AFRIQUE DU NORD

1843-1959

Palmarès du Maghreb

Palmarès du Maghreb



Dès la "colonisation", les Français ont introduit au Maghreb, en Algérie principalement, leur Justice et leur méthode de châtiment : la Veuve. Cependant, la machine et les bourreaux d'Alger se contentaient d'exercer sur la côte méditerranéenne. Les territoires du Sud, sous occupation militaire, expédiaient plus volontiers leurs condamnés au peloton d'exécution.
Outre la fusillade et la décapitation, la Tunisie, elle, alternait avec une troisième méthode d'exécution : en cas de condamnation par la justice beylicale, les suppliciés étaient pendus.
Si on exclut Oujda, rattachée judiciairement à l'Algérie, ce n'est que tard que le Maroc songea à réquisitionner les services du bourreau d'Alger. Entre 1928 et 1932, pour deux doubles exécutions, la Veuve d'Alger fit le déplacement jusqu'à Casablanca et Rabat, mais au final, en décembre 1932, un décret paru au Journal Officiel du Protectorat changea la donne : désormais, les condamnés Marocains seraient passés par les armes. Seuls les condamnés Européens seraient décapités : cette situation ne se présenta jamais.
La guillotine d'Algérie se trouvait être un modèle unique, puisqu'il s'agit du prototype Berger de 1868, précurseur de la machine qui servira en France jusqu'en 1981. Plus haute (4m75 au lieu de 4m25), munie d'un système de chute inversé (la pince se trouve du côté de la lunette, et son usage nécessite un coup de main précis), elle fut la seule à servir pendant 86 ans, mais face à la recrudescence des supplices durant la guerre d'Algérie, André Obrecht, exécuteur de France, fit expédier une guillotine surnuméraire pour être en usage permanent à Constantine - le déplacement des bois de justice devenant, on le comprend, excessivement dangereux en cas d'arrestation. L'objet est très vite devenu un sujet d'horreur absolue, car si jusqu'alors, la guillotine a été souvent employée pour châtier des criminels de droit commun, elle l'est désormais trop souvent pour exécuter des condamnés politiques : certains avaient du sang sur les mains, d'autres non.
A compter de 1956, la majorité des condamnés provenaient de tribunaux militaires car ils revendiquaient leurs actes au nom de la Libération.
Entre juin 1856 et août 1958, 143 partisans du F.L.N. et assimilés furent suppliciés. Au total, entre novembre 1954 et janvier 1961, 222 Algériens furent exécutés, tant en France qu'en Algérie.
Après 1959 et ce jusqu'à l'Indépendance, les condamnés à mort seront passés par les armes.
Désormais, la guillotine d'Alger est en exposition dans un musée d'Alger, symbole d'une douloureuse politique colonialiste.

Date Heure Lieu Nom Crime Exécution Condamnation
16 février 1843 Jeudi, 12h50 Alger Abdelkader ben Zelouf ben Dahman Assassinats et vols dans la région d'Alger. Informé à 8h, dit regretter de mourir en laissant ses enfants, mais ayant appris que le gouvernement compte s'en charger, se montre détendu tout au long de la matinée. Arrive en voiture place Bab-el-Oued, aux côtés du bourreau, précédé par un Algérien qui annonce au peuple que l'exécution va avoir lieu. Monte courageusement les marches de l'échafaud. Première exécution par guillotine en Algérie. 16 septembre 1842
13 novembre 1843 Lundi, 13h Alger Mohamed ben Hamed Saïd Orage et pluie torrentielle. Très pâle mais ferme, discute pendant la route avec les exécuteurs, et affirme son innocence tout au long. Parcourt les derniers mètres le séparant de l'échafaud pieds nus dans la boue. 19 août 1843
26 mai 1845 Lundi, Oran Kenedil ben Djeffal Membre des Derkaouas. Mène l'attaque du camp de Sidi-bel-Abbès le 29 janvier 1845, au cours de laquelle cinquante-huit personnes meurent. Condamné par le conseil de guerre. Va à la mort avec courage, mais quand il arrive sur la place, en voyant qu'un Juif lui attache les mains, il se plaint que c'est humiliant pour un musulman. Après lecture du jugement par le capitaine-rapporteur, Kenedil s'agenouille et présente sa nuque au bourreau, un brigadier de spahis. Le premier coup ne fait que blesser le condamné, qui hurle et enguirlande l'exécuteur. Le second touche la tête : pendant que les spectateurs crient d'horreur, Kenedil se lève et prie le Prophète de le faire mourir au plus tôt. L'exécuteur parvient à le calmer suffisamment pour qu'il s'agenouille à nouveau, et le troisième coup parvient enfin à décapiter le condamné. 08 mars 1845
29 juin 1845 Orléansville Mohammed ben Frégoul et Yahia ben Aïssa Ben Frégoul, caïd des Heumès. Huit autres complices sont condamnés à mort, quatre d'entre eux voient leur peine commuée en travaux forcés à perpétuité, quatre autres en vingt ans de travaux forcés. Fusillés sur la place du marché 05 avril 1845
16 août 1845 Samedi, 11h Alger El-Azazi-ben-Messaoud-el-Robei Berger Kabyle. Décapite deux adolescents de sa propre tribu de Khachna le 05 mai 1845. Prévenu à 7h, répond "Allah le veut ! Allah est grand !" Informe les officiels de ses dernières volontés, fait le récit de son crime qu'il estime justement puni par le Seigneur, se lave, se parfume, mange, prie jusqu'au départ de la prison. Va à la mort à pied, psalmodiant tout au long du trajet : "Allah est grand, et Mohammed est son prophète." Pris d'un moment de faiblesse devant les marches de l'échafaud, se reprend et se confie aux bourreaux. Dans le public, nombreux, les Algériens commentent la méthode de mise à mort, la jugeant plus efficace et rapide que le traditionnel yatagan. 06 juin 1845
23 août 1845 Alger ?
26 février 1846 Alger Belkacem ben Mohamed et Messaoud ben Ahmed Machine dressée dès 8h, foule immense à 10h30, beau temps. Arrivent à pied, en récitant des prières. Le bourreau place Messaoud dos à l'échafaud pour qu'il n'assiste pas à la fin de son complice. Après que le couperet soit tombé, Messaoud demande : "Où est donc mon camarade ?" Il est à son tour placé sur la bascule, mais quand on le renverse, il a le temps de voir au fond de la bassine la tête coupée de son complice qu'on a oublié d'enlever ! 15 novembre 1845
14 août 1846 8h Philippeville Salah ben Souïla 25 ans. 30 avril 1846
05 décembre 1846 8h Alger Mohamed ben Djelloul, Djilali ben OMar, Abdelkader ben Alab et Abdallah ben Alab Assassins des employés du télégraphe de Gonthas. Quatre complices, également condamnés à mort, sont graciés. Exécutés place Bab-el-Oued août 1846
13 février 1848 Alger
26 septembre 1848 Constantine Tahar Tua un compagnon de voyage pour le voler en lui broyant la tête à coups de pierre Supplicié au yatagan
27 septembre 1848 9h Constantine Ben-Kassem ben Saïd et Mohamed ben KakouaH Tuèrent en janvier 1847 à Constantine Fathma, la maîtresse de l'un d'eux, et trois autres Algériennes, pendant qu'elles dormaient pour les voler. Leurs deux complices sont condamnés aux travaux forcés à perpétuité. Environ 10.000 personnes place de la Brèche, pour la première exécution par guillotine dans la ville. A la prison, les condamnés prient : Ben-Kassem rédige une amulette à conserver dans son cercueil, ben Kakouah lui, dénonce au juge un méfait commis par l'un des témoins à charge. Son frère vient lui rendre visite et pleure : le condamné répond : "Qu'as-tu donc ? N'es-tu pas venu pour me consoler ?" Quittent la maison d'arrêt avec fermeté, marchant en psalmodiant la prière. Dans la foule, une femme crie : la mère d'une des victimes. Ben Kassem la reconnaît et clame : "Réjouis-toi ! Dans un instant, nous seront lavés du sang de ta fille." Exécution rapide et sans histoire. La foule s'éparpille en commentant : "Cette naoura-djéled (machine-bourreau), quelle hadja ouhéra (méchante chose) !" 28 avril 1848
06 juillet 1850 Alger Un condamné
10 mars 1852 Alger Ferdinand Gosselin A Mustapha, dans la nuit du 17 au 18 août 1851, égorge et massacre à coups de couteau une femme et sa fille. Jusqu'alors toujours froid, perd toute contenance devant l'échafaud, place Bab-el-Oued. Ses jambes se dérobent sous lui, et les exécuteurs doivent le porter sur la machine pour l'exécuter. 21 novembre 1851
19 mai 1853 Alger François Ravis Suisse. Au hameau de Saïghr, commune de Koléah, le 08 janvier 1853, assassine à coups de gourdin sa voisine, la veuve Catherine Willemoz, et blesse grièvement son fils Frédéric, 10 ans, pour ne pas avoir à rembourser une reconnaissance de dettes de 58 francs, et lui dérober un petit héritage de 300 francs. La veuve survit quatre jours à l'hôpital. 19 mars 1853
08 juin 1857 Oran Ginès Lopez et Antonio Sanchez Espagnols. A Oran, attaquent le moulin Fouque et tuent le garçon meunier Pierre Ribet pour lui voler environ 20.000 francs. Il survit jusqu'au lendemain, assez de temps pour dénoncer ses assassins. Sa veuve, repartie en France, meurt de chagrin quelques semaines plus tard. Réveillés à 4h. Ginès calme, mais Sanchez proteste. Etant Espagnol, il estime que seule la reine d'Espagne a le droit de vie ou de mort sur lui, et pas Napoléon III. Se calme, puis tous deux se confessent. Quittent la prison à 5h. Boulevard Oudinot, remarquant une foule de compatriotes, Sanchez hurle : "A moi, Espagnols ! Me laisserez-vous tuer par les Français ?" Il n'obtient aucune réponse. Arrivé au faubourg de Karguentah, sur le champ de manoeuvres - lui-même derrière l'hôpital - il crie à nouveau : "Lâches Espagnols ! Me laisserez-vous mourir ?" Cette fois, Ginès se laisse gagner par ses protestations, et rajoute : "La reine peut-elle permettre pareille chose ?" Exécution rapide, devant environ 15.000 spectateurs. 16 avril 1857
28 septembre 1857 Lundi, Oran Sliman ben Mohammed, Mohammed, Mohammed ben Sadok et Mohammed ben Ahmed Marocains. Attaquent en mai 1857 à la Sénia la ferme d'André B., et égorgent son épouse, ses deux enfants et le domestique avant de piller les lieux. Sur sept coupables, cinq sont appréhendés. Le dernier condamné, plus jeune que ses complices, n'est condamné qu'aux travaux forcés à perpétuité. Environ 10.000 spectateurs. Restent calmes même face à la machine de mort. 01 août 1857
03 octobre 1857 Oran Mohammed ben el Zerga et Aïssa ben Tayeb 31 juillet 1857
28 octobre 1857 Oran Amar ben Amadouch, Djilali ben Hanny et Abdelkader ould Drah 40 ans, 35 ans et 25 ans. Violent le 05 mai 1857 entre Bou Sfer et M'Sabieh Vicenta Llorca, qui revenait du marché, avant d'assommer son fils de 12 ans et de le percer de vingt-quatre coups de couteau, le décapitant presque, sous ses yeux et de finalement l'égorger de douze coups de couteau, puis de dérober ses biens. Adda ben Amram ould Sbab, 40 ans, et Abdelkader ben Mimoun, 35 ans, condamnés à mort sont graciés. El Habib ben Moktar, 45 ans, accusé de recel, est condamné à deux ans de prison. Résignés. Silencieux pendant tout le trajet. Ben Amadouch, en gravissant les marches, dit tout haut : "Je demande pardon à Allah du crime que j'ai commis". Grande foule, dont beaucoup d'Algériens. 03 août 1857
26 juin 1858 8h, 8h02, 8h04, 8h05, 8h07 Sétif Ali "Negro" ben Saad, Saad ben Ahmed ben Hadj Ali, Mehenni ben Mehenni, Embareck ben Ahmed et El Koraïchi ben Embareck Assassinent à coups de yatagan, le 06 janvier 1858 à la ferme de Tesseyre, proche de Sétif, les époux Gilson, fermiers, et mutilent leur fille aînée, Augusta, 16 ans, qu'ils défigurent et amputent d'un bras. Blessent également la tante des victimes, Mlle Lepape, ainsi que les deux frères Deluche et leur manoeuvre Louis Charnot qui venaient leur prêter main-forte. Ahmed ben Mehenni, frère de Mehenni, et Bouzid ben Saad ben Hadj Ali, fils de Saad ben Ahmed, condamnés à mort, sont graciés en raison de leur âge. El Ayachi ben Embareck et Taïeb ben Embareck, frères de El Koraïchi, sont respectivement acquitté et condamné à 20 ans de travaux forcés. Condamnés par la cour de Constantine. Quittent la prison de Constantine le 24 à 2h30 du matin. Surpris en voyant le nombre de soldats, comprennent que c'est la fin. Chacun accuse son complice, sauf Ali ben Saad, qui reste parfaitement calme, car il était le seul à être sûr de sa fin prochaine. Les autres pleurent, crient, et tentent de frapper El Koraïchi, qu'ils accusent d'avoir été trop bavard lors des interrogatoires, et donc d'avoir causé leur perte. Montent en voiture avec quatre gendarmes, escortés par des cavaliers. Étape au bout de 100 kilomètres le soir, au caravansérail de Bord-Mam'ra. Arrivée à Sétif le lendemain en début d'après-midi, les condamnés sont enfermés à la prison. Le lendemain, en sortant de cellule, Ali ben Saad s'exclame : "Que me fait de mourir maintenant ? J'en ai tué 27 !" Conduits au milieu de la foule, place du marché. Tous montent dignement, sauf El Koraïchi, le dernier, qui doit être soutenu et qui, voyant le panier rempli des corps de ses complices, tente de se libérer en vain. Dès le premier supplicié, dans la foule, un chef Algérien perd connaissance et chute de cheval, ce qui entraîne une débandade au sein des spectateurs autochtones, horrifiés par la décapitation complète - qui empêche le défunt d'aller au paradis. 11 mars 1858
mars-avril 1861 Alger
avril-mai 1861 Blidah
03 juillet 1861 Mercredi, Alger Backa ben Aïssa Assassin de Salah ben Brahim Exécuté place de la prison civile 22 mai 1861
octobre 1861 Tlemcen? Un condamné
15 octobre 1861 Oran Ali ben Zekri 01 août 1861
28 avril 1862 Aïn-Tedelès Un condamné
27 janvier 1863 Mardi, 8h28 Aïn-Tedelès Cherif ben Madani Assassina son frère Quitte la prison de Mostaganem à 5h. Durant le trajet, dit qu'il a envie de mourir. Arrive à Aïn-Tédelès à 8 heures, enfermé dans le cachot de la gendarmerie en attendant l'arrivée des exécuteurs. Demande à voir son père, mais en son absence, c'est un cousin qui vient lui rendre une ultime visite. Comme il pleure, le condamné le lui en fait le reproche, car il voit ses pleurs comme de la faiblesse, puis sollicite deux choses : que son corps soit remis au marabout pour l'inhumation, et que son cousin lui serre la main une dernière fois devant l'échafaud. Il obtiendra satisfaction. Très peu de monde présent : huit Algériens présents doivent être réquisitionnés pour transporter le corps, car aucun ne voulait le faire de son propre chef. 30 novembre 1862
09 février 1863 Lundi, 8h30 Constantine Embareck ben Saïd, Ahmed ben Saïd et El Mekki ben Ali Déjà condamnés pour d'autres crimes par le conseil de guerre, tentent en juillet 1862 de s'évader de la prison militaire de la Casbah à Constantine en étranglant le gardien Turquand. Épouvantés et abattus au moment du supplice 30 octobre 1862
02 avril 1863 8h Mascara Ben Zerga Ould Rabah et Mohammed ben Zekri Assassinent un jeune Algérien pour le voler Exécutés place du marché. Fusillés ? Guillotinés ?
24 avril 1863 Vendredi, 6h30 Mostaganem Mohamed ben Djilali Assassinat Va à pied de la prison militaire au terrain de la cible, soit deux kilomètres. Meurt délié, la main droite levée, index au niveau de l'oeil, en priant. Foule, notamment d'Algériens.
juin 1863 Mostaganem Un condamné Assassinat
mars 1864 8h Alger Sliman ben Ganoub Réveillé à 6h. "Est-ce pour aujourd'hui la mort ? Je l'attends ! Allahu Akbar ! Je meurs musulman !" Demande, en dernières volontés, qu'on suive son choix quant au tuteur de ses enfants, puis recommande sa jeune épouse à ses parents. "Dites-leur qu'avant de mourir, j'ai désiré pour alle que la vie fût douce et heureuse." Demande à l'interprète qu'il écrive à ses soeurs pour qu'elles prient pour lui, et lui serre la main, ému. Conduit dans les fossés du Fort-L'Empereur, s'agenouille et se laisse bander les yeux docilement.
13 novembre 1865 Aumale Emhamedi ben Messaoud, Brahim ben Messaoud et El Barki ben Saad



Saïd ben Bouklif
A Aumale, le 23 avril 1865, égorgent Mme Chabre, cultivatrice, pour la voler.



Assassinat
30 septembre 1865



23 septembre 1865
26 avril 1866 Oran Un condamné
05 juin 1866 Mascara ? Mostaganem ? Trois condamnés
25 juin 1866 Oran ? Trois condamnés
23 octobre 1866 Sidi-Bel-Abbès Deux condamnés
02 mars 1867 Sainte-Barbe-du-Tlelat Un condamné
18 mars 1867 Mascara José Soriano
27 avril 1867 Samedi, 6h Souk-Ahras Lino Rodriguez Espagnol, ouvrier briquetier. Abat de deux coups de fusil son collègue, Lacroix, pour lui voler ses vêtements ainsi qu'un fusil. Prévenu à la prison de Bône le 26 à 22 heures, tremble come une feuille et se laisse passer la camisole de force. Refuse une fois encore de voir le curé Goudard, mais ce dernier s'installe d'autorité dans la voiture quand le convoi s'en va, à 23 heures, ce qui touche le condamné : "Quoi, monsieur le curé, vous venez avec moi ? Ah, vous êtes vraiment bon !" Dès lors, il écoute les mots de réconfort, buvant un peu de vin fourni par les gendarmes. Après deux heures de trajet, arrivée à Souk-Ahras. Demande à parler au juge de paix, mais ne fait que répéter ses aveux incomplets, au cours desquels il accusait son ex-patron, Manuel Garcia, d'être le véritable criminel, et lui-même n'avoir été qu'un comparse. Se confesse et communie. Confié aux exécuteurs à 5h. Monte dans la voiture à 5h45 : embrasse plusieurs fois le crucifix, réclame à boire, s'adresse à la foule, prie, parle au curé, et demande pardon pour ses crimes. En grimpant les marches, dit encore quelques mots impossibles à discerner avant d'embrasser une dernière fois la croix. 4.000 personnes présentes. 22 février 1867
12 septembre 1867 Saint-Denis-du-Sig Un condamné
04 avril 1868 Tenès Un condamné
11-18 avril 1868 Orléansville Un condamné
30 juillet 1868 5h35 Blida Tahar ben Aïssa Massacra un adolescent en le précipitant dans un gouffre puis en lui broyant la tête à coups de pierre avant de lui voler ses vêtements. En arrivant place Bab-el-Sebt, lance des regards fous de peur à la cantonade. Exécution rapide. 3.000 spectateurs. 01 juin 1868
10 septembre 1868 Jeudi, 8h Boufarik Mohamed ben Hamza Tue un autre Algérien pour ne pas avoir à lui rendre les 375 francs que ce dernier lui avait prêté. Quitte Blida par le train de 6h40, et arrive à Boufarik à 7h45. Pris en charge par les exécuteurs dès la gare à 7h45. Montent en voiture jusqu'au caravansérail, où il subit la toilette. Il reste encore cent mètres à parcourir, le condamné ne prêtant attention à rien autour de lui se contente de prier. Mais devant l'échafaud, doit être entraîné par les aides, et pendant qu'on le lie à la bascule, se débat, tourne la tête, et hurle : "Barka ! Barka !" (Assez !) Peu de monde présent, une femme dans l'assistance fait un malaise. juin 1868
18 septembre 1868 6h48, 6h49, 6h50, 6h51, 6h52 Constantine Ahmed ben Abdallah, Belkassem ben Mohamed, Cherif ben Maaraf et Mohamed ben Chebana



Amar ben Belkassem
40 ans, 50 ans, 25 ans, 45 ans. Assassinent à Aïn-Guerfa le 24 décembre 1867 M.Gabriel, garde-champêtre, violent et tuent son épouse puis tuent une petite Algérienne de 8 ans qu'ils avaient recueilli quelques jours plus tôt, pour les voler. Deux complices condamnés aux travaux forcés à perpétuité, un dernier à vingt ans de travaux forcés.



Tua un jeune mendiant près de la porte d'El Kantara.
Prévenus à 4h par le mufti, écoutent et prient. Quittent la prison civile à 6h30, complètement abattus. Guillotine montée devant la nouvelle prison, près de la pyramide Damrémont. Foule importante : environ 6000 spectateurs. 21 juin 1868



22 juin 1868
24 octobre 1868 Samedi, 7h Tlemcen Dahmann ould Ali Moussa, El Arbi ould Belhady et Bouzian ben Chourak



Mohamed ben Abdallah
Auteurs de l'assassinat de la famille Saint-Germès



Nota : dans la nuit du 24 au 25 août, les quatre hommes s'évadent de la prison provisoire après avoir blessé de deux coups de barre de fer le gardien-chef. Ils sont arrêtés avant le lever du soleil, pour la plupart blessés à coups de baïonnette lors de leur capture.
Trois d'entre eux sont horrifiés, le quatrième, parfaitement indifférent, fait un repas copieux. Présence dans la foule - 3000 personnes - de la fille des Saint-Germès, devenue folle après l'attaque, dans l'espoir vain que le spectacle la ramène à la raison. 30 juillet 1868



27 juillet 1868
30 mars 1872 Samedi, 6h Alger Mohamed ben Abdallah Tue en juillet 1871 le colon Gerbal près de Cherchell, dont il mutile le corps avant de le faire brûler. Réveillé à 5h30. "Louanges à Allah, que sa volonté soit faite !" Toilette rapide, car crâne rasé. Pendant la toilette, remarque : "Je pensais qu'on m'aurait conduit à Chercheil pour y mourir, j'aurais pu voir une dernière fois ma femme et mes enfants." Parcourt le chemin vers l'échafaud à pied, route peu longue, encadré par les adjoints exécuteurs. Au bout de 25 pas hors de la prison, remarque la guillotine, pris d'un instant de défaillance. Les aides le soutiennent, mais il se reprend vite. Au pied de la machine, demande au bourreau d'attendre, mais est rapidement poussé sur la machine. Peu de monde présent (500 spectateurs environ). 05 février 1872
avril 1872 Deliya
avril-mai 1872 Alger Deux condamnés
21 août 1872 Constantine Ahmed ben Boudjema Assassin de deux charbonniers italiens à Monia. Ses quatre complices condamnés à mort sont grâciés. Foule présente. Exécuté devant la maison d'arrêt.
06 septembre 1872 Oran José Garcia Espagnol. Lors de l'attaque d'une ferme sur la route de Saïda à Mascara, assassine la femme Couard. Son complice Ximénès, condamné à mort, est gracié. Trois autres complices restent en fuite. 06 juillet 1872
24 janvier 1873 Alger Mohamed-ben-Amor-ben-Derach et Sliman-ben-Si-Mohamed-ben-el-Draoui Assassinats, pillages et incendie
31 janvier 1873 Vendredi, Batna Deux condamnés Auteurs de l'attaque de la ferme Grosso.
19 avril 1873 Samedi, Batna Quatre condamnés
03 mai 1873 L'Alma Un condamné
09 mai 1873 Alger Boudjenah ben Hamed, El Hadj hamed ben Dahman et Sliman ben Hamed Participants à l'insurrection de 1871, prennent d'assaut la ville de Palestro le 14 avril 1871 et abattent les hommes du village, laissant la vie sauve à 42 personnes - vieillards, femmes et enfants. La presse exagérera la scène, en affirmant qu'au total, entre trente et cinquante civils, tous sexes confondus, seront brûlés vifs, décapités ou châtrés. 20 janvier 1873
13 novembre 1873 Oued-Atmenia Mohammed Chérif Assassina M.Héran 23 septembre 1873
décembre 1874 Constantine Bachir ben Salah Tua son épouse en mars 1874 à Milah. 25 septembre 1874
02 octobre 1875 6h Tlemcen Si ben Ali Ould si l'Habid ben Mansour Condamné par la cour d'assises d'Oran. Fils de marabout, s'offusqua qu'une mère lui refuse la main de sa fille malgré son importance au sein de la communauté. Le 26 février 1875, à Aïn-el-Hout, il tue et viole la femme qu'il convoitait, et assassine sa mère et sa soeur. Prévenu à 3h, crie : "Je suis innocent !" L'imam l'incite à prier, il répond : "Je veux la justice, je suis innocent : je n'ai pas à être condamné." Le prêtre finit par s'en aller. Le condamné est mis en présence de ses parents, et réitère ses protestations, surtout sachant qu'on doit "lui couper le cou avec un couteau". Toilette rapide, quitte la prison au milieu de la foule. Inhumé au soir à Aïn el Hout. 18 juillet 1875
22 octobre 1875 Samedi, 5h Philippeville Auguste Placide Combier Domestique. Étrangle et poignarde, dans la nuit du 24 au 25 juin 1874 à Saint-Charles ses patrons les époux Perceau pour voler deux montres en or et des bijoux. Sa complice et maîtresse, la veuve Mayer, est condamnée à la détention perpétuelle. Kipplen, ancien zouave, est acquitté. A l'arrivée des officiels, à 3h, déjà réveillé. Se montre très calme, discute avec l'aumônier et recommande sa famille. Entend la messe avant d'être confié à l'exéécuteur pour la toilette sous le préau de la maison d'arrêt. Prend un verre de vin et mange un biscuit puis monte dans la voiture qui le conduit sur une placette, derrière l'hôpital civil, où la guillotine a été montée. Arrivé cinq minutes plus tard, exécution rapide. 06 août 1875
29 mai 1876 Constantine Ali Ou El-Hadj Tua sa femme 16 mars 1876
20 juillet 1876 5h Mohammadia Bouziane Ould el Habib el Kalaï, Larbi Ould si Kaddour et Kaddour ben Hamida Bouziane, 39 ans, résistant à la colonisation espagnole puis française. Assassinat, meurtre et vols. Bachir ben Tenni, leur complice condamné à mort également, est gracié. Condamnation à Oran. 17 mai 1876
10 ou 17 mars 1877 Oran El Hadj Ahmed ben Mohamed 26 décembre 1876
après le 21 mars 1877 Oran Bou Addi ben Guerrouch 24 décembre 1876
29 juin 1877 Vendredi Duperré Moussa-ben-Aouda Assassin de la veuve Sada, et tentatives de meurtres. Extrait le 28 de la prison d'Alger, conduit en train à Duperré. Aucune faiblesse. Va à la guillotine en psalmodiant les versets du Coran. 18 avril 1877
février 1878 Constantine Tahar ben Ameur 22 novembre 1877
avril 1878 Oran Kadda ould Abdallah et Kaddour Ould Labib Bouzied Assassinat et tentative d'assassinat. 04 décembre 1877
juillet 1878 Oran Mohamed ould Ahmed Assassinat 16 avril 1878
07 septembre 1878 Samedi Jemmapes Bouguerra ben Belkacem ben Derradj, Aïssa ben Taïeb et Aïssa ben Mohamed Malfaiteurs, assassinats. Deux complices condamnés à mort sont graciés. 22 mai 1878
15 mars 1880 Bône Guessoum ben Gueleich PARRICIDE 19 décembre 1879
26 juillet 1881 Alger Joseph Caravaca A Koleah, le 09 mai 1880, tue de vingt-cinq coups de couteau M.Camus, domestique du colonel de la Jonquière, puis, après avoir pillé la maison, volant 1.100 francs-or, du linge et des armes, blesse le colonel d'une balle de revolver dans l'oreille gauche avant de lui trancher la gorge... mais le colonel survit à son supplice et parvient à se soigner et à fournir assez d'informations pour identifier les criminels. Son complice Sartre est condamné à mort et gracié. Le fils Caravaca est condamné à huit ans de prison. 12 avril 1881
27 août 1881 Constantine Aïssa ben Ali ben Taïeb Son complice, Ahmed ben Mohamed ben Salem, est gracié. 04 mai 1881
02 avril 1882 Mostaganem Mohamed Hamou ben Achour Assassinat, incendie et vol. Condamné par les assises de Constantine. 12 novembre 1881
08 avril 1882 Bougie Mohamed ben Chouata Vol et meurtre. Condamné par les assises d'Oran. 22 novembre 1881
08 juillet 1882 Bône El Khodja ben Ahmed, Saad ben Salah ben Chaoui et Messaoud Ould ben El Houal Assassinat 04 mars 1882
après le 22 mars 1883 Oran ? L'Hillil ? Belkacem ben Hassan Assassinat des époux François. Quatre complices graciés. 12 novembre 1882
03 juillet 1883 Mardi, 5h Oran Ben Abdallah "Fabre" ben Ghobrini Assassine Jean-Marie Lac à Relizane Foule importante : environ 7000 personnes. 10 mars 1883
25 juillet 1883 Médéah Djilali ben Abdelkader ben Djouadj et Ahmed ben Seddiki ben Cherchour Le 12 mars 1882, lors du cambriolage d'une ferme à cinq kilomètres de Médéah, étranglent avec un foulard et égorgent à coups de couteau la veuve Ginet, surnommée "Mme Charles Gatita", 61 ans, font subir le même sort à sa fille Louise, 21 ans, non sans l'avoir violée, puis volent environ 9.500 francs. Ben Cherchour avait été le khammès (métayer) des victimes. Condamnés par les assises d'Alger. Djelloul ben Khalifa est condamné à vingt ans de travaux forcés et Mohammed ben Seddik ben Cherchour, mineur, à six ans de réclusion en maison de correction. 05 mai 1883
13 mars 1884 Jeudi, 6h Aïn-Temouchent Mustapha Ould Mohamed ben Bahi 30 ans, bandit. Sema la terreur pendant trois ans à l'ouest de l'Oranais. Tua quatre colons Européens et trois Algériens : Frédéric Daire le 13 avril 1881, Abdel Kader ben Attou le 17 mars 1883, Cheik Ould Mohamed le 16 mai 1883, MM. Liminara et Erdinger le 21 mai 1883, M.Moutonnet le 31 mai 1883 et enfin Mohamed ben Abdel Hadi le 27 juin 1883. Conduit la veille depuis Oran dans une diligence encadrée par 7 gendarmes. En traversant les villages, entend des cris qui lui font comprendre la réalité de ce déplacement, et arrive à Aïn-Temouchent effondré. Passe une mauvaise nuit. Pendant la toilette, se déchaîne, donne un coup de pied à un aide. Résiste encore face à la guillotine, à tel point qu'on a du mal à lui faire passer la tête à la lunette. Inhumé 30 mn plus tard, sans que quiconque ait eu l'autorisation de recoudre sa tête. 22 décembre 1883
16 août 1884 5h L'Alma (Boudouaou) Ali ben Touati ben Brahim Tua le colon espagnol Sanchez A son arrivée dans le village, prend un café maure et un quignon de pain. Attend la dernière heure dans la salle des délibérations de la mairie, car le commandant de gendarmerie a refusé de laisser sa chambre de sûreté à disposition. Informé du rejet de sa grâce, répond : "Je suis innocent et je veux, si je mens, que la victime sorte de terre et vienne me pendre par les yeux." Se plaint quand on l'attache : l'aide Ernest Bornacini, ivre mort, n'hésite pas à serrer trop fort les cordes, au scandale de l'assistance. Quand on le conduit à l'échafaud, mentionne : "Mon ancien patron me doit 25 francs, que ma famille les réclame." Arrivé à trois mètres de la guillotine, perd tout son calme, se fige, se tord en deux et psalmodie une prière. Rapidement maîtrisé. Dans le public, pas un seul Algérien. Dernière exécution d'Antoine Rasseneux, démissionnaire. Bornacini révoqué. 11 juin 1884
08 septembre 1885 5h35 Alger Francisco Arcano 26 ans, sicilien. Assassin de Salomon Mekiesse, 22 ans, Juif Marocain, marchand ambulant d'étoffes, le 01 décembre 1884 à Guyotville, pour le voler. La guillotine devait être montée sur la place habituelle située à 400 mètres de la prison, mais juste quand les adjoints commençent leur travail, le procureur vient leur ordonner de dresser les bois à l'entrée de la prison. Réveil à 5h, un interprète explique à Arcano ce qui va se passer. Crie à l'injustice, puis se calme. Se confesse assez longuement. Proteste pendant qu'on le ligote : "Vous n'avez rien à craindre. Je marcherai tranquille et je ne ferai pas de bêtises. Pourquoi m'attacher les pieds ?" Demande qu'on ne coupe pas ses vêtements pour les confier intacts à son frère. Reproche au procureur sa condamnation et ajoute que le maire de Guyotville sera content en apprenant sa mort. Demande à parler à la foule devant la guillotine, mais aussitôt expédié sur la bascule. Première exécution d'Anatole Deibler. 11 juillet 1885
18 juin 1886 Vendredi, 4h45 Sidi-Bel-Abbès Messaoud Ould el Arbi 35 ans. Abat d'un coup de fusil son patron M. Chauvet, le 8 juillet 1881, près de Sidi-Bel-Abbès, pour lui voler son argent et son cheval. Exécution prévue le jeudi, mais pour être sûr d'avoir une machine en état de marche après le voyage assez long, M.Rasseneux demande un délai supplémentaire. Réveil à 3h, courageux. Affirme qu'il est innocent, et que malgré tout, il n'en veut pas à la justice de s'être trompée. Parle d'un homme qui lui devait de l'argent, et d'une dette de vingt moutons qu'il doit lui-même. Pendant la toilette, dit : "Inutile de m'attacher. Je n'ai nullement l'intention de tenter de m'enfuir." Comme c'est Ramadan, refuse de boire et de fumer. S'entretient avec un imam et les magistrats, puis grimpe en voiture. Arrivé sur la place du marché, va à la mort, un peu rejeté en arrière, tout en psalmodiant les versets du Coran. Corps transporé à l'ampithéâtre pour expériences électriques et moulage de la tête. 24 mars 1886
08 septembre 1886 5h27 Alger Ahmed-ben-Mohamed Ouali 25 ans, tua son frère de deux coups de pistolet le 24 octobre 1885. Réveil, très calme. En sortant de la prison, voit la machine et se révolte, rentrant la tête dans les épaules, résistant aux efforts des aides. Gustave Rasseneux, l'exécuteur en chef, doit les aider pour le coucher sur la bascule. Ce n'est qu'après plusieurs minutes de lutte qu'on peut enfin laisser tomber le couperet. La tête du condamné part à plusieurs mètres de l'échafaud, sectionné au niveau du menton à cause des efforts désespérés du condamné. 03 juillet 1886
02 octobre 1886 Samedi, 6h23, 6h30 Saint-Denis du Sig El Hadj Bouazza et Miloud ben Lemna Alors qu'ils cambriolent sa boulangerie, abattent Joseph Bellier et son commis Perez Walter, 19 ans, et blessèrent gravement l'un des fils Bellier, le 05 décembre 1885. L'un des six bandits est abattu sur place : les trois complices survivants sont condamnés à perpétuité. Transférés la veille depuis Alger. Personne ne veut transporter les bois de justice, seule une réquisition du juge permet de charger la guillotine pour la conduire sur la place du marché, face à la boulangerie Bellier. Réveillés à 5h20 : plusieurs situations de crise. La justice ne veut pas rendre les têtes, le Coran l'ordonne. On finit par s'en tenir à la loi ; Gustave Rasseneux refuse de signer la levée d'écrou, et doit être forcé par l'inspecteur des prisons. Les condamnés sont montés dans un tombereau direction la place. 3000 personnes présentes. L'exécution de Bouazza se passe très bien, mais la machine est déséquilibrée sans que personne ne le remarque, et le couperet ne coupe que légèrement la nuque de Ben Lemna. Rasseneux tente, avec une scie à main, de trancher le cou, mais en vain. Une deuxième chute du couperet ne donne aucun résultat probant, pas plus qu'un essai de décapitation au rasoir ! La troisième chute provoque enfin la mort, mais la tête reste accrochée par un lambeau de peau, qui est prestement coupé avec un canif. L'affaire fait scandale localement, même si l'information n'est que guère mentionnée en France. Gustave Rasseneux est révoqué, et est remplacé par Pierre Lapeyre. 16 juillet 1886
16 août 1887 Souk-Ahras Mohamed ben El Hanachi et Taïeb ben Tahar el Euchi Satyres assassins d'Ahmed ben Brahim, collégien de 11 ans, le 25 août 1886 01 juin 1887
14 mars 1888 Mercredi, 5h50 Alger Amar Naït Noussa Tua le wattman Raucher pour le voler, le 02 mars 1886 En voyant la guillotine, très impressionné. Exécution très rapide, au grand dam des spectateurs. 23 décembre 1887
29 mai 1888 Mardi, 4h30 Bône Amar ben Mohamed ben Larbi Le 8 juin 1887, à l'Oued-Zenati, tue son frère, son beau-père, viole et tua sa belle-soeur. Réveillé à 3h30. Dort bien, doit être secoué pour ouvrir les yeux. Averti, répond qu'il n'a pas peur de mourir, mais qu'il désire mourir dans sa région natale. Son avocat lui demandant d'avoir du courage, il rétorque : "Je te disais bien qu'on me couperait le cou." Conduit dans la cour pour la toilette, n'arrête pas de protester : "Je ne voulais qu'une chose, mourir dans mon pays. Pourquoi ne veut-on pas que je meure dans mon pays ?" Refuse le café : "A quoi ça me servirait, maintenant ?" Prie en silence, s'écriant de temps en temps : "Qu'Allah me protège !" Se plaint pendant qu'on l'attache car les cordes lui font mal aux mains. On lui retire son burnous, on coupe le haut de sa gandoura et de sa chemise avant de le faire monter dans un tombereau. Passant par les allées Randon et la porte de la Colonne, le convoi parvient place du marché aux bestiaux, où se trouve la guillotine. Exécution rapide, environ 1000 spectateurs, en majorité Européens. Le docteur Silve, sitôt le couteau tombé, s'empare de la tête par les oreilles et l'appelle "Amar ! Amar !" Contractions de la face et dilatation de la pupille durant une minute. Corps conduit à l'hôpital pour expériences jusqu'à 5h30. 28 mars 1888
03 septembre 1888 Lundi, 5h10 Constantine El Hadef ben Amar Tua le conseiller général Bourceret le 17 mars 1888 Terrorisé au réveil, murmure des prières sans discontinuer. Foule, mais pas d'Algériens. Ben Amar, en voyant la guillotine, pousse un hurlement. Résiste un instant pour ne pas être basculé puis semble perdre connaissance. Le corps et la tête sont remis au docteur militaire Poulet à fins d'expérience. 09 juillet 1888
17 septembre 1888 Lundi, 5h30 Sidi-Bel-Abbès Embareck ben Salem Le 01 mars 1888 aux Mehadid, commune des Trembles, égorge à coups de couteau sa patronne, Mme Rollin, avant de l'achever à coups de pioche, puis use du même outil pour tuer ses enfants, une fille de 6 ans et un garçon de 4 ans, dans le but de piller la ferme, n'emportant qu'un peu d'argent, des bijoux et autres babioles. Seule Mme Rollin survit : le garçonnet meurt le 02 mars, sa soeur quelques jours plus tard. Réveil à cinq heures, dort profondément. Transpire à grosses gouttes en comprenant, et gémit : "Je demande justice !" Hagard, répète cette phrase, et quand on lui demande ses dernières volontés, répond : "Puisque je vais mourir, je n'ai besoin de rien." Mis en présence de l'imam Otman, comprend qu'il peut retarder l'échéance. Demande à rester jusqu'au lendemain matin avec l'imam, puis réclame du bouillon, de la viande, du café, et de l'eau pour ses ablutions. On lui forunit l'eau et le café, qu'il boit à petites gorgées. Quand il est confié aux exécuteurs, s'effondre et doit être porté dans la cour pour la toilette. Conduit place du marché arabe, où se trouvent environ 2000 personnes. Résiste beaucoup : les aides doivent faire preuve de force pour le coucher sur la bascule. Décapitation effectuée au niveau du menton, un ultime lambeau non tranché par le couperet. Corps remis aux médecins pour expériences durant un quart d'heure, avant moulage de la tête, photographie, et remise de la dépouille aux hommes chargés de l'enterrer. 20 juillet 1888
22 janvier 1889 Mardi, 7h Tunis ? Tirailleur. Assassine à Gabès un brigadier maréchal-ferrant. Va de lui-même se placer contre le poteau sur le champ de tir, mais refuse de s'agenouiller et de se laisser bander les yeux.
20 février 1889 Morris Mahmoud ben Embareck Bouktaïa 28 ans. Viole en 1885 à Mondovi la jeune Philomène Galéa, 13 ans. Satyre assassin de Victorine Guigzhem, 15 ans, le 27 mai 1888 à Morris, qu'il tue à coups de pierre. Condamné par les assises de Bône. Jour de marché, 200 tirailleurs envoyés exprès. Conduit à Morris soit disant pour une dernière expertise. A son arrivée à la justice de paix, prévenu par le mufti et les membres du Parquet. Discute avec son avocat, Me Givry. Pendant la toilette, s'adresse aux officiels en français : "Mon complice, Mohamed ben Aïd, le principal témoin à charge, a tué deux jeunes filles." Affirme à deux reprises son innocence. Conduit en charrette près d'une enceinte close d'une barrière de planches où l'on a dressé la guillotine. Quand on le plaque, résiste, se raidit, se courbe en criant : "Non ! Non ! Pourquoi, Monsieur !" Il faut de longues secondes avant de parvenir à le maintenir en place sous le couteau. Après l'exécution, les parents et les frères du condamné se lamentent et récupèrent le corps, enveloppé dans un tapis, afin qu'il soit inhumé dans son douar. 15 décembre 1888
27 avril 1889 Samedi, 5h30, 5h32 et 5h35 Tunis Mohamed ben Salah, Ali ben Déba et Ali ben Salah Assassinèrent deux marchands kabyles à qui ils devaient de l'argent afin de les voler, le 27 mai 1888, et font brûler les corps. Réveillés à 4h. Très calmes. Toilette dans le vestibule, environ 25 minutes dans le plus grand silence et avec des condamnés impassibles. Chargés dans une voiture cellulaire jusqu'à la place Bab-Saadoun : peu de monde, une centaine de Tunisiens et trois cents Européens. Premier supplicié, Mohamed résiste beaucoup, doit être placé de force sous le couperet. Ben Déba meurt courageusement, et de grosses gerbes de sang jaillissent de son corps. Ali meurt le dernier sans résister. Corps transportés à l'hôpital Sadiki pour la cérémonie religieuse, puis au cimetière. Premières exécutions par guillotine en Tunisie. 13 février 1889
16 août 1889 Vendredi, 5h20 Mascara Hamza Ould el Hadj Abdelkader 23 ans, cultivateur. Tua, pour la voler, Marie Boyer, 63 ans, à Aïn-Farès. Quitte Oran pour Mascara par le train de 8h50 le jeudi. Ne se doute de rien. En route, mange du raison, du melon, refuse le pain et demande de l'eau à Tizi. Arrive à 15h20 devant la foule. A la prison, vers 22 heures, demande du thé, et s'endort tranquillement, persuadé qu'on va rejuger son cas le lendemain matin. Réveil à 3h45, aucune émotion, dit qu'il est innocent, victime de faux témoins, et très surpris du mensonge grâce auquel on l'a conduit là. Refuse toute nourriture, mais accepte de parler à l'imam Si Daho ben Badoui, qui lui apporte les secours de la religion. Comme il demande à voir sa famille, on fait entrer son frère, son beau-frère, son oncle et son cousin - non sans les avoir fouillés pour récuperer les couteaux qu'ils portaient sur eux. Les parents embrassent le condamné en pleurant. Hamza leur dit : "Je meurs innocent. Ne vous désolez pas de la sorte. On ne meurt qu'une fois." Pendant la toilette, gémit de douleur et fusille du regard le bourreau qui vient de lui serrer trop brutalement les bras dans le dos. Avant de sortir de prison, demande qu'on remette son burnous à sa famille pour participer aux frais d'inhumation. Pendant le trajet en camion, récite les versets du Coran. Arrive au marché de la paille, devant la porte d'Oran, face à 2.000 personnes. Exécution très rapide. Après une inhumation "ratée" - la fosse trop petite doit être agrandie, ce qui prend une heure supplémentaire - le corps est deterré dans l'après-midi, remis à sa famille, subit une procédure de rattachement de la tête au tronc, puis enterré une dernière fois selon les rites. 18 juin 1889
26 février 1890 Mercredi, Oran Kaddour ould Medjaed Conduit sur le plateau de Santa Cruz en voiture, accompagné par le mufti. Exécution sans histoire.
09 mai 1890 Vendredi, 5h Sidi-Bel-Abbès Mohamed Ould Boubeker Assassina à coups de fusil deux colporteurs kabyles en janvier 1889 au Télagh pour les voler. Transféré d'Oran le 08. Aucune émotion, se dit innocent et accuse un complice en fuite, Fatallah ould Yaya, d'être le véritable assassin. Foule importante. 05 mars 1890
18 septembre 1890 5h35 Palestro El Foud'hil ben Ismaïl ben Bakhir Tua le 23 décembre 1889 M.Montreau, tailleur de pierres pour lui voler sa paye, soit 30 francs. Foule, majoritairement composée d'Européens, une centaine d'Algériens. Exécuté sur la grande place. Corps non réclamé par la famille, confié aux médecins. Dix-huitième et dernière exécution d'Anatole Deibler en tant qu'exécuteur-adjoint en Algérie. 19 juillet 1890
19 janvier 1891 Lundi, 7h, 7h03, 7h05 Isserville Amor N'Ali Hamou ould Zian, Aïssa Allouech et Ali Mohammed Namar "Kalfouni" Aïssa Attaquent le 30 avril 1889 près d'Isserville la ferme des époux Dubouis : tirent deux coups de fusil Mme Dubouis qui cherchait à s'emparer d'un revolver, abattent également le voisin, M.Moureu, venu dîner ce soir-là, et l'achèvent à coups de matraque, puis fracassent le crâne de M.Dubouis. Les époux Dubouis, cependant, ne sont pas morts et miment l'inconscience la plus absolue pendant que leurs assassins pillent la ferme et descellent le coffre-fort. Au moment du procès, les époux sont quasiment presque rétablis. Leur complice, Ahmed Amar Amrouch, est gracié. Temps de neige important. Arrivée des condamnés d'Alger le 18 janvier, enfermés selon toute vraisemblance à la gendarmerie. Conduits à la mairie pour la toilette à 6h. Seul Kalfouni semble calme. A un certain moment, les gardiens s'écartant, Kalfouni et Allouech, bien que ligotés, tentent de s'enfuir mais sont vite attrapés. Amor est basculé le premier, porté par les aides. Allouech, pâle, le visage contracté par la peur, est moins porté que soutenu. Kalfouni tente de se rejetter en arrière sur la bascule, mais les aides le plaquent : cependant, quand le corps bascule dans le panier, un soubresaut le fait choir assis, et la neige autour de l'échafaud est rougie de sang. Un cadi octogénaire ayant assisté à la mise à mort par devoir est pris d'un malaise et meurt dans les minutes qui suivent. 08 novembre 1890
04 septembre 1891 Vendredi, 5h30 Saïda El Habib Douldmimolan 30 ans. Déserteur du 2e régiment de tirailleurs en décembre 1890, devient un bandit qui terrorise les environs de Saïda. Tenta de tuer son cousin, et poursuivi par les habitants, en abattit deux à coups de fusil. Alla de nuit tirer sur les tentes d'autres habitants de la région. Conduit la veille d'Oran à Saïda. Aucune émotion au réveil, dormait bien, indifférent. Parle quelques instants avec l'imam, refuse la nourriture, se laisse toiletter sans protester et va courageusement à l'échafaud. 27 juin 1891
19 septembre 1891 Samedi, 7h Sétif Ahmed ben Ali ben Baziz, Amar ben Kassi et Mohamed ould Kassi Naït Ali Bouda Assassins du facteur télégraphiste Ancia en décembre 1890. Transférés la veille de Constantine à Sétif. Calmes et résignés. Foule, notamment d'Algériens. 11 juillet 1891
06 octobre 1891 Mardi, 5h50 Mascara Mohammed Snaïdji ould Abdelkader ben Aimour 20 ans. Tua en janvier 1891 à Fortassa le colon Maurel pour lui voler des boeufs. Transféré la veille d'Oran, apprend pendant le trajet les raisons de ce voyage, ne s'en fait pas outre-mesure et dort tranquillement sa dernière nuit. Déjà reveillé à 5h. Remercie greffier et interprète qui font la lecture des rejets. Demande une cigarette. Un journaliste présent lui en offre une, mais le condamné refuse car un co-détenu lui en a préparé une durant la nuit. La fume rapidement, puis demande de l'eau pour les ablutions et prie avec le muphti. Demande à voir ses parents, mais ceux-ci sont absents. Toilette rapide, puis quitte la prison en charrette, s'adressant au public pendant le trajet. Simple mouvement de recul face à la guillotine, en présence d'une foule innombrable. Corps remis pour que la tête soit rattachée avant inhumation au cimetière arabe. 28 juillet 1891
05 février 1892 7h25, 7h27 Sousse Ali ben Belkacem El Oudjani



Ali ben Bechir Soufi
Oudjani condamné pour assassinat



Soufi, auteur de trois assassinats accompagnés de vols.
Prévenus à 5h30. Oudjani ne comprend pas ce que signifie "rejet de pourvoi" et demande au greffier de lui expliquer. Informé, il répond : "C'est bien triste de mourir lorsqu'on est innocent !" Demandent l'autorisation de parler aux autres prisonniers, l'obtiennent, et affirment leur innocence. Après la toilette, conduits en fourgon militaire à côté du camp où la guillotine est dressée. El Oudjani regarde la machine en face. Soufi résiste quelques secondes. 600 spectateurs, majoritairement des Européens. 28 juillet 1891, 21 novembre 1891
26 février 1892 Vendredi, 6h Bône Bel Hadj ben Hassan Avait tué, près de Mascara, une vieille Espagnole. Condamné en première instance par la cour d'assises d'Oran, arrêt cassé, puis condamné à nouveau à Bône. En apprenant la nouvelle, reste calme. Refuse de s'alimenter : "A quoi bon, puisque je vais mourir ?" Au mufti, dit : "Je sais que je sors du néant et que j'y retourne." Récite des prières jusqu'à l'échafaud, dressé sur la place des Karézas, ou foirail, près des remparts. Applaudissements à la chute du couperet. 04 décembre 1891
01 février 1893 Mercredi, Chebli Hadj ben Hamou, Ahmed ben Mohamed et Mohamed ben Amor Tuèrent les vieux époux Nadaud en octobre 1891 dans leur ferme pour les voler. Condamnés à mort en première instance, arrêt cassé, recondamnés à Constantine. Leur complice Mohamed Adjouzil, condamné à mort comme eux, est grâcié. Conduits de Constantine à Boufarik en train, puis de Boufarik à Chebli en voiture cellulaire. Affirment leur innocence. Toilette dans la mairie : guillotine dressée sur la place, à trente mètres de là. Meurent courageusement après avoir demandé que leurs corps ne soient pas remis aux médecins. La foule applaudit. 12 juillet 1892, 13 novembre 1892
11 février 1893 Samedi, Boufarik Ben Aïssa ben Mohamed ben Saïd Tua des Européens Quitte la prison d'Alger sous couvert d'une nouvelle confrontation, mais n'est pas dupe. "Je connais le sort qui m'attend". Refuse de faire des révélations dans un premier temps, puis avoue avoir participé au crime, mais seulement comme complice d'un Européen dont il donne le nom. A la mairie, repousse le bourreau qui voulait lui couper les cheveux, arguant qu'il est encore tôt. "Nous avons bien le temps, je ne dois être exécuté qu'à huit heures. Qu'on me laisse donc passer en paix les quelques instants qui me restent à vivre." Fume deux cigarettes, puis se confie aux bourreaux. Guillotine montée devant la mairie. Garde un mégot à la bouche jusqu'à la dernière seconde. Peu d'Algériens présents : la foule applaudit sitôt le couperet tombé. Pendant l'exécution, à petite distance de là, une maison en feu est entièrement détruite. 10 décembre 1892
03 juin 1893 Samedi Saint-Denis-du-Sig Mohamed Ould el Hadj Abdelkader et Sebbah Mohamed ben Nedjadi Le 09 juillet 1892, près du Sig, assomment à coups de matraques deux jeunes Espagnols pour leur voler une paire d'ânes chargés de blé. Une seule des victimes survit. 17 mars 1893
05 juin 1893 Lundi Sebdou El Arbi Ould ben Abdallah Bouchekif A VERIFIER : Abat à coups de pistolet deux jeunes Espagnols à six kilomètres de Sebdou et les achève à coups de crosse pour voler leurs ânes. Son complice demeure en cavale. Réveil à 4h15. Demande à être fusillé. Porté jusqu'à la bascule, donne un grand coup de coude à l'adjoint Desfourneaux. Poussé en avant, tente de se rejeter à gauche pour ne pas passer la tête par la lunette, mais vite maintenu par les aides. Un article local évoque leurs noms : Lapeyre, Roch, Desfourneaux et Cazillac. Présence auprès de l'échafaud du survivant de ses victimes, désormais handicapé mental, et de la mère du défunt. 24 mars 1893
31 août 1893 Jeudi, 5h25, 5h27, 5h28 El Kantara Boudouk Saïd ben Larbi, Dridi Mohamed ben Ali et Saïd ben Ahmed Belkadi Commirent plusieurs assassinats dans la région de Biskra. Le complice de Boudouk, Ammar Korbara, est grâcié. Arrivent le 30 à El-Kantara par le trian de 21h36. Incarcéré pour la dernière nuit dans les cachots de la gendarmerie. Le procureur se présente à 4h30. Peu d'émotion, demandent à voir leurs parents : cette volonté leur est accordée. Longues accolades et larmes, Ben Dridi console sa mère, puis demande quelque chose à boire, et à fumer un cigare. Boudouk, lui, confie au magistrat instructeur avoir proféré de fausses accusations contre deux adolescents dans l'une des affaires pour laquelle il a été jugé. A cinq heures, la toilette est finie, et la marche commence : l'échafaud est dressé à environ 800 mètres de là. A mesure qu'ils approchent, la résolution des condamnés diminue. Exécution rapide. Foule en majorité européenne. 23 juin 1893, 21 juin 1893
09 octobre 1893 Oran Kaddour Ould Abdallah 27 juillet 1893
13 janvier 1894 Samedi, 6h30 Bône Brahim ben Djaballah et Makhlouf Resgni ben Ahmed Au réveil, Resgni demande à faire appel du jugement. L'interprète lui répond : "Trop tard, il faut mourir." Les condamnés prient et psalmodient des versets du Coran. Grande foule présente. 28 octobre 1893
16 janvier 1894 Mardi Oran Alonzo Avila-Diaz et Francisco Sabater Meurtre, tentative de meurtre et attaque à main armée. Au réveil, Sabater se dit innocent et Avila fond en larmes. Sabater s'entetient calmement avec l'aumônier tout en fumant un cigare. En quittant la prison, Avila voit la foule et s'affirme de nouveau innocent, tout en insultant l'assistance. Couché sur la bascule, s'arc-boute mais rapidement tenu en place par les bourreaux. Sabater va à l'échafaud en priant, en clamant son innocence également et en disant des grossiéretés à la foule. 02 novembre 1893
23 janvier 1894 Bouira Saïd Mohamed ben Arab Meurtre et incendie volontaire. Son complice Yahia ben Amar est grâcié. 15 novembre 1893
17 août 1894 Vendredi, 5h20, 5h22, 5h25 Soukhara Ferhat ben Rabah, Mohamed ben Rabah et Raouki el Kamel ben Mohamed Tuèrent les époux Cherri, un couple de Maltais vivant près de Soukhara. Leurs complices Sathout ben Ali ben Belkacem et Maizia Bouaziz ben Aoun sont grâciés. Au réveil, les frères ben Rabah reçoivent la visite de leur père, et tous trois pleurent. Devant l'échafaud, Ferhat se montre assez assuré. Son frère MOhamed, à demi-inconscient, doit être presque porté sur la bascule. Raouki peut à peine marcher, mais sur la bascule, se tord et résiste. La foule applaudit à la triple exécution. 07 juin 1894
20 août 1894 Lundi Bône Smaïl ben Zekri Tue un marchand de tissus Algérien, rue Gambetta à Bône, pour le voler. Dormait bien. Fume une cigarette, boit un verre d'eau, puis, suivant une coutume mozabite, mange du miel. Pendant la toilette, dit aux aides : "Mes amis, ne serrez pas si fort, je ne veux pas me sauver !" En quittant la maison d'arrêt, crie : "Adieu, la prison de Bône !" Foule immense, une femme se fraye un chemin à travers les haies de soldats pour aller, une fois l'exécution accomplie, tremper un mouchoir dans le sang (?). 14 juin 1894
03 septembre 1894 Lundi, 5h45 Sidi-Bel-Abbès Mazar Abdelkader Ouldari Au cours d'un cambriolage à Baudens le 24 septembre 1893, éventre à coups de couteau M.Lambert, fermier, avant d'assommer Mme Lambert, qui dormait dans une chambre voisine avec son fils de quatre ans, et de l'achever d'un coup de couteau en plein coeur. Son complice Mohamed Ould el Habib Chibani, condamné à mort, est grâcié. 5.000 personnes présentes sur le marché arabe. Un quart d'heure avant l'arrivée du fourgon, un spahi chargé d'écarter la foule fait du zèle et blesse plusieurs spectateurs, dont l'un d'un coup de sabre à la poitrine. Arrivé au pied de la machine, le condamné demande encore quelques minutes, qu'on lui refuse. Meurt courageusement. 16 juin 1894
06 septembre 1894 Jeudi, 5h26, 5h27, 5h29, 5h31, 5h32 Batna Sekiou Amar ben Belkacem, Bekouchi M'Ahmed ben Mohamed, Bouzegahia ben Mohamed, Yacoub Salah ben Khen et Ben Feraï ben Saïd Ben Belkassen Tuèrent quatre colons dans l'auberge de la Grande-Halte, sur la route Batna-Lambessa, le 26 septembre 1893 : M.Nessler, Eugènie Souillié, Albert Flachaine, 14 ans, et Adrienne Flachaine, 18 mois. Cherif Bouzeghaia et Mohamed ben Ahmed Bala sont grâciés. Yacoub Amar ben Ali, le huitième complice qui les dénonce, condamné à perpétuité, meurt en prison. Transférés de Constantine le 05 à 19 heures : Yacoub très calme, ne cesse de parler, Ben Feraï accablé, mais tous deux se disent innocents. A la prison, Yacoub boit deux litres de vin, et ses complices se contentent de sirop de groseilles. Réveil à 3h45. Se disent innocents. Reçoivent successivement la visite de leurs familles, et chaque condamné confie au cadi la responsabilité de distribuer leurs biens après leur mort. Entendent la prière de l'imam, puis subissent la toilette avant de monter en voiture cellulaire. Exécution place du marché aux bestiaux. Sekiou est courageux, Bekouchi presque effondré, Bouzegahia résiste. Yacoub s'écrie : "Courage ! Je suis un homme ! On ne meurt qu'une fois !" Ben Feraï, chef de bande, est conduit sur la bascule inconscient. 30 juin 1894
15 septembre 1894 Samedi Oran Alhadj ben Ahmou et Mohammed ben Abderrhamane Assassinèrent sur la ligne Mostaganem-Tiaret le briagdier poseur Veyrenche Journalistes interdits d'entrer dans la prison. Réveillés à cinq heures, disent : "Nous sommes prêts à mourir". Refusent boissons et tabac, parcourent la tête haute la centaine de mètres qui sépare la prison du lieu d'exécution. Ben Ahmou n'arrête pas d'insulter les spectateurs, Abderrahmane reste silencieux. 28 juillet 1894
18 janvier 1895 Vendredi, 7h10 Mascara Merad Taïeb Ould Larbi Assassin de Joseph Serrano Quitte la prison à 7h, et s'installe dans une charrette aux côtés du mufti qui récite les versets du Coran. A un agent de police Algérien, dit : "Prie ! Encourage-moi à mourir, je n'aurai pas la force d'arriver vivant au supplice." Environ 600 personnes présentes. Au moment où on le bascule, résiste en rejettant la tête de tous les côtés. Le couperet, en tombant, projette la tête avec fracas contre le brise-jet et dans la bassine. 27 novembre 1894
18 février 1895 Lundi, 6h35, 6h37 Bougie Taroudjit Mohammed ou Kassa et Abdelli Aliou Saïd Tuèrent Marius Jean à l'Oued-Marsa le 26 juin 1894 Peu d'émotion. Ne mangent rien et ne disent pas un mot durant la toilette. Foule calme. 07 décembre 1894
14 mai 1895 Azazga Ahmed Namar ould Tahar, Ali Ouel Hadj Karli, Mohammed Ouiddir, Mohammed ou Amokran Naït Saïd, Ahmed Ousaïd Ou Abdoun, Areski ben el Bachir Ouali La "bande d'Areski". Mohamed ou Boudjema ou El hadj, Amara ben Mohamed ou Djouadi, Mohamed Saïd Nait Saïd et Ali ben Mohamed ou Saïd sont grâciés. 04 février 1895
20 mai 1895 Lundi, 4h20, 4h22 Port-Gueydon Arabou Boudjemaa Nait Ali et Mohamed Nait Ali ou Boudjemaa Brigands des Ben-Hassen. Areski ou El Hadj Mohamed ou Amar et Saïd ben Mohamed Nait Saïd sont grâciés. Arrivés le 19 de Tizi-Ouzou, incarcérés à la justice de paix. Dorment peu, ne mangent rien et acceptent un peu de café. Machine montée place de l'Abreuvoir, une minusule place cernée de murs derrière la justice de paix. Informés, prient, et son accompagnés par le cadi jusqu'à l'échafaud. 200 personnes environ assistent au supplice. 16 mars 1895
10 juin 1895 Lundi, 5h Tlemcen Mohamed ben Djalili Tirailleur. Abat un autre soldat qui ne voulait pas lui obéir. Pluie violente, ayant convaincu les gens de ne pas se déplacer sur le champ de tir. Les seuls spectateurs sont les membres de la garnison.
18 juillet 1895 Jeudi, 4h47 Miliana Ben Blidia Miloud ben El Hadj Abbès 66 ans. Assassin de Mlle Marie Bruneau. Transféré la veille d'Alger à Miliana. Apprend la nouvelle sans émotion. Demande à voir ses enfants, refuse tout aliment. Aucune résistance. 27 mai 1895
20 juillet 1895 Samedi, 4h53 Tiaret Mohamed Ould Embareck Assassin de M.Cabal, garde-champêtre à Mellakou. Transféré le 19 depuis Oran, arrive à 21h, passe la nuit à fumer et à parler calmement avec les gardiens. Réveillé à 4h10. Peu d'émotion, fatigue visible. Avoue son crime et dit s'en repentir. Calme durant la toilette, juste un mouvement de recul devant la machine. 18 mai 1895
07 avril 1896 Mardi, 5h30 Alger Vicenzo Privitera Italien. Assassina M.Chiodo, dont il était domestique, à Aumale, et la maîtresse de ce dernier, Rose Concella, pour les voler et repartir en Italie. Dort très profondément, doit être secoué. Peu ému, se contente de dire : "Je suis innocent ! Le bourreau va tuer un innocent !" Courageux, pris de faiblesse devant la guillotine. 20 février 1896
16 mai 1896 Samedi, 5h Mascara Salem Ould M'barek ben Fatel Marocain, assassin de Mlle Chassaing à Bab-Ali pour la voler. Pendant la toilette, avoue avoir assassiné et violé une fillette de 14 ans. Sur la bascule, résiste tant qu'il ne faut pas moins de huit personnes pour le maintenir, et ce n'est que grâce à une corde avec un noeud coulant que l'on parvient à lui placer la tête dans la lunette ! L'exécution ne dure pas moins de trois minutes ! 20 mars 1896
18 mai 1896 Lundi Aïn-Témouchent Merhane Kadda Ould-el-Habib Assassin de M.Garson, garde-champêtre de Guiard, qui s'apprêtait à l'arrêter. Capturé quelques jours plus tard, il tua les deux Algériens qui l'avaient appréhendé. Transféré le 17 en train d'Oran à Aïn-Témouchent : pensait aller à Alger pour ses lettres d'entérinement, mais se doute de quelque chose en voyant que le convoi ne prend pas la bonne direction. A la gare de Misserghia, voyant du monde comme rarement, comprend complètement et dit aux gardiens : "Demain, fechta !" et se passe le doigt sur la gorge. A la prison, demande à avoir un agent de police pour lui tenir compagnie, et passe la nuit à discuter avec lui. Demande même des détails sur l'exécution accomplie à Mascara l'avant-veille. Boit plusieurs tasses de café, mange une orange. Reveillé à l'arrivée des officiels, très calme, demande à ce que l'exécution soit rapide. L'imam l'incite à prier, il répond : "Allah ne m'a pas sauvé. Ce n'est pas en priant qu'il me sauvera davantage." Demande que des Algériennes l'accompagnent à l'échafaud en poussant des youyou. Marche de la prison à la place Thiers, devant la cantine Schrotter, où on a dressé la machine. Murmure enfin quelques prières tout en fixant le couperet. Poussé sur la bascule, crie : "Semrone, pardon !" Corps remis au frère du supplicié. Peu de monde présent, dont la veuve du garde Garson. 13 mars 1896
22 juin 1896 Lundi, Constantine Houhou el Hadj Ahmed 37 ans, ex-instituteur, devenu porteur de contraintes au bureau des Contributions de Biskra. Tua pour le voler à Biskra dans la nuit du 08 au 09 août 1895 l'Algérien Seddik, buraliste, avec la complicité d'Abderrahman Gouassem ben Merad, greffier à la justice de paix, et son fils Mohamed. Abderrahman, condamné à mort, est grâcié. Mohamed condamné à vingt ans de travaux forcés. Calme au réveil, dit en évoquant sa condamnation : "C'est la faute de la République !". Il subit la toilette sans protester. Demande à prendre un pain, mais il est un peu tard, et on ne peut le satisfaire. Promet aux officiels : "Vous irez tous en enfer ! Tous ! Sauf Monsieur l'inspecteur de la prison, qui est un brave homme !" Devant l'échafaud, s'adresse à la foule pour dire adieu et crier une ultime fois son innocence. Comme il entend poursuivre son laïus, les aides s'emparent de lui, et le poussent avec la plus grande difficulté sur la bascule. Les quatre hommes ne sont pas de trop pour le plaquer sur la machine, et encore, il parvient à mordre de toutes ses forces le bois de la lunette ! 24 avril 1896
24 novembre 1896 Mardi Constantine Deux condamnés Assassins. Se dirigent seuls vers les poteaux.
19 janvier 1897 Mardi, 6h40 Maison-Carrée Manuel Egéa Espagnol. Tue de trois coups de couteau le 17 mai 1896 Mr Gélabert, entrepreneur à la Maison Carrée, qu'il détestait parce que ce dernier aurait médit de lui. Avait déjà, quelques années plus tôt, été condamné à un an de prison pour avoir, suite à une dispute, frappé de treize coups de couteau un camarade. Conduit de la prison Barberousse jusqu'à la mairie de Maison-Carrée, arrive sur place à 4h40 et est placé dans la salle des pas perdus. Informé à 5h45, se montre calme. "Je savais que j'allais être exécuté. Mais on ne meurt qu'une fois." Il fait des déclarations, consignées sur papier, et signées par l'interprète. Après s'être confessé, fume plusieurs cigarettes et boit deux verres de rhum. S'emporte : "C'est bien long ! Mierda ! Qu'est-ce qu'on attend pour m'exécuter ?" Confié aux exécuteurs, il discute avec eux pendant la toilette, allant jusqu'à s'asseoir de lui-même sur le tabouret. Quitte la mairie d'un pas ferme, les yeux baissés pendant qu'il parcourt les 30 mètres qui séparent l'hôtel de ville de la guillotine. Quelques cris "A mort !" retentissent à la chute du couperet. 04 décembre 1896
29 janvier 1898 Samedi, 6h Guelma Noël Nicollet Tua Mme Bargelot. Exécuté à 6 heures au rond-point de Souk-Abras. Très courageux, sans émotion. Environ 1000 spectateurs, et un nombre important de femmes. 03 décembre 1897
07 mai 1898 Samedi, 4h35 Sétif Messaoud ben Ahmed Techoua Tua le garde Raynaud Transféré dans la nuit en train depuis Constantine. A la prison, à 4h20, devient pâle et perd connaissance quand le procureur lui annonce la fin. Doit être transporté couché jusqu'aux bois de justice. Foule importante, peu d'Algériens. 15 mars 1898
24 mai 1898 Constantine Salah ben Mohammed Hamada 04 avril 1898
22 août 1898 Alger Ahmed Boucetta et Mohammed Djafari 01 juillet 1898
05 septembre 1898 Constantine Mohamed ben Seghir Kaderbache 19 juillet 1898
24 janvier 1899 Mardi Oran Ould Mimoun Boukarfa et Kara Ould Faradji Boualem Boukarfa, Marocain, auteur du quintuple assassinat d'Arbal. Kara, assassin de Joseph Moulin, à l'Ougasse. Réveillés à 6h. Kara, les larmes aux yeux, se fait répéter deux fois la sentence par l'interprète et jure qu'il est innocent. Boukarfa, lui, dit très fort : "J'ai commis une grande faute et je suis heureux de mourir, car Allah l'a voulu." En arrivant dans la cour pour la toilette, il ricane très nerveusement et retire sa chéchia. Se plaint juste qu'on ne l'ait pas laissé voir une dernière fois sa femme. Refusent tous deux cigarette et café, et répètent les prières de l'imam. Conduits au plateau de Saint-Michel, à environ 500 mètres de la prison. 5000 personnes, en majorité des Européens, et beaucoup de femmes et d'enfants. Kara descend le premier et voit, à proximité de la guillotine, la famille de sa victime, ainsi que la famille Santa-Maria. Recule face à la bascule. Boukarfa se retourne sur la planche et résiste. La famille Santa-Maria, famille de Joseph Moulin, conduisent le neveu de la victime auprès du panier contenant les corps et montrant le cadavre de Boukarfa, lui disent : "Regarde-le bien, tu es vengé." 17 novembre 1898, 22 novembre 1898
12 janvier 1900 Vendredi, 6h15 Tunis Mohamed el Mecheri ben Adjeb 22 ans. Viola et tua à Béja Giuseppe Difranco, Italien, 9 ans. Premier usage de la guillotine depuis 1889. Réveillé à 6h, pâlit mais répond : "Allah a décidé, je me résigne." Prie et murmure quelques mots : "Le sultan des Français n'a pas voulu me grâcier. Que Dieu favorise le gouvernement français." Demande aux gens présents de lui pardonner. Quitte la prison à 6h15, route déserte. Exécution à la porte Bab-Saâdoun, très peu de spectateurs massés assez loin. RAS. 15 novembre 1899
10 mai 1900 Jeudi, 4h37, 4h40, 4h43 Sétif Lakdar ben Abdallah Chadli, Tahar ben Saad Boulakras et Saïd ben Mohamed Bounechada Tuèrent à El-Djouan le 29 avril 1899 le meunier Larochette pour le voler. Pâles et muets face à la nouvelle. Durant la toilette, Bounechada veut être enterré avec ses frères et communique ses dernières volontés à l'imam, Boulakras se dit innocent, et Lakdar, le plus jeune, se monte moins bouleversé et dit : "Pas besoin de serrer si fort, je ne crève qu'une fois." Fermes durant le trajet de la prison à la place du marché arabe. Environ 2.000 personnes : Européens, Algériens, femmes, enfants. Lakdar va sans soutien et sans dire un mot, Tahar récite des prières, et Saïd regarde la machine avant de s'adresser à la foule : "Frères, pardonnez-nous !" Résiste quand on le pousse sur la bascule. 07 mars 1900
25 avril 1902 Vendredi, 10h Medjez el Bab (Tunisie) Ahmed ben Mohamed Hamida Assassin du colon français Hélis à Medjez el Bab. La guillotine n'avait jamais encore servi en dehors de Tunis : exécution dans la ville du crime à fin d'exemple. Le condamné quitte la prison de Tunis à 8h pour prendre le train. Arrive sur place à 9h45. Conduit au marché, informé du rejet de sa grâce. Répond calmement : "Il m'est indifférent de mourir. Que j'expie, puisque j'ai commis un crime. Mais il serait juste qu'aucun des miens ne pâtisse de mon forfait. J'espère qu'il sera pourvu aux besoins de mes frères. Il serait juste aussi que ma maison ne soit pas vendue, elle appartient à mes enfants. Je n'en veux pas aux Français. Ils ont agi envers moi légalement. Mais j'emporte dans ma tombe toute la haine que j'ai justement vouée au caïd et au cheik !" Calme durant la toilette, parle de sa famille, demande que ses vêtements soient rendus à ses frères, puis s'exclame : "Je suis content de mourir un vendredi, parce que c'est un jour de fête !" En quittant le marché, dit adieu au spahi de contrôle, puis remonte dans le fourgon qui le conduit au lieu de son exécution. Présence du contrôleur et du caïd. Aucun incident. 19 février 1902
13 janvier 1903 Mardi, 6h46, 6h47 Oran Mohammed ben Abdelmalek et Charef ben Abdallah ben Mohamed Balegh Assassins des époux Tessier, à Lamoricière Réveil à 5h45. Très calmes, toilette rapide, vont en fourgon sur le lieu d'exécution en compagnie d'un imam. 3.000 spectateurs. 12 novembre 1902
25 août 1903 Mardi, Tizi-Ouzou Hadj Saïd Belkacem ben Hadj Saïdi PARRICIDE 26 juin 1903
02 août 1904 Mardi, 5h11, 5h12, 5h13 Oran Esmi Bouhalouan Habib, Esmi Bouhalouan Mohamed et Boualem Abdelkader ben Mibani Dans la nuit du 03 au 04 novembre 1903, à Saint-Maur, assomment à coups de matraque puis égorgent M.Rubio, épicier, qui avait refusé quelques jours plus tôt de leur faire crédit, puis égorgent Mme Rubio et étranglent le petit Angel, deux ans, avant d'arroser les corps de pétrole et d'y mettre le feu. Seul le fils aîné, Jean, 4 ans, échappe à la mort en allant se cacher dans une caisse sans être remarqué. Leur complice Esmi Bouhalouan Abdelkader est grâcié. Au réveil, à 1h30, prennent la nouvelle calmement, mais affirment être innocents. Après avoir prié, deux d'entre eux fument. Habib demande à embrasser son frère, ce qui lui est accordé. Mangent quelques pommes et poires avant d'être conduits en voiture sur la place du village nègre, devant 10.000 personnes. Tour à tour, vont à la mort en regardant le couperet. Applaudissements après la troisième chute du couteau. Corps non réclamés par leurs familles. 24 mai 1904
11 février 1905 Samedi, 6h Tunis Abdallah ben Rezgui ben Abdallah Tua dans les montagnes près de Sidi-Ayed un mineur italien pour lui voler 1300 francs. La veille de son exécution, dépose auprès du procureur une plainte contre sa famille qui s'était déjà partagé ses biens sans même attendre la décision présidentielle. Réveillé à 5h30, croit à sa grâce. Informé du rejet de celle-ci au greffe : pâlit, puis se reprend, mais proteste et clame son innocence. Conduit place Bab-Saadoun : pendant le trajet long de vingt minutes environ, ne dit pas un mot. Foule très importante. Va à l'échafaud d'un pas ferme. 25 novembre 1904
28 février 1905 Mardi, 6h32 Aïn-Temouchent Zedjidi Bendida ould Abdelkader 25 ans. Assassin de Désiré Harlot, vieil employé de ferme, à Turgot. Très courageux. Foule importante. 10 décembre 1904
30 mai 1906 Mercredi, Mostaganem Boudali Mohamed ould Labib Assassina deux Algériens le 31 juillet 1905 Dormait, reste impassible devant la nouvelle. Discute avec l'imam. Perd ses forces devant la guillotine, place du Faubourg Tigditt, doit être soutenu par les aides. Environ 2000 spectateurs, dont beaucoup d'Algériens. 09 mars 1906
27 juin 1906 Mercredi, 4h07 Bougie Igoussimène Mohamed Amokran ben Saïd 21 ans. Viole, égorge et vole une fillette avant de jeter son corps dans la rivière Soummam. Réveillé à 3h55, dormait bien. Etonné, mais répond : "C'est Allah qui l'a voulu". Refuse le café, demande si son frère est venu à Bougie pour le voir. La réponse étant non, le condamné ne demande plus rien. Attaché dans la cour, se laisse faire. En voyant le couperet, léger frisson de surprise mais avance vers l'échafaud sans s'arrêter. Dernière exécution au Maghreb occupé avant 1909. 04 avril 1906
28 juin 1909 Lundi, 5h, 5h02, 5h04 Bossuet Nour Bouchta, Cheikh ould Cheikh et Mohamed ben Slimane 36 ans, 31 ans et 29 ans, journaliers. Assassinèrent dans la forêt de Daya le 16 septembre 1906 l'inspecteur des forêts Dubois et le brigadier Barbier. Premier arrêt de la cour de Sidi-bel-Abbès cassé, rejugés à Alger. Quittent la prison de Bel-Abbès le 27 au matin, informés qu'il s'agit d'un déplacement pour supplément d'information. Mais les trois condamnés ne sont pas convaincus. Prennent le train pour Magenta à 8h, où ils arrivent trois heures plus tard. Sont enfermés dans un local de la gare le temps de mettre les bois de justice dans une charrette. Dès leur départ de Magenta, sont assurés de mourir : Bouchta ne cesse d'insulter les passants et de les menacer. Arrivent en fin d'après-midi à Bossuet, et sont incarcérés à la redoute locale. Le lendemain, réveil à 4h30. On leur affirme une dernière fois que le voyage n'est pas fini, et on les conduit par des chemins détournés jusqu'à la place de la mairie, face à l'église, où l'échafaud a été dressé. Dans l'hôtel de ville, entendent les paroles du mufti et sont remis aux exécuteurs. Bouchta, seul des trois condamnés, passe son temps à vociférer. 24 juin 1908, 12 décembre 1908
04 août 1909 Mercredi Bouira Cherigui Mohamed ben Mohamed 20 ans. Assomme à coup de matraque puis égorge François Dupont, 20 ans, pour le voler, le 08 août 1908 à Bouira. Son complice Saïdi Ahmed est condamné à perpétuité. Transféré la veille d'Alger à Bouira. 04 avril 1909
07 août 1909 Samedi, 4h42, 4h45 Oran Brahim Kerriche Larbi ben Mohamed et Ben Krich Kada ould Tayeb 26 et 50 ans. Cousins. L'aîné voulait épouser la soeur de Brahim, une adolescente de 15 ans, qui refusa ce mariage. L'étranglèrent dans son sommeil le 08 août 1908, chargèrent le corps sur un mulet puis le cachèrent dans une grotte, avant de le couvrir de paille et d'y mettre le feu pour cacher le crime. Si Brahim avoue dès son arrestation, Ben Krich se dit innocent. Réveillés à 4h. Ben Krich affirme son innocence, tandis que Brahim lui crie de prendre ses responsabilités. L'aîné est inquiet, le second indifférent. Trempent leurs lèvres dans un café qu'on leur sert. Pendant qu'on les attache, Ben Krich gémit : "Je suis innocent, je suis malheureux ! Je n'ai pas commis le crime dont mon cousin est seul à m'éccuser. Je le jure devant Dieu et les hommes, je n'ai rien fait. C'est le caïd qui a voulu me perdre ! Pourquoi vais-je mourir ?" L'imam lui répondant que c'est là la destinée de tout homme, il répète par trois fois : "Il n'y a de Dieu qu'Allah, et Mohammed est son prophète !" Quand on les mène vers le fourgon, Benkrich demande des nouvelles de son douar et de sa soeur, voulant savoir si elle est venue assister à sa mort. "Confie-toi à Dieu", répond l'imam. Conduits sur un terrain communal voisin du cimetière, à environ 500 mètres de la prison. Environ 5000 personnes présentes, dont beaucoup d'Algériens. Brahim descend le premier, pâle, impassible. Ben Krich, soutenu par les aides, regarde le couperet et semble vouloir parler quand on le bascule. Rentre la tête dans les épaules, vite maintenu en place. Corps non réclamés par les familles, inhumés au cimetière musulman. 04 juin 1909
21 octobre 1909 Yusuf Meriah ben Zehouani Boubakeur 22 ans, journalier. Assassine de cinq coups de couteau la veuve Durand, 78 ans, à Yusuf dans la nuit du 30 au 31 octobre 1908 pour la voler. Transféré la veille de l'exécution. Guillotine montée à quinze mètres de la prison, derrière le mur d'une maison formant angle. Conduit à l'échafaud dix minutes après le réveil : résiste en voyant la machine. 06 juin 1909
21 février 1910 Lundi, Souk-Ahras Nekouch ben Amor Assassin de Messaoud ben Moni, au douar de Hamana, près de Souk-Ahras le 16 juillet 1909. 12 novembre 1909
24 mai 1910 Mardi, 4h27 Alger Juan "Figarette" Vidal 20 ans, jardinier. N'ayant pu obtenir de travail à la ferme Coll, à Berkadem, près de Kouba, y assassina à coups de couteau trois personnes le 18 mai 1909 : Mme Slives, 86 ans, belle-mère de M.Coll, qu'il décapita quasiment, et ses deux fils, Joseph, 24 ans et Pierre, 14 ans. Réveillé à 4h, ne comprend pas ce que dit le procureur : on doit traduire la sentence en espagnol. "C'est bon, puisqu'il le faut, je mourrai !" Puis s'énerve devant son avocat : "Tout le monde m'abandonne parce que je suis Espagnol ! La voilà, votre justice !" Puis demande si un autre condamné à mort, Amrouche, va être exécuté lui aussi. Discute avec l'aumônier, boit cul sec un verre de rhum et laisse les aides procéder à la toilette. Quand les portes s'ouvrent, des cris à mort retentissent un peu partout. Le condamné regarde le couperet, puis toise la foule avant d'être basculé. Corps livré à la faculté de médecine.
NB : il s'agit selon toute vraisemblance de l'exécution à laquelle le père d'Albert Camus était allé assister.
02 mars 1910
20 septembre 1910 Mardi, 5h36, 5h37 Oran Kara Miloud ben Salah



Saïd Mohammed ben Moussa
Égorge le 13 octobre 1909 au douar d'Ain Beida sa femme Halima bent Taieb, sa belle-mère Kheira bent Bouzian, et blessa grièvement la soeur de celle-ci, Yamina bent Zief. Mobile : Halima, lasse de sa violence, l'avait quitté pour se réfugier chez ses parentes.



25 ans, journalier Marocain, tua deux jeune Marocains pour leur voler 75 francs.
Au réveil, pâlissent puis prient. Prient tout au long de la toilette, refusent toute boisson ou tabac. En grimpant dans le fourgon, Kara remarque : "On me tue pour bien peu de chose !" Guillotine dressée à un kilomètre de la prison, au village nègre. Cris de la foule poussés tout au long de l'exécution, qui ne cessent que quand la seconde tête est tombée. 19 mai 1910



20 mai 1910
11 octobre 1910 Berrouaghia Ben Saïd Mohamed ben Larbi Tua son frère 23 juin 1910
31 octobre 1910 Lundi, 6h Philippeville Ben Abderrezag Chabani ben Amor Assassinat et vol qualifié Réveillé à 5h30 par le greffier et l'imam. Demande une tasse de café et une cigarette. Conduit place des Chameaux, ne prononce pas une seule parole. Foule très nombreuse, mais presque aucun Algérien. 27 juillet 1910
14 janvier 1911 Samedi, 7h06 Orléansville Ben Bali Larbi ben Kalifa Le 19 février 1910, tua à coups de matraque son oncle Khelifa ben Hamadou, agriculteur à Rabelais, qui revenait du marché d'Orléansville avec 180 francs grâce à la vente de bestiaux. Enterra le corps nu, qui ne fut retrouvé que deux mois plus tard. Machine dressée place Victor-Hugo. Au réveil, pâlit affreusement, manque défaillir. Refuse la cigarette et le café. Remercie son avocat et lui dit "Je suis un bon musulman, ancien Taleb, et je mourrai courageusement." Grande foule car jour de marché. Violent mouvement de recul face à la machine, mais le condamné se reprend... quelques instants : alors qu'on le plaque à l'horizontale, se révolte et mord de toutes ses forces le bois de la lunette pour empêcher les exécuteurs de le placer correctement sous le couperet. Il faut deux minutes aux aides pour le maîtriser et enfin le positionner. Un tirailleur, bouleversé par la scène, s'évanouit quelques secondes plus tard. 15 novembre 1910
08 septembre 1911 Bône Mesrough Tahar ben Abdallah Tua deux colporteurs juifs en décembre 1910 10 juin 1911
02 février 1912 Vendredi, Batna Ghassemi Salah 37 ans. Tua un maquignon pour le voler.
05 février 1912 Lundi, Batna Boukhalfa Ahmed M'Barek 23 ans, tua une jeune bergère. 12 décembre 1911
25 mars 1912 Lundi, Oran "Damian" Navarre Tente d'assassiner le 25 septembre 1911 le colonel Passard. Très calme, refuse l'aide de la religion. Au greffe, prend un verre de café, qu'il boit à la santé des gens présents, puis accepte plusieurs cigarettes. Entre la prison militaire et le plateau du Santon, refuse à nouveau d'écouter le prêtre. Sur place, refuse d'avoir les yeux bandés, et arrache le bandeau qu'on lui met sur le visage. On doit le forcer à le porter, et le forcer également à s'agenouiller. Avant que les coups de feu ne retentissent, hurle : "A bas le militarisme ! Vive l'anarchie !"
11 avril 1912 Jeudi, 5h10 Mascara Bouadi Abd el Kader Membre de la bande Labane. Commit un crime au Poirier, près de Nazereg, le 11 mai 1910. Réveillé à 4h45. Angoissé, dit : "Ca va ! J'ai tué... tant pis !" Demande à voir son père, ce qui est impossible au vu de l'heure. "Je ne demande plus qu'une chose : c'est qu'on ne me fasse pas trop souffrir." Serre la main à deux compagnons de détention, refuse café et cigarettes, et répète la chahada pendant la toilette. Mouvement habituel de recul devant la bascule. 16 décembre 1911
12 avril 1912 Vendredi, Oran Chibani, Lot, Labane et Khada
30 mai 1912 Jeudi, 4h30 Saïda Mohamed "Abdesslam" ben Moussa Tua Mme Marco et son enfant. Guillotine montée sur la petite place, près du bureau de poste. Réveillé à 4h15 : "J'ai tué, je dois payer, j'aurai du courage". Prie avec l'imam durant la toilette, boit une tasse de café et demande à ne pas être bousculé par les aides. Grimpe dans le fourgon, demandant au procureur de transmettre ses amitiés au gardien-chef de la prison de Mascara, qui s'est montré bon pour lui, et demande à son avocat d'écrire à son père, habitant de Melilla, pour lui annoncer sa mort. Va à la guillotine avec indifférence, à reculons, en récitant la Châada. Mouvement de recul devant la bascule. Foule nombreuse, environ 2000 personnes. 23 mars 1912
25 juillet 1912 Jeudi, 4h20 Bougie Mazouzi Abdallah ben Saïd Assassine le 26 août 1911 Drouiche Mohamed Saïd, adjoint du douar Tararist. Réveillé à 4h, pleure un peu. Passe une gandoura, et durant la toilette, affirme son innocence. Se laisse conduire à l'échafaud sans rien dire. 31 mai 1912
14 août 1912 Mercredi, 5h20 Alger Brahim ben Messaoud et Brahim ben El Barka 30 ans et 18 ans. Le 26 novembre 1911, sur le territoire militaire de Ghardaïa, étranglent avec un chèche le mozabite El Hadj Bakir ben Salah après l'avoir enivré, ce pour lui voler une dizaine de francs. Leur complice Boudjema ben Mohamed ben Najeur, 17 ans, est condamné aux travaux forcés à perpétuité. A l'arrivée des officiels dans leur cellule de la prison militaire, à 4h15, El Barka est déjà réveillé. Informés de la fin, semblent réflechir. Demandent au mufti de tenir leur famille au courant et de leur demander pardon en leur nom, avant que Messaoud ne s'inquiète des futures circonstances de son inhumation. Grimpent dans une ambulance qui les conduit au champ de tir du Fort-l'Empereur. Le convoi s'arrête à dix mètres des poteaux. El Barka est attaché à celui de gauche, Messaoud à droite. Ecoutent le verdict tête baissée, puis ont les yeux bandés et sont mis à genoux. Le peloton, composé de huit sergent, huit caporaux et huit soldats du 1er Zouaves se met en position. Exécution rapide, atteints sur la gauche : au moment du coup de grâce porté à El Barka, le revolver a des ratés, et cela prend quelques secondes. 22 mai 1912
26 août 1912 Lundi, 5h20 Remchi-Montagnac Zenan Bachir Ould si Abdelkader Meurtrier du gendarme Richard, au douar des Beul-Ouardous. Quitte le 25 au soir la prison de Tlemcen, soit disant pour une instruction supplémentaire. En cellule, ne dort pas, fume beaucoup et boit énormément de café. Arrivée des officiels à 5h, aucune émotion, s'affirme innocent : accuse le caïd de l'avoir fait condamner à tort pour cacher l'identité du vrai coupable, l'un de ses proches. Demande à voir ses six enfants, et comme la chose est impossible, il demande que l'administration française s'occupe de leur éducation. Toilette rapide. En franchissant la porte, dit une dernière fois qu'il est innocent. Peu de gens présents car exécution tenue relativement secrète. 08 juillet 1912
09 septembre 1912 Lundi Khenchela Maamar Bouziane Bandit notoire. Assassina dans la nuit du 24 au 25 juin 1911 le meunier Monterastelli aux alentours de Khenchala. Ammar Meddour, son complice, est grâcié. Grande foule. Converti, accompagné par l'abbé Devaure, très digne pendant le trajet, se soucie de l'au-delà. Devant la machine, dressée sur la place, embrasse le crucifix. 22 juin 1912
26 octobre 1912 Samedi, 6h46, 6h48 Tunis Chedli ben Amor El Guettari et Marroubi ben Ali El Khadraoui Djardjar Affaire du Djellaz : en septembre 1911, la municipalité de Tunis lance une procédure d'achat du cimetière du Djellaz, le plus grand cimetière de la ville. Aussitôt, des protestations s'élèvent qui conduisent la ville à interrompre son projet, mais cette décision n'est relayée par aucun organisme officiel, pas même par la presse. Ce manque de communication conduit à une manifestation les 7 et 8 novembre 1911 à l'entrée du cimetière, au cours de laquelle les participants trouvent le domaine barricadé et interdit d'accès par des forces de sécurité. La violence éclate, les policiers sont lapidés par la foule, l'armée intervient, et la mort d'un enfant abattu par un riverain italien conduit les Tunisiens à attaquer la communauté italienne, entraînant de nombreuses victimes. Chadli est condamné pour le meurtre du brigadier Franchi et les tentatives de meurtre de l'agent Fouin et sur Jacques Victor, Marroubi est condamné pour les crimes sur les agents Franchi et Fouin. 74 personnes sont inculpées : dix-huit d'entre elles sont condamnées à des peines de travaux forcés. Leurs complices Mohamed ben Ali Chedli, Mohamed ben Hadj Abdallah El Gharti, Abdallah ben Mohamed Ouali, Mohamed ben Abdallah ben Amor El Gabri et Milani ben Ali ben Fattallah, eux aussi condamnés à mort, sont grâciés. Réveillés à 5h30, dormaient profondément. On leur annonce qu'ils vont être transférés à Alger, mais une fois au greffe, on leur traduit la sentence. COmme ils ne comprennent pas bien, Chedli demande à ce qu'on leur explique mieux, mais la présence d'un imam et de leurs avocats vaut toutes les explications du monde. Confiés aux bourreaux à 6h30 : Chedli tremble de panique quand on lui découpe le col, croyant qu'on va le décapiter ainsi. Quittent la prison en fourgon cellulaire, jusqu'à la porte Bab-Sâadoun. Chedli descend le premier, pâlit en voyant la guillotine, mais se laisse basculer. Grande gerbe de sang, à près de trois mètres. Marroubi, terrorisé, doit être traîné jusqu'à la machine. Beaucoup d'Européens présents, les Tunisiens s'étant abstenus d'assister à la double mise à mort. 30 juin 1912
07 mai 1913 Mercredi, 4h25 Alger Pédro Galéra PARRICIDE, 20 ans. Le 31 mars 1912, tua ses parents pour les voler puis jeta les corps dans une mare. Crime accompli avec la complicité de trois Algériens, Kemel Belkheir ben Ladjal, Benhammad M'hammed ben Ameur et Lazib Djilali ben Tahar, tous condamnés à mort et grâciés. Entend dans la nuit les clameurs de la foule, qu'un gardien attribue à une grève de tramways... Réveillé à 4h15, dormait bien. Se met à trembler en apprenant la nouvelle, puis se reprend. Discute avec l'aumônier Carrel durant la toilette, prend un verre de rhum et une cigarette, puis s'entretient avec Me Roger, son avocat. Revêtu de la tenue parricide, alors qu'il quitte la prison, dit : "Je veux les voir ! Je veux les voir !", parlant de ses complices grâciés. Lecture de l'arrêt devant la bascule, et poussé très rapidement sur la machine. 5000 spectateurs environ. 02 mars 1913
05 juillet 1913 Samedi Oran Charles Cromer Caporal au 2e régiment de la Légion Étrangère, déjà titulaire de 14 condamnations dans le civil, mais jamais puni depuis son incorporation. Le 24 juin 1912, à Saïda, tue de deux coups de fusil Lebel dans la poitrine le sergent-fourrier Piétri, avec lequel il était en rivalité à cause d'une femme. Premier verdict cassé, rejugé. Réveillé à 4h, dormait bien. Enfile son pantalon et dit au lieutenant Thomann, qui le priait d'avoir du courage : "J'en ai à revendre. Vous paraissez plus émus que moi, Messieurs les officiers." Cire ses souliers, pendant qu'on lui retire ses galons et la grenade, insigne de la légion. Chez le concierge de la prison, il prend une tasse de café et des cigarettes. Lit une lettre de sa famille, s'entretient avec le prêtre, puis dans la conversation : "Je m'y attendais tous les jours, et cela ne m'effrayait pas. J'ai tué, on me tue. La justice des hommes est juste. J'ai eu le courage d'accomplir mon acte. Je dois avoir celui d'en supporter la responsabilité. Tout de même... il y avait moins de monde quand il est mort, lui !" Parle encore à l'aumônier, va à la chapelle mais refuse la messe en ces termes : "C'est inutile, monsieur le curé. Nous avons fait notre devoir. Dix minutes de plus ou de moins dans la vie, ce n'est pas une affaire. Le mieux encore, c'est d'y aller de suite." Salue d'un coup de képi, dit "Au revoir Messieurs", et grimpe dans le fourgon qui le conduit sur le plateau du Santon. Refuse d'abord d'être ligoté et d'avoir les yeux bandés, mais se résigne. Foule très importante, aucun incident. 04 janvier 1913, 14 mars 1913
28 octobre 1913 Mardi Beni-Saf Azizi Abdelkader ould Djelloul 20 ans. Assassine au hameau de Ghar-el-Baroud Mohamed ould Moulaï Ali, Aïcha bent El Mahi et Fatma bent Moulaï Ali Aucune émotion au réveil. Conduit en voiture à Ghar-el-Baroud. Exécution rapide. 19 juillet 1913
05 novembre 1913 Mercredi, 6h10 Lafayette Mekkour Amor ben Djemaa Au douar Beni-Maouche, le 20 novembre 1912, précipite d'un rocher un petit garçon de six ans, puis l'achève en l'égorgeant. L'enfant était le fils issu du premier lit de sa femme - le père était un cousin du meurtrier - et son existence faisait obstacle à ses envies d'héritage. Réveillé dans sa cellule de la gendarmerie à 5h40. Pleure, implore le cadi, et dit à ce dernier de récupérer auprès de trois connaissances l'argent qu'ils lui devaient. Refuse tabac et café : "Je n'ai besoin de rien !" Pendant la toilette, continue à pleurer tout en priant. Conduit à la guillotine, dressée le long du mur de la gendarmerie. Résiste sur la bascule, mais vite maîtrisé. Corps non réclamé par la famille inhumé dans la foulée. Rassemblement populaire assez important, surtout venant de Sétif. 26 juillet 1913
23 janvier 1914 Vendredi, 6h32 Sétif Abdallah Ferathia ben Savu Tua près de Colbert, au douar Raïfa, le 06 décembre 1912, à coups de couteau sa femme Guermfa bent Saïd, leurs deux enfants, Kaïna, 4 ans, et Zohra, cinq mois, et sa belle-mère, Barkahoum bent Ahmed. Réveil à 5h50, dormait bien, tête sous la couverture. Se lève, surpris, médite un peu et dit : "J'ai fauté ! Dieu a décrété ma mort, je dois mourir !" Demande au procureur de demander pardon en son nom à son père, puis accepte du café et s'entretient avec l'imam. Pendant la toilette, Me Martin l'incitant à mourir courageusement, il répond paisiblement : "C'est Allah qui l'a voulu !" Conduit en voiture devant le palais de justice. Ne dit pas un mot, regarde la guillotine. 25 novembre 1913
29 janvier 1914 Jeudi, 6h40 Tizi-Ouzou Oumghez Ali ben Saïd Le 31 décembre 1912, à Pirette, près de Dra-el-Mizan, tue de sept coups de couteau la veuve Causse, 74 ans, pour cambrioler sa maison. Première exécution capitale à Tizi-Ouzou. Au réveil, fait un reproche au procureur :"Vous auriez pu me prévenir plus tôt, j'aurais ainsi pu voir une dernière fois ma famille." 27 novembre 1913
23 février 1914 Oudjda Mostefa ould Amar Assassinat de l'oued Télagh et enlèvement de la belle Eléonore
01 septembre 1914 Mardi, 5h02 Blida "Moktar" Chachoua Assassin du colporteur kabyle Mohammed Bergui à l'Oued-el-Allouz. Réveil à 4h40, dort profondément. Peu d'émotion, si ce n'est quelques lames aux yeux. Souhaite déjeuner avec un repas préparé à l'extérieur de la prison, mais il est trop tard : boit une tasse de café et fume trois cigarettes. Quitte la prison en priant, pris d'horreur en voyant la machine, mouvement de recul vite contenu. 11 juillet 1914
03 septembre 1914 Jeudi, Tiaret Ould Chaban Touddert Messaoud 11 juillet 1914
23 janvier 1915 Oudja Mohammed ben Abderrahmane 22 juillet 1915
26 juillet 1915 Mascara Mokedem ben Dehou et Hattab el Abdelkader 28 mai 1915
24 août 1915 Mardi, 5h45 Tunis Jean-Marie-Théophile Durand 26 ans, ancien facteur à Paris ayant détourné 10.000 francs, errant en Europe, puis au Maghreb. Tua d'une balle de revolver dans la tempe gauche pour le voler le 09 mai 1914 M.Batt, consul de Norvège et de Russie à Tunis, à bord du train Bizerte-Tunis, et jette le corps sur la voie entre Tindja et Mateur, à une quinzaine de kilomètres de Bizerte. Exécuté à l'entrée de la prison. 15 mai 1915
25 février 1916 Vendredi Alger Laroussi ben Mohamed et Benazouz Saïd ben Ali Étranglent le 23 août 1915 à Saint-Ferdinand la veuve Ramos pour la voler. Réveillés à la prison militaire à 4h30. Calmes, disent au mufti qu'ils sont victimes d'une épouvantable erreur et qu'ils sont innocents. Arrivent au champ de tir dans les fossés de Fort-L'Empereur en voiture, tandis que l'orchestre des zouaves joue "Aux Champs". Descendent très inquiets, sont agenouillés au pied du poteau puis attachés. Après lecture de la sentence, l'imam prie pour eux une dernière fois, et les condamnés ont les yeux bandés. Bien que touché de douze balles et ayant reçu le coup de grâce, un des condamnés agonise pendant près de cinq minutes. 06 janvier 1916
28 juillet 1916 Vendredi Djelfa Ahmed ben Touati Tua deux cavaliers de commune mixte pendant que ceux-ci réquisitionnaient des chameaux Fusillé au champ de tir 19 février 1916
01 août 1916 Mardi, 6h Affreville Abdelkader Ferah Surpris en plein vol de brebis dans la nuit du 12 au 13 décembre 1915 au douar Guerib, commune mixte des Braz, abat d'un coup de feu dans la tête le fermier Tebrour ben Tibre qui voulait l'empêcher de fuir. Ses complices, Halloui Larbi et Mohamed Gaïdi, sont respectivement condamnés à vingt et dix ans de travaux forcés. 12 avril 1916
20 septembre 1916 Mercredi, 6h Boghari Aïssa Sahari Tue d'un coup de couteau dans la nuque, le 24 novembre 1915 près de l'oued Sedra, le colporteur kabyle Rabah Loukhal pour le voler. Son principal complice, Mohamed Boughera, est condamné à mort par contumace. Aouissi Laissaoui est condamné à vingt ans de travaux forcés, Zohra Ghezali à deux ans de prison, tandis qu'Henia Chenoufla et le jeune Abdelkader Bariane sont acquittés. 31 mai 1916
04 décembre 1916 Oudja Ahmed ben Abdelkader Mektit 15 mai 1916
31 mars 1917 Bône Zenoun Zidan ben Rabah Assassinat, tentative d'assassinat et vols à Boudaroua le 23 novembre 1915. Son complice Hemdi Boularas ben Salah, condamné à mort, est grâcié. 20 décembre 1916
juin 1917 Bône Mecib Amara ben Ramdane 28 mars 1917
11 août 1917 Samedi, 5h46 Alger Mebarki Medani ben Saïd Assassine à Maison-Carrée Marguerite Ferrer le 19 novembre 1916. Réveillé à 5h30, tremble en apprenant la nouvelle, mais suit les magistrats sans plus broncher. Va à la guillotine soutenu par le mufti et les aides. 13 juin 1917
14 août 1917 Mardi, Tlemcen Bouziane Ould Hadjazi Assassinat et vol qualifié. Ses complices, Chikh Ould Labib et Abderrahman Ould Boudjema, sont grâciés. Fataliste, va à la mort en disant : "J'expie. Dieu m'en tiendra compte." 12 juin 1917
01 octobre 1917 Tlemcen Bouhaf Boumedine Son complice, Abdelkader Loudjdi, est grâcié. 19 juillet 1917
13 novembre 1917 Mardi Philippeville Zeghbib "Bouarâara" Laïdi ben Ali et Mat Messaoud ben Abdallah Lors de l'attaque d'une ferme proche de Philippeville, assassine les époux Taboni, puis tuent également le gendarme Quillery qui, en patrouille non loin de là, venait aider les victimes. Boussekta Salah ben Saïd et Boussouat Zidan ben Saïd sont grâciés. Averses. 11 août 1917
19 février 1918 Bône Trois condamnés Association de malfaiteurs, meurtres et vols qualifiés. A leur arrestation, en novembre 1916, abattent deux gendarmes.
06 mars 1918 Mac-Mahon Ben Ali Mohammed Bennour Assassin du sous-préfet de Batna et d'un administrateur.
05 août 1918 Lundi, 5h30 Alger Kerredine ben Djemdi et Mohamed ben Amar 32 et 31 ans. Le 22 septembre 1917 au douar Zemlane, tirent un coup de feu sur M.Pasteraro, propriétaire près d'Aumale, puis l'achèvent à coups de couteau pour lui voler l'argent qu'il a gagné au marché. Ils ne trouvent sur lui que 35 francs dans un portefeuille, car l'argent espéré se trouvait dans la voiture à chevaux, et les bêtes, effrayées par le coup de feu, s'étaient enfuies en emportant la somme au loin... 28 mai 1918
août 1918 Mascara Mohamed ben Hadj Ahmed 06 juin 1918
07 octobre 1918 Lundi, 5h55 Saïda Mohamed Ksantini Domestique. Assassine à Saïda le 06 février 1918 la soeur de son patron, Mme veuve Giudicelli, 66 ans, pour la voler. Affirme être innocent. Prie avec le mufti. Toilette rapide. Foule importante, beaucoup de femmes, presque pas d'Algériens.
09 octobre 1918 Mercredi, 6h Tlemcen Boubekeur Mohamed Ould Mohamed PARRICIDE R.A.S 28 juin 1918
25 juillet 1919 Vendredi, 5h30 Oran Boumedine ould Moktar Marocain. Surveillant des prisonniers russes à la ferme Carrafang, à Aïn-el-Radiar, le 23 juillet 1918, se fâche avec les fermiers, les frères François et Pierre Pardiès. Tirant sur eux deux coups de fusil, abat Pierre et blesse François. Courageux dès le réveil, dit qu'il ne regrette pas son crime et que sa mort ne lui fait rien : "C'est comme si je tombais dans les tranchées !" Refuse les aides du mufti. Au poteau, sur le plateau du Petit-Santon, ne souhaite pas avoir les yeux bandés ni s'agenouiller, car ce sont pour lui des gestes humiliants. Atteint par dix balles, huit au torse, deux à la tête. 19 mars 1919
29 juillet 1919 Mardi, Batna Ayadi bou Djema ben Saad et Saïd Mohamed ben Ahmed Assassinèrent le 17 mars 1918 un couple de commerçants du village nègre pour les voler. Entendent la nouvelle sans réagir. Toilette très rapide, refusent café et cigarettes. Exécutions sans histoire. 09 avril 1919
26 août 1919 Mardi, 5h50 Batna Boulemzab Ali ben Amor Égorge à coups de couteau, avec quatre complices, le garde forestier Alexandre Lèbre en décembre 1917 près d'El-Mader qui l'avait surpris en train de piller du bois en pleine forêt. Le corps est retrouvé le 04 janvier 1918. Quatre complices furent condamnés à mort et graciés, et un dernier, berger, est condamné à cinq ans de prison. La femme et les enfants de la victime assistent à l'exécution. 10 avril 1919
24 septembre 1919 Mercredi, 6h20, 6h22 Alger Aouina Sliman Mohamed ben Bouhemi et Assoul Mohammed ben Mokrane Le 27 octobre 1917, près de l'oued de Bovirredine, entre Bou-Sâada et Aumale, attaquent trois hommes qui revenaient de Berrouaghia avec sept chameaux chargés de grains. Rabah ben Mohamed est assommé d'un coup de matraque puis abattu d'un coup de fusil. Mazari ben Mohamed, qui s'enfuyait, est abattu à son tour. Seul Hadj Ahmed ben Mohamed, assommé et feignant l'inconscience, parvient à fausser compagnie aux meurtriers et à donner l'alerte. Les bandits s'échappent avec cinq chameaux, ainsi que le fusil et le burnous d'une victime. Leur complice Mohamed Bekkache, inculpé de vol qualifié, est condamné à ? Réveil à 6h. Dormaient profondément, tremblent de peur et se disent innocents. Assoul est étonné qu'ils soient deux à mourir alors qu'ils étaient trois à commettre le crime. Le cadi répond qu'Allah l'a voulu ainsi, et qu'Il a inspiré la décision des juges humains : cette raison convainc Assoul. Pendant la toilette, prennent une tasse de café et recommandent leurs enfants à leurs avocats. Aouina avance le premier, visage hagard. Assoul résiste quelques instants. 27 mai 1919
04 octobre 1919 Samedi Oran Henri Boudet



Abel Castillo et René Heidelberger
Assassin de M.Finance, chef de la Sûreté.



Tuent Elisa Chaffanel, mercière, rue Philippe à Oran pour la voler.
Exécutés sur le plateau du Petit-Santon. Heidelberger, avant d'être attaché, afforme qu'un troisième larron, Désiré Garrau, avait participé au crime de la rue Philippe. Après vérification, Garrau ayant bien été reconnu complice d'un vol avec les deux condamnés à mort et ayant fui Oran en leur compagnie après le meurtre, on cherche à l'arrêter. Sa famille apprendra aux policiers que leur fils, incorporé au bataillon d'Afrique, est mort à Tataouine le 18 décembre 1918 d'une pneumonie. 28 mars 1919
01 décembre 1919 Lundi, 5h30 Oran Ahmed Itchir 26 ans, tirailleur. Abat le 09 mai 1919 de deux coups de fusil le sergent Hacen, chargé de la surveillance des punis, et qu'il jugeait trop autoritaire. Ecoute la prière, demande au mufti d'écrire une lettre à sa mère. Plateau du Petit-Santon, refuse qu'on lui bande les yeux, demande qu'on lui tire dans le coeur et non la tête, histoire de rester présentable quand sa famille récupérera le corps. Peu de monde présent pour assister au supplice. 20 août 1919
avril 1920 Casablanca Mohamed ben Mohamed ben Abdelkader 03 novembre 1919
24 avril 1920 Samedi, 6h, 6h03 Alger Joseph Vallespir et François Arreza Égorgent le 23 janvier 1919 Fernand Cachot, bijoutier rue Bab-Azoun à Alger avant de lui voler ses bijoux. Charles "Chanot" Acquarullo est condamné aux travaux forcés à perpétuité. Bruine glacée, brume. Réveil à 5h55, sont déjà levés. Arreza dit : "Dire que je viens d'avoir vingt ans ! Mourir à vingt ans, c'est terrible ! Tant pis, c'est comme si j'étais mort à la guerre, mais il y a les vieux, les pauvres vieux !" Dit par la suite qu'il sera courageux, et un peu bravache, s'inquiète de savoir qui mettra un bouquet de violettes sur sa tombe. Pendant la toilette, Vallespir dit avoir froid et craindre d'attraper un rhume. Il est le seul des deux à accepter de s'adresser à l'abbé Castéra. Comme seules déclarations, ils disent tous deux : "Nous sommes innocents, nous mourons innocents !" Boivent une tasse de café au rhum, que Vallespir accompagne de plusieurs cigarettes. Leur parent commun, Baldo, lui aussi détenu à la prison Barberousse, vient leur rendre une dernière visite. Avant de quitter le greffe, les deux hommes remercient leurs avocats et leur remettent à chacun une mèche de cheveux afin qu'elles soient offertes à leurs mères. 27 décembre 1919
22 août 1920 Rabat Kacem ben Mohamed et Lhassen ben Driss 14 mai 1920
09 octobre 1920 Sidi-bel-Abbès Mohamed "Ramdane" Ould Mohamed 04 juin 1920
22 octobre 1920 Vendredi, Batna Koraichi ben Saïd et Soukri Belkacem ben Abdelkader Assassinent à coups de couteau, dans la nuit du 01 au 02 mai 1919, le boulanger Lannier, mutilé de guerre, à El-Outaya, au cours d'un cambriolage qui ne leur rapporte que 200 francs. Leur complice Amar ben Mohamed, condamné à mort, est grâcié. Un quatrième condamné à mort, Saddok ben Ahmed, se pend en prison. Bensalah ben Demouj ben Mohamed est condamné à dix ans de prison et Bachir ben Madani aux travaux forcés à perpétuité. Réveillés à 6h30, dormaient profondément. Pâles, répondent : "Mektoub Rebhi ! On ne meurt qu'une fois !" Toilette rapide. Vont à pied de la prison à la place du tribunal où a été dressée la guillotine. Koraïchi va vers elle en regardant le couperet avec effroi. Soukri, lui, traîne les pieds et semble être ailleurs. 20 mars 1920
22 janvier 1921 Samedi, Oran Belhadria Bleha Ould Slimane et Rachedi Ahmed ben Mohamed Anciens tirailleurs, tuèrent près de Marnia Andrès Lopez, 74 ans, pour le voler. En arrivant sur le plateau du Petit-Santon, leur courage leur fait défaut, et ils se mettent à pleurer en implorant Allah. Après s'être tus un instant à la demande du mufti, continuent à pleurer devant le poteau. Cinquante personnes présentes environ. 23 juillet 1920
13 mars 1921 Casablanca? Ali-Hakim ben Mohamed Assassin de Mr Quinet
09 avril 1921 Samedi, 5h20, 5h22 Sétif Loucief Saïd ben Lakdar et Ben Touati Mohamed Seghir Le 06 janvier 1920, sur le chemin de Colla à Guebsa, près de Mansourah, Ben Touati abat de deux coups de fusil, l'un dans les reins, l'autre dans la nuque, le frère de Loucief, Chabane ben Lakhdar, et lui vole 70 francs, son burnous et des bracelets en argent. Il avait été payé 500 francs par Loucief, qui haïssait son frère depuis que ce dernier avait réussi une affaire financière sans lui en faire profiter ! Dorment profondément. Ont du courage. Loucief, ancien tirailleur, dit : "Mourir demain ou aujourd'hui... il vaut mieux en finir maintenant." Calmes durant la toilette. Devant la machine, Touati, deuxième à être supplicié, dit quelques mots à l'attention de la foule, d'ailleurs peu nombreuse. 26 novembre 1920
12 avril 1921 Mardi, 5h22 Relizane Seddoud Kadda Ould Abdelkader 50 ans, derviche. Blessa le 19 avril 1920 la soeur Sainte-Laurence, née Marie-Rosine Bayl, 69 ans, d'un coup de couteau dans le ventre sur la place de l'église de Relizane. La religieuse mourut cinq jours après, non sans avoir subi une laparotomie. Seddoud expliqua ainsi son geste : "Dieu l'avait voulu." Première venue de la guillotine, dressée au milieu de la route nationale d'Oran à Alger, à douze mètres des portes de la prison. Réveillé à 5h, ne comprend pas vraiment, demande à ce qu'on lui répète. Répond : "J'ai tué, je mourrai courageusement, mais je veux être assisté du secours de ma religion." Le mufti lui lit deux versets du Coran, et lui demande d'être courageux. Seddoud récite trois fois la prière, et demande à voir un membre de sa famille. A son frère, venu exprès, il reproche ses larmes qu'il estime indignes d'un homme, et lui parle d'un endroit proche de leur maison où il a caché de l'argent. Remerce son avocat, Me Abou, et le prie d'aller récupérer à la prison de Mostaganem un tricot et des chaussettes qui étaient à lui. TOilette dans la cour, se lève seul, sans accepter que les aides ne le touchent. Murmure : "Allah ! Allah !" en allant à l'échafaud. 1000 personnes présentes environ. Corps remis à la famille. 22 décembre 1920
15 juillet 1921 Vendredi Tlemcen Ben Aïssa ben Amar Assassinat et vol 17 mars 1921
11 octobre 1921 Vendredi, 5h30 Constantine Abdelkader ben Salah Désertion en temps de guerre, vols qualifiés, rébellion et tentative de meurtre. Fusillé au Polygone. Aucun incident.
13 octobre 1921 Jeudi Philippeville Cheurfa Akli ben Abdallah et Oumert Amhidouche ben Mohamed Attaquèrent la ferme Gatt, tuant Mme Gatt et deux de ses enfants, laissant le troisième pour mort. N'avouèrent jamais. Foule importante. Tous deux effondrés : Ahmidouche doit être porté sur la bascule. Applaudissements à la seconde chute du couperet, et Mme Gatt mère, grand-mère des petites victimes vient elle-même constater la mort des condamnés en regardant dans le panier. La veille, M. Gatt était mort chez lui. 21 juin 1921
22 octobre 1921 Samedi, 5h50 Oran Lazare Vovitch, Vidine Guisguieff et Kaneff Yougoslave et Bulgares, légionnaires. Entraînent en mai 1921 par un bois de Sebdou le jeune engagé Guerguieff pour le tue et lui voler sa prime d'incorporation, s'élèvant à 250 francs. Fusillés sur le plateau du Petit-Santon. Meurent courageusement. 200 spectateurs environ.
07 novembre 1921 Lundi, 6h Oran Feradj Mohammed Ould Miloud 25 ans. Tua M.Guestas, son compagnon de chasse, pour le voler. Guillotine montée au carrefour du boulevard d'Iéna et de la rue Dutertre. Refuse café et cigarette. Pris de faiblesse devant l'échafaud, se reprend et demande pardon à la foule. Environ 1500 personnes présentes. 22 juillet 1921
14 février 1922 Mardi, 6h24, 6h29 Batna Habès Messaoud ben Ahmed



Allag Salah ben Mohamed
Tua le brigadier de gendarmerie Pergola, à Aïn-Yacoub.



Assassin d'un commerçant kabyle.
Tous deux très courageux. Habès meurt en chantant ses prières. 25 octobre 1921



27 octobre 1921
15 février 1922 Fériana (Tunisie) Sadok ben Mohamed el Hami et Ali ben Ali Toumi Bandits qui terrorisaient la partie Sud de la Tunisie. Premier usage de la guillotine à Fériana. Réveillés à 5h15. Sadok est effondré, et il refuse tout aliment, même le café, et n'a même pas la force de s'adresser et de prier avec l'imam. Ali, lui, est surpris par la présence de tout ce monde, et quand on l'informe, il n'est pas d'accord : "J'avais demandé cassation du jugement !" Le cadi leur demande de faire preuve de courage, puis ils sont confiés aux exécuteurs et chargés dans la voiture cellulaire. Conduits sur la place du champ de manoeuvre de la gendarmerie. Tous deux meurent avec courage : double exécution, à peine trois minutes. 150 spectateurs environ. 29 octobre 1921
mars 1922 Casablanca Ali ben Brahim ben Mohamed 15 novembre 1921
31 mars 1922 Vendredi Bône Khelifi Hamadi ben Saad Assassine le courrier ravitailleur du sémaphore du Cap de Fer en lui tirant un coup de fusil en plein visage, avant de l'achever à coups de hache et de lui broyer la tête avec des pierres, dans l'espoir de pouvoir occuper son poste ! R.A.S. 01 décembre 1921
11 avril 1922 Mardi, 7h30, 7h32 Azazga Addad Mohamed ben Ali et Saïd Ali ben Amar Assassinent à Azazga le 09 octobre 1920 Mlle Gaudard, institutrice, puis cambriolent la maison de l'huissier Reboul. Leur complice Saddedine Mohamed ben Essaïd, condamné à mort, est grâcié. Réveillés à 6h55, affirment être innocents. "Nous mourons pour rien !" dit Addad, effrondré. Saïd reste calme et regarde avec hauteur les officiels. Addad est traîné jusqu'à la bascule. Saïd, lui, se raidit, résiste, crie des injures envers la police et la justice. On doit le prendre par les cheveux pour le maintenir en place sur la bascule et dans la lunette tant il bouge la tête. 09 décembre 1921
03 juin 1922 Samedi, 4h18, 4h20 Sétif Djahiche Aïssa ben Rabah et Benyssaad Mohamed ben Hadj Bandits multirécidivistes, auteurs de 17(!) meurtres et de nombreux vols, condamnés deux fois à mort, une fois à perpétuité, et trois fois à des peines allant de dix à vingt ans de travaux forcés. Le 13 novembre 1918, au douar de Medjana, poursuivis par les gendarmes, abattent le spahi Salah ben Fenni et blessent le gendarme Benmansour. Leur complice Yahia Tebbiche meurt pendant l'instruction. Réveillés à 4h. Djahiche, malade, se lamente et demande au cadi de noter ses dernières volontés. Benyssaad demande une cigarette, et refuse de prier à voix haute, disant qu'il s'adresse à Dieu dans sa tête et en silence. Exécution sans histoire. 26 et 27 octobre 1921
07 juin 1922 Mercredi, 5h25 Colomb-Béchar Ali ben Amara Tua les gendarmes Bernal et Ferradlou en septembre 1920 Au réveil, dit avec morgue : "On ne meurt qu'une fois !" 24 février 1922
09 juin 1922 Vendredi, 4h32 Tiaret El Habib ben Mohammed 63 ans, Marocain. Egorgea un jeune Algérien pour lui voler 7 francs 50 de marchandises. Réveil à 4h15. Refuse cigarettes et café, toilette rapide. 25 février 1922
19 septembre 1922 Mardi Bou-Sâada Zaïdi Tahar ben Lamri, Zaïki Bachir ben Slimane et Zaïeter Abderrahman ben Tahar Attaquent l'autobus Alger-Bou-Sâada le 18 mai 1918 au lieu-dit Davat Sidi El Hediol pour dévaliser les voyageurs, blessant gravement trois d'entre eux à coups de fusil. Quittent la prison militaire d'Alger de la rue Volland pour gagner en camion Bou-Sâada. 27 octobre 1920
14 octobre 1922 Samedi, Mascara Seghir Hadj Djilali Bandit Exécution tenue secrète, donc peu de spectateurs. Meurt courageusement. 15 juin 1922
18 octobre 1922 Mercredi, 5h45 Bougie Ifersen Rabia ben Areski 24 ans. Condamné trois fois (!) à mort pour assassinats et vols commis dans la région de Seddouk et d'El-Kaour. Réveillé à 5h30, dormait bien. Se repent mais demande à être fusillé : "J'ai tué par le plomb, je veux mourir de même." Prie avec le mufti, refuse un quart de café. Toilette dans la cour de la prison, trouve les liens trop serrés : "Pourquoi me faire souffrir, puisque je vais mourir ?" En voyant la machine, sursaut de peur, mais exécution rapide. 08 février 1922, 27 juin 1922
19 octobre 1922 Jeudi, Sétif Belbouaidi Bouhid et Alzaoui Makdar Salah Assassinent de cinq coups de hache dans la tête, le 14 décembre 1921, faubourg de l'Industrie à Sétif, Thérèse Rolla, septuagénaire, pour la voler. Réveillés à 5h30. Dominique Rolla, le mari de leur victime, assiste au supplice. 18 juillet 1922
21 octobre 1922 Samedi, Bône Abaïdia Mohamed ben Labidi



Aïssa ben Ahmed
Le 24 avril 1921, Abaïdia tua dans la gare d'Oued-Frarah le brigadier de la voie Françès. Son complice, Bedri Amara ben Bedrani, est grâcié.



Aïssa tua le 23 janvier 1922 le colon Paul Hierling, dont il était le serviteur.
02 juin 1922



11 juillet 1922
10 mars 1923 Samedi, Tlemcen Abdelkader ben Mohamed Marocain. Vol qualifié et assassinat d'un enfant de 12 ans. Au procureur qui lui demandait ses dernières volontés, le condamné répond : "Un Impérial Anis !" (L'Echo de Bougie, 18 mars 1923) 20 novembre 1922
05 avril 1923 Jeudi, 5h18, 5h22 Dellys Bacha Mahmoud ben Ali et Ouachem Bachir ben Chérif Le 24 avril 1922, assassinent à coups de hache Louis Brussier, 68 ans, jardinier, pour le voler. Transférés de Tizi-Ouzou le 04 avril. Guillotine montée au carrefour des rues, non loin de la porte de la gendarmerie. Réveillés à 5h10, prient tout au long de la toilette. 28 novembre 1922
08 mai 1923 Sétif Abdallah ben Mohamed Nebili 37 ans, taleb (écrivain public). A Périgotville, le 13 juin 1922, tue d'un coup de couteau dans la poitrine M.Bazin, commis de la commune mixte de Takitnunt, en affirmant que c'est un marabout qui lui a donné ce conseil : "Tue un roumi !" Bazin meurt à l'hôpital le 20 juin. 23 février 1923
29 mai 1923 Mardi, Tunis Messaoud ben Laïfa ben Mansour et Ali ben Hamouda ben Hellal Attaquent le train de Mellaoui et tuent quatre personnes. Leurs complices Mohamed ben Khalifa et Ahmed "Boutiba" ben Brahim sont grâciés. Condamnés en première instance à Sousse, arrêt cassé, rejugés à Tunis. 28 avril 1922, 10 novembre 1922
27 juin 1923 Mercredi, 4h43, 4h45, 4h47, 4h49 Er Rahel Amar Ould Abdelkader Bellouati, Mohamed ould Ameur Bellouati, Bouahous ould Benchada Sebié, Khenfousia Lakdar ould Slimane Djilali Le 21 septembre 1922, se rendent à la ferme Lopez, au douar Ouled Benzeria, tuent Mme Lopez et deux de ses enfants avant de piller la maison. 14 mars 1923
01 août 1923 Mercredi Duvivier Ammar ben Ali Zenk Assassin de M.Blazi, à Duvivier. Condamné trois fois à mort. Au procureur, dit : "J'ai fauté, je meurs justement, mais je ne devrais pas être seul. D'autres se promènent librement et me narguent. Si la justice n'a pu les juger, d'autres les jugeront." Meurt en invoquant Sidi Abdel-Kader. 16 février 1923 (Guelma), 02 mars 1923 (Bône)
02 octobre 1923 Mardi, 5h30 Alger Sâada Rezgui ben Amor Le 16 septembre 1921, à Saoula Qui, égorge Jean Dupouet, gérant de la ferme Robert, avant de lui écraser le visage à coups de pierre, pour le voler. Deux complices supposés ne sont pas poursuivis, faute de preuves. Réveil à 5h20, on fait sortir ses compagnons de cellule avant de l'avertir. Répond : "Je n'ai rien à dire. Il n'y a qu'un seul Dieu." Puis, en kabyle, insulte la justice et les lois françaises, ainsi que les Français en général avant de refuser d'écouter le mufti. Toilette au parloir, demande à son avocat Me Benhabylès : "Vais-je mourir ici ou ailleurs ? Est-ce ce matin ou cet après-midi ?" Devant la guillotine, après avoir répété la prière, recule et dit : "Attends ! Attends !" Résiste légèrement. 20 juin 1923
05 octobre 1923 Vendredi, 5h29, 5h31 Sidi-Mérouane Boussaoui Rabah ben Ali et Boukesab Mohamed ben Aïssa Tuent à coups de fourche le 08 janvier 1922 à Sidi-Mérouane Marc Lugaro, 71 ans. Mobile : la vengeance, car Lugaro avait porté plainte contre eux fin décembre parce qu'ils avaient laissé leurs moutons paître sur les champs de la famille Lugaro, et l'affaire devait être soumise au juge de paix de Mila le 31 janvier suivant. Courageux, refuse les secours de la religion. 08 décembre 1922
06 octobre 1923 Rabat Sellem ben Driss 28 mai 1923
25 octobre 1923 Jeudi, 6h10, 6h12 Orléansville Abdelkader Benziane ben Abdelkader et Benarara ben Yahia ben Adda Bandits dans la région de Mostaganem, puis de Ténès. Arrêtés suite au braquage de la diligence de Ténès à Cherchell. Condamnés d'abord à Orléansville, puis à Mostaganem. Réveillés à 6h. Toilette rapide. Conduits en voiture place Victor-Hugo, devant le palais de justice. 14 mars 1923, 13 juin 1923
14 décembre 1923 Vendredi, 6h30 Touggourt Ali ben Kaddour et Ahmed ben Hounachi Le 17 décembre 1922, aux Ouled Djellal, étranglent avec un mouchoir M.Schaeffer, 74 ans, avant de le brûler vif en le couchant sur son lit et en mettant un seau de pétrole embrasé entre ses jambes. Pillent également la maison, et emportent 13.000 francs. Aïssa ben Loumachi, complice, est condamné aux travaux forcés à perpétuité. Transférés la veille de Constantine. Pas surpris le moins du monde, courageux. Grand nombre d'Algériens, exécution sans histoire. 15 août 1923
29 mars 1924 Samedi, 5h25 Ménerville Ahmed ben Mohamed Babassi PARRICIDE, 26 ans, garçon boucher. Egorge sa mère. Temps de pluie et brume. Transféré le 28 depuis Alger, dort d'un demi-sommeil, se réveille sitôt les officiels entrés dans sa cellule. "Français et indigènes doivent tous mourir un jour. Un peu plus tôt, un peu plus tard, cela n'a pas d'importance. Je n'ai pas peur." Toilette dans une salle de la gendarmerie. Ne semble pas vouloir parler au mufti, mais demande que son épouse remette à sa soeur tous ses biens, ainsi que de l'argent. Arrive à la machine, dressée à quinze mètres de la geôle locale, derrière une haie fleurie, en tenue parricide - gandoura blanche, pieds nus, voile noir. Dos à la machine, il entend l'arrêt de mort, parle une fois encore de ses dernières volontés. Environ 600 personnes, très silencieuses. 09 novembre 1923
07 avril 1924 Rabat Abderrahman ben Larbi 27 novembre 1923
05 juillet 1924 Samedi, 4h Tizi-Ouzou Hafsaoui Hamoud ben Ali Tua deux jeunes Algériens près de Bordj-Menaiel. Peu d'émotion, se dit innocent. Refuse cigarette et rhum. Va à la mort avec courage. Foule importante. 12 mars 1924, 17 mars 1924
10 juillet 1924 Rabat Layachi ben Abbès ben Fejgoun 01 mars 1924
14 août 1924 Casablanca Saïd ou Jabeur Assassinat et vol 21 mai 1924
18 août 1924 Tizi-Ouzou Hour Mohammed Saïd ben Ali 10 juin 1924
23 août 1924 Samedi, Constantine Abdelkader Djemoui 20 ans. Tua un jeune chamelier pour lui voler ses bêtes, les revendre au marché et aller faire la nouba. Peu de surprise au réveil. "Je m'y attendais." Jusqu'au Polygone d'exécution, se montre calme et résolu, se dirigeant seul vers le poteau.
28 octobre 1924 Mardi, 6h Alger Mohamed Belkadi ben Ali Egorge d'un coup de couteau dans la nuit du 08 au 09 septembre 1923 rue Sidi-Ramdane à Alger la prostituée Abdelkrir Adda bent Amar pour voler 931 francs et du linge. Environ 1000 personnes présentes. Réveillé à 5h45, semble accablé, ne dit pas un mot pendant une dizaine de minutes, ne se manifestant que durant la toilette pour que ses affaires soient remises à sa mère. Pendant la toilette, dit à l'imam qu'il est soulagé de voir sa mort arriver : "Comme cela, mes souffrances seront terminées !" Courageux, paraît devant la prison et dit en arabe : "Pardon à tous mes frères !" Sur la bascule, pris de panique, cherche à enlever sa tête de la lunette tout en récitant un verset du Coran. 12 juillet 1924
19 mars 1925 Jeudi, Jemmapes Ahmed ben Ohmane Boucetta et Mohamed Bendjeddou Assassinent le 06 février 1924 Mme Fillioz, épicière à Auribeau, pour la voler. 01 décembre 1924
27 octobre 1925 Mardi, 5h51, 5h57 Tizi-Ouzou Akli ben Saïd Kebdi



Facih Hamadane ben Ali
51 ans. A Fort-National, assassina son fils, dépeça le corps et l'enterra devant sa maison, avec la complicité de son épouse.



PARRICIDE, 31 ans. A Camp-du-Maréchal, tue son père et son frère.
Réveil à 5h30. Kebdi meurt courageusement. Facih, arrivant devant la guillotine en tenue parricide, a un mouvement de recul. Beaucoup de monde présent, bien que la nouvelle de l'exécution ait été révélée tard la veille. 12 juin 1925



17 juin 1925
13 février 1926 Samedi, 6h30 Maillot Zekrir Iddir ben Mohamed Tue près de Maillot le 11 janvier 1925 d'un coup de fusil le brigadier de gendarmerie Garagnon qui venait de le surprendre en plein braconnage. Transféré le 12 de la prison d'Alger, sous couvert de la reconstitution des faits. Réveillé à 6h15, peu de réaction de sa part. Pendant la toilette, proteste qu'il soit nécessaire de soulever sa gandoura pour lui lier les chevilles, et trouve les liens trop serrés. En quittant la gendarmerie, passant devant le juge Dubout, il lui dit bonhour en souriant. Arrivé place de la gendarmerie, devant la guillotine, observe la foule, cherche et appelle sa mère. Celle-ci est absente, tout comme les autres membres de sa famille. Résiste pour aller sur la bascule. 21 novembre 1925
23 mars 1926 Mardi, 5h31, 5h35 Alger Hamouri Dif ben Ali et Djellali Dahmane ben Chabachi 27 ans tous les deux. Dans la nuit du 18 au 19 juillet 1924, entraînent leur camarade Abderhaman Ahmed ben Sliman dans une chambre d'un hôtel de la rue de Chartres, à Alger, et l'égorgent à coups de rasoir pour lui voler les économies qu'il avait faites en France. Réveillés à 5h. Endormis depuis 3h, avaient veillé en mangeant toute la soirée - nous sommes durant Ramadan. Avaient demandé à être éveillés avant le lever du soleil pour pouvoir prendre une collation avant le jeûne, mais ne s'attendaient pas à être réveillés pour mourir. Informés, se mettent à hurler et à pleurer. Le mufti et l'interprète se chargent de les apaiser, et les condamnés demandent que leurs vêtements soit remis à leurs familles. Pendant la toilette, récitent le takbîr, et comme le soleil pointe, refusent cigarettes et café. Hamouri, voyant la guillotine, a le visage qui se décompose. Dahmane, arrivé devant la machine, refuse de faire un pas de plus, demande à parler. Il s'adresse à la foule en algérien, puis en français : "Ecoutez-moi ! Merci les Français ! Merci le drapeau français !" (Ou "Merci, les travaux forcés !" : les spectateurs ne sont pas certains de ce qu'ils ont entendu. Inhumés au cimetière d'El-Kettar. 23 novembre 1925
25 mars 1926 Jeudi, 5h45 Tiaret Faudel Mohamed ben Mostefa 26 ans. Egorge un jeune berger de 12 ans à Faidherbe le 13 mars 1925 pour s'emparer d'une agnelle. Arrêté le lendemain alors qu'il tente de vendre la bête à Tiaret. Réveillé à 5h30, murmure des paroles incompréhensibles. Refuse la tasse de café. Devant la guillotine, dressée devant la prison de la rue Canrobert, a un sursaut de panique vite réprimée. 16 décembre 1925
27 avril 1926 Tunis Sadok ben Mohamed ben Amar ben Boubaker Domestique. Assassine son patron, M.Meyer, dans la banlieue de Tunis, pour le voler. Meurt courageusement 03 novembre 1925
14 août 1926 Samedi, Tizi-Ouzou Amrouche Amar ben Saïd Abat le 22 novembre 1925 de deux coups de revolver l'agent de police Mustapha Harchaoui qui venait l'arrêter. Foule importante. Dit quelques mots devant l'échafaud. 26 mars 1926
16 décembre 1926 Jeudi, Aïn Leuh (Maroc) Amor ben Haddou ben Amor 20 juillet 1926
07 janvier 1927 Vendredi, 6h30 Biskra Filliachi ben Boulakras Le 06 mai 1926, tue son beau-père, son épouse, et blesse gravement sa belle-mère. Va au poteau avec courage, et pendant qu'on l'attache, prononce quelques mots qu'on ne comprend pas. 08 octobre 1926
17 février 1927 Jeudi, 6h21 Bougie Taghbalout Mohand ben Smaïl 30 ans, tueur à gages. Abat de deux coups de fusil, près de la gare d'El-Kseur le 21 décembre 1925, Bouiche Youcef ben Amar, 45 ans. Cette affaire serait son sixième meurtre. Réveillé à 6h10, dormait bien. Blêmit, puis répond : "Pourquoi me demander de mourir avec courage ? Je n'ai rien fait, je suis un Kabyle de vieille souche, et je n'ai pas peur." A l'interprète, dit "Tu périras, les autres aussi. Je meurs avant vous, c'est tout. Ce ne sont pas les Français qui me tuent, c'est Dieu qui l'a voulu ainsi !" Refuse café et cigarette, demande de l'eau, et lègue son burnous à un co-détenu. Pendant la toilette, dit : "Je suis un Kabyle digne, je n'ai pas peur. Je ne suis pas comme tant d'autres, ce n'est pas la peine de m'attacher, j'irai bien tout seul." Soulevé du tabouret, dit à l'imam et à l'interprète en français : "Donnez le bonjour à tous." Le répète alors qu'on lui passe la tête dans la lunette. Environ 1500 personnes présentes. 23 novembre 1926
05 mai 1927 Kheratta Semaoun ben Haïd ben Mohamed Tue M.Lombardo, inspecteur de la Sûreté. 23 février 1927
21 avril 1928 Casablanca Daoud ben Daoud m'Hamed Tua des bergers pour leur voler leurs troupeaux Fusillé dans une carrière près de la prison civile. La décision d'utiliser la guillotine au Maroc est prise juste après cette exécution. 22 novembre 1927
04 juin 1928 Lundi, 6h03 Hussein-Dey Kacem ben Salah 26 ans. Viole et tue à coups de pierres, le 20 juillet 1927 dans les gorges de Chabet Guem, territoire de Ghardaïa, le petit Omar ben Mohamed ben Ahmed, 9 ans. Réveillé à 5h à la prison Barberousse, ne comprend que quand l'interprète lui traduit et que le mufti l'incite à mourir avec courage. Horrifié, boit avec peine un peu de café, et accepte, sur les consels de son avocat Me Roullaud un verre de rhum qu'il avale d'un coup. Conduit en voiture jusqu'au au polygone de tir d'Hussein-Dey, en bas de la cité Divielle, face à la mer. Peu de spectateurs présents. En voyant le poteau, manque tomber, mais quand on cherche à lui mettre un bandeau jaune sur les yeux, proteste : "Laisse-moi voir". Demande à ce qu'on dénoue un peu les cordes, trop serrées à son goût. Après lecture du verdict par le lieutenant-greffier Guerry, exécuté rapidement, avec coup de grâce. Corps remis à l'hôpital militaire avant inhumation au cimetière d'El-Kettar. 24 janvier 1928
23 juin 1928 Samedi, 5h40 Chanzy Toumi Mohamed ben Ahmed Assassinat et vol qualifié d'un petit berger Algérien Exécuté place de la mairie 13 mars 1928
23 août 1928 Jeudi Casablanca (Maroc) Boudjemaa ben Ali ben Salah



Moktar Ben Hadj Lahoussine ben Amoar
Tua le colon Fraissinet.



Assassine le 13 mars 1928 à Casablanca M.Courcoux, son épouse et le jeune Bourouilloux, leur neveu de 13 ans, à coups de hache pour les voler.
Première venue de la guillotine au Maroc (?) Foule nombreuse, tant d'Européens que d'Algériens, autour de la prison. Réveillés, entendent la nouvelle avec calme. Conversent avec le mufti, procèdent aux ablutions rituelles, puis sont confiés aux exécuteurs. Boudjemaa, devant la guillotine, lance des regards affolés en direction du couteau, puis avance résolument. Quand vient le tour de Moktar, la foule hurle : "A mort !" Piqué au vif, le condamné insulte le peuple, les magistrats et l'exécuteur, avant de résister aux aides qui cherchent à le plaquer sur la bascule. Préférence marquée des spectateurs pour la fusillade, plus honorable à leurs yeux que la guillotine. 17 avril 1928



17 avril 1928
12 mars 1929 Mardi, 5h47 Bordj-Bou-Arreridj Khalafi Mohamed ben Amar Le 1er novembre 1927, assassine le garde forestier Joseph Nicolini. Son frère et complice Khalafi Khelifa ben Amar, condamné à mort, meurt à la prison de Sétif. Leurs complices et cousins, les frères Khalifi ben Moussa, sont condamné aux travaux forcés à perpétuité. Pas d'exécution depuis 31 ans. Transféré le 06 à Bordj, pensait que ce voyage ne précédait la mort que de quelques heures, mais suite à un délai supplémentaire, les gardiens tâchèrent de lui faire croire qu'il s'agissait là d'un supplément d'enquête. Réveil à 5h25. Demande à voir sa femme et ses enfants, mais ceux-ci sont absents. Demande qu'on confie à son épouse ses vêtements ainsi que ses économies, une quarantaine de francs, fume une cigarette et prend une tasse de café. Courageux, léger moment de faiblesse devant la guillotine, à l'entrée de la prison. Public nombreux, Européens et Algériens mêlés. 16 novembre 1928
20 avril 1929 Samedi, 6h20, 6h21 Rabat (Maroc) Larbi ben Mohamed ben Cherkaoui et Khalifa ben Mohamed Laïbi En août 1928, à Sidi-Yahta du Gharb, assassinent les époux Blanchard et leur bébé pour les voler. Bois de justice arrivés le 19, montés place de France. Réveillés à 5h55. Toilette rapide. Devant la guillotine, Cherkaoui, descendu le premier, ne cesse de pleurer en demandant grâce. Khalifa, lui, crie : "Je m'en fous ! Je m'en fous !" Applaudissements à la seconde chute du couperet. 05 décembre 1928
09 juillet 1929 Mardi, 4h03 Alger Mohamed ben Kaci "Chérifi" Chouifi Le 27 juillet 1927, près de Ménerville, assassine pour le voler Mohamed Bougherza. Incarcéré dans la cellule 12 avec le nommé "Babouche", assassin de M.Soler. A 3h45, "Babouche" est transféré dans une autre cellule, et Chouifi reçoit la nouvelle de son exécution avec une émotion de courte durée. Fait ses ablutions, prie et dit : "Vous ferez ensuite de moi ce que vous voudrez." Pendant la toilette, dicte à l'interprète et au Bash-Adil (le greffier) ses ultimes volontés, notamment le legs à son ami Boussaïd d'un terrain à la condition que ce dernier veille sur l'éducation de ses deux enfants. L'imam l'incitant à mourir en croyant, il rétorque : "La mort ne me fait pas peur. C'est une sale vie, ici. J'aime mieux aller dans l'autre. Je demande toutefois à être enterré par les soins de la confrérie des Hallaouiza (?)". Boit une tasse de café, après s'être fait promettre qu'il n'y a pas d'alcool dedans. Fixe le couperet en priant jusqu'à être basculé. 19 février 1929
22 août 1929 Jeudi, 4h44, 4h46 Alger Azouzi Saïd ben Azzouz et Azouzi Ameur ben Slimane A Ouled-Fayet, le 21 janvier 1929, égorgent l'aide-forgeron Kaddour Touïdi, collègue d'Ameur, pour voler son argent et ses vêtements. Informé, Saïd affirme son innocence, et son cousin Ameur reste muet, impassible, allant jusqu'à refuser les secours de la religion. Passent des vêtements propres, puis se lavent et prient. Saïd se prépare une cigarette, fume et confie le tabac à son cousin : "Eh bien, que veux-tu ? C'est la mort, et je n'ai pas peur de mourir. Ceux qui ont pris nos biens, tant mieux pour eux." Toilette au parloir, Saïd psalmodie et dit régulièrement qu'il est innocent. Ameur embrasse son cousin, les yeux humides. Saïd avale une tasse de café, Ameur refuse : "Merci, je n'ai rien demandé, je ne veux pas boire". Il accepte cependant une nouvelle cigarette. Saïd meurt en essayant de sortir sa tête de la lunette tout en récitant les versets du Coran, Ameur meurt avec calme, cigarette aux lèvres. 20 mars 1929
26 août 1929 Fez Mohamed ben Ahmed Tirailleur marocain. Meurtrier du sergent Prévost. Meurt courageusement.
11 septembre 1929 Mercredi, 5h07 Alger Mahmoudi Rabah Blesse mortellement le 16 mai 1927 au lieu-dit "Les Eucalyptus", près de Maison-Carrée, Cherfi Mohamed ben Saïd, d'un coup de revolver et plusieurs coups de matraque, pour lui voler 5.500 francs. Ses deux complices, Baïchem Larbi et Azouz Saïd, condamnés à mort, bénéficient d'une grâce présidentielle. Ciel nuageux. Déjà réveillé à l'arrivée des officiels à 4h55 : les trois condamnés sont pris de panique et hurlent de peur. Larbi et Azouz sont informés de leur grâce, mais leur effroi est si grand qu'ils ne comprennent pas. Il faut les transférer dans une autre cellule. Mahmoudi, lui, hurle à s'en déchirer la gorge et se bat contre les gardiens qui doivent le maîtriser. Il en profite pour se griffer le visage jusqu'au sang. Durant la toilette, ne prêtant aucune attention aux paroles de réconfort du mufti, continue à geindre en bougeant la tête comme un fou. Pleure jusqu'à la chute du couperet. 18 mai 1929
08 mars 1930 Samedi Tunis Hassen ben Ali ben Salah Benzerti Tua Marcel Demma, un jeune colon. Son complice Houssine, condamné à mort, est gracié. Bien qu'il eut toujours affirmé son innocence, Hassen va à l'échafaud avec courage en demandant pardon à la foule. Foule importante, en majorité des Européens. 06 juillet 1929
14 août 1930 Jeudi, 4h43 Alger Bourias Mohamed Areski Quintuple meurtrier : à Bablil, le 28 octobre 1926, décide de se venger de son propre frère Chérif, qui avait porté plainte contre lui pour avoir frappé son épouse. L'abat d'un coup de fusil, blesse le garde-champêtre qui lui ordonnait de se rendre et tue au passage une fillette Sider Zineb ben Ahmed, 2 ans, alors dans les bras de sa mère, laquelle est blessée au bras, puis abat deux passants et une femme. Au réveil, prie avec l'imam. Très calme, se contente de demander, pendant la toilette, qu'on ne lui lie pas les mains. Accepte le café et la cigarette. En franchissant le portail, dit adieu à ses gardiens. 25 mars 1930
31 décembre 1930 Mercredi, 6h45 Alger Abdul Abdouni Ahmed Assassine en juin 1928 sur la route entre Hussein-Dey et Maison-Carrée le tirailleur Maurice Doléans. Bourhala Mohamed, son complice, condamné à mort, est grâcié. Peu de monde devant la prison. Machine montée à 5h20. Réveillé à 6h30 dans la cellule 11, déjà réveillé, accueille les officiels debout, en grognant comme un animal, cherchant à les attaquer, rapidement maîtrisé. Quand on lui prie de faire preuve de courage, il répond : "Je suis un homme... je n'ai pas peur, je serai courageux." Demande à embrasser son complice, ce qui lui est refusé, puis confie à son avocat, Me Roger, un portefeuille contenant des lettres, à l'intention de sa famille. Refuse le café, mais accepte des cigarettes avant de rester avec un imam et un cadi. Pendant la toilette, râle : "Vous serrez trop fort... vous allez me couper la tête, et avant, vous me coupez les bras... c'est pas légal !" Prie avec l'imam, dit de temps en temps qu'il est innocent, demande à l'avocat de lire à haute voix l'une des lettres, et réclame au Procureur qu'on donne à l'un des gardiens ses affaires restées en cellule. Cigarette aux lèvres, arrive devant la bascule, laisse tomber le mégot, puis dit, la tête engagée dans la lunette : "Je suis innocent." 14 mai 1930
14 octobre 1931 5h53, 5h57 Alger Derrouazi Fjelloui ben Mohammed et Farhi Ali ben Abdelkader Tuèrent Marie Cerda pour la voler le 30 mars 1930 dans une ferme entre Alger et Maison-Carrée pour la voler. Leurs complices, Ahmed et Abdelkader Farhi, condamnés à mort, sont graciés. Guillotine encore plus rapprochée de l'entrée de la prison. Réveillés à 5h45, refusent toute aide, tant du mufti que de leurs avocats. Tous deux déclarent : "Il y a longtemps que nous savons que nous devons mourir. Nous le ferons en bons musulmans." Prient en silence pendant la toilette, refusent café et cigarettes. Double exécution sans histoire, peu d'assistance : présence du veuf de la victime et de leurs enfants. 23 mai 1931
27 février 1932 Samedi, 5h55 Sétif Louil Aïssa ben Ahmed 26 ans. Tue à coups de bâton le 02 décembre 1930 François Ambrosino, gérant de la coopérative de Tocqueville, pour le voler. Résigné, refuse aide de la religion, café et cigarette. Simple mouvement de recul devant la machine. 07 novembre 1931
06 avril 1932 Mercredi, 5h20 Miliana Belhouari Mohamed ben Daoud Assassine pour le voler Mohammed Ferroukhi, commerçant à Miliana, 70 ans. Réveillé à 5h quand un garde lui secoue l'épaule. Courageux, il affirme être innocent. Comme le mufti tente de l'apaiser, il répond : "Oui, mais qu'a-t-on fait à ceux qui m'ont amené ici ?" Refuse de prier, de boire un café et de fumer une cigarette, quitte la cellule pour gagner la cour d'entrée pour la toilette. Demande à voir ses parents, ce qui est impossible. Regarde la machine, hébété. Quand le couperet tombe, un seul spectateur a le culot d'applaudir. 15 décembre 1931
07 avril 1932 Jeudi, 5h35 Orléansville Bhaloul Ahmed ben Belkacem PARRICIDE. Assassina son père et sa belle-mère au douar Béni-Haoua. Guillotine montrée entre la place Victor-Hugo, la rue de Rome et le palais de justice. Réveillé à 5h15, dormait bien. Ses deux compagnons de cellule s'enfuient, il se lève calmement, un peu surpris. Informé, il dit : "Ah, ce n'est pas pour me faire sortir !" A l'interprète qui lui dit s'il a quelque chose à demander, il répond : "J'avais demandé la justice." Le juge répond : "La justice s'est prononcée irrévocablement contre toi. Prépare-toi à mourir." Il réclame de voir une dernière fois ses enfants, mais ceux-ci ont été avertis de l'exécution mais n'ont pas jugé bon de se déplacer. N'ayant aucune dernière volonté, il dit au mufti : "La mort est pour tout le monde. Vous mourrez tous, comme moi. Je ne crains donc pas le châtiment qui m'attend. Au revoir, et pardonnez-moi tous." Conduit au vestibule, il est toiletté. Il se plaint parce qu'on lui serre les poignets trop fort, puis voyant les ciseaux, pâlit : "Ne me tuez pas ici ! Je veux voir le ciel !" On le rassure, puis on lui passe la chemise et le voile. Monte dans une camionnette automobile, restant les pieds nus sur le marche-pied arrière. Le camion s'arrête à une dizaine de mètres de la machine : le condamné va vers elle à reculons, pendant qu'un huissier lit l'arrêt de mort, qu'un interprète traduit. Le condamné est dévoilé, regarde la guillotine et le public : "O gens, O musulmans ! Pardonnez-moi !" Se laisse basculer en priant. 24 novembre 1931
23 juin 1932 Jeudi, 3h59 Bordj Bou Arreridj Mekhloufi Saad ben Makhlouf 40 ans, assassin du garde-forestier Quillichini le 24 février 1931 à Dreat d'un coup de fusil en plein visage. Son frère et complice Mekhloufi Aïssa ben Makhlouf, condamné à mort, est grâcié. Transféré la veille de la prison de Sétif à celle de Bordj. Guillotine montée à 2h45. A l'arrivée des officiels, à 3h52, était déjà réveillé et priait. Informé, dit : "Je suis innocent, je m'en rapporte à la décision de la justice." Dit qu'il lègue ses affaires à son frère, et refuse l'imam : "Connaissant les prières, je me passe de ton assistance." Refuse café et cigarette, toilette très rapide. 25 février 1932
01 août 1932 Lundi, 4h13 Bône Taffahi Mohamed ben Chérif Tue à coups de serpe, le 14 février 1932 au douar Cheffia, près de Morris, le cantonnier Jean Missud, après que ce dernier l'ait invité à dîner, avant de l'achever de deux coups de fusil à bout portant. Vole les vêtements, une montre, le fusil qu'il cache dans une grotte dans la montagne. Machine montée à 3h05. Réveillé à 4h, dormait profondément. Pas d'émotion, refuse le rhum et la cigarette, et promet d'avoir du courage. Pendant la toilette, se ravise pour la cigarette, mais a à peine le temps de la fumer. Foule imposante. 29 février 1932
16 septembre 1932 Vendredi, Constantine Aoun Abdallah ben Mouloud Tue près de Bizot, le 20 août 1931, Hamezoune Rabah ben Mohamed pour le voler. Aoun Ahmed ben Salah est condamné à dix ans de travaux forcés et Messaoud Rahil à 5 ans de prison. 04 juillet 1932
10 décembre 1932 Samedi Marrakech Mohamed ben Ahmed ben Lhacen Auteur d'un triple assassinat à Marrakech Fusillé, conformément au dahir du 20 novembre 1932 qui institue pour les condamnés marocains le peloton plutôt que l'échafaud. Meurt courageusement. 30 janvier 1932
08 mars 1933 Mercredi, 5h58 Blida Boukhelif Ahmed ben Saïd 28 ans. Condamné le 16 juillet 1931 par la cour criminelle aux travaux forcs pour vols en compagnie de son complice Mohamed Ouzzani, tentent de s'évader dans la nuit du 11 au 12 août 1931 mais sont vus et mis au cachot. Le 16, attirent le gardien Joseph Fanès dans leur cellule, tentent de l'étrangler avant que Boukhelif récupère le revolver du gardien et le blesse mortellement de deux coups de feu à l'épaule et en plein torse. Ouzzani meurt en prison le 20 mai 1932. Pas d'exécution depuis 1914. Temps de pluie. Endormi à 2h, réveillé à 5h45. Calme, répond qu'il aura du courage. Demande aux magistrats de donner deux lettres à son frère, sa seule famille, qui se trouve alors en prison à Alger pour vol. Prie avec le mufti. Pendant la levée d'écrou, jure qu'il aura du courage : "Le courage, c'est pour les hommes." Refuse cigarette et verre de rhum. Légère défaillance pour parcourir les six mètres qui séparent le portail de la machine. 1.200 spectateurs environ. 16 août 1931
02 mai 1933 Mardi, 4h40 Tizi-Ouzou Maradji Amar ben Ahmed 38 ans. Tueur à gages. Son complice, Aït Ameur, est condamné aux travaux forcés à perpétuité. Déjà réveillé à 4h25, avait passé une partie de la nuit à prier, pâle et parlant à peine. Affirme qu'il aura du courage, et qu'il parlera à la foule. Pendant la toilette, boit un peu de café, refuse le rhum et la cigarette. A Me Talhi, dit : "Je mourrai avec courage, en musulman et en bon Kabyle. La mort est faite pour les hommes." Exécution rapide et sans histoire. 13 janvier 1933
06 juillet 1933 Jeudi, 3h50 Bougie Bachioua Mohammed 46 ans. Abat d'un coup de revolver, entre les douars Tarariat et Draa El-Caïd, Mouloud Khiar pour lui voler son portefeuille, contenant 45 francs, le 19 mars 1932. Au réveil, assez calme, demande pourquoi on ne l'a pas prévenu plus tôt afin qu'il en informe son épouse et leurs quatre enfants. Refuse d'être enterré dans son douar et demande que ses vêtements civils soient rendus à son frère et ses enfants. Refuse café, rhum et cigarette. Toilette rapide et sans histoire à quelques mètres du portail. Pâlit terriblement devant la machine, rapidement basculé. 21 février 1933
09 août 1933 Casablanca Abdelkader ben Mohamed Caporal, meneur de l'attaque du poste d'Aguelfa. Fusillé.
17 mai 1934 Jeudi Tizi-Ouzou Dahlab Saïd ben Lakdar A Tagdempt, le 20 décembre 1932, assassine de deux coups de fusil le chef de chantier Joseph Garrus pour lui voler la paye des ouvriers, avant de l'achever d'une vingtaine de coups de couteau, le décapitant presque. Abdelkader Boulouazi, complice, est condamné aux travaux forcés à perpétuité. Dormait profondément à l'arrivée des officiels, à 3h55. Ne réagit pas. Pendant toilette dans le vestibule, refuse tasse de café mais accepte cigarette. En voyant la guillotine, il a un mouvement de panique, devient raide comme un piquet. Les adjoints doivent le plaquer sur la bascule et le maintenir en place. 23 décembre 1933
17 août 1934 Vendredi, 4h40 Bougie Bougaci Mohamed ben Belkacem PARRICIDE. 31 ans, maçon. Abat à coups de fusil à Djidjelli, le 22 juin 1933, sa belle-mère, son père, son épouse et le fils de sa belle-mère. Réveillé à 4h31, dormait bien. Se montre digne. Refuse cigarette, café et eau. Revêtu de la tenue des PARRICIDE.s. Accompagné jusqu'à la bascule par un imam. Lecture de la sentence en français, puis en arabe. Pendant ce temps, psalmodie la chahada. Quand on lui retire le voile et qu'il voit la machine, pâlit et demande à boire. "Je veux boire. Pourquoi on ne me donne pas à boire ?" Poussé immédiatement sur la bascule. 02 juin 1934
09 février 1935 Samedi, 7h15 Casablanca Mohamed ben Bouchari Domestique. Assassine le 06 mai 1934 à Sidi-ben-Nour sa patronne, Mme Acquaviva, pour la voler. Fusillé dans la carrière du parc à fourrage, route de Médiouna. Courageux dès le réveil, mais perdant sses forces durant le trajet. Doit être porté jusqu'au poteau : s'évanouit tout à fait quand on l'attache. 08 novembre 1934
18 octobre 1935 Vendredi, 5h40 Bougie Ouali Ali ben Messaoud 37 ans, commerçant. Etrangle avec une cordelette sa maîtresse, Fatma Moussaoui, 38 ans, vole ses bijoux et jette son corps dans un puits au Fort-Clauzel dans la nuit du 26 au 27 novembre 1934. Réveillé à 5h30, dormait bien. Se résigne, recommande ses deux enfants au Cadi, accepte une tasse de café et tire quelques bouffées de cigarette avant de la rejeter. Répète les versets du Coran. Durant la toilette, s'excuse auprès des autorités de tout le dérangement qu'il provoque. Psalmodie des prières jusque devant l'échafaud, et sur la bascule, demande pardon à Dieu et à la Société. 27 juillet 1935
11 juin 1936 Jeudi, 4h25 Oran Abdelkader ben Haddou Hadj Ali Marocain, assassine à coups de hache deux compagnons de travail dans la nuit du 24 au 25 avril 1934 à Assi-Bou-Nif. Réveillé à 4h, aucune émotion, demande à prendre une douche et du café. Pendant la toilette, affirme au procureur : "Je suis le seul coupable, je n'ai pas de complices !" Devant la bécane, crie plusieurs fois : "Mort aux vaches !" 20 février 1936
01 mars 1937 Lundi, 5h43 Bône Hamza Salah ben Mohamed 50 ans, journalier. En 1935, en compagnie de sa femme Hazini Ramda bent Elkaïd, 36 ans. En novembre 1935, tendent un piège à Bône à Adjina Benacida, qu'ils décapitent pour lui voler ses bijoux avant de jeter son corps dans un ravin à 4 kilomètres de la ville. Hazini Ramda, condamnée à mort, est grâciée. Boutarfa Diara bent Amor, 43 ans, complice secondaire, est acquittée. Réveillé à 5h25. Meurt courageusement. RAS. 03 décembre 1936
22 mai 1937 Samedi, 4h20 Sidi-Bel-Abbès Bouslah Mohammed ben Abdallah Au douar Ouled Djeddi le 23 octobre 1935, abat d'un coup de fusil Mohamed Desmoudi et débite le corps en deux pour les jeter dans la campagne : recherché pour un autre meurtre, Bouslah soupçonnait sa victime d'avoir l'intention de le trahir. Son complice Boumédiene Moualid est condamné à cinq ans de travaux forcés. Réveillé à 4h, pris d'un malaise. Ranimé par le médecin. Toilette rapide. En franchissant la porte, dit : "Laisse-moi parler... je n'ai rien fait..." 01 décembre 1936
27 octobre 1937 Mardi, 5h45 Palikao Abdelkader Khiter ould ben Ali 26 ans, ouvrier agricole. Egorge sa patronne, Félicie Duhaut, veuve Boulanger, 76 ans, le 1er décembre 1936 à Palikao, parce qu'elle l'avait surpris en plein cambriolage. Son complice, Aouane Habib ould Lakhdar, 62 ans, jardinier, se pend en cellule le 05 décembre. Réveillé à 5h, ne comprend pas ce qui se passe. Se laisse faire, refuse la cigarette, et doit être soutenu par les aides de l'exécuteur pour être conduit à la machine. 1937
03 juin 1938 Vendredi, 4h48, 4h50 Oran Hassan ben Mohamed et Ahmed ben Hamou Frappent de 112 coups de couteau l'ouvrier agricole Mohamed ben Slimoun, qui survit mais demeure handicapé à 70%. Réveillés à 4h30. Ben Hamou se fâche contre le mufti, mais son complice s'interpose et présente ses excuses à ce dernier : "Tu comprends... on va mourir... alors !" Refusent le rhum. Ben Mohamed demande qu'on partage les 350 francs de son pécule aux autres détenus, puis va vers la guillotine. Ben Hamou résiste, surtout quand il aperçoit le corps décapité de son complice dans le panier latéral. 09 mars 1938
27 août 1938 Samedi, Sétif Belkireche Belkacem ben Saïd Assassina son neveu Se dirige, raide comme un robot, vers la guillotine. 06 juillet 1938
24 septembre 1938 Samedi, 5h20 Alger Abbad Hamoud ben Amar Assassin d'un Algérien à Tablat le 20 janvier 1937. Déjà réveillé à l'arrivée des officiels, pas surpris. "Je préfère la mort à la prison perpétuelle." Prie avec le mufti, puis est remis aux exécuteurs. Quand on découpe le col, il a un mouvement de recul. Fume une cigarette, demande en vain à voir ses parents pour leur demander pardon, ainsi que de ne pas être attaché - ces deux requêtes étant refusées. Va à la machine, les yeux fixés sur le couperet. Peu de monde présent. 08 juillet 1938
29 décembre 1938 7h15, 7h16, 7h17 Oran Fahar Mohamed ould Abdelkader et Nour Tahar ould Saïd



Aaron "Henri" Zaoui



29 ans, journalier et 26 ans, docker. Commettent deux assassinats le 10 mai 1936 à Oran, qui leur rapportent 15 et 3 francs ; également inculpés de violences à agents. Abdelkader Belkacem est condamné à trois ans de prison.



Le 05 décembre 1935, non loin de Noisy-les-Bains, assassine de trois balles de revolver Jules Aubertin, mutilé de guerre, conseiller municipal d'El Biar, pour ne pas avoir à payer une dette de 175.000 francs, et tente de faire passer le crime pour un accident de la route en jetant la voiture de sa victime contre un arbre et en y mettant le feu.
Guillotine dressée boulevard Paul-Doumer, à environ 25 mètres de la nouvelle prison. Pendant le montage, l'aide Berger trébuche et fait tomber un des montants sur son pied, provoquant une fracture. Réveil à 6h30. Fahar et Nour dorment, Zaoui est éveillé depuis 1h30. "Qui êtes-vous ?" demande Zaoui. Proteste : "Je n'ai qu'une déclaration à faire ; sur la tête de mes trois enfants je jure, au moment où je vais mourir, que je suis innocent du crime dont on m'accuse. Le coupable c'est X. qui connaissait bien le regretté Aubertin et sa veuve. C'est après la première autopsie, après le départ des trois médecins et avant l'arrivée, une heure plus tard, du commissaire Mathieu, qu'il a tiré les trois balles dans le cadavre pour toucher la prime d'assurance de trois cent mille francs. J’adjure la justice de faire toute la lumière sur cette affaire, de rechercher et de punir le vrai coupable.» Fahar et Nour disent juste : "Mektoub" en apprenant la nouvelle, et acceptent d'entendre les prières. Pendant qu'on les conduit au greffe, Zaoui fait une remarque au gardien qui vient de poser sa main sur son bras : "C'est inutile de me tenir. Ne craignez rien, je vous suis... du reste, votre main est glacée." Pendant la toilette, rompant le silence, Zaoui dit au procureur : "Laissez-moi vous jurer, sur la tête de mes enfants, que je suis innocent !" Il embrasse Me Tabet et demande qu'il s'occupe de ses petits, puis refuse alcool et cigarette, ainsi que l'aide du rabbin : "Laissez-moi, avec votre Dieu ! S'il existait, je ne serais pas là, je n'aurais pas été condamné... d'ailleurs, je suis libre penseur." . Fahar boit un demi-litre de café, plus un litre d'eau, et Nour fait un solide petit déjeuner, offert par un gardien. Au mufti, dit : "Ma mort était déjà écrite quand j'étais dans le ventre de ma mère." Au moment où les exécuteurs s'affairent et soulèvent le premier condamné, Zaoui s'adresse aux gardiens, qu'il remercie, et obtient le droit d'embrasser les deux autres condamnés. Fahar fait un signe à un gardien sur sa droite en quittant la prison. Nour crache son mégot en aperçevant la bécane. Zaoui avance, pâle mais ferme. Il voit les corps des deux autres condamnés dans le panier, se raidit, tourne la tête et hurle : "Je meurs en innocent !" 03 juin 1938



28 juin 1938
18 mars 1939 Samedi, 5h35 Oran Abdelkader Boulendja Assassine le 22 octobre 1936 à Oued-Imbert la veuve Aubin, 63 ans, pour la voler. Son complice, Kara Ghouraf, condamné à mort, est gracié. La nouvelle le prend de court, il manque en perdre connaissance. Il recommande sa femme, sa mère et leurs enfants au mufti. Face à la machine, s'évanouit et doit être porté sur la bascule. 09 décembre 1938
18 avril 1939 Mardi, 4h44 Bougie Saïd Tuzi Ougdal ben Ahmed 38 ans. Abat en 1937 un enfant de 14 ans au douar Djaoua. Se montre courageux, affirme préférer la mort à la prison. Courageux face à la guillotine. 09 février 1939
05 juin 1939 Lundi, 3h58 Batna Berkane Bouaziz Meurtrier du garde forestier Don Poli Réveillé à 3h30. Calme, accepte, résigné. Refuse la cigarette et le café, va à l'échafaud d'un pas assuré. 04 mars 1939
08 juin 1939 Jeudi Philippeville Bouzid Belkacem Assassina son cousin Ahmed Bouzid à coups de fusil, et camoufla le crime en accident ; il entendait, en le tuant, épouser sa veuve et profiter des biens du couple (au final, la veuve épousera non pas l'assassin, mais le frère de ce dernier !). Dernière exécution publique en Algérie. 24 février 1939
19 août 1939 Samedi, Philippeville Rahmani Zihana ben Ahmed PARRICIDE, 41 ans. Assassina trois personnes, dont son propre père. Première exécution privée en Algérie. 09 juin 1939
22 août 1939 Sousse (Tunisie) Mohamed ben Salah ben Milani El Gharbi, Ben Kassem ben Ali Djaffel Trabalsi, Abderrahman ben Hassim ben Mohamed ben Chaouch et El Hadi ben Hassim ben Mohamed ben Chaouch Assassinèrent les époux Fortuné di Bartolo le 28 novembre 1937 à Henchir Sofiane, près de Gremballa, pour les voler. Condamnés en première instance par le tribunal de Tunis. Kilani ben Béchir ben Hadj, condamné en première instance à 20 ans de prison et à mort lors du second procès, se tranche la gorge avec une lame de rasoir lors d'une promenade au lendemain du second procès. 26 avril 1939, 7 mai 1939
07 février 1941 Constantine Bahri Mostefa 33 ans. Egorgea le 13 janvier 1939 un enfant aux Ouled-Djellal. Condamné par le conseil de guerre. 24 juillet 1940
06 mai 1941 Orléansville Eugène Cavert Cheminot, récemment renvoyé, déboulonna le tire-fond d'un aiguillage de la voie ferrée Alger-Oran le 17 avril 1938, à trois kilomètres de la gare des Attafs-Carnot, provoquant le déraillement de l'express. Six personnes décèdent : M.Derouaz, M.Bianchi, M.Michel Perrin, Mlle Barcelot, et les époux Mouren, dont la femme était enceinte. En outre, l'attentat fait une quinzaine de blessés, dont deux graves, notamment M.Marchica, mécanicien ferroviaire, qui doit s'amputer le bras gauche, coincé sous des poutrelles d'acier, avec son propre canif. 14 juin 1940
24 mai 1941 Bougie Malek Mohamed Saïd ben Mohamed Assassinat 16 décembre 1940
13 août 1941 Mercredi, Bougie Amar ben Amar Mihoubi Double assassinat à Aïn-Kerma. 17 mars 1941
mars 1942 Sétif Kouane Abdallah ben Daoud Assassinat. 12 novembre 1941
13 avril 1942 Lundi, Tizi-Ouzou Mimoun ben Mohamed 21 ans. Le 14 juillet 1940, sur la plage de Castiglione, viole et tue Boukmis Mohamed ben Bouachel, 7 ans. Condamné à Blida, arrêt cassé. 29 mai 1941, 22 novembre 1941
05 mai 1942 Tunis Quatre condamnés Tuèrent un douanier
mai 1942 Bougie Salh ben Mostefa Bouaroudj PARRICIDE 19 décembre 1941
24 mai 1943 Sidi-Bel-Abbès Ahssen Lazreg Ould Larbi Assassinat. Condamné en première instance par les assises d'Oran, arrêt cassé, renvoyé devant les assises de Sidi-Bel-Abbès. 19 mai 1942, 1942
04 novembre 1943 Mascara Chafi Mohamed Ould Miloud Viole et assassine Mlle Teller, caissière d'une étude notariale de Mascara, le 15 avril 1941, avant de dépecer le corps pour s'en débarrasser. 26 mars 1943
05 novembre 1943 Tiaret Bartache Mohamed Ould Miloud Assassinat et vol qualifié le 24 août 1941 mai 1943
novembre 1943 Alger
21 novembre 1944 Oran Brahimi "Kouider Ould Drabil" Saïd Satyre assassin de deux fillettes, les fillettes du chef de gare d'Aïm el Arbag, à Souk-el-Arba. Dernière exécution d'Henri Roch. 24 juillet 1942
27 décembre 1944 Constantine Kabouche Abdelkader 01 juin 1944
25 janvier 1945 Casablanca Mohammed ben Abdessalem ben Boulaïb 21 ans. Après avoir, en septembre 1943, cambriolé une ferme de Berrechid, abat d'un coup de revolver le gendarme Dieudonné Fabert. 27 avril 1944
03 mars 1945 Alger Zouani Ahmed ben Allal Assassinat et vol qualifié 06 novembre 1944
mars 1945 Batna Maachi ben Hachemi ben Larbi PARRICIDE 18 novembre 1944
26 avril 1945 Alger Ahmed Kharzi PARRICIDE. 15 novembre 1944
après juillet 1945 Alger Seghiri Makhlouf ben Amar et Khledj Moussa ben Abdallah Assassinats 07 mars 1945
1945 Alger Arezki Outouguemi, Bentra Belkacem et Boukhazza
février 1946 Tunis Ali ben Mohamed ben Arbani et Ali ben Laroussi 17 novembre 1945
après le 19 août 1946 Tunis ? Bône ? Djizoune Hamidou ben Louafi 21 mars 1946
après le 12 décembre 1946 Rabat Ahmed ben m'Hamed ben Aïssa 21 mai 1946
1946
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14 janvier 1947 Constantine Ramani Mohamed ben Ameur Le 22 janvier 1941, entra chez Antoine Perez, 81 ans, à Fontaine-Fraîche, l'égorgea avec des ciseaux et vola l'argent et des vêtements. Déja condamné à Alger, arrêt cassé. 26 juillet 1946
02 juillet 1947 Batna Benssaoud Zayeb Assassinat d'un gardien de prison novembre 1946
juillet 1947 Sétif Hamani Mhamed ben Abdallah Assassinat d'un enfant et vol 21 février 1947
08 juillet 1947 Blida Hamsi Mohamed PARRICIDE, Triple meurtre : son père, sa marâtre, sa demi-soeur.
juillet 1947 Batna Un indigène Première exécution à laquelle assiste Fernand Meyssonnier, alors âgé de 16 ans.
16 septembre 1947 Alger Ben Mimoun Youcef ben Mohamed ould Ramdane 06 décembre 1945
20 septembre 1947 Batna Mohamed Hebbas ben Mohamed 11 mars 1947
après le 22 octobre 1947 Casablanca Mohamed Ayadi 03 mai 1947
18 novembre 1947 Alger Sliman Bellouniès Vol à main armée et assassinat d'un chauffeur
27 janvier 1948 Batna Gondjil Belkacem ben Belkhaci 04 juillet 1947
03 avril 1948 Alger Makhed Mohamed ben Brahim Assassin du brigadier Cazeau 1947
10 avril 1948 Sidi-Bel-Abbès Madeleine Maxence Le Veller, épouse Mouton Femme d'un gendarme, empoisonna 11 personnes. Face au caractère exceptionnel de l'exécution, le bourreau Berger se rend la veille dans la cellule en se faisant passer pour un entrepreneur de travaux et en affirmant que la cellule de Mme Mouton doit être repeinte dès le lendemain, 6 heures. Pour ce "transfert", la condamnée reçoit le soir-même une de ses robes civiles, et ne se méfie pas le moins du monde. Mais à l'arrivée des officiels, à 6h, tout devient clair. Elle perd connaissance, et le docteur doit pratiquer une injection glutéale pour la ranimer. COnduite gémissante au greffe, a les cheveux coupés et sa jupe attachée avec des épingles pour en faire un genre de jupe-culotte plus aisée à manipuler. L'aumônier parvient à l'apaiser, elle dit : "Je sais que je vais mourir, mais c'est juste. J'en ai tellement fait ! Je demande pardon à Dieu et à tout le monde." Doit être portée sur la machine car prise de faiblesse en quittant le greffe. A la dernière seconde, se débat, se retrouvant presque les jambes et la poitrine nues, en gémissant : "Mes enfants ! Mes enfants !" Dernière (et unique) femme guillotinée en Algérie. 15 novembre 1947
17 juin 1948 Alger Ameziane Areski Guerif ben Mohamed Assassinat et vol 20 janvier 1948
26 juin 1948 Guelma Aouïcha Abdallah ben Salah et Aber Naceur ben Mohammed Assassinat et vol 1947 et 12 novembre 1947
01 juillet 1948 Alger Belkacir Abdelkader Assassinat 22 janvier 1948
14 août 1948 Tunis Abdallah ben Mohamed ben Mabrouk, Abderhamman ben Salah ben Smida, Braïk ben Abbech ben Mohamed, Mben ben Djeddidi ben Mouza Assassinat et vol qualifié. Mabrouk condamné par les assises de Bizerte et les autres par le tribunal de Tunis. 21 novembre 1947 et 16 février 1948
10 novembre 1948 Sétif Achouri ben Embarek ben Messaoud Assassinat et vol qualifié 25 mai 1948
23 novembre 1948 Sfax (Tunisie) Mohammed ben Amor ben Brahim el Fardi Assassinat et vol qualifié 05 mai 1948
27 novembre 1948 Bône Loudjani Larbi ben Rabah Assassinat et vol qualifié. Note de Mr Meyssonnier : "Surnommé le gueulard : devant la bascule, n'a pas cessé de crier" 25 mai 1948
16 avril 1949 Constantine Ali ben Amor et Mohammed ben Amor Frères. Assassinat et vol.
14 mai 1949 Sétif Boubekeur Saïd ben Lakdar Assassin d'un jeune berger 29 novembre 1948
07 février 1950 Sousse (Tunisie) Un Tunisien Double assassinat de personnes âgées
01 mars 1950 Alger Mohamed Gamouche Assassinat crapuleux 29 octobre 1949
27 avril 1951 Constantine Chérif Fortas ben Lakdar 02 décembre 1950
22 janvier 1952 Alger Mansour ben Mohamed Belkarouil Assassin d'un patron de bar 10 juillet 1951
03 avril 1952 Tunis Mohamed ben Alouane ben Ali Dzouari et Souiki Abdelaziz ben Amar ben Ahmed Petits malfrats, abusèrent de la bonté du gardien Cornu qui cherchait à les réinsérer et le volèrent. Après avoir passé la fin de leur peine au cachot, égorgèrent l'épouse du gardien. Juste avant l'exécution, un accident cassa la lunette supérieure. Les condamnés furent décapités sans lunette. 08 novembre 1951
09 avril 1952 Batna Moussa Bouzidi ben Abdella Trois assassinats. Tenta de tuer les policiers venus l'arrêter. 22 novembre 1951
30 avril 1952 Tizi-Ouzou Amar ben Mohamed Kelfaoui Assassin d'un chauffeur de taxi 29 novembre 1951
17 juillet 1952 Sétif Ahmed Yahi ben Turki PARRICIDE. 29 janvier 1952
23 octobre 1952 Tizi-Ouzou Ioudaren Ali ben Saïd Sept assassinats 06 mars 1952
17 novembre 1953 Sousse (Tunisie) Taïeb ben Amor ben Ahmed el Saïssi Tua un couple de vieillards 25 avril 1953
11 février 1954 Oran Amar Dekhini Tua son frère, ainsi qu'un gendarme 21 juillet 1953
28 avril 1954 Sfax Mohamed ben Younes, Mohamed ben Hamed, Salah ben Mohamed Attaque d'un train 29 juillet 1953
05 janvier 1955 Alger Boudjema ben Abdallah Marocain, ouvrier agricole. Tue à Rouiba ses patrons, M. et Mme Vives, leurs neveux (11 et 10 ans), et les deux bergers de la ferme. Son frère cadet et complice, Abdelkader ben Abdallah, condamné à mort également, fut gracié. 22 mai 1954
14 juin 1955 Sousse (Tunisie) Mohamed ben M'Hamed Hassi Ben El Behi Meurtrier du curé de Kairouan 30 novembre 1954
04 août 1955 Blida Ladjalli Benhada Assassina son neveu de 11 ans
19 juin 1956 Alger Ahmed Zahane et Adbelkader Ferradj Première exécution des "terroristes" du FLN
03 juillet 1956 Oran Laïb ben Mohammed Terroriste. Attentat à la grenade devant un cinéma : 4 morts, 20 blessés.
07 août 1956 Constantine Mahmed Belkhaïria Terroriste. Déserteur, lança des grenades dans des établissements publics : une femme tuée, 13 blessés.
09 août 1956 Alger Mohamed Tifrouine Terroriste. Tua le gendarme Roch d'un coup de douk-douk dans la tête et vola son arme.
04 décembre 1956 Oran Abdelkader Boumelik Terroriste. Assassinat et tentatives d'assassinat.
13 décembre 1956 Constantine Abdelhamid Nacerdine Terroriste. Assassinat et tentative d'assassinat.
29 décembre 1956 Oran Kaddour ben Rabah Criminel de droit commun
02 janvier 1957 Constantine Mohammed Saadia et Badbir Hadjadj Terroristes.
24 janvier 1957 Constantine Rabah Bouchaïba Terroriste
02 février 1957 Constantine Hamid Benmaliamed, Mérabet Mohamed, Laoubi Saïd, Zenfaya Hamouda Terroristes.
07 février 1957 Oran Ykhlef Benchetouf, Benttayed Mohamed, Gaoual Benhammar, Boucherika Ahmed et Kebdani Miloud Terroristes
11 février 1957 Alger Mohammed Ouennoui, Mohammed Lakhnèche et Fernard Iveton Terroristes
13 février 1957 Constantine Zaïdi Amor, Arif Fehrat, Layachi Mohamed et Boumlika Allous
14 février 1957 Oran Ahmed Ammou
19 février 1957 Alger Mohammed Mazica
21 février 1957 Constantine Salah Boulkéroua et Mestak Mohammed
02 mars 1957 Constantine Mared Belkacem et Choufi Mohamed
04 mars 1957 Alger Mohamed Larbi ben M'Hidi
18 mars 1957 Constantine Abdel Madjib, Djelbar Septi, Brahamia Rabah
19 mars 1957 Oran Mohammed Resioni
08 avril 1957 Alger Rabouche Saïd, Ames Manseri et Louni Areski
10 avril 1957 Oran Harmou Mokhtar, Senouci Abdelkader et Zerouk Ghaouti
11 avril 1957 Constantine Beddiar Fehrat
23 mai 1957 Alger Boutrik Miloud et Azzouz Saïd
25 mai 1957 Oran Mohamed Benbakhti
20 juin 1957 Alger Saïd Touati, Bellanimi Mohand, Lakhal Boualem, Hamida Radi Les poseurs de bombes du stade
22 juin 1957 Alger Ferradj Makhlouf, Hahad Abderrazak ben Mohamed, Gacem Mohamed Seghir et Labdi Jafar ben Abdelkrim Makhlouf, frère d'Abdelkader Makhlouf, exécuté le 19 juin 1956.
25 juin 1957 Oran Saada Bendahmane et Kamel ben Aïssa
26 juin 1957 Constantine Yousfi Abdemadjad
02 juillet 1957 Oran Youssi Mohamed et Zenasni Ahmed Terroristes
03 juillet 1957 Constantine Fizi Mohamed Lakdar, Fizi Salah ben Amar, Fizi Mohammed ben Ali et Benchika Mostefa Membres du FLN, massacrèrent trois enfants pieds-noirs le 03 mai 1956.
25 juillet 1957 Alger Badèche ben Hamdi, Labdi Ali et Hasni Boualem Badèche est accusé d'avoir, le 28 décembre 1956, tue le maire de Boufarik, Amedée Froger. Défendu par Me Gisèle Halimi. 11 avril 1957
27 juillet 1957 Oran Yklef Belaïd et Hassan ben Ahmed Terroristes
10 août 1957 Alger Sidi Iklef et Laab Zayeb Zayeb assassina un inspecteur
14 août 1957 Constantine Deux indigènes
09 octobre 1957 Alger 3 membres du FLN
10 octobre 1957 Alger 3 membres du FLN
12 octobre 1957 Constantine 3 membres du FLN
12 novembre 1957 Alger 3 indigènes
13 novembre 1957 Alger 2 indigènes
14 novembre 1957 Constantine Un indigène
07 décembre 1957 Constantine Quatre indigènes
17 février 1958 Alger Trois membres du FLN
18 février 1958 Alger Trois membres du FLN
22 février 1958 Constantine Azzi Areski, Gueroui Brahim, Bellout Brahim, Lachouri Rachid Le troisième condamné se débattit tant qu'il tomba dans la corbeille, sur les corps des deux guillotinés précédents.
1958 Alger Ferrhat Amar
24 avril 1958 Alger Abderrhammane Taleb, Gharbi Saïd et Saad ben Belgacem Taleb était le chimiste, qui fabriquait les bombes. Gharbi tua un gendarme et un jeune pied-noir, Belgacem tua le lieutenant Geoffroy et sa femme.
29 avril 1958 Constantine Khaldi Brahim, Abaci Ahmed et Harrouche Saïd
30 avril 1958 Constantine Hammadou Hocine, Bouchelaghem Mohamed et Bourras Tayeb
25 août 1958 Alger Aoussi ben Mohamed et Aoussi Mohammed ben Bachir Frères. Derniere exécution de "terroristes" du FLN. L'adjoint et fils de l'exécuteur, Mr Fernand Meyssonnier, actionnera exceptionnellement le couperet. 07 septembre 1957
02 septembre 1958 Constantine Hameur-Laïm Mohammed Crime de droit commun
21 mai 1959 Oran Bouzid Kaddour Viol et meurtre 15 novembre 1958
12 août 1959 Oran Ouïs Mostifa ould Habib Viols et meurtres Dernière utilisation de la guillotine en Algérie. 23 janvier 1959, 24 janvier 1959


Pays - Département Images Ville Nom Adresse Période Histoire du lieu Nombre d'exécutions
Algérie - Alger

Alger Prison Barberousse/Serkadji Boulevard Abderzak Hadad (ex-boulevard Valée) 1857-2014 Construite en lieu et place d'une ancienne forteresse turque surplombant la Casbah et la mer. Au moment de l'indépendance, elle est fermée quelque temps avant d'être utilisée à nouveau sous Boumedienne. L'ancienne prison devrait désormais devenir un musée, et l'endroit conservé en l'état pour permettre à des réalisateurs d'utiliser l'endroit pour des tournages.
Algérie - Alger

Blida
Algérie - Alger

Tizi-Ouzou
Algérie - Alger

Orléansville
Algérie - Oran

Oran Prison de la Kasba
Algérie - Oran

Sidi-Bel-Abbès
Algérie - Oran

Tiaret
Algérie - Oran

Mascara
Algérie - Oran

Mostaganem
Algérie - Oran

Tlemcen
Algérie - Constantine

Constantine Prison du Coudiat
Algérie - Constantine

Sétif
Algérie - Constantine

Batna
Algérie - Constantine

Bône
Algérie - Constantine

Guelma
Algérie - Constantine

Bougie
Algérie - Constantine

Philippeville/Skikda 1888-
Tunisie

Tunis
Tunisie

Sousse Entre la rue Massicault et la rue Pasteur
Tunisie

Sfax
Tunisie

Bizerte
































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