NICOLAS ROCH


EXECUTEUR EN CHEF DES ARRETS CRIMINELS (1872-1879)


Informations basiques

Date de naissance: 04 janvier 1813
Lieu de naissance: Mende (Lozère)
Date de décès: 25 avril 1879
Lieu de décès: Paris (75)
Père: François Roch (1785-1848)
Mère: Marguerite Hermant
Frères et soeurs:
Epouse: ()
Enfants: Aucun
Signes distinctifs: boucles d'oreilles d'or aux deux lobes, allure générale d"un huissier de campagne"
Caractère:
Carrière:
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Biographie:

Le 24 juillet 1871, à Paris, sont nommés trois nouveaux exécuteurs adjoints : Ganié, de Grenoble, Deibler, de Rennes, et Roch, d'Amiens. A peine neuf mois s'écoulent avant que le bourreau Heidenreich ne meure à son tour, à 61 ans. Roch, devenu son premier aide, n'aura que huit jours à attendre avant d'obtenir le poste tant convoité d'exécuteur en chef. Toutefois, il aura à trancher le cou de Léon Bourgogne durant ce court laps de temps, le 4 avril à Troyes. C'était là le couronnement d'une carrière commencée 48 ans plus tôt.

Nicolas Roch est né à Mende le 4 janvier 1813. Fils de François Roch, le bourreau local, descendant d'une des plus grandes familles d'exécuteurs, et de Marguerite Hermant, fille d'une autre dynastie de bourreaux, il n'avait que 11 ans quand son père le choisit comme aide. En 1833, il participe, ainsi que son père, à l'épilogue de l'affaire de Peyrebeilhe, dans le département voisin de l'Ardèche. Là, devant "l'auberge rouge" rendue célèbre par Autant-Lara, il assiste à la triple exécution du ménage Martin et du domestique Rochette, suspectés d'avoir assassiné nombre de leurs clients. C'est son oncle Pierre Roch, exécuteur d'Ardèche, qui fait tomber le couperet. Le 21 septembre 1838, il est nommé exécuteur provisoire dans le Vaucluse, poste où il ne tarde guère à être confirmé. Le 12 août 1843, il devient bourreau, en remplaçement de François Desmorets, révoqué pour ivrognerie, dans le Jura. Il y reste 10 ans, et ne préside qu'à une seule exécution à Lons-le-Saulnier. Toutefois, il aide 23 fois les bourreaux voisins, notamment lors de l'exécution de Montcharmont en 1851 à Chalon-sur-Saône, avant d'être nommé chef à Amiens le 21 mars 1853, pour remplacer un autre "poivrot", Henry Ganié. Il a quarante ans. Il restera 18 ans, et tranchera 30 têtes. Cette nomination s'accompagne de son mariage avec une cousine éloignée du côté maternel, Claire Hermant, de onze ans sa cadette. Ils vivent assez chichement, logés non loin du dépotoir, et aussi à cause du nombre de leurs enfants, huit en 14 ans. Il aura trois fils et cinq filles. L'aîné, François-Constant, naît le 13 décembre 1854, Léon-Désiré, le 14 novembre 1857. Henri, l'avant dernier des enfants, et benjamin des fils, né le 26 juillet 1865, qui sera exécuteur adjoint en Alger dès 1906, et sera chef exécuteur de mai 1928 au 1er mars 1946, avant de décéder le 25 janvier 1956).

En juillet 1861, un cousin Roch, bourreau à Riom, meurt, et Nicolas voit là l'occasion de revenir près de son pays, où la vie est un peu moins chère. Sa demande reste sans réponse. Sérieux, sobre (ce qui n'est pas le cas de nombre de ses confrères), il retient vite l'attention du ministère de la Justice, et c'est ainsi que, après le décret du 25 novembre 1870 qui supprime les postes de province, quand on décide de former une équipe d'adjoints compétents, il est vite préselectionné parmi les 27 chefs de Cours d'Appel. Et le 24 juillet 1871, en raison de sa carrière exemplaire, il est nommé premier aide. Quand Heidenreich est malade, c'est lui qui le remplaçe, comme lors de la quadruple exécution d'Hautefaye, en Dordogne, le 05 février 1871.

Quand Heidenreich meurt, Roch se doute que sa nomination est proche. En effet, à peine huit jours après la disparition d'Heidenreich, Roch devient "Monsieur de France". Il aura quand même l'occasion de faire tomber la lame deux jours avant sa nomination. Même s'il n'existe pas (ou peu) de dessins de Roch, de nombreux portraits de lui ont été fait dans la presse. C'était un homme assez banal, de taille moyenne. Son nez est busqué, ses yeux gris clair, qui porte des favoris. Il exerce en redingote noire, se coiffe d'un haut-de-forme. Il porte une chaîne de montre en or sur un ventre de bon mangeur. Suivant sa mode, ses aides se vêtiront de noir également, et adopteront le chapeau melon. Son épouse, réputée pour sa gouaille, n'hésite pas à dire dans les magasins : "Servez-moi bien, je suis la femme de l'exécuteur !". Le pauvre Roch, malgré son aspect sévère d'huissier, obéit à chaque désir de sa femme. Par exemple, il porte depuis son adolescence un anneau d'or à chaque oreille. Claire lui serinera d'enlever ses boucles durant un mois. Il cédera avec regret. Sa nomination de chef s'accompagne de l'arrivée de deux nouveaux aides, dont Alphonse Berger, ébéniste, appelé quelques semaines plus tôt pour créer la nouvelle guillotine. Le 17 juin 1872, il exécute devant la prison de la Roquette Moreux, assassin d'une prostituée. C'est sa première exécution comme chef à Paris. Il en a déjà accompli cinq en province depuis le 6 avril. Et toutes se sont déroulées suivant un nouveau procédé, avec la machine modèle Berger, qui restera, à peu de choses près, la guillotine employée jusqu'en 1977. Cette exécution, accomplie sans échafaud, provoque la colère des spectateurs, qui ne voient guère que le sommet de la guillotine. Roch loge non loin de là, rue de la Folie-Régnault, où est entreposée déjà la Veuve. Le deuxième enfant de Roch, Olympe, née le 19 mai 1856, s'éprend du nouvel aide de son père Berger, qu'elle épouse. Un de leurs enfants, André Léon deviendra un des derniers exécuteurs d'Algérie.

Roch coupe environ une tête par mois, et tient sérieusement à jour un carnet où il note, au jour le jour, les affaires qui s'achèvent entre ses mains. Au total 82 têtes en 84 mois. Il est payé 6000 francs par mois. En 1878, il innove, lors de l'exécution de Barré et Lebiez. Ayant maintes fois remarqué la terreur fascinée des condamnés face au couteau, il fait visser sur la machine une plaque de bois qui cache le couperet. Cette guillotine "améliorée" ne fonctionnera que peu de temps. Le 18 décembre 1878, il exécute Mautin à Alençon. Ce sera sa dernière. Le 24 avril 1879, il s'écroule, victime d'une crise d'apoplexie. Il meurt le lendemain, à 66 ans, après 55 ans au service de la Justice, et plus de 300 exécutions. Son aide breton, Louis Deibler, lui succède le mois suivant.

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Successeur

LOUIS DEIBLER
Exécuteur en chef des arrêts criminels (1879-1899)


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[Inspiré de la "FBI Most Wanted List"]