Demande à voir sa femme et ses enfants, mais ceux-ci sont absents. Demande qu'on confie à son épouse ses vêtements ainsi que ses économies, une quarantaine de francs, fume une cigarette et prend une tasse de café. Courageux, léger moment de faiblesse devant la guillotine, à l'entrée de la prison. Public nombreux, Européens et Algériens mêlés. 16 novembre 1928
20 avril 1929 Samedi, 6h20, 6h21 Rabat
Maroc
Larbi ben Mohamed ben Cherkaoui et Khalifa ben Mohamed Laïbi En août 1928, à Sidi-Yahta du Gharb, assassinent les époux Blanchard et leur bébé pour les voler. Bois de justice arrivés le 19, montés place de France. Réveillés à 5h55. Toilette rapide. Devant la guillotine, Cherkaoui, descendu le premier, ne cesse de pleurer en demandant grâce. Khalifa, lui, crie : "Je m'en fous ! Je m'en fous !" Applaudissements à la seconde chute du couperet. 05 décembre 1928
09 juillet 1929 Mardi, 4h03 Alger Mohamed ben Kaci "Chérifi" Chouifi Le 27 juillet 1927, près de Ménerville, assassine pour le voler Mohamed Bougherza. Incarcéré dans la cellule 12 avec le nommé "Babouche", assassin de M.Soler. A 3h45, "Babouche" est transféré dans une autre cellule, et Chouifi reçoit la nouvelle de son exécution avec une émotion de courte durée. Fait ses ablutions, prie et dit : "Vous ferez ensuite de moi ce que vous voudrez." Pendant la toilette, dicte à l'interprète et au Bash-Adil (le greffier) ses ultimes volontés, notamment le legs à son ami Boussaïd d'un terrain à la condition que ce dernier veille sur l'éducation de ses deux enfants. L'imam l'incitant à mourir en croyant, il rétorque : "La mort ne me fait pas peur. C'est une sale vie, ici. J'aime mieux aller dans l'autre. Je demande toutefois à être enterré par les soins de la confrérie des Hallaouiza (?)". Boit une tasse de café, après s'être fait promettre qu'il n'y a pas d'alcool dedans. Fixe le couperet en priant jusqu'à être basculé. 19 février 1929
22 août 1929 Jeudi, 4h44, 4h46 Alger Azouzi Saïd ben Azzouz et Azouzi Ameur ben Slimane A Ouled-Fayet, le 21 janvier 1929, égorgent l'aide-forgeron Kaddour Touïdi, collègue d'Ameur, pour voler son argent et ses vêtements. Informé, Saïd affirme son innocence, et son cousin Ameur reste muet, impassible, allant jusqu'à refuser les secours de la religion. Passent des vêtements propres, puis se lavent et prient. Saïd se prépare une cigarette, fume et confie le tabac à son cousin : "Eh bien, que veux-tu ? C'est la mort, et je n'ai pas peur de mourir. Ceux qui ont pris nos biens, tant mieux pour eux." Toilette au parloir, Saïd psalmodie et dit régulièrement qu'il est innocent. Ameur embrasse son cousin, les yeux humides. Saïd avale une tasse de café, Ameur refuse : "Merci, je n'ai rien demandé, je ne veux pas boire". Il accepte cependant une nouvelle cigarette. Saïd meurt en essayant de sortir sa tête de la lunette tout en récitant les versets du Coran, Ameur meurt avec calme, cigarette aux lèvres. 20 mars 1929
26 août 1929 Fès
Maroc
Mohamed ben Ahmed Tirailleur marocain. Meurtrier du sergent Prévost. Meurt courageusement.
11 septembre 1929 Mercredi, 5h07 Alger Mahmoudi Rabah Blesse mortellement le 16 mai 1927 au lieu-dit "Les Eucalyptus", près de Maison-Carrée, Cherfi Mohamed ben Saïd, d'un coup de revolver et plusieurs coups de matraque, pour lui voler 5.500 francs. Ses deux complices, Baïchem Larbi et Azouz Saïd, condamnés à mort, bénéficient d'une grâce présidentielle. Ciel nuageux. Déjà réveillé à l'arrivée des officiels à 4h55 : les trois condamnés sont pris de panique et hurlent de peur. Larbi et Azouz sont informés de leur grâce, mais leur effroi est si grand qu'ils ne comprennent pas. Il faut les transférer dans une autre cellule. Mahmoudi, lui, hurle à s'en déchirer la gorge et se bat contre les gardiens qui doivent le maîtriser. Il en profite pour se griffer le visage jusqu'au sang. Durant la toilette, ne prêtant aucune attention aux paroles de réconfort du mufti, continue à geindre en bougeant la tête comme un fou. Pleure jusqu'à la chute du couperet. 18 mai 1929
08 mars 1930 Samedi Tunis
Tunisie
Hassen ben Ali ben Salah Benzerti En juillet 1928, à Saint-Germain, enlève, viole puis égorge Marcel Demma, un jeune colon. Son complice Houssine, condamné à mort, est gracié. Bien qu'il eut toujours affirmé son innocence, Hassen va à l'échafaud avec courage en demandant pardon à la foule. Foule importante, en majorité des Européens. 06 juillet 1929
14 août 1930 Jeudi, 4h43 Alger Bourias Mohamed Areski Quintuple meurtrier : à Bablil, le 28 octobre 1926, décide de se venger de son propre frère Chérif, qui avait porté plainte contre lui pour avoir frappé son épouse. L'abat d'un coup de fusil, blesse le garde-champêtre qui lui ordonnait de se rendre et tue au passage une fillette Sider Zineb ben Ahmed, 2 ans, alors dans les bras de sa mère, laquelle est blessée au bras, puis abat deux passants et une femme. Au réveil, prie avec l'imam. Très calme, se contente de demander, pendant la toilette, qu'on ne lui lie pas les mains. Accepte le café et la cigarette. En franchissant le portail, dit adieu à ses gardiens. 25 mars 1930
31 décembre 1930 Mercredi, 6h45 Alger Abdul Abdouni Ahmed Assassine en juin 1928 sur la route entre Hussein-Dey et Maison-Carrée le tirailleur Maurice Doléans. Bourhala Mohamed, son complice, condamné à mort, est grâcié. Peu de monde devant la prison. Machine montée à 5h20. Réveillé à 6h30 dans la cellule 11, déjà réveillé, accueille les officiels debout, en grognant comme un animal, cherchant à les attaquer, rapidement maîtrisé. Quand on lui prie de faire preuve de courage, il répond : "Je suis un homme... je n'ai pas peur, je serai courageux." Demande à embrasser son complice, ce qui lui est refusé, puis confie à son avocat, Me Roger, un portefeuille contenant des lettres, à l'intention de sa famille. Refuse le café, mais accepte des cigarettes avant de rester avec un imam et un cadi. Pendant la toilette, râle : "Vous serrez trop fort... vous allez me couper la tête, et avant, vous me coupez les bras... c'est pas légal !" Prie avec l'imam, dit de temps en temps qu'il est innocent, demande à l'avocat de lire à haute voix l'une des lettres, et réclame au Procureur qu'on donne à l'un des gardiens ses affaires restées en cellule. Cigarette aux lèvres, arrive devant la bascule, laisse tomber le mégot, puis dit, la tête engagée dans la lunette : "Je suis innocent." 14 mai 1930
14 octobre 1931 5h53, 5h57 Alger Derrouazi Fjelloui ben Mohammed et Farhi Ali ben Abdelkader Tuèrent Marie Cerda pour la voler le 30 mars 1930 dans une ferme entre Alger et Maison-Carrée pour la voler. Leurs complices, Ahmed et Abdelkader Farhi, condamnés à mort, sont graciés. Guillotine encore plus rapprochée de l'entrée de la prison. Réveillés à 5h45, refusent toute aide, tant du mufti que de leurs avocats. Tous deux déclarent : "Il y a longtemps que nous savons que nous devons mourir. Nous le ferons en bons musulmans." Prient en silence pendant la toilette, refusent café et cigarettes. Double exécution sans histoire, peu d'assistance : présence du veuf de la victime et de leurs enfants. 23 mai 1931
27 février 1932 Samedi, 5h55 Sétif
Constantine
Louil Aïssa ben Ahmed 26 ans. Tue à coups de bâton le 02 décembre 1930 François Ambrosino, gérant de la coopérative de Tocqueville, pour le voler. Résigné, refuse aide de la religion, café et cigarette. Simple mouvement de recul devant la machine. 07 novembre 1931
06 avril 1932 Mercredi, 5h20 Miliana
Alger
Belhouari Mohamed ben Daoud Le 13 février 1931 à Miliana, agresse pour le voler Mohammed Ferroukhi, commerçant, 70 ans, qui meurt de ses blessures quelques jours plus tard. Réveillé à 5h quand un garde lui secoue l'épaule. Courageux, il affirme être innocent. Comme le mufti tente de l'apaiser, il répond : "Oui, mais qu'a-t-on fait à ceux qui m'ont amené ici ?" Refuse de prier, de boire un café et de fumer une cigarette, quitte la cellule pour gagner la cour d'entrée pour la toilette. Demande à voir ses parents, ce qui est impossible. Regarde la machine, hébété. Quand le couperet tombe, un seul spectateur a le culot d'applaudir. 15 décembre 1931
07 avril 1932 Jeudi, 5h35 Chlef/Orléansville
Alger
Bhaloul Ahmed ben Belkacem PARRICIDE. Le 25 septembre 1930, abat à coups de fusil de chasse son père et sa jeune belle-mère Hadri Bakhta, 25 ans, au douar Béni-Haoua. Guillotine montrée entre la place Victor-Hugo, la rue de Rome et le palais de justice. Réveillé à 5h15, dormait bien. Ses deux compagnons de cellule s'enfuient, il se lève calmement, un peu surpris. Informé, il dit : "Ah, ce n'est pas pour me faire sortir !" A l'interprète qui lui dit s'il a quelque chose à demander, il répond : "J'avais demandé la justice." Le juge répond : "La justice s'est prononcée irrévocablement contre toi. Prépare-toi à mourir." Il réclame de voir une dernière fois ses enfants, mais ceux-ci ont été avertis de l'exécution mais n'ont pas jugé bon de se déplacer. N'ayant aucune dernière volonté, il dit au mufti : "La mort est pour tout le monde. Vous mourrez tous, comme moi. Je ne crains donc pas le châtiment qui m'attend. Au revoir, et pardonnez-moi tous." Conduit au vestibule, il est toiletté. Il se plaint parce qu'on lui serre les poignets trop fort, puis voyant les ciseaux, pâlit : "Ne me tuez pas ici ! Je veux voir le ciel !" On le rassure, puis on lui passe la chemise et le voile. Monte dans une camionnette automobile, restant les pieds nus sur le marche-pied arrière. Le camion s'arrête à une dizaine de mètres de la machine : le condamné va vers elle à reculons, pendant qu'un huissier lit l'arrêt de mort, qu'un interprète traduit. Le condamné est dévoilé, regarde la guillotine et le public : "O gens, O musulmans ! Pardonnez-moi !" Se laisse basculer en priant. 24 novembre 1931
23 juin 1932 Jeudi, 3h59 Bordj Bou Arreridj
Constantine
Mekhloufi Saad ben Makhlouf 40 ans, assassin du garde-forestier Quillichini le 24 février 1931 à Dreat d'un coup de fusil en plein visage. Son frère et complice Mekhloufi Aïssa ben Makhlouf, condamné à mort, est grâcié. Transféré la veille de la prison de Sétif à celle de Bordj. Guillotine montée à 2h45. A l'arrivée des officiels, à 3h52, était déjà réveillé et priait. Informé, dit : "Je suis innocent, je m'en rapporte à la décision de la justice." Dit qu'il lègue ses affaires à son frère, et refuse l'imam : "Connaissant les prières, je me passe de ton assistance." Refuse café et cigarette, toilette très rapide. 25 février 1932
01 août 1932 Lundi, 4h13 Annaba/Bône
Constantine
Taffahi Mohamed ben Chérif Tue à coups de serpe, le 14 février 1932 au douar Cheffia, près de Morris, le cantonnier Jean Missud, après que ce dernier l'ait invité à dîner, avant de l'achever de deux coups de fusil à bout portant. Vole les vêtements, une montre, le fusil qu'il cache dans une grotte dans la montagne. Machine montée à 3h05. Réveillé à 4h, dormait profondément. Pas d'émotion, refuse le rhum et la cigarette, et promet d'avoir du courage. Pendant la toilette, se ravise pour la cigarette, mais a à peine le temps de la fumer. Foule imposante. 29 février 1932
16 septembre 1932 Vendredi, Constantine Aoun Abdallah ben Mouloud Tue près de Bizot, le 20 août 1931, Hamezoune Rabah ben Mohamed pour le voler. Aoun Ahmed ben Salah est condamné à dix ans de travaux forcés et Messaoud Rahil à 5 ans de prison. 04 juillet 1932
10 décembre 1932 Samedi Marrakech
Maroc
Mohamed ben Ahmed ben Lhacen Auteur d'un triple assassinat à Marrakech Fusillé, conformément au dahir du 20 novembre 1932 qui institue pour les condamnés marocains le peloton plutôt que l'échafaud. Meurt courageusement. 30 janvier 1932
08 mars 1933 Mercredi, 5h58 Blida
Alger
Boukhelif Ahmed ben Saïd 28 ans. Condamné le 16 juillet 1931 par la cour criminelle aux travaux forcs pour vols en compagnie de son complice Mohamed Ouzzani, tentent de s'évader dans la nuit du 11 au 12 août 1931 mais sont vus et mis au cachot. Le 16, attirent le gardien Joseph Fanès dans leur cellule, tentent de l'étrangler avant que Boukhelif récupère le revolver du gardien et le blesse mortellement de deux coups de feu à l'épaule et en plein torse. Ouzzani meurt en prison le 20 mai 1932. Pas d'exécution depuis 1914. Temps de pluie. Endormi à 2h, réveillé à 5h45. Calme, répond qu'il aura du courage. Demande aux magistrats de donner deux lettres à son frère, sa seule famille, qui se trouve alors en prison à Alger pour vol. Prie avec le mufti. Pendant la levée d'écrou, jure qu'il aura du courage : "Le courage, c'est pour les hommes." Refuse cigarette et verre de rhum. Légère défaillance pour parcourir les six mètres qui séparent le portail de la machine. 1.200 spectateurs environ. 16 août 1931
02 mai 1933 Mardi, 4h40 Tizi Ouzou
Alger
Maradji Amar ben Ahmed 38 ans. Tueur à gages. Son complice, Aït Ameur, est condamné aux travaux forcés à perpétuité. Déjà réveillé à 4h25, avait passé une partie de la nuit à prier, pâle et parlant à peine. Affirme qu'il aura du courage, et qu'il parlera à la foule. Pendant la toilette, boit un peu de café, refuse le rhum et la cigarette. A Me Talhi, dit : "Je mourrai avec courage, en musulman et en bon Kabyle. La mort est faite pour les hommes." Exécution rapide et sans histoire. 13 janvier 1933
06 juillet 1933 Jeudi, 3h50 Béjaïa/Bougie
Constantine
Bachioua Mohammed 46 ans. Abat d'un coup de revolver, entre les douars Tarariat et Draa El-Caïd, Mouloud Khiar pour lui voler son portefeuille, contenant 45 francs, le 19 mars 1932. Au réveil, assez calme, demande pourquoi on ne l'a pas prévenu plus tôt afin qu'il en informe son épouse et leurs quatre enfants. Refuse d'être enterré dans son douar et demande que ses vêtements civils soient rendus à son frère et ses enfants. Refuse café, rhum et cigarette. Toilette rapide et sans histoire à quelques mètres du portail. Pâlit terriblement devant la machine, rapidement basculé. 21 février 1933
09 août 1933 Casablanca
Maroc
Abdelkader ben Mohamed Caporal, meneur de l'attaque du poste d'Aguelfa. Fusillé.
17 mai 1934 Jeudi Tizi Ouzou
Alger
Dahlab Saïd ben Lakdar A Tagdempt, le 20 décembre 1932, assassine de deux coups de fusil le chef de chantier Joseph Garrus pour lui voler la paye des ouvriers, avant de l'achever d'une vingtaine de coups de couteau, le décapitant presque. Abdelkader Boulouazi, complice, est condamné aux travaux forcés à perpétuité. Dormait profondément à l'arrivée des officiels, à 3h55. Ne réagit pas. Pendant toilette dans le vestibule, refuse tasse de café mais accepte cigarette. En voyant la guillotine, il a un mouvement de panique, devient raide comme un piquet. Les adjoints doivent le plaquer sur la bascule et le maintenir en place. 23 décembre 1933
17 août 1934 Vendredi, 4h40 Béjaïa/Bougie
Constantine
Bougaci Mohamed ben Belkacem PARRICIDE. 31 ans, maçon. Abat à coups de fusil à Djidjelli, le 22 juin 1933, sa belle-mère, son père, son épouse et le fils de sa belle-mère. Réveillé à 4h31, dormait bien. Se montre digne. Refuse cigarette, café et eau. Revêtu de la tenue des PARRICIDE.s. Accompagné jusqu'à la bascule par un imam. Lecture de la sentence en français, puis en arabe. Pendant ce temps, psalmodie la chahada. Quand on lui retire le voile et qu'il voit la machine, pâlit et demande à boire. "Je veux boire. Pourquoi on ne me donne pas à boire ?" Poussé immédiatement sur la bascule. 02 juin 1934
09 février 1935 Samedi, 7h15 Casablanca
Maroc
Mohamed ben Bouchari Domestique. Assassine le 06 mai 1934 à Sidi-ben-Nour sa patronne, Mme Acquaviva, pour la voler. Fusillé dans la carrière du parc à fourrage, route de Médiouna. Courageux dès le réveil, mais perdant sses forces durant le trajet. Doit être porté jusqu'au poteau : s'évanouit tout à fait quand on l'attache. 08 novembre 1934
18 octobre 1935 Vendredi, 5h40 Béjaïa/Bougie
Constantine
Ouali Ali ben Messaoud 37 ans, commerçant. Etrangle avec une cordelette sa maîtresse, Fatma Moussaoui, 38 ans, vole ses bijoux et jette son corps dans un puits au Fort-Clauzel dans la nuit du 26 au 27 novembre 1934. Réveillé à 5h30, dormait bien. Se résigne, recommande ses deux enfants au Cadi, accepte une tasse de café et tire quelques bouffées de cigarette avant de la rejeter. Répète les versets du Coran. Durant la toilette, s'excuse auprès des autorités de tout le dérangement qu'il provoque. Psalmodie des prières jusque devant l'échafaud, et sur la bascule, demande pardon à Dieu et à la Société. 27 juillet 1935
11 juin 1936 Jeudi, 4h25 Oran Abdelkader ben Haddou Hadj Ali Marocain, assassine à coups de hache deux compagnons de travail dans la nuit du 24 au 25 avril 1934 à Assi-Bou-Nif. Réveillé à 4h, aucune émotion, demande à prendre une douche et du café. Pendant la toilette, affirme au procureur : "Je suis le seul coupable, je n'ai pas de complices !" Devant la bécane, crie plusieurs fois : "Mort aux vaches !" 20 février 1936
01 mars 1937 Lundi, 5h43 Annaba/Bône
Constantine
Hamza Salah ben Mohamed 50 ans, journalier. En 1935, en compagnie de sa femme Hazini Ramda bent Elkaïd, 36 ans. En novembre 1935, tendent un piège à Bône à Adjina Benacida, qu'ils décapitent pour lui voler ses bijoux avant de jeter son corps dans un ravin à 4 kilomètres de la ville. Hazini Ramda, condamnée à mort, est grâciée. Boutarfa Diara bent Amor, 43 ans, complice secondaire, est acquittée. Réveillé à 5h25. Meurt courageusement. RAS. 03 décembre 1936
22 mai 1937 Samedi, 4h20 Sidi Bel Abbès
Oran
Bouslah Mohammed ben Abdallah Au douar Ouled Djeddi le 23 octobre 1935, abat d'un coup de fusil Mohamed Desmoudi et débite le corps en deux pour les jeter dans la campagne : recherché pour un autre meurtre, Bouslah soupçonnait sa victime d'avoir l'intention de le trahir. Son complice Boumédiene Moualid est condamné à cinq ans de travaux forcés. Réveillé à 4h, pris d'un malaise. Ranimé par le médecin. Toilette rapide. En franchissant la porte, dit : "Laisse-moi parler... je n'ai rien fait..." 01 décembre 1936
27 octobre 1937 Mardi, 5h45 Tighennif/Palikao
Oran
Abdelkader Khiter ould ben Ali 26 ans, ouvrier agricole. Egorge sa patronne, Félicie Duhaut, veuve Boulanger, 76 ans, le 1er décembre 1936 à Palikao, parce qu'elle l'avait surpris en plein cambriolage. Son complice, Aouane Habib ould Lakhdar, 62 ans, jardinier, se pend en cellule le 05 décembre. Réveillé à 5h, ne comprend pas ce qui se passe. Se laisse faire, refuse la cigarette, et doit être soutenu par les aides de l'exécuteur pour être conduit à la machine. 1937
03 juin 1938 Vendredi, 4h48, 4h50 Oran Hassan ben Mohamed et Ahmed ben Hamou Frappent de 112 coups de couteau l'ouvrier agricole Mohamed ben Slimoun, qui survit mais demeure handicapé à 70%. Réveillés à 4h30. Ben Hamou se fâche contre le mufti, mais son complice s'interpose et présente ses excuses à ce dernier : "Tu comprends... on va mourir... alors !" Refusent le rhum. Ben Mohamed demande qu'on partage les 350 francs de son pécule aux autres détenus, puis va vers la guillotine. Ben Hamou résiste, surtout quand il aperçoit le corps décapité de son complice dans le panier latéral. 09 mars 1938
27 août 1938 Samedi, Sétif
Constantine
Belkireche Belkacem ben Saïd Assassina son neveu Se dirige, raide comme un robot, vers la guillotine. 06 juillet 1938
24 septembre 1938 Samedi, 5h20 Alger Abbad Hamoud ben Amar Assassin d'un Algérien à Tablat le 20 janvier 1937. Déjà réveillé à l'arrivée des officiels, pas surpris. "Je préfère la mort à la prison perpétuelle." Prie avec le mufti, puis est remis aux exécuteurs. Quand on découpe le col, il a un mouvement de recul. Fume une cigarette, demande en vain à voir ses parents pour leur demander pardon, ainsi que de ne pas être attaché - ces deux requêtes étant refusées. Va à la machine, les yeux fixés sur le couperet. Peu de monde présent. 08 juillet 1938
29 décembre 1938 7h15, 7h16, 7h17 Oran Fahar Mohamed ould Abdelkader et Nour Tahar ould Saïd



Aaron "Henri" Zaoui



29 ans, journalier et 26 ans, docker. Commettent deux assassinats le 10 mai 1936 à Oran, qui leur rapportent 15 et 3 francs ; également inculpés de violences à agents. Abdelkader Belkacem est condamné à trois ans de prison.



Le 05 décembre 1935, non loin de Noisy-les-Bains, assassine de trois balles de revolver Jules Aubertin, mutilé de guerre, conseiller municipal d'El Biar, pour ne pas avoir à payer une dette de 175.000 francs, et tente de faire passer le crime pour un accident de la route en jetant la voiture de sa victime contre un arbre et en y mettant le feu.
Guillotine dressée boulevard Paul-Doumer, à environ 25 mètres de la nouvelle prison. Pendant le montage, l'aide Berger trébuche et fait tomber un des montants sur son pied, provoquant une fracture. Réveil à 6h30. Fahar et Nour dorment, Zaoui est éveillé depuis 1h30. "Qui êtes-vous ?" demande Zaoui. Proteste : "Je n'ai qu'une déclaration à faire ; sur la tête de mes trois enfants je jure, au moment où je vais mourir, que je suis innocent du crime dont on m'accuse. Le coupable c'est X. qui connaissait bien le regretté Aubertin et sa veuve. C'est après la première autopsie, après le départ des trois médecins et avant l'arrivée, une heure plus tard, du commissaire Mathieu, qu'il a tiré les trois balles dans le cadavre pour toucher la prime d'assurance de trois cent mille francs. J’adjure la justice de faire toute la lumière sur cette affaire, de rechercher et de punir le vrai coupable.» Fahar et Nour disent juste : "Mektoub" en apprenant la nouvelle, et acceptent d'entendre les prières. Pendant qu'on les conduit au greffe, Zaoui fait une remarque au gardien qui vient de poser sa main sur son bras : "C'est inutile de me tenir. Ne craignez rien, je vous suis... du reste, votre main est glacée." Pendant la toilette, rompant le silence, Zaoui dit au procureur : "Laissez-moi vous jurer, sur la tête de mes enfants, que je suis innocent !" Il embrasse Me Tabet et demande qu'il s'occupe de ses petits, puis refuse alcool et cigarette, ainsi que l'aide du rabbin : "Laissez-moi, avec votre Dieu ! S'il existait, je ne serais pas là, je n'aurais pas été condamné... d'ailleurs, je suis libre penseur." . Fahar boit un demi-litre de café, plus un litre d'eau, et Nour fait un solide petit déjeuner, offert par un gardien. Au mufti, dit : "Ma mort était déjà écrite quand j'étais dans le ventre de ma mère." Au moment où les exécuteurs s'affairent et soulèvent le premier condamné, Zaoui s'adresse aux gardiens, qu'il remercie, et obtient le droit d'embrasser les deux autres condamnés. Fahar fait un signe à un gardien sur sa droite en quittant la prison. Nour crache son mégot en aperçevant la bécane. Zaoui avance, pâle mais ferme. Il voit les corps des deux autres condamnés dans le panier, se raidit, tourne la tête et hurle : "Je meurs en innocent !" 03 juin 1938



28 juin 1938
18 mars 1939 Samedi, 5h35 Oran Abdelkader Boulendja Assassine le 22 octobre 1936 à Oued-Imbert la veuve Aubin, 63 ans, pour la voler. Son complice, Kara Ghouraf, condamné à mort, est gracié. La nouvelle le prend de court, il manque en perdre connaissance. Il recommande sa femme, sa mère et leurs enfants au mufti. Face à la machine, s'évanouit et doit être porté sur la bascule. 09 décembre 1938
18 avril 1939 Mardi, 4h44 Béjaïa/Bougie
Constantine
Saïd Tuzi Ougdal ben Ahmed 38 ans. Abat en 1937 un enfant de 14 ans au douar Djaoua. Se montre courageux, affirme préférer la mort à la prison. Courageux face à la guillotine. 09 février 1939
05 juin 1939 Lundi, 3h58 Batna
Constantine
Berkane Bouaziz Ancien tirailleur. Le 22 décembre 1937, abat de deux coups de fusil le garde forestier Don Louis Poli à travers une fenêtre de la maison forestière de Chélia, près de Batna. Réveillé à 3h30. Calme, accepte, résigné. Refuse la cigarette et le café, va à l'échafaud d'un pas assuré. 04 mars 1939
08 juin 1939 Jeudi Skikda/Philippeville
Constantine
Bouzid Belkacem ben Ahmed 49 ans, cultivateur à Jemmapes. Le 4 mars 1938, au douar Messaoud, près d'El-Arrouch, assassina son cousin Ahmed Zaalani Bouzid à coups de fusil, et camoufla le crime en accident ; il entendait, en le tuant, épouser sa veuve - qui était déjà sa maîtresse - et profiter des biens du couple (au final, la veuve épousera non pas l'assassin, mais le frère de ce dernier !). Dernière exécution publique en Algérie. 24 février 1939
19 août 1939 Samedi, Skikda/Philippeville
Constantine
Rahmani (ou Ramouni) Zidane ben Ahmed PARRICIDE, 41 ans, cultivateur. Le 6 mars 1938, au douar Denana, canton de Collo, se fâche contre son père Ahmed Ramouni parce qu'un veau de ce dernier a divagué et fini par pénétrer dans un de ses champs. Comme des voisins venus examiner les lieux ne constatent aucun dégât, il s'arme de son fusil de chasse et abat l'un des voisins, Kébir Guellal Mohamed, puis fait subir le même sort à son propre père de deux coups de feu alors que ce dernier se cachait, puis enfin, se poste en embuscade et abat Mohamed Boulendi, père de l'épouse de son frère. Première exécution privée en Algérie. 09 juin 1939
22 août 1939 Sousse
Tunisie
Mohamed ben Salah ben Milani El Gharbi, Ben Kassem ben Ali Djaffel Trabalsi, Abderrahman ben Hassim ben Mohamed ben Chaouch et El Hadi ben Hassim ben Mohamed ben Chaouch Assassinèrent les époux Fortuné di Bartolo le 28 novembre 1937 à Henchir Sofiane, près de Grembalia, pour les voler. Trois d'entre eux avaient été condamnés à mort en première instance par le tribunal de Tunis, le quatrième à vingt ans de travaux forcés. Arrêt cassé, rejugés à Sousse. Kilani ben Béchir ben Hadj, condamné en première instance à 20 ans de prison et à mort lors du second procès, se tranche la gorge avec une lame de rasoir lors d'une promenade au lendemain du second procès. 26 avril 1939, 7 mai 1939
07 février 1941 Constantine Bahri Mostefa ben Aïche 33 ans. Egorgea le 13 janvier 1939 un enfant de dix ans aux Ouled-Djellal pour lui voler trois mesures de blé. Condamné par le conseil de guerre. 24 juillet 1940
06 mai 1941 Chlef/Orléansville
Alger
Eugène Cavert Cheminot, récemment renvoyé, déboulonna le tire-fond d'un aiguillage de la voie ferrée Alger-Oran le 17 avril 1938, à trois kilomètres de la gare des Attafs-Carnot, provoquant le déraillement de l'express. Six personnes décèdent : M.Derouaz, M.Bianchi, M.Michel Perrin, Mlle Barcelot, et les époux Mouren, dont la femme était enceinte. En outre, l'attentat fait une quinzaine de blessés, dont deux graves, notamment M.Marchica, mécanicien ferroviaire, qui doit s'amputer le bras gauche, coincé sous des poutrelles d'acier, avec son propre canif. 14 juin 1940
24 mai 1941 Béjaïa/Bougie
Constantine
Malek Mohamed Saïd ben Mohamed Assassinat 16 décembre 1940
13 août 1941 Mercredi, Béjaïa/Bougie
Constantine
Amar ben Amar Mihoubi Double assassinat de coreligionnaires à Aïn-Kerma. 17 mars 1941
11 décembre 1941 Constantine Amar Hanachi Près de Guelma, assassine son camarade de chambrée Djebailia. Fusillé sur le terrain du polygone. 19 août 1941
17 janvier 1942 Samedi, Constantine Saïd Addoud ben Ali 31 ans. Fusillé sur le terrain du polygone. 28 octobre 1941
mars 1942 Sétif
Constantine
Kouane Abdallah ben Daoud Assassinat. 12 novembre 1941
13 avril 1942 Lundi, Tizi Ouzou
Alger
Mimoun ben Mohamed 32 ans (ou 21 ans ?), Marocain, pêcheur à Castiglione. Le 14 juin 1940, sur la plage de Castiglione, après l'avoir attiré dans un coin isolé en lui proposant des friandises, viole et tue Boukaïs Mohamed ben Bouachel, 7 ans, avant d'enterrer le corps dans un champ. Condamné à Blida, arrêt cassé. 29 mai 1941, 22 novembre 1941
05 mai 1942 Tunis
Tunisie
Quatre condamnés Tuèrent un douanier 26 novembre 1941
mai 1942 Béjaïa/Bougie
Constantine
Salh ben Mostefa Bouaroudj PARRICIDE 19 décembre 1941
24 mai 1943 Sidi Bel Abbès
Oran
Ahssen Lazreg Ould Larbi Assassinat. Condamné en première instance par les assises d'Oran, arrêt cassé, renvoyé devant les assises de Sidi Bel Abbès. 19 mai 1942, 1942
04 novembre 1943 Mascara
Oran
Chafi "Benaouda" Mohamed Ould Miloud Viole et assassine Mlle Teller, caissière de l'étude notariale Solère de Mascara, le 15 avril 1941, avant de dépecer le corps pour s'en débarrasser. 26 mars 1943
05 novembre 1943 Tiaret
Oran
Bartache Mohamed Ould Miloud Assassinat et vol qualifié le 24 août 1941 mai 1943
novembre 1943 Alger
21 novembre 1944 Oran Brahimi "Kouider Ould Drabil" Saïd 25 ans, gardien de nuit à la gare d'Aïn-El-Arba. Satyre assassin de Monique Brottier, 14 ans, et de Marie-Paule Brottier, 8 ans, les filles du maire, qu'il attire dans un guet-apens sous couvert de leur remettre un pli pour leur père le 3 mai 1942. Après les avoir violées, il les égorge à coups de couteau puis enterre sommairement leurs corps dans une vigne, à près d'un kilomètre du village. Dernière exécution d'Henri Roch. 24 juillet 1942
27 décembre 1944 Constantine Kabouche Abdelkader



Bentra Belkacem ben Bouchou et Lahlou ben Chérif Boukhazza
Assassin de sa maîtresse



Tuèrent un jeune homme dont l'un d'eux devait hériter.
Fusillés. 01 juin 1944



25 janvier 1945 Casablanca
Maroc
Mohammed ben Abdessalem ben Boulaïb 21 ans. Après avoir, en septembre 1943, cambriolé une ferme de Berrechid, abat d'un coup de revolver le gendarme Dieudonné Fabert. 27 avril 1944
03 mars 1945 Samedi, Alger Zouani "Allel ben Rabah" Ahmed ben Allal 41 ans. Le 14 décembre 1942, à Tablat, tue à coups de couteau Kaïdi Mahdi ben Mohamed, 65 ans, pour lui voler son portefeuille et sa gandourah. 06 novembre 1944
mars 1945 Batna
Constantine
Maachi ben Hachemi ben Larbi PARRICIDE 18 novembre 1944
26 avril 1945 Alger Ahmed Kharzi ben Hocine PARRICIDE, 29 ans. Dans la nuit du 20 au 21 août 1942, au douar Souflat, canton d'Aïn-Bessen, abat son père, 85 ans, d'un coup de fusil chargé à balle pour se venger des reproches que ce dernier lui faisait sur son côté sadique. 15 novembre 1944
après juillet 1945 Alger Makhlouf ben Amar Seghiri et Moussa ben Abdallah Khledj 33 ans chacun. Le 22 septembre 1944, à Zéralda, dans la forêt des Planteurs, attaquent pour la voler une cabane et abattent à coups de revolver l'occupant, Hubert Reynes, garde forestier et blessent sa fille Denise à la joue gauche. Mohamed ben Abdesselam Nadour, 43 ans, est condamné à perpétuité, M'Hamed ben Mohamed Meridji, 18 ans, à dix ans de travaux forcés, et Mohamed ben Mohamed Tachti, 35 ans, est acquitté. Deux complices receleurs sont respectivement condamnés à sept ans de travaux forcés et à cinq ans de réclusion. 07 mars 1945
1945 Alger Arezki Outouguemi
février 1946 Tunis
Tunisie
Ali ben Mohamed ben Arbani et Ali ben Laroussi 17 novembre 1945
après le 19 août 1946 Tunis ? Bône ? Djizoune Hamidou ben Louafi 21 mars 1946
après le 12 décembre 1946 Rabat
Maroc
Ahmed ben m'Hamed ben Aïssa 21 mai 1946
1946
1946
1946
14 janvier 1947 Constantine Ramani Mohamed ben Ameur Le 22 janvier 1941, entra chez Antoine Perez, 81 ans, à Fontaine-Fraîche, l'égorgea avec des ciseaux et vola l'argent et des vêtements. Déja condamné à Alger, arrêt cassé. 14 novembre 1945, 26 juillet 1946
02 ou 03 juillet 1947 Batna
Constantine
Benssaoud "Aïna ben Chérif" Tayeb Assassine le gardien de prison Moretti. Première exécution à laquelle assiste Fernand Meyssonnier, alors âgé de 16 ans. 14 novembre 1946
09 juillet 1947 Sétif
Constantine
Mahmoud Mohamed ben Abdallah Au douar Aïn-Tedinet, assassine un jeune garçon pour lui voler son ravitaillement. 21 février 1947
16 septembre 1947 5h Blida
Alger
Ben Mimoun Youcef ben Mohamed ould Ramdane PARRICIDE, 38 ans. Le 25 septembre 1943, au douar Aït-Yahia, près de Tizi Ouzou décapite sa mère à coups de hache. 15 février 1947
20 septembre 1947 Batna
Constantine
Mohamed Hebbas ben Mohamed 11 mars 1947
après le 22 octobre 1947 Casablanca
Maroc
Mohamed Ayadi 03 mai 1947
18 novembre 1947 5h50 Alger Sliman ben Mohamed Bellounès Le 13 septembre 1945, au ravin de la Femme Sauvage, braque et assassine Vincent Schiavo, chauffeur de taxi. A Hussein-Dey, assassine également Francesco Mutti, prisonnier italien. Les débats permettent d'apprendre qu'il est déjà sous le coup d'une autre condamnation à mort rendue par contumace par le tribunal criminel de Tunis pour double meurtre. 25 mars 1947 et 28 mai 1947
27 janvier 1948 Batna
Constantine
Gondjil Belkacem ben Belkhaci 04 juillet 1947
03 avril 1948 Samedi, Alger Makhed Mohamed ben Brahim 27 ans. Le 4 août 1946, rue Dupetit-Thouars à Alger, assassine le brigadier de police Cazeaux. Son complice Larredj ben Abdelkader Khalifati est condamné à vingt ans de travaux forcés. 10 novembre 1947
10 avril 1948 Samedi, 5h17 Sidi Bel Abbès
Oran
Madeleine Maxence Le Veller, épouse Mouton Femme d'un gendarme, empoisonna 11 personnes. Face au caractère exceptionnel de l'exécution, le bourreau Berger se rend la veille dans la cellule en se faisant passer pour un entrepreneur de travaux et en affirmant que la cellule de Mme Mouton doit être repeinte dès le lendemain, 6 heures. Pour ce "transfert", la condamnée reçoit le soir-même une de ses robes civiles, et ne se méfie pas le moins du monde. Mais à l'arrivée des officiels, à 6h, tout devient clair. Elle perd connaissance, et le docteur doit pratiquer une injection glutéale pour la ranimer. COnduite gémissante au greffe, a les cheveux coupés et sa jupe attachée avec des épingles pour en faire un genre de jupe-culotte plus aisée à manipuler. L'aumônier parvient à l'apaiser, elle dit : "Je sais que je vais mourir, mais c'est juste. J'en ai tellement fait ! Je demande pardon à Dieu et à tout le monde." Doit être portée sur la machine car prise de faiblesse en quittant le greffe. A la dernière seconde, se débat, se retrouvant presque les jambes et la poitrine nues, en gémissant : "Mes enfants ! Mes enfants !" Dernière (et unique) femme guillotinée en Algérie. 15 novembre 1947
17 juin 1948 Alger Ameziane Areski Guerif ben Mohamed 31 ans. En janvier 1946, à Réghaïa, pour le voler, frappe d'un coup de hache le coiffeur Mohamed Bey ben Ali, 32 ans, avant de l'étrangler et de jeter son corps dans un puits d'où il est récupéré le 28 janvier. Son complice Mohamed Braï Ouïdir ben Mohand, 31 ans, est condamné à mort par contumace. 20 janvier 1948
26 juin 1948 Guelma
Constantine
Aouïcha Abdallah ben Salah



Aber Naceur ben Mohammed




Assassinat et vol
1947



12 novembre 1947
01 juillet 1948 Alger Belkacir "Rabia ben Mohamed" Abdelkader 37 ans, ouvrier agricole. Le 7 octobre 1944, à Staoueli, attaque chez lui Mohamed Bouamra ben Abdelkader, employé à ferme Fine, et l'abat de neuf balles de mitraillette parce qu'il se rebiffe, s'enfuit avec du linge et quelques objets. Son complice Saïd ben Saïdi Rebidi, 28 ans, qui l'avait incité à tuer leur victime, et blessé durant l'attaque, s'évade de l'hôpital où il est soigné, et est condamné à mort par contumace. 22 janvier 1948
14 août 1948 Tunis
Tunisie
Abdallah ben Mohamed ben Mabrouk



Abderhamman ben Salah ben Smida, Braïk ben Abbech ben Mohamed, Mben ben Djeddidi ben Mouza
Assassinat et vol qualifié. Condamné par les assises de Bizerte.



Egorgent les colons Rillardelio à Bir-Loabit. Mohamed ben Salah est condamné à vingt ans de travaux forcés, Mtir ben Ali à cinq ans de travaux forcés, et trois autres complices sont acquittés. Jugés par le tribunal de Tunis.
21 novembre 1947



16 février 1948
10 novembre 1948 Sétif
Constantine
Achouri ben Embarek ben Messaoud Le 13 novembre 1947, près de Sétif, assassine Mahadi Lakdar ben Madassi. 25 mai 1948
23 novembre 1948 Sfax
Tunisie
Mohammed ben Amor ben Brahim el Fardi Assassinat et vol qualifié 05 mai 1948
27 novembre 1948 Annaba/Bône
Constantine
Loudjani Larbi ben Rabah Egorge en septembre 1947 son ami Sahrane Allaoua qui lui devait 2000 francs. Il lui vole 1300 francset vole ses vêtements pour les revendre en espérant que la somme remboursera la dette. Note de Mr Meyssonnier : "Surnommé le gueulard : devant la bascule, n'a pas cessé de crier". 25 mai 1948
16 avril 1949 Constantine Ali ben Amor et Mohammed ben Amor Frères. En mai 1945, au Fezzan, assassinent le chamelier Seroussi ben Osmane pour le voler. Condamnés par le tribunal militaire de Constantine. 11 mai 1948
14 mai 1949 Sétif
Constantine
Boubekeur Saïd ben Lakdar Assassine Tounsi Manalla, 12 ans, berger, pour lui voler ses brebis. Son complice Mencoud Merasca est condamné à cinq ans de prison pour recel. 29 novembre 1948
07 février 1950 Sousse
Tunisie
Ahmed ben Ali ben Messaoud Eddamoussi Le 17 juin 1948 à Sousse, assassine les époux Vigo, un couple de personnes âgées, pour leur voler 20000 francs qu'il avait retrouvé sous leur traversin. 27 avril 1949
01 mars 1950 Alger Mohamed ben Mohamed Gaamouch 27 ans, marchand de beignets. Le 11 décembre 1947, au djebel Ouach, fracasse d'un coup de barre de fer la nuque du chauffeur de taxi Ahmed ben Mohamed Zenad pour lui voler 750 francs, sa roue de secours et ses souliers. Condamné en première instance par les assises de Constantine, arrêt cassé le 9 mars 1949. Salah ben Mohamed Chiheb, 32 ans, est condamné aux travaux forcés à perpétuité et Tahar ben Mebarek Betche, 24 ans, à dix ans de travaux forcés. 28 décembre 1948, 29 octobre 1949
27 avril 1951 Constantine Chérif Fortas ben Lakdar Au douar Zarza, commune de Fedj Mzala, noie le fils de son épouse, 7 ans, en le maintenant sous l'eau puis en le recouvrant de cailloux... parce qu'il refusait de travailler pour son beau-père comme berger ! 02 décembre 1950
22 janvier 1952 6h15 Alger Mansour ben Mohamed Belkarouil Repris de justice recherché, avait mis à l'amende les commerçants de la Casbah. Abat de trois balles de revolver un patron de bar qui avait refusé de se soumettre à son racket, puis blessa un autre commerçant. 10 juillet 1951
03 avril 1952 Tunis
Tunisie
Mohamed ben Alouane ben Ali Dzouari et Souiki Abdelaziz ben Amar ben Ahmed Petits malfrats incarcérés au pénitencier du Djouggar, abusèrent de la bonté du gardien Cornu qui cherchait à les réinsérer et le volèrent. Après avoir passé la fin de leur peine au cachot, le 3 février 1951, assommèrent à coups de barre de fer puis égorgèrent l'épouse du gardien avant de piller l'appartement. Juste avant l'exécution, un accident cassa la lunette supérieure. Les condamnés furent décapités sans lunette. 08 novembre 1951
09 avril 1952 Batna
Constantine
Moussa Bouzidi ben Abdella Trois assassinats. Tenta de tuer les policiers venus l'arrêter. 22 novembre 1951
30 avril 1952 Tizi Ouzou
Alger
Amar ben Mohamed Kelfaoui 25 ans. Assassin de Salomon Cohen, chauffeur de taxi, qu'il abat pour le voler le 25 mars 1950 sur la route nationale entre Aomar et Bouïra. 29 novembre 1951
17 juillet 1952 4h Sétif
Constantine
Ahmed ben Turki Yahi PARRICIDE. En avril 1951, tue à coups de hache son père, sa belle-mère et sa demi-soeur de 18 mois avant de faire s'effondrer un mur sur les victimes pour faire croire qu'elles avaient été victimes d'un accident. 29 janvier 1952
23 octobre 1952 Tizi Ouzou
Alger
Ali ben Saïd Iaouderen Sept assassinats. Condamné pour avoir, à Mechtras le 23 décembre 1949, assassiné l'épicier Tahar ben Hadi Habib pour le voler. 06 mars 1952
17 novembre 1953 Sousse
Tunisie
Taïeb ben Amor ben Ahmed el Saïssi Tua un couple de vieillards, à Pichon pour le voler. Hurle et se débat du réveil à l'exécution. Maurice Meyssonnier qualifiera cette exécution d'une des plus dures de sa carrière. 25 avril 1953
11 février 1954 Oran Ammar "Omar ben Achour" Dekhini Traqué par les forces de l'ordre pour le meurtre de son propre frère, condamné aux travaux forcés à perpétuité par contumace par les assises de Constantine, est repéré le 17 août 1951 par deux gendarmes à cheval au douar Medjabria, tire plusieurs coups de fusil sur eux, touchant mortellement le gendarme Roger Marchand. Il est finalement arrêté le lendemain. Condamné en première instance en 1952 par la cour d'assises de Constantine à vingt ans de travaux forcés (ou aux travaux forcés à perpétuité), arrêt cassé pour vice de forme, rejugé à Oran. Première exécution à Oran en dix ans. Se confie au mufti avec résignation. RAS. 21 juillet 1953
28 avril 1954 Sfax
Tunisie
Mohamed ben Younes, Mohamed ben Hamed, Salah ben Mohamed Bandits, attaquent à coups de fusil le 16 octobre 1952 un train circulant dans les gorges de la Seldja afin de dérober la paie des mineurs de Metlaoui, soit deux millions de francs : abattent l'inspecteur des chemins de fer Antoine Peretti et blessent quatre autres personnes. Deux complices sont condamnés aux travaux forcés à perpétuité, un autre à vingt ans de travaux forcés. 29 juillet 1953
05 janvier 1955 Alger Boudjema ben Abdallah 33 ans, Marocain, ouvrier agricole. Tue le 07 avril 1949 à Rouiba ses patrons, M. et Mme Vives, leurs neveux (11 et 10 ans), et les deux bergers de la ferme. Son frère cadet et complice, Abdelkader ben Abdallah, 24 ans, condamné à mort également, fut gracié. 22 mai 1954
14 juin 1955 Sousse
Tunisie
Mohamed ben M'Hamed Hassi Ben El Behi Repris de justice, ivre, abat de deux balles de pistolet le 29 mars 1954 dans l'église de l'Immaculée Conception de Kairouan l'abbé Jean Costa, curé de Kairouan. 30 novembre 1954
04 août 1955 Jeudi, 4h15 Blida
Alger
Benchaala ben Mohamed Ladjalli Assassina son neveu de 8 ans (ou 11 ans), le 6 octobre 1952 à Aïn-Boucif. 18 février 1955
19 juin 1956 Mardi, 4h, 4h07 Alger Ahmed ben Mohamed "Zabana" Zahana



Adbelkader ben Moussa Ferradj




Première exécution des membres du F.L.N. 21 avril 1956



03 mai 1956
03 juillet 1956 Mardi, Oran Laïb ben Ahmed ben Mohammed Le 1er avril 1956, jette une grenade dans la file d'attente du cinéma "Le Régent" à Marnia, faisant quatre morts et vingt blessés. 01 mai 1956
07 août 1956 Mardi, Constantine Mahmed Belkhaïria 22 ans, déserteur du 15e R.T.A., lança des grenades dans des établissements publics le 16 avril 1956 à Constantine : dans un café du faubourg Saint-Jean, blesse douze personnes, dont une femme et trois enfants. 18 mai 1956
09 août 1956 Jeudi, 4h05 Alger Mohamed ben Mohamed Tifrouine Le 17 mai 1956, rue d'Isly à Alger, tue le gendarme Le Roch, 29 ans, d'un coup de douk-douk dans la nuque et vola son arme de service. 19 mai 1956
04 décembre 1956 Mardi, 5h50 Oran Abdelkader "Kouider" Boumelik Les 22 et 24 novembre 1955, à Sidi Bel Abbès, commet trois attentats contre des coreligionnaires pro-Français. Condamné également à une peine de travaux forcés pour avoir employé une bombe. 25 mai 1956
13 décembre 1956 Jeudi, Constantine Abdelhamid Nacerdine Assassinat et tentative d'assassinat commis entre janvier et juin 1956 aux douars Dra-Kabila et Béni-Ourtilane, commune du Guergour, notamment accusé d'avoir dirigé en avril les opérations de la bande d'Hocine Youspi, et entraîné la mort par égorgement de dix-huit Français les 2 et 3 mai 1956. 23 juin 1956
29 décembre 1956 Samedi, 5h45 Oran Kaddour ben Rabah 33 ans, repris de justice. Evadé du pénitencier agricole de Berrouaghia depuis juin, il monte au soir du 6 juillet 1952 à Oran dans le taxi d'Hacène Aoumeur qu'il blesse mortellement de trois balles de pistolet avant de lui voler 10000 francs. Condamné par la cour d'assises d'Oran. 07 mars 1956
02 janvier 1957 Mercredi, Constantine Mohammed Saadia



Bachir ben Chérif Hadjadj
06 décembre 1955



23 septembre 1955 et 11 octobre 1955
24 janvier 1957 Jeudi, Constantine Rabah Bouchaïba 05 juillet 1956
02 février 1957 Samedi, Constantine Hamid ben Bouzid Benmahammed et Mérabet Mohamed



Laoubi Saïd ben Tahar



Terfaya Hamouda
18 octobre 1956



14 août 1956



28 juin 1956
07 février 1957 Jeudi, Oran Ykhlef Benchetouf



Benttayed Mohamed ould Mohamed, Gaoual Benhammar ould Mohamed, Boucheriha Ahmed ould Bounouer et Kebdani Miloud ould Driss
18 mai 1956



26 juillet 1956
11 février 1957 Lundi, 5h10, 5h12, 5h13 Alger Fernard Raymond Iveton



Mohammed ben Ziane Lakhnèche



Mohammed Ouennouri
30 ans



25 ans



31 ans
24 novembre 1956



17 novembre 1956



28 juin 1956
13 février 1957 Mercredi, Constantine Zaïdi Amor ben Mohamed et Arif Fehrat ben Belkacem



Layachi Mohamed Salah



Boumlika Allaoua ben Ahmed
22 ans et 41 ans.



29 ans.



22 ans.
07 septembre 1955



22 juin 1956



07 novembre 1956
14 février 1957 Jeudi, Oran Ahmed ould Hachemi Ammour Le 24 juin 1956, en début de soirée, tire une rafale de mitraillette en pleine ville d'Aïn-Temouchent, abattant trois personnes et blessant six autres. Complice, Adda ould Benali Boudieb, condamné à mort, est gracié. 10 juillet 1956
19 février 1957 Mardi, 4h55 Alger Mohammed ben Arezki Mazira 25 ans. 19 mai 1956
21 février 1957 Jeudi, Constantine Salah Boulkéroua ben Mohamed



Mestak el Hacen Mohammed
12 septembre 1956



14 novembre 1956
02 mars 1957 Samedi, Constantine Mared Belkacem



Choufi Mohamed ben Mohamed
15 juin 1956



22 novembre 1956
04 mars 1957 Lundi, Alger Mohamed Larbi ben M'Hidi
18 mars 1957 Lundi, Constantine Abdelmadjib "Moussi" ben Belkacem



Djebbar Sebti



Brahamia Rabah ben Mohamed
06 juin 1956



18 août 1955 et 13 décembre 1955



15 juin 1956 et 30 juillet 1956
19 mars 1957 Mardi, Oran Mohammed ben Cheikh "Neïmas" Recioui 35 ans. Le 25 octobre 1956, abat avenue de Sidi-Chami à Oran Georges Dubiton alors que celui-ci allait grimper dans un trolleybus. 07 novembre 1956
08 avril 1957 Lundi, 4h40, 4h45, 4h46 Alger Amar ben Mohamed Saïd et Badouche Saïd "Si Tahar" ben Mohamed



Louni Areski
Membre et chef du groupe de l'Arbaa des Ouacifs. Le 5 décembre 1954, abattent à coups de revolver Aït Toudert, chef de centre de Timeghraa, parce que ce dernier refusait de lui verser 500000 francs. Le 3 février 1955 au Douar Kouriet, Manseri, sur le point d'être arrêté par un régiment, se tapit dans un ravin et ouvre le feu sur les soldats. 12 juillet 1955, 13 juillet 1955, 15 juillet 1955 et 18 juillet 1955



05 janvier 1957
10 avril 1957 Mercredi, Oran Hamou ould Mokhtar



Senouci Abdelkader et Zerouk Ghaouti




25 ans et 33 ans. Tentent le 14 février 1955 de faire dérailler le train Tlemcen-Sidi Bel Abbès en déboulonnant les rails. Le 18 octobre 1955, assassinent de deux balles dans la tête à Tlemcen Paul Janois, 70 ans, pour lui voler des armes, une paire de jumelles, des munitions et 12500 francs.
18 janvier 1957



09 novembre 1956
11 avril 1957 Jeudi, Constantine Beddiar Fehrat ben Belkacem 26 ans. Tente en janvier 1956 d'abattre un gardien de la paix à Khenchela. 20 décembre 1956
23 mai 1957 Jeudi, 3h Alger Boutrik Miloud ben Salem



Azzouz Saïd
16 février 1957



08 janvier 1957
25 mai 1957 Samedi, Oran Mohamed Benbakhti 15 février 1957
20 juin 1957 Jeudi, 3h25, 3h26, 3h27, 3h28 Alger Hamida Radi, Bellamine Mohand, Lakhal Boualem et Saïd Touati 32 ans, 25 ans, 19 ans et 28 ans. Les poseurs de bombes du stade 19 mars 1957
22 juin 1957 Samedi, 3h33, 3h36, 3h37, 3h38 Alger Ferradj Makhlouf



Hahad Abderrazak ben Mohamed



Labdi Jafar ben Abdelkrim et Gacem Mohamed Seghir
23 ans, frère d'Abdelkader Makhlouf, exécuté le 19 juin 1956.



28 ans.



23 ans et 27 ans.
06 mars 1957



07 mars 1957



13 mars 1957
25 juin 1957 Mardi, Oran Saada ould Abdelkader Bendahmane



Kamel ben Aïssa
25 mars 1957



22 mars 1957
26 juin 1957 Mercredi, Constantine Yousfi Abdemadjid ben Hadj Mohamed 07 novembre 1956
02 juillet 1957 Mardi, Oran Soussi Mohamed ould Abdallah et Zenasni Ahmed ould Mohamed 08 mars 1957
03 juillet 1957 Mercredi, Constantine Fizi Mohamed Lakdar, Fizi Salah ben Amar, Fizi Mohammed ben Ali et Benchika Mostefa 48 ans, 36 ans, 26 ans et 20 ans, membres du F.L.N. : enlèvent près d'Aïn-Beïda le 03 mai 1956 Jean-Paul Mario, 15 ans, Jean Romain Almeras, 14 ans et Gilbert Bousquet, 14 ans, avant de les attacher, de les battre, de les égorger puis de jeter leurs corps dans un puits. 06 mars 1957
25 juillet 1957 Jeudi, 3h32, ?, 3h49 Alger Hasni Boualem



Labdi Ali ben Ahmed



Badèche ben Hamdi
Badèche est accusé d'avoir, le 28 décembre 1956, tue le maire de Boufarik, Amedée Froger. Défendu par Me Gisèle Halimi.



?



21 ans, membre du M.N.A., tire le 5 novembre 1956 sur un soldat de l'unité territoriale de Kolea, ne lui causant que des blessures légères.
07 mai 1957



09 avril 1957



11 avril 1957
27 juillet 1957 Samedi, Oran Ykhlef Belaïd



Hassan ben Ahmed
26 décembre 1956



09 mai 1957
10 août 1957 Samedi, 3h19, 3h20 Alger Laab ben Lakdari Tayeb



Mohamed Sidi Ikhlef
Assassina un inspecteur



03 mai 1957



03 avril 1957
12 août 1957 Lundi, 3h12, 3h13, 3h14 Alger Mohamed Belaredj



Belkacem ben Larbi Ouzeri



Hacène Madani
06 mai 1957



18 juin 1957



11 mai 1957
13 août 1957 Mardi, Oran Bouzid ould Djelloul Abdellahi 14 juin 1957
14 août 1957 Mercredi, Constantine Hocine ben Rabah Chouaf



Ali ben Tahar Ferhata
Lance à Philippeville un engin explosif sans faire de victimes. Son camarade Allaoua Sayoud, condamné à mort, est gracié.



A Setif, tire un coup de feu sur un Algérien sans l'atteindre.
20 mai 1957



29 mai 1957
09 octobre 1957 Mercredi, 3h24, 3h26, 3h28 Alger Abderrahmane ben Ali Kaab



Chafik ben Braham Mezzi



Mohamed Bourenane
18 ans



Ses camarades Ammar Brik et Salah Mezzi, condamnés à mort, sont graciés.



28 mars 1957 et 31 mai 1957



16 mars 1957



28 mars 1957
10 octobre 1957 Jeudi, 3h11, 3h13 et 3h15 Alger Bachir Ianès, Rabah ben Abdelkader Larabi et Mohamed Harfouchi



Membre du "groupe des Fidayounes" du M.N.A.



28 mars 1957
12 octobre 1957 Samedi, Constantine Abdallah Bouchama



Mohamed Boumedjane et Douadi Belfetni
06 juin 1957



12 juin 1957
12 novembre 1957 Mardi, 3h23, 3h25, 3h28 Alger Ahmed ben Ahmed Sahel



Mohamed Ferhat et M'hamed Boussadia
30 ans.



26 ans et 27 ans.
09 juillet 1957



13 juin 1957
13 novembre 1957 Mercredi, 3h16, 3h17 Alger Saïd Behlouli et Achour Chenene 36 ans et 28 ans. 16 avril 1957
14 novembre 1957 Jeudi, Constantine Ammar ben Ahmed Falami 15 juillet 1957
04 décembre 1957 Mercredi, 3h13, 3h14 Alger Maamar ben Abdelkader Sahli et Abdelkader ben Driss Mekkaoui 28 ans chacun. 04 juin 1957
05 décembre 1957 Jeudi, Oran Boubekeur Bouhassoune 29 juin 1957
07 décembre 1957 Samedi, Constantine Mohamed Gacemi et Abbas Mohammedi



Ahmed Bara



Sadok Laïd
24 juin 1957



12 juillet 1957



19 juin 1957
07 janvier 1958 Mardi, Oran Abdelkader Touahria 09 août 1957
08 janvier 1958 Mercredi, Constantine Mostefa ben Messaoud Aouati, Amor ben Nouar Zamouch, Belkassem ben Rabia Mentouri et Saïd ben Amor Benabas Ahmed Benmezdas, condamné à mort, est gracié. 23 mars 1957
25 janvier 1958 Samedi, Alger Moulaï Taïeb Gabour 10 juillet 1957
28 janvier 1958 Mardi, Oran Chaabane ben Mohamed Selmani



Ali Chérif ould Boumedienne Chriette
06 août 1957



27 décembre 1955
29 janvier 1958 Mercredi, Constantine Mohamed Taïeb Sakhraoui Son camarade Ahmed Guettaf et Salah Boulifa, condamnés à mort, sont graciés. 25 juin 1957
01 février 1958 Samedi, Alger Saïd ben Amar Zouaoui 29 juin 1957
04 février 1958 Mardi, Oran Mohamed ould Habib "Seghir" Ferhat 19 juillet 1957
05 février 1958 Mercredi, Constantine Omar Boumezbeur 22 août 1957
08 février 1958 Samedi, Alger Ali ben Larbi Mokrétari



Mohamed Oudelha
06 août 1957



17 août 1957
11 février 1958 Mardi, Constantine Saad Guerraiche 04 septembre 1957
17 février 1958 Lundi, Alger Ahmed ben Djelloul Bouzidi



Maamar Amer



Rabah Djanati ben Saïd
05 septembre 1957



17 septembre 1957



06 août 1957
18 février 1958 Mardi, Alger Mohamed Zouaoui, Mustafa Srir et Yacoubi Abdelkader Kouider Abdelhak, condamné à mort, est gracié. 05 août 1957 et 05 octobre 1957
19 février 1958 Mercredi, Oran Benchira Maamar Kada Lakhdar Haddi, condamné à mort, est gracié. 02 octobre 1957
22 février 1958 Samedi, Constantine Azzi Areski



Gueroui Brahim



Bellout Brahim



Lachouri Rachid Ridha




?



?



Laïd Slimane, condamné à mort, est gracié.
Le troisième condamné se débattit tant qu'il tomba dans la corbeille, sur les corps des deux guillotinés précédents. 18 septembre 1957



14 octobre 1957



05 octobre 1957



25 juin 1957
03 mars 1958 Lundi, Alger Aberrane Benyoucef Mekerkeb 06 juin 1957
04 mars 1958 Mardi, Constantine Abderrahmane Benmelieck 07 novembre 1957
11 mars 1958 Mardi, Oran Abdelkader Mokkadem 24 décembre 1957
12 mars 1958 Mercredi, Constantine Ammar Djemli 14 novembre 1957
23 avril 1958 Mercredi, Alger Mohamed ben Saïd Medjeber



Amar ben Mohamed Ferrhat
23 septembre 1957



18 novembre 1957
24 avril 1958 Jeudi, 3h17 Alger Abderrhammane Taleb



Gharbi Saïd ben Ali



Saad ben Belgacem
28 ans, étudiant en chimie, fabricant des bombes de l'équipe de Yacef Saadi, notamment celles ayant explosé dans les stades d'El-Biar et d'Hussein-Dey.



Assassin du gendarme Rezzoug et co-auteur de l'assassinat de Lucien Tur, un jeune pied-noir, au Fondouk.



Assassine le lieutenant Geoffroy, commandant de la S.A.S. d'Aïn-Rich, et sa femme dans la nuit du 9 au 10 juin 1956. Brahim ben Ahmed, son camarade, condamné à mort, est gracié.
15 juillet 1957, 19 octobre 1957 et 07 décembre 1957



30 octobre 1957



10 septembre 1957
29 avril 1958 Mardi, Constantine Khaldi Brahim et Abaci Ahmed



Harrouche Laïd ben Brahim
Leur camarade Lakdar Daoud, condamné à mort, est gracié.



?
29 août 1957



10 août 1957
30 avril 1958 Mercredi, Constantine Hammadou Hocine



Bouchelaghem Mohamed



Bourras Tayeb
05 décembre 1957



21 décembre 1957



15 octobre 1957
25 août 1958 Lundi, Alger Aouissi ben Mohamed et Aouissi Mohammed ben Bachir Frères. Leurs camarades Djilali Aouissi et Khider Ounnas, condamnés à mort, sont graciés. Derniere exécution par guillotine de membres du F.L.N. condamnés par un tribunal militaire. L'adjoint et fils de l'exécuteur, Fernand Meyssonnier, actionnera exceptionnellement le couperet. 07 septembre 1957
02 septembre 1958 Mardi, Constantine Hameur-Laïm Mohammed Crime de droit commun. Son complice Youcef ben Abdallah Eloudjani, condamné à mort, est gracié. Jugés par la cour d'assises de Guelma. 27 février 1958
21 mai 1959 Jeudi, Oran Kaddour Bouzid Berger, attaque et égorge un sexagénaire puis viole son épouse et lui fait subir le même sort. 15 novembre 1958
01 juillet 1959 Oran Mohammed Beghdadi



M'Hamed Moulay
07 juillet 1959 Alger Mohammed Chaba 02 mai 1959
04 août 1959 Oran Elmekki Bentaiba et Aoued Smari 06 mars 1959
05 août 1959 Blida
Alger
Abderrezak Takarli 18 mai 1959
12 août 1959 Mercredi, Oran Ouïs Mostifa ould Habib Viols et meurtres. Condamné pour deux crimes distincts par la cour d'assises de Mostaganem. Dernière utilisation de la guillotine en Algérie. 23 janvier 1959, 24 janvier 1959
28 septembre 1959 Oran Mohamed Lahouel 02 juin 1959
07 octobre 1959 Alger Abdelkader Ziani Delfi 10 juin 1959
15 octobre 1959 Alger Ahmed Zoukh 30 juin 1959
09 janvier 1960 Oran Mkili Djilali
26 janvier 1960 Sidi Bel Abbès
Oran
Abdelkader Rahou et Mohamed Figuigui



Miloud Bakhti
04 septembre 1959



05 septembre 1959
26 février 1960 Vendredi, Médéa
Alger
Brahim Benghenia et Mohand Belatri Tuèrent un conseiller municipal de Médéa le 12 septembre 1959 26 septembre 1959
26 février 1960 Vendredi, Guelma
Constantine
Layachi Makhloufi ben Salah Participa à l'enlèvement et à l'assassinat de trois autres Algériens dans la nuit du 04 au 05 février 1958. 06 octobre 1959
26 février 1960 Vendredi, Mostaganem
Oran
Mohamed Rahmoun ould Abdelkader Auteur d'un attentat à la grenade au boulodrome de Mostaganem. 14 octobre 1959
27 février 1960 Samedi, Batna
Constantine
Hanachi Zedira



Ali Aouf
Lance dans un café de Lambèse une grenade qui blesse 36 personnes



Auteur d'un attentat à Khenchela.
18 septembre 1959



17 octobre 1959
16 mars 1960 Sidi Bel Abbès
Oran
Mohamed Belakhdar 17 septembre 1959
16 mars 1960 Chlef/Orléansville
Alger
Ben Mohamed Harir Djelloul 26 septembre 1959
16 mars 1960 Médéa
Alger
Benyoucef Mokkedem 09 octobre 1959
04 avril 1960 Alger Dahmani Kara Ali 04 novembre 1959
04 avril 1960 Chlef/Orléansville
Alger
Ali Benhamida 21 octobre 1959
05 avril 1960 Mardi, Guelma
Constantine
Cherif Dif, Abdelaziz Benzaoui, Lamri Bouchama et Ahmed Benzaoui Assassinent le 31 mars 1958 M. Bedri Aïssa, chevalier de la Légion d'honneur et président des anciens combattants d'Aïn-Beïda, et le 24 mai 1959 M. Lamraoui Maamar, garde champêtre d'El-Hassi.
14 mai 1960 Tiaret
Oran
Cheikh Achour 19 décembre 1959
14 mai 1960 Tizi Ouzou
Alger
Mohamed Michemiche 19 décembre 1959
16 mai 1960 Sidi Bel Abbès
Oran
Kadi Laoudj 11 décembre 1959
16 mai 1960 Alger Arezki Azouz ben Ameur 23 décembre 1959
25 juin 1960 Chlef/Orléansville
Alger
Bakhli Boumerdjene et Mekki Mendil 16 décembre 1959
25 juin 1960 Oran Ghali R'Guiba 12 janvier 1960
27 juin 1960 Tlemcen
Oran
Abdelouahed ben Mohamed 21 janvier 1960
29 juin 1960 Tiaret
Oran
Mohamed Serero 26 février 1960
29 juin 1960 Sidi Bel Abbès
Oran
Mohamed ould Abdelkader 12 février 1960
02 juillet 1960 Oran Kassari Djillali
juillet 1960 Tlemcen Ahmed Djedid et Teidj Diaf 03 mars 1960
30 juillet 1960 Oran Chaïb Sekkal



Djelloul Hamdaoui et Kaddour Safa



Laredj Bendaoud
10 mars 1960



27 février 1960



16 mars 1960
août 1960 Alger Mohamed Cherief 16 mars 1960
04 octobre 1960 Lundi, Tizi Ouzou Fatah Benamrouche 27 avril 1960
06 octobre 1960 Mercredi, Médéa Belkacem Mayouf 06 mai 1960
08 octobre 1960 Vendredi, Mostaganem Abed Rahmani 20 avril 1960
08 octobre 1960 Samedi, Alger Abdelkader Brahimi ben Mohamed Assassine près de Blida un Algérien le 14 juillet 1957. Fusillé au polygone d'Hussein Dey. 19 mai 1960
26 novembre 1960 Sidi Bel Abbès Mohammed Mahmoudi et Bouziane Bouda 27 juin 1960
01 décembre 1960 Alger Slimane Belmokhtar 31 mai 1960
01 décembre 1960 Oran Mohamed Belbachir 02 avril 1960


Pays - Département Images Ville Nom Adresse Période Histoire du lieu Nombre d'exécutions
Algérie - Alger

Alger Prison Barberousse/Serkadji Boulevard Abderzak Hadad (ex-boulevard Valée) 1857-2014 Construite en lieu et place d'une ancienne forteresse turque surplombant la Casbah et la mer. Au moment de l'indépendance, elle est fermée quelque temps avant d'être utilisée à nouveau sous Boumedienne. L'ancienne prison devrait désormais devenir un musée, et l'endroit conservé en l'état pour permettre à des réalisateurs d'utiliser l'endroit pour des tournages.
Algérie - Alger

Blida
Algérie - Alger

Tizi-Ouzou
Algérie - Alger

Orléansville
Algérie - Oran

Oran Prison de la Kasba
Algérie - Oran

Sidi Bel Abbès
Algérie - Oran

Tiaret
Algérie - Oran

Mascara
Algérie - Oran

Mostaganem
Algérie - Oran

Tlemcen
Algérie - Constantine

Constantine Prison du Coudiat
Algérie - Constantine

Sétif
Algérie - Constantine

Batna
Algérie - Constantine

Bône
Algérie - Constantine

Guelma
Algérie - Constantine

Bougie
Algérie - Constantine

Philippeville/Skikda 1888-
Tunisie

Tunis
Tunisie

Sousse Entre la rue Massicault et la rue Pasteur
Tunisie

Sfax
Tunisie

Bizerte
































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