MONDE

1792-1981

La Veuve fonctionne partout


Palmarès d'Amérique : Guyane, Antilles, Saint-Pierre-et-Miquelon



Date Heure Lieu Nom Crime Exécution Condamnation
19 novembre 1793 Port-au-Prince (Saint-Domingue) Pelon Econome-Gérant de l'habitation Michaux, il menaça avec son fusil un indigène qui travaillait au même endroit.
17 août 1850 Samedi Pointe-à-Pitre "Sixième" Isiris 27 ans, pêcheur. Accusé d'avoir provoqué un grave incendie ayant détruit 64 maisons dans la ville en mettant le feu à son matelas le 12 mai 1850. Décapité à la hache et non à la guillotine. Exécution effectuée place de la Victoire, côté mer. Avant de monter à l'échafaud, le prêtre lui dit : "Allons, mon enfant, vous allez, grâce à votre repentir, être reçu dans la société des anges." Il répond : "Eh bien, voulez-vous prendre ma place ? Vous leur ferez visite pour moi !"
08 juillet 1851 Fort-de-France Louis-Alexandre "Piquant" Aiguillon 28 ans, garçon boucher. Assassine pour le voler M.Grand-Louis, un habitant de Fort-de-France Première exécution capitale par guillotine à la Martinique ? Exécuté place du Marché 29 novembre 1850
23 mai 1853 Ile Royale Charles Eugène Leulieux Bagnard en 1850
23 décembre 1854 La Montagne d'Argent (Guyane) Eugène Antoine Baptième Au cours d'une évasion en compagnie de dix forçats, jette à l'eau le surveillant Giard qui se noie. 1854
03 mai 1855 Ile Royale Amédée Salmon Bagnard en 1847
22 juin 1858 Ile Royale Emile "Château" Gourdon Bagnard depuis 1855.
06 août 1860 Ile Royale Joseph Seyvet Bagnard en 1859
14 janvier 1862 Cayenne D'Chimbo 34 ans, Gabonais, arrivé en Guyane en 1858 pour travailler dans les mines d'or, se fait vite remarquer pour sa violence. Condamné pour coups et blessures, il s'évade de la prison de Cayenne le 28 février 1860 puis fait régner la terreur pendant un an et demi, volant et assassinant les passants isolés, violant et massacrant les femmes jusqu'à son arrestation le 06 juin 1861. Exécuté place du marché. Au révérend Guyodo qui lui parle du paradis qui l'attend et des bonheurs de l'au-delà, il répond : "Dabo, pis ça si bon, pou kiça to pa ra pran'mo plas ?" (D'abord, puisque c'est si bon, pourquoi ne prends-tu pas ma place ?) 22 août 1861
10 février 1862 Ile Royale Jean-Baptiste Lescellière Bagnard depuis 1856
16 juillet 1862 Ile Royale Louis Louise Bagnard depuis 1862
14 janvier 1863 Ile Royale Ferdinand Gabriel Hayet, Nicolas Jaouen et François Jean Jouan Bagnards depuis 1859, 1857 et 1860
26 juillet 1865 Ile Royale Alexis Maillet Bagnard depuis 1853
24 septembre 1866 Lundi, 6h Fort-de-France Rasson Indien, cultivateur. Assassina Taye, une Indienne. Pourvoi rejeté le 14 juillet 1866. Exécuté place de la Geôle, entre la croix et la rue, face à la prison centrale. Dernière exécution à Fort-de-France (et probablement en Martinique) avant 1940. 23 mai 1866
17 octobre 1866 Ile Royale Gustave Armand Notelet Bagnard depuis 1858
30 mai 1871 Ile Royale Jean Le Goff et Frédéric Lelong Bagnards depuis 1863 et 1866
21 juillet 1871 Ile Royale Pierre Prosper Heudron Bagnard depuis 1864
08 août 1874 Ile Royale Auguste Métayer Bagnard depuis 1867
06 mai 1889 6h Ile Royale Auguste Bonnis et Jean-Marie Berdellou 27 ans et 25 ans.
24 août 1889 Samedi, Saint-Pierre (Saint-Pierre-et-Miquelon) Joseph Auguste Néel 29 ans, marin-pêcheur. Le 30 décembre 1888, à l'Ile-aux-Chiens, en état d'ivresse, se rend chez le patron pêcheur François Coupard, 61 ans, pour y dîner, mais trouve porte close vu l'heure avancée. Entrant en brisant la porte, il tue Coupard de sept coups de couteau dans la poitrine et la gorge avant de l'éventrer pour vérifier "s'il était bien gras" et de commencer à dépecer les jambes et les parties génitales ! Son complice, Louis Ollivier, 25 ans, marin-pêcheur, employé de Coupard, est condamné à dix ans de travaux forcés. Après avoir songé à faire déplacer Louis Deibler, exécuteur de France, puis Pierre Lapeyre, exécuteur d'Algérie, on décide d'employer un local volontaire, et d'utiliser la guillotine prêtée par la Martinique. La machine arrive le 22 août 1889. Faute de volontaire, le procureur somme le pêcheur Jean-Marie Legent, pêcheur, condamné peu avant à trois mois de prison, pour accomplir les hautes oeuvres, contre une grâce et un salaire de 500 francs. Le vendredi, on fait un essai de la macchine sur un veau : décapitation incomplète - un lambeau reste. Par précaution, on prie Legent de garder un couteau à trancher la morue à portée de main le lendemain. Au réveil, Néel affirme qu'il se doutait de quelque chose, qu'il avait entendu trop de monde dans la rue Carpillet, bordant la prison. "La mort ne me fait pas peur, il y a longtemps que je serais mort sans M. et Mme Sigrist (les gardiens). Ils ont été bons pour moi. Je veux les remercier avant de mourir !" S'habille seul. Au greffe, la toilette est effectuée par le gardien Sigrist et le gendarme Dangla : ceux-ci, en guise de liens, lui passent une camisole de force et lui attachent les chevilles. Boit un verre de vin et un bol de thé chaud, tout en rappelant ses souvenirs de marins, concluant : "Qui aurait cru que la Terre m'aurait, moi qui aurais dû périr cent fois en mer !" Après une prière avec le père Cadoret, monte dans le fourgon clos en mâchant une chique de tabac. Quitte la prison vers 4h30, trajet de 20 minutes pour faire les 670 mètres qui séparent la prison de la place de l'Amiral-Courbet, lieu d'exécution. Descend, reconnaît le bourreau, puis monte sur le petit échafaud - un pied de haut, en raison du manque de stabilité de la place pavée - et dit à la foule : "Que mon exemple serve de leçon. J'ai tué, on va me tuer ! Ne faites pas comme moi !" Demande à ce que le père accompagne son corps jusquà la tombe, pour ne pas être "enterré comme un chien". Alors qu'il est installé, Legent, pris de panique, ne sait plus quoi faire et ne songe pas à défaire la corde qui maintient le couperet. Lassé par ce délai, Néel crie à l'exécuteur : "Surtout, ne manque pas !", puis tente de s'extraire de la lunette jusqu'à ce qu'un gendarme le prie de rester calme. Néel crache dans la bassine, et Legent, qui a retrouvé ses esprits, libère la corde. La décapitation, imparfaite, l'oblige à prendre le couteau pour retirer le dernier bout de chair. Legent quitta l'Ile le 17 septembre suivant, nul habitant ne voulant désormais l'engager. 06 février 1889
05 décembre 1889 6h Ile Royale Jean-Baptiste Toussaint 32 ans, originaire de la Guadeloupe. Condamné à mort pour incendie à Cayenne. Le forçat-exécuteur Levantou s'y prend si mal que le couperet ne fait qu'entamer la nuque du supplicié : les cris provoquent des évanouissements dans l'assistance, et le bourreau, ne parvenant pas à remonter le couperet, doit achever le condamné à la machette.
06 janvier 1890 6h Ile Royale Nguyen-van-Chanh et Vo Van Nghiem 35 et 25 ans, Cochinchinois, bagnards depuis 1884 et 1886 Première exécution du forçat Chaumet en tant que chef.
23 mai 1893 6h Ile Royale Si Salah ben El Mouhoub 43 ans. Bagnard depuis 1876
24 octobre 1894 6h Ile Royale Joseph Quilimari 34 ans. Condamné en 1883. Aide du bourreau Chaumet lors des exécutions de 1889 et de 1890. S'évade de Cayenne et blesse un surveillant militaire pour le désarmer. Quand la tête tombe, un détenu perché dans un arbre crie : "Vive l'anarchie !" Comme un soldat le menace, il réitère par provocation et se fait abattre. Le détenu était Simon, alias "Biscuit", ancien acolyte de Ravachol. 01 octobre 1894
28 décembre 1894 6h Ile Royale Jean-Alexis Favre 37 ans, colporteur. Tue d'un coup de couteau dans la nuque le 06 mars 1888 à la Balme (Savoie) son colocataire Joseph Roux, colporteur, trentenaire, pendant que celui-ci dort, vole ses marchandises, coud le corps dans un sac avant de le jeter dans le Rhône, où il est repêché le lendemain. Condamné à mort par les assises de Savoie le 31 mai 1888, gracié le 12 juillet 1888. Assassinat sur l'île Saint-Joseph. Condamné par le tribunal criminel de Cayenne.
06 mai 1896 6h Ile Royale Rabah ben Tahar ould Guernich 40 ans. Bagnard depuis 1886.
06 juillet 1896 5h30 Ile Royale Louis Frédéric Tanneur Bagnard depuis 1883
19 janvier 1897 6h Ile Royale Dominique Pascal Espagnol Algérien.
04 mars 1898 6h Ile Royale Claude Jeanmougin et Ferdinando Amatti 29 ans, manoeuvre et 32 ans, Italien, journalier.
26 juillet 1898 5h40 Ile Royale Louis Alfred Chauvin 23 ans, garçon boucher. Tua le commandant du pénitencier des Roches le 14 juillet 1898
17 septembre 1898 Samedi, 5h50 Ile Royale Léon Joseph Habémont 20 ans, maçon. Multirécidiviste, condamné par les assises de la Seine-Inférieure en juillet 1897 à dix ans de travaux forcés pour avoir, le 19 mai 1897 à Rouen, blessé à coups de revolver la soeur Saint-Laurent, religieuse quadragénaire, dont il s'était épris et qui évidemment avait repoussé ses avances. Tue le 04 septembre 1898 à Cayenne le docteur Eugène Aquarone, 25 ans, pour une question de changement de salle.
vers octobre 1898 Ile Royale Un condamné Ancien relegué. Tue un ancien co-détenu et blesse un conducteur de travaux.
05 mars 1900 Lundi, 5h45 Ile Royale Louis Mathias "Félix Majeur" Guise 41 ans, cultivateur, Martiniquais.
03 septembre 1900 Lundi, 5h30 Cayenne Louis "Maximilien" Galiby 27 ans, charpentier, chercheur d'or venu de Martinique. Assassina pour le voler Zuiderzée, un autre chercheur d'or. 17e et dernière exécution du bourreau Chaumet. Première de son aide Isidore Hespel. 22 février 1900
05 août 1901 Lundi, 5h35 Ile Royale Félix Lacoste 27 ans, domestique de ferme dans le Cantal, transporté en 1900. Au cours d'une tentative d'évasion, blesse mortellement un gardien.
10 décembre 1901 Mardi, 5h45 Cayenne Emile Griébel 38 ans, manoeuvre, alsacien. Transporté en 1890. Assassine un libéré le 04 décembre 1900. Exécuté à l'angle de la rue Nationale et du boulevard Jubelin. 21 juin 1901
31 mars 1906 Samedi, 5h30, 5h35 Saint-Laurent-du-Maroni Joseph Henri Villard et Félicien Morhain 27 ans, journalier, venu d'Isère et 27 ans, coltineur-imprimeur, venu des Ardennes. Assassinent des Indiens au Suriname. Quand le couperet tombe sur son complice, Morhain s'écrie, gouailleur : "Ah, mon pauvre pote ! T'en fais une sale gueule !" Puis, devant la bascule, se tourne vers les autres détenus et crie : "Adieu, les aminches ! Mort aux vaches !"
1910 Saint-Laurent Isaïe "Félix" Croisard Transporté en 1908. Tue en février 1909 à Mana M.Arrighi, surveillant militaire, à coups de sabre d'abattis. 12 avril 1910
01 février 1913 Saint-Laurent-du-Maroni Flesch Au cours d'une tentative d'évasion, en juillet 1912, tente de tuer le gardien principal Raymond et le surveillant de 2e classe Proust.
07 octobre 1914 Saint-Laurent-du-Maroni Albert Alfred Roy Bagnard depuis 1910
11 février 1916 Saint-Laurent-du-Maroni Albert Lucien Baqué et Célestin Cassabois Bagnards depuis 1906. Assassinats, vols et évasion. 1er arrêt cassé. 31 mars 1915, 19 octobre 1915
31 décembre 1918 Cayenne Fernel Léopold "Jules" Lasty Bagnard depuis 1908
27 août 1919 Saint-Laurent-du-Maroni Arthur Yernaux Condamné à 15 ans de travaux forcés le 09 mars 1911 par les assises de l'Oise pour l'assassinat de M.Bachelet.
26 décembre 1919 Saint-Laurent-du-Maroni Joseph Raoul Lecomte Bagnard depuis 1910
22 décembre 1923 Saint-Laurent-du-Maroni Isidore " Le Chacal" Hespel et Delhomme Hespel, bourreau du bagne. 28 juin 1923 et 30 juin 1923
1927 Ile Royale
13 octobre 1930 Cayenne Transporté. Meurtre et tentative de vol.
08 juillet 1931 Saint-Laurent-du-Maroni Ali ben Essaïd Meziani et Mohamed ben Tahar Mezrouh Mezrouh, 34 ans, meurtres et incendies volontaires. Déjà condamné à mort à Orléansville le 10 juin 1915 pour avoir assassiné, pour la voler, Mme Jacquot, 67 ans, le 20 mai 1914 à Bourbaki. Gracié le 14 août 1915. 10 avril 1930
1938 Saint-Laurent Assassine un garçon de 14 ans à Cayenne en 1934
08 avril 1938 Saint-Laurent Kléber Théophile Faroux Transporté libéré. Le 1er janvier 1937, à Saint-Laurent, attire dans sa chambre la petite Antonine Charles, 7 ans, la viole avec sauvagerie, puis l'achève d'un coup de planche sur la tête. 27 mai 1937
10 août 1938 Cayenne Auguste Thielmans 37 ans. Relégué, devenu garçon de famille chez les Wachenheim, planteurs à Mana, licencié pour insolence, décida de se venger. Massacre dans la nuit du 29 au 30 juin 1937 Mme Wachenheim et le comptable, M.Saglier, 74 ans, à coups de sabre d'abattis (quatorze pour elle, onze pour lui), les accusant d'être responsables de sa déchéance. 25 novembre 1937
1940 ? (Martinique) Prosper Virebord PARRICIDE. Grâce rejetée le 14 février 1940 17 octobre 1939
1941 Saint-Laurent-du-Maroni Mathurin Thegarid Grâce rejetée le 24 avril 1940 06 décembre 1939
18 avril 1942 Saint-Laurent-du-Maroni Antoine Lascaux 17 janvier 1941
06 décembre 1945 Saint-Laurent-du-Maroni Salah Mesbahi ben Belgacem 31 ans, Algérien. Condamé à perpétuité le 28 février 1935 par la cour d'assises de Guelma pour avoir, le 31 mars 1934, tué son père Belgacem Mesbahi, 54 ans, d'un coup de revolver dans le dos, pour refaire sa vie avec la dernière épouse de ce dernier, Mabrouka Tilli, 17 ans, laquelle est condamnée à dix ans de réclusion. Dernière exécution en Guyane. 24 avril 1944
27 août 1947 5h35 Pointe-à-Pitre (Guadeloupe) Alexander Joseph PARRICIDE. 35 ans, cultivateur à Saint-Martin. Dernière exécution en Guadeloupe. 16 juin 1945
17 juin 1964 Mercredi, 4h45 Fort-de-France Raymond Anama 38 ans, cultivateur. Condamné à 10 ans de travaux forcés le 25 juin 1952 pour viol et tentative de meurtre. Libéré en conditionnelle le 01 décembre 1959. Condamné à 5 mois de prison pour vol en juillet 1961. Satyre assassin d'une petite fille de 8 ans, qu'il viola et noya dans le Lamentin, en novembre 1962. Arrêté le 14 novembre. Le 02 janvier 1963, il s'évade avec deux autres prisonniers, et il est rattrapé le lendemain, place Stalingrad à Fort-de-France. Un des autres évadés, Germain Labarraque, est abattu par les gendarmes. Anama s'était gravement blessé aux reins en sautant du mur. Prévenu de l'arrivée du bourreau la veille ou l'avant-veille de l'exécution. Décapité en présence du juge Buhot, du père Huré et du pasteur Itty, de M. Bascon, directeur de la prison, et du médecin M. Barbe. Très calme, entend le pasteur et meurt sans prononcer un mot. La guillotine est laissée sur place au cas où. 13 décembre 1963
22 juin 1965 Mardi, 4h40 Fort-de-France Landry-Lambert Gau 28 ans, marchand de bestiaux. Le 01 novembre 1963, dans le quartier Dumaine, au François, étrangle Pierre Louisy, 76 ans, et vole son portefeuille. Blessa grièvement Valentine et Gilles Daude, qui vivaient au même endroit, pour les voler. A l'instar d'Anama un an plus tôt, averti de l'arrivée du bourreau quelques jours avant l'exécution. Réveillé à 4h, demande à voir sa femme et leurs sept enfants. Dernière exécution en Martinique. 12 décembre 1964


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