MONDE

1792-1965

La Veuve fonctionne partout


Palmarès d'Amérique du Nord : Antilles, Saint-Pierre-et-Miquelon



Date Heure Lieu Nom Crime Exécution Condamnation
19 novembre 1793 Port-Républicain
Saint-Domingue
Pelou Econome-Gérant de l'habitation Michaux, il menaça avec son fusil un indigène qui travaillait au même endroit.
17 août 1850 Samedi, 6h Pointe-à-Pitre
Guadeloupe
Joseph "Sixième" Izéry 26 ans, pêcheur. Accusé d'avoir provoqué un grave incendie ayant détruit 64 maisons dans la ville en mettant le feu à son matelas le 12 mai 1850. Décapité à la hache et non à la guillotine. Exécution effectuée place de la Victoire, côté mer. Avant de monter à l'échafaud, le prêtre lui dit : "Allons, mon enfant, vous allez, grâce à votre repentir, être reçu dans la société des anges." Il répond : "Eh bien, voulez-vous prendre ma place ? Vous leur ferez visite pour moi !"
08 juillet 1851 Mardi, 7h Fort-de-France
Martinique
Louis-Alexandre "Piquant" Aiguillon 28 ans, garçon boucher. Assassine pour le voler M.Grand-Louis, un habitant de Fort-de-France Première exécution capitale par guillotine à la Martinique ? Exécuté place du Marché. 29 novembre 1850
21 août 1856 Jeudi, 6h27 Saint-Pierre
Martinique
Saint-Louis "Coucecaye" Glaude 37 ans, charpentier. Le 27 janvier 1856, à Champflore, abat de deux coups de fusil M.Cyrille, cultivateur, et blesse gravement Rose Glacial, 15 ans. Guillotiné sur la place d'armes du Fort. Pas d'exécution à Saint-Pierre depuis vingt ans, premier usage de la guillotine à Saint-Pierre. 27 mars 1856
24 septembre 1866 Lundi, 6h Fort-de-France
Martinique
Rasson 31 ans, Indien, cultivateur. Assassina Taye, une Indienne. Pourvoi rejeté le 14 juillet 1866. Exécuté place de la Geôle, entre la croix et la rue, face à la prison centrale. Dernière exécution à Fort-de-France (et probablement en Martinique) avant 1940. 23 mai 1866
24 août 1889 Samedi, 5h Saint-Pierre
Saint-Pierre-et-Miquelon
Joseph Auguste Néel 29 ans, marin-pêcheur. Le 30 décembre 1888, à l'Ile-aux-Chiens, en état d'ivresse, se rend chez le patron pêcheur François Coupard, 61 ans, pour y dîner, mais trouve porte close vu l'heure avancée. Entrant en brisant la porte, il tue Coupard de sept coups de couteau dans la poitrine et la gorge avant de l'éventrer pour vérifier "s'il était bien gras" et de commencer à dépecer les jambes et les parties génitales ! Son complice, Louis Ollivier, 25 ans, marin-pêcheur, employé de Coupard, est condamné à dix ans de travaux forcés. Après avoir songé à faire déplacer Louis Deibler, exécuteur de France, puis Pierre Lapeyre, exécuteur d'Algérie, on décide d'employer un local volontaire, et d'utiliser la guillotine prêtée par la Martinique. La machine arrive le 22 août 1889. Faute de volontaire, le procureur somme le pêcheur Jean-Marie Legent, pêcheur, condamné peu avant à trois mois de prison, pour accomplir les hautes oeuvres, contre une grâce et un salaire de 500 francs. Le vendredi, on fait un essai de la macchine sur un veau : décapitation incomplète - un lambeau reste. Par précaution, on prie Legent de garder un couteau à trancher la morue à portée de main le lendemain. Au réveil, Néel affirme qu'il se doutait de quelque chose, qu'il avait entendu trop de monde dans la rue Carpillet, bordant la prison. "La mort ne me fait pas peur, il y a longtemps que je serais mort sans M. et Mme Sigrist (les gardiens). Ils ont été bons pour moi. Je veux les remercier avant de mourir !" S'habille seul. Au greffe, la toilette est effectuée par le gardien Sigrist et le gendarme Dangla : ceux-ci, en guise de liens, lui passent une camisole de force et lui attachent les chevilles. Boit un verre de vin et un bol de thé chaud, tout en rappelant ses souvenirs de marins, concluant : "Qui aurait cru que la Terre m'aurait, moi qui aurais dû périr cent fois en mer !" Après une prière avec le père Cadoret, monte dans le fourgon clos en mâchant une chique de tabac. Quitte la prison vers 4h30, trajet de 20 minutes pour faire les 670 mètres qui séparent la prison de la place de l'Amiral-Courbet, lieu d'exécution. Descend, reconnaît le bourreau, puis monte sur le petit échafaud - un pied de haut, en raison du manque de stabilité de la place pavée - et dit à la foule : "Que mon exemple serve de leçon. J'ai tué, on va me tuer ! Ne faites pas comme moi !" Demande à ce que le père accompagne son corps jusquà la tombe, pour ne pas être "enterré comme un chien". Alors qu'il est installé, Legent, pris de panique, ne sait plus quoi faire et ne songe pas à défaire la corde qui maintient le couperet. Lassé par ce délai, Néel crie à l'exécuteur : "Surtout, ne manque pas !", puis tente de s'extraire de la lunette jusqu'à ce qu'un gendarme le prie de rester calme. Néel crache dans la bassine, et Legent, qui a retrouvé ses esprits, libère la corde. La décapitation, imparfaite, l'oblige à prendre le couteau pour retirer le dernier bout de chair. Legent quitta l'Ile le 17 septembre suivant, nul habitant ne voulant désormais l'engager. 06 février 1889
30 avril 1940 Mardi, 5h Fort-de-France
Martinique
Prosper Jérôme Virebord PARRICIDE, 31 ans, cultivateur. Le 29 décembre 1938, à Sainte-Anne, assassine son père septuagénaire Charles Virebord, avec lequel il était en querelle depuis plusieurs années. Premier arrêt cassé, renvoyé devant la même cour d'assises face à un jury différent six mois après le premier procès. Grâce rejetée le 14 février 1940. Au greffe, demande à fumer une cigarette et à boire un verre de punch. Va à l'échafaud en tenue parricide, meurt courageusement. Son exécuteur est un ex-condamné à mort grâcié. Guillotiné à l'entrée de la prison centrale, dernier condamné supplicié en public dans les colonies françaises. 22 avril 1939, 17 octobre 1939
27 août 1947 Mercredi, 5h35 Pointe-à-Pitre
Guadeloupe
Alexander Joseph PARRICIDE. 35 ans, cultivateur à Saint-Martin. Dernière exécution en Guadeloupe. 16 juin 1945
17 juin 1964 Mercredi, 4h45 Fort-de-France
Martinique
Raymond Annama 38 ans, cultivateur. Condamné à dix ans de travaux forcés le 25 juin 1952 pour viol et tentative de meurtre sur une adolescente de 14 ans qu'il enlève vers 1950, avant de la violer et de tenter de la noyer en la précipitant d'un pont. Libéré en conditionnelle le 01 décembre 1959. Condamné à 5 mois de prison pour vol en juillet 1961. Le 11 novembre 1962 au Lamentin, en état d'ivresse, enlève Jocelyne Longchamps, 6 ans, sur laquelle il pratique des attouchements. Au milieu de la nuit, sous couvert de la ramener à sa mère, la transporte au bord de la rivière, la vole, puis l'étouffe à mains nues pour l'empêcher de hurler, avant de jeter le corps dans l'eau, lesté d'une pierre de cinq kilos. Arrêté le lendemain soir. Le 02 janvier 1963, il s'évade avec deux autres prisonniers, et il est rattrapé le lendemain, place Stalingrad à Fort-de-France. Un des autres évadés, Germain Labarraque, est abattu par les gendarmes. Anama s'était brisé les deux chevilles en sautant du mur. Prévenu de l'arrivée du bourreau la veille ou l'avant-veille de l'exécution. Décapité en présence du juge Buhot, du père Huré et du pasteur Itty, de M. Bascon, directeur de la prison, et du médecin M. Barbe. Très calme, entend le pasteur et meurt sans prononcer un mot. La guillotine est laissée sur place au cas où. juin 1963, 13 décembre 1963
22 juin 1965 Mardi, 4h40 Fort-de-France
Martinique
Landry Lambert Gau 28 ans, marchand de bestiaux. Le 01 novembre 1963, dans le quartier Dumaine, au François, attaque et étrangle Pierre Louisy, 77 ans, cultivateur, et vole son portefeuille contenant 750 francs. Le soir venu, se rend au domicile de sa victime, et attaque Marie-Valentine Louisy, épouse Daude, 80 ans, soeur de sa première victime, et Gilles Marie Daude, 57 ans, fille de la précédente, à coups de couteau. Toutes deux survivront, mais Mlle Daude, touchée à la colonne vertébrale, reste paralysée, et Mme Daude a la langue presque sectionnée et est défigurée par les coups de lame. A l'instar d'Anama un an plus tôt, averti de l'arrivée du bourreau quelques jours avant l'exécution. Réveillé à 4h, demande à voir sa femme et leurs sept enfants. Dernière exécution en Martinique. 12 décembre 1964


back top next