FRANCE

1832-1870

Les têtes qui tombent

Palmarès des exécutions capitales : 1832-1870



L'année 1832 sera une année importante pour les hautes oeuvres. Les exécuteurs partant à la retraite sont rarement remplacés, l'usage de la marque au fer rouge est supprimé par la loi du 28 avril ; cette loi instaure également l'application généralisée des circonstances atténuantes pour tous les crimes, ce qui réduit considérablement le travail des bourreaux. C'est également cette année-là qu'à Paris, la guillotine quitte définitivement le centre-ville, place de Grève, pour exécuter dans les faubourgs éloignés, plus précisément à la barrière Saint-Jacques, ou barrière d'Arcueil, dans l'actuel XIVe arrondissement.
Le 25 novembre 1870, loi est décidée : il ne restera qu'un seul exécuteur pour tout le territoire métropolitain à compter du 01 janvier 1871.

Date Heure Lieu Nom Crime Exécution Condamnation
14 janvier 1832 Samedi, 12h Bourges Marie-Rose Roux, veuve Fortin 25 ans, ménagère. Au Grand-Village, près de Montargis, le 02 mars 1831, incite son amant Edmé Turpin, 24 ans, laboureur, à abattre d'un coup de fusil son époux Jean Fortin. Condamnée en première instance dans le Loiret, arrêt cassé, rejugée par les assises du Cher. Edmé Turpin, 24 ans, condamné à mort, est gracié. Le couperet ne coupa pas bien le cou. 05 août 1831, 02 novembre 1831
03 février 1832 Vendredi, 9h Paris Philippe-Marie Desandrieux 64 ans (ou 68 ans), déjà condamné en 1821 à huit ans de travaux forcés pour vols. Le 11 mars 1831, au 18, rue Taranne, tente d'assassiner en les étranglant M.Tillaux, 84 ans, et sa domestique, Mlle Minot, 45 ans, pour les voler. Complice et instigateur du crime, Huet, domestique dans le même immeuble après avoir passé cinq ans en prison, se casse les deux jambes en sautant par une fenêtre pour échapper à la police : il se suicide le soir venu à l'Hôtel-Dieu. Gauchet, anatomiste, condamné à mort, est gracié. Incarcéré à Bicêtre, y subit la toilette. Quitte la prison à 8h30, conduit à l'échafaud dans un fourgon fermé en compagnie de l'abbé Montès, résigné. Se tait tout au long du trajet, mais une fois sur la plate-forme, crie aux bourreaux : "Dépêchez-vous ! Dépêchez-vous !" Peu de spectateurs, uniquement des habitants du quartier en raison du secret entourant ce supplice. Première exécution à la barrière Saint-Jacques, ou barrière d'Arcueil, à l'emplacement de l'actuelle station de métro Saint-Jacques (XIVe arrondissement), située à l'époque au sortir de la ville et donc à l'écart des habitations. 30 septembre 1831
10 février 1832 Vendredi, 9h Cahors Pierre-Joseph de Castre PARRICIDE, 26 ans. Assassina son père Antoine de Castre, seigneur de Tersac, 65 ans, propriétaire terrien et ancien maire du village, à Cressenssac le 30 avril 1831. 12 novembre 1831
05 mars 1832 Lundi, 12h Saint-Pol-sur-Ternoise (Pas-de-Calais) Louis Camus 55 ans, cabaretier à Coullemont qui avait incendié vingt-neuf maisons dans la nuit du 9 au 10 avril 1831. Exécuté place du Pilori, devant le Tribunal (merci à Paul-André Trollé) 16 décembre 1831
05 avril 1832 Jeudi, 6h18, 6h22 Laval René Tessier et Marie-André François Madiot 31 ans, maçon, et 33 ans, filassier, "Chouans", brigands de grands chemins, auteurs de vols, viols, tortures et actes de barbarie. Leurs complices Daguin et Pasquier sont condamnés à huit ans de réclusion. 21 janvier 1832
10 avril 1832 Mardi, 15h30 Toulouse Joseph Penent PARRICIDE, 26 ans, tailleur d'habits. Tenta de tuer d'un coup de fusil dans l'épaule, sa mère, Jacquette Barrau, veuve Penent, le 14 mai 1831 au hameau de Majoureau, commune de Palaminy, avec laquelle il était en conflit et qu'il avait déjà cherché à étrangler dans le passé. Le 06 avril, bénéficie d'une remise : on ne lui amputa pas le poing. 03 décembre 1831
10 avril 1832 Mardi, 15h30 Chaumont Joseph Massard 33 ans, scieur de long à Aubepierre. Assassina.t 01 février 1832
25 avril 1832 Mercredi, 12h Saintes Louis Vivien Exécuté place du Champ-de-Foire. 17 février 1832
28 avril 1832 Samedi, 12h Montbrison Claude "Jean" Didier 29 ans, passementier. Le 02 août 1831, à Saint-Étienne, assassine de cinq coups de hache dans la tête sa maîtresse, Jeanne-Marie Chevalier, épouse Granger, qui avait l'intention de rompre avec lui. 06 décembre 1831
08 mai 1832 Mardi, 16h Brest (bagne) Étienne Petit 36 ans, ancien militaire, forçat, tailleur au bagne. Tente d'assassiner le 25 avril 1832 le sous-adjudant Alamani d'un coup de ciseaux dans le bas-ventre. Autrefois incarcéré à Toulon, avait commis un assassinat pour lequel son compagnon de chaîne avait été condamné et exécuté. 07 mai 1832
19 mai 1832 Samedi, 15h Toulouse Pierre Dournac 57 ans, cultivateur. Empoisonne avec une soupe de haricots à l'arsenic son gendre Antoine Loupsan à Bellegarde-Sainte-Marie le 13 février 1830 pour se venger d'une dispute concernant une vache. Réfugié en Espagne, condamné par contumace le 16 septembre 1830, arrêté sitôt revenu en France. 19 mars 1832
21 mai 1832 Lundi, 12h Saint-Flour Jean Jourdes 36 ans, cultivateur. Assassinat. 20 février 1832
01 juin 1832 Vendredi, 10h30 Troyes Claude "Lacroix" Gueux 30 ans, portefaix et marinier. Voleur récidiviste, condamné en 1830 à huit ans de prison pour vols, est incarcéré à la centrale de Clairvaux. Tue à coups de hache le 07 novembre 1831 le gardien-chef Delacelle qui le brimait sans cesse avant de tenter de se suicider. Exécuté place du Marché-au-Blé. 16 mars 1832
02 juin 1832 Samedi, 11h Dijon François Brochot 54 ans, aubergiste. A Chelsey, blesse le 09 novembre 1831 à coups de fusil sa fille Françoise, et son frère Pierre : ruiné par sa propre faute, il avait vu sa fille confiée à son frère, et les dettes envers elle s'accumuler. 26 février 1832
04 juin 1832 Lundi, 13h Vesoul François Thiault 50 ans, cultivateur. Assassina d'un coup de fusil en pleine tête, tiré de l'extérieur à travers la fenêtre, sa belle-mère Mme veuve Caritey au hameau des Granges-Guénin, commune de St-Barthélémy le 26 novembre 1831. Veuf d'Hélène Caritey, décédée après un an de mariage, Thiault détestait sa belle-mère depuis que celle-ci était parvenue à se faire rembourser la dot. 19 février 1832
05 juin 1832 Mardi, 14h Évreux Victoire Aimée Thorel, veuve Vidal 36 ans, ménagère. Assassina les époux Hodard à Ingouville. Condamnée en première instance par les assises de Seine-Inférieure, arrêt cassé, rejugée par les assises de l'Eure. Exécutée place du Grand-Carrefour. 23 mai 1831, 27 février 1832
25 juin 1832 Lundi, 11h30 Rennes Jean-Marie "Julien" Caro 52 ans, sans profession, chef de chouans. Capitaine de la Nouée pendant les Cent-Jours. 13 décembre 1831, 12 mai 1832
26 juin 1832 Mardi, 12h30 Rouen Pierre Prosper Ballière PARRICIDE, 19 ans, tailleur. Tua le 24 septembre 1831 à Yvetot sa grand-mère, la veuve Ballière, de douze coups de hache dans la tête pour la voler. 11 février 1832
30 juin 1832 Neufchâtel (Seine-Inférieure) François-Jérôme Larcher, Adrien-Ciriaque "La Tulipe" Borain et François-Narcisse Dupressoir Marchand de porcs et de veaux, ? et marchand colporteur. Assassinent le 18 septembre 1830 à Mauquenchy la veuve Blondel et son fils Jacques-Narcisse, 25 ans, à coups de pistolet et de couteau, pour les voler. Suspecté de complicité, Benoît Dupressoir est acquitté. 24 mars 1832
13 juillet 1832 Vendredi, 12h Versailles Jean-Baptiste Charles Boulland 26 ans, ouvrier agricole, déjà condamné à six ans de prison pour vol par les assises de Versailles. Tue le 13 octobre 1831 à Jumeauville les époux Thévenon, cultivateurs sexagénaires (arme jamais identifiée) avant de les voler. Ceux-ci l'avaient licencié en avril pour son attitude grossière et il avait décidé de se venger. 16 février 1832
23 juillet 1832 Lundi, 12h Alençon François Trotet 57 ans, cultivateur, vétérinaire. Ruiné, furieux que son voisin Beaudouin ait acheté ses biens immobiliers et mobiliers, l'empoisonne le 26 janvier 1832 à Alençon avec une galette si bourrée d'arsenic que les cristaux en sont visibles à l'oeil nu dans la pâte. Avait déjà été acquitté en 1819 par la même cour d'assises pour avoir empoisonné une famille avec un tonneau de cidre mêlé de sublimé corrosif, qui causa la mort de la mère et des deux filles. Suspecté également de deux incendies criminels et d'empoisonnements sur les bestiaux. Exécuté place du marché aux bestiaux. 10 mai 1832
25 juillet 1832 Mercredi, 14h Angoulême Mathieu Gonthier 39 ans, tisserand (ou douanier ?). A Anville, blesse au bras son beau-frère David de deux coups de fusil pour une question d'argent et se réfugie en Espagne. Apprenant par un ami que sa logeuses, Mme Berthomé, a déposé contre lui, il revient en France et le 10 avril 1832, l'abat d'un coup de fusil ainsi que sa fille de 15 ans. 22 mai 1832
26 juillet 1832 Jeudi, 10h Valence Giuseppe Rossi 21 ans, déserteur de la Légion étrangère. Participa au meurtre de M. et Mlle Béranger d'Arce Exécuté sur l'esplanade du Champ-de-Mars. Se montre d'une violence physique et verbale jusqu'au bout. 1832
26 juillet 1832 Samedi, 13h15 Saint-Flour Gabriel Miquel 34 ans, marchand cordonnier. Exécution prévue à 11h. Mal enchaîné en cellule, parvient à se détacher avant que l'exécuteur ne rentre dans sa cellule : attrape une pierre et le frappe à la tête. S'enfuit, se barricade dans la cour de la maison d'arrêt, arrache des pavés au sol et promet de tuer quiconque s'approche. Faute de solution pacifique, le procureur donne ordre aux gendarmes de tirer dans les jambes de Miquel afin de le mettre hors d'état de nuire. Blessé, il est saisi par les bourreaux et conduit sur l'échafaud séance tenante. 14 mai 1832
11 août 1832 14h Brest (bagne) Charles-Jacques Lambrech 44 ans, batelier, forçat à vie. Le 03 août 1832, tente d'assassiner le sergent Duval de trois coups d'un grand clou aiguisé. août 1832
30 août 1832 Jeudi, 7h30 Paris Frédéric Benoît PARRICIDE, 21 ans, fils d'un juge de paix. Le 9 novembre 1829, à Vouziers (Ardennes), égorge sa mère Pauline et dérobe 6000 francs-or. Laisse accuser des cambrioleurs, puis un charcutier, Labauve, connu pour sa haine de la famille Benoît, et qui est acquitté du meurtre le 30 juillet 1830. Quittant sa région pour Paris, devient l'amant d'un garçon de son âge, Joseph Formage, 17 ans, à qui il parle de son crime. Un an après la fin de leur relation, Formage, sans le sou, fait chanter Benoît et réclame 50 écus comme prix de son silence. Dans la nuit du 22 juillet 1831, hôtel des Bains à Versailles, égorge Formage à coups de rasoir dans sa chambre. Premier(?) procès à utiliser la possibilité de circonstances atténuantes. Persuadé d'être gracié, entend la nouvelle avec terreur et ne cesse de pleurer à partir du moment où il quitte son cachot. Pendant la toilette, demande aux exécuteurs : "Défaites le bouton de ma chemise." Perd presque connaissance et ne semble plus ressentir que le froid à ses pieds nus. Revêtu de la tenue parricide, quitte Bicêtre à 7h, doit être porté jusque dans la voiture, se débat et hurle plusieurs fois : "Ah, mon Dieu ! C'est M.Persil qui en est la cause !". Arrivé devant la machine, barrière Saint-Jacques, résiste à nouveau aux exécuteurs, qui doivent s'y mettre à trois pour lui faire gravir les marches, et gémit : "Ma mère ! Ah ! Je suis innocent ! Mon Dieu ! Ayez pitié de moi !" Grimpé sur la plate-forme, entend l'arrêt de condamnation. Se met à hurler de peur, ne cesse qu'une fois le couperet tombé. 200 personnes présentes. 15 juin 1832
05 septembre 1832 Mercredi, 7h45 Grenoble Claude Bernoux 34 ans, jardinier. Assassinat. 25 mai 1832
05 septembre 1832 Mercredi, 14h Angoulême Jean Boucq 60 ans, cultivateur. 15 mai 1832
20 septembre 1832 Jeudi, 12h Montauban Pierre Canitrot et Jean "Barraquet" Laforgue 43 ans, laboureur et 26 ans, marchand de bestiaux. Le 05 décembre 1831, pour s'évader de la maison d'arrêt de Castelsarrasin, tuent à coups de couteau le concierge, Dutronc, 60 ans, ainsi que son petit-fils, et blessent grièvement M.Fernando, tambour de la garde nationale, qui cherchait à les empêcher de fuir. Richard Vital-Labit, condamné à mort, est gracié. Exécutés rue Lagarrigue. Mention "exécuté" sur leurs actes-civils de décès. 30 mai 1832
03 octobre 1832 Mercredi, 13h Parthenay (Deux-Sèvres) Marc Secondi Corse, déserteur du 1er léger, membre d'une bande armée. Arrêté le 22 avril 1832 à Voué. Tortura en 1831 les époux Roulard avec des braises : le couple, laissé en vie, fut assassiné quelques jours plus tard pour avoir osé porter plainte à la gendarmerie. Assassina le maire d'une commune proche de Parthenay après l'avoir attiré dans un guet-apens, assassina trois personnes attaquées sur la route. Extrait le 02 de la prison de Niort. Halte le soir à Saint-Maixent, arrive à Parthenay dans la matinée. Très courageux. Au pied de l'échafaud, se tourne vers les soldats et leur dit à voix haute : "Je me suis engagé à l'âge de 17 ans, j'étais à Paris, j'ai été successivement soldat, caporal, fourrier, sergent, puis j'ai déserté. Que la mort que je vais subir vous serve d'exemple ! Ne m'imitez pas ! J'engage aussi ceux que j'ai suivis après ma désertion à se soumettre et à prévenir mon sort." Jour de marché, grand monde. 03 septembre 1832
17 octobre 1832 Mercredi, 16h Saint-Jean-d'Angély (Charente-Inférieure) François Gicailleau 34 ans, cultivateur à Gourvillette. Ayant acheté la propriété de ses beaux-parents en viager et désireux d'en hériter au plus tôt, empoisonna à l'arsenic, le 1er décembre 1829, son beau-père, François Guy, le poison étant mélangé à plat de haricots. Tenta d'empoisonner sa belle-mère, Marie Levêque, veuve Guy, en janvier 1832, ainsi que sa belle-soeur Marie Guy et le fils naturel de celle-ci, Vincent, 4 ans, avec un plat de fèves, ne réussissant qu'à leur donner une grave intoxication alimentaire. Récidiva le 22 mars avec des haricots, puis le 30 mars avec une soupe : Marie Levêque ne survécut pas, Vincent Guy fut sauvé par les médecins pour n'en avoir mangé qu'une seule cuillérée. 18 août 1832
17 octobre 1832 Mercredi, 14h, 14h05 Évreux Louis Jean Leguay et Denis-Augustin Deslandes 50 ans, marchand d'oignons et 34 ans, ouvrier agricole. Attaquèrent dans la nuit du 10 au 11 février 1832 au hameau du Bourg-Labbé, commune de Muzy, les époux Agoutin, cultivateurs septuagénaires, et tuèrent M.Agoutin de plusieurs coups de couteau. Félicité Huquefer, épouse Leguay, complice, est condamnée aux travaux forcés à perpétuité. juillet 1832
31 janvier 1833 Jeudi, 7h45 Rennes Jean Joseph Bouffort 34 ans, laboureur. Pour refaire sa vie avec sa voisine, à Saint-Sauveur-des-Landes, noye le mari de sa maîtresse dans un fossé en le maintenant sous l'eau avec un pilon, puis tente d'étrangler sa propre femme avant de la tuer à coups de hache. 22 novembre 1832
05 février 1833 Mardi, 10h Bourbon-Vendée (La-Roche-sur-Yon) François Robin 41 ans, farinier. Empoisonna sa femme Marie Huffeteau, dont il était séparé, à Pouzauges le 09 juin 1832 avec du pain à l'arsenic ; sa fille Rose est également intoxiquée par le pain. Avait déjà tenté plusieurs années plus tôt de l'abattre d'un coup de fusil. 03 septembre 1832
08 février 1833 Vendredi, 15h30 Chaumont François Stoquiaux 36 ans, mécanicien serrurier. Tua à Eurville le garde forestier Depoissons. 04 novembre 1832
09 février 1833 Samedi, 14h Moulins Pierre "Picton" Pontet 19 ans, couvreur. Etrangle le 16 mars 1831 à Vernusse, au château de Puy-Guillon, Michel de Rollat, 86 ans, pour lui voler 3000 francs. François Martin, condamné à mort, est gracié. Leur complice, la veuve Madeleine Pontet, mère de Pierre et épouse en secondes noces de François, est condamnée à six ans de prison. Exécuté place des Foires. 10 novembre 1832
09 février 1833 Samedi, 12h Dunkerque (Nord) Antoine Joseph Louis Armand et Jules "Delaval" Mark 34 ans et 35 ans, acteurs au théâtre de l'Odéon, voleurs et escrocs. Assassinèrent de huit coups de couteau, dont trois au coeur, l'épouse d'Armand, à Adinkerque (Belgique), le 17 janvier 1832, et jettèrent le cadavre dans la mer du Nord. Exécutés place Royale. 12 novembre 1832
15 février 1833 Vendredi, 12h Saint-Amand (Nord) Louis-Joseph Despret 46 ans, cultivateur. Assassine le 05 avril 1832 à Saint-Amand-les-Eaux sa tante, Marie Despret, veuve Deloffre, puis la jette dans un puits pour lui voler 1246 francs. "Gueule Brûlée" Quesnoy, condamné à mort, est gracié. Leur complice, "Louis Brice" Broutin, est condamné à quinze ans de travaux forcés. Exécuté sur la Grande-Place. 20 novembre 1832
18 février 1833 Lundi, 12h15 Angers Urbain Plançonneau 43 ans, vétérinaire. A Andard, le 05 août 1830, empoisonne ses oncle et tante, les époux Terrier, leur mère, la veuve Tesnier, et leur voisin, Chardon, avec de la soupe aux choux à l'arsenic, puis avec des prunes cuites. Terrier meurt le 24 septembre 1830, la veuve Tesnier le 18 octobre 1830, et la veuve Terrier survit après huit mois d'alitement, mais demeurant handicapée à vie. Le 24 juillet 1832, à Gonnes, met de l'arsenic dans la farine de son beau-frère, Moreau, serrurier : toutes les personnes qui mangent du pain deux jours après sont atteints de violents vomissements et diarrhées. Exécuté au Champ-de-Mars 05 décembre 1832
20 février 1833 Mercredi, 11h15 Lyon François Guerre 30 ans, fabricant d'étoffes. Meurtre et vol. 03 décembre 1832
22 février 1833 Vendredi, 15h Toulouse Bertrand "Marquis" Dupin 56 ans, carillonneur, tailleur d'habits. Avec Barthélémy Ané, 54 ans, artiste vétérinaire, tue en l'assommant Jean Perbost, 75 ans, cultivateur, le 01 mars 1832, dans la forêt de Landhorte pour le voler puis jette le corps dans le ruisseau du Soumès, où il fut récupéré huit jours plus tard. Dupin devait 200 francs à la victime qu'il ne comptait pas rembourser, et Perbost avait refusé que sa fille épouse le fils Ané. Complice présumé, François Duchein, 24 ans, tailleur, est acquitté. Lui aussi condamné à mort, Ané se suicide en prison. 05 novembre 1832
01 mars 1833 Vendredi, 12h Caen Jean-Baptiste François Gellée 67 ans, cultivateur. Le 24 février 1832, à Millières, tue à coups de barre de fer et de ciseau à bois leur gendre Auguste Legresle, qu'il détestait. Condamné en première instance par les assises de la Manche, arrêt cassé, rejugé par les assises du Calvados. Sa femme Perrine Gillette Jouvet, son fils Louis Gellée et sa fille Adélaïde Gellée, veuve de la victime, condamnés à mort, sont graciés. Exécuté place Saint-Martin. 18 septembre 1832, 02 décembre 1832
02 mars 1833 Samedi, 7h Paris François Régey 39 ans, ancien sergent de ville. Le 30 août 1832, empoisonne à l'acide prussique son ami Ramus, garçon de caisse, pour lui voler environ 3100 francs, puis dépèce son corps et le jette dans la Seine au niveau du pont de Tournelle. Réveillé à 4h par l'abbé Montès, à Bicêtre. Jusqu'alors courageux, sombre dans la plus horrible stupéfaction. Ne dit pas un mot durant la toilette. Refuse d'entendre les exhortations du prêtre ainsi que d'embrasser le Christ devant l'échafaud. 150 personnes présentes. 26 janvier 1833
02 avril 1833 Mardi, 14h Bastia Pierre-Marie Giovannelli 24 ans, propriétaire. Assassine de deux coups de fusil, le 06 juin 1832 à Calcatoggio, Ferdinand Gentili, sans véritable raison. Déjà jugé pour meurtre de M.Pereti, domestique des Gentili, en 1831, mais acquitté grâce au témoignage de sa seconde victime. 23 novembre 1832
18 avril 1833 Jeudi, 12h Niort Hilaire Bourreau PARRICIDE, 29 ans, cultivateur. En septembre 1832, à Thouars, égorge d'un coup de couteau son père avec la complicité de sa mère et de sa soeur, qui sont acquittées. 24 janvier 1833
18 mai 1833 Samedi, 11h Riom Antoine Cressin 25 ans, cultivateur. Pour une question de délimitation entre leurs terrains, tue son frère de trois coups de bêche dans la tête le 27 octobre 1832 à Aulzat-sur-Allier. 03 mars 1833
01 juin 1833 Samedi, 15h Chartres Michel-Denis Forges 28 ans, cordonnier, ayant déjà purgé 5 ans de centrale à Melun pour vol en 1826. Le 26 août 1832, à Tillières, tente de tuer à coups de bâton Louis Guérin, 65 ans, journalier, pour lui voler 46 francs, son couteau et sa montre. Le coup porté fut si violent que des éclats d'os du nez furent retrouvés incrustés dans le bois. La victime en reste borgne et sujette à de grosses pertes de mémoire. 30 mars 1833
01 juin 1833 Samedi, 16h Rodez Jean Dausse et Joseph Carcenac 31 ans et 27 ans, cultivateurs à La Garrigue, près de Requista, décidèrent de tuer Marianne-Anne Lacombe, la jeune épouse de Dausse, car celle-ci se plaignait de l'affreuse influence de Carcenac sur son mari. Dans la nuit du 21 au 22 mai 1832, Dausse mit le feu à la maison, espérant que Marianne y mourrait, mais comme elle parvint à s'en sortir, Dausse l'égorgea à coups de serpette, arme fournie par Carcenac. 13 mars 1833
08 juin 1833 Samedi, 15h10 Orléans Pierre Alexandre Creuzot 25 ans, charretier de labour. Assassine à coups de hache un couple de mendiants, Edmé Milhaud et Marie Briçon, dans la nuit du 06 au 07 janvier 1833 à Aussy pour se venger de Milhaud qu'il haïssait. Le dernier charpentier à accepter de monter l'échafaud étant mort en 1832 du choléra, personne ne voulait lui succéder et monter l'estrade. Le procureur général doit intervenir et procéde par tirage au sort ; au final, c'est le constructeur de la guillotine orléanaise en personne qui accepte cette responsabilité. Exécution effectuée place du Martroi. 03 avril 1833
10 juin 1833 Lundi, 15h30, 16h Albi Marie-Anne Bosc, veuve Bonnet et Pierre Hébrard 37 ans, fermière, et 50 ans, cultivateur, amants diaboliques. Le 26 août 1832 à Tonnac, étranglent avec une corde Jean-Baptiste Bonnet, époux de Marie-Anne et patron d'Hébrard, et mettent en scène son corps dans la grange pour faire croire à un suicide. 09 mars 1833
15 juin 1833 Samedi, 12h Montargis (Loiret) Jean Creuzot 26 ans, vigneron. A Mézières, empoisonna à l'arsenic son épouse Véronique Selis-Carpenville, son aînée de 25 ans, pour refaire sa vie avec sa maîtresse Mme Janvier. Cette dernière est acquittée. Cousin de Pierre-Alexandre Creuzot, supplicié une semaine auparavant à Orléans. 02 avril 1833
29 juin 1833 Samedi, 12h Lisieux (Calvados) Jacques Madeleine 42 ans, ouvrier charpentier, déjà condamné pour coups et blessures en 1812 à cinq ans de prison. A Saint-Jacques-de-Lisieux, le 09 novembre 1832, abat d'un coup de pistolet M.Maintrieu, cultivateur, mari de sa maîtresse. Avait déjà tenté d'empoisonner son rival avec des cantharides. La veuve Maintrieu, en fuite, est jugée par contumace. Exécuté place du Marché-aux-Chevaux. 11 mai 1833
06 juillet 1833 Samedi, 14h30 Angoulême Bertrand Latournerie et Pierre Sechère 35 ans, tailleur d'habits et 39 ans, puiseur, bagnards condamnés à perpétuité, évadés du bagne de Rochefort. Le 18 janvier 1833, à Angoulême, attaquent Marguerite Lapoire, veuve Drouhet, 65 ans, épicière, qu'ils étranglent si fort qu'ils lui en brisent la colonne vertébrale avant de lui écraser la tête sous une porte pesant 60 kilos, pour la voler. mai 1833
10 juillet 1833 Mercredi, 11h10 Angers Michel Auguste Réveillon 27 ans, ouvrier tisserand à Cornillé. Assassina la veuve Métivier Exécuté sur le Champ de Mars. 09 mai 1833
22 juillet 1833 Lundi, 15h Toulouse Bernard Travère







Jean Jeannet
32 ans, cultivateur. Tue d'un coup de hache dans la tête le 21 août 1832 à Binos son oncle Jean-François Travère, dont il était l'héritier et qui envisageait de le déshériter parce que le jeune homme voulait épouser une femme que Jean-François n'approuvait pas.







32 ans, marneur. A Gibel, entre le hameau des Martys et Lamandre, abat de deux coups de feu le 19 janvier 1833 Baptiste Lautré, et tente de tuer à coups de bâton Jean Lautré, son futur gendre. Oncle maternel des frères Guillaume et Baptiste Touja, il avait très mal pris que leur grand-mère paternelle, Cécile Serres, veuve Saury, deshérite les deux garçons à cause de leurs mauvais traitements et préfère donner procuration sur sa fortune à Baptiste Lautré, son gendre, qui la respectait comme sa propre mère. Guillaume Touja, Baptiste Touja et le domestique de Janet, Germain Descuns, sont respectivement condamnés aux travaux forcés à perpétuité, à vingt ans et dix ans de travaux forcés.
20 mai 1833







25 mai 1833
26 août 1833 Lundi, 10h Châtenay-sur-Seine (Seine-et-Marne) Antoine "Patu" Brette et Jacques Edmé Piquet 42 ans, berger, 40 ans, cultivateur, repris de justice. Condamnés en premier lieu pour avoir, le 01 septembre 1832 au Plessis incendié la ferme Roux et entraîné la mort d'un enfant de trois ans. Attaquent le 28 novembre 1830 à Balloy la ferme de Rozelle, propriété de la famille Morin. Jettent Anne Morin, la fille, dans un puits - elle s'en sort vivante -, et abattent d'un coup de fusil Anne-Catherine Fourquenay, veuve Morin, la maîtresse des lieux, en emportant 20.000 francs. Louis Piquet et Jacques-Côme Piquet, condamnés à mort, sont graciés. Nicolas "Trouvé" Chevalier, 38 ans, batteur en grange, est condamné aux travaux forcés à perpétuité. Les deux arrêts de mort prévoyaient deux lieux distincts d'exécution : Provins pour celui du 21, Châtenay pour celui du 29. Quittent la prison de Melun le 25 août vers 22 heures, arrivent à Salins au petit matin. Durant le trajet, Patu parvient à relâcher ses liens et à sauter de la charrette, mais il est aussitôt repris. Tout au long du voyage, les deux condamnés ne cessent de s'insulter et de s'accuser. A Châtenay, arrivent devant une prairie communale où l'échafaud est dressé. Les habitants, révoltés par leurs crimes, ont passé outre le "préjugé" envers les exécuteurs et prêté main forte à ceux-ci pour élever les bois de justice. Présence des fils Morin au premier rang, mais aucun des condamnés ne révelera la cachette de l'argent dérobé à Balloy. 21 mai 1833, 29 mai 1833
18 septembre 1833 Mercredi, 11h45 Parthenay (Deux-Sèvres) Jacques "Le capitaine noir" Bory 36 ans, bordier, chef d'une bande de chouans. Assaille le 26 mars 1832, entre Chanteloup et la Chapelle-Pitié, le colporteur Lemoff, qu'il frappe à coups de fusil pour voler deux aunes de galon blanc. Le 10 août 1832, en compagnie de quatre acolytes, se présente chez M.Ravix, maire de Lhoumois, l'attache et l'abat de deux coups de fusil. Il survit une nuit entière à ses blessures. Aurait également tenté d'assassiner le 12 septembre 1832 à Parthenay le fils Bouchet, étudiant en droit à Poitiers, qui survit mais conserve définitivement une balle dans l'abdomen. Condamné également pour attentat contre la sûreté intérieure de l'Etat. Son complice Secondi avait été exécuté au même endroit l'an précédent. Jugé une première fois le 12 avril 1833, mais l'affaire est renvoyée à la session suivante. 13 juillet 1833
24 septembre 1833 Mardi, 14h Évreux Jean-Baptiste Déjors 28 ans, cultivateur. Etrangle dans la nuit du 10 au 11 janvier 1833 à Vernon son épouse Augustine Pointel, au bout de huit mois de mariage, et tente de faire passer sa mort pour un suicide. Maltraitait la jeune femme depuis le début et avait déjà tenté d'empoisonner avec un bouillon au vert-de-gris à la Toussaint 1832. Leur fille, née huit jours plus tôt, ne survit que quelques jours au décès de sa mère. Calme, impassible. Monte sur l'échafaud avec courage et s'adresse au public. 24 juillet 1833
26 septembre 1833 Jeudi, 7h Paris François-Théophile Lemoine 38 ans, cuisinier, déjà incarcéré trois ans à la centrale de Melun pour faux, libéré le 19 novembre 1831. Egorge à coups de couteau de cuisine le 29 janvier 1833 la veuve Idatte, femme de chambre de Mme Dupuytren, au 2, rue Joubert, pour voler de l'argenterie, des cachemires et des bijoux. Premier procès le 12 juillet 1833 reporté à cause de l'absence d'un témoin capital. Pierre-Augustin Gillard, chef de cuisine, 32 ans, est condamné à dix ans de travaux forcés et à l'exposition. Refusant d'avoir le moindre contact avec un prêtre autre que l'abbé Châtel, évêque de Lyon, reçoit la nouvelle de ce dernier en grande tenue de primat des Gaules. S'entretient assez longuement avec lui. Confié aux exécuteurs pour la toilette, reçoit conseil de l'un d'eux : "Ne fléchis pas !" A cela, répond, impassible : "Si je fléchissais, on me croirait coupable." Quitte Bicêtre en fourgon à 6h40. Une fois sur l'escalier, salue le père Châtel : "Adieu, monsieur l'Évêque, adieu ! Je lègue au juge d'instruction Duret-d'Archiac le remords d'avoir fait couler mon sang. Puisse tout mon sang, qui va couler, agrandir le domaine de l'église française. Je vous recommande ma famille, et surtout mon frère, qui a été aussi victime et arrêté pendant longtemps. Je pardonne en mourant à Madame Brunet, le seul témoin qu'on a entendu contre moi, et qui est cause de tous mes malheurs !" Attaché sur la bascule, crie : "Je meurs pour la République ! Puisse tout mon sang cimenter à jamais le bonheur de ma patrie !" Corps conduit au cimetière de Clamart. 08 août 1833
28 septembre 1833 Samedi, 11h Lyon Prosper Deschamps 24 ans, apprenti fabricant d'étoffes, déserteur d'un régiment d'artillerie sarde, apprenti en atelier. Poignarde le 26 juillet 1833 son patron, M.Parenton, au 8, rue de la Barre à Lyon, causant sa mort le 3 août. Mobile : la vengeance. Deschamps était si sale que les autres ouvriers refusaient de toucher le pain après qu'il s'en soit servi - il se mouchait dans ses doigts, entre autre choses. Le 21 juillet, empêché par Mme Parenton de se couper du pain tout seul, il avait proféré insultes et menaces qui lui avaient valu d'être licencié sur le champ. 24 août 1833
02 octobre 1833 Mercredi, 12h Lanarce (Ardèche) Pierre "Blanc" Martin, Marie Breysse, épouse Martin et Jean Rochette 60 ans, cultivateur, 54 ans, ménagère et 48 ans, cultivateur, tenanciers de l'auberge du Coula, située à Lanarce, au hameau de Peyrebeille, surnommée l'auberge rouge ; Marie était la fille de l'ancien propriétaire, et Martin son époux, tandis que Rochette était leur domestique. Auraient au fil des années tué les rares voyageurs qui osaient y passer la nuit entre 1807 et 1831 (soit 53 victimes selon Rochette). La seule mort qui leur sera vraiment reprochée est celle du colporteur Antoine Anjolras, retrouvé le 26 novembre 1831 sur les bords de l'Allier. Possible erreur judiciaire ! 18 juin 1833
09 octobre 1833 Mercredi, 13h Périgueux Jean Favard 43 ans, cultivateur à Courtoirac. Assassin et voleur du sieur Dominique. Certain d'être gracié et libéré, se montre résigné. Se confesse en prison. Va assez ferme au supplice, à pied, en compagnie de l'abbé Audierne, aumônier. Pâle mais un peu souriant, s'arrête de marcher par deux fois pour prier, et la foule fait de même. Au pied de l'échafaud, place de Prusse, demande à se confesser une seconde fois, ce qui prend une demi-heure, à la protestation de spectateurs qui ont hâte que cela finisse. La tête tranchée roule hors du panier : des adolescents et des hommes se précipitent pour contempler les dernier soubresauts du corps décapité. L'un d'eux, qui ose le toucher en ricanant, reçoit quelques pierres de la part d'autres spectateurs choqués. 19 juillet 1833
10 octobre 1833 Jeudi, 11h Cassel (Nord) Cornil-Liévin-César Demey 34 ans, manouvrier. Assassine sa tante, Constance Vandenkerkove, épouse Mortier, à Cassel le 24 mars 1832 à coups de fourche et de planche pour lui voler 360 francs. Élevé par son oncle et sa tante, il avait été mis à la porte de la ferme à cause de son comportement voleur. Exécuté sur la Grande-Place. 08 août 1833
16 novembre 1833 Samedi, 15h Rodez Amans Héran 40 ans, propriétaire. Abat de deux balles de pistolet le 29 mars 1833 à Gilborgues Thomas Galy, cultivateur de Grioudas, son ancien associé, qui venait lui réclamer remboursement d'une dette, avant de l'achever d'un coup de pelle à feu dans la tête, puis de l'éventrer d'un coup de couteau. Dissimule le corps sous un tas de pierres. Avait également, dans la nuit du 07 au 08 septembre 1824 abattu d'un coup de feu dans le ventre Marguerite Verg, épouse Rames, de Gilhorgues, et mis le feu au corps. 28 août 1833
25 novembre 1833 Lundi, 12h15 Vannes Pierre Hervio 22 ans, bûcheron. Exécuté sur le champ de foire. 09 septembre 1833
14 décembre 1833 Samedi, 11h Saint-Brieuc Guillaume Guézou 55 ans, cultivateur à Plouha. Egorge à coups de couteau le 29 juin 1833 dans un champ de Plouha Marguerite Kergoat, 14 ans, vachère. 19 octobre 1833
17 décembre 1833 Mardi, 12h30 Niort Julien Desaivre 56 ans, tisserand. Chouan. Pas d'exécution dans le département avant 1894. 29 octobre 1833
29 janvier 1834 Mercredi, 11h Châteaubriant (Loire-Inférieure) Jean "Daube-les-Bleux" Poulain et Julien "Bouin" Louis Réfractaires, membres de la bande de chouans de Terrieu, dit "Coeur-de-Lion", auteurs de plusieurs assassinats et incendies. Leur complice Cadot est condamné à perpétuité. Le quatrième complice, Jean-Marie Huet, condamné à mort, est gracié. Poulain avait été condamné le 05 décembre précédent aux travaux forcés à perpétuité par la même cour d'assises pour avoir, le 30 août 1831 près du château de la Jonchère, participé à une fusillade contre une troupe d'infanterie du 14e léger, au cours de laquelle un soldat meurt et quatre autres sont blessés. Exécutés place de la Motte. Ne prononcent pas un mot. Foule assez nombreuse. 11 décembre 1833
08 février 1834 Samedi, 11h Montauban Pierre Biran 33 ans, garçon meunier au hameau de Vigneaux, commune de Pelleport (Haute-Garonne). Noya sa femme Monique Paneboeuf, épouse Biran, dans la nuit du 18 au 19 novembre 1832, dans un lavoir public de Caubiac, où le corps est repêché le 01 décembre suivant. Il trompait et battait son épouse et celle-ci envisageait de le quitter. Condamné en première instance par les assises de Haute-Garonne, arrêt cassé, recondamné dans le Tarn-et-Garonne. Exécuté rue Lagarrigue. Mention "exécuté" sur son acte de décès. 18 août 1833, décembre 1833
31 mai 1834 Samedi, 14h Alençon Jean "Seurin" Guittard 44 ans, propriétaire et maquignon. En avril 1833, entre Nogent-sur-Sarthe et Sablé, tente d'abattre d'un coup de fusil son compagnon de route, Chardon, qui échappe à une blessure grave grâce à une bretelle de cuir qui amortit l'impact. Exécuté sur la place d'Armes. 21 avril 1834
16 août 1834 Samedi, 14h Évreux Rose Quesney 43 ans, domestique, empoisonna son maître. Exécutée place du Grand-Carrefour. 29 mai 1834
05 septembre 1834 Vendredi, 11h Toulon Auguste-Louis Loubier 25 ans, boulanger, ancien gardien de bagne. Le 26 mars 1834, à Toulon, rue de l'Armedieu, tue d'un coup de couteau Marguerite-Henriette, prostituée, sa maîtresse, qui voulait le quitter. 04 juillet 1834
13 septembre 1834 Samedi, 11h45 Saint-Mihiel Pierre Noël 24 ans, marchand colporteur à Erize-Saint-Dizier. Assassine Antonio Alberici, colporteur italien. Exécuté place des Halles. 04 juillet 1834
17 octobre 1834 Vendredi, 12h Caen Marie-Adélaïde Hébert, épouse Hébert PARRICIDE, 44 ans, ménagère. A Quetiéville, le 14 mai 1834, tente d'empoisonner à l'arsenic Marie-Catherine Auney, veuve Hébert, sa mère, 74 ans, pour hériter plus rapidement de ses 500 francs de rente. La victime, ayant trouvé un goût bizarre au lait qu'elle consommait, avait fait boire un chien qui était mort presque aussitôt. Exécutée place du Marché-Neuf. 09 août 1834
31 octobre 1834 Vendredi, 12h35, 12h40, 12h45 Saint-Flour François Bournazel, Annet Betalioulou et Marguerite Dalger, veuve Bournazel 55 ans, fournier, 23 ans, maçon et 56 ans, fournière. A Mauriac, tuent leur créancier, M.Lestrade, qui les harcelait et jettent le cadavre dans un précipice. Isabeau Bournazel, épouse Betalioulou, ménagère, est condamnée à mort et graciée. 31 août 1834
31 décembre 1834 Mercredi, 12h05 Nantes Jean Martin 23 ans, laboureur. Intègre les rangs de la chouannerie de Châteaubriant - complice de Huet, Louis et Poulain, jugés en 1833 - le 21 février 1831 en désertant sur la route qui les mène à l'appel à Nantes. Participe à un guet-apens près de Segré au cours duquel un soldat est tué, et quatre autres blessés. Jean Beillaud, 24 ans, conscrit réfractaire, est condamné à mort et gracié. Louis Hamon, 26 ans, laboureur, est condamné aux travaux forcés à perpétuité. Exécuté place Viarme. 25 septembre 1834
20 janvier 1835 Mardi, 14h35 Alençon Jacques Drouère 30 ans, marchand de moutons. Tente d'abattre d'un coup de fusil Mlle Breuiller le 1er juillet 1834 à Notre-Dame-Daprès parce qu'il voulait cambrioler la ferme familiale et qu'elle constituait un obstacle. Il la blesse gravement au cou et à l'épaule. Exécuté place du marché aux bestiaux. 01 novembre 1834
16 février 1835 Lundi, 11h Gaillac (Tarn) François Guillaume "Le Tondu" Ginestet et Jean-Pierre "La Lèbre" Salabert 24 ans, matelot et 38 ans, portefaix. Dans la nuit du 24 au 25 janvier 1834, à Gaillac, assassinent à coups de couteau de cuisine, de poignard et de baïonnette, Dominique Coutaud, 68 ans, négociant en grains, sa femme handicapée Marie Fonvieille, et leur servante Marie Gardès, 58 ans, pour les voler. Jean-Baptiste "Carrat" Dalbys, 25 ans, chiffonnier, est condamné à mort puis gracié. Anne Dalbys, épouse Antoine, et Anne Julia sont acquittées. Exécutés au foirail. 02 décembre 1834
16 février 1835 Lundi, 14h, 14h05 Perpignan Pierre "Parrot" Segui et Jean "Cavail d'Espagne" Guisset 24 ans et 26 ans, journaliers et contrebandiers. A Ille-sur-Têt, attaquent pour piller la métairie Monyer, le 10 novembre 1834, et tuent de deux coups de sabre dans le flanc le fermer Salvat. Robello, dit "Mey", 43 ans, est condamné aux travaux forcés à perpétuité. Exécutés sur l'Esplanade. 05 décembre 1834
17 février 1835 Mardi, 11h Solre-le-Château (Nord) Célestine "Saint-Jean" Fiévet 38 ans, journalière à Solre-le-Château. Accouche le 09 juin 1834 d'un enfant qu'elle étrangle aussitôt et dissimule sous sa paillasse. La fouille de son lit permet de retrouver un autre corps de bébé né à terme et étranglé. Au final, Célestine avait eut dix enfants, les trois premiers confiés à des hospices, le quatrième mort-né et les six derniers assassinés, même si seules deux dépouilles furent retrouvées. Mentionnée comme "exécutée" sur l'acte-civil de décès. 06 novembre 1834
09 mars 1835 Lundi, 12h Amiens Jean-Baptiste Têtu 38 ans, taupier. Au hameau de Houdent, commune de Tours-en-Vimeu, empoisonne sa belle-soeur, Mme Boileau, le 03 septembre 1834 en mélangeant de l'arsenic à de la farine. 08 janvier 1835
28 mars 1835 Samedi, 12h Laon Jean-Baptiste Boileau 23 ans, vigneron. Braconnier, assassine le 02 juin 1834 dans le bois Dumesnil, à Lacroix, Charles Hochet, garde-champêtre, avec son propre sabre pendant que celui-ci dormait. Victor Daret, 30 ans, et François-Alexandre Boileau, 18 ans, sont condamnés aux travaux forcés à perpétuité. Jean-Louis Boileau, 16 ans, est acquitté. 12 février 1835
08 avril 1835 Mercredi, 10h30 Lille (Nord) Louis Gaspard et Jean-Pierre Antoine Désiré "Brunois" Brunaux 23 ans chacun, journaliers, prisonniers à la centrale de Loos. Fin décembre 1834, tentent de tuer à coups de sabot et de chaise leur co-détenu Leroy, sous prétexte qu'il s'agit d'un espion, mais en réalité pour être envoyés au bagne ou à la mort pour ne plus avoir à séjourner à Loos. Condamnés le même jour aux travaux forcés à perpétuité pour avoir incendié la prison. Louis Grésy, 17 ans, condamné à mort, est gracié en raison de son jeune âge. 07 février 1835
13 mai 1835 Mercredi, 12h45 Rouen Pierre Poulain 36 ans, berger, ancien militaire. Etrangla en septembre 1834 à Rocquemont le berger Pierre "La Bête" Scellier pour lui voler sa bourse et son couteau, et jeta le corps dans une marnière où il fut retrouvé le 18 septembre suivant. En 1831, avait sauvé la vie de la petite Julien, gravement blessée d'un coup de couteau à la gorge par Hiard, qui fut condamné et exécuté. Exécuté place du Vieux-Marché. 15 mars 1835
16 mai 1835 Samedi, 14h, 14h05 Saintes Catherine Thénot, épouse Trapier et Jean Trapier 60 ans, sans profession et 53 ans, cultivateur. Noient dans une mare le 16 octobre 1834 à La Chapelle-des-Pots la soeur de Jean, Marie Trapier, 65 ans, ancienne domestique du curé, pour hériter plus vite des 3000 francs qu'elle avait économisés. Leur fils Pierre Trapier, 24 ans, est acquitté. 16 février 1835
18 mai 1835 Lundi, 12h Nantes Mathurin Brochard 38 ans, cultivateur. Louant les terres d'Elisabeth Michel à La Vincée, commune de Pont-Saint-Martin, l'assassine le 18 novembre 1834 et cache son corps dans un fossé. Exécuté place Viarme. 17 mars 1835
23 mai 1835 Samedi, 12h30 Foix François Sabary 30 ans, maréchal-ferrant à Montségur. Assassina sa victime de cinq coups de hache dans la tête pour le voler. 14 mars 1835
05 juin 1835 Vendredi, 11h Lyon Joseph Brunner 30 ans, employé à l'imprimerie sur tissu de Pierre Château, à Villefranche, se sentant brimé pour tous ses gestes par son employeur et par le contremaître jamais satisfaits, il démissionne en décembre 1834, et il tue Château le 02 janvier 1835 de trois coups de couteau pour se venger. 13 mars 1835
06 juin 1835 Samedi, 12h Montauban Jean-Baptiste Théron 63 ans, propriétaire à Bioule. Tue à coups de fusil dans le domaine de Monplaisir (à Bioule ?) en janvier 1835 Emma Caussade, épouse Théron, sa belle-fille et Mme Caussade, née Pélissier, employée de maison ; ruiné par les manigances de la mère Caussade et de sa bru, il avait décidé de se venger. Prévenu à 11 heures. Croyait encore à sa grâce. Averti par un huissier très ému, le réconforte (!) : "Monsieur, ne pleurez pas, vous voyez bien que je suis tranquille !" Soutenu par l'abbé Fourger et un autre prêtre, se change, regrette de ne pas voir son petit-fils, puis s'énerve un peu en voyant des gendarmes à la porte de la cellule : "Pourquoi des gendarmes ? C'était bien inutile. Retirez-vous, Messieurs, laissez-moi avec mon confesseur !" Avant de quitter la prison, remercie le gardien Millot, puis serre la main des assistants avant de grimper sur la charrette. Pendant le trajet, il continue à écouter le prêtre. Place Lagarrigue, en présence d'une foule, regarde la guillotine, grimpe les marches : le père Fourger tente de s'interposer pour ne pas qu'il voie un cercueil posé au pied de l'estrade et qui lui est destiné. Il répond, calme : "Je vous remercie, c'est inutile, j'ai tout vu." S'agenouille, prie, embrasse les prêtres pleurant puis se remet entre les mains de l'exécuteur. Dernière exécution à Montauban du XIXème siècle. 13 avril 1835
11 juillet 1835 Samedi, 9h45 Melun "Jean Labourbe" 42 ans environ, identité incertaine. Etrangle le 29 octobre 1834 à Solers Marie Le Roy, veuve Bazille, 76 ans, riche rentière connue pour sa générosité, et sa bonne Marie-Véronique Milot, 66 ans, la battant comme plâtre avant de l'étrangler à son tour, et de voler environ 8.000 francs, de l'argenterie et deux montres en or. Boit un dernier verre de vin, et s'exclame : "Il est meilleur que celui des cabaretiers de Brie !" Exécuté place du Marché St-Jean. 23 mai 1835
14 juillet 1835 Mardi, 13h15 Mont-de-Marsan Michel Larrieu et Pierre Menaut 25 ans, scieur de long, et 36 ans, laboureur. Le 11 décembre 1834 à Saint-Paul-en-Born, Larrieu abat Jean Duollé d'un coup de fusil. En querelle avec son voisin Duollé, Menaut avait payé 10 francs Larrieu pour que ce dernier abatte son rival. 26 avril 1835
15 septembre 1835 Mardi, 9h Chartres Louis-François Basile Henry et Marie-Marguerite Françoise Justine Rosalie Germond, épouse Henry PARRICIDES, 38 ans, ouvrier bourrelier et 28 ans, ouvrière en robes, tuèrent à coups de fusil, de hachette et de clous, dans la nuit du 09 au 10 janvier 1835 à Saint-Eliph, François Germond, 55 ans, Marguerite Sagot, épouse Germond, 56 ans, et leur fils René-Lambert Germond, 19 ans, pour hériter plus rapidement de leurs biens. 21 juin 1835
16 septembre 1835 Mercredi, 15h Agen André Donatien Miquel PARRICIDE, 17 ans, propriétaire. Le 18 mars 1835, au domaine du Causé, commune d'Agnac, abat d'un coup de fusil en plein visage son père André, médecin et propriétaire, après l'avoir empoisonné la veille puis lui avoir dérobé ses économies. Exécuté au faubourg du Pin. 13 juin 1835
18 septembre 1835 Vendredi, 14h35 Bordeaux Jacques Seurin et Jean Benjamin 34 ans et 25 ans, cultivateurs, frères de lait. Assassinèrent près de Saint-André-de-Cubzac en hiver 1834 le garçon chapelier Leclerc pour le voler. 20 juin 1835
21 septembre 1835 Lundi, 12h30 Bulgnéville (Vosges) Jean-Joseph Saleur 33 ans, cultivateur à Saulxures-les-Bulgnéville. Empoisonna sa soeur. Son autre frère est condamné à vingt ans de travaux forcés. 04 juin 1835
22 septembre 1835 Mardi, 11h Limoges Pierre Gaudeix







François Jean Meillat
30 ans, marchand tailleur. Le 02 février 1835, à Saint-Pardoux, tuent à coups de marteau Léonard Bouleau, le mari violent et ivrogne de sa maîtresse, François Bouleau, 14 ans, est envoyé en maison de correction jusqu'à ses vingt ans. Jeanne Labussière, veuve Bouleau, 33 ans, cultivatrice, condamnée à mort, est graciée.







25 ans, militaire (canonnier) en congé. Assassine le 17 janvier 1835 à Bersac le mari de sa maîtresse, Léonard Ballet, meunier, d'un coup de fusil dans le bas-ventre avant de l'achever à coup de bâton. Son complice Jean Tournier est condamné aux travaux forcés à perpétuité.
29 mai 1835







08 juin 1835
29 septembre 1835 Mardi, 11h, 11h05 Déols (Indre) Georges "Nevers" Lancery et Jacques Lancery 62 et 24 ans, père et fils. Assassinent de huit coups de couteau et de serpe, dans la nuit du 20 au 21 janvier 1835 à Déols, Elisabeth Grimault, veuve Bordet, 63 ans, propriétaire d'une tannerie, pour lui voler une somme indéterminée (entre 400 et 2500 francs). Georges avait été jugé devant les assises de la Nièvre, suspecté d'avoir, en 1826, étranglé dans son sommeil pour la voler la veuve Coguet, marraine de l'un de ses enfants, et dérobé 700 francs et une croix en or... qui furent d'ailleurs retrouvés chez eux. Exécutés sur la place dit "Le Communal de Fosses". 12 mars 1835
21 octobre 1835 Mercredi, 12h16, 12h19 Laval François-Marie Napoléon Serbours et Basile-Paschal Marcadé 30 ans, lavandier et 27 ans, peintre-vitrier. Exécutés au plan de Tiercé. 05 août 1835
24 octobre 1835 Samedi, 8h Paris Roch "Hippolyte" Bélard 26 ans, ouvrier chapelier, soldat au 22e régiment de ligne. Tue à coups de hachette dans la nuit du 31 janvier au 01 février 1835 son ancien patron, M.Babois, 33 ans, chapelier, au 4, impasse Coqueret, pour le voler. En 1831, avec deux complices, avait abattu la croix du clocher de l'église Saint-Louis-en-l'Île. Prévenu par le greffier de Bicêtre à 6h, suivi par l'abbé Montès, avec lequel il va en chapelle. Confié aux exécuteurs à 7h15 : demande un verre de vin, puis s'installe sur le tabouret pour la toilette. Avisant le directeur, lui dit : "Avant de mourir, je vous demande une grâce : celle de faire sortir des cachots ceux qui y sont enfermés par forme de punition." Le directeur accepte. Bélard retire seul sa veste et se laisse lier. L'aide lui dit : "Je ne vous ai pas serré trop fort. Si cela vous faisait mal, j'y remédierais." "Non, non, je suis à mon aise comme ça !" Comme des marches le séparent du fourgon l'attendant dans la cour, dit : "Ne me tenez pas, vous savez bien que je ne me sauverai pas." Quitte la prison à 7h35 avec à ses côtés l'aumônier et les deux aides. Environ 600 personnes présentes barrière Saint-Jacques depuis cinq heures du matin, dont beaucoup de femmes et de jeunes filles. S'agenouille devant l'échafaud, embrasse son confesseur, puis grimpe les marches, le visage livide et tremblant de peur. 14 août 1835
31 octobre 1835 Samedi, 13h Laon Louis-Ruffin Duplessis PARRICIDE, 19 ans, berger. A Branges, le 10 mai 1835, frappe sa mère Nicole Marie Catté, épouse Duplessis, d'un coup de couteau parce qu'elle lui faisait des reproches sur son intempérance, avant de se frapper de la même arme au bas-ventre. Mme Duplessis meurt le 12. 12 août 1835
31 octobre 1835 Samedi, 15h Albi François-Joseph Jacques Cazelles 52 ans, négociant en chaux. Dans la nuit du 24 au 25 janvier 1834, à Gaillac, assassinent à coups de couteau de cuisine, de poignard et de baïonnette, Dominique Coutaud, 68 ans, négociant en grains, sa femme handicapée Marie Fonvieille, et leur servante Marie Gardès, 58 ans, pour les voler. Antoine "Ressegou" Bougnol, 28 ans, cultivateur, et Pierre Solomiac, 22 ans, maçon, sont respectivement condamnés à 15 et 10 ans de travaux forcés. Complice de Dalbys, Salabert et Ginestet, condamnés le 02 décembre 1834. 05 août 1835
14 novembre 1835 Samedi, 12h Blois Joseph-Auguste Renvoizé 18 ans, tonnelier. Assassine à coups de couperet dans la nuit du 13 au 14 mars 1835 à Blois M. Dubois, son parrain, et la femme de ce dernier, Mme Pitoy. Exécuté place du bureau de bienfaisance. Souci avec la guillotine blésoise : le couperet doit s'abattre deux fois pour trancher correctement le cou. 19 août 1835
23 novembre 1835 Lundi, 12h Maure-de-Bretagne (Ille-et-Vilaine) Joseph Corvoisier 45 ans, laboureur. Le 19 décembre 1834, à La Chapelle-Bouëxic, tue d'un coup de tranche à la tête son frère Jean Corvoisier avec lequel il était en querelle pour l'héritage de leur autre frère disparu plusieurs années plus tôt, et le dépèce en six morceaux qu'il cache dans un vieux four désaffecté. Condamné en première instance par les assises de l'Ille-et-Vilaine, arrêt cassé, recondamné par les assises du Morbihan. 16 mai 1835, 15 septembre 1835
05 décembre 1835 Samedi, 10h Beauvais Jean-Baptiste Lemaire 48 ans, manouvrier à Guiscard. Père incestueux, tue en leur brisant le crâne le 24 avril 1835 à Margny (ou à Guiscard ?) les jumeaux nouveaux-nés, issus de ses relations avec sa fille Victorine, qu'il violait depuis l'âge de 14 ans, puis va les enterrer dans le jardin. Elle avait déjà eu deux enfants de lui : il avait fait disparaître le premier le 08 juin 1830, et donné une potion abortive à la jeune fille au bout de cinq mois de grossesse en novembre 1831. Victorine Lemaire, 27 ans, est acquittée. Exécuté place du Franc-Marché. 02 septembre 1835
07 décembre 1835 Lundi, 15h15 Coutances Angélique Piel 25 ans, toilière en crin. Empoisonne à l'arsenic Marie, sa soeur, entre le 09 et le 12 mai 1835 à Champrepus, pour jouir plus vite d'une petite propriété que sa victime s'était payée. Sa mère Marie Cruchon, veuve Piel, 65 ans, toilière en crin, condamnée à mort, est graciée. Marie-Louis Piel, employé de culture à Jersey, est acquitté. Exécuté rue Froiderue. 10 septembre 1835
09 janvier 1836 Samedi, 8h47, 8h50 Paris Pierre-Victor Avril et Pierre-François Lacenaire 25 ans, menuisier et 32 ans, commis-voyageur, déjà condamnés plusieurs fois pour vols. Le 13 décembre 1834, passage du Cheval-Rouge à Paris, assassinent leur ancien co-détenu, Jean-François Chardon, dite "Tante Madeleine", escroc notoire, à coups de tiers-point et de merlin, ainsi que sa mère grabataire, pour voler quelques pièces d'argent. Le 31 décembre 1834, au 66, rue Montorgueil, Lacenaire blesse à la nuque d'un coup de tiers-point M.Genevay, 18 ans, garçon de recettes, qui s'enfuit avant que le malfrat ne puisse lui dérober sa sacoche contenant 13.000 francs. Son complice dans cette dernière affaire, Hippolyte "François" Martin, 30 ans, parqueteur, est condamné aux travaux forcés à perpétuité. 15 novembre 1835
27 janvier 1836 Mercredi, 8h30 Paris Joseph David 40 ans, ancien militaire. Assassine Jeanne-Françoise Montgelard, épouse David, sa belle-soeur, le 09 juillet 1835 à l'Hôtel des Invalides, d'une balle de pistolet dans la tête. Il détestait depuis l'enfance son frère aîné, Pierre-Ignace, et était tombé amoureux de sa belle-soeur qui s'était toujours refusée à lui. Averti à 7h par le greffier, entend l'information avec une quasi-indifférence. Entend la messe de l'abbé Montès à la chapelle, puis demande un petit verre d'eau-de-vie après la cérémonie. Remis aux exécuteurs à 7h55, pose un mouchoir sur un banc et dit aux gardiens : "Vous le remettrez à Étienne, il lui appartient. Faut-il aussi que je retire ma blouse et mon gilet ?" Il se dévêt, et ne manque pas de poser des questions pour faciliter la tâche des exécuteurs : "Comment faut-il que je me place maintenant ? Le cordon de ma chemise va peut-être vous gêner : dois-je le délier ?" Comme on lui explique qu'il est inutile qu'il se tracasse pour cela, il répond : "C'est que, voyez-vous, je ne sais pas ce que je dois faire pour vous éviter tant de peines." Au miment de quitter la pièce, se lève et demande : "Je n'ai pas autre chose que ma blouse et mon gilet. Mettez-les sur mes épaules, pour moins sentir le froid. Je crois aussi que mon poing gauche est trop serré, mais c'est égal, car dans un moment, je ne souffrirai plus." L'un des aides donne un peu de mou au poignet, un autre lui fait boire un peu d'eau-de-vie supplémentaire, et après avoir salué l'assistance, va pour grimper dans le fourgon. Avise le directeur : "Je vous fais mes adieux, M.Becquerel, et vous prie de recevoir mes remerciements pour les bontés que vous avez eues pour moi pendant mon séjour ici." Grimpe dans la voiture avec l'abbé Montès. Trajet effectué en moins de quinze minutes. Barrière Saint-Jacques, se montre aussi ferme et calme qu'en prison, embrasse son confesseur, s'agenouille devant l'escalier pour prier, puis dit à la cantonade : "Avant de mourir, je dois dire que je ne voulais pas commettre le crime qui me conduit ici. J'en suis bien fâché, je l'avoue." En grimpant sur l'échafaud, hèle un aide exécuteur : "J'ai laissé vingt sous dans mon cabanon. Dites à M. l'abbé Montès de les réclamer pour les remettre à Michel (NB : Auguste-Claude Michel, condamné à mort le 30 décembre 1835 pour tentative d'assassinat), et quant à mon mouchoir, qui est ici à mes pieds, je désire qu'il soit envoyé à mon père, à qui il appartient." Se laisse basculer immédiatement. 21 novembre 1835
06 février 1836 Samedi, 13h Saintes Jean Barribas 27 ans, tailleur de pierres. Tente de tuer son ex-fiancée, Marie Vrillaud, 26 ans, à coups de bâton, dans la nuit du 13 au 14 juillet 1835 à Clairac. Aurait quelques années plus tôt tué le frère sourd-muet de cette dernière en le précipitant dans la Dordogne. 21 novembre 1835
19 février 1836 Vendredi, 7h54, 7h56, 7h58 Paris Pierre-Théodore Florentin Pépin, Pierre Morey et Giuseppe Fieschi 35 ans, épicier, 61 ans, sellier et 40 ans, mécanicien, Corse. Bonapartistes, conçoivent une "machine infernale" - une mitrailleuse primitive dôtée de 25 canons - qu'ils utilisent pour tenter d'abattre Louis-Philippe 1er le 28 juillet 1835, alors qu'il passe devant le 56, boulevard du Temple. Le Roi n'est pas touché, mais dix-huit passants sont tués et vingt-deux autres blessés, dont le maréchal Mortier. 15 février 1836
01 mars 1836 Mardi, 8h30 Paris Marin Lhuissier 44 ans, tapissier au 36, rue de Richelieu. Homme volage, ayant quitté son épouse pour vivre avec Joséphine Lecomte, de 21 ans sa cadette, au 92 de la même rue, la quitte à son tour quand elle tombe enceinte pour se mettre en couple avec Catherine Ferrand, qui ignore tout de sa femme et de sa maitresse et accepte de l'épouser. Le 22 avril 1835, quelques heures après avoir déménagé ensemble au 92, rue de Richelieu (!), tue d'un coup de massette Catherine, puis la coupe en deux avant de la transporter en charrette à bras jusque devant le palais Bourbon pour la jeter dans la Seine. Mobile : il n'avait pas assez d'argent pour entretenir ses trois ménages ainsi que ses trois enfants, et Catherine avait 450 francs d'économies qu'elle avait imprudemment confiés à son amant. Joséphine Lecomte, suspectée de complicité, est acquittée. Reçoit à 6 heures la visite de l'abbé Montès, lequel ne lui dit rien sur son sort. C'est en voyant entrer deux surveillants qu'il gémit : "C'est donc aujourd'hui mon dernier jour !
- Mais non, nous venons pour vous aider à vous habiller.
- Mais pourquoi ?
- C'est qu'on va vous faire descendre dans les prisons de Paris.
- C'est égal... je n'en crois rien."
La venue du greffier confirme ses craintes, et Lhuissier est effrondré, ne pouvant plus parler qu'à voix très basse, avant d'accepter de se vêtir, très lentement, tout en priant Jésus. Donne son chapelet, à un gardien, son livre de prières à un autre, puis est pris de violentes nausées et coliques. Comme on le prie de revêtir sa veste grise de détenu, il refuse : "Ce n'est pas la peine, je ne la porterai pas assez longtemps." Perd ses forces, et doit être soutenu par les gardiens pour aller à la chapelle. En passant devant la cellule d'un autre condamné à mort, gémit : "Eh bien, mon pauvre Michel" d'une voix éteinte. Entend la messe, répète à plusieurs reprises qu'il est innocent. "Je compte beaucoup sur la miséricorde divine. Dieu, pourtant, ne permet pas aux hommes de donner la mort à leur semblable. Dieu est bon : il me vengera un jour." Confié aux exécuteurs à 7h45, montre un peu plus de calme et de résignation. Reste assis, les yeux au sol, les mains jointes en prière, plongé dans ses pensées. Grimpe en titubant dans la voiture. 1200 spectateurs au mieux à la barrière Saint-Jacques. Après une génuflexion, en grimpant les marches, dit à un aide de transmettre un message à Joséphine Lecomte : "Qu'elle dise à mon père que je suis mort en bon chrétien."
15 janvier 1836
03 mars 1836 Jeudi, 8h Rouen Prosper Thomas Decaux 32 ans, journalier. Étrangle le 30 novembre 1834 son ancienne patronne Mme Denoyelle, mère du maire de Neufchâtel, pour la voler. Exécuté place Bonne-Nouvelle. 19 décembre 1835
11 mars 1836 Vendredi, 8h30 Grenoble François Reynaud 31 ans, cultivateur. Le 21 juin 1835, entre Ginaz et Jonage, tue M.Drevon à coups de pieu pour le voler. Jean-Claude Reynaud est acquitté, André Blayon et Jean-Claude "Roch" Robert sont condamnés aux travaux forcés à perpétuité. 05 décembre 1835
22 mars 1836 Mardi, 14h30 Mont-de-Marsan Bernard Bernadet 63 ans, fermier. Au service du couple Cazeneuve, devenu l'amant de la jeune Anne Capdeville, épouse Cazeneuve, 19 ans, il devait laisser le fermage à un autre le 18 septembre, tue Cazeneuve trois jours auparavant. Persuadée que son mari, Cazeneuve, était un sorcier, Anne cherchait à l'empoisonner : elle est condamnée à dix ans de travaux forcés. 13 janvier 1836
12 avril 1836 13h50 Perpignan Martret "Mazamies" Ribo PARRICIDE, 25 ans, cultivateur. Tente d'abattre à coups de fusil son père Gil Ribot, puis abat sa mère Catherine à Porta le 02 novembre 1835 parce que ceux-ci avaient refusé de lui prêter dix francs. Exécuté sur l'Esplanade. 09 février 1836
28 mai 1836 Samedi, 9h Limoges Pierre Mazin 61 ans, aubergiste. A Tulle (Corrèze), abat de deux coups de pistolet le 12 mars 1835 le fils de sa seconde épouse, Jean-Baptiste Giroulet, pour que les biens du jeune homme reviennent à sa mère. Traduit devant les assises de la Corrèze le 12 juin 1835 ; le public s'y montre si exalté que l'affaire est renvoyée à une session ultérieure, puis devant une autre cour d'assises afin que la décision des jurés ne soit pas influencée par l'excitation de la foule. 26 février 1836
10 juin 1836 Vendredi, 9h Amiens Denis François Baillet 51 ans, tonnelier. Assassine à Montdidier le 21 février 1836 sa patronne, Mlle Cauvel de Beauville, de 55 coups de bâton pour la voler. 13 avril 1836
11 juillet 1836 Paris Louis Alibaud 26 ans, ancien officier, anarchiste. Tenta d'abattre Louis-Philippe avec une canne-fusil au niveau du Pont du Carrousel le 25 juin 1836. La balle ne blesse personne et se fiche dans le toit du carrosse royal. 09 juillet 1836
12 juillet 1836 Mardi, 14h15 Mont-de-Marsan Jean "Parampure" Labat 19 ans, marchand colporteur. Abat d'un coup de fusil M.Larrieu le 24 janvier 1836 à Mézos pour lui voler sa montre et son couteau. 26 avril 1836
22 juillet 1836 Vendredi, 13h20 Rochefort (bagne) Jean-Marie Jacquemard 38 ans, journalier, détenu au bagne : condamné aux travaux forcés à perpétuité par les assises de la Haute-Saône en 1820 pour meurtre de son beau-père. Incarcéré à Toulon puis à Rochefort, bénéficiait d'une peine améliorée. Tua le 11 juillet 1836 de deux coups de barre de fer Pierre Cocher, 34 ans, un co-détenu qui l'avait dénoncé comme "mouchard". Condamné par le Tribunal Maritime. Se réveille à 6h, entend du bruit, demande si c'est la guillotine qu'on dresse. A la réponse positive, dit : "Puisqu'ils s'occupent de moi, il ne faut pas que je m'oublie. Apportez-moi à déjeuner." S'attable et mange avec appétit, et ne se plaint que d'une chose : le retard de son exécution (qui devait avoir lieu la veille). A 12h30, un coup de sifflet oblige les forçats, réunis dans la cour de l'Arsenal devant l'hôpital du bagne, à s'agenouiller et à se découvrir. Un réticent, qui demande à être exécuté à la place de Jacquemard, est vite réduit au silence. Accompagné par deux prêtres et par les forçats exécuteurs - l'exécuteur de Saintes ayant refusé de participer à cette exécution, ne voulant se soumettre qu'aux décisions rendues par la Cour d'assises. Regarde la machine, grimpe les marches fermement, puis s'adresse aux détenus : "Camarades, je vous remercie de la bonté que vous avez eu pour moi quand j'étais au cachot. Je remercie principalement M. Collet. Ne faites pas comme moi, obéissez à vos chefs, ils ne sont pas méchants maintenant. Je remercie Dieu et mes juges de m'avoir donné le temps de mourir en bon chrétien. Voilà, camarades, ce que j'avais à vous dire. Adieu !" S'agenouille, demande la bénédiction de l'aumônier de l'hôpital, qui la lui donne puis s'évanouit. Première exécution par guillotine au bagne de Rochefort (les précédentes s'effectuaient par fusillade et dans le dos). 20 juillet 1836
04 août 1836 Paris Benito Pereyra 28 ans, ouvrier ébéniste, Espagnol, ancien dominicain. Le 25 octobre 1835, assomme à coups de chaise puis perce d'un coup de fleuret le coeur de son compatriote, l'abbé Juan Ferrer, 60 ans, qui l'hébergeait au 6, rue de la Rotonde-du-Temple, pour lui voler son livret de caisse d'épargne contenant 900 francs et sa montre. Il accuse un complice, Juan Garcia-Ulloqui, 43 ans, déjà impliqué en 1834 dans l'empoisonnement d'un autre prêtre espagnol, mais totalement innocent dans cette affaire. 31 mai 1836
10 août 1836 Mercredi, 8h30 Troyes Anne Claudine Joséphine Tribouley, épouse Juneau PARRICIDE, 49 ans, sans profession. Jette dans le puits à Montfery sa mère, Anne Larchet, veuve Tribouley, qui la gênait trop le 30 décembre 1835. Exécutée place du Marché-au-Blé. 24 juin 1836
20 août 1836 Samedi, 12h30 Nancy François-Louis Pierrot 22 ans, journalier. Le 13 décembre 1835, entre Bulligny et Crépey, assassine à coups de hache Antoine Creusot, 22 ans, marchand de vins à Rupt pour lui voler 220 francs. Son frère Jean-Baptiste Pierrot, 19 ans, est condamné aux travaux forcés à perpétuité. 08 mai 1836
21 septembre 1836 Mercredi, 8h Nantes Mathurin Rolland







Joseph "Vigouret" Deniau
47 ans, laboureur, ayant déjà été condamné à cinq ans de prison pour vol de cheval. Noye à Jans, dans la nuit du 13 au 14 avril 1836 sa fille Jeanne, 6 ans, sans raison véritable.







37 ans, laboureur. Poignarde mortellement Jacques Minguet, marchand de volailles, à Chevrolière le 27 décembre 1834, pour lui voler 100 francs. Pierre "Saumur" Archet et Mathurin "Griolet" Neveu sont condamnés aux travaux forcés à perpétuité.
Exécutés place Viarme. 16 juin 1836







15 juin 1836
24 septembre 1836 Samedi, 10h Beauvais Jean-François "Batardy" Geffroy 33 ans, charretier. Tue à Bailleul-le-Soc le 10 mars 1836 M.Balny, marchand blatier à Coivuel, en l'assommant à coups de bâton avant de l'égorger et de lui voler sa ceinture contenant l'argent. 13 juin 1836
31 octobre 1836 Lundi, 12h15 Caen Auguste-Louis Maufras 29 ans, garçon boulanger, récemment libéré de la centrale de Beaulieu. Le 07 juin 1836, chemin de Tilly, entre Caen et Bourguébus, frappe à coups de bâton et poignarde le docteur Le Bidois pour le voler. Touchée au bas-ventre, la victime survit. Exécuté place du Marché-Neuf. 08 août 1836
12 novembre 1836 Samedi, 12h Apt (Vaucluse) Louis Bourgue 38 ans, ouvrier agricole. Etouffe et précipite dans un puits le 16 octobre 1835 au hameau des Blanchards, commune de Saint-Saturnin-les-Apt, Félicienne Mézard, épouse Geoffroy, 17 ans, sa belle-fille. Second mari de sa mère, il abusait d'elle depuis ses 14 ans et elle venait de se marier pour lui échapper, ce qui l'avait rendu fou de rage. 16 juillet 1836
28 novembre 1836 Lundi, 10h Bastia Félix-Antoine "Tambone" Battesti 37 ans, garde-champêtre, bandit. Le 05 septembre 1833 vers Lugo di Nazza, au lieu-dit Macchioncello, abat de cinq balles François-Jean Alerini, car celui-ci servait d'indicateur aux forces de l'ordre contre les maquisards. Le 08 novembre 1833, abat Marie-Laurence Serravalle, 25 ans, à Pietricazzi, elle aussi pour avoir souvent servi de guide aux soldats dans leur traque aux bandits. 18 août 1836
30 novembre 1836 Mercredi, 11h Plouaret (Côtes-du-Nord) François Lancien 34 ans, scieur de long. 12 août 1836
30 novembre 1836 Mercredi, 15h Rodez François Ferrières 43 ans, aubergiste. Le 24 avril 1835, précipita Louis Turlan, 92 ans, dans les eaux du Lot à Entraygues-sur-Truyère, après l'avoir assommé pour le dévaliser. 21 août 1836
27 février 1837 Lundi, 10h Valence Celestino Vietti 35 ans, chanteur ambulant, Italien. Assassine à coups de couteau le 25 août 1836 près de Montélimar l'aubergiste Jean "Cadet" Alibert pour lui voler 25 francs. 02 décembre 1836
09 mars 1837 Jeudi, 14h Mont-de-Marsan Jean Lalanne 55 ans, forgeron. Tue le 11 février 1835 à Préchacq à coups de fusil et de haut-volant M.Seps avant de le jeter dans l'Adour pour ne pas avoir à rendre 2.000 francs qu'il avait confiés à Lalanne. Son complice, Jean Saubion, 30 ans, vigneron, est condamné à mort et gracié. 30 octobre 1836
13 avril 1837 Jeudi, 9h30 Chartres Victor Davoust 26 ans, déchargeur à Mantes. Tua la veuve Lambert pour la voler. Condamné le 14 août 1836 aux travaux forcés à perpétuité par les assises de Seine-et-Oise pour avoir commis trois crimes : le 30 août 1835, entré par effraction chez la veuve Féron, il l'avait étranglée avec ses jarretières avant de piller la maison ; le 24 novembre 1835, à Viroflay, assommé le voiturier Leleu pour voler 300 francs ; pour avoir, le 05 décembre, à Pontchartrain, frappé à coups de bâton son ami Louis Robin, pour voler 330 francs venant de la vente de veaux - il avait été acquitté de la mort de la veuve Féron. 17 décembre 1836
14 avril 1837 Mardi, 9h Château-Thierry (Aisne) Jean-Baptiste Lacour 47 ans, menuisier. Bat à mort sa demi-soeur, Augustine Émilie Lacour, veuve Dervillers, 44 ans, le 15 février 1836 à Trélou-sur-Marne, pour en hériter plus rapidement, et abandonne le corps dans les écuries pour laisser penser qu'elle a été piétinée par les chevaux. Garlot, son demi-frère voiturier, Boudin "Jacquot", vigneron, Vernier, maître maçon et Châtelain, domestique, sont tous acquittés. Exécuté à la Rotonde, au bout du faubourg de la Marne. 09 décembre 1836
01 juillet 1837 Samedi, 12h Mortain (Manche) David Le Sénéchal et Françoise-Jacqueline Julienne Roupnel, épouse Le Sénéchal 55 ans et 62 ans, cultivateurs. Tentèrent en juin 1836 à Lapenty d'empoisonner leur gendre, M. Marcou, puis tuèrent leur fille et leur gendre le 21 novembre 1836. 12 mars 1837
03 juillet 1837 Lundi, 5h Rochefort (bagne) Luigi Gavioli 29 ans, détenu au bagne. Condamné aux travaux forcés à perpétuité le 30 novembre 1833 pour avoir, le 31 mai 1833 à Rodez, tué à coups de couteau ses compatriotes Leopold Lazzareschi, 39 ans, avocat et Luigi Emigliani, 39 ans, et blessa gravement à la poitrine Ursula Giouvardi, la femme d'Emigliani, qui se précipitait à leur secours. Ses victimes ne partageaient pas ses opinions républicaines. Avait été condamné en Italie à trois ans de galères pour désertion, et avait également assassiné le 08 mars 1831, avant de rejoindre la France, assassiné un homme. A Rochefort, s'estima brimé, et tua d'un coup de couteau dans le ventre l'adjudant Croidieux et le garde-chiourme Pique, et blessa gravement au ventre un autre adjudant. Exécuté dans la cour du bagne, devant 900 détenus, à genoux et découverts. Se montre très calme au lendemain d'une nuit passée à parler avec l'aumônier. Obtient le droit de parler aux détenus une fois sur l'échafaud. Mais là, se déchaîne et hurle : "Que chacun de vous s'arme d'un poignard et vos droits ne seront pas méconnus ! Lardez, lardez sans crainte ! Le couteau de la guillotine ne fait aucun mal !" 23 juin 1837
03 juillet 1837 Lundi, 15h30 Toulouse Hilaire Attané 48 ans, cultivateur. A Roquefort, empoisonne pendant l'année 1833 son épouse, ses deux enfants, sa mère, un oncle de sa seconde épouse, puis son père Jacques le 09 décembre 1833. Récidive en empoisonnant sa soeur Marguerite Attané, épouse Becqué, le 17 août 1836 : condamné pour ce seul meurtre. 01 mars 1837
08 juillet 1837 Samedi, 9h Chartres Pierre-Simon Robert 22 ans, garçon meunier. Le 21 septembre 1836, à Saint-Projet, tue à coups de fusil Johannes Dumesnil, maire de la commune, et sa domestique, Marguerite-Agathe Bidard, veuve Meissonnier. Dumesnil, dans des affaires immobilières, avait donné raison aux rivaux de Julie Barbier, épouse Denis, patronne et maîtresse de Robert, et celle-ci avait décidé de se venger en chargeant son amant de faire le travail à sa place. Julie Barbier est condamnée aux travaux forcés à perpétuité. 24 mars 1837
08 juillet 1837 Samedi, 10h30 Cahors Louis Jean Amadieu 32 ans, cultivateur. Mari violent et débauché, empoisonne à Anglars en avril 1835 son fils Jean, âgé d'un mois. En août, empoisonne son beau-père Jean Bladou, puis fait subir le même sort à son épouse, Marie Bladou, 26 ans, qui trépasse le 18 septembre 1836. 21 février 1837
10 juillet 1837 Lundi, 10h Vesoul Dominique Tribout 27 ans, militaire au 25e régiment de ligne. Viole, poignarde et mutile atrocement Marie Cuny le 20 novembre 1836 à Corbenay. Accusé en outre d'une tentative de viol sur une jeune femme de Corbenay. Exécuté dans l'enceinte de la Halle aux Blés. 17 février 1837
12 juillet 1837 Mercredi, 13h Périgueux François Autier 49 ans, colporteur, marchand de chiffons. Empoisonna au vitriol son collègue Guillaume Hubert pour lui voler 400 francs. Exécuté place de Prusse. 19 janvier 1837
18 juillet 1837 Mardi, 11h30 Saint-Mihiel Jean-Baptiste Pillot 35 ans, cultivateur. Assassine Nicolas Étienne Champenois, 71 ans, son beau-père, à Cousances-les-Cousancelles le 16 février 1837. Exécuté place du Collège. 21 avril 1837
10 août 1837 Jeudi, 6h30 Tours Antoine Piltan 42 ans, jardinier. A Limeray, empoisonne avec des catharides le 03 décembre 1836 sa femme Marguerite Gangnant, 51 ans, et récidive sur Silvain Hyron, 54 ans, jardinier, mari de sa maîtresse, le 08 janvier 1837. Geneviève Beauvais, veuve Hyron, 48 ans, est condamnée aux travaux forcés à perpétuité. 17 juin 1837
16 août 1837 Mercredi, 7h Gap Dominique Pelleautier 57 ans, cultivateur à Vitrolles. Devenu l'amant de sa propre fille, lui fit presque chaque année entre 1823 et 1836 un enfant, qu'il se chargeait d'étouffer dès la naissance. Arrêté suite à la mort du dernier enfant, né le 02 décembre 1836 en présence de témoins. Sa fille est condamnée à dix ans de travaux forcés. 09 juin 1937
15 septembre 1837 Vendredi, 12h Évreux Pierre-Aimé Pinel 30 ans, journalier. Assassine le 25 décembre 1836 à Giverville son épouse en la battant avant de la noyer dans une mare. Exécuté place du Grand-Carrefour. 22 juillet 1837
16 septembre 1837 Samedi, 11h Bourg-en-Bresse Claude Descombes et Claude Gay 34 ans, jardinier et 29 ans, tisserand. Etranglèrent avec une corde Laurence Thévenard, veuve Poncet, 50 ans, cultivatrice à Genouilleux dans la nuit du 27 au 28 octobre 1836, pour lui voler 400 francs et une montre. François-Joseph Châtelain, 52 ans, horloger ambulant, est condamné aux travaux forcés à perpétuité. 28 mai 1837
30 septembre 1837 Samedi, 15h Albi Antoine Delluc 42 ans, cordonnier. Condamné le 27 janvier 1831 à cinq ans de bagne pour avoir violé une fillette. Son attitude avait fait fuir son épouse qui refusait de reprendre la vie commune : le 22 mars 1857, à Roussayrolles, abat d'un coup de fusil sa belle-mère, Marie Arnald, veuve Gayrard, puis va à Monestiès faire subir le même sort à son épouse, Marie Gayrard. 12 août 1837
30 septembre 1837 Samedi, 7h30 Aix-en-Provence Pascal-Antoine Jouve 29 ans, cultivateur. Condamné en 1830 à cinq ans de réclusion pour vol, purge sa peine à Nîmes puis revient en août 1836 dans sa ville natale de Roquevaire. Tentant d'abuser de sa soeur, il est chassé par son père. Le 10 juin 1837, à Aubagne, enlève la jeune Honorine Solard, 9 ans, en allant la chercher à l'école sous un faux prétexte, et la viole sous la menace d'un couteau. Le 16 juin, s'introduit par effraction dans un cabanon appartenant à son père, vole armes, vivres et munitions avant d'y mettre le feu et d'observer l'incendie à distance. Prévient un voisin de son acte de pyromanie et profère des menaces contre sa famille. Dans les heures qui suivent, posté arme à la main sur la route, braque une dizaine de cultivateurs qui passaient par-là puis, à un berger qui n'a rien à lui donner, offre (!) une gorgée d'eau et une miche de pain ! Tente d'arrêter une diligence, mais le cocher lui décoche un coup de fouet : Jouve tire un coup de fusil sans blesser quiconque. Peu après, aperçevant son père dans un champ en compagnie de deux gendarmes déguisé, tente de lui tirer dessus sans toucher personne, et est finalement arrêté. Exécuté place Sainte-Magdelaine. 24 août 1837
04 octobre 1837 Mercredi, 8h30 Montpellier Thomas Armély 59 ans, mendiant, ancien berger, déjà jugé par les assises de l'Hérault pour vol en 1820. Étrangle le 28 mai 1837 à Fos Dominique Douat, colporteur chiffonnier, avant de lui enfoncer un morceau de bois dans les narines et de lui cogner la tête sur une pierre pour lui voler ses biens, avant de jeter le corps lesté d'une pierre dans les eaux du Portel. 04 août 1837
18 octobre 1837 Mercredi, 9h30, 10h Beauvais Jean-Pierre Élie Guillot







Louis-Sébastien Caillotte
27 ans, ouvrier faïencier. Le 1er août 1837, à Nogent-les-Vierges, viola et tua d'une vingtaine de coups de couteau sa soeur Augustine Guillot, 17 ans.







PARRICIDE, 50 ans, vigneron. Bat et étrangle sa mère, la veuve Caillotte, 79 ans, à Précy-sur-Oise le 13 mai 1837 pour accélérer l'héritage.
03 septembre 1837







29 août 1837
11 novembre 1837 Samedi, 7h Rochefort (bagne) José Carilla 19 ans, Espagnol. Condamné par les assises des Basses-Pyrénées en 1835 aux travaux forcés à perpétuité pour avoir, le 14 septembre 1835, près de Pau, assassiné son patron, M.Bertrand, cultivateur, à coups de bêche, pour lui voler un bouton de métal qu'il avait pris pour une pièce d'or. Enfermé à Rochefort, le 24 octobre 1837, au cours d'une dispute avec un autre forçat, Naideau, s'empare d'une gournable - une cheville servant à la construction des navires - et lui fracasse le crâne avec. 30 octobre 1837
10 janvier 1838 Mercredi, 13h Quimper François Mazé 30 ans, cultivateur. Marié à Sizun le 09 janvier 1837 à Anne Béon, veuve Lemins, mère de cinq enfants qu'il commence à maltraiter sitôt après les noces, piétine à mort le petit Jean-Pierre, 3 ans, le 08 mai 1837. 13 octobre 1837
02 février 1838 Vendredi, 14h Moulins Pierre Malluret 33 ans, tailleur de pierres. Assassina sa femme Philiberte Anne Dalphaud. Exécuté place aux Foires. 24 octobre 1837
07 février 1838 Mercredi, 14h Angoulême Jean "Comte" Aumaître 67 ans, cultivateur, malfrat sévissant à Yviers, plus précisément au hameau de Rassac. Quatre squelettes sont ainsi déterrés en février 1837 par des cantonniers sur le bord d'un chemin. Ils ne furent jamais identifiés, mais auraient été des marchands de bestiaux abattus à coups de fusil, lapidés, étranglés et dévalisés dix ans plus tôt, entre le 28 février et le 11 avril 1827. L'un des auteurs, Lapierre, est arrêté le 11 mai 1827 pour vols, et meurt incarcéré à Limoges le 21 octobre 1828. Quatre autres assassinats possibles sont rapportés par des témoins, mais aucun corps supplémentaire n'est jamais retrouvé. Jean Gadrad, 24 ans, est condamné à quinze ans de prison. 27 novembre 1837
17 février 1838 Samedi, 11h Beauvais Jean-François Tantost 24 ans, ouvrier tonnelier, deux fois condamné. Libéré de Melun le 1er avril 1837. Assassine M.Fourtin et sa soeur, cultivateurs octogénaires à Bury dans la nuit du 25 au 26 avril 1837 pour les voler. Jacques Fourtin, 7 ans, ne survit que parce qu'il est tombé du lit au moment de l'attaque et n'a pas été remarqué par les criminels. Louis Chantrelle, 28 ans, est condamné à vingt ans de travaux forcés, et le père Chantrelle, 58 ans, est acquitté. 14 décembre 1837
22 février 1838 Jeudi, 11h Rouen Laurent "Maugendre" Saint-Yves 39 ans, journalier. Le 17 avril 1837, à Guerville, tentent de tuer à coups de fusil le curé Gondré et sa bonne au cours d'un cambriolage. Tirard, 42 ans, berger, est condamné aux travaux forcés à perpétuité. Exécuté place Bonne-Nouvelle. 17 août 1837
24 février 1838 Samedi, 8h30 Grenoble Joseph-Victor Girard 32 ans, colporteur. Abat d'un coup de fusil puis poignarde à huit reprises le 04 juin 1837 à Gresse son beau-frère, Barthélémy Niert. Homme violent, pris de haine envers sa belle-famille, avait tenté plusieurs fois en cinq ans d'attenter aux jours de Barthélémy Niert, père et fils. Exécuté sur le Champ de Mars. 07 décembre 1837
02 mars 1838 Vendredi, 12h Auxerre Jean-Joseph Croisé 56 ans, artiste vétérinaire. Payé par la famille Michaut 15 francs pour empoisonner le père Imbert, tente de l'intoxiquer le 12 août 1837 à La Chapelle en mettant une pilule d'arsenic dans son déjeuner : Imbert et sa domestique survivent à la tentative. Les Michaut avaient, en 1830, acheté un champ de blé en viager à Imbert mais pour une question d'élagage de haies non effectués, refusaient désormais de s'acquitter en temps et en heure de leur dette, causant des tensions supplémentaires entre Imbert et eux. Bien que Croisé n'ait aucun grief envers Imbert, il fut le seul condamné, Pierre Michaut, sa femme et leur fils étant acquittés ! 16 décembre 1837
02 avril 1838 Lundi, 12h Caen Michel Mordant 62 ans, cordonnier, ancien forçat, libéré en janvier 1837. Le 08 avril 1837, à Saint-Gatien-des-Bois, à la tête d'une bande, attaque la maison de la veuve Guillon, tue d'un coup de sabre le domestique Joseph Chéron, blesse la servante Marie Le Grip. Exécuté place du Marché-Neuf (promenades Saint-Julien). 10 février 1838
10 avril 1838 Mardi, 17h Brest (bagne) Joseph Baudelet 29 ans, aubergiste. Condamné au bagne pour meurtre de son épouse en 1834. Cuisinier dans l'aile médicale, renvoyé le 30 août 1837 pour avoir insulté sa supérieure, Soeur Sainte-Malch, infirmière. Remis en poste le 30 octobre suivant - trop bon cuisinier, son absence provoquait les plaintes des patients -. Le 05 mars 1838, il égorge la religieuse avec un couteau de cuisine qu'il avait fait aiguiser dans la journée. 20 mars 1838
25 mai 1838 Strasbourg Georges-Philippe Magnus 29 ans, voiturier. Tue et égorge à coups de hache, le 17 octobre 1837 à Roppenheim, Alexandre Léopold, fabricant d'huile à Hatten. Loué comme chauffeur, il avait conduit Léopold à Strasbourg pour vendre 26 quintaux d'huile, et l'avait tué pour s'emparer de son argent avant d'enterrer le corps dans un champ proche de chez lui. 25 mars 1838
25 mai 1838 Vendredi, 7h Rouen Olivier Guinche 37 ans, terrassier. Assassina à coups de couteau le 25 novembre 1837 à Beuzeville Jacques Mallet, 86 ans, laitier pour lui voler 5000 francs. Se trahit quand, le 02 décembre, il alla porter plainte auprès du procureur ; la veille, il avait été dévalisé par un ancien forçat et quatre prostituées de la somme de 3.500 francs qui lui restaient, sans pouvoir expliquer aux autorités d'où venait l'argent à l'origine ! Exécuté place Bonne-Nouvelle. 30 mars 1838
13 juin 1838 Mercredi, 13h15 Saint-Martin-le-Gaillard (Seine-Inférieure) Nicolas-Augustin Fournier, Jean-François Fournier, Jean-Baptiste Napoléon Godry et Jean-Nicolas Toussaint Fournier 60 ans, boucher, 34 ans, boucher, 28 ans, journalier et 36 ans, boucher. Le 16 octobre 1836 au soir, tuent à coups de barre de fer le père Lhermina, curé de Saint-Martin-le-Gaillard, 79 ans, sa nièce Marie-Rose Cayeux, 18 ans, et sa bonne Céleste Paris, quadragénaire. Si Toussaint Fournier et son épouse Sophie Godry sont arrêtés, l'absence de preuves empêche l'inculpation de tous leurs complices présumés. Le 20 novembre 1837 à Douvrend, tuent de la même façon le père abbé Michel, 85 ans, ainsi que sa servante Javotte Latteux, qui survit deux jours au crime, et M.Carpentier, beau-frère du curé, venu rendre visite à son parent. Une adolescente, Elisa Testu, fille de l'instituteur local, a survécu à un coup qui lui a fait perdre aussitôt connaissance. Cette fois, on arrête Jean-François Fournier et Napoléon Godry, respectivement frère et beau-frère de Toussaint, puis son père Nicolas. Sophie Godry est condamnée aux travaux forcés à perpétuité. 23 mars 1838
21 juin 1838 Jeudi, 12h Estaires (Nord) Jacques Frédéric-Désiré Allaert 29 ans, ouvrier tisserand, déserteur du 8e régiment de cuirassiers, ouvrier tisserand chez Gilles-François Salomé, à Estaires. Le 07 septembre 1837, assassina à coups de ferrement sa collègue Aimée Wirquin, domestique, pour cambrioler la maison plus tranquillement ; il emporta des boucles d'oreilles en or, une redingote, deux chemises, et la chaîne en or de sa victime. Arrêté le 04 janvier en Belgique où il s'était réfugié. 25 avril 1838
07 juillet 1838 Samedi, 8h05 Angers Edward Arciulewicz 34 ans, tisseur de laine, Polonais. Assassine à coups de hachette le 03 janvier 1838 à Angers sa voisine de palier, la veuve Huet, 69 ans, pour lui voler ses bijoux et son argenterie. Exécuté au Champ de Mars. 15 mai 1838
21 juillet 1838 Paris Victor Jadin 32 ans, serrurier, déjà condamné en 1833 à huit et douze ans de bagne pour cambriolage. Le 1er janvier 1838, rue des Peites-Ecuries, frappe de quatre coups de ciseau Hermance Ducreus, pour lui voler sa montre et son livret de caisse d'épargne. Son complice, Jean-Baptiste Frêchard, 32 ans, serrurier-mécanicien, impliqué dans l'affaire Lacenaire et déjà condamné aux travaux forcés à perpétuité, est condamné à... 14 juillet 1838
25 juillet 1838 Mercredi, 14h Angoulême François Sauzet PARRICIDE, 27 ans, cultivateur. Tue à coups de bâton et de sabot à Lessac le 17 décembre 1837 son père Jean parce que celui-ci refusait qu'il épouse sa domestique adolescente - laquelle n'était pas du tout intéressée par lui ! 22 mai 1838
31 juillet 1838 Mardi, 11h Saint-Mihiel Jean-Nicolas Pernet PARRICIDE, 46 ans, manoeuvre. Abat d'un coup de fusil dans la poitrine son père le 18 février 1833 à Viéville, et parvient à faire croire à un accident de chasse. Les années suivantes, fait usage de son arme sur plusieurs personnes contre lesquelles il a des griefs, et qui n'échappent à la mort que par chance ; en tentant d'abattre le 23 juillet 1837 François Didion, il fait un faux pas, et le tir passe au-dessus de la tête de Didion ! Exécuté place du Collège. 14 mai 1838
02 août 1838 Jeudi, 12h Versailles Jacques-François "Théophile" Lamy 60 ans, journalier. Tua, avec la complicité de ses deux fils, Charles et Denis, tua le 12 décembre 1837 à Chevreuse, au hameau de Mousseau, M.Levacher, fermier de 81 ans, en le brûlant pour lui faire dire où il cache ses économies, avant de l'achever à coups de petite enclume et de marteau. 20 mai 1838
13 août 1838 Lundi, 10h, 10h02 Gap Aimé Deliessy et Simon Larue 36 ans, ouvrier, et 33 ans, couvreur, détenus à Embrun. Tentèrent le 05 janvier 1838 de tuer le gardien Alibert à coups de plateau de bois et de couteau lors d'une évasion de la maison centrale d'Embrun, et blesse au bras le gardien Ramo qui venait à son secours. Avertis à 2 heures du matin, à la prison de Gap. Résigné, Deliessy chante un cantique d'actions de grâce pour encourager son complice. Quittent la maison d'arrêt pour Embrun en charrette, une foule les attend à l'extérieur. En sortant de la ville, Larue demande à se confesser, donne des conseils aux gens qui passent et dit sa joie de mourir bientôt, tandis que Deliessy chante des cantiques. Halte à 6h30 à Chorges, boivent un peu, restent une demie-heure. Arrivés peu avant 10h à Embrun, grande foule. Parvenus sur la place principale de la ville, en voyant la guillotine, Larue a un mouvement de peur, et le prêtre le console pour atténuer sa panique. Deliessy, ne voulant pas voir la mort de son complice, affirme être le moins coupable et demande à passer le premier. Faveur acceptée, embrasse son confesseur avant d'être basculé. Larue le rejoint, titubant de peur. 01 juin 1838
20 septembre 1838 Jeudi, 8h Melun Nicolas-Etienne Desfourneaux Quincaillier. Mari violent, à Fontainebleau, empoisonne sa femme Marie-Madeleine Poinsot avec une tasse d'acide arsénieux le 26 mai 1838. Exécuté place St-Jean. 24 août 1838
26 septembre 1838 Mercredi, 12h Draguignan Carmino Rossa 35 ans, italien, chaudronnier ambulant. Décapita à coups de rasoir à Draguignan le 30 janvier 1838 le père Martin Truc, moine, 84 ans, qui l'avait hébergé pour la nuit. Il avait appris la veille de la bouche même du vieil homme qu'il venait de vendre un héritage. 17 juillet 1838
10 octobre 1838 Mercredi, 12h Riom Charles-Antoine "Toine" Capdau 37 ans, cultivateur. Le 07 octobre 1837, à Allanche (Cantal), près de l'auberge d'Escanis, tire un coup de feu et tue de plusieurs coups de bâton ferré le maquignon Carles pour le voler. Condamné en première instance par les assises du Cantal, arrêt cassé, recondamné par les assises du Puy-de-Dôme. 05 mai 1838, 24 août 1838
13 octobre 1838 Samedi, 11h Dijon Anne Boursaut, épouse Guéneau-Sordot et Jean Guéneau-Sordot 45 ans, ménagère et 45 ans, meunier à Courcelles. Incitent leur fils Pierre, handicapé mental, à mettre le feu au moulin de Frénoy, demeure de leur rival Pierre Rigault et de sa famille, dans la nuit du 19 au 20 mai 1838, pour se venger de leur réussite. Pierre est acquitté. 18 août 1838
15 octobre 1838 Lundi, 12h Caen Jean-Baptiste Barbier 23 ans, ouvrier couvreur. Dans la nuit du 01 au 02 janvier 1838, à Saint-Denis-de-Méré, assassine à coups de marteau dans la tête M.Lehugeur, retraité de l'armée habitant Pont-Erambourg, pour lui dérober sa retraite récupérée le matin-même, soit 42 francs. Exécuté sur les promenades Saint-Julien. 07 août 1838
18 ou 19 octobre 1838 Thionville (Moselle) Marguerite Roeder 35 ans, domestique, Luxembourgeoise. Tomba enceinte cinq fois de son employeur, Antoine Groff, voiturier à Thionville, en 1829, 1832, 1834, 1836 et le 15 mai 1838. Les corps des bébés, vraisemblablement étouffés dès la naissance, furent retrouvés dans la fosse septique de la maison. 24 août 1838
29 octobre 1838 Lundi, 8h, 9h Versailles Jean-Baptiste Guillon





Aimé-Benjamin Michel
20 ans, garçon boucher. Le 11 avril 1838, à Cormeilles-en-Parisis, égorge de deux coups de couteau sa grand-tante, Mme Lelièvre, qui lui avait vendu ses biens en viager et qui jouait les mauvais payeurs.





54 ans, couvreur en chaume. Dans la nuit du 02 au 03 mai 1838, assassine à coups de bûche à Écouen son beau-père, Herbillon, perruquier septuagénaire, à qui il avait acheté sa maison en viager. Suspecté d'avoir par le passé causé la mort de ses deux premières épouses. Sa femme, Nicole-Julie Herbillon, est condamnée à...
19 août 1838





29 août 1838
20 ou 29 octobre 1838 Lisle-sur-Tarn (Tarn) Etienne "Icher" Taillefer 56 ans. Ancien métayer de M.Facieu père à Lisle-sur-Tarn, licencié le 20 novembre 1837, traîne l'affaire devant le tribunal de Gaillac qui donne tort à Taillefer et le condamne aux dépens ainsi qu'à verser une somme de 250 francs à son ancien propriétaire. Acceptant la conciliation, en apparence seulement, abat au jour prévu pour l'expertise, le 09 juillet 1838, M.Facieu fils de deux coups de fusil dans l'abdomen et dans la poitrine. Actes de décès mal scannés - deux pages manquantes. 24 août 1838
31 octobre 1838 Mercredi, 13h15 Périgueux François Pasquet 65 ans, propriétaire. Assassinat. Exécuté place de Prusse. 24 juillet 1838
31 octobre 1838 Mercredi, 14h15 Angoulême François Auguste "Edouard Auguste Vonbdenthal" Olligschlager 24 ans, boucher. Lapide et égorge à coups de rasoir le 26 octobre 1837 près de Verteuil son compagnon de voyage, Louis Wimet, 18 ans, garçon coiffeur, pour lui voler son argent et ses outils de travail. 31 août 1838
15 décembre 1838 Paris François Alexandre Perrin 24 ans, ouvrier imprimeur. Fils d'une concierge, rue Transnonain, tente de séduire la fille d'une des locataires. La mère ayant refusé les avances, il tente de les tuer toutes deux le 22 juillet 1838. Premier condamné à mort à attendre son exécution à la prison de la Roquette. 31 octobre 1838
02 janvier 1839 Mercredi, 12h Toulon Jean-Baptiste Roubaud 32 ans, tonnelier. Tentative de meurtre le 28 octobre 1837 à Toulon. 15 novembre 1838
01 février 1839 Vendredi, 13h Caen Jean-François Paul-Auguste "Le Landais" Bloche 34 ans, tisserand. Le 08 avril 1837, à Saint-Gatien-des-Bois, à la tête d'une bande, attaque la maison de la veuve Guillon, tue d'un coup de sabre le domestique Joseph Chéron, blesse la servante Marie Le Grip. Son complice, Mordant, avait été exécuté le 02 avril 1838. La veille de sa condamnation à mort, fut également condamné aux travaux forcés à perpétuité pour fausse monnaie. Le dernier complice, Michel Mancel, 42 ans, forçat libéré, est condamné à perpétuité le 06 août 1839. Exécuté sur les promenades Saint-Julien. 02 décembre 1838
09 février 1839 Samedi, 10h Chalon-sur-Saône Michel Bouchard 22 ans, sans profession, déjà cinq condamnations. A Lacharmée, le 08 mai 1839, assassine à coups de bâton François Lambert, septuagénaire, qui revenait de la foire de Sennecey, pour lui voler une quarantaine de francs. La victime survit assez de temps pour le dénoncer. 16 décembre 1838
09 février 1839 Samedi, 14h Angoulême Jean Boise 56 ans, cultivateur à Saint-André-de-Double (Dordogne). Père incestueux, viole pendant des années sa fille Marie. En 1830, un jeune cultivateur convaincu d'épouser Marie Boise se suicide peu avant les noces pour avoir surpris sa promise et son futur beau-père ensemble... En février 1837, à Lajemaye, Boise tue l'enfant nouveau-né qu'il a eu avec sa fille, et le 28 février 1838, à Saint-André-le-Double, récidive. Seul le bébé de Lajemaye est retrouvé enterré dans un fournil. Condamné en première instance par les assises de la Dordogne, arrêt cassé, rejugé par les assises de la Charente. 25 juillet 1838, 25 novembre 1838
07 mars 1839 Jeudi, 12h Nancy François Henry Défaut 22 ans, domestique. Auteur de douze incendies à compter de l'âge de 14 ans. En décembre 1837, à Morel-Maison, jette dans un puits le fils de son patron, le petit Maldémé, 6 ans, qui l'avait surpris en flagrant délit d'incendie. Déjà condamné pour vol en août 1838 à six ans de travaux forcés. 30 novembre 1838
16 mars 1839 Samedi, 16h Bastia Jean-Vincent Muglioni 64 ans, propriétaire. Son complice, Joseph-Marie Orsini, est gracié. 01 décembre 1838
07 mai 1839 Mardi, 11h Nîmes Marthe Contestin, Veuve Philip 22 ans, ménagère. Femme volcanique et infidèle, massacre à coups de couteau de cuisine son mari Blaise Philip à Beaucaire le 30 août 1838. Exécution place des Arènes 24 février 1839
11 mai 1839 Samedi, 15h Brest Benoît Marsaud 32 ans, second capitaine à bord de l'Alexandre, parti de Bordeaux pour Batavia avec 17 hommes à son bord, réprimandé fréquemment par le capitaine Bouet pour sa paresse. Le 27 novembre 1837, sur le chemin du retour, abatt le capitaine d'un coup de pistolet avant de le jeter par-dessus bord ; précipite aussi à la mer le lieutenant Morpain, le maître d'équipage Hervé, les matelots Audoui et Dosset. Quelques jours plus tard, craignant qu'il ne les dénonce, Marsaud ordonne au matelot anglais Gording de jeter à la mer le matelot Le Moine, puis, se défiant également de lui, fait enivrer Gording avant de lui faire subir le même sort. Les survivants s'accordent pour laisser croire que l'équipage avait disparu au cours d'une tempête. Seuls Marsaud et Jean Raymond, 21 ans, matelot pilotin, seront arrêtés et répondront de la mutinerie. Condamné par le Tribunal maritime de Brest. Jean Raymond, condamné à mort, est gracié. Exécuté place du Château. 13 mars ou 11 avril 1839
25 mai 1839 Samedi, 9h Albi Joseph "Romulus" Vidal et Louis Montagne 43 ans, cultivateur et menuisier à Roquecourbe, et 56 ans, vigneron. Etranglent dans la nuit du 10 au 11 janvier 1839 à Lautrec Marie Blanc, veuve Carivenc, pour lui voler 17 francs. "Romulus" déjà soupçonné d'avoir tué un oncle en le poussant dans les escaliers. 16 mars 1839
09 juillet 1839 Mardi, 8h Angers René-François Bodin 22 ans, maçon à Segré. Avec la complicité de son père Pierre, 48 ans, étranglent le 08 janvier 1839 la veuve Beaumont, 76 ans, pour lui voler 2.000 francs. Pierre est acquitté. 16 mai 1839
11 juillet 1839 Jeudi, 12h Chemillé (Maine-et-Loire) Joseph Clémot 35 ans, journalier grêleur. A Saint-Laurent-de-la-Plaine et Neuvy, empoisonne le 29 mai 1837 sa deuxième femme, Geneviève Brillouet ; leur fils, Victor-Joseph Clémot, 20 mois, le 04 juin 1837 ; sa troisième femme, Marie Bondu, le 26 septembre 1838. Ses épouses avaient fait de lui leur légataire. Aurait également empoisonné le père de l'une de ses épouses, ainsi que sa première épouse, Renée Blourdier, 36 ans, décédée le 07 mars 1828, et trois autres personnes, mais ces morts manquent soit de preuves, soit tombent sous le coups de la prescription. 20 mai 1839
05 août 1839 Lundi, 12h Caen Etienne Maurel 45 ans, marchand de fruits et légumes. Rue Damozanne à Caen, le 20 avril 1838, assassine d'un coup de marteau dans la tête la veuve Verlingue, sexagénaire, pour lui voler des chaussettes et de l'argent. Exécuté sur les promenades Saint-Julien. 29 mai 1839
17 août 1839 Samedi, 12h Sarlat (Dordogne) Jean Delport 33 ans, maçon. Tue à coups de pierre le 26 septembre 1838 à Peyzac-de-Montignac son beau-père Jean Chanet, 65 ans, qu'il détestait, avec la complicité de son domestique Jean Mounet, 19 ans, et jette le corps dans un gouffre, le Trou de l'Abîme, d'où il est remonté le 29 novembre. Mounet est acquitté. 18 avril 1839
19 octobre 1839 Samedi, 9h Colmar (Haut-Rhin) Bernard Théophile Leprince 28 ans, sans profession, détenu à la centrale d'Ensisheim, prisonnier depuis l'âge de 17 ans, tua le 16 juin 1839 le détenu Jacquin, enfermé au cachot avec lui, en lui broyant la tête avec le couvercle des latrines, sous prétexte que Jacquin lui avait dérobé sa ration de pain. Prévenu à 6 heures par le père Maimbourg, curé de Colmar, surpris mais résigné, dit qu'il trouve sa mort juste et qu'il souhaite qu'elle serve d'exemple. Remet un peu d'argent que son avocat, Me Menziau, lui a remis durant son incarcération, ainsi que sa cravate, pour les donner à un autre détenu, condamné aux travaux forcés à perpétuité. "Il est plus malheurex que moi : que cela puisse servir à adoucir sa misère." Salue tous les employés de la prison, leur serre la main puis va dans la cour. Refuse de grimper dans la charrette, préfère aller à l'échafaud à pied. Pendant le chemin, discute avec le prêtre et embrasse plusieurs fois le crucifix. Embrasse à nouveau le père Maimbourg, grimpe les marches en regardant le couperet puis se remet entre les mains des exécuteurs. Foule immense, mais silencieuse. 26 août 1839
28 octobre 1839 Lundi, 12h30 Bourg-en-Bresse Sébastien-Benoît Peytel 35 ans, notaire à Belley, connaissance de Balzac. Assassine de deux coups de feu dans la tête sa femme, Félicie Alcazar, 21 ans, enceinte de cinq mois, dont il était héritier, et massacre de six coups de marteau son domestique Louis Rey pour lui voler 7500 frs, le 1er novembre 1838 à Andert-Condon. Affirma toujours son innocence. 31 août 1839
02 novembre 1839 Samedi, 13h30 Le Blanc (Indre) Henri Rivaud 50 ans, cantonnier. Assassine le 15 juin 1839 au hameau de Bellevue, commune du Blanc, Marie-Anne Desgoulets, épouse Gaud, 34 ans, cultivatrice. 20 août 1839
13 novembre 1839 Mercredi, 7h15 Tours Anne Chesneau, veuve Ribot 46 ans, journalière fille-mère de six enfants, épouse en 1834 Charles Ribot, ancien militaire. Après que les époux aient fait donation des biens au dernier vivant, Anne maltraire son époux et l'empoisonne avec un plat de pommes de terre aux oignons et à l'arsenic le 14 août 1835. Le 10 juin 1839, empoisonne sa voisine, Mme Diguet, dont elle était devenue la maîtresse du mari. Jean Diguet, 58 ans, vigneron, est condamné aux travaux forcés à perpétuité, et Charles Nerdeux, un voisin, ancien militaire, est acquitté. Exécutée au canal de Saint-Pierre-des-Corps. 05 septembre 1839
14 novembre 1839 Jeudi, 12h Tarbes Jean Soucaze-Baqué 37 ans, cultivateur à Campan, repris de justice, déjà passé trois fois en cour d'assises. Surpris en plein cambriolage par une jeune fille, tente de la tuer pour qu'elle ne donne pas l'alerte. Dominique Gallay-Marja est condamé à vingt ans de travaux forcés 10 septembre 1839
16 décembre 1839 Lundi, 10h20 Tours André-Louis Romain 24 ans, vigneron et charretier. Le 03 février 1839, à Saint-Cyr, tua à coups de hache le cultivateur Boileau, 72 ans, ancien marinier, sa femme et sa fille, Marie, 19 ans, ses anciens patrons, pour les voler et pour se venger de son licenciement. Exécuté près du canal de Saint-Pierre-des-Corps. 12 septembre 1839
16 décembre 1839 Lundi, 12h Brest Florent-Marie Bélégou 31 ans, matelot de 3e classe à bord de l'Alexandre, parti de Bordeaux pour Batavia avec 17 hommes à son bord. Le 27 novembre 1837, sur le chemin du retour, le sous-capitaine Marsaud abat le capitaine d'un coup de pistolet avant de le jeter par-dessus bord ; lui et ses complices précipitent aussi à la mer le lieutenant Morpain, le maître d'équipage Hervé, les matelots Audoui et Dosset. Quelques jours plus tard, craignant qu'il ne les dénonce, Marsaud ordonne au matelot anglais Gording de jeter à la mer le matelot Le Moine, puis, se défiant également de lui, fait enivrer Gording avant de lui faire subir le même sort. Les survivants s'accordèrent pour laisser croire que l'équipage avait disparu au cours d'une tempête. Marsaud et Raymond sont condamnés à mort, seul Marsaud est exécuté. Arrêté sur l'Ile Bourbon en même temps que le matelot Joly, qui n'est pas jugé, car il est prouvé qu'au moment de la mutinerie, malade, il était resté alité. 05 septembre 1839
10 janvier 1840 Vendredi, 15h30 Chaumont François Brallet 30 ans, messager. Tua au carrefour de la Croix-Coquillon, à deux kilomètres de Chaumont, le messager Claude "Fanfan" Gaucher, son ancien patron, le 08 décembre 1838 en lui roulant dessus avec sa charrette pour se venger de son licenciement. Un premier procès, en juillet 1839, est renvoyé à cause d'un problème de tirage au sort des jurés. Joseph Romback est condamné aux travaux forcés à perpétuité. 13 novembre 1839
14 janvier 1840 Mardi, 13h30 Le Luc
(Var)
Joseph Toussaint Chauvet 38 ans, ménager. Frappe à coups de bâton et jette dans un puisard sa belle-soeur, Isabeau Chauvet, épouse Blanc, 35 ans, le 22 juin 1839 au Luc. Les deux familles vivaient dans des maisons voisines disposant d'un puits commun, situé sur la parcelle des Blanc. L'usage du puits provoquait bien des tensions. Le 21 juin, Clémentine Chauvet, 14 ans, est giflée par Isabeau Blanc, sa marraine, pour avoir utilisé le puits. Chauvet vit la scène, incita par la violence sa fille à riposter : les deux femmes finirent par en venir aux mains. Il menaça sa belle-soeur de vite quitter les lieux... Isabeau allant chez des voisins avec l'intention de porter plainte, il alla guetter son retour, la jetta dans l'eau puis, à chaque fois qu'elle tentait d'en ressortir, lui donna des coups de gourdin sur la tête. Réveillé à la prison de Draguignan à 6 heures par l'abbé Court qui lui dit qu'il faut partir. "Où allons-nous ?" Informé, comprend et répond : "C'est bien, je suis prêt. Mais avant, je veux boire un verre d'eau-de-vie et manger un morceau." On le lui sert. Les gendarmes le font monter dans la charrette alors qu'il mange encore un gros quignon de pain. Arrivée à 10h30. Se dresse et hèle les passants pour leur dire qu'il va mourir à cause de faux témoignages. Se défoule en passant devant chez le juge de paix, l'insulte et l'accuse d'être responsable de ses malheurs, ce qui suscite des cris de protestation de la part des passants. Passant à proximité de l'échafaud, Chauvet grogne : "Belle tête que tu vas faire tomber... une tête innocente !" Conduit à la geôle de la ville, confié aux exécuteurs. Particulièrement excité, redemande à manger : "C'est le meilleur moyen d'attendre la mort !" Monte à l'échafaud sans effort : quand on le lie sur la bascule, rugit : "S'il y avait un Dieu, il ferait un miracle pour me sauver ! Je suis innocent !" 11 novembre 1839
12 février 1840 Mercredi, 11h15 Arras Louis "Varlet" Caron et Pierre-Henri "Ch'moutte" Carpentier 42 ans, valet de charrue et 55 ans, charron. Caron abat de deux coups de fusil, le 28 juillet 1839 à Metz-en-Couture, Jean-Louis Guyot, rentier à Fins, beau-frère de Carpentier. Carpentier était l'héritier en viager de Guyot, qui l'avait pris en affection après avoir épousé sa soeur, mais leur entente était devenue nulle au fil du temps. 08 décembre 1839
15 février 1840 Samedi, 10h Chalon-sur-Saône Jacques "La Prune" Debeaumarché 35 ans, distillateur. Assomme, étrangle et noie dans le Bouley, près de Nyon, son beau-frère Jacques Clair le 20 septembre 1839, pour que son épouse, soeur de la victime, en hérite plus rapidement. 17 décembre 1839
29 février 1840 Paris Louis-Augustin "Dordoir" Lober 27 ans, garçon boulanger. Le 06 octobre 1839 au 7, rue du 29-Juillet, à Paris, tente d'assassiner à coups de couteau les soeurs Joséphine et Eugénie Decaux, dans leur magasin de lingerie, et tente d'abattre d'un coup de pistolet M.Collinet, le portier de la maison. Dernière exécution officielle d'Henry Sanson. 22 février 1840
28 mars 1840 Samedi, 7h30, 7h35 Reims Marie-Barbe Ravez, veuve Quénardel et Pierre-Henri Quénardel 61 ans, et 37 ans, vigneron, fils et mère. Empoisonnent avec une potion de zinc et de l'acide chlorhydrique la fillette nouvelle-née de Pierre le 18 mai 1839 à Verzenay. Auraient commis le même genre de crime sur les quatre enfants précédents, n'épargnant que les aînés. Marie-Claudine Charpentier, épouse Quénardel est acquittée. Exécutés sur l'esplanade Cérès. 23 décembre 1839
22 avril 1840 Mercredi, 12h Saint-Haon-le-Chatel (Loire) Annette Dufour PARRICIDE, 21 ans. Avec la complicité de Claude Bouffaron, son beau-frère et amant, abattit son père Jean d'un coup de fusil dans la poitrine à Arcon le 27 octobre 1839. Arcon survécut une semaine à la tentative de meurtre. Bouffaron fut condamné aux travaux forcés à perpétuité, bien qu'il ait lui-même abattu le vieux Dufour. Arrive à Roanne le 21 à 14h depuis Montbrison. Prise de faiblesse car ne s'est pas alimentée depuis la veille : conduite à l'infirmerie de la prison, y reprend des forces, et passe une partie de la nuit à parler avec l'aumônier Brosse. Avant de quitter la sous-préfecture à 7h, demande pardon à ses parents, et jure que c'est Bouffaron qui a tiré le coup de feu mortel. Va seule à la voiture. Une demi-heure avant d'arriver à Saint-Haon, profitant d'une halte pour reposer les chevaux, Annette admire le paysage. A la justice de paix de Saint-Haon, subit la toilette et est revêtue de la tenue des parricides. Traverse la foule jusqu'à la place où se trouve l'échafaud. Prie quelques minutes, agenouillée sur la première marche. Relevée par le bourreau de Lyon, monte en recevant l'absolution du prêtre, et crie à la foule : "Je demande pardon à Dieu et aux hommes. Je prie ceux qui m'entourent de ne pas suivre mon exemple." 28 février 1840
25 avril 1840 Samedi, 12h Chartres Pierre "Renoult" Marie 20 ans, journalier. Le 3 février 1840, aux abords de Francourville, viole, bat et étrangle Céline Decourtry, 19 ans. Se rend à la conciergerie de la prison à 10h30. Averti de la nouvelle, fond en larmes et perd connaissance. Ranimé par l'abbé Féron, boit un verre d'eau-de-vie et demande qu'on donne ses affaire à trois détenus. Remarquant le trouble du directeur, dit : "Monsieur Huchet, vous tremblez plus que moi !" Puis dit aux aides qui l'attachent : "Ne craignez rien, je ne me sauverai pas." S'adresse à nouveau au directeur : "Monsieur Huchet, il me faut mourir. Il le faut, pour l'exemple de la jeunesse, car je sais bien que j'ai commis un grand crime. Mais j'aurai du courage !" Puis rajoute enfin : "Moi qui pouvais si bien travailler, avoir commis un pareil crime ! J'ai résisté quelques instants, mais je n'ai pas eu la force de vaincre ma passion. J'avais cependant laissé cette fille passer, et je m'étais retiré sur l'autre rive du chemin. Mais poussé par je ne sais quelle fatalité, j'ai couru dessus..." Se tait est est conduit place du Marché-aux-Chevaux (place de la République), reconnaît un visage dans la foule, et s'écrie "Adieu Marie !" Aurait dû, semble-t-il, bénéficier d'une grâce car était la veille du mariage du duc de Nemours, fils de Louis-Philippe, qui semblait vouloir exercer sa clémence pour l'occasion... Rien ne sera fait en substance. 16 mars 1840
21 mai 1840 Jeudi, 12h Lyon Ferdinand Perrin





Jacques Planus
29 ans, cordonnier. Le 18 décembre 1839, au 42, port-au-Temple à Lyon, au cours d'un cambriolage chez Mme Julien, tue de deux coups de couteau Félicité Monnet, domestique, qui meurt le 21. Goutty, tailleur, voisin de Perrin et cousin de Félicité, qui avait accompagné Perrin dans ce cambriolage, se jette par la fenêtre en voyant sa cousine ainsi assassinée et meurt lui aussi le 21 décembre.





40 ans, mousselinier, forçat libéré, condamné en 1825 à cinq ans de prison pour vol. Tue à coups de hache le 10 septembre 1839 au Breuil Jean Masson, 70 ans, cultivateur, pour le voler.
Exécutés place Louis-XVIII. 16 mars 1840





25 mars 1840
30 mai 1840 Samedi, 12h Bourges Joseph Villatte 45 ans, tailleur d'habits. Le 31 janvier 1840, assassine à coups de carreau de tailleur son beau-frère, Jean Roy, 85 ans, qui vivait chez lui, afin de lui voler l'argent suffisant pour payer le dernier terme d'un terrain. Exécuté à Saint-Lache 04 avril 1840
30 mai 1840 Samedi, 18h Rodez Jean Albert Valette PARRICIDE, 29 ans, cultivateur, étrangle son père Antoine Valette à Bromat le 25 novembre 1838 pour le voler et enfin pouvoir se marier avec sa maîtresse Geneviève Franc, chose à laquelle Valette s'était toujours opposé. Marie Cayron, voisine de la victime, est acquittée. Geneviève Franc, condamnée à mort, est graciée. 12 mars 1840
09 juin 1840 Mardi, 4h Rodez Pierre Bergonnier PARRICIDE, 48 ans, cultivateur à Saint-Rome-du-Tarn. Le 20 juillet 1839, tue son père, 74 ans, que lui et sa famille maltraitaient depuis des années. 12 mars 1840
09 juin 1840 Mardi, 10h Troyes Jean-Baptiste Gérasime Laîné 33 ans, bonnetier. Dans la nuit du 09 au 10 septembre 1839, à Villemoyenne, tue à coups de serpe Nicolas Lutel, 86 ans, cultivateur, pour lui voler du linge et un peu d'argent. Lutel meurt le 14 septembre. Son complice, Godiot, est condamné aux travaux forcés à perpétuité. 29 mars 1840
15 juin 1840 Lundi, 12h Caen Stanislas Cucu et Michel Rouland 30 et 45 ans, journaliers, cambrioleurs. Le 23 novembre 1839, à La Houblonnière, rentrent chez la veuve Labsolu pour voler une vingtaine de francs, des couteaux, du pain et du beurre. Le 19 décembre 1839, à Friardel, attaquent M. Legendre au coucher, et le blessent de trois coups de feu dans la tête avant qu'il ne parvienne à s'enfuir pour prévenir les gendarmes. Exécutés sur les promenades Saint-Julien. 31 mars 1840
29 juin 1840 Laval Perrine Besnard, veuve Grimault Séparée de son mari, Grimault, âgé de vingt ans de plus qu'elle, l'étrangle avec une corde le 24 novembre 1839 aux bois des Landelles, commune de Cuillé, pour hériter de ses biens. Son amant et complice, Jeussé, est en fuite. 13 avril 1840
02 juillet 1840 Jeudi, 8h10 Angers René Maugrain 34 ans, cultivateur à Saint-Jean-des-Mauvrets. Assassine son oncle pour le voler. Inculpé pour avoir également empoisonné son père, reconnu non coupable pour ce fait. Exécuté sur le Champ de Mars. 15 mai 1840
22 juillet 1840 Mercredi, 8h30 Albi Catherine Beauté, veuve Dauzats et Joseph Dauzats PARRICIDES, 41 ans et 22 ans, cultivateurs, mère et fils. Le 15 septembre 1839, à Montpinier, tuent Mathieu Dauzats, leur père et époux en le pendant, tant pour hériter de ses 15.000 francs d'économies que pour se venger ; Mathieu, d'une avarice terrible, considérait que payer 1.500 francs un remplaçant au service militaire à son fils était une dépense trop importante ! 08 juin 1840
22 juillet 1840 Mercredi, 5h45 Carcassonne François Cheix Galy et Thomas "Fagé" Gibrat 34 ans, charbonnier et 31 ans, journalier. Condamnés en première instance par les assises des Pyrénées-Orientales, arrêt cassé, rejugés par les assises de l'Aude. 06 mai 1839, 27 mars 1840
25 juillet 1840 Samedi, 12h15 Morlaix (Finistère) Mathieu Lhéréec et François-Marie Lhéréec PARRICIDES, 18 ans, journalier et 25 ans, cordonnier. Tuent à coups de marteau, de bâton et de pierre, leur père Hervé Lhéréec, préposé des douanes à la retraite à Locquirec (hameau de Guimaëc ou Plougonven) le 12 octobre 1839 et jettent le corps dans une mare. Exécutés sur la Grande Place. 13 avril 1840
12 août 1840 Mercredi, 8h45 Mézières Mathieu Cornèse 39 ans, carrier, Belge. Condamné à vingt ans de prison pour vol en Belgique, suspecté d'un double meurtre commis aux environs de Rethel, évadé de Dinant. Cambriole presbytères et mairies à l'hiver 1839. Torture et tue le 24 août 1839 à Stonne M.Normand, rentier, pour lui voler de l'or. Parvient à s'évader de la prison de Sedan le 09 novembre 1839. Exécuté au faubourg Saint-Julien. 05 mai 1840
18 août 1840 Mardi, 6h30 Bordeaux Jean Dubois 17 ans, domestique. Assassine à coups de barre de fer dans la nuit du 22 au 23 novembre 1839 à Cartelègue son patron, Jacques Arnaud Faurien, cultivateur, son épouse, et leur fille Jeanne, 8 ans pour cambrioler la maison. Marie Faurien, 14 ans, et Arnaud Faurien, 7 ans, survivent, bien que très grièvement blessés. Avait, trois jours plus tôt, mis le feu à une meule de foin pour détourner l'attention et tenter de voler l'argent destiné à la paye des fermages de Noël. 04 juin 1840
09 septembre 1840 Mercredi, 14h30 Bastia Dominique Boresi 30 ans, laboureur. Condamné à mort par contumace, bandit terrifiant les parages de Sartène. 18 juin 1840
05 octobre 1840 Lundi, 11h30 Riom Régis-Élie Bride 19 ans, sans profession, déjà condamné quatre fois depuis ses 11 ans. Incarcéré à Riom, assassine le 19 juillet 1840 son co-détenu Jean-Baptiste Vaille, 35 ans, à qui il avait dérobé vingt sous et qui s'était rendu compte du larcin. 10 août 1840
14 octobre 1840 Mercredi, 11h25 Tarascon-sur-Ariège (Ariège) Alexis "Carroy" Roussel-Janetis 43 ans, cultivateur. Tue d'une soixantaine de coups de couteau le 22 juin 1840 à Saurat, près de Rabat, M. Bergasse, un vieux propriétaire, à qui il avait acheté plusieurs terrains qu'il ne voulait pas payer. La victime meurt la nuit suivante. 27 juillet 1840
16 octobre 1840 Vendredi, 11h Lavelanet (Ariège) Jacques "Le Bottier" Déramond 42 ans, cordonnier. Le 19 novembre 1839, au Carla-de-Roquefort, étrangle, assomme et jette dans un canal M.Jauze, industriel, et Joseph Raulet, le garde-forge de ce dernier, avant de cambrioler la maison Jauze et d'emporter 25.000 francs. Deramond détestait Jauze, qui était l'amant de sa soeur Marie ; son complice, Jacques "Marc" Pendrié, qui avait été licencié par Jauze et nourrissait une rancune absolue depuis, est condamné aux travaux forcés à perpétuité. 26 juillet 1840
16 octobre 1840 Vendredi, 15h Chaumont Claude "Vitrier" Guyot 38 ans, manoeuvre, voleur récidiviste. Auteur d'incendies volontaires à Arnoncourt : le 2 novembre 1830, met le feu à la maison de la veuve François, sa belle-mère. Noie, le 28 octobre 1831, son épouse Marguerite François en la précipitant dans un puits avec leur enfant, âgé de douze mois. En avril 1834, tente d'empoisonner François Dumont et son épouse, oncle et tante de sa seconde femme Véronique Loiseau, avec de l'arsenic, pour en hériter. Le 20 février 1835, met le feu à trois maisons dont celle de François Dumont. Récidive enfin le 07 mars 1840 en mettant le feu à sa propre maison et à celle de son voisin Richelon. 09 août 1840
29 octobre 1840 Château-Gontier (Mayenne) Julienne Rouyer 45 ans, domestique. Aida son patron et amant Jean Grimault, 40 ans, cultivateur à Bazouges, à empoisonner sa famille à l'arsenic : Jeanne Garrault, épouse Grimault, qui meurt le 11 mai 1838 ; François Garrault, père de Jeanne, le 24 août 1839 ; Rose et Jeanne Grimault, les filles de Jean, âgées de 6 et 5 ans, le 21 septembre 1839. Grimault est condamné aux travaux forcés à perpétuité. juillet 1840
31 octobre 1840 Samedi, 12h Bourg-en-Bresse Jean-Gabriel Pététin 28 ans, sellier-carrossier. Le 21 juin 1840, à Bourg-en-Bresse, tue de quatre coups de couteau à découper le cuir son épouse Annette Gallet, 23 ans, qui l'avait quitté après trois ans de mariage suite à ses violences répétées. Il blesse également à la nuque leur fillette de 2 ans. 20 août 1840
03 novembre 1840 Mardi, 7h15 Bordeaux Pierre-François Eliçabide 30 ans, instituteur. Voulant épouser Marie Tressarieux, veuve Anizat, il quitte Bétharram pour Paris avec l'intention d'y gagner assez d'argent pour organiser leur mariage. Mais se retrouvant chômeur, il décide de se tuer et de tuer également son amante et ses enfants. Le 16 mars 1840, après s'être fait envoyer l'aîné, Joseph, 10 ans, par la diligence, il le tue rue de Flandre de plusieurs coups de marteau sur la tête avant de l'égorger d'un coup de couteau. Le 8 mai suivant, revenu en Gironde - et disant avoir laissé Joseph sous la surveillance d'un collègue -, au cours d'une promenade à Yvrac, tue à coups de marteau et de couteau Marie et la petite Mathilde, 8 ans. Exécuté place d'Aquitaine. 11 septembre 1840
04 novembre 1840 Mercredi, 14h Angoulême Antoine Arzac 24 ans, cordonnier, plusieurs fois condamné pour vol et pour attentat à la pudeur. Entre Pont-à-Brac et Barbezieux, massacre à coups de pierre le boucher Bertin pour le voler. Condamné la veille à dix ans de prison pour avoir, au cours d'une tentative d'évasion de la prison de Cognac, assommé le beau-frère du concierge de la prison et la femme du concierge. 19 août 1840
17 novembre 1840 Mardi, 8h30 Limoges Louis Cartier 21 ans, serrurier, condamné trois fois depuis ses 14 ans, dont une fois, en 1840, à dix ans de prison pour vol dans une diligence. Incarcéré à la centrale d'Eysses, mis au cachot pour menaces pendant plusieurs mois ; transféré à Limoges, menace le gardien Buisson. Le 24 avril 1840, en plein atelier, Cartier se bat avec son tramier et est blessé par le gardien Vergne. Décidé à se venger, le 04 mai 1840, il donne un coup de couteau dans le cou à Vergne, qui est sauvé par l'intervention d'un autre détenu, mais finit par succomber le 22 mai. 05 août 1840
26 novembre 1840 Jeudi, 7h30 Tours Pierre Mirbeau 48 ans, vigneron. Dénoncé le 16 décembre 1839 par André-Louis Romain sur le point d'être exécuté. Avec Romain, le 03 février 1839, à Saint-Cyr, tua à coups de hache son voisin, le cultivateur Boileau, 72 ans, ancien marinier, sa femme et sa fille, Marie, 19 ans, anciens patrons de Romain, pour les voler. Condamné en première instance par les assises d'Indre-et-Loire, arrêt cassé, recondamné par les assises du Loir-et-Cher. Son épouse Anne Ripault, épouse Mirbeau, condamnée aux travaux forcés à perpétuité au premier procès, puis à mort au second procès, est graciée. Exécuté place de la Tranchée. 01 avril 1840, 08 septembre 1840
19 décembre 1840 Samedi, 12h Nevers Marie Hugon, veuve Guyonnet 38 ans, ménagère. En novembre 1839, empoisonne à l'arsenic son beau-fils, âgé de six ans ; en janvier 1840, empoisonne Pierre Guyonnet, son mari. Exécutée place de la Foire. 21 août 1840
28 décembre 1840 Paris Jean-Charles Barbier 31 ans, ouvrier sur les ports, déjà condamné à 11 reprises, notamment pour violences commises sur des femmes. Jaloux maladif de sa maîtresse, Pauline Louise Guidet, dite "La Blonde", 19 ans, blanchisseuse, lui fracasse la tête de soixante coups de gourdin le 31 juillet 1840 sur l'île Louviers, actuelle Ile Saint-Louis, parce qu'elle le trompait. Première exécution capitale d'Henri-Clément Sanson en tant qu'exécuteur en chef. 14 novembre 1840
31 décembre 1840 Baume-les-Dames (Doubs) Jean-François Besançon 35 ans, cultivateur. Le 20 novembre 1839, à Vergranne, tue son frère Christophe à coups de couteau parce que celui-ci l'avait accusé d'avoir volé leur père. Prévenu à 6 heures du matin par le curé Griffon et un vicaire. Dormait encore, se redresse sur le lit, devient pâle et gémit : "Je vois que vous venez m'annoncer une mauvaise nouvelle. Je ne m'y attendais pas... Ah, mon père !" Ne peut plus dire un mot, refuse de s'habiller, et les prêtres doivent insister pour qu'il passe son pantalon. Doit être forcé d'aller jusqu'à la conciergerie de la prison pour prendre un petit déjeuner, mais refuse toute nourriture, à part tremper ses lèvres dans un verre de vin chaud. Résiste pour monter dans la charrette, et une fois encore, ne se soumet que par l'intervention des prêtres, tout en refusant de mettre d'autres vêtements : "J'espère que le froid me fera mourir en route, comme ça, j'épargnerai à ma famille la honte de l'échafaud." Le concierge, cependant, pose une couverture dans la voiture pour qu'on puisse la lui mettre sur les épaules une fois sorti de la ville. Quatre heures de route sont nécessaires pour accéder à Baume, durant lesquelles il n'arrête pas de gémir : "Oh ! mon père ! Oh ! ma femme, mes enfants ! Ma famille ! Quel déshonneur pour vous ! Mille morts pour moi s'il était possible, mille tourments, mais point d'échafaud pour vous ! Mon père aura donc vu mourir mon frère de ses mains, et il me verra mourir à sa porte sur un échafaud !" Arrivé sur place à 12h30, est conduit à la prison pour la toilette, mais perd toute contenance, et s'évanouit au moment de quitter la maison d'arrêt. On doit le porter sur la voiture, et c'est toujours sans connaissance qu'il est exécuté. Foule nombreuse et silencieuse autour de l'échafaud. 03 novembre 1840
31 décembre 1840 Jeudi, 12h30 Coutances Jean-Baptiste Desmares 41 ans, sabotier à Colomby. Assassine dans la nuit du 10 novembre 1839 sa voisine, Jeanne Moncuit, à coups de hache dans la tête, pour ne pas avoir à rembourser l'argent qu'il lui devait. Son épouse Victoire Travert est acquittée. Exécuté sur la place au sud de la prison. 02 juillet 1840
07 janvier 1841 Jeudi, 11h Nîmes Etienne Litièrre 27 ans, couvreur, ancien militaire incarcéré à la centrale. Comme il avait été puni par le gardien Liotard pour une réflexion désobligeante envers d'autres détenus, le 11 septembre 1840, tue le gardien d'un coup de marteau avant de voler son sabre pour le poignarder à plusieurs reprises. 13 novembre 1840
janvier 1841 Laguiole (Aveyron) Marie Frisquette Empoisonna son mari Pierre Boureille le 21 novembre 1840 pour épouser son amant. INCERTITUDE QUANT AUX DATES : http://criminocorpus.cnrs.fr/bibliographie/ouvrages/112164/ décembre 1840
30 janvier 1841 Samedi, 10h30 Mirecourt (Vosges) Pierre Virion 22 ans, cultivateur. Le 07 novembre 1840, à Mirecourt, égorge à coups de rasoir Mlle des Tourailles, 75 ans, et sa domestique, 45 ans. Fils d'un fermier de Rouvres au service de Mlle des Tourailles, chargé par son père de payer 600 francs à la propriétaire, il avait joué l'argent et perdu 140 francs qu'il ne pouvait rembourser. 06 décembre 1840
05 février 1841 Vendredi, 14h Saint-Palais (Basses-Pyrénées) Jean "Brisquet" Elichalt 36 ans, passementier, ex-militaire. Égorge à coups de couteau le 23 juillet 1840 à Domezain M. Larrandart, 80 ans, pour le voler. 19 novembre 1840
12 février 1841 Vendredi, 11h Flavigny (Meurthe-et-Moselle) Louis Marchand 28 ans, domestique agricole. A Flavigny, le 08 novembre 1840, viole Athanaïse Joly, 7 ans, avant de lui arracher la langue, de lui briser le crâne et de jeter le corps, enfermé dans un sac, dans la Moselle. Affirma qu'elle s'était tuée en tombant d'une échelle par accident. 19 décembre 1940
13 février 1841 9h15 Beauvais Pierre Gontier 56 ans, berger. Proposant à son neveu Eugène Sellier, 32 ans, d'intégrer la franc-maçonnerie, le 16 septembre 1839 à Villers-sur-Coudun, le blesse à coups de fusil pour lui voler les 10.000 francs de frais d'intégration... 10 décembre 1840
16 février 1841 Mardi, 8h Carcassonne François "Christophe Sarrisi" Sarrat 33 ans, berger. Libéré peu avant de la centrale de Nîmes après cinq ans de prison pour vol avec violences. Le 15 juillet 1838, dans le bois de Villeclare, entre Saint-Genis et Saint-André, tue François-Barthélémy Py, syndic septuagénaire des gens de mer de Banyuls, de deux coups de bâton sur la tête et quarante-neuf coups de couteau pour le voler. Condamné en première instance par les assises des Pyrénées-Orientales, arrêt cassé, rejugé par les assises de l'Aude. 13 août 1840, 27 novembre 1840
19 février 1841 Vendredi, 12h Auxerre François Rouillard 64 ans, aubergiste à Saint-Martin d'Ordon, ruiné par l'attitude de sa femme Lucie et de ses fils, tous des petits voleurs dont il devait payer les dettes. Mis en demeure de régler ses dettes par un huissier le 27 septembre 1840, il est pris d'une crise de rage, menace son créancier Leriche, puis menace un de ses locataires, Payen, qui lui doit 160 francs. Comme l'homme s'enfuit, il met le feu à son appartement, puis retrouve Payen qu'il abat d'une cartouche dans la nuque. Met le feu à une ferme à quelque distance de là, puis à une forge. Le lendemain, caché dans les bois des Rochers, abat de deux balles un passant qui voulait essayer de l'arrêter. Exécuté au faubourg Saint-Amatre. 15 décembre 1840
20 février 1841 Samedi, 12h Montbrison Catherine Jomain, veuve Maritaine 39 ans, sans profession. Avec la complicité de son amant, Fleury Guichon, 24 ans, attaque à coups de masse de cantonnier dans la tête le 11 mars 1840 à Saint-Germain-la-Montagne son époux Jean Maritaine, journalier, qui meurt trois jours plus tard. Guichon est condamné aux travaux forcés à perpétuité. 23 décembre 1840
20 février 1841 Samedi, 12h Vannes Pierre-François Sébire 23 ans, soldat du train d'artillerie. Suite à six mois de prison militaire pour vol, a pour ordre de rejoindre l'Afrique via Toulon, en compagnie d'un autre soldat détenu, Poirier. Après l'avoir enivré, à Pontivy, Sébire tue son camarade à coups de couteau, puis l'éventre et lui arrache les intestins et la rate. Exécuté place du Champ de foire. 13 décembre 1840
04 mars 1841 Jeudi, 9h Rouen Marie-Elisabeth Mutot, épouse Lefebvre 47 ans, sans profession. Abat le 15 août 1840 à Pierreval d'un coup de fusil en plein ventre son amant Duboc, ancien forçat, qui avait fait d'elle son héritière et qu'elle avait quitté pour un voisin, Linaud. Ce dernier, complice mais enivré par sa compagne pour trouver le courage de l'aider à ce crime, est condamné à vingt ans de travaux forcés. Exécutée place Bonne-Nouvelle. 25 décembre 1840
25 mars 1841 Jeudi, Lons-le-Saulnier Jean-Pierre Robin 38 ans, journalier, repris de justice. Le 28 mars 1839, à Poligny, tente d'assassiner sa femme Marie Douffre, 54 ans, puis la maltraite et l'affame tant que, le 04 août 1840, on la retrouve presque morte sur un grabat. Secourue d'extrême urgence, elle survit après près de deux mois passés à l'hôpital. Sa maîtresse, Charlotte Bertrand, épouse Déhy, 40 ans, journalière, est condamnée à mort et graciée. Réveillé à 7h45, très calme. "Puisque c'est la volonté de Dieu, autant aujourd'hui qu'un autre jour." Au greffe, demande à embrasser Charlotte comme dernière volonté, ce qui lui est refusé. Demande également au concierge de remettre à sa complice le peu d'argent qu'il lui reste - ou plutôt de partager les 40 sous qu'il lui reste en deux, 20 pour Charlotte, 20 pour lui. Le concierge accepte de porter message et argent, mais refuse de prélever sa part. Prend comme déjeuner du vin sucré et des échaudés, puis est remis aux exécuteurs de Besançon et de Châlon-sur-Saône. Après la toilette, remercie et salue gardiens et détenus, mais proteste en quittant la prison, car les liens de ses chevilles l'obligent à faire de très petits pas : "C'est bien ridicule, je n'ai pas l'intention de m'enfuir !" Se rend à pied au marché aux Boeufs (nord de l'actuelle rue du Regard), foule dense car première exécution dans le département depuis 1828. Monte à l'échafaud seul. décembre 1840
05 avril 1841 Lundi, 13h Saint-Mihiel Jacques Pérignon 36 ans, cordonnier. Par haine et intérêt, étrangle le 22 mai 1840 à Damvillers Louis-François Collin, 64 ans, manoeuvre, son "beau-père" (le second mari de la mère de son épouse). Sa femme, Jeanne Toussaint, 38 ans, est condamnée à mort, mais bénéficie d'une grâce royale. Exécuté place du Collège. 31 janvier 1841
07 avril 1841 Mercredi, 11h Saint-Brieuc Pierre-Raymond Rénier 33 ans, laboureur. Empoisonna sa femme Marie-Jeanne Jouvrot, 47 ans, ménagère, à Illifaut le 18 septembre 1840. 22 janvier 1841
19 avril 1841 Lundi, 12h Brest Sophie Julienne Verax, veuve Castel et Nicolas Bescond 42 ans, sans profession et 44 ans, boucher, amants diaboliques. Au quartier Kéroriou, à Brest, empoisonnent René Castel le 07 janvier 1840 et enfouissent le corps dans un champ, sous de la chaux vive. Augustine Castel, 16 ans, est condamnée à dix ans d'enfermement dans une maison de correction. 30 janvier 1841
20 avril 1841 Mardi, 9h18 Rouen Auguste-Alphonse Dugard 22 ans, déserteur du 35e régiment d'infanterie. Le 13 septembre 1840, à Saint-Pierre-de-Franqueville, entre par effraction chez M.Aubé, propriétaire terrien, l'assassine en l'étranglant avec un mouchoir et en lui enfonçant une épingle dans la gorge puis pille la maison. Exécuté place Bonne-Nouvelle. 18 février 1841
23 avril 1841 Vendredi, 9h17 Rouen Laurent-Jules Suard 21 ans, basdestamier. Tue à coups de masse de fer à Grigneuseville le 30 juillet 1840 Leduc, épicier, pour lui voler 57 francs. 20 février 1841
28 avril 1841 Mercredi, 12h Blois Auguste-Jean Gouin 18 ans, berger, voleur rédiciviste. Libéré de la prison de Vendôme le 07 octobre 1840, assassine pour la voler le 09 octobre 1840 à Champigny-en-Beauce Mme Bouzy, fermière, de trois coups de gourdin dans la tête, avant de l'enterrer dans un tas de fumier. Réveillé à 5h, imperturbable. Exécution place du Bureau-de-Bienfaisance, en face du château, effectuée par les bourreaux d'Orléans et de Blois. Cependant, la guillotine blésoise, victime d'un défaut de fabrication, est inutilisable en l'état (voir affaire Renvoisé en 1835) : le couperet vient se planter dans la lunette ! Il faudra quelques heures pour qu'enfin, celle-ci soit jugée opérationnelle, d'où le retard ce jour-là. 18 février 1841
24 mai 1841 Lundi, 11h45 Saintes Jean Reigner 59 ans, sans profession. A Vervant, le 02 novembre 1840, tue l'enfant nouveau-né de sa fille Marie en l'étouffant à lui briser les os. Marie Reigner est condamnée aux travaux forcés à perpétuité. 18 mars 1841
31 mai 1841 Paris Ennemond-Marius Darmès 43 ans, ouvrier frotteur. Tire un coup de carabine sur Louis-Philippe le 15 octobre 1840, quai des Tuileries, sans le toucher - l'arme s'étant brisée lors du tir, car trop chargée. 29 mai 1841
01 juin 1841 Mardi, 6h Le Mans René Fronteau 71 ans, maçon et tailleur de pierres, forçat libéré. Le 28 novembre 1840 à Dissé-sous-le-Lude, assassine Anne Passin, domestique, pour cambrioler la maison de son maître et voler une soixantaine de francs. 20 mars 1841
05 juin 1841 Samedi, 7h Lyon Mathieu Thivoyon 26 ans, cultivateur. Assassine à Amplepuis le 05 janvier 1840 Mme Françoise Lagreste, épouse Valoir et son fils Jean-Marie Valoir pour les voler. Son complice, Barthélémy Valois, est condamné à dix ans de travaux forcés. Exécuté place Louis XVIII. 19 mars 1841
09 juin 1841 Mercredi, 6h10 Bordeaux Armand Ducasse 38 ans, charron et cultivateur. Tua d'un coup de feu le 11 octobre 1840 à Auros son beau-père Jean Guillaume, tonnelier. 20 mars 1841
03 juillet 1841 Samedi, 11h Saint-Brieuc Jean-Marie Cozic 34 ans, menuisier et cabaretier. A Plougonver, assassina sa belle-mère. 27 avril 1841
09 juillet 1841 Vendredi, 9h Dijon Lorenzo Serra 28 ans, manouvrier, Espagnol. Interné à Auxonne, tua un compatriote. 18 mai 1841
19 juillet 1841 Lundi, 7h Laon Marie-Rose "Félicité Arsène" Bouchez, veuve Colnet 33 ans, mercière. Tue d'une dizaine de coups de marteau le 21 janvier 1841 son mari Jean Louis Colnet, 22 ans, maréchal-ferrant, à Bucy-le-Long, qui l'avait surpris la veille en flagrant délit d'adultère. Le corps est ensuite lesté et jeté dans l'Aisne, où il est repêché le 23, à 1 km du village. 13 mai 1841
31 juillet 1841 Samedi, 9h23, 9h24 Rouen Eustache-Nicolas Marc





Pierre-Gustave Ferry
35 ans, cultivateur. Le 15 janvier 1841, à Saint-Vaast-du-Val, abat de deux coups de fusil M.Delahaie, l'époux de Marie-Anne, sa maîtresse enceinte de ses oeuvres. Ses complices, les soeurs Marie-Anne-Judith Maignan, veuve Delahaie, 23 ans, ménagère, et Marie Delabarre, 33 ans, ménagère, sont condamnées à mort et graciées.





21 ans, ouvrier maçon. Assassine le 28 décembre 1840 à Bleville de cinq coups de louchet la veuve Toussaint, 76 ans, surnommée "la mère des orphelins", pour lui voler du linge et une trentaine de francs.
13 mai 1841





10 mai 1841
19 août 1841 Jeudi, 8h Chalon-sur-Saône Philippe Dutartre 62 ans, journalier. Le 19 février 1841, à Chenoves, tue à coups de hache sa soeur Madeleine Dutartre, épouse Larèpe, et son mari André Larèpe, tous deux octogénaires, avant de tenter de se suicider en se tranchant la gorge. Abandonné par sa troisième épouse, Dutartre avait été hébergé par sa soeur pendant deux mois avant d'être mis à la porte de sa maison en janvier 1841 pour son attitude détestable. Mari violent, causa la mort de ses deux premières épouses par ses maltraitances répétées. 04 juin 1841
24 août 1841 Mardi, 12h Saintes François Couffin 56 ans, tailleur de pierres. Infanticide à Saint-Pierre d'Oléron. 12 juin 1841
28 août 1841 Samedi, 6h Auxerre Jean Simonet 64 ans, maçon à Bleigny-le-Carreau, connu pour son entêtement touchant à la stupidité et pour son intempérance. Dans l'incapacité de payer le loyer exorbitant de la masure qu'il occupait, il voit la somme encore augmentée par les intérêts de retard réclamés par le propriétaire, Massé, usurier notoire et impitoyable. Invitant ce dernier à parler comptes, en profite pour lui broyer le crâne de deux coups de marteau, avant d'aller jeter le corps dans un puits début 1841. Exécuté au faubourg Saint-Amatre. 16 juin 1841
15 septembre 1841 Mercredi, 11h Saintes Jean Chasserand 45 ans, boucher. A Soubise, le 18 septembre 1840, assassine d'un coup de pistolet dans la tête Mme veuve Lachenaie, septuagénaire, bienfaitrice de l'épouse de Chasserand, Marie Lavaud, qui avait été sa domestique, et tue de trois coups de couteau de boucher sa bonne Pauline Furiamy, 25 ans, pour les voler. Honoré Crouail, 25 ans, boulanger, est condamné à mort et gracié. 20 juin 1841
20 octobre 1841 Mercredi, 11h Valenciennes (Nord) Auguste Joseph Hainne 31 ans, ouvrier mineur. Avec la complicité de sa maîtresse, Rosalie-Adolphine Cortier, ouvrière, étrangle son épouse Séraphine Thiétard à Bruay dans la nuit du 29 au 30 mars 1841. Rosalie est acquittée. Exécuté sur l'Esplanade. 31 juillet 1841
22 octobre 1841 Vendredi, 12h Foix Jean-Paul Déramond et Justin Maurice Déramond 49 ans, cultivateur et 27 ans, boulanger. Le 19 novembre 1839, au Carla de Roquefort, étranglent, assomment et jettent dans un canal M.Jauze, industriel, et Joseph Raulet, le garde-forge de ce dernier, avant de cambrioler la maison Jauze et d'emporter 25.000 francs. Les frères Deramond détestaient Jauze, qui était l'amant de leur soeur Marie. Leur frère aîné et complice Jacques, arrêté le premier, avait été condamné et guillotiné un an plus tôt. 27 juin 1841
23 octobre 1841 Samedi, 12h Nevers Joseph Ducrot 34 ans, cultivateur. Etrangle dans la nuit du 8 au 9 mai 1841 à Rouy sa propre soeur, Marie, 25 ans, qui vivait chez lui. Son épouse Françoise est acquittée. Exécuté place de la Foire. 22 août 1841
25 octobre 1841 Lundi, 7h30 Saint-Flour Francisco Antonio 32 ans, réfugié Espagnol. Tue le 14 décembre 1840 sur la route entre Combelles et Lental M.Delroux, cultivateur à Grignac, pour lui voler 7 francs. Lauterio Ramond est condamné aux travaux forcés à perpétuité. 06 août 1841
15 novembre 1841 Lundi, 7h10 Rennes Marc Glemée 45 ans, fermier. Le 10 mars 1841, tue en l'étouffant sa seconde épouse, Perrinne Tostivin, à Médréac, pour refaire sa vie avec une autre femme. 14 août 1841
16 novembre 1841 Mardi, 9h Lyon Jean-Baptiste Renobert Collot 26 ans, ouvrier veloutier. Le 03 juin 1841 à Lyon, pour le voler, tue son oncle Etienne Collot en l'assommant, puis le dépèce en deux morceaux avec une scie, l'éventre, mutile atrocement la tête, et jette le corps dans la Saône où il est repêché le 07 juin. 22 août 1841
20 novembre 1841 Samedi, 9h Beauvais Antoine-Nicolas Marot 46 ans, boucher. Empoisonne à l'arsenic le 06 mai 1841 à Chelles Jean Négrini, 16 ans, peintre et vitrier, qui était l'ami de son fils, pour mettre la main sur ses économies, soit environ 300 francs, et son diamant de vitrier. Négrini meurt le 09 mai. 28 août 1841
23 novembre 1841 Mardi, 8h30 Troyes Louis Prosper Pottejoie 28 ans, berger, trois fois condamné, la dernière fois à dix ans de prison par les assises de Côte-d'Or le 13 mai 1833, détenu à Clairvaux. Enfermé dans le quartier des "incorrigibles", se prend de haine envers deux autres détenus, François Poirel et Antoine Badin. Le 26 juin 1841, frappe de plusieurs coups de couteau Poirel, 25 ans, qui survit de justesse à l'attentat. Exécuté place du Marché-au-Blé. 19 août 1841
27 novembre 1841 Samedi, 11h Cahors Jean-Antoine Liarsou 32 ans, domestique meunier. Le 13 mars 1841, à Pomarède, tue son patron M.Fillol, meunier, de quatre coups de "pique" - un marteau fait pour entretenir les meules - dans la tête. Mobile : Liarsou était l'amant de Mme Fillol et voulait devenir le maître du moulin. Cette dernière, Marguerite Praladès, 46 ans, est condamnée à vingt ans de travaux forcés pour complicité. 28 août 1841
05 janvier 1842 Mercredi, 10h58, 11h05 Tréguier (Côtes-du-Nord) Marie-Louise Hamon, épouse Le Braz et Jean Geffroy 39 ans, filandière et 23 ans, cultivateur à Plouguiel. Battent à mort à coups de pied et de poing, au Pont-Douar, commune de Penvénan, le 12 juin 1841, Yves Perron, 68 ans, cultivateur riche, pour lui voler 60 francs, une montre et un mouchoir. Le corps est précipité dans la rivière Keralio. Quittent la prison de Saint-Brieuc à 6h30 le 04 janvier. Seul Geffroy est menotté. Lors d'une halte à Lanvollon, le maire a fait préparer une salle chauffée et de la nourriture pour les condamnés. Marie-Louise refuse : "On ne peut paraître devant Dieu qu'à jeun." Foule immense : le mercredi est un jour de marché, et voilà au moins trois semaines que des rumeurs courent comme quoi l'exécution aura lieu le mercredi. Conduits au lieu de dépôt local pour la toilette. Vont à l'échafaud à pied, avec le plus grand mal pour fendre la foule. Place du Martray, s'avancent calmes vers l'échafaud. Marie-Louise, le visage défait, les épaules couvertes d'un manteau, monte la première. Geffroy, la tête couverte d'un grand chapeau, embrasse le prêtre en pleurant et en gémissant : "Pardon, ma Doue ! Pardon, ma Doue !" 13 octobre 1841
06 janvier 1842 Jeudi, 8h Alençon François Lecomte 40 ans, journalier. A Lacelle, le 05 septembre 1841, étrangle son épouse et cherche à faire croire à une mort naturelle. Exécuté place du marché aux bestiaux. 30 octobre 1841
19 janvier 1842 Mercredi, 12h15 Orléans Abraham Serain 38 ans, voiturier à Férolles. Sous couvert de les ramener chez elles, enlève à Orléans Emilie Roulleau, 11 ans, et Adèle Leroux, 10 ans. A Férolles, les étrangle toutes les deux, puis viole Emilie et dépèce son cadavre, avant de cacher leurs corps dans un bois à Ménestreau. Inculpé également de tentative d'enlèvement sur Sophie Percheron, 9 ans, tentative de viol sur Elisa Chemin, 13 ans, et viol sur Pélagie Ramond, 5 ans et 8 mois. Accusé en 1832 d'avoir agressé et etouffé une adolescente de Férolles en lui enfonçant de l'herbe dans la bouche, mais laissé en paix faute de preuves. Impassible. Exécuté boulevard extérieur, face au cimetière Saint-Vincent. Foule immense. 11 novembre 1841
22 janvier 1842 Samedi, 12h Lille (Nord) Louis-Joseph Alard 21 ans, journalier. Tue d'un coup de pelle en fer, le 20 mai 1841 à Roncq sa patronne, la veuve Desrousseaux, 68 ans, pour lui voler 150 francs. Parent d'un autre Allard, acquitté par la même cour d'assises pour un crime similaire, et qu'il tenta en vain d'accabler. Exécuté sur le Champ-de-Mars. 25 novembre 1841
24 janvier 1842 Lundi, 9h Strasbourg Jean Rodong 38 ans, bûcheron. Braconnier, libéré de prison le 24 juillet 1841, décide de se venger des gardes-forestiers qui lui auraient toujours causé du tort. Le 25 juillet, à Oberhaslach, abat d'un coup de fusil en pleine poitrine le garde Michel Schwartz. 18 novembre 1841
03 mars 1842 Jeudi, 12h Coutances Laurent Aumont 38 ans, cultivateur à Montaigu-Placy. Le 25 août 1841, entre Saint-Lô et la Besace, bat à mort à coups de pieds et de bâton M.Lepileur, propriétaire à La Besace, une relation d'affaires avec lequel il était désormais en procès. Son frère et complice, Nicolas, disculpé par ses soins tout au long du procès, est condamné à perpétuité. Averti à 9 heures, se met à pousser des cris horribles, terrifié à l'idée d'être exécuté. A deux reprises, demande à voir durant la messe, célébrée dans la chapelle, son frère Nicolas, qu'il supplie de lui accorder son pardon, s'accusant d'être responsable de sa condamnation perpétuelle. Nicolas accepte, les deux fois. Accepte les secours de la religion. Doit être soutenu pour grimper les marches de l'échafaud. 12 décembre 1841
16 mai 1842 Lundi, 12h15 Caen Hyacinthe "Le Breton" Thomas 39 ans, journalier, déjà condamné à 5 ans de réclusion pour vol. Tua d'un coup de feu dans la nuque le 10 décembre 1841 Jean "Bourey" Lemarois, âgé d'une vingtaine d'années, roulier, à St-Laurent-de-Condel, pour le voler. Exécuté sur les promenades St-Julien, au niveau de l'octroi. 03 mars 1842
18 mai 1842 Mercredi, 15h Agen Joseph Aldigé 38 ans, cultivateur. Assassina dans la nuit du 28 au 29 novembre 1841 au hameau de Bellerive, commune de Saint-Urcisse, M. Uchafol, oncle de sa défunte première épouse, à coups de pieds et de sabot pour hériter plus vite des 36 ares de terre que possédait le vieil homme. Sa seconde femme, Marie Merle, est acquittée. Exécuté au faubourg du Pin. 04 mars 1842
24 mai 1842 Mardi, 11h30, 12h Bérus (Sarthe) François Chambrier et Léonard Drans 40 ans, tailleur de pierres et 32 ans, charron. Le 16 septembre 1841, assassinent à coups de masse de fer pour le voler Michel Gaine, cultivateur à Bérus, et mettent le feu à sa maison. Jean Louvard, 48 ans, journalier, ex-forçat, et Pierre Belland, 54 ans, cultivateur, sont condamnés à vingt ans de travaux forcés. Louis Garnier, 34 ans, charron, est acquitté. Exécutés dans le grand-chemin du village, près de la ferme de la Rivière. 14 mars 1842
28 juin 1842 Mardi, 5h Toulon (bagne) Henri-Ferdinand Prévost-Labarre 34 ans, soldat au 57e de ligne. Condamné à perpétuité le 22 mai 1841 par la cour d'assises de la Seine pour le meurtre de sa maîtresse, Marie-Rose Prétel, 19 ans, le 11 janvier 1841 au 61, rue Saint-Antoine. Tente de tuer un co-détenu pour un regard de travers. 21 avril 1842
04 juillet 1842 Lundi, 8h30 Carpentras Louis Montjallard 20 ans, charretier, fils de bonne famille. Décide de tuer sa maîtresse, Eugénie Saignon, bergère, 24 ans, quand celle-ci lui apprend sa grossesse - elle est alors enceinte de cinq mois. Le 19 septembre 1841, à Rustrel, la jette dans un puits. Comme elle s'accroche, tente de la faire tomber en la lapidant, mais sans y parvenir. Finit par la sortir du puits pour l'abattre d'un coup de fusil dans le dos et de trois coups de crosse sur la nuque. Sa tête roula à plus de 20 mètres de l'échafaud. 30 avril 1842
18 juillet 1842 Lundi, 12h15 Caen François Jean-Baptiste Marchand 29 ans, domestique. Le 18 mars 1842, entre Firfol et Lisieux, tue d'un coup de couteau M.Mourier, cultivateur, pour lui voler 16 francs, une montre et un couteau. Exécuté sur les promenades Saint-Julien. 14 mai 1842
29 août 1842 Lundi, 8h Melun Pierre-Philéas Berger PARRICIDE, 28 ans, cantonnier. Le 02 mars 1842, aux alentours de Brie-Comte-Robert, tue d'une dizaine de coups de pelle son père François Berger, terrassier. 04 juin 1842
31 août 1842 Mercredi, 8h Nantes Julien Lebreton 47 ans, jardinier. Tua à coups d'alêne de cordonnier, le 06 mai 1842 au Pont-Saint-Martin, Cécile Albert, épouse Legeay, 67 ans - dix-huit coups -, et son petit-fils Auguste Gaudin, deux ans et demi - quinze coups - pour voler 1250 francs, quatre pièces de six livres "à la vache" et neuf cuillères d'étain. Exécuté place Viarme. 16 juin 1842
01 septembre 1842 Jeudi, 16h Brest (bagne) Antoine-Pons Aycard 28 ans, maçon. Condamné aux travaux forcés, détenu à Brest. Tue le garde Guével le 21 juillet 1842 d'un coup de couteau dans le dos lors d'une tentative d'évasion. Prévenu à 8h par l'aumônier, se montre résigné. Demande en guise de dernières volontés qu'on remplace ses souliers neufs par de vieilles chaussures : "Je crains de glisser en descendant la rampe, si on me laisse ces souliers-là." Ne prend aucune nourriture de la journée, si ce n'est un peu de vin qu'on lui force d'accepter. Va à l'échafaud, dressé sur l'esplanade du port, accompagné du prêtre, face à tous les forçats à genoux, bonnet en main, et d'une foule réunie derrière les haies militaires et même sur les toits des maisons. 09 août 1842
15 septembre 1842 Jeudi, 7h45 Forges-les-Eaux (Seine-Inférieure) Honoré Étienne Amand Langlois PARRICIDE, 40 ans, cultivateur à Gaillefontaine. Paye 1000 francs son employé, Pierre-François Godefroy, 24 ans, couvreur en paille, pour tuer son père Jean-Nicolas Langlois, 75 ans. Le 1er octobre 1841, à Longmesnil (Seine-Inférieure), Godefroy blesse gravement le père Langlois d'un coup de feu au bras. Langlois est aussi suspecté d'avoir tenté d'empoisonner son père au printemps 1840 avec une omelette à la mort-aux-rats. Langlois et Godefroy, le 24 décembre 1841, sont condamnés aux travaux forcés à perpétuité, mais le ministère public forme un pourvoi en cassation qui est accepté. Au second procès, Godefroy est à nouveau condamné à perpétuité, tandis que Langlois écope cette fois de la peine capitale. Prévenu vers 16h le 14, ne manifeste aucune émotion. Demande à ce que l'ancien procureur de Neufchâtel, M.Boné, devenu juge d'instruction, lui rende visite : il lui remet la lettre suivante :
Rouen, le 14 septembre 1842
Monsieur,
Dans une position aussi pénible que la mienne, votre visite m'a été d'une grande consolation. Je viens me recommander à votre bonté dans une semblable circonstance. Vous savez le sort qui m'est réservé ; et malgré mon espoir, si je ne puis sauver ma tête, je viens implorer de vous, Monsieur, de vouloir bien faire les démarches auprès de ma famille afin d'obtenir d'elle de me faire dire une messe par semaine pour le repos de mon âme en la commune du Thil, lieu de ma naissance. S'il m'était possible de disposer de ma fortune, je désirerais servir une rente de 100 francs par an pour acquitter envers l'église les droits qu'occasionnerait la grâce que je sollicite.
Confiant dans votre bonté, je vous prie d'agréer mes sincères remerciements, et croyez que le temps que Dieu me conserve encore se passera dans la prière et à le bénir pour toutes les bontés qui me seront accordées.
Dans cet espoir, et persuadé que vous jetterez un regard de commisération sur le sort de l'infortuné
ÉTIENNE LANGLOIS, Maison de justice.

Quitte Rouen à 23 heures en compagnie du vicaire Lefebvre et de son complice Godefroy, condamné à l'exposition. Trajet long de six heures, passé soit en prière, soit à demander ce qu'il était advenu d'une somme de plusieurs milliers de francs, oubliés en dépôt au greffe du palais de justice d'Évreux, ajoutant "Je donnerais bien 2000 francs sur cette somme pour qu'on me lise aussitôt mon jugement !" Arrivée à 4h30, les condamnés sont enfermés dans une pièce de la gendarmerie, rue des Sources. Pendant l'attente, discute avec le procureur du Roi, exige qu'on lui donne la preuve du rejet de ses recours, puis continue à s'inquiéter pour son argent. A 7h, les exécuteurs viennent chercher Langlois. Ce dernier demande à uriner, puis se lance dans une tirade très vulgaire. Avant la toilette, demande à boire de l'eau-de-vie : on lui en sert plusieurs petits godets qu'il boit d'un trait. "Ca me donnera des forces pour y aller !" Toilette sans problème. Affublé de la tenue des parricides, se rend à pied de la gendarmerie à la place de la mairie, située à environ 350 mètres de là, d'un pas assuré, accompagné par l'abbé Lefebvre. Les exécuteurs l'aident à monter sur l'échafaud : après lecture de l'acte de condamnation assez long et détaillé, regarde les 3000 spectateurs venus assister à sa fin - malgré les tentatives des édiles de tenir l'exécution secrète -, puis se laisse basculer. Maladresse d'un aide : la tête roule au bas de l'échafaud jusqu'aux pieds des spectateurs, et l'un d'eux la ramasse ! Godefroy est exposé sur le même échafaud, de neuf à dix heures, avant d'être ramené à Rouen, où il arrive à 20h.
03 juin 1842
19 septembre 1842 Lundi, 12h Coutances Charles Jean-Baptiste Baurain PARRICIDE, 29 ans, commis de banque. Tua le 29 août 1841 son père à coups de revolver en plein jour dans une rue d'Avranches. 04 juin 1842
19 septembre 1842 Lundi, 17h Rochefort (bagne) Pierre Guérin 28 ans. Le 09 juillet 1842, blesse un gardien à coups de sabre. 04 août 1842
21 septembre 1842 Mercredi, 9h50 Orléans Jean-Pascal Faiziant PARRICIDE. Empoisonne son père, 82 ans, le 05 mars 1842 à Saint-Jean-de-la-Ruelle en lui faisant boire du vin mêlé d'arsenic et de vitriol. La victime, pourtant, survit à l'intoxication. Réveillé à 7h. A l'arrivée du père Maubert, répond : "Que voulez-vous, mon père ? C'est un jour bien malheureux." Se confesse. Au greffe, prend un verre d'eau-de-vie avec plaisir. S'adresse avec angoisse aux gens présentes : "Je suis bien coupable, mais je vais bien souffrir. Et mon pauvre corps ? On va donc le jeter aux chiens ?" Monte en tenue de parricide dans la charrette à 9h05. Arrive à la porte Bourgogne, foule immense. Lecture de l'arrêt par l'huissier Agnès au pied de l'échafaud. Grimpe les marches, embrasse le prêtre et le crucifix ; bossu, son exécution pose souci pour le positionner correctement. Pendant qu'on le place, il crie : "Dépêchez-vous, vous me faites du mal !" 200 curieux montés sur un tas de planches tombent quand celui-ci s'effondre sur leur poids, heureusement sans faire de victimes. 26 juillet 1842
24 septembre 1842 Samedi, 10h15 Gien (Loiret) Marie Berton, veuve Henry 46 ans, journalière. Empoisonna son mari, Louis-Henri, 70 ans, avec de l'arsenic le 10 mars 1842. Sa complice, la veuve Rodde, qui avait fourni le poison, est condamnée aux travaux forcés à perpétuité. Quitte la prison d'Orléans à 23h le 23 septembre en voiture à deux chevaux en compagnie de l'abbé Pelletier. Se repent. Grande foule malgré pluie depuis plusieurs jours. Basculée, placée sous la lunette. Le couperet, libéré, se bloque à mi-parcours : le sol, affaibli par les averses, n'a pas supporté le poids de l'échafaud et rendu l'équilibre instable. La condamnée est détachée, conduite au pied de l'estrade, assise sur une chaise dos à la machine pendant que les exécuteurs rétablissent la symétrie des pieds de l'échafaud. Dix minutes plus tard, après avoir testé le bon fonctionnement sur une botte de paille, s'emparent à nouveau de la condamnée, d'un calme absolu durant la scène, et la basculent sans plus aucun problème. 21 juillet 1842
05 octobre 1842 Mercredi, 12h15 Périgueux Jean Desmaison 45 ans, cultivateur à Souleix. Viol et meurtre. 24 juillet 1842
08 octobre 1842 Samedi, 13h Carcassonne Emmanuel Caraguel 32 ans, garçon meunier. Assassine à coups de barre M.Lisquille, roulier d'Estagel, dans la nuit du 03 au 04 février 1842 entre le col Saint-Louis et le pont de Charlas pour lui voler une valise de cuir contenant 1200 francs. Suspecté d'avoir, en 1832, au moulin des Pointis, assassiné son frère et tenté de tuer sa belle-soeur pour les voler ; à l'instar des premiers suspects, les frères Boyer, acquitté pour ces faits quelques jours avant sa condamnation. 07 août 1842
17 octobre 1842 Lundi, 12h30 Carpentras Thomas Jean-Joseph Chaix PARRICIDE, 24 ans, cultivateur à Pertuis. Assassine à coups de fléau et de bêche, dans la nuit du 23 au 24 octobre 1841 son père Pancrace, avant de l'étrangler avec une corde. Désirait, deux semaines auparavant, l'empoisonner, mais n'avait pu se procurer d'arsenic. Au procès, des circonstances atténuantes sont admises... sans qu'il soit fait mention que la décision ait été prise à la majorité. S'en apercevant, le président en fait part au procureur, qui demande de nouvelles délibérations. Celles-ci débouchent sur un verdict sans pitié. Exécution prévue à 8h. Condamné arrivé à l'échafaud, les exécuteurs se rendent compte que la machine ne fonctionne pas. Plus de quatre heures seront nécessaires pour remettre la guillotine en état, au cours desquelles le condamné demeure en tenue parricide au pied de l'estrade. La guillotine ne revint à Carpentras qu'en 1887. 12 août 1842
02 novembre 1842 Jeudi, 13h Poitiers François Gâteau 32 ans, fermier. Tenta, à la Roche-Posay, d'assassiner sa femme Françoise Gardereau plusieurs fois. Sa maîtresse, Marie Guérineau, 20 ans, est acquittée. 09 août 1842
03 novembre 1842 Jeudi, 11h30 Montpellier Pascal Fabre PARRICIDE, 25 ans, cultivateur. Abat d'un coup de fusil son père Isaac au matin du 21 juin 1842 à Pouzols. 22 août 1842
22 novembre 1842 Mardi, 11h Poitiers Sylvain Auzilleau 45 ans, cultivateur. Auzilleau paye Pierre Epin, 35 ans, métayer, pour assassiner son voisin et créancier, Tranchant, à qui il avait acheté un domaine en viager sans pouvoir le payer. Épin abat donc Tranchant le 23 février 1842 à Plumartin d'un coup de fusil en pleine poitrine. Épin, condamné à mort, est gracié. 15 août 1842
02 décembre 1842 Vendredi, 8h Toulon (bagne) Jacques-Louis Gomarre 21 ans, tailleur de pierres. Frappe à coups de couteau un sous-adjudant de la chiourme. 29 octobre 1842
03 décembre 1842 Samedi, 15h Rodez Julie Phalipou, épouse Segonds 30 ans, ménagère. Empoisonna son mari Jean-Antoine Gauthier le 20 mai 1839 au moulin du Mazet pour épouser son amant Martin Segonds. Les premières analyses n'avaient rien donné, mais l'insistance du procureur de Villefranche conduisit à un second avis qui confirma l'intoxication. Condamnée en première instance par les assises de l'Aveyron, arrêt cassé. 15 juin 1842, 28 août 1842
02 janvier 1843 Lundi, 12h Rodez Tomas Ociepski 37 ans, sans profession, Polonais. Tua le 26 décembre 1841 de deux coups de hache son compatriote Kikiewicz, qu'il hébergeait depuis quelque temps chez lui à Najac, et cacha le corps sous un tas de fumier, où il fut retrouvé deux jours plus tard. Ociepski, couvert de dettes, avait volé l'argent de Kikiewicz, connu pour son économie. 25 août 1842
28 janvier 1843 Samedi, 9h30 Évreux Louis Dangeul 39 ans, ouvrier cordonnier. Tua avec préméditation le sieur St-Omer pour le voler, le 19 avril précédent, à Puteaux (banlieue parisienne) et tenta de tuer la femme Deniot, le 08 mai, à Miserey, près d'Évreux pour la voler également 03 décembre 1842
02 février 1843 Jeudi, 8h Nancy Augustin Lauban 41 ans, jardinier, forçat libéré. Le 10 juillet 1842 à Jarville, tue à coups de bâton M.Collin, de Thionville pour tenter de lui dérober une somme de 205 francs. 28 novembre 1842
09 février 1843 Paris Victor "Délicat" Vallet 24 ans, ouvrier sur les ports. Tue de deux coups de couteau Joseph-Hyacinthe Cattaigne, cocher, ancien grognard, le 02 avril 1842 aux Buttes-Chaumont pour le voler. Charles-Louis Mirault, 29 ans, ouvrier sellier, est condamné à mort puis gracié. Pierre-Édouard Villetard, 32 ans, plombier, est condamné à vingt ans de travaux forcés. 30 octobre 1842
11 février 1843 Samedi, 10h Fontenay-le-Comte (Vendée) Jacques Boutin 46 ans, métayer. Assassine sa femme Jeanne Marie Guilbot, 46 ans, le 11 octobre 1842 à Auzay. Exécuté place du champ de foire. 16 décembre 1842
18 février 1843 Samedi, 11h15 Pézenas (Hérault) Jean Pomarèdes 41 ans, agriculteur à Caux, fils de bonne famille, ruiné par de mauvaises spéculations, bandit. Incendie sa maison de Caux la nuit de Noël 1836 pour escroquer les assurances Le Phénix, car il a contracté une police de 5.500 francs peu de jours avants - la compagnie, méfiante, ne lui paye que 2.400 francs. A compter du 15 décembre 1837, le visage maquillé de noir, portant une casquette et une barbe postiche, il commet, fusil en main, 35 tentatives de vol et 58 agressions, dont deux se soldent par des tentatives de meurtres, et trois autres entraînent la mort des victimes : le 24 juillet 1840, attaque M.Goudard, route de Bouzigues. Ce dernier appelle à l'aide : trois passants arrivent. L'un d'eux, Garrigues, est abattu. Le 11 décembre 1840, abat également M.Cauvy, attaqué route de Bélarga. Le 16 décembre 1841, route de Saint-Géniès, abat un ami, Charles Carratier, qui revenait de Béziers après avoir retiré 3000 francs à la banque. Le laisse pour mort au bord du fossé. Carratier, retrouvé, le dénonce avant de mourir, mais en l'absence de preuves, Pomarèdes est laissé en paix. Arrêté en février 1842, alors qu'au niveau du pont "Das Arenas", entre Béziers et Capestang, il attaque le marchand de porcs Pierre Boularand pour essayer de lui voler 1850 francs, et ce dernier donne l'alerte par ses cris. Accusé de complicité par Pomarèdes, son beau-frère, Félix Rouyre, est acquitté. Réveillé à 4h à la prison de Montpellier. Tremble fortement. Fond en larmes durant la messe de l'aumônier Cellier. Prend un bol de bouillon en sortant, puis un verre d'eau-de-vie. Quitte la prison à cinq heures, toujours pleurant, tandis que l'accompagnent les cris de mort du peuple. Pour sa protection, on fait appel à vingt-cinq hussards supplémentaires pour mener l'escorte. Prie et se repent durant le trajet. Gémit qu'il voudrait souffrir davantage : "Je voudrais avoir les mains coupées." A Pézenas, foule immense, estimée entre 40.000 et 50.000 personnes, se pressant autour du planol Saint-Jean (actuelle place du 14-Juillet). Arrivé vers 11h, on l'aide à grimper sur l'échafaud. Là, est toiletté par le bourreau de Perpignan. Boit une tasse de café sucré, et prend la peine de gratter le sucre au fond de la tasse. Demande pardon à sa femme. L'abbé Cellier lui retire son bonnet, puis Pomarèdes se débarrasse de sa veste d'un coup d'épaule. 07 décembre 1842
25 février 1843 Samedi, 11h Mende Charles Portal 30 ans, cultivateur, menuisier au Chaylar-danse, commune de Saint-Paul-le-Froid. Pris de haine envers Joseph Pinède, son voisin, tente de le cogner le 02 décembre 1841 à Pied de Borne, mais est empêché par d'autres voisins. Quelques heures plus tard, l'éventre de deux coups de couteau et fracture le crâne d'Augustin Charrier, qui venait à son aide, avec un pilon à pommes de terre. 15 décembre 1842
08 mars 1843 Mercredi, 12h Le Puy-en-Velay Claude Armand PARRICIDE, 27 ans, journalier. Fâchés pour des questions d'intérêt, tue le 18 juin 1842 à Saint-Hostien son père Claude Armand en lui fracassant le crâne de treize coups d'instrument contondant et en enterrant son corps dans un aqueduc où il est retrouvé le 12 septembre. Exécuté place du Martouret. 02 décembre 1842
22 mars 1843 Paris Frédéric Dépré et Joseph Norbert 30 ans, ouvrier portuaire, et 22 ans, décrotteur. Assassinent à coups de pieds et de couteau le 05 septembre 1842 à Vaugirard, rue Saint-Fiacre, Adolphe Geoffrotin, 25 ans, ouvrier charron, pour lui voler 14 francs. 31 janvier 1843
28 mars 1843 Mardi, 7h Bordeaux Pierre Barraud 35 ans, meunier. A Queyrac, Barraud pousse le 20 mars 1842 son beau-frère Antoine de Lescourt sous la meule de son moulin. Avait déjà commis une tentative de meurtre envers lui en 1839. L'enquête révéla qu'un an plus tôt, le 08 juillet 1841, avec l'aide de Jean Peyruse, il avait également empoisonné à l'arsenic son beau-père Pierre Laborde. Jean Peyruse, condamné à mort, est gracié. Exécuté place d'Aquitaine. 26 décembre 1842
28 mars 1843 Mardi, 12h Le Puy-en-Velay Jacques Besson 32 ans, domestique au service de la famille de la Roche-Négly, au manoir de Chamblas, commune de St-Etienne-Lardeyrol (Haute-Loire), abat le gendre de ses patronnes, Louis de Marcellange, 34 ans, le 1er septembre 1840 d'un coup de fusil dans la poitrine. Ancien homme de confiance - et de facto maître du manoir par son ascendant sur la famille -, il n'avait pas supporté d'être mis à l'écart des responsabilités de la propriété par le mariage de Marcellange avec Théodora de la Roche-Négly. L'implication de Louise de la Roche-Négly et de Théodora semble avérée - le meurtre ayant été commis contre paiement de leur part - mais elles ne seront jamais inquiétées. Suite à leur témoignage, toutefois, le procès du 14 mars 1842 finit par une ordonnance de renvoi devant les assises du Puy-de-Dôme. Arrêt cassé. Exécuté place du Martouret. 27 août 1842, 27 décembre 1842
08 avril 1843 Samedi, 9h05 Orléans François "Morel" Montély 36 ans, ouvrier en porcelaine. Egorge d'un coup de rasoir, dans une chambre de l'hôtel de l'Europe à Orléans, le 21 novembre 1842, son ami André Boisselier, garçon de caisse de la Banque d'Orléans, pour lui voler 8310 francs en titre au porteur. Dépèce le cadavre et le cache dans une malle qu'il compte expédier à Toulouse. Au réveil, proteste : "J'ai volé Boisselier, mais je ne l'ai pas tué, je ne croyais pas qu'on me guillotinerait pour un vol !" Quitte la prison à 845, particulièrement abattu, soutenu par l'aumônier Pelletier. Doit être porté pour grimper sur l'échafaud, dressé sur l'esplanade, à gauche de la porte de Bourgogne. Foule immense. 04 mars 1843
27 mai 1843 Samedi, 8h45 Lons-le-Saunier Joseph Gauthier 34 ans, cultivateur à Véria. Assassine le 16 septembre 1842 dans le bois de Ladoye son oncle Étienne Giroflier en l'étranglant, en le frappant avec un bâton pour finalement lui broyer le crâne à coups de pierre (plus de cinquante plaies relevées sur le corps, trois ou quatre blessures seulement sont mortelles) par vengeance. Son père, Jean Gauthier, est condamné aux travaux forcés à perpétuité. Prévenu à 6 heures, devient pâle comme un mort. Se reprend, puis est conduit par le concierge de la prison vers l'aumônier et un second prêtre. S'entretiennent une heure et demie, e qui semble lui rendre courage. Pendant la toilette, perd toute contenance, et on doit pour le transport solliciter une voiture imprévue, ce qui retarde un peu l'horaire prévue. Monte dans la voiture à 8h30, doit être porté, et fait le trajet les yeux rivés sur un crucifix porté par l'un des prêtres, balbutiant quelques prières en chemin. Foule imposante. 12 mars 1843
07 juin 1843 Mercredi, 11h Loches (Indre-et-Loire) Joseph-Pierre Delaroche 38 ans, vigneron journalier. A Loches, au hameau de Mariande, tente d'abattre d'un coup de fusil son cousin Étienne Delaroche sans le toucher, récidive le 28 février et le 10 mars - cette dernière fois, Étienne est gravement blessé au coude gauche et doit subir l'amputation. Le 29 mars 1843, il le tue de plusieurs coups de couteau en plein sommeil. Mobile : la jalousie. Joseph devait hériter de son cousin, et ce dernier ayant adopté un jeune orphelin de leur famille, craignait de se voir privé de l'argent. 04 avril 1843
08 juin 1843 Jeudi, 8h15 Rethel (Ardennes) Grégoire Fricotteaux 43 ans, journalier, réclusionnaire libéré, tua de dix-huit coups de marteau M.Defer, 70 ans, à Rethel le 29 janvier pour le voler avant de mettre le feu à sa maison pour dissimuler son crime. Son complice Germain, accusé par ses soins d'être l'auteur principal du crime, nie avoir proposé ce meurtre et se suicide en prison le 05 mars. Exécuté place du Marché aux Chevaux, à la Neuville. 02 mai 1843
01 juillet 1843 Samedi, 11h Saint-Mihiel Joseph-Nicolas Courtier 24 ans, manoeuvre. Assassine le 16 décembre 1842 à Dugny les frères maçons Jean-Baptiste Gaudron et Xavier Gaudron, ce dernier sourd-muet, en les poussant dans la noue Saint-Nicolas, une mare glacée située au bord de la Meuse ; il frappe de cinq coups de couteau dans le visage Jean-Baptiste qui résistait. Exécuté place du Collège. 04 mai 1843
10 juillet 1843 Lundi, 14h Saint-Pol-sur-Ternoise (Pas-de-Calais) Jean-Baptiste Thilloy 41 ans, originaire de Ferfay. Tue à coups de pique et de bâton André-Joseph Soyez, 82 ans, le 24 février 1843 à La Thieuloy pour le voler, et tente de tuer sa domestique, Catherine Dablemont, épouse Caron. Son frère Augustin Thilloy et leur complice Ignace Dufour, aussi condamnés à mort, mais leur peine est commuée. Exécuté place du marché aux moutons (lieu d'exécution depuis le 03 juillet 1842) (merci à Paul-André Trollé) 18 mai 1843
22 juillet 1843 Samedi, 13h Quimper Yves Le Goaër 37 ans, cultivateur. Tue le 12 mai 1842 sa femme Anne Coroller à la ferme de Trébrévan, à Plozévet. Sa maîtresse Marie-Jeanne Autret est condamnée à 20 ans de travaux forcés. 10 mai 1843
02 août 1843 Mercredi, 11h Chalais (Charente) Gabriel Bonnet 56 ans, maréchal-ferrant. Abusant de sa fille Marie pendant douze ans, père de ses trois enfants, à la naissance du quatrième bébé, le 25 janvier 1843 à Bardenac, le tue en lui comprimant la tête. Marie, 28 ans, est acquittée. 12 mai 1843
02 août 1843 Mercredi, 9h Digne Francesco Isaboto 32 ans, terrassier, Sarde. Egorge d'un coup de couteau le 07 février 1842 à Digne Mme Charlotte, veuve Provençal, pour la voler. Prévenu le 01 août à 17h par le curé de Digne. "Je m'y attendais. Je mourrai sans regrets, quoique je sois innocent. A demain donc." Protestant, refuse jusqu'au bout de se convertir à la foi catholique. Dort bien pour sa dernière nuit. Livré à huit heures aux exécuteurs de Digne, Aix et Gap, très calme. Quittent la prison à 8h45, en compagnie de l'aumônier. Tout au long du chemin, se dit innocent. Va tête haute, pâle. Près du Jeu-de-Paume, croisant une femme qui le plaint tout haut, répond : "La mort n'est rien. Je meurs innocent." Songe à faire des révélations, et un gendarme de son escorte part à cet effet chercher le juge d'instruction, puis se ravise et continue sa route vers la place du Pré-de-Foire. Pâlit davantage devant la guillotine, mais sans faiblir : monte seul, sans assistance. Le neuvième coup n'a pas fini de sonner que l'exécution est finie. Une femme grimpe sur l'échafaud "admirer" la tête dans le panier. Foule peu nombreuses : certains habitants de Digne avaient quitté la ville pour ne pas avoir à y assister. 02 juin 1843
03 août 1843 Jeudi, 10h Murat (Cantal) Antoine "Le Picaïre" Roux 35 ans, valet de ferme, déjà condamné pour vols. Tue à coups de poignard le 27 septembre 1842 près de Saint-Saturnin son patron Louis-Charles Audebert, fermier à Dienne, pour le voler. Son complice Pierre Manenc, 20 ans, est condamné aux travaux forcés à perpétuité. Exécuté place du Champ-de-Foire. 16 mai 1843
18 août 1843 Vendredi, 16h Rodez Marie-Jeanne Nayrolles, épousé Fontanié 56 ans, ménagère à Bouquiès près d'Espalion. Le 20 février 1843, étrangle à mains nues sa belle-soeur Marguerite Fontanié, épouse Dauranjou, qui avait fait de son frère Jean Fontanié son légataire. Jean, lui, ignorait tout des intentions criminelles de sa femme. 27 mai 1843
29 août 1843 Mardi, 13h Aurignac (Haute-Garonne) Marie-Anne Gestas, veuve Dupond 38 ans, ménagère. Tua son second mari Pierre Alexis Dupont le 14 décembre 1842 à Aurignac en le frappant d'un coup de couteau en pleine poitrine, puis en jettant le corps dans un lavoir, avec la complicité de son frère, Simon et de son père, Jean-Baptiste. Simon est condamné aux travaux forcés à perpétuité et Jean-Baptiste à vingt ans de travaux forcés. Martin et Garès sont acquittés. 17 juin 1843
01 septembre 1843 Vendredi, 14h30 Perpignan Joseph Blanqué 27 ans, brassier-fermier à Biura (Catalogne). Le 10 juillet 1842, à Banyuls-sur-Mer, frappe d'un coup de couteau au bas-ventre son beau-frère François Mouné, lequel meurt le 14 juillet. Blanqui voulait diriger la ferme de sa belle-famille, et François constituait le seul obstacle à ses projets. Exécuté sur l'Esplanade. 01 juin 1843
06 septembre 1843 Mercredi, 10h Épinal Jean-Joseph Kornemann et Jean-Baptiste Cuny 28 ans, tisserand et 40 ans, manoeuvre. Assassine de sept coups de hache le 18 juillet 1842 à Entre-Deux-Eaux sa belle-mère Marie-Catherine Collin. Mobile : la vengeance. Déjà condamné trois fois, Cuny accusait la mère Collin d'être à l'origine de son dernier procès. Il avait fait en prison la connaissance de Kornemann, son futur complice, qui accepta de l'aider s'il pouvait dérober 200 francs au passage - même s'il ne trouva que 27 francs 50, un foulard et une taie d'oreiller. Marguerite Saint-Dizier, veuve Cuny, 70 ans, mère de Jean-Baptiste, est condamnée aux travaux forcés à perpétuité, et Marie-Anne Cuny, 21 ans, sa soeur - devenue la maîtresse de Kornemann -, est acquittée. 05 juillet 1843
29 septembre 1843 Vendredi, 15h Moulins Gilbert Bohat 28 ans, ancien soldat dans la marine, vagabond. Tente d'assassiner à coups de bêche le 16 avril 1843 près de Chemilly Guillaume Charpy, vigneron, pour lui voler 35 francs. Exécuté place des Foires. 01 août 1843
11 octobre 1843 Mercredi, 7h30 Reims François Tiaffey 40 ans, colporteur. A Bailly, assassine à coups de hache Rose Courteaux, veuve Oudin, qui l'hébergeait, pille la maison et y met le feu. Exécuté place du marché aux chevaux, faubourg de Cérès. 15 août 1843
13 octobre 1843 Vendredi, 12h Foix Jean Roques 30 ans, cultivateur. A Cadix (Tarn), empoisonne sa femme Cécile Jenny, 21 ans, à l'arsenic. Celle-ci décède le 28 juin 1842, le jour de leur 1er anniversaire de mariage. Condamné en première instance par les assises du Tarn, arrêt cassé, rejugé en Haute-Garonne, arrêt cassé, rejugé en Ariège. 24 décembre 1842, 30 mars 1843, 29 juillet 1843
20 octobre 1843 Vendredi, 9h Évreux Jacques-François Potel 48 ans, laboureur. Assassina le 20 février 1843 de deux coups de fusil son beau-frère Basile Haize à Saint-Aubin. Sa mère, la veuve Potel, est acquittée... Déjà jugé par les assises de l'Eure vingt ans plus tôt pour une autre affaire criminelle et acquitté. Exécuté place du Bel-Ébat. 23 août 1843
23 octobre 1843 Lundi, 11h Saint-Pons (Hérault) Pierre "Le Paysan" Bousquet 46 ans, cultivateur à Planacan, commune de la Salvetat. Noya dans un ruisseau Jean Azaïs, le 06 février 1839 à Saint-Pons ; la mort fut également attribuée à une violente compression des parties sexuelles lors d'une lutte. Une première instruction se solda par un non-lieu le 17 mars 1839. Le 03 novembre 1842, Marie Cabrol, veuve Azaïs, accuse la famille Bousquet, ses voisins, d'être les coupables devant un juge d'instruction. Les Bousquet détestaient les Azaïs et Pierre avait promis, à la Noël 1838, de régler son compte à Azaïs. Marianne Rouannet, épouse Bousquet, et leur fils Pierre Bousquet ne sont pas jugés et voient leur cas renvoyé à la session suivante. Le fils est acquitté et la veuve Bousquet est condamnée le 09 décembre 1843 à vingt ans de travaux forcés. 13 août 1843
23 octobre 1843 Lundi, 9h44 Rouen Théophile Pecquerie 44 ans, cultivateur. Le 07 avril 1843, à Melleville, assassine à coups de hache son épouse Marie-Catherine Navelier pour refaire sa vie avec son ancienne domestique, Pauline Leprêtre, qui avait eu deux enfants de lui. Exécuté place Bonne-Nouvelle. 12 août 1843
25 octobre 1843 Mercredi, 15h Rodez Pierre Vayssière 30 ans, cultivateur, voleur récidiviste. Tua le 12 février 1843 Pierre Lacombe, cafetier au hameau de Clauzelles, commune de Saint-Germain, pour lui voler 100 francs. 26 août 1843
06 novembre 1843 Lundi, 8h Versailles Clovis-Joseph Béliard 21 ans, cordonnier. Le 31 mai 1843, à Saint-Cloud, tue à coups de pieu de fer sa logeuse Mme Briet et son enfant pour voler une centaine de francs. Thomine-Albine Foucamberge, épouse Béliard, 23 ans, blanchisseuse, est condamnée aux travaux forcés à perpétuité. 24 août 1843
23 novembre 1843 Jeudi, 15h Bastia Ours-Pierre Chipponi 40 ans, sellier. A Carpeneto, le 12 mai 1841, fait tuer son beau-frère, le petit Bonavita, 11 ans, par son propre fils, Ours-Antoine. Chipponi père venait d'épouser Mlle Bonavita, 16 ans, et voulait marier son fils avec la soeur cadette de sa jeune épouse, mais voyait la présence de son petit beau-frère comme une menace lors du futur partage du patrimoine familial. Ours-Antoine Chipponi, 16 ans, est condamné à quinze ans de prison et cinq ans de surveillance. 18 septembre 1843
30 novembre 1843 Paris Henry Salmon 21 ans, ouvrier charpentier en bateaux. Assassine à coups de marteau le 10 juin 1843 à Saint-Mandé Jean Seichepine, 20 ans, ouvrier, pour le voler et enterre le corps dans le bois de Vincennes. 30 septembre 1843
05 décembre 1843 Mardi, 8h Riom Jean Fénérol 45 ans, tailleur d'habits à Verrières. Mari violent, maltraita sa femme Marie Chamberon pendant treize ans, la jetant par une fenêtre haute de huit mètrès, la frappa à coups de pioche, la précipitant du haut du fenil. La frappe d'un coup de couteau dans le ventre dans la nuit du 22 au 23 décembre 1842 : elle meurt le 27 décembre. 24 août 1843
10 janvier 1844 Mercredi, 10h Saint-Flour Jean-Baptiste Sabatier 44 ans, poêlier mécanicien. Tenta d'assassiner la femme de son père défunt, Marguerite Pons, veuve Sabatier, et tué sa propre épouse, Marie-Madeleine Gelain, épouse Sabatier, qui voulait l'empêcher d'accomplir son crime. Déjà condamné plusieurs fois, avait déjà tenté d'empoisonner son père et sa belle-mère. 13 novembre 1843
18 janvier 1844 Jeudi, 13h15 Toulon Marc-Ange Albertini 31 ans, infirmier à l'hôpital militaire. A Toulon, le 04 janvier 1843, égorge sa maîtresse Marie Chevalier, 22 ans, prostituée, qui ne voulait plus de lui comme compagnon. Déshabille le corps et le jette dans la rivière des Amoureux. 16 novembre 1843
22 janvier 1844 Lundi, 12h Bourg-en-Bresse Joseph Bonneville 32 ans, cultivateur, première condamnation à 11 ans, condamné en 1829 à sept ans de travaux forcés pour vols, peine augmentée de six ans à cause de deux tentatives d'évasion. Tue à coups de pierre, de couteau et étrangle le 21 mai 1843 à Pougny Joseph Héritier, 25 ans, fils de cultivateur, pour lui voler 900 francs en or. 26 novembre 1843
05 février 1844 Lundi, 12h Béthune (Pas-de-Calais) Pierre-François-Joseph "Toto" Laignel PARRICIDE, 24 ans, journalier, déjà condamné à cinq ans de travaux forcés, libéré le 22 juillet 1843 de la prison de Béthune. Étrangla sa mère pour la voler le 11 août 1845 à Beuvry. Augustin "Balette" Parmentier, 30 ans, est condamné aux travaux forcés à perpétuité. Un troisième conjuré mentionné ne fut jamais identifié et probablement sorti de l'imagination de Laignel. Prévenu à 4h30 par l'abbé Beauvois, dormait profondément. Calme, embrasse ses camarades de cellules puis dans le couloir, passant devant la cellule de son complice, lui crie : "Au revoir, Parmentier, au revoir !" Entend la messe, puis se voit retirer les fers avant de s'entretenir avec le procureur du Roi : "J'ai fait le complot avec Parmentier et l'homme de Beuvry, mais je n'ai pas moi-même assassiné ma mère. Ils ont agi d'après mes conseils et je mérite mon sort. Si j'avais été condamné à perpétuité, j'aurais continué à être malheureux. Je préfère être dans la terre." A un officiel qu'il reconnaît pour avoir plusieurs fois reçu sa visite en prison, il poursuit : "Eh ! ma pétition au Roi n'a pas fait d'effet ! Que voulez-vous ! Elle était pourtant bien faite !" On lui prépare du café, mais comme le feu ne prend pas assez vite, il s'impatiente : "Allons, mes amis, partons !" Il refuse d'être aidé pour monter dans la charrette : "C'est une plaisanterie ? N'ai-je pas de jambes ? Je ne tomberai pas, j'irai comme cela à l'échafaud." Lors d'une étape à Racquinghem, il boit de l'eau-de-vie et demande des nouvelles d'un cousin résidant occasionnellement dans le village. Arrivé à Béthune à 11 heures, prend un bouillon et un verre de vin avant de demander à voir les vêtements du rituel parricide, qu'il observe avec intérêt. Quand on lui coupe les cheveux, il dit : "Coupez-moi ça comme il faut, pour que ça aille bien tout à l'heure." La charrette le conduit à environ cent pas de l'échafaud, édifié au faubourg Rivage. Foule immense - les portes de la ville sont fermées depuis une heure pour éviter un afflux trop massif. Sur l'échafaud, veut s'adresser à la foule, mais le père Beauvois l'en dissuade. Il va de lui-même sur la bascule, poussé par l'exécuteur de Douai tandis que celui de Saint-Omer libère le couperet. 01 décembre 1843
05 février 1844 Paris Pierre-Joseph Poulmann 36 ans, domestique, cambrioleur. Condamné à dix ans de travaux forcés par les assises de la Seine le 31 décembre 1832 pour vols. Détenu contestataire et fugueur, libéré en 1842. En février 1843, à Nangis (Seine-et-Marne), tue de six coups de barre de fer à la tête l'aubergiste Jeanton et vole 56 francs. Sa maîtresse Louise Simonnet est condamnée à vingt ans de travaux forcés. Au réveil, repousse l'aumônier Montès : "Merci bien, l'abbé, mais je n'ai besoin des conseils de personne pour mourir." Au pied de l'échafaud, le curé récidivant dans son appel à la conversion, le repousse plus violemment : "Retirez-vous, Nom de Dieu ! Vous m'enlevez tout mon courage !" Bouscule les aides et se précipite sur la bascule en criant : "Adieu Louise ! Adieu ma mère !" 27 janvier 1844
16 mars 1844 Samedi, 10h Beauvais Benoît Valère 47 ans, manouvrier. Incendie le 27 juin 1843 le village de Baboeuf, détruisant la majorité des maisons entre le Marteloy et la rue Carie. 20 décembre 1843
23 mars 1844 Samedi, 12h Morlaix (Finistère) Barbe Guillemette Ropars 30 ans, cultivatrice. Fille-mère à 17 ans d'une petite Marie, la met en nourrice jusqu'à l'automne 1843 ; la rencontrant alors au mariage de son propre père, et craignant que son existence ne soit un obstacle à ses propres projets matrimoniaux, la tue de deux coups de couteau dans la tête le 13 novembre 1843 à Morlaix. Exécutée au carrefour de la rue de Ploujean et de la rampe Saint-Nicolas. 18 janvier 1844
25 mars 1844 Lundi, 8h Dijon François Langonier 58 ans, propriétaire, maire de Venaray. Entre 1841 et 1843, fit à trois reprises des enfants à sa domestique, Françoise Rousseau, bébés qu'il étouffa ou étrangla dès leur naissance. Françoise est condamnée aux travaux forcés à perpétuité. 09 février 1844
10 avril 1844 Mercredi, 9h Melun Pierre-François Robichon 33 ans, valet de ferme. Tue à coups de crochet à fumier, le 04 novembre 1843 à Echouboulains, lieu-dit "La mare rouge", Victorine Maltaverne, 19 ans, et Rose Maltaverne, 11 ans, filles du fermier chez qui il travaillait. Abat également la petite Adelphine, 14 ans, domestique à la ferme, d'un coup de fusil à la gorge qui la décapite quasiment. Vole 130 francs. Victorine survit cinq jours à ses blessures. 02 mars 1844
20 avril 1844 Paris Marie-Honoré Ducros 21 ans, élève en pharmacie. Étrangle à mains nues le 07 décembre 1843, 24, boulevard du Temple, Nathalie de Loëne, veuve Sénépart, 74 ans, pour lui voler sa pension de 1.500 francs. 09 mars 1844
20 avril 1844 Samedi, 8h30 Loos-les-Lille (Nord) Adolphe Friedlander, Louis-Joseph Druon et Jean Prosper Colin 26 ans, ébéniste, 22 ans, journalier et 28 ans, couvreur. Incarcérés à la prison de Loos. Accusés d'avoir mis le feu au quartier disciplinaire le 25 novembre 1843 - en particulier Colin, débile léger atteint de pyromanie - causant la mort du détenu Delvigne et blessant les prisonniers Harley, Lacour et Loisel. Friedlander et Druon, détenus rétifs jugés à l'été 1842 pour avoir tenté de tuer deux co-détenus qui jouaient les "indics" et blessé le docteur de la prison, et ayant profité des audiences pour exposer au public les sévices imposés par les gardiens, forment les complices idéaux. 06 février 1844
27 avril 1844 Samedi, 9h10 Rouen Isidore-Napoléon Thibert 37 ans, brocanteur. Proposait à ses victimes un traitement thérapeutique qui consistait en une suspension avec une corde... par le cou ! Le 04 octobre 1843, à Rouen, pend de cette manière M.Boucher, 77 ans, rue du Merisier, puis le dévalise. Le 21 octobre, récidive sur M.Durand, 72 ans, rue Saint-Hilaire. Arrêté le 15 novembre 1843 pour avoir proposé le même "service" à M. Marais, 81 ans, qui s'en était méfié à juste titre ! Exécuté place Bonne-Nouvelle. 18 février 1844
29 avril 1844 Lundi, 7h Gaillefontaine (Seine-Inférieure) Joseph Arger 22 ans, domestique. Assassine le 09 novembre 1843 au Thil-Riberpré la veuve Decaux, septuagénaire, à coups de fer à repasser avant de la jeter dans la cheminée et de voler 17 francs. Amédée Decaux, 22 ans, charpentier, est condamné aux travaux forcés à perpétuité. 09 février 1844
04 mai 1844 Samedi, 12h Mende Jean-Pierre Savanier 43 ans, cultivateur. Assassine le 05 août 1842 à la Vaisse, commune de Cubières, en le pendant dans une grange son oncle par alliance, Baptiste André ; Marie André, épouse Savanier, était la légataire de la victime. Marie Reboul, veuve André, belle-mère de Savanier et belle-soeur de la victime, est condamnée aux travaux forcés à perpétuité. 23 décembre 1843
18 mai 1844 Samedi, 12h Le Puy-en-Velay Jean Braud 34 ans, potier. A Aleyras, le 04 mars 1843, assassine à coups de bûche Jean-Claude Chauchat, commissionnaire, pour lui voler 70 francs, et jette son corps dans un ravin du bois de Lacoste. Braud avait exercé la même profession, et avait menacé de mort Chauchat sous prétexte que ce dernier lui avait volé tous ses clients. François Braud est condamné à quinze ans de travaux forcés. Exécuté place du Martouret. 23 mars 1844
27 mai 1844 Lundi, 3h50 Valence Jean Guillermont et Jean Duroulle 38 ans, tailleur et 49 ans, ex-agent de remplacement militaire, cabaretier. Guillermont et son complice Jean-Pierre Berthon, 16 ans, agissant sur les ordres de Duroulle, assassinent Louis Sicard le 31 octobre 1842 sur le pont de Saint-Vallier en le poignardant à cinq reprises avant de le précipiter dans le Rhône, pour le voler. Duroulle déjà condamné en décembre 1843 à Lyon aux travaux forcés à perpétuité pour attaque d'une diligence. Berthon est condamné à quinze ans de travaux forcés. 16 mars 1844
01 juin 1844 Samedi, 12h Vannes Jean-François Deval 28 ans, tailleur. Étrangle à mains nues dans la nuit du 18 au 19 décembre 1843 à Rochefort Mme veuve Dany, 35 ans, pour lui voler un sac d'argent, et dénude le corps pour faire croire à une tentative de viol ayant mal tourné. Marie-Vincente Bocéno, 19 ans, domestique de la victime, complice et maîtresse de Deval, est condamnée aux travaux forcés à perpétuité. Exécuté place du champ de foire. 20 mars 1844
03 juin 1844 Lundi, 7h45 Orléans Charles Boudeau 38 ans, bûcheron. Assassine dans la nuit du 12 au 13 février 1844 à Vitry-aux-Loges son ex-beau-frère François Poulard, bûcheron, 50 ans, et Thérèse Jahan, épouse Poulard, 47 ans, à coups de fusil et de crosse de fusil pour les voler. Passant à côté de 2000 francs d'économies soigneusement cachés, il ne repart qu'avec 10 francs. 24 avril 1844
21 juin 1844 Vendredi, 9h Melun Henri-Frédéric Defornel 21 ans, serrurier-mécanicien. Emprisonné à la centrale de Melun pour vols, viole puis tue le 28 mars 1844 son co-détenu Julien-Charles Bernard, 32 ans, bonnetier, qui avait refusé de devenir son amant. De la prison à l'échafaud, parle à la foule. Quand il distingue l'échafaud, s'écrie : "Voilà la mère Butte qui m'attend !" Grimpe les degrés rapidement et insulte jusqu'au bout sa victime, Bernard, qu'il accuse d'être responsable de tous ses malheurs. 13 mai 1844
22 juin 1844 Samedi, 8h Nantes Narcisse "François Jaube" Testu et Marie Gilbert, épouse Duvergne 23 ans, colporteur de mercerie et 29 ans, mercière. Endorment avec une tisane de datura puis étranglent le 11 novembre 1843 Antoine Lemoff, marchand de sel, vers Tournebride pour lui voler 300 francs. Exécutés place Viarme. 18 mars 1844
04 juillet 1844 Jeudi, 15h Neufchâteau (Vosges) Claude Thouvenin PARRICIDE, 41 ans, maréchal-ferrant. Couvert de dettes, le 1er février 1844, à Autigny-la-Tour, tue à coups de soufflet de fer son père Laurent Thouvenin et blesse gravement sa mère, Françoise Galand, épouse Thouvenin, la laissant pour morte avant de voler... 2 francs 70. Avait déjà été condamné pour l'homicide involontaire de son beau-frère Guillot. Condamné en première instance par les assises des Vosges, arrêt cassé, recondamné par les assises de la Meurthe. Exécuté place Carrière. 23 mars 1844, 10 mai 1844
08 juillet 1844 Lundi, 8h Riom Jean Lescure 40 ans, chaufournier et aubergiste. Suspecté d'avoir à Ytrac, entre décembre 1842 et janvier 1843, tué son oncle François Calvet, 58 ans, et jeté son corps dans l'Authre, d'où il n'est repêché que le 1er mars suivant, au niveau du pont de Bessanès. Sa précipitation à identifier une dépouille en décomposition et méconnaissable le rend suspect. Sa tante Marie Figeac, épouse du disparu, suspectée de complicité, est acquittée. Condamné en première instance par les assises du Cantal, arrêt cassé, recondamné par les assises du Puy-de-Dôme. 29 février 1844, 22 mai 1844
15 juillet 1844 Lundi, 8h30 Rennes Jean Gautier PARRICIDE, 29 ans, bûcheron, tue sa mère, Perrine Texier, veuve Gauthier le 02 mars 1843 à Quédillac pour voler 65 francs et quelques objets. Lors de la première session, en février 1844, Gauthier accuse un certain Pierre-Joseph Bougeard d'être l'assassion : l'enquête démontre que c'est un mensonge, mais permet d'inculper Bougeard pour bigamie, chose pour laquelle il est condamné à six ans de travaux forcés le 03 mai 1844. L'épouse de Gauthier est condamnée à vingt ans de travaux forcés. 17 mai 1844
20 juillet 1844 Samedi, 9h15 Angoulême Marc-Félix Rullier 28 ans, sans profession. Le 30 décembre 1843, à Aubeterre, avant de cambrioler sa maison, abat d'un coup de fusil M. Peyronnaud, 60 ans, propriétaire, et blesse au visage sa domestique Anne Faucher, 34 ans, qui est défigurée et survit. Rullier avait eu fréquemment recours à la générosité de Peyronnaud, qui avait fini par arrêter de lui prêter de l'argent. 18 mai 1844
31 juillet 1844 Mercredi, 15h Agen Michel Lagardère 35 ans, cultivateur, meunier à Saint-Martin-de-Curton. Le 6 avril 1844, étrangle sa femme Catherine Langé qu'il trompait et maltraitait depuis longtemps. Exécuté au faubourg du Pin. 16 juin 1844
08 août 1844 Jeudi, 6h45 Lyon Anthelme "Simon Devie" Perrin 30 ans, colporteur. Le 24 mars 1843, tue l'ouvrier ébéniste Blêch à coups de bâton, vole ses économies, et le jette dans la Saône. Le corps est repêché le 25 à Rochetaillée, au niveau du pont de Couzon. 09 mars 1844
14 août 1844 Mercredi, 14h Lunéville (Meurthe-et-Moselle) Jean-Baptiste Simon PARRICIDE, 23 ans, cabaretier. 24 juin 1844
26 septembre 1844 Jeudi, 10h Saint-Pol-sur-Ternoise (Pas-de-Calais) Augustin Duponchel 46 ans, garde-champêtre. Tue en avril 1841 Catherine Gamblain, veuve Cadet, 70 ans. Le corps est retrouvé dans les eaux de la Ternoise, aux confins des communes de Tilly-Capelle et d'Erin. La mort n'est jamais élucidée jusqu'à la dénonciation, en octobre 1843, d'un certain Levé, détenu à Loos. Condamné en première instance par les assises du Pas-de-Calais, arrêt cassé, recondamné par les assises du Nord. Césarine Dupuis, épouse Duponchel, 33 ans, ménagère, est condamnée à mort et graciée. Incarcéré à Douai. Prévenu dans la nuit, ne réagit pas, se contente de dire qu'il pensait vivre jusqu'au lundi suivant. Arrive à Saint-Pol à 8h30, une fois la nouvelle de l'imminence de son exécution confirmée, il accepte les secours de la religion, puis se dit innocent et signe des révélations avec fermeté. Reste debout durant la toilette et parle aux assistants, tous plus émus que lui. N'évoque pas une seule fois son épouse, mais regrette de laisser un nom déshonoré à ses trois enfants. Conduit par les exécuteurs de Saint-Omer et de Douai, Duponchel part de la prison en charrette, calme, regardant autour de lui. Devant l'échafaud, embrasse les deux prêtres, puis donne l'accolade à l'exécuteur et lui dit : "Duponchel meurt innocent, mais il te pardonne." Peu de monde présent pour l'exécution. 24 mai 1844, 03 août 1844
02 octobre 1844 Mercredi, 12h30 Périgueux François Clergeaud 59 ans, sans profession, ex-adjoint au maire et propriétaire ruiné à Forges. Empoisonne à l'arsenic le 19 juillet 1843 Jean Reynaud, 43 ans, cultivateur à Saint-Romain-et-Saint-Clément, époux de sa maîtresse Jeanne Desfargeas, 42 ans. Jeanne est condamnée à perpétuité. Condamné par les assises de Dordogne, arrêt cassé, recondamné par les assises de Charente. Exécuté place Francheville. 25 avril 1844, 13 août 1844
10 octobre 1844 Jeudi, 12h Épinal Adelaïde Descieux, veuve Noble et Nicolas "Petit-Sorcier" Gérôme 43 ans, ménagère et 44 ans, meunier, amants diaboliques. Empoisonnent à l'arsenic à Domèvre-sur-Avière Nicolas Noble le 15 octobre 1843 et Marie-Jeanne Conraut, épouse Gérôme, le 21 octobre 1843. 08 juillet 1844
28 octobre 1844 Lundi, 10h15 Versailles Antoine Pont 46 ans, propriétaire. Empoisonna sa femme Marie-Françoise Vast à l'arsenic le 24 janvier 1843, et assassina sa maîtresse Louise Monteneau dans la forêt de Sénart le 15 avril 1844. 13 août 1844
02 novembre 1844 Samedi, 12h Saintes Pierre Guyonnet PARRICIDE, 47 ans, cultivateur. Pour hériter plus vite, empoisonne avec un bouillon à l'arsenic son père Jean Guyonnet, 88 ans, à Verrins, le 11 mars 1844. 30 août 1844
13 novembre 1844 Landivisiau (Finistère) Yves Renaot 25 ans. Assassine d'un coup de fusil dans la gorge dans la nuit du 29 au 30 janvier 1844 à Landivisiau, M.Grall, 27 ans, aubergiste. Louise Égo, veuve Grall, 27 ans, maîtresse et complice de Renaot, condamnée à mort avec lui, est graciée. 04 août 1844
18 janvier 1845 Samedi, 15h Brest (bagne) Louis-Alexandre "Mazurier" Georges 20 ans, apprenti facteur d'instruments de musique. Détenu au bagne, assassine le caporal Le Noan. 12 décembre 1844
08 février 1845 Paris Nicolas-Alphonse Fourrier 27 ans, imprimeur en papiers peints. Chef de la "Bande des Escarpes". Quinze autres accusés. Rue d'Anjou-Saint-Honoré, en août 1844, blesse gravement au bras le marquis de Gastria. Peu après, rue Saint-Georges, agresse M.d'Apsol, qui est blessé de trois coups de couteau dans la poitrine qui manquent le tuer. Attaque à la même époque M.Poterlot, rue de la Roquette, volant sa montre, des pièces d'or et un billet de 500 francs et le saisissant si fort à la gorge qu'il en reste en partie sourd. Enfin, agresse M. Carteron rue d'Anjou en le prenant à la gorge. 30 novembre 1844
10 février 1845 Lundi, 9h, 9h30 Versailles Jean-Pierre Delton







Jean-François Grasset
23 ans, journalier. Assassine dans la nuit du 26 au 27 février 1842 la veuve Dejoye, 76 ans, et sa domestique, la veuve Michaux, 67 ans, lors d'un cambriolage à Courdimanche. Au sortir du procès, dénonce ses deux complices, Jean-Louis Façon et Martin Camion, condamnés le 27 novembre 1844 le premier à vingt ans de travaux forcés, le second à dix ans de prison.







35 ans, journalier, forçat libéré, déjà condamné six fois. Tue à coups de coutre de charrue le 30 juin 1844 dans un hameau de Longvillers la veuve Hue, 70 ans, pour lui voler 40 francs et un peu de linge.
29 août 1844







22 novembre 1844
13 février 1845 Château-Salins (Moselle) François Nicolas Marchal 24 novembre 1844
15 février 1845 Samedi, 8h Rennes Alexandre-Pierre-Marie Haslé 42 ans, journalier fendeur de bois à Janzé, tuberculeux au dernier degré. Condamné durant l'armée à perpétuité pour avoir tiré deux coups de pistolet sur sa maîtresse, peine commuée après dix ans de bagne en dix années de réclusion, libéré en 1842. Assassine le 08 août 1844 à Marcillé-Robert Jeanne Cadot, veuve Bonner, et son petit-fils de six ans, à coups de coin de fer et de pic, selon une méthode en pratique dans les bagnes et baptisée "saignée du mouton", pour voler 1500 francs. 22 novembre 1844
21 février 1845 Vendredi, 12h Saint-Vincent de Barrès (Ardèche) Etienne Coutas 37 ans, cultivateur. Frère d'un criminel condamné à perpétuité quelques années plus tôt pour assassinat. Agressif et violent, il pousse par son attitude son voisin Jean-Jacques Rieux à porter plainte contre lui. Condamné à lui verser 15 francs d'amende, promet de se venger. Le 20 octobre 1844, abat Rieux d'un coup de fusil en pleine poitrine. Exécuté au hameau d'Azinières. 09 décembre 1844
25 février 1845 Mardi, 8h05, 8h07 Vendôme (Loir-et-Cher) Joseph François Rougier et Marie Pilon, veuve Hogu 32 et 41 ans, sabotier et cabaretière, amants diaboliques. Empoisonnent à Vendôme le 07 avril 1844 François Hogu, époux de Marie, cabaretier, avec du vin, de la brioche et une soupe contenant de l'arsenic, puis font subir le même sort le 21 mai 1844 à Marie-Madeleine Rougier. Guillotine arrivée de Blois la veille. Transférés dès 2h du matin de la préfecture à Vendôme, en compagnie du curé et du vicaire de la paroisse Saint-Louis. Arrivés à 6h, informés de la nouvelle. Marie répond : "Je ne tiens point à la vie, car si on me l'avait conservée, je ne serais pas restée dans le monde. Je serais allée la finir dans un couvent. Je meurs pour la rémission de mes péchés. Le bon Dieu sait si je mens, lui. Il me comprend. J'ai eu une mauvaise conduite, mais je n'ai jamais fait usage du poison. Je meurs résignée." Rougier, lui, pousse des petits cris et tremble comme une feuille : "Oh mon Dieu ! Ne m'abandonnez pas ! Mon pauvre enfant !" Informé de la mort de sa maîtresse, gémit : "Je suis un grand criminel, mais je ne le suis devenu que parce que j'y ai été poussé par cette malheureuse femme." Entendent la messe à la chapelle. Durant la toilette, Marie calme, Rougier toujours accablé. Se confessent avant de monter dans la charrette. Place de l'Islette, Rougier doit être porté sur la bascule. Marie le regarde mourir sans réagir, puis se laisse faire sans résister. 17 novembre 1844
08 mars 1845 Samedi, 12h Alençon Pierre Isidore Laisné PARRICIDE, 29 ans, tisserand. Tire un coup de fusil sur son père Jean-François Laîné, boulanger à la Carneille, le 22 novembre 1844, alors que celui-ci est dans son fournil. Les plaies s'aggravent jusqu'à provoquer le décès le 03 décembre 1844. Accablé de dettes, avait besoin de l'héritage familial pour se "refaire". Exécuté place du Marché aux bestiaux. 15 janvier 1845
14 mars 1845 Vendredi, 9h20 Rouen François-Vincent Avisse 20 ans, ouvrier peintre vitrier. A Eu, le 03 octobre 1844, tue Rose Gourdin, 66 ans, domestique, pour voler sa patronne, Mme Vivier, dont il était un parent éloigné ; il avait attendu l'arrivée de Louis-Philippe dans la ville, profitant du passage d'un régiment musical dans la rue des Cloutiers pendant qu'il tuait sa victime. Exécuté place Bonne-Nouvelle. 11 janvier 1845
10 avril 1845 Jeudi, 11h05 Saintes Jean Frugé 30 ans, fabricant d'étoffes. Assassina son beau-père, M.Bibard, à Pons. Sa mère Marie Gautier, veuve Frugé, est condamnée aux travaux forcés à perpétuité. 21 février 1845
16 avril 1845 Mercredi, 12h15 Périgueux Pierre Delcouder 26 ans, sans profession. Tue le 9 septembre 1843 à Périgueux l'ancien grognard Henry Brochard, 72 ans, qu'ils égorgent et à qui ils fracassent le crâne pour le voler. Le 18 février 1844, décapitent à coups de rasoir François Reynaud, rue des Serruriers à Périgueux, et tentent d'assassiner à coups de pioche Pierre et Bernarde Desplat, les logeurs de Reynaud, cabaretiers, pour les voler. Le premier procès, en juin 1844, est renvoyé à une session ultérieure. Leur complice Thibal est condamné à dix ans de travaux forcés. Le 13 avril 1845, s'évade de la maison d'arrêt et est capturé à Trélissac. Marie Grolhier, condamnée à mort, est graciée. 23 décembre 1844
24 avril 1845 Paris Hippolyte-Alexandre Ducoudray 34 ans, marchand ambulant. Mari violent, se vantait souvent d'avoir tué une maîtresse dans ses jeunes années. Pendant les six années de leur union, maltraita quotidiennement sa femme, Marie-Antoinette Guigneau, la forçant par exemple à assister à une exécution capitale pour lui faire voir le sort qui serait le sien... quand il l'aurait tuée ! Tenta d'assassiner son épouse de huit coups de marteau, rue de la Calendre, le 11 septembre 1844. 10 mars 1845
26 avril 1845 Samedi, 12h Nevers Jean "Papard" Gondrand 35 ans, colporteur et chanteur de rues. Déserteur et repris de justice, condamné à mort pour fausse monnaie vers 1835 (?), grâcié, évadé, usant de multiples identités. Tue à coups de couteau le 07 décembre 1843 sa maîtresse Catherine Quierry, 22 ans, enceinte de cinq mois, dans une auberge de Saint-Amand-en-Puisaye. Un de ses frères aurait déjà été condamné à mort pour avoir tué sa femme en la faisant dévorer par un chien ! Exécuté place de la Foire. 21 février 1845
26 avril 1845 Samedi, 15h Gaillon (Eure) Elie-Jean Eloi Gaulin 37 ans, cordonnier à Paris. Tentative d'assassinat. 03 mars 1845
03 mai 1845 Samedi, 12h Aubenas (Ardèche) Jean-Baptiste Coste 30 ans, cultivateur. Le 16 juillet 1844, viole, étrangle et tue à coups de hache Marie-Monique Roux, épouse Cervel, 55 ans, cabaretière à Ucel. Exécuté place de l'Airette. 06 mars 1845
06 mai 1845 Mardi, 11h Saint-Ceré (Lot) François Claréty 36 ans, tisserand. A Loubressac, le 30 octobre 1844, assomme Hélène Bombézy, 22 ans, serveuse dans l'auberge paternelle, de deux coups de pierre, la viole, la déshabille et l'achève en lui brisant la tête à coups de pierres. Voulait se venger d'elle depuis qu'elle l'avait accusé - à juste titre - de grivèlerie. 25 février 1845
13 mai 1845 Mardi, 8h Châlon-sur-Saône Denis Lachanelle 47 ans, garde champêtre. Le 09 octobre 1844, à Meulin, viole et éventre Jeanne Descombes avant de la jeter dans une mare du pré de Duvernay, lestée. Le corps n'est repêché que le 07 novembre suivant. 08 mars 1845
17 mai 1845 Samedi, 9h15 Laon Marie-Agnès Christine Jacquelet, veuve Leclerc 45 ans, ménagère. Tenta cinq années durant de tuer son mari, Antoine Leclerc, notamment par le poison. Finit par payer Léonard Bayeux et Jean-Baptiste Lemaire pour commettre le crime : Leclerc est abattu d'un coup de pistolet le 15 août 1844 à Marest-Dampcourt. Les assassins sont condamnés aux travaux forcés à perpétuité, Thuillier et Anastasie Lemaire sont acquittés. 20 février 1845
14 juin 1845 Samedi, 16h Rodez Pierre-Alexis Caumes PARRICIDE, 54 ans, cultivateur. Tua pour des raisons d'intérêt le 25 mai 1844 à Saint-Rome-du-Tarn, sur la route de Saint-Amans, son père Alexis Caumes, propriétaire, 83 ans. 18 mars 1845
24 juin 1845 Mardi, 7h15 Aix-en-Provence Jacques Vignal 32 ans, postillon. Le 31 octobre 1844, à Arles, tente d'abattre d'un coup de pistolet M.Eyriès, entrepreneur de convois militaire, pour le dévaliser. Condamné quatre fois, dont le 03 mars 1844 dans l'Hérault à quinze ans de travaux forcés. Exécuté place Sainte-Magdelaine. 08 mai 1845
15 juillet 1845 Mardi, 16h Brest (bagne) Frédéric Lepique 48 ans, forçat. Frappe à coups de lime affutée le 06 juin 1845 deux autres détenus, Bastien et Guillois, en tuant Bastien : tous trois travaillaient dans le même atelier, et étaient en concurrence professionnelle ! 11 juin 1845
26 juillet 1845 Samedi, 9h Évreux Prosper Hersent 21 ans, journalier, déserteur. Dans la nuit du 8 au 9 novembre 1844, à la Vacherie-sous-Houdouville, attire dans un guet-apens son voisin Pierre Duvaltier en l'incitant à sortir la nuit pour éteindre un feu chez leur voisin M. Prévost, et le tue d'un coup de hache. Tente de se faire ouvrir par la mère de sa victime pour la tuer elle aussi et piller la maison, mais la veuve Duvaltier refuse de le laisser rentrer. L'instruction prouva que le 04 octobre 1844, Hersent avait lui-même mis le feu à des granges appartenant à M. Prévost, pour un préjudice d'au moins 6.000 francs. Son complice présumé, Adolphe Lhuillier, 23 ans, journalier, est acquitté. Exécuté place du Bel-Ébat 25 mai 1845
18 août 1845 Lundi, 6h Colmar (Haut-Rhin) Antoine Burrus 24 ans, sans profession, déjà condamné à trois ans de prison pour vol, et en mars 1845, à sept ans de travaux forcés par les assises de Strasbourg pour une tentative de meurtre et deux vols. Le 30 août 1845, à Heimsprung, assassine à coups de levier de fer en plein jour Anna Bitsch, veuve Strohmeyer, octogénaire, pour lui voler moins de cinquante francs, quelques bijoux et autre menus objets. La victime meurt le 31 août. Exécuté sur le plan près du magasin à fourrages. 28 juin 1845
23 août 1845 Samedi, 16h Rodez Jean Rouquette 44 ans, cultivateur. Assassin de son fils. 10 juin 1845
18 septembre 1845 Paris Pierre-Marie Beauchêne 41 ans, ouvrier féculier. Tente d'assassiner à coups de marteau le 13 février 1845 au niveau du pont d'Asnières son ami Antoine Deyries pour lui dérober ses économies. 31 juillet 1845
15 octobre 1845 Mercredi, 7h45 Versailles Auguste-Nicolas Maginot 27 ans, rémouleur, mari violent et potentiel père incestueux - il avait contaminé sa fille de quatre ans avec une maladie vénérienne. Comme elle venait de le quitter, le 08 avril 1845, au 18, rue de la Huchette, frappa son épouse Virginie Lorain à coups de couteau au dos, à la gorge, aux seins et à la main, puis se rend au 67, rue de la Harpe, où il tente de faire subir le même sort aux soeurs de son épouse, Mme Blancpoil, qu'il frappe à une seule reprise, et Antoinette Lorrain, qu'il poignarde quatre fois. Virginie meurt à l'hôpital le 12 avril. Condamné en première instance par les assises de la Seine, arrêt cassé. 09 juillet 1845, 29 août 1845
16 octobre 1845 Jeudi, 7h Reims Jean Prot et Pierre-Désiré Mosnier Tous les deux 24 ans et domestiques. Mosnier déjà condamné deux fois pour vols. Assomment de neuf coups de hoyau puis étranglent avec une corde dans la nuit du 23 au 24 mars 1845, à Courtisols, Joseph Colard, 74 ans, avant de lui voler 4.500 francs et de mettre le feu à sa maison. Exécutés place du Marché aux chevaux. 24 août 1845
18 octobre 1845 Samedi, 8h30 Laon Louis François Joseph Cirier 34 ans, garçon meunier. Condamné par le tribunal correctionnel de Laon le 20 février 1841 condamné à deux ans de prison pour vol, et le 05 mai 1843, à la même peine pour vol et menace d'incendie. Le 31 mai 1845, à Morcourt, met le feu à la ferme de son beau-frère Charles Fressier, où vivent sa femme Clémentine Fressier, épouse Cirier, qui l'avait quitté, et sa mère, la veuve Fressier. Tous survivent au sinistre. 12 août 1845
22 octobre 1845 Mercredi, 9h Colmar (Haut-Rhin) Gervais Haby 43 ans, cultivateur. Dans la nuit du 02 au 03 juin 1845, à Ruestenhart, tue à coups de coutre de charrue la veuve Haby, sa tante, âgée de 82 ans, pour en hériter plus rapidement, puis tente de frapper de la même arme et d'étrangler sa cousine Agathe Strosser, nièce de la victime, qui dormait dans la même maison et avait été réveillée par les cris de la veuve Haby. Exécuté sur la place près le magasin à fourrages. 30 août 1845
28 octobre 1845 Mardi, 9h Melun Jules Coutrot 29 ans, tisserand, détenu à la centrale de Poissy (Seine-et-Oise) pour vols, poignarde à trois reprises son co-détenu Boquet, devenu son amant, et qui se refusait à lui. Condamné en première instance par les assises de Seine-et-Oise, arrêt cassé, rejugé par les assises de Seine-et-Marne. 31 mai 1845, 23 août 1845
07 novembre 1845 Vendredi, 12h Foix Raymond Hyppolite "Ferriol" Portet





Guillaume Lacoumme
27 ans, cultivateur. Le 13 avril 1845, à Sentenac, broye à coups de hache la tête d'Antoine Fabre, son beau-père. Marié trois mois plus tôt, Portet considérait que sa belle-famille était trop dispendieuse et paresseuse, et estimait que son beau-père méritait "d'être empalé et jeté à la rivière".





PARRICIDE, 19 ans, maçon. Le 11 décembre 1844, à Boulogne-sur-Gesse, empoisonne à l'arsenic son père Bertrand Lacoumme, sa mère Jeanne Françoise Sanarens, son frère et sa soeur, causant la mort du père le 13. Condamné en première instance par les assises de Haute-Garonne, arrêt cassé.
04 mars 1845, 04 septembre 1845





30 août 1845
15 novembre 1845 Samedi, 9h45 Tulle Pierre Conjat 27 ans, cultivateur, déjà condamné deux ans auparavant, en décembre 1843, à dix ans de prison pour vol. Après cinq mois, il s'évade lors d'un transfert et se cache en Espagne, puis erre sur les routes de France. En mai 1845, se rend à Fargeas pour retrouver Léonard Peyraud, qui avait été le principal témoin à charge lors du procès, et l'abat d'un coup de fusil. Au cours de son arrestation, les gendarmes le blessent au bras, menant à son amputation. 06 septembre 1845
06 février 1846 Vendredi, 9h Amiens François Martial Gruet 41 ans, cultivateur. Le 22 mars 1845, à Nerleville, empoisonne avec un pâté à l'acide arsénieux le mari de sa femme, Alexandre Lematte, ainsi que les deux enfants vivant avec lui, Eugène-Benoît et Marie-Augustine Lematte. Marie-Alexandrine Lematte, épouse Gruet, Adrien Persent, menuisier, et Rosalie Lematte, épouse Persent, sont acquittés. 07 novembre 1845
16 février 1846 Lundi, 8h Paris Joseph Narcisse Louis Porthault 33 ans, fondeur en cuivre. Déjà condamné plusieurs fois, dont le 22 mai 1839 à cinq ans de travaux forcés. Amant d'Eugénie Mouchet, employée chez un tailleur, celle-ci le quitte quand il cherche à la prostituer pour qu'elle rapporte davantage d'argent. Le 23 avril 1845, rue des Vieux-Augustins, se rend chez les employeurs d'Eugénie, les Chavaroz, qui refusent de lui dire où réside son ex-compagne, et les frappe à coups de lime aiguisée, les blessant gravement ainsi que leur voisin, M.Thomas, qui intervenait pour les sauver. Premier procès, le 31 octobre 1845, repoussé à cause de l'absence d'Eugénie, appelée à témoigner. Un journal annonça à tort le 30 décembre 1845 que la sentence avait été exécutée. Prévenu à 5 heures, pensait que l'assez long délai écoulé depuis sa condamnation était bon signe : "Pourquoi m'a t-on laissé vivre et espérer ? On a aggravé ainsi ma peine, ce n'est pas là de l'humanité." Se calme en parlant à l'abbé Montès, et entend la messe. Se confie calmement aux exécuteurs. Pendant le trajet, écoute les paroles de soutien de l'aumônier. Au pied des marches, barrière Saint-Jacques, s'adresse aux spectateurs les plus proches : "Cette malheureuse lettre anonyme a tout fait. Je travaillais, je gagnais ma vie, et je n'avais pas l'idée du crime. La fatalité m'a emporté, je n'avais jamais été heureux... au fait, ce qui est fait est fait ! J'en ai regret, mais j'ai mérité mon sort !" Embrasse le crucifix puis monte seul les marches, sans besoin d'assistance. Foule assez bruyante et travestie, car nous sommes en période de mardi gras. 27 novembre 1845
17 février 1846 Mardi, 7h Nîmes Edouard Compagnon 19 ans, menuisier, détenu à la centrale de Nîmes. Surpris en flagrant délit d'homosexualité le 11 octobre 1845, sachant que la punition serait rude, décida de se venger et, en fin d'après-midi, tua d'un coup de sept coups de tiers-point dans la poitrine le frère Pascal, surveillant religieux. 28 novembre 1845
18 février 1846 Mercredi, 12h Tarbes Jean-Marie Dubarry PARRICIDE, 24 ans, cultivateur à Tournay. Le 17 septembre 1845 au soir, en allant à Mauvezin, abat son père Bernard Dubarry d'une balle dans la tête parce que le père refusait de vendre des terres afin de régler ses propres dettes ! Prévenu par l'abbé Pinac, tâche de se montrer confiant mais affiche un visage effondré. Va à l'échafaud, place du Marcadieu (mentionné comme place du petit Foirail sur l'acte de décès), en tenue parricide, en écoutant les mots de réconfort de l'aumônier, et embrassant le crucifix à plusieurs reprises. Environ 30000 spectateurs présents. 14 décembre 1845
26 février 1846 Jeudi, 9h Argueil (Seine-Inférieure) Rose-Anatolie Jeanne, veuve Foucaux et François-Jean Brument 26 ans, ménagère, et 35 ans, cultivateur, amants diaboliques. Le 08 novembre 1844 à Saint-Lucien, empoisonnent à l'antimoine et à l'arsenic Auguste-Eugène Foucaux, et le 04 décembre 1844, font subir un sort semblable à Marie-Sophie Levasseur, épouse Brument. 29 novembre 1845
26 février 1846 Jeudi, 11h Le Mans Jeanne-Désirée Cureau, épouse Fortier 35 ans, cultivatrice. A Flée, empoisonne avec une panade à l'arsenic son troisième enfant, Augustine, six mois. Le 12 mars, empoisonne les petites Elise Bellanger et Isabelle Vérité, venues jouer avec ses aînés, en leur servant un goûter empoisonné. Elise meurt le soir-même, Isabelle le lendemain. Exécutée place des Halles 05 décembre 1845
27 février 1846 Vendredi, 9h45 Ville-sous-la-Ferté (Aube) Jean-Baptiste Coyot 50 ans, condamné déjà trois fois : d'abord, en 1842, à cinq ans de réclusion, la seconde en 1844 par les assises du Haut-Rhin à vingt ans de travaux forcés pour tentative d'incendie de la centrale d'Ensisheim, la dernière par le même tribunal aux travaux forcés à perpétuité pour assassinat, incarcéré à Clairvaux. Dans la nuit du 04 au 05 juillet 1845, tente de tuer à coups de marteau le contre-maître détenu Hermion, le rendant sourd, pour se venger de son statut dans la prison qui lui permettait de faire preuve d'autorité et de punir les détenus à l'envi. Jean-Baptiste Petit-Didier, 24 ans, qui fournit l'arme, est acquitté. Exécuté à l'entrée de la centrale de Clairvaux. 15 décembre 1845
05 mars 1846 Jeudi, 9h Montbrison Marcellin "Bête à Coire" Freycon 23 ans, garçon boucher, déjà condamné deux fois, libéré de la centrale de Riom le 29 décembre 1844. Le 06 janvier 1845, à Saint-Genest-Malifaux, étrangle avec une ficelle M. Bourrin, aubergiste, et sa dame de compagnie Marianne Thainet pour les voler, puis incendie le bâtiment. Son complice Billand, malade, meurt en prison fin septembre 1845. 03 décembre 1845
07 mars 1846 Samedi, 12h Troyes Jacques-Firmin Dupuis 38 ans, domestique, mari violent. Noie sa femme Marie-Anne Guillemin dans la Voire, à Villeret, le 31 août 1845. Exécuté porte Saint-Jacques. 17 décembre 1845
07 mars 1846 Samedi, 10h Altkirch (Haut-Rhin) Jean-Thiébaut Knecht 49 ans, cultivateur. Le 17 décembre 1844, à Zillisheim, assomme à coups de marteau de tonnelier et égorge sa soeur, Mme Gsegnet, son époux et leur fils Jean-Thiébaud Gsegnet, avant de mettre le feu à leur maison. But : hériter des biens de cette famille et en profiter avec son fils Jean, 18 ans, et son gendre Sébastien Schuler, 26 ans. Les deux derniers sont condamnés aux travaux forcés à perpétuité. 24 décembre 1845
09 mars 1846 Lundi, 7h Chalon-sur-Saône Michel Saunier 47 ans, cultivateur. Au Bois-Dieu, tue en 1845 dès la naissance l'enfant né de ses relations incestueuses avec sa fille Françoise, 21 ans. Françoise est acquittée. Première exécution place Ronde. 03 décembre 1845
28 mars 1846 Mardi, 10h Moulins Antoine Doléance 29 ans, journalier. Assassinat et vol Exécuté place aux Foires. 03 février 1846
09 avril 1846 Jeudi, 9h Mézières Jacques-Joseph Lonay 42 ans, journalier, Belge, déserteur de l'armée Belge. Etrangle à Mars-sous-Ourcq le 11 mai 1845 la veuve Régnier, septuagénaire, sa grand-tante par alliance, pour la voler. Exécuté place Saint-Julien 16 janvier 1846
20 avril 1846 Lundi, 8h Valence Louis Grimaud 41 ans, cultivateur à Oriol. Assassina un colporteur pour lui voler une importante somme d'argent et jette le corps dans un gouffre (volcanique?) qui interdit sa récupération. Tue d'un coup de fusil et de deux balles de pistolet le 01 novembre 1845 Bruno Mottet, son ancien domestique, témoin du premier crime, en l'attirant dans un guet-apens avant de jeter le corps dans un ravin. Suspecté d'avoir, le 10 novembre 1839 à Léoncel, aidé son cousin Grangeon à tuer son propre père ; seul Grangeon fut inculpé et condamné à douze ans de travaux forcés. 21 février 1846
28 avril 1846 Mardi, 6h Toulon (bagne) Jacques-Antoine Lepeule 19 ans, ouvrier en papiers peints. Condamné aux travaux forcés à perpétuité par les assises de la Seine pour attaques à main armée. Arrivé au bagne de Toulon depuis dix-huit jours, le 16 février 1846, tente d'assassiner avec un couteau de fortune le sous-adjudant des chiourmes Gosselin. 09 mars 1846
18 mai 1846 Lundi, 8h Évreux Baptiste-Isidore Beaumesnil 19 ans, marchand de porcs. A Broglie, tue à la hachette et au couteau le 07 janvier 1846 M.Vasse, 60 ans, marchand de porcs, qui l'employait comme garde du corps, et ce pour le voler. Exécuté place du Bel-Ébat. 13 mars 1846
22 mai 1846 Vendredi, 7h Bourgoin-Jallieu (Isère) Joseph Boyaud 38 ans, menuisier. Empoisonna avec un bouillon à l'arsenic sa belle-mère, la veuve Héraut, 71 ans, à La Bâtie-Montgascon le 25 décembre 1845 pour que son épouse, fille de la victime, en hérite plus rapidement. 11 mars 1846
23 mai 1846 Samedi, 10h Beauvais Honoré-Eustache Fournet 38 ans, tisserand. Au lieu-dit "La Lavasse", entre Allone et Beauvais, le 23 novembre 1845, assassine l'ouvrier cordonnier Gaumont. Gaumont avait été le témoin d'un vol de lard commis par Fournet le 05 novembre précédent, et ce dernier vivait dans la crainte de se voir un jour dénoncé. 20 mars 1846
27 mai 1846 Mercredi, 5h Metz Elisabeth Bombardier, épouse Willeaume PARRICIDE, 25 ans, sans profession. A Burtoncourt, étrangle le 24 janvier 1846 son père Antoine Bombardier, militaire retraité, pour toucher plus rapidement l'héritage. André Willeaume, 25 ans, menuisier-vitrier, est condamné aux travaux forcés à perpétuité. Exécutée au carrefour du prolongement de la rue de la Gendarmerie et de la rue derrière le Séminaire. 11 mars 1846
03 juin 1846 Mercredi, 9h Montpellier Jacques Guibert 22 ans, garçon boucher. Le 21 novembre 1845, tue d'un coup de couteau au ventre son rival boucher, Riols, à Agde. 04 mars 1846
06 juin 1846 Samedi, 10h Aubusson (Creuse) Jean-François Roudier 29 ans, maçon à Saint-Sulpice-le-Douzeille. Au hameau de Lafaye, dans la nuit du 26 au 27 octobre 1845, tue à coups de marteau Marie Darboureix, domestique de M. Grellet, et le fils de ce dernier, Antony, 5 ans, qu'elle gardait, pour voler la maison à son aise. Marche de la prison jusqu'à l'échafaud soutenu par l'abbé Vialle, d'Aubusson, et l'aumônier de Guéret. Foule importante, car la nouvelle est connue depuis trois jours et pas d'exécution à Aubusson depuis 24 ans. 05 février 1846
08 juin 1846 Paris Pierre Lecomte 48 ans, garde forestier. Le 16 avril 1846, tire deux coups de feu sur Louis-Philippe 1er alors que celui-ci se promène dans le parc du château de Fontainebleau en compagnie de la Reine et de leurs filles. Aucune des balles n'atteint le monarque. Dernière exécution d'Henri-Clément Sanson 05 juin 1846
23 juin 1846 Mardi, 11h Le Puy-en-Velay Marie Marguerite Miette Farger, veuve Chanal 39 ans, ménagère. Le 27 décembre 1843, incendie sa maison de "Ma Campagne" au Puy-en-Velay, pour dissimuler le meurtre de son époux Jean-Pierre Chanal et la domestique Eléonore Experton, assassinés par les frères Augustin et André Gros, Adrien Sahuc et Morel : elle avait payé la bande pour se débarrasser de cet époux riche qu'elle n'aimait pas, qui voulait mettre un terme à leur union sans compensation financière ! Augustin Gros est condamné à perpétuité, André est en fuite, Morel est mort en cavale et Sahuc est acquitté. Exécutée place du Martouret. 31 mars 1846
27 juin 1846 Samedi, 4h30 Perpignan Jérôme "Llorens" Icazes et Joseph "Xicolate" Matheu 24 ans, journalier et 22 ans, muletier. Membres de la bande des Trabucayres, anciens membres de l'armée carliste pillant les propriétaires terriens et les bourgeois du Vallespir. Le 25 février 1845, entre Gerona et Tordera, attaquent la diligence Perpignan-Barcelone et dévalisent les passagers. Prennent trois otages avant de partir : Don Ballber, 70 ans, meurt de fatigue en gagnant leur refuge dans la montagne ; le banquier Roger est abattu d'une balle dans la nuque alors qu'il tente de s'enfuir. Le jeune Jean Massot, 16 ans, étudiant, est gardé pendant deux mois, mais comme sa mère n'est pas en mesure de payer les 65.000 francs de rançon réclamés par les bandits, il est égorgé puis frappé de onze coups de couteau dans le coeur par Matheu le 01 mai 1845. Lors de leur arrestation, le 05 mai 1845, les policiers découvrent dans un panier les oreilles coupées de Massot, tranchées par Matheu comme trophée. Laurent "Fray" Espell, 27 ans, journalier, Pierre "Négret" Barlabé, 22 ans, journalier, Salvador "Ney-Piou" Fabregas, 22 ans, Isidore "Manout" Forgas, 22 ans, journalier, Antoine "Garcias" Forcadell, 32 ans, journalier et Martin Reigt, 25 ans, boulanger, sont condamnés aux travaux forcés à perpétuité. Joseph "Sabé" Camps, 26 ans, voiturier, est condamné à vingt ans de travaux forcés et Jean "Nas-Ratat" Vicens, 40 ans, cultivateur, à dix ans de travaux forcés. Quatre autres complices condamnés à des peines de réclusion, allant de dix à trois ans, un seul acquitté. Exécutés sur l'Esplanade. 28 mars 1846
27 juin 1846 Samedi, 7h30 Arnay-le-Duc (Côte-d'Or) Pierre Rousseau 34 ans, sans profession. 06 mai 1846
27 juin 1846 Samedi, 16h, 16h05 Céret (Pyrénées-Orientales) Joseph "Sagals" Balme et Jean "Tocabens" Simon 24 ans, journalier et 25 ans, marchand de safran. Membres de la bande des Trabucayres, anciens membres de l'armée carliste pillant les propriétaires terriens et les bourgeois du Vallespir. Le 25 février 1845, entre Gerona et Tordera, attaquent la diligence Perpignan-Barcelone et dévalisent les passagers. Prennent trois otages avant de partir : Don Ballber, 70 ans, meurt de fatigue en gagnant leur refuge dans la montagne ; le banquier Roger est abattu d'une balle dans la nuque alors qu'il tente de s'enfuir. Le jeune Jean Massot, 16 ans, étudiant, est gardé pendant deux mois, mais comme sa mère n'est pas en mesure de payer les 65.000 francs de rançon réclamés par les bandits, il est égorgé puis frappé de onze coups de couteau dans le coeur par Matheu le 01 mai 1845. Lors de leur arrestation, le 05 mai 1845, les policiers découvrent dans un panier les oreilles coupées de Massot, tranchées par Matheu comme trophée. Laurent "Fray" Espell, 27 ans, journalier, Pierre "Négret" Barlabé, 22 ans, journalier, Salvador "Ney-Piou" Fabregas, 22 ans, Isidore "Manout" Forgas, 22 ans, journalier, Antoine "Garcias" Forcadell, 32 ans, journalier et Martin Reigt, 25 ans, boulanger, sont condamnés aux travaux forcés à perpétuité. Joseph "Sabé" Camps, 26 ans, voiturier, est condamné à vingt ans de travaux forcés et Jean "Nas-Ratat" Vicens, 40 ans, cultivateur, à dix ans de travaux forcés. Quatre autres complices condamnés à des peines de réclusion, allant de dix à trois ans, un seul acquitté. 28 mars 1846
30 juin 1846 Mardi, 6h50 Lyon Pierre-André Durand 39 ans, cafetier à Cercié. Veuf, remarié à Marie Billard, veuve Villon, assassine le 05 juin 1845 le fils de cette dernière, Joseph, 12 ans, dont l'éducation lui coûtait très cher. Exécuté place Louis-XVIII. 21 mars 1846
07 juillet 1846 Mardi, 6h Toulon (bagne) Joseph "Paysan" Tresse 27 ans, cordonnier, bagnard. Cherchant à s'évader, parvient à se débarrasser de sa chaîne. Arrivé aux grilles du bagne, blesse à coups de couteau le garde qui tentait de l'empêcher de s'enfuir. 11 mai 1846
09 juillet 1846 Jeudi, 12h Caen Emmanuel Busnel 23 ans, laboureur. Egorge et viole le 03 octobre 1845 à Pont-Farcy Marie Esther, 11 ans, vachère. Exécuté sur les promenades Saint-Julien. 19 mai 1846
13 juillet 1846 Lundi, 15h Chaumont Louis Martin PARRICIDE, 31 ans, manouvrier à Rachecourt. 30 avril 1846
23 juillet 1846 Jeudi, 11h15 Dinan
(Côtes-du-Nord)
Marie Mahé, épouse Le Goff 34 ans, ménagère au Guildo, commune de Créhen. Devient le 9 janvier 1844 la seconde femme de Laurent, un douanier veuf, prise d'une haine incontrôlable envers les deux fillettes de son mari, Marie et Désirée, âgées de 9 et 5 ans, les maltraite sans arrêt, les battant, les mordant ou même en leur donnant à manger de la soupe mélangée à de l'urine ou à de la crotte de poule. Le 4 janvier 1846, éventre la plus jeune des deux, Désirée, avec un couteau de boucher ; la fillette a le temps de la dénoncer et meurt au bout de 17 heures d'agonie. Avertie à 18h le 22 juillet à Saint-Brieuc. Quitte la prison un quart d'heure plus tard en fourgon cellulaire, la tête couverte d'un fichu pour ne pas que la foule la voie. Passe la nuit à la prison de Dinan. En présence de l'exécuteur, gémit qu'elle est trop jeune pour mourir, et le supplie de lui accorder "encore une huitaine de jours". Après la toilette, au moment de quitter la prison, à 11h, résiste violemment, à tel point que la gendarmerie doit intervenir pour qu'elle franchisse la porte. Remarquant la foule qui se presse autour de la prison, se couvre à nouveau la tête, fend l'attroupement pour monter en voiture en compagnie de l'abbé Jamet. Conduite place Duclos-Pinot, grimpe à l'échafaud calmement. 16 mai 1846
30 juillet 1846 Jeudi, 8h Guise (Aisne) Pierre-Charles Thuillier 33 ans, dont dix-huit derrière les barreaux, sans profession ; condamné notamment en 1837 pour vols aggravés à dix ans de travaux forcés. Libéré le 12 février 1846, installé aux alentours de Laon et Vervins, commet plusieurs cambriolages à compter du 26. Le 15 mars 1846, à Liez, agresse à coups de bâton M. Hannier, 73 ans, pour lui voler 9 francs et sa montre. Le 17 mars, à Faty, agit de même envers Mme Lebègue, qu'il dévalise en la laissant pour morte. 19 mai 1846
04 août 1846 Mardi, 11h Le Mans Louis Bigot 31 ans, sabotier. Tue dans la nuit du 30 au 31 mars 1846 sur la route entre Saint-Calais et Lucé M. Granger, adjoint au maire d'Evaillé, pour le voler. Exécuté place des Halles 11 juin 1846
14 août 1846 Vendredi, 6h Limoges Michel Mallevergne 39 ans, ex-domestique au château de Pouzol. Eventre et mutile d'une trentaine de coups de couteau, le 12 janvier 1846 à Solignac, Thérèse Terrier, 18 ans, bergère sur le même domaine, fille de l'intendante du château, parce que la jeune fille l'avait fait licencier pour agression d'un autre domestique. Très calme au réveil, refuse de s'alimenter mais accepte un bol de lait. Se confesse à l'abbé Sallon. Place d'Aine, monte les marches avec courage, embrasse le crucifix et le prêtre, puis dit tout haut : "Je suis innocent, je tiens à ce que tout le monde le sache !" 02 juin 1846
24 août 1846 Lundi, 11h Saint-Flour Guillaume Malvezin 47 ans, cultivateur. Tue d'un coup de couteau en plein coeur le 20 juillet 1845 à Ladinhac Antoine Delpech qu'ils détestait depuis longtemps. Son fils Antoine Malvezin, condamné à mort, est gracié. 07 juin 1846
02 septembre 1846 Mercredi, 12h Périgueux Jeanne Peyvieux, veuve Labatut 62 ans, cultivatrice. Empoisonne à l'arsenic son troisième mari Pierre Labatut le 31 décembre 1845 à Queyssac pour des raisons financières. Sa complice et belle-soeur, Peyronne Bonnamy, est condamnée aux travaux forcés à perpétuité. 16 juin 1846
09 septembre 1846 Mercredi, 8h45 Tulle Martial Fourches 46 ans, cultivateur et aubergiste au Balcon, commune de Tulle. Le 30 avril 1846, abat d'un coup de pistolet dans le dos Jean Chauffour, son voisin avec lequel il était en procès pour diffamation, au beau milieu du palais de justice de Tulle. 29 juin 1846
25 septembre 1846 Vendredi, 8h10 Paris Jean Pétry 18 ans, garçon de café, Luxembourgeois. Le 17 juin 1846, viole et égorge à coups de couteau Elisabeth Gallier, épouse Courtecuisse, 17 ans, sa jeune patronne - elle s'était mariée quinze jours plus tôt - à Saint-Ouen avant de voler 500 francs. Réveillé à 5 heures, prend la nouvelle avec calme. Prend pour tout aliment un grand verre d'eau, et écoute les paroles de réconfort de l'abbé Montès. Quitte la prison à 7h45. Arrivé barrière Saint-Jacques, il embrasse l'abbé Montès et veut faire de même à l'exécuteur Sanson, mais on lui fait comprendre que c'est là chose inutile. Avant de grimper sur l'échafaud, discute en allemand avec un compatriote chargé tant de récupérer ses dernières paroles que sa dépouille : il lui demande si son oncle Nicolas est présent, et dvant la réponse négative, le prie de lui demander pardon. Averti que toute sa famille lui pardonne d'avance son geste, puisqu'il exprime un repentir, dit : "Eh bien, adieu alors, adieu à mon oncle aussi, et priez tous pour moi." Le camarade, à la chute du couperet, tourne le dos à l'échafaud mais perd connaissance, heureusement soutenu par deux spectateurs charitables. Selon La Gazette des Tribunaux, 153e exécution parisienne depuis 1800. 13 août 1846
28 octobre 1846 Mercredi, 7h Reims Séverin Dunel 23 ans, poseur de voies ferrées. Devenu à l'automne 1845 l'amant de Marguerite Aigrot, danseuse, ils vivent ensemble pendant six mois à Paris. Mais quand, en avril 1846, Dunel envisage de regagner ses Ardennes natales, il entend rompre avec sa maîtresse qu'il ne veut pas présenter à sa famille, la jugeant indigne ! Comme celle-ci refuse de le quitter, arrivés le 24 avril 1846 près d'Isles, Dumel la tue de trois coups de pierre sur la tête avant de l'étrangler et de voler ses affaires. 18 août 1846
30 octobre 1846 Vendredi, 8h15 Angers Marc-François Richardeau 29 ans, cordonnier. A force de maltraitances, tua le 23 avril 1846 son fils d'un an et demi à Angers. Aurait tué le 12 mars 1844 plus tôt sa fille d'un an de la même façon. Exécuté au Champ de Mars. 15 août 1846
04 novembre 1846 Mercredi, 15h Brest (bagne) Louis-Désir Joret 35 ans, tisserand, forçat à vie. Dans la nuit du 16 au 17 septembre 1846, tua à coups de tiers-point son co-détenu Biot et tente de tuer les forçats Voisambert et David, pour se venger de leur probable délation lors de ses deux tentatives d'évasion en 1842 et 1845. 08 octobre 1846
14 décembre 1846 Lundi, 14h Saint-Cyprien (Dordogne) Antoine "Bontemps" Delpeyrat 32 ans, cultivateur. Viole et tue Mlle Mercié à La Prunarède le 13 avril 1844, puis tue Mme Mercié avant de la voler et de mettre le feu à la maison. Ses complices, Antoine Rouzies, 31 ans, carrier, et Jean Mergues, 37 ans, cultivateur, sont condamnés aux travaux forcés à perpétuité. 09 septembre 1846
20 janvier 1847 Mercredi, 10h Aubière (Puy-de-Dôme) François Montel 35 ans, cultivateur. Abat de deux balles de revolver M.Foulhouse, notaire et maire d'Aubière, le 12 juillet 1846 à Aubière, qui l'avait souvent fait arrêter pour braconnage. Exécuté sur la place des Ramacles, lieu ancestral des exécutions et des fourches patibulaires, devant 15000 personnes. 19 novembre 1846
28 janvier 1847 Jeudi, 15h Bastia Dominico Marcucci 30 ans, laboureur, Italien, né dans les États Romains. Le 21 mai 1846, à Sainte-Lucie, tue de quinze coups de stylet l'ouvrier gênois Vincenzo Baletti pour lui voler son argent. 25 novembre 1846
09 février 1847 Mardi, 15h Écos (Eure) Jean-Pierre Canu PARRICIDE, 29 ans, domestique de ferme. Assassine à coups de serpe à Écos le 17 février 1846 son père, journalier. 19 décembre 1846
11 février 1847 Jeudi, 8h Olley (Meurthe-et-Moselle) François Gury 39 ans, savetier. Etrangle et étouffe à Olley Marie-Catherine Thiebaux, veuve Gardeur, 74 ans, dans la nuit du 23 au 24 février 1846 pour la voler. Trois nuits plus tard, le 27 février au petit matin, à Buzy, assassine Nicolas Drouard, 82 ans, et sa bonne Marie Nicot, 65 ans, à coups de pioche pour les voler. Son beau-frère, Nicolas Guillemin, 40 ans, scieur de long, et le père de ce dernier, Jean-François Guillemin, 64 ans, cultivateur, sont condamnés à mort. Jean-François est gracié, Nicolas se suicide pendant le trajet au matin de l'exécution. 08 décembre 1846
13 février 1847 Samedi, 9h Melun Jean-Alexis Liénard 44 ans, jardinier. Incarcéré à la centrale de Melun, travaillant à l'atelier d'ébénisterie, il fait de l'alcool de contrebande en filtrant des vernis. Ivre, le 07 septembre 1846, blesse à coups de poinçon trois gardiens. Tous survivent. Au réveil, dit au prêtre : "Eh bien tant mieux !" mais refuse les secours de la religion. Exécution prévue à 8 heures, mais les bois de justice sont neufs, et les exécuteurs prennent une heure pour se familiariser avec l'engin. Toujours hésitants au moment-même de l'exécution, Liénard allant se placer sur la bascule les morigène : "Allons ! En finirez-vous ?" Première exécution à l'entrée du cimetière du Nord. 14 novembre 1846
24 février 1847 Mercredi, 7h15 Versailles Antoine-Victor Quenneville 35 ans, journalier à Gerocourt. Etrangle avec son tablier le 24 juin 1846 dans les bois de Cormeilles-en-Vexin, Catherine Ghierle, 32 ans, servante de ferme, retardée mentale, qui était sa maîtresse, pour lui voler ses 212 francs d'économies, et enterre le corps, qui est retrouvé le 14 août. 12 décembre 1846
24 février 1847 Mercredi, 10h Lyon Annet Debas 28 ans, ouvrier maçon, forçat libéré. A Saint-Didier-au-Mont-d'Or, tue dans la nuit du 23 au 24 juin 1846 Marie Despierre, veuve Berjon, sexagénaire, chez laquelle il avait travaillé récemment, et lui vole un peu d'argent, une tabatière et un parapluie. 19 décembre 1846
27 février 1847 Samedi, 10h Beauvais Jean-Baptiste "Ma-Mère-est-morte" Boucher 22 ans, manouvrier. Étrangle avec une cravate dans la nuit du 18 au 19 octobre 1846 à Villers-sur-Bonnière son ancienne patronne, Joséphine Trèble, veuve Dallenne, 57 ans, pour lui voler 5 francs 60 : licencié peu avant, il considérait que sa victime lui devait encore 10 francs sur ses gages. Jean-Baptiste Wallet, 48 ans, manouvrier, est condamné à la réclusion pour dix ans, et Louis-Bénoni Boutiller, 16 ans, domestique, aux travaux forcés à perpétuité. 09 décembre 1846
06 mars 1847 Samedi, 7h10 Toulouse Augustin Dario 50 ans, cultivateur, guérisseur. Empoisonne à l'arsenic et au sulfate de zinc en juillet 1846 à Sainte-Foy-Peyrolières son fils Guillaume, 10 ans, né de son premier lit et bénéficiaire unique de l'héritage maternel. L'enfant meurt dans la nuit du 26 au 27. Déjà condamné pour vol, soupçonné en 1838 d'avoir empoisonné M.Caubet, le frère de sa première femme - l'affaire se soldant par un non-lieu -, ainsi qu'un nommé Passerieu, une de ses pratiques de guérisseur. Marie-Jeanne Soulès, épouse Dario, est condamnée aux travaux forcés à perpétuité. 13 décembre 1846
10 avril 1847 Samedi, 12h Morlaix (Finistère) Yves Grall 47 ans, cultivateur. Tente d'assassiner à coups de bâton le 15 septembre 1846 à Morlaix Mme Postic, gardienne de maison, pour dévaliser la propriété de ses patrons. Exécuté au quartier de Saint-Nicolas. 21 janvier 1847
16 avril 1847 Vendredi, 11h35, 11h40, 11h50 Buzançais (Indre) Jean Baptiste Bienvenu, Louis Emile Michot et François Velluet 25 ans, journalier, 20 ans, sabotier et 35 ans, journalier et garde particulier. Au cours d'une émeute à Buzançais, initiée par le vol d'un convoi de blé - 1060 décalitres - motivé par la famine, entre le 13 et le 15 janvier 1847, tentent d'assassiner le meunier Cloquemin et les propriétaires Brillant et Gaulin après avoir pillé leurs maisons. Enfin, lynchent à coups de bâton, de fourche et de sabots M.Huard-Chambert, propriétaire bourgeois qui avait tiré pour se défendre sur Venin, chef des émeutiers, l'abattant net. Vingt-et-un autres inculpés sont condamnés à diverses peines de travaux forcés. 04 mars 1847
19 avril 1847 Lundi, 9h05 Rouen Fulgence Etienne Chollet 40 ans, condamné plusieurs fois. Assassine à coups de couteau dans le visage, le coeur et le dos le 06 août 1846, rue du Commerce au Havre, son jeune amant Eugène Torquet, 14 ans, pour que celui-ci ne le quitte pas pour retourner chez sa mère. Prévenu à 7h, tombe à genoux, fait une petite prière puis se rend à la chapelle. En traversant le couloir, enlève ses sabots pour ne pas alarmer les deux autres condamnés, Levillain et Hénocque, et marche pieds nus. Se confesse, entend la messe avec la plupart des autres détenus, puis leur fait ses adieux. Va à l'échafaud en compagnie du prêtre. Registre d'état-civil des décès de Rouen du second trimestre 1847 manquant sur le site des archives départementales. 06 février 1847
04 mai 1847 Mardi, 11h40, 11h45 Poitiers René Lachaise et Françoise Leclerc, épouse Meunier 20 ans, journalier et 55 ans, sans profession, fils et mère. Françoise, fille de "chauffeurs", avait tenté d'assassiner deux fois son second mari. Avec la complicité de Jean Courlivand, 22 ans, handicapé mental, tentent de tuer le 26 octobre 1846 à Dandésigny Courlivand père, 66 ans, mais celui-ci se défend. Arrêté, son fils dénonce ses deux complices, lesquels l'assassinent en l'étranglant au soir du 29 octobre 1846. Lachaise est condamné comme parricide (!). 15 février 1847
14 mai 1847 Vendredi, 10h Nancy Joseph Noël 40 ans, manoeuvre. Tue à coups de hache en juillet 1846 au Bon-Coin, entre Nancy et Villers-les-Nancy Nicolas Hugo, aubergiste, son ancien patron qui avait témoigné contre lui en 1843 dans une affaire de vol de poissons qui lui avait valu deux ans de prison. Vole des lunettes, une brosse et des souliers. En août 1846, condamné à dix-huit ans de travaux forcés pour d'autres vols commis avec un complice. 11 février 1847
15 mai 1847 Samedi, 7h Strasbourg André Osswald 32 ans, journalier, condamné deux fois, dont la seconde à sept ans de travaux forcés le 07 décembre 1836, peine purgée à Toulon. Décapite de trois coups de hache le 25 décembre 1846 à Dossenheim son ancienne patronne, Marie-Salomé Fix, épouse Klein, enceinte de huit mois, pour forcer une armoire, dérober 90 francs, deux jambons et une paire de bottes. Exécuté place des ponts couverts. 13 mars 1847
18 mai 1847 Mardi, 7h Agen Martial "Coutelas" Boissonneau





Michel Théodore Balestaquin
31 ans, tailleur de pierres, repris de justice. Pour le voler, le 18 juillet 1846, au Mas-d'Agenais, tue d'un coup de barre de fer dans la tête Barthélémy Lagleyre, garde champêtre, pour le voler puis met son corps dans la métairie de Gachies qu'il incendie pour dissimuler le crime. Marie Duranton, témoin et complice car détestait Lagleyre qui lui avait mis une amende, est acquittée. Antoine Carasset, 25 ans, complice actif, est condamné aux travaux forcés à perpétuité.





29 ans, gantier, escroc récidiviste. Condamné le 24 décembre 1846 à quinze ans de travaux forcés pour avoir tente d'abattre d'un coup de feu le 3 août 1846 à Agen Mélanie Charrier, 17 ans, sa fiancée, la blessant légèrement, par accident. Incarcéré à la maison d'arrêt, le 21 janvier 1847, il égorge son co-détenu Jean Delsol, faux-monnayeur condamné à perpétuité, soit disant parce qu'ils n'avaient pas envie d'aller au bagne et avaient tiré au sort pour savoir qui tuerait l'autre.
16 mars 1847





22 mars 1847
24 mai 1847 Lundi, 8h30 Muro (Corse) Jacques-Marie "Tanasio" Martelli 31 ans, journalier, domestique de Michelini, assiste son maître dans une vengeance - Michelini avait été condamné, sur dénonciation de la famille Savelli et Capinielli, à dix francs d'amende pour avoir tenu une maison de jeu prohibée. Le 26 juin 1846, à Ville, au lieu-dit Piandi Piza, abattent le père Savelli et blessent à la poitrine et au bras droit l'un de ses fils. Quelques minutes plus tard, au lieu-dit Conca, attaquent les autres fils Savelli : Martelli blesse à l'épaule François Savelli, 16 ans, atteint Fabrice Savelli à la cuisse, et abat Antoine-Jean Savelli qui ripostait avec des pierres. Le 12 septembre 1846, lors du siège de la maison Gracometti où les deux hommes se sont réfugiés, abat le lieutenant des voltigeurs Catillon d'une balle en plein front. Michelini est tué pendant l'assaut et Martelli ne se rend qu'à l'aube du 13. 30 mars 1847
26 mai 1847 Mercredi, 9h Sélestat (Bas-Rhin) Jean-Georges Groell 58 ans, tisserand, ancien boucher. A Sélestat, rue du Sapin, le 29 décembre 1846, assassine à coups de cognée pour les voler M.Fortwengler, cabaretier, et son domestique Joseph Ringenwald. Mme Fortwengler, grièvement blessée, survit. 23 mars 1847
02 juin 1847 Mercredi, 9h03, 9h04 Rouen Antoine Hénocque et Antoine-François Levillain 44 ans, bourrelier et 60 ans, propriétaire. Étouffent à Saint-Martin-au-Bosc le 24 juin 1846 Antoine Levillain, leur beau-frère et fils, et jettent le corps dans un puits profond de 44 mètres. Mobile : Hénocque ne voulait pas partager l'héritage de son beau-père avec son beau-frère, et le père avait consenti à l'aider à tuer son propre fils. Levillain père avait, par ailleurs, été soupçonné d'avoir en 1833 tué sa femme en la précipitant dans le même puits. Marie-Marguerite Levillain, épouse Hénocque, 28 ans, est acquittée. Exécutés place Bonne-Nouvelle. 14 mars 1847
04 juin 1847 Vendredi, 10h Alençon Marie-Louise Cotinet, épouse Guillin et François Guillin 44 ans, marchande de balais et 35 ans, journalier. A Bellême, le 15 février 1847, battent et étouffent leur beau-frère Mercier, 64 ans, dont ils avaient, par acte notarié depuis 1840, charge de loger et nourrir afin de devenir ses héritiers uniques. Le legs s'élevait à 600 francs. Exécutés place du marché aux bestiaux. 14 avril 1847
14 juin 1847 Lundi, 7h Bourges Alexandre Cherrier 25 ans, ouvrier mineur, vagabond, arrêté pour vols plusieurs fois depuis l'âge de 10 ans. Tue d'un coup de hache dans la tête dans la nuit du 26 janvier 1847 au Noyer Pierre Joffrion pour lui voler une cinquantaine de francs. Le nommé Julien, mineur, suspecté de complicité, est acquitté. Exécuté place Bourbon. 26 avril 1847
28 juin 1847 Lundi, 8h Caen Séverin Langlacé 22 ans, journalier. Incendie la ferme de M.Lecanu à Saint-Martin-de-Blagny le 18 février 1847, manquant brûler M.Langlois, le fermier qui y résidait. Langlacé voulait se venger parce que Lecanu lui avait décompté un franc sur son salaire lors des précedentes récoltes. Exécuté sur les promenades Saint-Julien. 07 mai 1847
02 juillet 1847 Vendredi, 8h30 Mézières Etienne Hazard 33 ans, peigneur de laines. Le 26 décembre 1846, dans la forêt de Triaumont, assassine à coups de serpe de bûcheron Pierre-Louis Duguet pour lui voler 300 francs. Exécuté sur l'esplanade Saint-Julien. 16 avril 1847
22 juillet 1847 Jeudi, 10h Béthune (Pas-de-Calais) Jean-Baptiste Appourchaux 51 ans, cultivateur. A Lorgies, le 30 janvier 1847, tue à coups de fourche et de crosse de fusil son frère Florentin. Quitte Saint-Omer avec l'abbé Beauvois. Doit être porté dans la charrette tant il est pris de faiblesse, et manque défaillir au pied de l'échafaud. Très peu de monde présent pour le supplice. 29 mai 1847
03 août 1847 Mardi, 7h30 Versailles Ludwig "Louis Thomai" Thomay 28 ans, marchand de vins aux Batignolles, Badois. Tue d'une balle dans la tête le 16 janvier 1847 à Linas son frère Jacob, 35 ans, boulanger, par vengeance pour une histoire d'argent. 26 mai 1847
06 août 1847 Vendredi, 9h Foix Joseph "Tousté" Lapasset-France PARRICIDE, 19 ans, cultivateur. A Montferrier, le 04 décembre 1846, empoisonne son père Barthélémy et sa mère Marie-Anne Canal en mettant de l'arsenic dans leur soupe, pour hériter plus vite et ne plus avoir à supporter leurs remontrances à cause de ses dettes de jeu. 03 juin 1847
10 août 1847 Mardi, 7h05 Valence Pierre-François "Grégoire" Perminjat PARRICIDE, 24 ans, riche cultivateur à Vaunaveys. Abat sa soeur Adélaïde, 21 ans, le 23 décembre 1842, d'un coup de fusil, pour ne pas la laisser épouser le voisin Joseph Gondian, qu'il n'aimait pas. Empoisonne à l'arsenic, le 23 novembre 1845, sa fille Zoé, âgée de 28 jours, puis son autre fille jumelle, Marie-Magdelaine, 33 jours, le 28 novembre 1845. Empoisonne le 25 avril 1846 sa mère, Magdelaine Vallon, veuve Perminjat, avec une tasse de café au lait avec de l'arsenic. 08 juin 1847
10 août 1847 Mardi, 6h Toulon (bagne) Célestin-Joseph Candellier








Louis-Léonard Lieugard
25 ans, graveur. Condamné à mort, peine commuée en bagne à vie. Tente de tuer un garde qui avait voulu le fouiller.








23 ans, ouvrier fileur. Condamné à sept ans de travaux forcés, après deux ans d'incarcération, blessa légèrement d'un coup de clou un patron de la direction du mouvement du port parce que celui-ci l'avait battu.
05 juillet 1847








28 juin 1847
16 août 1847 Lundi, 10h Aurillac Antoine Roudez 27 ans. Abat de deux coups de fusil, le 10 octobre 1846, près du hameau de la Plantade entre Aurillac et Maurs, M.Phalit, dit "Paulet", cultivateur à Capdenat (Lot), pour lui voler 100 francs. Avait également le 15 décembre 1845 tenté d'assassiner Bernard Darramond près de Bourriergues. Au réveil, calme. Entend la messe, demande l'heure qu'il est :"Huit heures ? Je n'ai plus que deux heures à vivre." Songe amèrement à son jeune fils, et malgré toutes les consolations et les promesses de s'occuper de l'orphelin, reste démoralisé par l'avenir de son rejeton. Confié aux exécuteurs à 9h40. Demande à garder sa blouse pour se protéger du soleil, et fait ses adieux à tout le monde. Malgré la présence d'une voiture, demande à aller à pied à l'échafaud, bien qu'il aie les jambes très gonflées et douloureuses à causes des fers. Va lentement accompagné de MM. de Praines et Bouange, vicaires de Saint-Géraud. Foule immense qui l'attend au champ de foire. Embrasse les prêtres et grimpe sans s'arrêter les douze marches de l'échafaud, soutenu par l'aumônier Bonafoux. Murmure une dernière prière quand on le bascule. 09 juin 1847
17 août 1847 Mardi, 6h Toulon (bagne) Louis-Amédée Bethmont 38 ans, brasseur de bière. Assassina un co-détenu puis un garde. 12 juillet 1847
24 août 1847 Mardi, 6h30 Versailles Jean-Jules Marquis 23 ans, dessinateur sur meubles. Tue de quinze coups de poignard le 11 janvier 1847, aux Bains de Jouvence, 4, rue du Faubourg-Montmartre, Marie Terrisse, épouse Senet, pour lui voler de l'or. Condamné en première instance par les assises de la Seine, arrêt cassé. Rencontra Victor Hugo à la Roquette en avril 1847. 27 mars 1847, 22 mai 1847
27 août 1847 Vendredi, 8h Vesoul Georges-Frédéric "Fridot" Beucler 37 ans, cultivateur à Bart. Abattit dans les bois de Tavey un commerçant de cette commune. Exécuté face au 44, place de la Halle. 06 mai 1847
23 septembre 1847 Jeudi, 8h Bourg-en-Bresse Jean-Claude Marcelin Couturier 26 ans, cordonnier. A Lagnieu, le 22 mars 1847, empoisonne à l'arsenic Marguerite Descombes, sa belle-soeur handicapée mentale, pour que son épouse devienne l'unique héritière des biens de la famille Descombes. Le jeune femme meurt le 25 mars. Le père Descombes, complice par peur de son gendre, homme violent, est acquitté. 03 août 1847
16 octobre 1847 Samedi, 9h30 Montargis (Loiret) Alexandre Boudin 40 ans, laboureur. Empoisonne à Corquilleroy en février 1845 l'oncle de son épouse, Jean Billaut, octogénaire, pour l'empêcher de se remarier avec sa domestique de 20 ans, Madeleine Caillat, et ainsi priver sa nièce de l'héritage auquel il estimait qu'elle avait droit. Billaut meurt le 27 février 1845. 29 juillet 1847
19 octobre 1847 Mardi, 7h Reims Jean-Baptiste Buquet





Jean-Antoine Carré
25 ans, berger. Assassine à coups de pierre, poignarde puis égorge à coups de couteau le 28 juin 1847 à Bergères Alexandre Crapart, 17 ans, berger, qui l'avait remplacé à la ferme Masson trois jours auparavant, suite à son licenciement pour vol.





27 ans, vigneron. A Caury-les-Hermonville, le 21 mai 1847, assassine de deux coups de couteau dans la gorge la veuve Didy, 78 ans, pour lui voler environ 1.500 francs.
19 août 1847





22 août 1847
27 octobre 1847 Mercredi, 7h50 Paris Victor-Joseph Bertrand 33 ans, ébeniste, condamné en 1832 à 5 ans de prison pour vol. Le 14 mars 1847, au 35, rue du Veribois, au cours d'un cambriolage, frappe à coups de couteau M.Muret, marchand de charbons, le blessant au bras et à la main droite, sa mère Mme Muret, qu'il atteint à l'aisselle gauche, le concierge du 39, M.Ducourtion, qui venait à leur secours et qui est touché à la poitrine, et M.Pillon, marchand de vins, qui est lacéré à la main, au bras et à la cuisse gauche, ainsi qu'au visage. M.Berlier, un voisin, parvient à désarmer le criminel. Le directeur et l'abbé Montès entrent dans la cellule à 6h. Réveillé, il s'écrie : "Est-ce une bonne nouvelle que vous m'apportez ?" en se relevant de son lit. Le regard ému du prêtre le renseigne. "Ah, je vois ce que c'est : mon pourvoi aura été rejeté, je m'y attendais, mais j'ai formé un recours en grâce." L'abbé Montès lui dit qu'il ne faut plus penser qu'à Dieu. "C'est bien... je ne croyais pas qu'on dût me couper la tête ainsi ! Je ne voulais tuer personne, je voulais me sauver : pourquoi m'en empêchait-on ?" Boit un peu de café puis, conduit dans l'avant-greffe, subit la toilette. Pendant ce temps, interrogé sur d'éventuels complices, affirme qu'il ne dira rien et que personne ne l'a aidé à commettre son crime. Grimpe dans un fourgon des prisons qui part escorté de gendarmes via la Bastille, le pont d'Austerlitz puis les boulevards intérieurs. Une fois devant l'échafaud, s'agenouille, prie un peu, puis s'arrête brusquement de psalmodier et dit : "Adieu, monsieur l'abbé, adieu ! Portez-vous bien !" Commence à monter les marches, mais trébuche et doit être soutenu par les aides pour faire ses derniers pas. Première exécution de Férey en tant qu'exécuteur en chef de la Seine. 31 août 1847
27 octobre 1847 Mercredi, 9h Dijon Jean-François Sain 20 ans, manouvrier. Tua la veuve Fleutot à Heuilley pour lui voler 100 francs en argent. Joseph Sain est condamné aux travaux forcés à perpétuité. Exécuté au milieu de l'allée de la Retraite. 04 août 1847
03 novembre 1847 Mercredi, 8h30 Chauny (Aisne) Honoré Parfait "Gray" Chevalier 20 ans, journalier. Le 05 juillet 1847, à Frières, abat de deux coups de fusil, dans la poitrine et dans les reins, M.Fleury, aubergiste, pour lui voler 800 francs. 26 août 1847
30 décembre 1847 Jeudi, 12h Chaumont Désiré-Stanislas "François" Bardel 36 ans, forçat évadé. Assassine pour lui voler 30 francs, le 19 septembre 1847 entre Colombey et Juzennecourt, Vincent-Désiré Jeannard, militaire, en lui tranchant la gorge d'un coup de couteau avant de lui broyer la tête avec une pierre. 08 novembre 1847
17 janvier 1848 Lundi, 8h50 Cambrai (Nord) Toussaint Joseph "Saute-Dessus" Payen 27 ans, sans profession. Assassinat, infanticide et vol. Exécuté sur l'Esplanade. 18 novembre 1847
25 janvier 1848 Mardi, 8h15 Paris François-Edmé Petit 50 ans, marchand de vins. Empoisonne à l'arsenic Pierre Birou, garçon nourrisseur et époux de sa jeune maîtresse, Marie Brioude, 22 ans, à Ivry-sur-Seine le 23 juin 1847. Marie est condamnée aux travaux forcés à perpétuité. Prévenu à six heures, fond en larmes et se jette aux genoux de l'abbé Montès : "Cela n'est pas possible, ce n'est pas moi qui ai empoisonné Pierre, c'est sa femme, sa malheureuse femme qui m'a accusé pour sauver sa tête ! Je suis innocent ! Je n'ai tué personne, on ne doit donc pas me donner la mort ! Oh, mon Dieu ! Il n'y a donc d'impunité que pour les femmes ?" Pleure et crie jusqu'au moment de la toilette, et pendant la messe, le prêtre ne parvient pas à le calmer, et la messe est entrecoupée de plaintes et de gémissements paniqués. Quitte la prison en voiture à 7h30. Trajet ralenti par du verglas recouvrant les boulevards extérieurs. Petit doit être soutenu pour descendre de voiture, et devant les marches de l'échafaud, s'effondre à genoux, semble complètement perdu, en proie à la panique, et c'est inerte et presque inconscient, voire à demi-mort, qu'il est poussé sur la bascule. Dans la foule, rumeur erronée sur l'identité du condamné du jour, qu'on pensait être Sophie-Rosalie Joublet, veuve Delannoy, condamnée le 11 septembre précédent pour le meurtre de sa patronne (et qui sera graciée peu après). 27 novembre 1847
28 janvier 1848 Vendredi, 9h Rouen Antoine Joseph Thierry 27 ans, ouvrier cordier. Licencié pour vol par son patron Beauval, pénètre le 21 mai 1847 à Berneval-le-Grand par effraction dans la maison Beauval, frappe à coups de couteau les époux et pille les lieux. Les victimes survivent. Exécuté place Bonne-Nouvelle. 25 novembre 1847
31 janvier 1848 Lundi, 8h55 Saint-Quentin (Aisne) François-Joseph Georges PARRICIDE, 25 ans, tisseur en coton à Villers-Outréaux. Tue le 16 juin 1847 son patron, M. Griselain, dit "Grand-Père", fermier à Tilloy, à coups de rasette pour le voler. Lors de son arrestation, l'enquête montre qu'il avait empoisonné à l'arsenic son père Charles, décédé le 08 mars 1847 à Villers-Outréaux. Son épouse, Aimée Leroy, incitée par ses crimes, tente de son côté en avril 1847 d'empoisonner au bleu de Prusse son propre père, Albert, son frère Charles et sa soeur Augustine : elle est malgré tout acquittée. 24 novembre 1847
02 février 1848 Mercredi, 8h45 Saint-Amand (Nord) Etienne "Birambeau" Martinot 24 ans, journalier. Condamné à dix mois de prison pour vol de charbon et de foin, pris de rage à l'idée que son épouse refuse de reprendre la vie commune, se rend dans la nuit du 22 au 23 août 1847 à Saint-Amand chez son beau-frère Louis Decourrières, qu'il tue à coups de marteau et de couteau son beau-frère, avant de blesser Migeon, un ami de la famille venu passer la nuit chez eux, et tente d'assassiner son épouse Adélaïde Decourrières, 23 ans, à coups de couteau, la blessant gravement au bras. Exécuté sur la Grande-Place. 24 novembre 1847
08 février 1848 Mardi, 9h Nantes Pierre Guitenit 49 ans, cultivateur. Le 02 octobre 1847, au hameau des Basclotières, commune de Machecoul, verse de l'acide arsénieux dans le puits de ses voisins, les Longepé, qu'il détestait. Cette tentative permet d'apprendre qu'en 1833, il avait empoisonné sa première épouse, Mlle Terrien, décès passé pour naturel à l'époque. Avait également empoisonné le 07 décembre 1845 à Machecoul Angélique Dupont, 21 ans, sa domestique enceinte de lui et presque à terme pour voler 400 francs, mais le 08 juin 1846, lui et Anne, sa seconde épouse, soupçonnée de complicité, avaient été acquittés. Exécuté place Viarme. 13 décembre 1847
19 février 1848 Samedi, 9h15 Beauvais Charles Lucien Joseph Fortuné "Ducrocq" Letellier 42 ans, meunier. Furieux d'être quitté par son épouse, Virginie Désirée Letellier - la séparation de biens devant le conduire à sa ruine -, Charles tente de la tuer à coups de bâton sur le chemin d'Héniécourt à Baicourt le 10 mars 1847. Le crime échouant, suite à la mise en vente de leurs biens immobiliers communs le 30 avril, Letellier paye Jean-Baptiste Bérenger pour qu'il assassine Virginie. Le 10 juin 1847, entre Songeons et Escames, Béranger blesse mortellement d'un coup de feu dans les reins la jeune femme, qui décède après 28 heures d'agonie. Bérenger, condamné à mort, est gracié. Exécuté au faubourg Guillon. 10 décembre 1847
21 février 1848 Lundi, 7h Strasbourg George-François Starck 39 ans, sous-brigadier des douanes. Pend sa seconde femme Marie-Anne Sorg, 38 ans et enceinte presque à terme, le 05 septembre 1847 à Niederbronn et tente de faire passer sa mort pour un suicide. 21 décembre 1847
31 juillet 1848 Lundi, 16h Rochefort (bagne) Louis-François Narcisse Cointepas 22 ans, vigneron, forçat, condamné le 20 janvier 1847 à Orléans à quinze ans de travaux forcés pour tentative d'assassinat. Le 08 juin 1848, au bagne de Rochefort, blesse à coups de couteau les gardiens Poitevin et Soulié. Suite à sa condamnation, dans la nuit du 05 au 06 juillet 1848, blesse mortellement d'un coup de couteau dans le bas-ventre le garde-chiourme Julien, qui meurt de ses blessures le 12 juillet. 27 juin 1848
18 août 1848 Vendredi, 5h Nîmes Rose Jacquemont, veuve Theyre 37 ans, ménagère à Tournon (Ardèche). Laisse sa fille de 17 mois mourir de faim avant 1840. Empoisonne à l'arsenic son époux Joseph Theyre en avril 1840, puis sa soeur Marianne Jacquemond le 28 novembre 1840. Empoisonne sa patronne, Louise Margaron, le 24 août 1842. Empoisonne le 25 mars 1844 Marie Prat, 60 ans, qui avait fait d'elle sa légataire universelle. Tombée amoureuse d'un adolescent de 13 ans, Célestin Gamondès, qu'elle prend en pension quelque mois en 1845, empoisonne son fils Joseph qui meurt le 03 décembre 1845. Devenue cuisinière chez la famille Bouteaud, prend en grippe la femme de chambre, Marie "Mion" Gonnet et tente de de l'empoisonner à trois reprises entre l'été et l'automne 1846. "Mion" quitte la maison, va se soigner dans sa famille et apprend que Mme Bouteaud est victime des mêmes symptômes : retournant chez ses patrons, elle goûte une soupe préparée par Rose et destinée à la patronne, qui lui provoque aussitôt des vomissements. Gardant la soupe avec elle, elle le fait analyser, ce qui mène à l'arrestation de Rose. Volait également les victimes. Condamnée en première instance par les assises de l'Ardèche, arrêt cassé, rejugée par les assises du Gard. Réveillée par l'abbé Pauc, prie frénétiquement, mais avec résignation. Se lave avec l'aide des soeurs de Charité, puis distribue ses affaires à ses co-détenues. Pendant la toilette, s'évanouit. Conduite de l'autre côte des arènes en voiture, inconsciente. N'a pas repris ses esprits quand on la hisse sur l'échafaud et qu'on la bascule sous le couperet. 17 décembre 1847, 19 mai 1848
22 août 1848 Mardi, 7h Reims Aimable Joseph Fournet 50 ans, tisseur. Pour le voler, étrangle dans la nuit du 30 au 31 juillet 1847 à Pontfaverger Edouard Chocardelle, messager entre Saint-Hilaire-le-Petit et Reims et tente de faire brûler le corps en plein champ. 03 juin 1848
01 septembre 1848 Vendredi, 6h Melun Antoine César Bourrée 28 ans, vigneron à Montmirail (Marne). Condamné en 1838 à sept ans de travaux forcés pour incendie volontaire, récidive en 1847 en mettant le feu à la ferme de ses beaux-parents, les époux Laronde. Il écope de huit ans de travaux forcés par les assises de Reims. Arrêt cassé, rejugé le 19 novembre 1847 à Melun, voit sa peine revue à la baisse : huit ans de prison. Un nouveau pourvoi en cassation ne menant à rien, il se prend de haine pour sa jeune épouse, Victoire, qu'il accuse en silence de ses malheurs. Feignant le repentir, il parvient à la convaincre de venir le voir en prison, et le 21 mars 1848, lors d'une visite, la frappe de deux coups de couteau dans le dos et dans le cou. Victoire meurt le 1er avril à l'hôpital. Au réveil, à 4 heures, écrit une lettre à son neveu pour lui dire à lui seul où il a caché de l'argent et lui demander pardon. 13 mai 1848
20 septembre 1848 Mercredi, 11h Saint-Mihiel Michael Weitmann 26 ans, ouvrier tailleur, Bavarois. A Revigny, le 09 janvier 1848, tue d'un coup de hache Jean-Baptiste Rouyer, couteilier, pour lui voler 2.230 francs. Avait déjà, en 1833, failli tuer d'un coup de poing un vieil homme du village qui lui faisait des reproches sur sa façon de traiter sa compagne. Ce crime lui avait valu de passer en cour d'assises, où il avait été acquitté. Après son arrestation pour assassinat, son épouse avoua qu'il avait, quelques années plus tôt, tué leur enfant au berceau en le jetant par terre volontairement. Exécuté place du Collège. 08 juillet 1848
09 octobre 1848 Lundi, 10h Casseneuil (Lot-et-Garonne) Joseph Fauché 27 ans, domestique agricole. Assassine à Casseneuil le 05 décembre 1847 son beau-père Barthélémy Daurios en lui brisant la nuque d'un coup de pierre, sa belle-soeur Marie Lescazes, épouse Daurios, à qui il coupe le bras gauche à coups de serpe avant de la défigurer avec la même arme et de tenter de l'étouffer avec des cendres, et sa belle-mère, Marguerite Thoueilles, épouse Daurios, qu'il égorge avec un couteau de boucher, la décapitant presque, pour tenter de leur voler 1200 francs, mais s'enfuyant avant de cambrioler les lieux, effrayé par des passants. Jugé en compagnie de son épouse Françoise Daurios, de ses voisins Jean Salban, Marguerite Mouly-Salban et Guillaume Salban, et des frères Étienne et Pierre Constant, bouchers. Jean Salban est condamné à mort, Françoise est condamnée à perpétuité, tous les autres sont acquittés. Condamné en première instance par les assises du Lot-et-Garonne, arrêt cassé, rejugé par les assises du Gers. Salban est acquitté, la peine des époux Fauché confirmée. 21 mars 1848, 21 juillet 1848
24 octobre 1848 Mardi, 7h Melun Louis-Théodore Coquard 29 ans, tourneur. Tue d'un coup de couteau dans le coeur son épouse Julie Bergeron, 18 ans, le 23 avril 1842 rue Beaubourg à Paris, crime pour lequel il est condamné aux travaux forcés à perpétuité le 21 juillet 1842. Sa peine étant commuée en réclusion à vie, il est incarcéré à Melun. Devenu tourneur en cuivre, il estime en octobre 1847 être insuffisamment payé pour le travail qu'il exerce. Face au refus du directeur, promet de se venger et le 28 octobre 1847, il poignarde mortellement d'un coup de ciseaux son contremaître, Serron, dans le ventre, sous prétexte que celui-ci le regarde mal. S'adresse à la foule de façon résignée : "Je suis un grand criminel, j’ai mérité mon sort, pourtant, j’espère obtenir mon pardon devant Dieu !" 23 août 1848
27 octobre 1848 Vendredi, 7h Chartres Jean-Louis Curot 26 ans, vigneron. Le 25 mars 1848, à Ouerre, viole, éventre et fracasse le crâne de Désirée Guiret, 8 ans. Déjà condamné en 1843 à dix-huit mois de prison pour attentat à la pudeur. Exécuté place du Marché-aux-Chevaux. 18 août 1848
30 octobre 1848 Lundi, 7h Melun Joseph-Alphonse Pestaille 22 ans, charretier. Dans la nuit du 9 au 10 avril 1848, à Ormeaux, il s’introduit chez son grand-oncle, Jean-Baptiste Babin, 77 ans, et le massacre à coups de chenets, ainsi que sa grand-tante Anne-Cécile Lefèvre, 80 ans, avant de voler leurs économies et des bijoux. Pleure et gémit du réveil jusqu'à l'échafaud. 29 août 1848
11 novembre 1848 Samedi, 10h Napoléon (La-Roche-sur-Yon) Pierre Charles Duchier 41 ans, aubergiste et marchand de sangsues à Bournezeau. Tue d'un coup de pelle son père Charles Duchier le 11 février 1848 et fait brûler son corps dans le four de l'auberge ; Duchier père voulait se remarier, et son fils s'y opposait, craignant perdre son statut de légataire unique. Son épouse, Marie-Geneviève Bagnard, s'enfuit et n'est pas rattrapée. 27 août 1848
20 novembre 1848 Lundi, 7h45 Caen Louis-Victor Quesnel 41 ans, journalier. A Saint-Désir, le 09 février 1848, assassine Léonore Bienassis, veuve Lefèvre, 60 ans, et sa petite-fille, Justine Coquerel, 11 ans, puis met le feu à la maison pour cacher son crime. 10 août 1848
21 novembre 1848 Mardi, 8h45 Rouen Dominique Lemarchand 36 ans, boucher. Dans la nuit du 28 au 29 novembre 1845, à Bailleul-Neuville, assassine à coups de hachette Jean-François Verdier et son épouse Marie-Anne Desmarais, cultivateurs, pour les voler - mais sans trouver leur fortune, 2018 francs dans des pots. Ses complices, Jacques Châtel, 44 ans, marchand de jouets et Pierre Anceaume, 53 ans, journalier, sont condamnés à mort et graciés. Jean-Guillaume Aublé, 37 ans, garde-moulin, est condamné à vingt ans de travaux forcés, Mélanie Morgand, épouse Demitty, 36 ans, propriétaire, à quinze ans de travaux forcés, Jean-Louis "Coco" Mention, 38 ans, marchand, à sept ans de prison et Marie-Rose Boudier, 75 ans, à cinq ans de prison. Exécuté place Bonne-Nouvelle 18 août 1848
06 décembre 1848 Mercredi, 15h Brest (bagne) Julien-Étienne Chevreuil 28 ans, ouvrier cordonnier, forçat à vie. Condamné à mort par les assises de la Seine le 23 novembre 1844 pour avoir tué, le 12 juillet 1844, rue Aumaire, sa maîtresse Célina Broon en lui collant un masque de poix sur le visage ; peine commuée en travaux forcés à perpétuité le 28 janvier 1845. Frappe de deux coups de lime, au bas-ventre et au visage, Jean-Marie Chaouen, ouvrier surveillant à l'atelier de fabrication d'étoupe parce que celui-ci lui faisait trop de remontrances sur son manque d'ardeur au travail, et blesse à la cuisse droite le gardien Déker qui cherchait à le désarmer. 08 novembre 1848
07 décembre 1848 Jeudi, 16h Bastia Antoine-Jacques Antonpietri 30 ans, marin. Fratricide à Luri (assassine sa soeur Marie-Dominique Antonpietri le 21 janvier 1846 ?). Son père meurt en prison à Bastia pendant l'instruction. Son beau-frère est condamné aux travaux forcés à perpétuité. 08 septembre 1848
20 janvier 1849 Samedi, 11h Chaumont Marie-Catherine Guyot, veuve Collas 46 ans, aubergiste. A Germisey, empoisonne à l'arsenic son petit-fils Nicolas-Alexandre le 18 juillet 1848, alors que le petit n'est âgé que de deux jours, et fait subir le même sort à sa bru, Delphine Thomassin, 22 ans, le 24 août 1848, après avoir contraint la malheureuse à signer officiellement un testament dans lequel elle faisait de son mari l'héritier de tous ses biens. Charles Collas, 21 ans, est acquitté. 07 novembre 1848
22 janvier 1849 Lundi, 10h, 10h15, 10h30 Carmaux (Tarn) Catherine "La Pouloune" Rieunau, épouse Pech, Jean "Paran" Gaches et Jean-Pierre "Bourdelou" Gairard 37 ans, menagère, 51 ans, sans profession et 31 ans, régisseur de l'octroi. Assassinent à coups de hachette le 08 août 1847 au hameau de La Salle, commune de Carmaux, Antoine "Tony" Vedel - 20 coups - et sa compagne Anne-Marie Bordes - 14 coups - pour les voler. Augustin "Rey" Vedel, 26 ans, mineur, est condamné à mort et gracié. Marie Gayral, veuve Vergnes, 63 ans et sa fille Marie Vergnes, épouse Bérail, 30 ans, sont condamnées à 20 ans de travaux forcés. François "Le Lapin" Lacroux, 45 ans, mineur, François Verdier, 24 ans, cultivateur et Marie "Estruque" Laval, 30 ans, sont acquittés. 26 août 1848
30 janvier 1849 Mardi, 12h Saint-Pol-sur-Ternoise (Pas-de-Calais) Catherine Dehée, veuve Hennebois 59 ans, propriétaire à Bavincourt. Tue à coups de marteau son mari Théodore le 28 février 1848. Les jambes et la tête sont retrouvées le 20 août suivant, abandonnées au milieu d'une route, car pour toucher l'héritage de son époux, les preuves de la mort devaient être constatées. Prévenue à la prison de Saint-Omer à minuit. Quitte l'établissement à 4h30 et pendant le trajet, discute avec l'aumônier et les gendarmes. Dans l'obscurité, et malgré ses mains attachées, parvient à extraire un canif caché dans ses cheveux et à s'entailler profondément la gorge, blessant notamment la trachée artère. On ne se rend compte de sa blessure qu'au bout d'une heure, au cours de laquelle elle n'a pas défailli, et on la panse avec un mouchoir. Arrivée à la prison à 10h. Soignée tout au long de son court séjour dans la prison, pâle et effondrée, souhaite qu'on décale l'exécution d'une journée au moins. La charrette part à 11h45, fendant une foule impressionnante jusqu'au marché aux moutons, lieu d'exécution. Avant d'être basculée, avoue son crime. 30 novembre 1848
08 février 1849 Jeudi, 8h Laon Jean-Baptiste Cailleaux 47 ans, manouvrier. Condamné en 1840 à sept ans de travaux forcés pour vols qualifiés. Etrangle avec un foulard dans la nuit du 26 au 27 septembre 1848 à Sercles son épouse Augustine Courtois, puis cache le corps sous un matelas. 26 novembre 1848
17 mars 1849 Samedi, 6h33, 6h37 Paris Henri-Joseph Daix et Nicolas "Le Pompier" Lahr 40 ans, journalier et 29 ans, maçon. Le 25 juin 1848, entraînent dans un guet-apens, à l'intérieur de l'auberge de la Belle Moissonneuse, route de Fontainebleau (76, avenue d'Italie), le genéral Jean-Baptiste Fidèle Bréa, 58 ans, et son ordonnance, le capitaine Armand Thérèse Mangin d'Hermantin, 37 ans, venus négocier avec des insurgés suite à des manifestations provoquées par la suppression des Ateliers nationaux, et les abattent. 25 personnes sont jugées du 16 janvier au 07 février 1849 par le 2e Conseil de guerre de la 1e région militaire. Trois autres condamnés à mort, Charles-André Chopart, 23 ans, libraire, Jean-Alexis Noury, 18 ans, garnisseur de couvertures, Charles-Auguste Vappereaux, 34 ans, marchand de chevaux, sont grâcies. Peine confirmée par le Conseil de révision le 19 février 1849. Exécution exceptionnellement accomplie au rond-point de la barrière de Fontainebleau (actuelle place d'Italie), côté rue Mouffetard, à une centaine de mètres à peine du lieu du crime. Service d'ordre incroyable : au moins 20000 soldats présents, et sept canons selon Victor Hugo ! Arrivés du fort de Vanves via deux voitures cellulaires, en compagnie du curé de Vances et de deux aumôniers des prisons de Paris. Daix remarque : "C'est donc moi qui passe le premier !" Sur l'échafaud, s'adresse au peuple : "Au nom du peuple français, je meurs innocent pour avoir défendu la cause du général de Bréa ! Je meurs pour le peuple ! Citoyens, priez demain pour moi, pour ma femme, mes enfants ! Dieu, recevez mon âme !" (ce qui laisserait entendre que Daix était un agent du gouvernement sacrifié par ce dernier). Lahr, ému et un peutremblant, fait de même que son complice : "Citoyens, je suis innocent. Je meurs en chrétien !" Il prie jusqu'à la chute du couperet : "Marie, Jésus, pardonnez-moi, Marie, Jésus..." Dernière exécution de Férey. 07 février 1849
17 mars 1849 Samedi, 7h Agen Jean Heyraud 52 ans, cultivateur. Le 18 septembre 1848, à Montignac-de-Lauzun, égorge à coups de couteau son propriétaire Housty, dont il partage les murs, puis égorge et éventre son épouse avant de mettre le feu à leur maison. Lors de son arrestation, le lendemain, tire un coup de fusil sur le brigadier Lacroix, le blessant sans gravité au bras et au dos, puis sur le gendarme Porte, l'atteignant à l'épaule. Heyraud, mari violent à l'excès, envisageait de mettre la ville à feu et à sang parce que Housty voulait le mettre à la porte de son logement à cause de son mauvais comportement. Réveillé peu avant 6 heures, demande : "Pourquoi venez-vous ? Ah, c'est pour aujourd'hui ? Eh bien, tant mieux : un plus long retard m'eût été désagréable." Quitte la prison juste avant 7 heures. Place du Pin, reste silencieux et se laisse exécuteur sans résister sous les yeux d'un petit rassemblement de spectateurs. Plus d'exécution à Agen avant 30 ans. 13 décembre 1848
10 avril 1849 Mardi, 8h45 Angers Louis Fresneau 43 ans, cultivateur. Lapide mortellement son frère Mathurin Fresneau à Gennes le 12 novembre 1848. Mathurin avait réclamé le matin-même devant le juge de paix règlement d'une dette de 33 francs à Louis... qui affirmait n'en devoir que 32 ! Quitte la prison du château à 8 heures. Première exécution sur le pâtis Saint-Nicolas (actuelle place Monprofit). Impassible, grimpe sur l'échafaud, jette un dernier regard aux rares personnes venues assister à sa mort, et se confie aux bourreaux. 08 février 1849
14 avril 1849 Samedi, 12h Béthune (Pas-de-Calais) Charles-Louis Delvallez et Ambroisine Gosselin, veuve Leblanc 40 ans, journalier et 39 ans, journalière. Amants diaboliques, étouffent avec un mouchoir le 02 janvier 1849 à Harnes Joseph "Simon" Leblanc, le mari septuagénaire d'Ambroisine. Prévenus le 13 à 4 heures du matin, peu de réactions de leur part. Prennent un café chacun avant de quitter la prison de Saint-Omer en compagnie de l'aumônier et de deux gendarmes. Pendant le trajet, fument plusieurs pipes et mangent un gâteau tout en écoutant les prêtres. Arrivent à 10 heures, et à la maison d'arrêt, annoncent à la cantonade qu'ils s'aiment, qu'ils se repentent d'avoir commis le crime ensemble et qu'ils souhaitent qu'on prie pour eux. Quittent la prison à 11h50 pour un tertre en dehors de la ville où se trouve l'échafaud. Sur place, prient, emnbrassent le crucifix. Quand Ambroisine est basculée par les exécuteurs de Douai et de Saint-Omer, le couteau tombe mal et s'arrête au niveau de la lunette sans toucher le cou. On doit le rehisser pour qu'il tombe correctement. Le bourreau de Saint-Omer est légèrement blessé à la main par le couperet (?). 02 mars 1849
17 avril 1849 Mardi, 6h Bourges Pardoux "Gilbert" Faverdin 40 ans, journalier. Assassine sur la route entre Charenton et la Grosse-Forge, le 29 septembre 1848 Jean Naudin, 70 ans, pour lui voler 293 francs. Exécuté place Bourbon. 19 janvier 1849
09 mai 1849 Mercredi, 7h Vesoul Jean-Claude Palfi 45 ans, aubergiste et cultivateur à Frétigney. Tua Eugène Jacquinot, marchand de porcs, son créancier, à Etuz. Exécuté place de la Halle. 05 mars 1849
04 juin 1849 Lundi, 4h Bordeaux Jean Prince PARRICIDE, 24 ans, cultivateur. Tua son père Jean Prince aîné et sa soeur Catherine Prince le 17 août 1848 au hameau de Malherbe, commune de Saint-Savin. Averti la veille à 19h30 par le greffier, reste sans réagir, persuadé qu'il s'agit d'une mauvaise blague pour lui faire peur. La présence d'un gardien dans sa cellule lui fait comprendre que c'est bien la vérité. Après avoir durant toute son incarcération repoussé les secours de la religion, il accepte d'assister à la messe à 2 heures du matin, et prie avec recueillement. Quand l'exécuteur lui passe la chemise parricide, il ricane nerveusement et s'exclame : "Je vais être fort bien tout en blanc !" mais il est pris d'un violent tremblement quand on le voile de noir. Quitte la prison peu avant 4 heures en charrette avec l'aumônier. Foule imposante place Saint-Julien/d'Aquitaine. Mention "exécution" sur son acte de décès (section 2, n°849). 26 mars 1849
05 juin 1849 Mardi, 12h Saint-Pol-sur-Ternoise (Pas-de-Calais) Philibert Bossu 36 ans, cultivateur. A Bavincourt, le 16 novembre 1848, assassine de cinq coups de couteau dans la poitrine Catherine Campion, veuve Vaillant, pour voler une trentaine de francs et des titres. Le vrai mobile était de récupérer un billet de 2000 francs qu'il avait souscrit auprès de la victime et qu'il voulait reprendre. Alexandre-Joseph Hautecoeur, 42 ans, ouvrier, et François Hautecoeur, 39 ans, cabaretier, sont condamnés aux travaux forcés à perpétuité. Averti à 4h30 à la maison de justice de Saint-Omer, reste calme, mais pleure un peu. Refuse de s'alimenter. Quitte la prison vers 5h05, avec l'abbé Beauvois et deux gendarmes. Pendant le trajet, pleure un peu en évoquant sa famille. Lors d'une étape au relais de Saint-Hilaire, s'adresse à un groupe de gens entourant le véhicule : "Mes amis, fréquentez la bonne société, de bonnes compagnies. Si je n'en avais pas fréquenté de mauvaises, je ne serais pas ici." Dit sensiblement la même chose au cours d'une seconde halte. Prend un demi-verre de vin en chemin. Arrive à Saint-Pol vers 10 heures, et en prison, reste calme et silencieux face aux secours de la religion. Devant l'échafaud, face à peu de monde, il dit à l'exécuteur : "Surtout ne me manquez pas !" Sur l'estrade, prie, embrasse le père Beauvois et le crucifix. Enterré par les frères de Saint-Léonard, venus de Saint-Omer. 05 mars 1849
29 juin 1849 Vendredi, 6h10 Angers Hervé Giraud 30 ans, déjà condamné à neuf reprises. Tenta d'assassiner un gardien à la centrale de Fontevrault Quitte la prison du château peu avant 6 heures. 200 personnes présentes sur le pâtis Saint-Nicolas. Sur l'échafaud, dit : "Si la société était autrement faite, je ne serais pas ici. Mais qu'importe : je meurs comme mon père !" 07 mai 1849
02 juillet 1849 Lundi, 7h Chaumont Joseph Pfoster 32 ans, berger, Suisse. Tenta de noyer en 1845 un domestique travaillant dans la même ferme de Ludre. Employé à Saint-Dizier chez M. Bourdon, il est licencié quand un ami, Hofstetter, à qui Pfoster a dérobé 80 francs, en informe son patron. Par jalousie, il tue à coups de marteau le 24 septembre 1848 son remplaçant, Jacob Limacher, qu'il dépèce avant de jeter les restes dans un puits et des fosses d'aisance. Sa compagne Louise Scharremberger, 24 ans, est acquittée. 25 avril 1849
02 août 1849 Jeudi, 7h Épinal Jean-Jules Bonnard 22 ans, manoeuvre aux Granges-de-Plombières. Assassin de Jean-Baptiste Sonrier pour le voler. 06 juin 1849
31 août 1849 Vendredi, 12h Coutances Léon-Pierre Joubier 59 ans, tisserand à Crollon. Pour raisons d'interêt, le 20 janvier 1849, abattit à coups de pistolet son fils François, 33 ans, cultivateur, son gendre Constant Poisnel, 26 ans, tisserand, et tenta d'assassiner sa bru. Exécuté rue des Sapins. 08 juin 1849
10 septembre 1849 Lundi, 7h Alençon Jean-Michel Henri Charles Roynel 40 ans, serrurier. Assassina un prêtre, le père Daligaut, de sa famille, pour lui voler 2.000 francs. S'évada après sa condamnation à mort, et fut repris. Exécuté place du marché aux Bestiaux. 27 juillet 1849
25 septembre 1849 Mardi, 11h Saint-Mihiel Joseph Michoux 33 ans, journalier. Viole et tue Sidonie Collot, 29 ans, sage-femme, avant de la voler le 11 février 1849 entre Amanty et Vouthon-Bas. Exécuté place du Collège. 07 juillet 1849
11 octobre 1849 Jeudi, 7h Dijon Jean Villemot 43 ans, tisserand à Chambeire. Tentative de meurtre et acte de barbarie sur sa fille. 16 août 1849
27 octobre 1849 Samedi, 7h Rouen Charles Beaudouin 35 ans, journalier. Bat le 18 avril 1849 à Saint-Lucien sa belle-mère, Mme Larcher, 75 ans, infirme, puis la jette vivante dans la cheminée allumée et la laisse agoniser douze heures durant. Exécuté place Bonne-Nouvelle. 25 août 1849
31 octobre 1849 Mercredi, 6h30 Perpignan Jean "Le Boiteux" Sirach 55 ans, menuisier à Cases-de-Pène, ancien adjoint au maire. Ayant détourné des fonds destinés à son frère Bernard, ne voulant pas le rembourser, se procure en mars 1849 de la mort-aux-rats avec laquelle il empoisonne Bernard, qui meurt le 30 mars après huit jours d'agonie. Exécuté sur l'Esplanade. 11 août 1849
05 novembre 1849 Lundi, 7h Chalon-sur-Saône Pierre Dudragne 19 ans, journalier. Cambriole dans la nuit du 19 au 20 mai 1848 à Montmort la maison de la veuve Maréchal, 85 ans, qu'il assomme d'un coup de poing avant de l'étouffer avec la main. Il tue de la même façon le 14 février 1849 sa maîtresse et complice, Claudine Bray, domestique de la veuve Maréchal, pour ne pas avoir à partager l'argent volé. Jugé le 19 juin pour le cambriolage, les éléments concernant le meurtre sont établis durant le procès, et l'audience repoussée à août. Exécuté place Ronde. 24 août 1849
25 janvier 1850 Lundi, 8h Rouen Paul-Sulpice Couvet 59 ans, ouvrier vannier, déjà condamné à onze reprises. Met le feu à la maison de la veuve Valentin à Saint-Germain-des-Essourts, dans la nuit du 23 au 24 août 1849. Mme Valentin était son ancienne patronne ; elle l'avait licencié pour avoir lancé des rumeurs sur une relation intime entre eux. Exécuté place Bonne-Nouvelle. 15 décembre 1849
28 janvier 1850 Lundi, 15h Brest (bagne) Antoine Perrier 40 ans, maréchal-ferrant, forçat à vie, accumulant les punitions. Tente, le 06 novembre 1849, de tuer à coups de clou affuté le sous-adjudant Bidaut et le garde Grollier. 22 novembre 1849
30 janvier 1850 Mercredi, 10h Toulon Nicolas Gillet et Michel Bordonado 30 ans, cultivateur et 29 ans, menuisier. Evadés du bagne de Toulon le 15 mai 1849, pillent et terrorisent les fermes du littoral jusqu'à Fréjus. Lors d'un affrontement avec les gendarmes, au bac d'Argens, un militaire est abattu et l'autre blessé. Six des fuyards sont repris, deux d'entre eux, blessés, meurent dans les heures qui suivent. Augustin Magnoloux, condamné à mort, est gracié. Antoine Haouy, 19 ans, est condamné aux travaux forcés à perpétuité. Exécutés au Champ-de-Mars. 08 novembre 1849
05 février 1850 Mardi, 9h30 Angers François Michaud 26 ans, garçon de ferme. Empoisonne M.Cotroux à Coron. Sa maîtresse et patronne, Marie Chopin, veuve Cotroux, condamnée à mort, est graciée. Exécuté sur le pâtis Saint-Nicolas. novembre 1849
06 mars 1850 Mercredi, 12h Tarbes Jean "Fi-de-Pourret" Gesta et Catherine Bordedebat, veuve Pénougué PARRICIDE, 40 ans, maréchal-ferrant et 38 ans, ménagère. Amants depuis de longues années. Gesta, bien que marié et père de deux enfants, est le père du premier fils de Catherine. Leur relation reprit après le veuvage de Catherine. Assassinèrent de 19 coups de hache à Lourdes, le 21 février 1849, Antoine Bordedebat, minotier, père de Catherine, et jettent le corps dans le canal du moulin de Labatut. Mobile : le vieil homme gênait la relation, d'une part à cause de ses remarques, de l'autre à cause de son état de santé qui obligeait sa fille à s'en occuper presque sans relâche. Quittent la prison à 11h45, à pied entre deux haies de spectateurs. Gesta, soutenu par un exécuteur et l'abbé Bérétole, Catherine en tenue parricide, assistée par un autre exécuteur et par l'abbé Dom Raymond. Foule immense, manquant de provoquer des accidents. Gesta est digne, s'avance la tête haute, et en reconnaissant dans la foule quelques personnes, leur demande de pas maudire sa famille. Juste avant d'arriver place du Marcadieu, il demande à l'exécuteur : "Ne me faites pas trop souffrir !" Catherine très pâle, les yeux fermés, titubante. En grimpant les marches, Gesta demande au prêtre s'il peut s'adresser à la foule. Malgré les recommmandations de ce dernier qui veut l'en dissuader, il clame, alors qu'on l'attache à la bascule : "O mes amis, voyez mon sort, je vais mourir ! Ayez pitié de moi ! Ne haïssez pas mes enfants... pauvres enfants !" Lève les yeux vers le couperet, puis regarde la lunette, et laisse tomber sa tête vers sa poitrine, fermant les yeux : les exécuteurs en profitent pour le basculer. Catherine, restée au pied de l'estrade, ne dit rien, semblant complètement ailleurs, déjà presque morte. Exécution rapide la concernant. 15 décembre 1849
16 mars 1850 Samedi, 12h Tournon-sur-Rhône (Ardèche) Jean-Pierre Dumoulin 52 ans, cultivateur à Limony. Domestique marié vers 1819 à sa patronne Jeanne Gacon, veuve Perroton, enceinte de lui. L'enfant meurt quelques jours après la naissance, et Dumoulin empoisonne deux des trois enfants Perroton avant leur douzième anniversaire. En 1839, Dumouin "embauche" sa maîtresse Marie Guigal comme servante, malgré les protestations de son fils Jean-Pierre cadet et d'Antoine Perroton, son beau-fils survivant. En mars de la même année, Jeanne meurt subitement. Pris d'une haine durable envers les deux garçons au sujet de l'héritage maternel, il tente de tuer son fils avec du poison dans la nuit du 25 au 26 juin 1846, et récidive à six reprises ! Le 23 décembre 1846, lors de l'abattage d'un cochon chez Antoine Perroton, Dumoulin empoisonne le boudin, et outre son fils, Perroton, sa femme Jeanne Merle, et les voisins Jean Mellier, Marianne Paquet, Marie Châtaigner, M. Gachon, sa femme et son enfant en sont largement incommodées. En mars 1847, il tente d'empoisonner sa bru, Mme Perroton et ses deux enfants avec un plat d'épinards. Enfin, le 11 janvier 1848, sa dernière tentative d'empoisonnement sur son fils est heureusement contrecarrée par l'intervention du curé du village, qui administre au jeune homme un émétique. Dans ses vomissements, on décèle un mélange de sulfate de cuivre, d'arsenic, et de sublimé corrosif (chlorure de mercure) ! Faute de preuves et à cause de la prescription, il ne sera pas poursuivi pour la mort de son épouse et des trois enfants de celle-ci. Tente de se suicider d'un coup de couteau dans la poitrine au moment des délibérations. 15 décembre 1849
28 mars 1850 Jeudi, 8h05 Paris Barthélémy Roulette 42 ans, maçon. Frappe d'un coup de pavé sur le crâne le 09 juillet 1849 dans les plaines de Montrouge Antoine Coucaux, 32 ans, maçon, pour le voler, puis abandonne son corps sur un tas de fumier. Coucaux survit assez de temps pour le dénoncer, avant de mourir le 24 juillet 1849. Prévenu par l'abbé Montès à 6 heures, sans émotion. Pendant la toilette, demande une pipe qu'il fume aussitôt, puis un verre d'eau-de-vie qu'il avale juste après. Avant de grimper dans la voiture et de quitter la prison de la Roquette, demande un peu de tabac en plus : "Je vais en faire une chique, ça m'aidera à passer ma dernière heure." Pendant tout le trajet, l'aumônier tente en vain de lui parler religion, mais le condamné se contente, de temps en temps, de chantonner le refrain du choeur des Girondins "Mourir pour la patrie", et on doit le prier de s'arrêter. Avant d'arriver à la barrière Saint-Jacques, le prêtre parvient à lui faire réciter une prière et embrasser le crucifix, mais Roulette obéit davantage pour qu'on le laisse tranquille plutôt que par véritables sentiments religieux. En descendant de voiture, saisi par les exécuteurs, entonne une fois encore "Mourir pour la patrie !" avant d'être poussé sur les marches puis sur la bascule au pas de charge. 02 février 1850
12 avril 1850 Vendredi, 11h30 Arras Théophile Godart PARRICIDE, 21 ans, étudiant en médecine. Tua sa mère, Mme Godart, 43 ans, le 15 décembre 1849, de deux coups de fusil, alors qu'il est en état d'ébriété et lui demande 80 francs qu'elle ne veut pas lui donner. Ivrogne, la maltratait de longue date. Réveillé à la prison de Saint-Omer à 3h par le gardien-chef de Saint-Omer. Informé d'un transfert à Arras, comprend aussitôt. Prend un bol de café et un verre de vin. Chargé dans le fourgon, tente de discuter avec les prêtres qui l'accompagnent. Réclame des gâteaux, obtient une pomme. Arrive à 10h30 dans la prison d'Arras. Pendant la toilette, indique à l'aide-bourreau comment défaire les chaînes qui lui entravent les pieds. Quitte la maison d'arrêt en chemise rouge, pieds nus et un voile sur la tête. Grimpe sans faiblir les marches de l'échafaud, embrasse son confesseur qui s'adresse à la foule et leur demande en son nom de prier pour lui. 02 mars 1850
12 avril 1850 Vendredi, 6h Toulon (bagne) Ferradji ben Salem 25 ans, cultivateur, Algérien. Tua un co-détenu. 15 février 1850
01 mai 1850 Mercredi, 8h Paris Jean-Claude Aimé 35 ans, graveur sur métaux. Fait livrer six gâteaux à la crème et à la confiture empoisonnés à l'arsenic le 31 décembre 1849, rue de la Victoire, à Annette "Emma" Vher, prostituée. Celle-ci en mange, ainsi que la domestique de cette dernière, Marie Beltante, et les voisins, Paul Legorju, sa femme et leur fils Isidore. Le même soir, dans une maison close au 3, rue du Vertbois, fait livrer cinq gâteaux à l'arsenic à Louise Roucaux, prostituée, avec une lettre soit disant écrite par sa soeur Sophie. Louise partage les pâtisseries avec ses amies Victoire-Adèle Rocherieux, Adélaïde Galippe, Louise Griffon et Marguerite Pujol, tandis que celle qu'elle s'était réservée est mangée par un client, M. Tétrel. Tous souffrent le martyre mais seuls Mlle Griffon et M. Tétrel meurent le lendemain. Aymé avait été l'amant et le proxénète de Mlles Vher et Roucaux : la première l'avait quitté lasse de ses violences et lui avait interdit de la revoir, la seconde l'avait dénoncé pour proxénétisme, ce qui lui avait valu 15 mois de prison. Persuadé d'être gracié, pris au dépourvu quand l'abbé Montès entre dans sa cellule à 6 heures. Pris de faiblesse, se reprend et passe d'un état abattu à un état de surexcitation. Semble écoute avec ferveur le prêtre, subit la toilette sans réagir. Grimpe dans la voiture peu après sept heures, ne dit pas un mot durant le trajet. Barrière Saint-Jacques, l'aumônier le prie de s'agenouiller sur la première marche, mais il refuse : "Non, pas là. Montez avec moi sur l'échafaud !" Le prêtre, âgé et faible, argue qu'il en est incapable, mais finit par accepter, et une fois sur l'échafaud, demande au bourreau s'il peut s'adresser à la foule. Heidenreich explique que c'est contraire au règlement, mais Aimé s'octroie le droit et vocifère : "Plus de Roi, plus d'Empereur, à bas l'homme de Boulogne !" Poussé sur la bascule pour qu'il se taise. 15 mars 1850
03 mai 1850 Vendredi, 6h Versailles Jean-Georges "Jarain" Gontier 46 ans, cultivateur à Saint-Martin-la-Garenne. Abat le 18 septembre 1849 de quatre coups de fusil Jean-Baptiste Louvet, garde particulier à Saudrancourt, qui lui avait un mois plus tôt dressé procès-verbal pour braconnage. 07 mars 1850
03 mai 1850 Vendredi, 17h Ajaccio Toussaint Battistaggi PARRICIDE, 33 ans, cultivateur. Tue d'un coup de fusil le 07 juin 1849 à Uccioni sa mère, Antoinette. 08 mars 1850
06 mai 1850 Lundi, 8h Valence Victor Jean Monge PARRICIDE, 26 ans, cultivateur. Acquitté par la même cour le 11 août 1848 pour avoir sévèrement battu sa mère le 18 avril précédent à Petit-Paris. Le 9 janvier 1850, tue à coups de massue son épouse et sa mère. 09 mars 1850
07 mai 1850 Mardi, 6h Strasbourg Jacques Brunner 26 ans, ouvrier maçon. 01 mars 1850
08 mai 1850 Mercredi, 7h21 Poitiers Joseph Chaussebourg 52 ans, marchand de galons. Tue à coups de serpe ses voisins, Pierre et Marguerite Gendre, agés de 79 et 52 ans, au hameau des Mireaux, commune des Ormes, le 28 août 1849. Chaussebourg avait fait de la prison à cause d'une plainte des Gendre, suite à une agression de sa part. 28 février 1850
08 mai 1850 Mercredi, 9h Breteuil-sur-Noyes (Oise) Charles Cyrille "Baron" Langlet 34 ans, sans profession. Le 05 février 1850 à Esquennoy, rentre par effraction chez Caroline Orloff, veuve Coquet, 60 ans, dévideuse de laine, la viole, l'étrangle avec les draps du lit puis la piétine, vole des vêtements, des couverts, de l'argent et quelques menus objets avant de mettre le feu à la maison. Sortant en flammes du bâtiment, elle parvient à être secourue par un voisin et à dénoncer son meurtrier avant de mourir. 23 mars 1850
10 mai 1850 Vendredi, 9h Beauvais Etienne-Robert Desaintjean 35 ans, tourneur en bois. Libéré le 27 août 1848 de Melun après huit ans de prison suite à une condamnation par les assises de l'Oise. Auteur de plusieurs cambriolages entre novembre 1848 et janvier 1849. Le 18 février 1849, allume un incendie à Saint-Félix, et profite de l'affolement général pour se rendre au château de Foy-sous-Bois et de tenter d'y étrangler avec une corde la veuve Delafraye, 75 ans, avant de la blesser d'un coup de pistolet au visage et de lui dérober 1000 francs. Arrêté à Dieppe, ramené à Paris où il est condamné à vingt ans de travaux forcés par la cour d'assises de la Seine avant d'être renvoyé à Beauvais. Sa maîtresse, Cléophine-Albertine Boutefront, inculpée en même temps que lui pour usage de faux, est condamnée à deux ans de prison. 16 mars 1850
03 juin 1850 Lundi, 10h Saint-Thiébault (Haute-Marne) Nicolas Evrard PARRICIDE, 44 ans, tonnelier. Assassina sa mère Elisabeth Moustel, veuve Evrard, 74 ans, le 03 février 1850 à Saint-Thiébaut. 18 avril 1850
20 juin 1850 Jeudi, 15h Brest (bagne) Auguste "La Fourchette" François 36 ans, fileur, forçat à vie, blesse gravement le gardien Simon lors d'une tentative d'évasion le 1er mai 1850. 20 mai 1850
08 juillet 1850 Lundi, 6h Nancy Marie-Catherine Moitrier, veuve Ségard 33 ans, entrepreneuse de broderie à Vacqueville. Empoisonne à l'arsenic sa fille - née d'un premier mariage - Anne-Marie Marchal, 8 ans, le 27 février 1848, puis son fils benjamin, Arsène Ségard, 11 mois, le 15 mars, son cadet Constant Ségard, 4 ans, le 31 mars, et son mari, Jean-Baptiste Ségard, 37 ans, le 02 mai. Réfugiée à Nancy suite aux trop nombreuses suspicions, se fait bêtement arrêter à cause de vols. Mobile des crimes : ayant contrefait des billets à ordre, et reconnue comme faussaire, elle avait fait faillite et devait se débarrasser de ses proches pour toucher les héritages - tant de sa fille aînée, argent venant de son premier mari, que de son second époux ! 17 mai 1850
16 juillet 1850 Mardi, 6h Bohain-en-Vermandois (Aisne) Régis Pluchard 35 ans, manouvrier. Abat d'un coup de fusil et étrangle le 05 février 1849 à Bohain Nicolas Mahieux, aubergiste à la Marlette, pour lui voler 2.000 francs. Nicolas Gielle est condamné à perpétuité ; François Bernoville et André Martin, respectivement à sept et cinq ans de prison. 21 mai 1850
16 août 1850 Vendredi, 6h45 Melun Jeanne Honorine Cuynet, veuve Pachot 38 ans, ménagère. Femme acariâtre, le 9 janvier 1850 à Mormant, tue à coups de bûche son mari Charles Pachot, tonnelier. 15 mai 1850
04 octobre 1850 Vendredi, 16h Évreux Zéphir Pierre Dubreuil 38 ans, ménétrier. Abat d'un coup de fusil le 25 décembre 1849 à Cierrey M. Mallet, son beau-père, qui lui louait des terres et à qui il devait près de 300 francs de dettes. Exécuté au pré du Bel-Ébat. 16 août 1850
10 octobre 1850 Jeudi, 6h15 Mézières Pierre-Joseph "Vincent Servais" Bache 30 ans, sans profession, Belge. Assassine d'un coup de pistolet le 07 mai 1850 à Mézières le sergent de ville Meslin qui venait de l'arrêter pour vols commis dans la région depuis quelques semaines, et blesse à coups de couteau MM.Véry, Brugnon, Chaudy, ainsi que le gendarme Brigeon, qui venaient prêter main forte au policier. Exécuté sur la place entre la ville et le faubourg Saint-Julien. 06 août 1850
22 octobre 1850 Mardi, 6h ou 10h Melun Prudent Buisson 32 ans, berger. A la roche de Pierre-le-Sault, près de Nemours, le 30 juin 1850, tue un autre berger, Étienne Noguez, 70 ans, de deux coups de couteau dans la gorge, pour lui voler 45 francs. 30 août 1850
12 novembre 1850 Mardi, 10h Gap Joseph Fidèle Rome 39 ans, cultivateur. Empoisonne sa belle-fille, Céléstine Marcellin, 8 ans, le 29 janvier 1850 au hameau des Bassets, commune de Gap, qu'il maltratait depuis qu'il avait épousé sa mère. Ayant réclamé une messe avec communion depuis un certain temps, se rend sans crainte à la chapelle en compagnie de l'abbé Chabre. Ce dernier l'informe du rejet de sa grâce : effondré, pleure, mais se reprend et demande à entendre la messe. Prie l'aumônier de distribuer ses biens aux détenus. Mange avec appétit un déjeuner, avale deux verres de vin chaud puis se confie aux exécuteurs. Pendant la toilette, tremble quand on lui retire les chaînes aux chevilles, puis demande qu'on lui donne son chapeau. Refuse d'aller à l'échafaud en voiture, prefère y aller à pied, tête baissé. Foule immense, encore plus importante à cause de la foire du 11 novembre. Arrivé cours Barthalais, au nord de la ville, regarde l'échafaud quelques instants, grimpe sur la plate-forme, s'agenouille pour dire une prière, puis embrasse son confesseur avant de se laisser basculer. 24 août 1850
28 novembre 1850 Jeudi, 12h15 Guingamp (Côtes-du-Nord) Joseph Le Poullen 39 ans, voleur récidiviste, condamné le 13 janvier 1838 par les assises des Côtes-du-Nord à douze ans de travaux forcés pour vol. Revenu à Plouisy, son village natal, le 22 janvier 1850. S'introduisit chez les Rouxel, le 07 avril 1850 au moulin du Pont, près de Guingamp, sous couvert d'y allumer sa pipe (!) mais ayant l'intention de cambrioler les lieux. Reconnu par Marie-Olive Rouxel, 17 ans, comme étant un ancien domestique de son père, l'étrangle et la tue à coups de hache et de faucille avant de voler 292 francs, de la nourriture et une montre. Averti d'un transfert sans précisions par l'aumônier le 27 novembre. Dort, se réveille à 3h en sursaut, se rendort. A 5h, s'impatiente : "Eh bien, partons-nous ?" Prend une goutte d'eau-de-vie avant de quitter la prison de Saint-Brieuc à 6h. Difficultés pour franchir le village de Chatelaudren tant la foule s'est déjà réunie pour le voir passer. Fait un bon déjeuner. En route, le prêtre le prévient qu'il s'agit là de ses dernières heures : pâlit affreusement. Fume tout au long du trajet. Arrive à 11h à Guingamp, conduit à la maison cellulaire. Mains enchaînées, il lui faut près de trois quarts d'heure pour retirer ses fers aux chevilles tant ceux-ci ont bien été rivés. En grimpant sur l'échafaud, place des Marchés, se précipite trop rapidement et, au niveau des deux dernières marches, trébuche et manque s'effondrer. Poussé sur la bascule, crie : "Je demande pardon à Dieu et aux hommes ! Ne suivez pas mon exemple ! Ne m'imitez pas !" 10 octobre 1850
07 décembre 1850 Samedi, 12h Saint-Brieuc Alain Saint-Jalmes 48 ans, tisserand à Pommerit-le-Vicomte. Déjà condamné plusieurs fois pour vols de lin et de filasse. Condamné en dernier lieu le 11 juillet 1850 par les assises des Côtes-du-Nord à dix ans de travaux forcés pour vols aggravés. Tua à coups de couteau, le 7 avril 1850 à Pommerit-le-Vicomte Guillaume le Personnic, 53 ans, tailleur, qui avait la réputation de renseigner la police sur les agissements louches des gens du coin. Son complice et employé, François Mesgean, 43 ans, est condamné aux travaux forcés à perpétuité. Réveillé à 8h par l'aumônier. Résigné, se confesse et demande à voir son épouse, incarcérée pour vols dans la même prison. La faveur lui est accordée : les Saint-Jalmes prennent leur petit déjeuner ensemble. A 10h, refuse de fair ela moindre dernière déclaration. Quitte la prison à 11h50, va à pied place Saint-Guillaume, encadré par les prêtres. Prie quelques minutes au pied de l'échafaud, puis monte les marches fermement. La tête prise dans la lunette, fait un mouvement de recul. Section accomplie au niveau de la mâchoire inférieure, la tête saute par-dessus le panier et atterrit au pied de l'échafaud. 22 octobre 1850
02 janvier 1851 Jeudi, 8h Abbeville (Somme) François-Bonaventure Testu 37 ans, serrurier. Installé chez son beau-père, M. Quennehen, 83 ans, maltraite le vieillard. Met le feu à deux reprises, le 24 janvier 1850 et le 11 mai 1850 à leur maison de Feuvières : lors du second incendie, sa belle-soeur, Virginie Quennehen, meurt asphyxiée. Sa femme Adèle Quennehen, épouse Testu, est acquittée. 31 octobre 1850
04 janvier 1851 Samedi, 12h Quimper Charles Marie Quillien et Guillaume Marie Herlédan 30 ans, menuisier et 57 ans, manoeuvre. Herlédan, fraîchement sorti de dix ans de bagne, entraîne Quillien dans son crime : tente d'égorger de trois coups de couteau le 21 juillet 1850 au Moulin-du-Pont, commune de Pleven, Madeleine Le Gall, veuve Le Douce, pour la voler. 11 octobre 1850
23 janvier 1851 Jeudi, 8h Bourg-en-Bresse Philibert Thénard 21 ans, fabricant d'huile. Tue en lui broyant la tête à coups de pierres Claude Garavet, menuisier, quinquagénaire, dans la nuit du 9 au 10 septembre 1850 à Artemare pour lui voler sa montre et le peu d'argent qu'il avait sur lui. 27 novembre 1850
31 janvier 1851 Vendredi, 8h Paris Jean-Georges Bixner 49 ans, imprimeur sur étoffes. Père incestueux abusant de sa fille de six ans, accusé de plusieurs attentats à la pudeur sur cinq fillettes de Boulogne âgées de huit à dix ans, le 04 juillet 1850, attire chez lui, viole et étrangle Eugénie Allier, 13 ans, au Point-du-Jour, à Auteuil, et jette son corps dans la Seine. Le greffier de la prison l'éveille à 5h30 et un moment de peur passé, il remarque, la voix tremblante : "Cependant, je suis innocent du crime pour lequel j'ai été condamné à mort." Reçoit la visite de l'aumônier, et l'écoute calmement avant d'entendre la messe. A l'arrivée de l'exécuteur, se dit à nouveau innocent, et qu'on saura après sa mort qu'il avait été victime d'une erreur fatale. Il demande un petit verre d'eau-de-vie, dont il se contente d'avaler quelques gouttes. Quitte son uniforme de prisonnier pour passer ses vêtements civils, et demande qu'on lui rende une croix qu'il portait en pendentif : "Veuillez me la laisser, j'y tiens beaucoup. Comme elle ne peut maintenant rester à mon cou, je la placerai dans le gousset de mon pantalon, et on l'enterrera avec moi." Grimpe à 7h30 dans la voiture. Une fois arrivé à la barrière Saint-Jacques, grimpe les marches avec fermeté et s'adresse à la foule : "Je suis innocent du crime de meurtre ! Dieu qui m'entend sait que je suis innocent, et j'espère que vous connaîtrez la vérité après ma mort !" Basculé alors qu'il s'apprête à continuer son discours. Exécution connue à cinq heures du matin, ce qui n'empêche pas la foule d'envahir les parages de la barrière. 30 novembre 1850
01 février 1851 Samedi, 11h Draguignan Pierre Antoine Emile Lions et Pierre Paul Lions PARRICIDES, 35 ans et 26 ans, cultivateurs à Bargême. Battent à mort et étranglent leur père Barthélémy dans la nuit du 17 au 18 juin 1850 entre Comps et Entrevaux parce qu'il refusait de partager entre les membres de sa famille les 84 francs qu'il avait gagnés en vendant de l'huile. Leur mère, Marie Pierrugues, veuve Lions, est condamnée aux travaux forcés à perpétuité. 12 novembre 1850
04 février 1851 Mardi, 8h Chalon-sur-Saône Etienne Miquet 19 ans, ramoneur, Savoyard. Assassine Jean-François Negret, 15 ans, aux abords de Châlon-sur-Saône, pour lui voler 230 francs qu'il comptait utiliser pour se rendre à Paris, et abandonne le corps dans un champ de colza. Exécuté place Ronde. 19 décembre 1850
05 février 1851 Mercredi, 7h Rouen Joseph Pascal Mallet 50 ans, marchand coquetier. Condamné quatre fois, dont une le 08 février 1832 à huit ans de travaux forcés pour faux et vol qualifié. Le 27 décembre 1849, à Harfleur, tue à coups de bâton Thérèse Angamare, épouse Martel, marchande de légumes, pour la voler. Le 15 mai 1850, à Allouville-Bellefosse, assassine Louise-Catherine Asselin, épouse Fenêtre, 72 ans, en l'étranglant avec une corde pour lui voler 4.000 francs. En 1828, suspecté de l'assassinat de M.Urpy à Claville-Motteville mais relaxé par manque de preuves. Inculpé également pour vols et usage de faux commis entre juin 1849 et mai 1850 à Saint-Arnoult, Saint-Laurent-de-Brédevent et La Rue-Saint-Pierre. Exécuté place Bonne-Nouvelle. 24 décembre 1850
08 février 1851 Samedi, 9h Vesoul Jean-Claude Jacquemard PARRICIDE, 40 ans, roulier puis épicier/quincaillier à Delain. Ayant épousé pour sa dot de 25.000 francs une jeune veuve, Marguerite Gaudard, mais ayant une liaison adultère avec la femme de son jeune frère, Barbe Biot, empoisonne l'épouse gênante à partir de septembre 1841, jusqu'à sa mort le 31 octobre. Revenu s'installer à Vaite, son village natal, auprès de sa maîtresse, empoisonne son frère Claude, le mari de Barbe, le 7 octobre 1842. Remarié avec Barbe le 1er janvier 1844, continue son travail d'empoisonneur : le 06 août 1846, tue Mme Caulet mère, propriétaire de la maison des parents Jacquemard. Le 27 février 1847, tue sa propre mère, le 15 mars suivant, empoisonne M.Caulet. Etant désormais les seuls héritiers du vieux père Isidore Jacquemard, se montrent si attentifs à ses désirs que le vieil homme leur lègue tout ce qu'il possède le 08 décembre 1848 : il meurt à son tour le 12 ! Récidive toutefois l'année suivante : père d'une jeune Juliette, née en 1833 de son premier lit, il avait maltraité l'enfant jusqu'à ce que ses grands-parents l'envoient en sûreté dans une pension de Langres. Un huissier de Gray, Me Bourgoin, s'en éprend et la demande en mariage. Jacquemard voyant qu'il y perdrait de l'argent ne consentit à l'union que contre 5.000 francs ; Me Bourgoin, au fait des choses, avait exigé le remboursement de la somme. Le couple est empoisonné le 27 janvier 1850 au cours d'un repas familial : Juliette, enceinte, meurt le 15 février, et Bourgoin expire à son tour le 23 février, non sans avoir d'abord appelé à son chevet le procureur de Gray pour dénoncer ses beaux-parents. L'autopsie des victimes démontre l'usage d'arsenic, dont Jean-Claude avait fait l'acquisition de deux kilos en 1841 à Paris. Barbe Biot se pend en prison le 07 juillet 1850 en laissant une longue lettre d'aveux. Exécuté face au 44-48 place de la Halle. 24 novembre 1850
07 mars 1851 Sarrebourg (Moselle) Etienne "François Mehr" Müller Tueur en série, assassine entre autres, Michel Frattringer à Harreberg le 22 mai 1850. Son complice, François Hammerschmitt, complice, est gracié. 15 décembre 1850
10 mars 1851 Lundi, 6h Auxerre Antoinette Bel, veuve Rodot 30 ans, aubergiste. Avec la complicité de son amant et domestique, Charles Saquet, 29 ans, empoisonne à l'acide arsénieux son mari Laurent Rodot, 38 ans, aubergiste au "Soleil d'Or", qui meurt le 19 avril 1850 à Sens au bout de trois jours d'agonie. Le 14 avril, Rodot, faible par nature, avait chassé Saquet en s'armant d'un couperet de cuisine, ce qui ne l'avait pas empêché de se faire battre par son domestique. Saquet, condamné à mort, est gracié. 27 décembre 1850
26 mars 1851 Mercredi, 15h Brest (bagne) Jean-Pierre Envesailles 40 ans, tailleur, ex-soldat, forçat perpétuel depuis 1832, condamné à mort et gracié durant l'armée. Le 06 janvier 1851, tente de tuer de vingt coups de couteau M. Kuterham, maître tailleur du bagne, qui l'aurait faussement accusé d'exciter les ouvrier tailleurs contre lui. 05 février 1851
28 mars 1851 Vendredi, 7h Nancy Joseph Pléneurt 49 ans, manoeuvre. Tua à coups de marteau le 12 décembre 1850 à Saint-Médard Jacob Mantou, commerçant, son créancier, pour récupérer le billet de 110 francs qu'il avait souscrit. 13 février 1851
07 avril 1851 Lundi, 8h Foix Bertin "Bernard Dengeneze-Caüros" Marfaing 25 ans, cultivateur, déjà condamné deux fois. Tue à coups de hache, vers le 29 septembre 1850 aux abords du chemin de Siguer en Andorre le marchand de bois Saoulet pour lui voler 12 francs et son chargement. 28 janvier 1851
22 avril 1851 Mardi, 6h55 Rouen Jacques-Firmin Petit 50 ans, journalier, déjà 24 années passées derrière les barreaux, libéré en avril 1850 de la centrale de Gaillon. Le 25 juillet 1850, à Avesnes-en-Val, viole, égorge à coups de couteau et vole 15 centimes à Rosalie Bazire, 18 ans, domestique à Mélincamp. Exécuté place Bonne-Nouvelle. 22 février 1851
26 avril 1851 Samedi, 6h Nîmes André Humbert 19 ans, terrassier au chômage. Condamné pour vols à quinze mois de prison par le tribunal de Vienne, incarcéré à Nîmes. Trouvant les gardiens injustes, le 09 décembre 1850, pendant le déjeuner, vole le sabre du gardien Mallet et s'en sert pour le planter dans le flanc du gardien Guillaume Peyre, avant de lui trancher trois doigts de chaque main et de mutiler le cadavre. 11 février 1851
26 avril 1851 Samedi, 7h Vesoul Nicolas Andreux 47 ans, cultivateur à Breuches. Tua à coups de houe le 27 novembre 1850 sa fille aînée Françoise, 22 ans, née d'un premier lit et toujours rejetée, et jeta son corps dans la rivière. La jeune fille voulait se marier, ce qui allait contre les intérêts de son père, qui avait tous les droits sur le patrimoine que sa fille avait hérité de sa défunte mère. Exécuté devant le 44-48 place de la Halle. 15 février 1851
09 mai 1851 Vendredi, 10h Muret (Haute-Garonne) Paul Méda 39 ans, cultivateur. Etrangle avec une corde, puis tue de cinq coups de hache dans la tête le notaire Auguste Guittou le 29 décembre 1850 à Saint-Sulpice-de-Lézat, avant de jeter le corps dans un puits. Il prend sur le corps une montre, une tabatière en or et le peu d'argent que sa victime avait sur elle. Exécuté place du foirail. 22 février 1851
10 mai 1851 Samedi, Beaucaire (Gard) Étienne Desbois 23 ans. Condamné pendant le service à cinq ans de prison pour tentative d'assassinat par le tribunal militaire de Toulon, incarcéré à Nîmes. Libéré le 7 novembre 1850, épris d'idées républicaines depuis son emprisonnement, va s'installer à Beaucaire et reprend contact avec ses anciens co-détenus politiques, ce qui lui vaut les reproches de la police locale qui le tient à l'oeil. Le 13 novembre 1850, après avoir acheté un poignard et deux pistolets, profite d'un contrôle de police pour poignarder à l'aine l'agent Pierre Boudin puis pour tirer un coup de feu sur l'agent Bonton, heureusement sans le toucher. Boudin meurt le lendemain. Prévenu à la prison de Nîmes à 4h30 par l'aumônier et le gardien-chef. Résigné, accepte les secours de la messe. "J'offre mon sacrifice au bon Dieu, puisqu'il l'exige de moi. Quant à vous, monsieur l'aumônier, ne me quittez pas, car je vous regarde comme mon père." Va à la chapelle, prie avec ferveur, et accepte avec joie la nourriture que lui propose le prêtre. Avant de quitter la prison, remercie les gardiens et grimpe dans une voiture qui le conduit à la gare, escorté par quatre gendarmes. A l'embarcadère, prend un peu de liqueur. Le train quitte Nîmes à six heures, et le trajet prend trois quarts d'heure. Conduit à l'Hôtel-de-Ville, y subit la toilette, et pendant ce temps, affirme que le sieur Roland, qu'il accusa durant l'instruction d'être son complice, n'était coupable de rien du tout, mais que des complices existent : ceux qui lui ont donné de mauvais conseils ainsi que la méthode et les moyens de les mettre en pratique. Parmi les gens qui l'entourent, reconnaît l'agent Bonton, qui avait failli être sa victime - n'ayant échappé à la mort qu'à cause de la qualité médiocre de la poudre - et se jette à ses genoux pour lui demander pardon. Va à pied à l'échafaud, refusant l'aide des exécuteurs, et sur la plate-forme, demande à s'adresser à la foule qui entoure la guillotine : "Jeunes gens, j'ai été mal inspiré, ce sont des mauvais conseils qui m'ont conduit à l'échafaud ! N'écoutez point ceux qui, sous prétexte de républicanisme, se font les prédicateurs des doctrines démagogiques, et n'ont d'autre but que de précipiter la société dans toute sorte de malheurs ! Soyez unis, mais pour le bien, et pour le plus grand bien !" Puis se laisse faire par les exécuteurs. 17 février 1851
10 mai 1851 Samedi, 17h Chalon-sur-Saône Claude Montcharmont 30 ans, maréchal-ferrant. Braconnier mais surtout militant politique révolutionnaire, abat à coups de fusil le 07 novembre 1849, le gendarme Emery et tente de tuer le gendarme Branet et, le surlendemain, le garde-champêtre François Gauthey à Saint-Prix. Prévenu à 5h15 par l'aumônier Mazoyer. Se met à hurler, se tord et se débat, refuse de quitter son lit, et les paroles du prêtre ne le calment en rien pendant un temps. Accepte toutefois de se confesser avec l'aide d'un autre prêtre, le père Millot, vicaire de Saint-Pierre. Quand l'exécuteur et son aide arrivent, Montcharmont se barricade dans sa geôle. Ils parviennent à rentrer, mais il refuse de passer ses vêtements, pleurant et hurlant si fort que les riverains de la prison arrivent à l'entendre. IL faut une longue lutte pour le vêtir et l'attacher. Hissé sur la charrette, il est conduit Place Ronde, mais quand il arrive au pied de l'échafaud, il coince ses pieds dans les marches et parvient, de toute sa force physique, à résister aux efforts des exécuteurs, qui sont des hommes âgés et invalides - notamment l'un d'eux, qui vingt-deux ans plus tôt, avait eu trois doigts coupés par le couperet lors de l'exécution de Joly dans la même ville. La lutte dure plus de cinquante-cinq minutes et Montcharmont ne cesse de hurler, d'appeler ses parents à son secours et d'embrasser le crucifix sous les yeux épouvantés de la foule silencieuse. Epuisés, les exécuteurs se résignent à ne pouvoir parvenir à leurs fins et ramènent Montcharmont, la chemise déchirées et les épaules en sang, en prison. Il accepte, cette fois, de faire le chemin à pied, mais continue à hurler : "Mon Dieu ! Faites-moi donc mourir de la même mort que ceux que j'ai tués !" Dans la maison d'arrêt, sous très étroite surveillance, n'arrête pas de pleurer et de crier. A 16h30, l'exécuteur de Dijon (d'autres disent celui du Jura, Nicolas Roch) arrive à Châlon suite à une réquisition du procureur, et fait procéder au ficelage de Montcharmont de façon à ce que celui-ci ne puisse plus bouger du tout. La place Ronde, où l'échafaud est resté dressé depuis le matin, est évacuée par deux compagnies militaires, malgré la foule dense. Montcharmont arrive en charrette, et porté sur la plate-forme, s'écrie : "Amis, priez Dieu de me faire grâce !" avant d'embrasser le crucifix et d'être enfin basculé. Cette exécution sera largement commentée dans la presse, y compris par Charles Hugo, fils de Victor. 29 mars 1851
15 mai 1851 Jeudi, 8h Paris Jean-Pierre Lafourcade 44 ans, porteur de journaux. Bat violemment à coups de pied et de poing le 31 décembre 1850 au 1, rue Bourbon-le-Château, Mlle Ribault, artiste dessinateur, 64 ans, et sa demoiselle de compagnie, Mlle Lebel, 72 ans, cette dernière, étranglée, ne survivant pas à l'agression. Lafourcade venait tous les deux mois livrer les émoluments de Mlle Ribault qui fournissait des dessins de mode aux rédactions des journaux pour lesquels il travaillait : en mars 1850, il avait falsifié les reçus pour détourner l'argent, et fin décembre, allait se retrouver inévitablement démasqué. Reprenant brièvement conscience après l'agression, Mlle Ribault écrit avec son sang sur le mur : "L'assassin, c'est le comis (sic) de M. Thierry." Devait être jugé le 31 mars, mais son avocat étant absent pour cause de maladie, le procès est repoussé. Quelques heures plus tôt, tente de se suicider en se portant un coup de "surin" fabriqué en cellule dans la poitrine : gravement blessé. Prévenu à six heures, était encore couché, se lève d'un coup, ne dit pas un mot. Il faut l'arrivée de l'aumônier pour qu'il comprenne ce qu'il se passe, et là, se fâche violemment. "Je suis innocent et l'on ne doit pas me faire mourir ! Pourquoi ne m'avoir pas prévenu hier soir ? J'aurais eu le temps de prendre mes dispositions et peut-etre de trouver des personnes qui auraient pu démontrer que je ne suis pas coupable ! Maintenant, il est trop tard ! C'est affreux, je ne veux pas mourir sur l'échafaud, je suis père de famille, ma femme n'a d'autre soutien que moi ! Que deviendra-t-elle sans moi ?" S'énerve de la sorte pendant de longues minutes, puis se calme et accepte les aides de la religion. Après la messe, demande au prêtre de veiller sur sa femme et de la conseiller. Pendant la toilette, à sept heures, s'emporte à nouveau, et les exécuteurs s'empressent de lui attacher les bras dans le dos pour parer à tout geste brusque de sa part. Grimpe, toujours furieux, dans la voiture en compagnie du confesseur, et quitte la prison à 7h15. En arrivant à la barrière Saint-Jacques surchargée de monde, il dit à l'exécuteur Heidenreich d'une voix mourante : "Si vous ne venez pas à mon aide, je ne pourrai pas monter." "Restez tranquille, répond le bourreau, je vous porterai." Lui et son aide soutiennent le condamné jusqu'à la première marche, mais en faisant une dernière prière, en embrassant le crucifix, perd presque totalement connaissance. Basculé inerte. 08 avril 1851
18 juin 1851 Mercredi, 7h55 Paris Jean-Louis Eugène "Ferdinand" Viou 20 ans, domestique. Pour le voler, tue à coups de marteau le 6 janvier 1851 au 422, rue Saint-Honoré, son patron, M.Poirier Desfontaines, marchand de bronzes d'art, et cache le corps dans une malle qu'il fait expédier par train jusqu'à Orléans. Prévenu dès cinq heures par le greffier alors qu'il dormait profondément. Aucune émotion : s'entretient longuement avec l'abbé Hugon. Après la messe, voyant arriver l'exécuteur, retire seul sa blouse bleue et dit : "J'ai mérité la mort, je n'ai pas peur, et je saurai mourir avec courage, en expiation de mon crime qui me poursuit sans cesse et me fait horreur !" Pendant la toilette, rajoute : "Que ma faute retombe sur mon père dans l'inconduite et les mauvais exemples ont causé ma perte ! Voilà donc comme je devais mourir ! Triste destinée ! Ma mère est morte empoisonnée quand je n'avais que quinze ans, et aujourd'hui, moi, à vingt ans, je meurs sur l'échafaud !" (Sa mère s'était suicidée en 1845 suite à une énième condamnation de son mari, forçat libéré). A six heures et demie, demande à déjeuner : mange du boeuf, du pain et du vin, qu'il prend le temps de savourer. A 7h30, remercie le directeur, salue les gardiens et grimpe dans la voiture. Foule immense toutes les rues autour de la barrière Saint-Jacques. Descend presque d'un bond de la voiture sitôt les portes ouvertes, puis soutenu par l'aumônier, dit à l'exécuteur : "Veuillez m'ôter ma casquette !" S'agenouille, prie et pleure un peu, puis embrasse le crucifix. Fait signe au bourreau Heidenreich qu'il est prêt : "Si vous voulez, je vous aiderai à monter." "Non, non, je vous remercie, je monterai bien seul !" Sur la dernière marche, il s'adresse à la cantonade : "Je meurs, Messieurs, avec franchise ! Je recommande mon âme à Dieu !" Ne résiste pas - d'ailleurs, condamné très petit et peu robuste : à peine 1m41. 30 avril 1851
02 juillet 1851 Mercredi, 6h Mende Jean Vidal 31 ans, serrurier. Condamné à dix ans de prison pour vols, assassine le 17 mars 1851 Etienne Fortuné Lugné, 29 ans, gardien-chef de la maison d'arrêt de Mende dans le but de s'évader. 06 mai 1851
02 juillet 1851 Phalsbourg (Meurthe, aujourd'hui Moselle) Pierre Keling 28 ans, terrassier et journalier. Assassine Joseph Wolff, garçon boulanger à Schoenbourg, pour le voler. Sa complice, Marguerite Paulus, 22 ans, ouvrière, est condamnée aux travaux forcés à perpétuité. 10 mai 1851
04 juillet 1851 Vendredi, 15h Bastia Joseph-Marie Bozzi 30 ans, cordonnier. Ses frères aînés aident le 11 avril 1850 un proche amoureux d'une fille Giustianiani à "enlever" la demoiselle pour l'épouser. Le lendemain, lors d'une confrontation avec la famille, un des Giustiniani meurt et les frères Bozzi sont condamnés à trois et cinq ans de prison. Par vengeance, le 07 septembre 1850, abat d'un coup de fusil le patriarche Toussaint Giustiniani à Zigliara. 13 mai 1851
07 juillet 1851 Lundi, 6h30 Angers François-Antoine Burette 22 ans, serrurier-mécanicien, malfrat multirécidiviste - huit condamnations - depuis ses 17 ans, incarcéré à Gaillon pour vols, frappe les gardiens, ce qui lui vaut une condamnation à dix ans de réclusion le 27 février 1849 par les assises de l'Eure. Transféré à Fontevrault, initie une révolte le 30 mars 1850 au cours de laquelle le gardien Feyneau est grièvement blessé à coups de couteau et le gardien Moulin est frappé à coups de bâton, ce qui lui vaut le 14 août 1850 une condamnation à perpétuité. Le 16 février 1851, tente de poignarder le directeur de Fontevrault, et empêché par son co-détenu Hémon et le gardien Braymond, les blesse respectivement de deux coups et d'un coup de poignard. Exécuté au pâtis Saint-Nicolas. 17 mai 1851
12 juillet 1851 Samedi, 8h Paris Prosper-Fortuné Courtin 39 ans, commis en vins. Dès son mariage en 1838 avec Louise-Angélique Hennecart, se montre un mari d'une extrême violence. Le 08 avril 1848, tente de l'empoisonner ; soupçonnant les intentions meurtrières de cet homme, Louise s'enfuit et vient s'installer au 47, rue des Martyrs. Courtin, voulant refaire sa vie avec une jeune fille de 16 ans - par ailleurs non consentante -, se présente dans la nuit du 15 au 16 décembre 1850 chez son épouse et tente de la tuer en la mordant, en l'étranglant et en la battant avec des pincettes. Réveil à 6h. Dormait profondément. Espérait sa grâce - notamment suite à la mort de Viou, condamné après lui et guillotiné avant, mais se résigne : "Puisqu'il faut mourir, je mourrai avec calme, avec le calme d'une conscience pure." Refuse de porter ses meilleurs vêtements pour le supplice, préfère qu'on les vende pour que sa femme et sa fille aient de quoi s'offrir des vêtements de deuil. Entend la messe, et à la toilette, s'adresse au bourreau Heidenreich : "Ah, c'est vous qui me menez là-haut. Soyez tranquille. Vous n'aurez pas de peine avec moi." Evoque la numérologie, embrasse directeur de la prison et gardiens, et conseille au soldat chargé de le surveiller : "Mon ami, je vous engage à ne pas vous marier avec une femme qui aime trop les plaisirs." Peu de monde présent, car exécution inattendue. Descend du fourgon fermement, s'agenouille sur la première marche pour prier, puis embrasse l'aumônier, puis le bourreau. Manifeste l'envie de parler, mais Heidenreich lui fait signe que non. Alors qu'il est placé, le bourreau n'appuie pas assez fort sur le déclic, et le couperet ne tombe pas. Une seconde pression est nécessaire. Dernière exécution capitale à la barrière Saint-Jacques. 26 avril 1851
15 juillet 1851 Mardi, 6h Nevers Louis Martenet 56 ans, marchand de bestiaux. Assomme à coups de pieu et de quinze coups de couteau le 24 mars 1851 à Gripy M. Boizot, maquignon à Corvol-d'Embernard, à qui il devait environ 1.000 francs, avant de lui dérober une centaine de francs. Exécuté place de la Foire. 24 mai 1851
16 juillet 1851 Mercredi, 11h Loos-les-Lille (Nord) Julien-André Deseine 32 ans, sans profession. Déjà condamné à trois ans de prison pour vol, puis à perpétuité pour assassinat et incendie volontaire, incarcéré à Loos. Jouant les dévots, il acquiert une certaine liberté dans la prison, dont il profite pour violer un jeune détenu, Lauder, avant de l'assassiner et de s'évader. Il est repris quelques jours plus tard. 12 mai 1851
18 juillet 1851 Vendredi, 9h Dunières (Haute-Loire) Barthélémy Robert 40 ans, voiturier à Saint-Étienne. Membre d'une bande de chauffeurs, dont les complices avaient déjà comparu en 1849 (voir exécution suivante). Le 23 avril 1848, à Dunières, attaquent la ferme Giraudet, dérobent vivres, montre, argent, et vêtements. Le fils Joseph Giraudot est abattu d'un coup de pistolet dans la gorge. Dans la nuit du 03 au 04 mai 1848, à Saint-Genest-Malifaux, s'introduisent chez M.Minaire et l'encerclant de paille, lui font brûler les jambes et la barbe pour qu'il avoue où il cache son argent. Le vieil homme finit par leur remettre 40 francs, une chaîne en or, une montre, deux bagues, du pain et du lard. Dénoncés par le chef, Giraudet dit "Le Rouge", au lendemain de sa condamnation, affirmant qu'aucun de ses co-accusés n'était présent pour les crimes de Dunières et de Saint-Genest, et que lui-même n'était présent que chez Minaire. Jean "Grandjean" Magnouloux, condamné à mort, est gracié. Peyrard et Grousset sont acquittés. 27 novembre 1850
19 juillet 1851 Samedi, 9h30 Saint-Genest-Malifaux (Loire) Antoine "Le Rouge" Giraudet 28 ans, crocheteur, chef d'une bande de "Chauffeurs" sévissant aux abords de Saint-Genest-Malifaux. Le 23 avril 1848, à Dunières, attaquent la ferme Girodet, dérobent vivres, montre, argent, et vêtements. Le fils Joseph Girodet est abattu d'un coup de pistolet dans la gorge. Dans la nuit du 03 au 04 mai 1848, à Saint-Genest-Malifaux, s'introduisent chez M.Minaire et l'encerclant de paille, lui font brûler les jambes et la barbe pour qu'il avoue où il cache son argent. Le vieil homme finit par leur remettre 40 francs, une chaîne en or, une montre, deux bagues, du pain et du lard. Jugés par les assises de la Haute-Loire. Noël Fourneyron, 57 ans, journalier, Jean-Baptiste Parret, 54 ans, Joseph Coignet, 45 ans et Guillaume Coignet, 35 ans, tous trois rubaniers, sont condamnés à mort et graciés. Pierre Lardon, 52 ans, terrassier, est condamné aux travaux forcés à perpétuité. Délai allongé en raison d'un autre procès en novembre 1850 où ils doivent comparaître comme témoins, et qui se solde par la condamnation à mort de deux autres complices (voir exécution précédente). 24 novembre 1849
25 juillet 1851 Vendredi, 7h Évreux Hippolyte Banceline 25 ans, matelassier. Le 26 novembre 1850, aux Authieux, viole, étrangle et éventre Désirée Ménard, 10 ans, avant de la jeter mourante dans une marnière. Aurait dû être exécuté le 30 juin, mais obtint un sursis en demandant à faire d'ultimes déclarations, vérifiées par le procureur général de Rouen. Réveillé à 5h, dormait bien. Prévenu par le greffier en chef, reçoit la visite de l'abbé Lesage, s'entretient une heure avec lui. Résigné, ne dit presque pas un mot. Refuse la nourriture, quitte la maison d'arrêt à 6h55 en compagnie des bourreaux d'Évreux, de Rouen et de Chartres dans une voiture cellulaire, une innovation à Évreux. Au pied de la machine, s'agenouille pour une ultime bénédiction. Grimpe les marches, voit le couperet et a un mouvement de recul horrifié : "Ah ! Mon Dieu !" 25 mars 1851
16 septembre 1851 Lundi, 7h, 7h05 Orléans Pierre Chartier et Louis Bordeaux 22 ans et 21 ans, mendiants, voleurs récidivistes. En compagnie de Louis Bellanger, ancien forçat, de son épouse Elisa Chemin et d'Alexis Escoffié, tentent à Saint-Jean-de-Braye le 08 mars 1851 d'assassiner de trois coups de hachette dans la tête Joseph Méret, cultivateur, 80 ans, pour lui voler 10 francs et une tasse d'argent. Méret décède dans la nuit du 16 au 17 mars 1851. Avouent également avoir, le 26 novembre 1850 près de Gien, tué à coups de hachette Luigi Fossati, chanteur ambulant italien, et d'avoir répandu son corps dépecé aux alentours du Bois de l'Anesse. Embauchés par Fossati pour tuer un vieillard de Gien et lui dérober 70.000 francs, reculent devant la tâche quand l'Italien leur apprend que la cible n'est pas un vieillard, mais un joueur d'orgue itinérant, Lorenzo Tropini, ses enfants et ses domestiques : Tropini, ancien maître de Fossati, l'avait licencié en apprenant son passé de déserteur de l'armée piémontaise. Bordeaux et Chartier allèrent au plus simple et tuèrent Fossati pour lui voler 51 francs et 8 sous. Bellanger et Elisa Chemin sont condamnés aux travaux forcés à perpétuité, Escoffié à douze ans de travaux forcés. Réveillés tour à tout à 3h, nulle surprise, s'y attendaient - ils avaient vu repeindre la guillotine, non utilisée depuis 1843, dans le chemin de ronde de la prison. Entendent la messe, confiés aux exécuteurs d'Orléans, Blois et Tours pour la toilette. En franchissant la cour, Chartier reconnaît le sergent de ville qui avait procédé à sa fouille lors de l'arrestation : "Tu me dois quatre sous, une pipe et du tabas... Il est vrai que maintenant, je n'aurai pas le temps de fumer mes quatre sous. Je te les donne !" Voyant la voiture, s'exclame : "Deux chevaux ! Un vrai luxe !" Bordeaux le sermonne : "Tais-toi, grand bêta, ce n'est pas l'heure de blaguer ! D'ailleurs, tu ne blagueras pas longtemps !" Disent adieu aux gardiens, puis sont chargés dans la voiture. Chartier descend le premier porte Saint-Vincent, devant la poudrière. Pâle, grimpe les marches, soutenu par les exécuteurs. Bordeaux attend son tour en voiture. Grimpe fermement sur la plate-forme, mais avise dans un coffre latéral le cadavre de son complice. Tremble de tous ses membres, et hurle en voyant dans le panier la tête de Chartier, une seconde avant que le couperet ne tombe à nouveau. 02 août 1851
16 septembre 1851 Lundi, 8h Doullens (Somme) Louis-François "Daine" Gossellin 49 ans, manouvrier. Assomme d'un coup de bûche, égorge à coups de couteau - la décapitant presque - puis ébouillante sa belle-soeur, Marie-Rose Renard, veuve Gosselin, 78 ans, cultivatrice à Mariaux pour lui voler 2.200 francs le 26 mars 1851. Son fils et complice Philibert Gosselin est condamné à dix ans de réclusion. 18 juillet 1851
24 septembre 1851 Mercredi, 7h Guéret Léonard "Janaillat" Dumignot 27 ans, maçon. Tue de trois coups de pioche, le 24 juin 1851 au Theil-de-Bissat, commune de Lépinas, l'ouvrier fondeur Fabre pour lui voler son porte-monnaie contenant une centaine de francs. 31 juillet 1851
13 octobre 1851 Lundi, 6h Châteauroux Charles-Joseph "Lebeau" Delais 45 ans, marchand colporteur. Déjà condamné à cinq reprises pour vols et blessures. Libéré de la centrale de Melun le 13 avril 1851, arrive dans l'Indre le 20 pour retrouver son ancienne compagne, Marie Nèple, marchande ambulante. Comme elle refuse de reprendre la vie commune - il la battait -, le 22 avril 1851 à Châteauroux, il la tue de sept coups de couteau dans la poitrine, les bras et le dos, et tue également Jean Bonnet de trois coups à la gorge, au torse et au coeur, parce que ce dernier se précipitait pour venir en aide à la première victime. Avait déjà, en 1844, frappé à coups de couteau sa précédente maîtresse, Claudine Bénot, mais les blessures légères ne lui avaient valu qu'une condamnation en correctionnelle. 22 août 1851
21 octobre 1851 Mardi, 7h Dijon Anne Valby, veuve Guillaume 37 ans, ménagère. Femme infidèle et vénale, tue le 28 mars 1851 à Comblanchien son mari François Guillaume, propriétaire, de trois coups de hache puis jette le corps dans un puits. Suspectée de plusieurs autres crimes : fille-mère, aurait noyé dans de l'eau glacée l'un de ses enfants ; aurait aidé sa mère à tuer l'une de ses soeurs ; aurait empoisonné après six semaines de mariage en 1842 son premier mari, Pierre Faivelet. 20 août 1851
17 novembre 1851 Lundi, 7h Draguignan Martin Lazare Olivier 24 ans, ouvrier cordonnier. Le 31 janvier 1851, lors du cambriolage de l'ermitage de la Sainte-Baume, abat à coups de fusil le gardien Alphonse Lambert et sa soeur Honorade, septuagénaires, pour les voler. 27 août 1851
16 décembre 1851 Mardi, 8h Paris Joseph Humblot 19 ans, cocher. Egorge à coups de rasoir sa maîtresse, Juliette Fiam, 18 ans, le 25 juillet 1851 au 119, rue du Cherche-Midi, parce que celle-ci, lasse de sa jalousie et de ses brutalités, voulait le quitter. Prévenu à 6h30 par le greffier, puis reçoit le prêtre avec lequel il reste plus d'une heure. En entrant dans la pièce où doit avoir lieu la toilette, dit au directeur : "Adieu, monsieur. Je vous remercie pour tous les bons soins que vous n'avez cessé de me faire prodiguer pendant ma captivité ici." Comme le directeur l'exhorte au courage, l'aumônier l'assure qu'il en aura, grâce à la religion. Refuse de déjeuner, mais l'aumônier l'incite à prendre un verre de vin. Subit la toilette en silence, puis prend un deuxième verre de vin. Avant de quitter la cellule, demande au prêtre s'il peut écrire à ses parents pour les assurer qu'il est mort dignement. En arrivant à la porte, tombe face à la guillotine : croyant que le supplice aurait lieu à la barrière Saint-Jacques, pris de peur, demande aux aides de le soutenir jusqu'à l'échafaud. En bas, s'agenouille et prie, embrasse le crucifix et grimpe les marches tenu par M.Heidenreich. Foule imposante une demi-heure avant le supplice. Première exécution au rond-point de la Roquette 15 octobre 1851
06 janvier 1852 Mardi, 7h Besançon Jean-Baptiste Pernin 52 ans, journalier. Condamné le 10 mars 1823 aux travaux forcés à perpétuité pour meurtre, gracié le 11 août 1838. Epouse à Menetey le 20 novembre 1844 Marie Munguet, qu'il bat régulièrement. Son épouse porte plainte, l'envoyant un an en prison. A sa libération, Pernin retrouve sa femme à Dole, et le 25 avril 1851, il la tue de onze coups de poignard. Condamné dans le Jura, arrêt cassé. Furieux, oppose la plus vive résistance, et il faut l'intervention combinée des exécuteurs de Besançon, de Dijon et de Lons pour en venir à bout. Refuse absolument les secours religieux, et de la prison à l'échafaud, ne cesse d'insulter les deux prêtres, de maudire ses juges et d'accuser sa défunte femme d'être la cause de tous ses malheurs, scandalisant la foule venue assister à cette exécution, la première depuis 1830. 09 juin 1851, 12 novembre 1851
12 janvier 1852 Lundi, 8h Bourg-en-Bresse Pierre-Marie Loisy 35 ans, marchand colporteur et sabotier. Pour refaire sa vie avec sa voisine Marie-Laurence Grobon, veuve Fély, 36 ans, cultivatrice, il empoisonne à l'arsenic Joseph Fély le 16 novembre 1850, puis fait de même avec son épouse, Antoinette Favier, le 19 janvier 1851. Marie-Laurence Fély est acquittée. 18 novembre 1851
21 janvier 1852 Mercredi, 8h Paris Marie-Madeleine Houy, épouse Pichon 36 ans, blanchisseuse à la Chapelle-Saint-Denis. Ayant eu deux enfants naturels, épousa Pichon, qui avait aussi deux enfants d'un premier lit. En 1845, voulut reprendre chez elle sa fille Louise-Augustine, quatre ans, confiée en nourrice depuis sa naissance chez Mme Lemoine, blanchisseuse à Graville. La garda quatre mois : elle retourna chez Mme Lemoine, visiblement maltraitée, portant des traces de ligatures et ayant le poignet cassé. En 1850, Mme Lemoine, devenue aveugle, ne pouvait plus s'occuper d'elle et l'enfant dût retourner chez sa mère. Arrivée en parfaite santé, elle fut bientôt laissée à l'abandon, souillée et battue, insultée chaque jour, frappée avec bâton, pincettes, fer à repasser, dormant dans un caveau humide sur un matelas pourri, et privée constamment de nourriture, ou bien nourrie d'ordures. Face à l'indignation du quartier, on vint la chercher chez elle le 22 mai 1851, mais son état était trop grave et ses blessures désormais trop importantes. Elle mourut le lendemain, 23 mai, à l'hôpital Saint-Louis. Enfermée à la Conciergerie pour la protéger des autres détenues qui voulaient lui faire un mauvais sort tant son crime les avaient révoltées. Très calme durant son incarcération, garde le lit presque en permanence. Réveillée à six heures par le greffier, s'écrie : "Ah ! Mon Dieu ! Il faut donc que je meure ! Mon pauvre père ! Mes pauvres enfants !" Reçoit les derniers secours de la religion, grâce aux aumôniers de la Roquette et de la Conciergerie. Durant la toilette, ne cesse de répéter : "Mon Dieu ! Mon Dieu ! Mon pauvre père ! Mes pauvres enfants !" Quitte la prison à 7h30, demande où on la conduit, car elle craint d'être conduite à La Chapelle et d'être livrée à ses voisins scandalisés. Rassurée par la réponse. Grand nombre de femmes à la Roquette. S'agenouille sur la première marche, prie, embrasse le crucifix. Sur la bascule, lève les yeux en l'air et crie : "Oh mon Dieu ! Ayez pitié de moi ! Mon pauvre père ! Mes pauvres enfants !" Dernière exécution publique d'une femme à Paris. 15 novembre 1851
24 janvier 1852 Samedi, 8h Arras (Pas-de-Calais) Jean-Augustin Macquart 39 ans, ouvrier maçon, voleur déjà condamné et père incestueux. Au cours d'un cambriolage chez Marie-Anne Petit, veuve Delahay, à Willerval le 14 octobre 1851, tue à coups de brique et de coutre de charrue le neveu de la propriétaire, Hector-Joseph Petit, 27 ans. Les frères de la victime, Fleury, maire du village, et Henri, alertés par la servante de la maison, viennent arrêter le criminel, qui blesse Fleury à la tête et au bras droit et donne un coup de tête à Henri avant de s'enfuir. Conduit dans la nuit de Saint-Omer à Arras, n'ignore pas pourquoi. Résigné. Arrivé sur la Petite-Place, embrasse le crucifix. Foule calme, rassemblée depuis plusieurs matins déjà. 06 décembre 1851
26 janvier 1852 Lundi, 12h40 Arjuzanx (Landes) Etienne Macque 24 ans, pasteur. Le 16 septembre 1851, à Arengosse, se rend à la ferme Manciet au lieu-dit Miliana pour y commettre un vol : demande à manger sur place, et une fois son repas achevé, saisit une hache, blesse Marie Dubos, épouse Manciet, et ses trois enfants, fouille les armoires. Mme Manciet poussant des cris et son mari Jean, 39 ans, revenant de la foire de Labouheyre, lui répondant, Macque sort de la maison, voit Manciet à cheval, le frappe d'un coup de hache, ce qui le désarçonne, puis le massacre. Fouille sa poche et trouve 50 centimes. Réveillé à la prison de Mont-de-Marsan à 3h par le concierge Lafont. Conduit au parloir, comprend : "Comment ? C'est aujourd'hui qu'on va me couper le cou ? Allons, à la volonté de Dieu !" Arrivé au parloir, se plaint de ne pas avoir été prévenu plus tôt et regrette de ne pas voir ses parents. S'habille, se lave, puis réunit dans un paquet tous les biens qu'il lui reste. Demande à manger, grignote un peu, boit plusieurs verres de vin et un godet d'eau-de-vie avant d'annoncer qu'il est prêt à partir. Le commissaire de police lui demande alors d'avouer s'il est l'auteur de l'assassinat de Jacques Fourcet, dit Pater, 36 ans, tuilier, tué à coups de hache le 18 janvier 1850 à Arjuzanx. Sa réponse est négative. "Venez vous avez moi, monsieur l'abbé ?" Le père Pailhès lui répond oui. "Oh, alors, c'est bon !" Départ de la prison à 4h, arrivée à dix heures passées. Cédant finalement aux demandes de l'abbé, avoue être l'assassin de Fourcet, aveux consignés par procès-verbal. Dans la prison d'Arjuzanx, demande à manger : consomme une demi-saucisse avant que les exécuteurs ne viennent faire la "toilette". Ceux-ci lui font terminer son repas après l'avoir ligoté. IL demande qu'on le laisse vivre jusqu'à 14 heures, puis annonce qu'il ira à l'échafaud à pied. Impassible, traverse la foule, grimpe les marches, s'agenouille, baise le Christ, puis sur la bascule crie à la foule de prendre exemple et de ne pas faire comme lui. 05 novembre 1851
12 février 1852 Jeudi, 8h30 Beauvais Jean-Baptiste "Fiacre" Léger 50 ans, cultivateur. Par vengeance, abat d'un coup de fusil dans la tête son beau-frère, Alexandre Baron, le 10 juillet 1851 à Monneville-Marquemont et met le feu à la voiture dans lequel il se trouvait. 16 décembre 1851
14 février 1852 Samedi, 7h Melun Alexandre-Isidore Rimbert PARRICIDE, 36 ans, charretier. Frappe son père Étienne Marie Georges Rimbert à coups de pince de fer le 10 juillet 1851 à Longperrier parce que le fils ne voulait pas règler à son père une somme de 30 francs. Empêché de continuer par des voisins, il surprend quelques heures plus tard le vieil homme, qu'il lapide mortellement cette fois : le père Rimbert meurt le 14 juillet 1851. 26 novembre 1851
26 février 1852 Jeudi, 7h Rennes Hélène Jégado 46 ans, cuisinière, tueuse en série. Inculpée pour six faits : le 04 février 1850, à Rennes, au lendemain de l'annonce de son licenciement de chez les Rabot pour insolences répétées, sert une soupe mêlée d'arsenic à Mme Rabot et à sa mère, Mme Brière. Toutes deux survivent, mais Mme Rabot, enceinte de huit mois, accouche d'un enfant mort-né. Le 18 juin 1850, embauchée à l'hôtel Roussel, empoisonne la mère de son patron, Mme Roussel mère, qui se méfie d'elle. La victime survit, mais en août, son employée et femme de confiance, Perrotte Macé, est victime à son tour de l'intoxication, et meurt le 01 septembre 1850. Licenciée après avoir bu les bouteilles de vins de son patron, est embauchée chez M.Bidard, professeur à la fac de droit. Le 03 novembre 1850, empoisonne la gouvernante, Rose Tessier, par jalousie. Rose meurt le 07 novembre. Sa remplaçante, Françoise Horiaux, commence à connaître le même sort en décembre 1850, mais survit quand elle part en convalescence dans sa famille. La nouvelle domestique, Rosalie Sarrazin, 19 ans, est empoisonnée à son tour le 17 mai 1851 et meurt le 01 juillet suivant, entraînant des soupçons, une enquête et l'arrestation d'Hélène Jégado. Sans aveux, la liste précise ne sera jamais vraiment établie, mais depuis 1833, on estime le chiffre réel de ses victimes entre 36 et une soixantaine ! Guillotinée par les bourreaux de Rennes, Saint-Brieuc et Vannes. 13 décembre 1851
06 mars 1852 Samedi, 7h15 Orléans Jules-Aimé Chevallery 39 ans, cultivateur. Tua en les étouffant à Saran ses filles au jour de leur naissance, le 18 avril 1848 et le 28 août 1850, puis jeta les corps dans la Loire. Enceinte de quatre mois, Constance Charpentier, 22 ans, mère des fillettes, domestique et maîtresse de Chevallery, le dénonça le 8 novembre 1851, une semaine après qu'il l'eut licenciée sans lui rendre tout ou partie de ses gages, et en la battant parce qu'elle osait réclamer. Inculpée d'infanticide, elle est acquittée. Chevallery lui avait promis le mariage mais n'entendait pas l'épouser, et avait dit furieux lors de la seconde naissance : "Je ne fais que des filles !" Réveillé à 6h30, effondré. Pendant la toilette, quand on coupe le col de sa chemise, pris de frissons incontrôlables. Prend un verre d'eau-de-vie. Peu de monde sur le trajet, exécution non connue du grand public. Arrivé boulevard Saint-Vincent, veut parler aux gens présents. S'exclame alors qu'on le ligote sur la bascule : "A la Toussaint dernière, je ne m'attendais pas à monter là-dessus ! Je meurs innocent comme l'enfant qui vient de naître !" Basculé, se contracte, rentre la tête dans les épaules, ce qui oblige les exécuteurs de Blois et de Tours à lui tirer la tête dans la lunette et à lui comprimer le torse sur la planche pour permettre à l'exécuteur d'Orléans de laisser tomber le couteau. 12 janvier 1852
09 mars 1852 Mardi, 11h Quintin (Côtes-du-Nord) Pierre-Barthélémy Le Coq 33 ans, laboureur. Abat d'un coup de fusil en pleine poitrine sa belle-mère Françoise Simon, veuve Gauvain, puis lui fracasse le visage à coups de crosse, puis, avec la même arme, défonce la tête de son épouse, Françoise Gauvain, le 31 août 1851 à Plaine-Haute. Mari violent, il avait été quitté par son épouse et condamné le 19 juillet précédent à un mois de prison pendant que Françoise partait se réfugier chez sa mère. 11 janvier 1852
07 avril 1852 Mercredi, 7h Caen Pierre-Florentin Bance 28 ans, cultivateur. Tua à coups de couteau la femme de son oncle, Rose Duchesne, dans la nuit du 08 au 09 novembre 1851 à Courtonne-la-Ville. Exécuté par les bourreaux de Caen, Alençon et Coutances sur les promenades Saint-Julien. 11 février 1852
29 avril 1852 Jeudi, 6h Toulouse François Metgé 55 ans, propriétaire cultivateur. Pour une querelle de voisinage, tue Jeanne Bonhoure, épouse Salvan, à coups de "valet" de charpentier, le 26 août 1851 au Faget. 19 février 1852
16 juin 1852 Mercredi, 5h03 Valence Benjamin Etienne Richer 26 ans, matelassier, membre d'une société secrète révolutionnaire "Les Défenseurs de la Constitution". Blesse grièvement dans la nuit du 06 au 07 décembre 1851, rue Roderie à Valence, sa mère, la veuve Richer, à coups de couteau de cuisine, affirmant qu'elle l'avait dénoncé aux autorités. Jugé par le conseil de guerre de la 8e division, à Lyon, arrêt cassé, rejugé par le même tribunal. Réveillé à 4h par l'aumônier Baï. "Ce sera aujourd'hui le plus beau jour de ma vie". Refuse de discuter avec le prêtre et de dénoncer ses complices. Refuse la charrette. Se rend, en tenue parricide, à pied jusqu'à l'esplanade du Cagnard, devant les écuries de la caserne militaire. Sur l'échafaud, dit "Adieu mes amis" avant d'être basculé. 05 avril 1852, 11 mai 1852
19 juin 1852 Samedi, 6h Alençon Adèle-Héloïse Belleau, épouse Berrier PARRICIDE, 44 ans, demeurant à Saint-Brice-sous-Rânes. Faussaire, endettée, pour la voler, égorgea à coups de rasoir sa mère septuagénaire le 08 février 1851 à St-Philibert-sur-Orne - elle était interdite de l'approcher depuis une tentative de strangulation le 11 août 1849 et plusieurs vols. Blesse la domestique Anne Mérel au visage, à la main droite et à la poitrine. Réveillée par l'abbé Lindet, comprend aussitôt, calme. Quand au greffe, les exécuteurs d'Alençon et de Caen lui lient les poignets, dit "Quelle triste position !" Puis rajoute : "Oui, c'est bien triste, une mort comme cela ! Je l'ai bien méritée !" Quitte la prison à pied, en tenue de parricide, précédée par des gendarmes et une voiture. Discute pendant le trajet avec l'aumônier. Arrive place aux Bestiaux, entend le greffier lire l'arrêt de condamnation. Voile retiré, regarde le crucifix puis le couperet. 3.000 personnes présentes. 30 avril 1852
19 juin 1852 Samedi, 9h Loos-les-Lille (Nord) François-Augustin "Pistolet" Prudhomme et Eugène Frédéric Lecointre 22 ans, menuisier et 20 ans, ébéniste. Détenus à la centrale de Loos - Lecointre condamné à onze ans de prison et Prudhomme à cinq ans - assassinent, le 30 mars 1852, le gardien Jombert à coups de couteau et avec son propre sabre. Les deux jeunes voulaient être déportés à Cayenne. Edouard-Hippolyte "L'Abri" Derivière, 34 ans, ancien forçat libéré, est condamné à mort et gracié. Un quatrième complice, Rossé, 18 ans, est condamné aux travaux forcés à perpétuité. 03 mai 1852
29 juin 1852 Mardi, 5h Belley (Ain) Jules Charlet 29 ans, ébeniste. Militant républicain déjà condamné à deux ans de prison pour participation aux journées de juin 1848 - refugié en Suisse. Revenu en 1851 pour soulever la population, le 07 décembre 1851 à Anglefort, est surpris par les douaniers dépêchés pour l'arrêter, lui et ses complices. Frappe le douanier Frédéric Guichard, 46 ans, à coups de lime et de crosse de carabine, tandis que le douanier Rodari prend une balle de pistolet qui lui casse le bras. Guichard meurt quelques jours plus tard. Un quatrième complice, Perrin, se noie en tentant de franchir le Rhône à la nage. Lui et ses deux principaux complices, René Pothier, 29 ans, ébeniste, et Barthélémy Champin, 40 ans, sans profession, sont condamnés le 28 janvier 1852 par le 1er Conseil de Guerre de Lyon aux travaux forcés à perpétuité - vingt ans pour Pothier -, arrêt cassé le 07 février 1852, qui les conduit devant le deuxième Conseil de guerre qui les condamne tous trois à mort. Pothier et Champin sont graciés. 19 mars 1852
30 juin 1852 Mercredi, 7h10 Riom Maurice Morange PARRICIDE, 36 ans, marinier. Bat, étrangle, puis jette dans les eaux de la Dore, dans la nuit du 16 au 17 février 1852 à Courpière, François Morange, son père septuagénaire, qu'il maltraitait quotidiennement : le vieil homme s'était installé chez son fils trois ans plus tôt, lui cédant son héritage sous couvert de profiter du gîte. L'épouse et complice de Maurice, Jeanne Agier, est condamnée à mort et graciée. Réveillé à 3h par l'aumônier Faure et le curé de Notre-Dame-de-Marthuret. Se confesse, communie. Demande à voir son épouse : refusé. Prie et demande qu'on remercie en son nom le gardien, l'avocat et le maire de Courpière. Victime de rhumatismes, on veut lui proposer d'aller à l'échafaud en voiture, mais il entend expier son crime comme il est ordonné. Soutenu par les prêtres, se rend place du Foirail pieds nus, en tenue parricide. Entend lecture de l'acte au pied de l'échafaud, s'agenouille, reçoit la bénédiction de l'abbé Faure avant qu'on ne lui retire son voile. Exécuté par les bourreaux de Moulins et Riom, 7000 spectateurs. Temps de pluie. 17 mai 1852
14 juillet 1852 Mercredi, 5h50 Pontoise (Seine-et-Oise) Louis Edouard Lullier 23 ans, scieur de pierre à Pontoise. Par jalousie, étrangle le 5 novembre 1850 son épouse Hortense Lefèvre, 22 ans, quand celle-ci, lasse de son attitude, lui dit ses intentions de le quitter pour aller vivre à Paris. Cache le corps dans un tonneau qu'il entrepose dans une cave. Le crime le bouleverse tant qu'il devient un débauché, un paresseux et malhonnête : arrêté le 30 novembre 1851 pour avoir commis des faux billets d'escompte en imitant la signature de ses patrons, avoue le meurtre à cette occasion. Détenu à Versailles. Averti la veille, à 11 heures du soir, par l'aumônier de Barruel, se lève et gémit : "Quel mauvais réveil !" S'habille, discute avec les gendarmes. "Voilà, je suis prêt. C'est égal, je l'ai mérité ! Mais cela m'a fait plus d'effet que je ne le pensais, lorsque le curé m'a réveillé ! Ils vont être contents, à Pontoise : ils m'attendent depuis longtemps !" Quitte la prison à 11h45, prie tout au long du trajet. Halte à 1h30 à Saint-Germain-en-Laye : Lullier boit un verre de vin. Arrivé à 4h55. Seconde étape à la maison d'arrêt pour une messe. Se repent. Confié au bourreau de Paris, Heidenreich, attaché, Lullier demande de l'aide pour qu'on lui fasse boire le dernier verre d'eau-de-vie. Conduit place Notre-Dame, grimpe la plupart des marches, et ferme les yeux avant d'arriver sur la plate-forme, d'embrasser le prêtre et de se laisser saisir par les exécuteurs. 26 mai 1852
16 juillet 1852 Vendredi, 7h Quimper François-Marie Guillaume Pluchon 54 ans, laboureur. Tente d'empoisonner, le 9 décembre 1851, le fermier Étienne Le Jeune et sa bonne Françoise Bléas en versant de l'arsenic dans leur café, et récidive le 11 décembre 1851, en ajoutant le poison à la soupe des époux Prigent, aubergistes à Plouguerneau. Comptait sur leur mort pour pouvoir piller les maisons à sa guise. Suspecté d'avoir également tenté d'empoisonner en juillet 1847 son beau-frère Yves Poullaouec, la mère de ce dernier et sa domestique en ajoutant du poison à une pâte à crêpes : Pluchon était l'héritier de Poullaouec ! 01 mai 1852
19 juillet 1852 Lundi, 14h Bastia Jean-André Gianmarchi 26 ans, laboureur et berger. Membre de la bande Massoni, agissant au nom d'une vendetta. Entre Jaliccio et Bocca d'Arazza le 21 janvier 1851, attaque la diligence et abat l'un des passagers, le docteur Thomas Malaspina, d'une balle qui lui perfore l'avant-bras droit et finit dans sa tête, lui brisant la mâchoire et lui trouant la langue. Dans une affaire de racket, le 04 février 1852 à Muro, incendie l'usine d'André Roncajolo qui refusait de payer. Serait également auteur d'une tentative d'assassinat sur le brigadier de gendarmerie Giusti lors de l'attaque de la diligence de San Colombano. Ses complices, Pierre-Jean Massoni, Xavier Massoni, Piere Pietrucci et Mathieu Arrighi, sont abattus durant leur arrestation ; seul survivant de la bande, blessé au bras droit lors de son arrestation, doit être amputé. 23 mai 1852
26 juillet 1852 Lundi, 6h Toulon (Bagne) Joseph Bernet 33 ans, chauffeur de martinet. Condamné le 27 janvier 1845 à douze ans de travaux forcés par la cour d'assises de l'Allier. Au bagne de Toulon, ne rêve que d'évasion, ce qui lui vaut d'être condamné à seize ans supplémentaires de bagne. Le 18 juin 1852, brise ses fers, mais rattrapé par le garde Jamiard, le frappe de plusieurs coups de clou en fer, le blessant sans gravité. 29 juin 1852
30 juillet 1852 Vendredi, 7h Clamecy (Nièvre) Germain Cirasse





Pierre Cuisinier
44 ans, compagnon de rivière. Abat de deux coups de fusil à Pousseaux M. Bonneau père. Edmé Lorin, 30 ans, maçon, est condamné à vingt ans de travaux forcés et Edmé Saget, 30 ans, flotteur, à dix ans de travaux forcés.





49 ans, flotteur. Tua le gendarme Bidan à Clamecy le 06 décembre 1851. Jean Rollin, Martin Roux, Charles Guénot et Thomas Mannevy sont condamnés aux travaux forcés à perpétuité, Augustin Gillet à vingt ans de bagne et Pierre Badin à dix ans de surveillance. Premier arrêt du deuxième Conseil de guerre cassé, recondamné par le premier Conseil de guerre.
06 février 1852





26 février 1852, 21 mai 1852
31 juillet 1852 Samedi, 6h Vannes Dominique Elger 54 ans, musicien d'artillerie en retraite. Frappe le 23 mars 1852 à Lorient sa fille Jenny de trois coups de couteau ; la jeune femme survit une semaine à ses blessures. Coupable de bigamie, Elger battait et abusait de ses filles depuis l'enfance, et il ne pouvait supporter l'idée que Jenny puisse se marier et le quitter. Exécuté place du Champ de foire. 09 juin 1852
31 juillet 1852 Samedi, 10h Privas Joseph "Blanc" Martin 32 ans, cultivateur au lieu-dit "Lachapelle St-Philibert", commune de Lanarce. Assassina le 31 décembre 1851 à Lanarce Anne Belin pour lui voler un manteau, un drap, de la laine, du fromage et des saucisses. Cousin des Martin, tenanciers de l'Auberge de Peyrebeille. Exécuté place aux Bestiaux. 09 juin 1852
13 août 1852 Vendredi, 9h Béziers (Hérault) Joseph "Choumac" Laurens et André Cadelard 24 ans, boueur et 53 ans, carrier. Membres de l'insurrection biterroise : suite au coup d'état du 2 décembre 1851, le maire de Béziers, Casimir Péret, lance une révolte contre Bonaparte. Place Saint-Félix, le 4 décembre, M.Vernhes, greffier en chef près le tribunal civil, et son gendre M.Bernard-Maury, qui allaient chercher leur petit-fils et fils au collège, sont dénoncés comme bourgeois, propriétaires et ennemis du peuple. Vernhes est gravement blessé d'un coup de faux dans la tête, Bernard-Maury, abattu de plusieurs coups de feu, survit deux jours à ses blessures. Jugés par le conseil de guerre. Pierre Vidal et Jean-Pierre Pagès sont également condamnés à mort et graciés. Péret, Coutelou, Galibert, Boyer et Marne sont, eux, condamnés à la déportation dans une enceinte fortifiée. Arrivés la veille de Montpellier. Acceptent les secours de la religion, mais protestent toujours de leur innocence. Laurens dit "Je crois qu'on veut me tuer, mais je suis innocent !" Cadelard, lui, dit : "Nous autres, les pauvres, nous payons pour les riches ambitieux qui voulaient les places." Assistent à 6h à la messe célébrée dans la chapelle de la prison. Laurens pris d'une crise d'épilepsie. A 7h, au greffe, on sert à Laurens du rhum avec du café. Cadelard pris d'une violente faiblesse doit être soutenu pour grimper dans la charrette, et c'est à demi-conscient, la tête posée sur la poitrine, poussant des râles, qu'il est conduit sur la place de la citadelle. Laurens, le visage écarlate, pleure sans arrêt. Sur le trajet, nulle acclamation, les gens les plaignent et prient pour eux. Au pied de l'échafaud, Laurens peut embrasser sa nièce âgée de 12 ans, et Cadelard discute quelques instants avec ses deux soeurs. Saisi par les exécuteurs de Nîmes, Perpignan, Montpellier et Béziers, Laurens fermement à l'échafaud - guillotine de Perpignan -. M. de Montpellier s'énerve, car il a reçu une grande giclée de sang. Cadelard, tournant le dos à la scène, a tout entendu, et ses jambes ne le portent plus. Soutenu pour monter sur la machine, il hurle de désespoir sur la bascule. 29 mars 1852
17 août 1852 Mardi, 11h Voiron (Isère) Jean Tirard-Gallier 27 ans, cultivateur. Voleur, violent, arrêté le 08 août 1851 pour incendie et double tentative de meurtre, s'évade de la prison de Grenoble en compagnie du bandit Ginot le 15 septembre 1851. Début février, auteur de l'assassinat de Louis-Victor Cotte dans les environs de la Verpillière. Son complice Billon-Grand est condamné à dix ans de travaux forcés. 09 juin 1852
23 août 1852 Lundi, 11h Rambervillers (Vosges) Jean-Baptiste Germain Thiébaut 44 ans, maçon à Domptail, tueur en série. Viole, égorge et éventre à coups de couteau Catherine Colin, 33 ans, journalière, à Xaffévillers le 09 juin 1851. Son arrestation permet de découvrir deux autres crimes vieux de dix ans. Le 06 octobre 1840, à Magnières, viole et égorge Thérèse Marcot, sa maîtresse ; le 25 octobre 1840, près de Séranville, viole et égorge Marguerite Lacour, 36 ans. 09 juin 1852
25 août 1852 Mercredi, 7h30 Laon Marie-Josèphe Bruneau, épouse Gain 55 ans, cultivatrice. A compter de décembre 1845, à Nouvion-Câtillon, se rend coupable de trois incendies criminels. Arrêtée après un feu allumé le 15 mars 1846 chez ses voisins Guillaume qu'elle détestait. Faute de preuves, remise en liberté, attend le 09 décembre 1851 pour récidiver, en boutant le feu cette fois à leur propre maison afin de toucher l'assurance s'élevant à 1.500 francs. Son mari Antoine Gain, 54 ans, cultivateur, est condamné aux travaux forcés à perpétuité. 23 juin 1852
01 septembre 1852 Mercredi, 11h Saint-Brieuc Jean-Marie Rouault PARRICIDE, 56 ans, laboureur. Le 04 mai 1852, à Plouasne, s'opposant à une vente de froment, lors de la livraison, frappe son beau-frère Garel de cinq coups de couteau, blesse le gendre de Garel, Saudrais, de deux coups de roue à grain, et frappe enfin sa mère Magdeleine P., 86 ans, filandière, avec la même arme, provoquant une fracture du crâne qui tue la vieille dame octogénaire après quatre jours. Avait déjà précipité sa mère contre un mur, lui faisant perdre connaissance, en 1849, et en 1851, avait essayé de la frapper avec une fourche, empêché dans sa tentative par les soeurs et son beau-frère. 10 juillet 1852
03 septembre 1852 Vendredi, 4h Besançon Jean-Claude Vauthier 43 ans, journalier. Le 14 mai 1852, à Morre, au Trou-au-Loup, frappe à coups de couteau les époux septuagénaires Redoutey, marchands de vin, pour les voler, causant la mort de M.Redoutey le 18 mai. 28 juillet 1852
14 septembre 1852 Mardi, 8h Paris Guillaume Pradeaux 32 ans, fleuriste. Déjà condamné en 1844 à cinq ans de prison pour vols, connu pour sa violence. Ayant fait connaissance d'Aline Dardare, 20 ans, et prévoyant de l'épouser, assassine trois personnes afin de trouver l'argent pour payer la noce, qui doit avoir lieu le 1er mai 1852. Le 6 avril 1852, en cambriolant le magasin de coton Michelet, 157, rue de Sèvres, tue d'un coup de planche dans la tête le cocher Emery qui faisait office de veilleur de nuit, et vole 450 francs. Le 25 avril, se rendant chez une amie et bienfaitrice de la famille, la veuve Château, habitant au 59, rue Vaneau, se fait offrir le dîner et le lit avant de la tuer à coups de barre de fer à l'heure du coucher, dérobant 300 francs et des bijoux. Le 30 avril au matin, il assomme d'un coup de poing puis étrangle avec un mouchoir Marie-Louise Suan, 72 ans, fleuriste, au 14 rue des Bourguignons, mais ne trouve aucun argent à emporter. Le même jour, dans la soirée, après avoir bu dans son café de la rue de Sèvres, tente d'assommer à coups de bouteille la cabaretière Naudin et de de l'étrangler, mais ses cris attirent le concierge qui le poursuit et le mène tout droit entre les mains d'un agent de police, boulevard des Invalides. Prévenu à 6h30 par l'aumônier, était déjà au courant : "Je comprends que mon dernier jour est arrivé. J'en suis très content. Il est temps que ça finisse. Je ne veux plus chercher à dissimuler l'énormité de mes crimes, et je sais que je n'ai que trop mérité la mort, mais je mourrai en chrétien, et j'espère que ma mort pourra servir d'exemple." Entend la messe avec repentir dans la chapelle. Ramené dans une cellule voisine de la sienne, demande à déjeuner : mange une côtelette de veau, du pain et du vin qu'il mange avec appétit. Comme il semble même heureux, un assistant en fait la remarque. "Que voulez-vous ? Je suis content de me trouver une dernière fois au milieu de mes amis. Je suis content d'avoir rempli tous mes devoirs religieux, et je suis content de mourir en vrai chrétien en punition de mes forfaits, parce que je suis sincèrement repentant et que j'espère en la miséricorde de Dieu !" On lui enlève la camisole ppour la toilette, petite crispation du visage vite estompée, remercie et embrasse le directeur, les gardiens et plusieurs assistants avant de quitter la pièce. Foule imposante au rond-point de la Roquette, majorité de femmes et d'enfants. Mouvement de peur en voyant la guillotine en sortant de la prison, mais s'avance fermement et prie jusqu'à la bascule. Lève les yeux au ciel quand on le pousse sous le couperet. Les spectateurs se dispersent sans faire d'esclandre. 14 août 1852
15 septembre 1852 Mercredi, 5h45 Laval Céléstin Augustin Pierre Valotère 30 ans, journalier. Commet en janvier 1852 près de Segré (Maine-et-Loire) trois tentatives de viols avec violence sur une femme, une jeune fille et un enfant. Le 27 janvier 1852, à Bouillé-Ménard, viole et égorge d'un coup de couteau Antoinette Tauzin, 14 ans. Condamné en première instance à Angers, arrêt cassé. Au réveil, savait déjà ce qui allait se passer, s'y attendait depuis plus d'un mois. Se confesse, entend la messe et communie, puis remet à l'aumônier le peu d'argent qu'il lui reste, soit 2 francs, pour qu'il dise une messe à son intention. Avant la toilette, demande à aller uriner, mais une fois aux cabinets, tente de se trancher la gorge avec une lame dissimulée tout ce temps. Un gardien appelle au secours et la plaie, très légère, est rapidement soignée. Comme l'aumônier lui fait reproche de cette tentative de suicide, il répond "Je dois mourir de toute façon, alors, je voulais éviter à ma famille le déshonneur que j'allais lui causer en montant à l'échafaud." De la prison au champ de foire, se repent plusieurs fois et embrasse le crucifix, gémissant : "Voilà donc où mènent les mauvaises passions !" Monte les marches de l'échafaud avec fermeté, embrasse une fois encore la croix, puis l'aumônier avant de se laisser basculer. 09 mai 1852, 13 juillet 1852
30 septembre 1852 Jeudi, 6h Bourg-en-Bresse François Marie Mermet 57 ans, peigneur de chanvre, déjà condamné pour coups et blessures à deux reprises. Le 11 mars 1852, à Bohas, il agresse à coups de pierre son collègue Jean Monnet pour le voler. Monnet survit quatre jours et le dénonce. 05 août 1852
11 octobre 1852 Lundi, 9h10 Pau Pedro Alexis Macario 28 ans, journalier, Espagnol. Assassine à coups de bûche et de couteau le 28 mars 1852 à Trois-Villes, au pays Basque, un colporteur espagnol pour le voler, et jette son corps dans la rivière Saison. Son complice Andreas Aristas, condamné à mort, est gracié. Réveillé à 5h. Pâlit, pleure un peu, puis maudit l'arrêt de condamnation et dit qu'il n'a rien à révéler. L'abbé Herrera ainsi que l'aumônier parviennent à le calmer. Se confesse, entend la messe, communie. Fait un bon déjeuner arrosé d'une bouteille de vin de Bordeaux et fume deux cigares. Parle avec les prêtres jusqu'à l'arrivée de l'exécuteur. Toilette rapide. On lui propose d'aller place du Foirail à pied ou en voiture : opte pour la marche. S'avance un cigare à la bouche, au milieu de la foule. Contemple la guillotine sans émotion, reçoit l'ultime bénédication et se laisse basculer. Premier supplice place du Foirail, pas d'exécution à Pau depuis 24 ans. août 1852
16 octobre 1852 Samedi, 7h Sélestat (Bas-Rhin) Antoine Faerber 21 ans, journalier. Tue à coups de houe dans la tête le 22 juin 1852 sur la route de Châtenois à Thanville Jean-Baptiste Vernier, voiturier, quinquagénaire, pour lui voler 43 francs 80. Ursule Bernard, 27 ans, tisseuse, instigatrice du crime, est condamnée à mort et graciée. Leur complice, Martin Muhla, tisserand, est condamné aux travaux forcés à perpétuité. 25 août 1852
16 octobre 1852 Samedi, 9h05 Ars-sur-Moselle (Moselle) Joseph Marty Menuisier. Etrangle à mains nues, le 16 mai 1852 dans le bois de Gravelotte sa femme Marie Henry, épouse Marty, qui avait fini par le quitter au bout de vingt ans de mariage en raison de sa violence. Crime commis sous les yeux d'Henri Fristo, 12 ans, alors perché dans un arbre pour dénicher des oiseaux, et qui parvient à le dénoncer. Prévenu à la prison de Metz à 6h par l'abbé Goux et le directeur de la prison. Comprend aussitôt : devient tout pâle, mais reste stoïque. Se confesse, entend la messe et communie, puis demande un peu d'eau-de-vie qu'il boit avec plaisir. Réclame alors à manger, et déjeune avec appétit de pain, de fromage et de vin. A 7h30, mis en présence des exécuteurs de Metz et de Nancy, est pris d'une certaine inquiétude, mais redevient calme et défait sa blouse seul. "Ne me serrez pas si fort, mes amis. Je ne veux pas vous faire de mal, et je vous suivrai à pied jusqu'à Ars, si vous le désirez." Monte dans un fiacre avec les exécuteurs et l'aumônier qui passe le trajet à lui prodiguer des paroles de réconfort. 23 août 1852
18 octobre 1852 Lundi, 9h Eu (Seine-Inférieure) Louis-Joseph Kramer 22 ans, journalier. Tue à coups de barre de fer dans la nuit du 11 au 12 octobre 1851 les époux Dufaytel, fermiers aux Hayettes, hameau de Saint-Pierre-en-Val, ses patrons, pour leur voler 1.500 francs. Pierre-Étienne Désenclos, complice, est condamné aux travaux forcés à perpétuité. Exécuté place Mathomesnil. 20 août 1852
03 novembre 1852 Mercredi, 8h Ounans (Jura) Jean-Etienne Dougny 37 ans, journalier, ancien passeur du bac municipal. Licencié de ce poste pour paresse et insulte aux passagers, avait promis de mettre le feu au village en représailles. Le 11 janvier 1852, allume un feu dans la maison de son voisin pour que l'incendie se communique à la sienne, mitoyenne et assurée 3000 francs, soit le double de sa valeur réelle ; les pluies récentes empêchent le sinistre de s'étendre. Arrêté, il bénéficie d'un non-lieu mais son court séjour en prison ravive sa colère. Dans la nuit du 29 au 30 mars 1852, met le feu à un tas de paille dans l'étable de M.Aigrot, conseiller municipal, un des responsables de sa destitution. Après avoir causé la mort de dix têtes de bétail, le feu s'étend à la maison Aigrot, mais aussi à celles voisines, celles de MM. Mougey et Savard, également conseillers municipaux : le vieux père Mougey, 82 ans, meurt asphyxié dans son lit. Madame Aigrot, sortie de sa maison en flammes, se rend compte que son fils de dix ans ne l'a pas suivie : elle retourne donc le chercher, et le toit s'effondre alors qu'elle vient de rentrer : les corps de la mère et du fils seront retrouvés ensemble. 09 septembre 1852
15 novembre 1852 Lundi, 11h Rodez Jean-Antoine Ratié 39 ans, soldat canonnier au 2e régiment d'artillerie. Le 23 octobre 1849, aux environs de Bourges, assassine sa maîtresse, Rose Durand, veuve Pégorié, 50 ans, aubergiste, qui avait eu le tort de faire de lui son héritier, et jette le corps dans un canal où il ne sera jamais retrouvé. Assassina à Lafabrègue le 18 octobre 1850 une autre de ses maîtresses, Barbe André, qu'il tua d'un coup de bâton dans la tête avant de l'enterrer à quelque distance de sa maison et de faire main basse sur ses quelques biens. La seconde victime sera exhumée le 02 février 1852. L'exécuteur ruthénois, pris d'une crise d'hémophobie, mourut le lendemain. 07 septembre 1852
23 décembre 1852 Jeudi, 7h Melun Narcisse Durand 24 ans, berger. Le 12 septembre 1852, à Romainvilliers, viole Victorine Mélina Héros, bergère de 10 ans, en l'égorgeant de plusieurs coups de couteau parce qu'elle se débat. 13 novembre 1852
10 janvier 1853 Lundi, 8h Colmar (Haut-Rhin) Antoine Brandenburger 30 ans, garçon meunier. Assassine le 06 septembre 1852 son patron, M. Hassenforder, meunier à Réguisheim, pour le voler, et le jette dans le canal du moulin, avant de dérober une somme ridicule. Exécuté place du magasin à fourrages. 20 novembre 1852
26 février 1853 Samedi, 7h Moulins Jean Legland PARRICIDE, 32 ans, maçon. Assassine à coups de pieu son père, Pierre Legland, le 07 décembre 1851 au hameau de Lariot, commune de Cesset, parce que le vieil homme s'était remarié, mettant en péril l'héritage filial. Accusée de complicité, sa veuve, Madeleine Blanchet, est condamnée à perpétuité le 22 juillet 1853. 01 novembre 1852
26 février 1853 Samedi, 12h, 12h30 Coutances Noël Auvray





Guillaume-Jean Lorin
43 ans, cultivateur à Cusson. Homme d'une extrême brutalité, maltraitait sa belle-famille chez laquelle il résidait depuis 1847, suite à des revers de fortune. Le 05 octobre 1852, après les avoir battus comme plâtre à coups de poing, brise à coups de hache les meubles puis massacre M.Thomas, son beau-père, avec la même arme.





52 ans, cultivateur au Luot. Marié en 1841 à Madeleine Jennequin, rentière assez riche de vingt ans son aînée. Madeleine devenant sourde, aveugle et paralysée, il trouve qu'elle met trop de temps à mourir : il l'affame, la livre à des abeilles furieuses, avant de l'empoisonner au vitriol bleu, ce dont elle meurt le 08 septembre 1852.
07 décembre 1852





08 décembre 1852
16 avril 1853 Samedi, 6h Chalon-sur-Saône Jean-Marie Tarriot 44 ans, tailleur de pierres, vagabond condamné treize fois, dont une à dix ans de travaux forcés. Ayant croisé la route d'Henri Demary, un fugueur de 10 ans, à Saint-Sorlin, en août 1850, il le viole, l'éventre et le dépèce. Le corps est retrouvé le 1er septembre suivant. En 1852, incarcéré à Montluçon pour vagabondage, Tarriot, décidé à en finir avec la vie, avoue le crime. Exécuté place Ronde. 14 mars 1853
27 avril 1853 Mercredi, 5h45 Auxerre François-Napoléon Gautherin 46 ans, marchand coquetier à Percey. A la mort de son père, s'installe dans la maison de famille, bat régulièrement sa mère octogénaire et étrangle le 07 juillet 1852 sa domestique et maîtresse, Mlle Chardon, surnommée "La Carabine", et enterre son corps dans sa grange. Exécuté rue du jardin public, au faubourg Saint-Amatre. 15 mars 1853
29 avril 1853 Vendredi, 7h Laon Louis Narcisse Lucta 34 ans, cultivateur. Assassine à coups de serpe le 16 mars 1852 à Ployart M.Rouillion, son beau-père, 78 ans, pour ne pas avoir à lui verser la rente viagère qu'il exigeait, puis lui enfonce la tête dans le foyer pour faire croire à un accident. Sa femme, Julienne-Mathurine Rouillon, épouse Lucta, 41 ans, ménagère, est condamnée à mort puis graciée. 19 février 1853
30 avril 1853 Samedi, 8h10 Toulouse Jean "Caudeilh" Boyal 25 ans, cultivateur. Tua à coups de hache le 1er novembre 1852 Marie-Anne Fauré, veuve Auriol, agricultrice sexagénaire au hameau de Trotoco, commune de Bonrepos pour lui voler 170 francs. Exécuté au Port Garaud. 02 mars 1853
07 mai 1853 Samedi, 6h30 Lyon Pierre Ginot et Louis Fayot 33 ans, serrurier, et 26 ans, tisserand. Ginot, assassin et bandit multirécidiviste, condamné à perpétuité par les assises de l'Isère, et Fayot, lui également condamné à perpétuité en attente d'un second procès pour assassinat, sont détenus et compagnons de dortoir à la maison d'arrêt de Lyon. Tentent, en compagnie de quatre autres complices, le 22 janvier 1853 de s'évader, en étranglant le gardien Mayet. Dénoncés par deux autres co-détenus, ils échouent, et leur victime survit. André Grimaud, 48 ans, portefaix et Pierre Lemaire, 32 ans, charcutier, sont condamnés aux travaux forcés à perpétuité ; Hippolyte Gauthier, 26 ans, ouvrier ferblantier, à 20 ans de bagne à compter de la fin de sa première peine ; Jacques Poncet, 31 ans, peintre en bâtiment, est acquitté. 04 mars 1853
19 mai 1853 Jeudi, 7h Chaumont Emile "Nicolas Antoine" Letoré 23 ans, domestique agricole. Recherché pour vol, sous une fausse identité, il abat le 10 février 1853 à Maranville Pierre Mouchotte, 37 ans, marchand de vins, pour lui voler un peu plus de 200 francs. 15 avril 1853
06 juin 1853 Lundi, 6h Rennes Pauline Chauvelière, veuve Tardif 30 ans, cabaretière à Noyal. Empoisonne avec de la "mort-aux-mouches" à base d'arsenic, le 31 octobre 1852 à Noyal-sur-Vilaine la fille de son mari, Marie-Rose Tardif, 2 ans, puis fait subir le même sort à son mari, Jean-Marie Tardif, débitant de boissons, le 02 décembre 1852, en le soignant avec des lavements de vitriol. 23 mars 1853
07 juin 1853 Mardi, 7h, 7h15 Caen Marie-Françoise Elisabeth Tribouillard, veuve Guillot et Clovis Désiré "Travers" Marie 41 ans, cultivatrice et 34 ans, maçon et peintre en bâtiment, amants diaboliques. Tuent à coups de houe dans la tête Arsène Guillot, mari de Marie-Françoise, le 18 décembre 1852 à Vendes. Leur voisine et complice, Marie-Victoire Hellouin, veuve Duvivier, 52 ans, est condamnée aux travaux forcés à perpétuité. 03 mars 1853
21 juin 1853 Mardi, 6h Guéret Sylvain Joseph Daguet PARRICIDE, 31 ans, maçon. Travailleur, mais susceptible et radin, raignant d'être lesé dans l'héritage parental à cause du mariage imminent de sa soeur, tue en février 1853 au hameau du Petit Couret, commune de Naillat, sa belle-mère, Mme Daguet, puis abat son père et sa soeur à coups de fusil avant de leur broyer le crâne avec le talon de la hache. Réveillé à 3h par l'aumônier. Remercie Dieu pour lui avoir laissé assez de temps pour préparer son âme, mais regrette l'heure d'exécution, trop matinale selon lui pour servir correctement d'exemple à la population. Dit avoir très peur d'avoir le poing droit tranché, comme avant 1832, et malgré les paroles réconfortantes du prêtre, pas rassurer. Assiste à la messe, donne son testament au gardien-chef de la prison, salue les prisonniers et leur lègue ses vêtements. Revêtu de la tenue parricide, va pieds nus jusqu'à l'échafaud, dressé place du Champ-de-Foire. Sur la plate-forme, écoute l'huissier lire l'arrêt de condamnation. Une fois le voile de lustrine et la chemise retirée, il est basculé et gémit "Mon Dieu, ayez pitié de moi !"
Dernière exécution capitale dans la Creuse.
03 mai 1853
02 juillet 1853 Samedi, 9h Les Grandes-Loges (Marne) Georges "Joseph" Meyer 25 ans, domestique, Luxembourgeois. Dans la nuit du 18 au 19 mai 1852, aux Grandes-Loges, s'introduit chez Marguerite Pammerot, veuve Lefèvre, 34 ans, et la tue de onze coups de couteau pour la voler. 07 mai 1853
16 juillet 1853 Samedi, 7h Saint-Just-en-Chaussée (Oise) Pierre-Alexandre Godet PARRICIDE, 29 ans, faiseur de bois. Tue de 71 coups de couteau à la tête, au cou, à la poitrine et au bras gauche son père M. Godet, 52 ans, le 02 mai 1853 à Valescourt. Son frère Auguste Godet est gracié. 11 juin 1853
27 juillet 1853 Mercredi, 7h Laon Célestin Clovis Potin PARRICIDE, 24 ans, marchand de fer et de charbon. Abat d'un coup de fusil son père Jean-Louis Célestin Potin, 58 ans, à Etréaupont le 11 novembre 1852, avec l'aide de sa mère : tous deux détestaient le père et rêvaient de son héritage. Marie-Adélaïde Vidalaire, veuve Potin, 60 ans, ménagère, est condamnée à mort et graciée. 18 mai 1853
05 août 1853 Vendredi, 7h30 Allanche (Cantal) Louis Grégoire 37 ans, cultivateur. Dans la nuit du 01 au 02 juin 1852 à Pradiers, assassine à coups de hache et de couteau de boucher Marie-Dominique Amadieu, maire de la commune, avec l'intention de le voler, et décapite à la hache la servante de sa première victime pour l'empêcher de s'enfuir et de le dénoncer. 24 juin 1853
13 août 1853 Samedi, 6h Strasbourg Paul Müller 34 ans, journalier. Le 23 mars 1853, à Ottrott-le-Bas, massacre avec une grosse pierre Marie-Anne Scherer, veuve Berger, une mendiante, et ses enfants Madeleine, 6 ans et Nicolas, 2 ans, avant de les achever avec une corde pour faire passer la mort pour un suicide, puis dérobe de la nourriture et des vêtements. 27 juin 1853
19 septembre 1853 Lundi, 6h05 Valence Pierre "Cadet" Monet 57 ans, maçon, ancien conseiller municipal d'Uzès (Gard). Le 30 septembre 1852 à Uzès, abat de six balles le vicomte Jean-Antoine-Tancrède de Dampmartin, 65 ans, maire d'Uzès et conseiller général du Gard, jaloux d'avoir évincé des listes municipales. Affaire jugée par les assises de la Drôme suite à une décision de la Cour de cassation le 08 avril 1853. Réveillé à 5h par l'aumônier et le directeur de la prison. Calme et résigné. Demande un verre d'eau, le prêtre lui sert de l'eau-de-vie. Place Saint-Félix, quartier du petit Saint-Jacques, monte les degrés sans défaillir, embrasse crucifix et l'aumônier; 23 juillet 1853
13 octobre 1853 Jeudi, 6h Lyon André "Férrand" Wirling 37 ans, colporteur. Après avoir endormi son compagnon, M. Bonneru, avec du vin mêlé d'un somnifère, étranglent Mme Ayé, 68 ans, épicière, le 16 février 1853 à Villeurbanne, pour voler 65 francs. Madeleine Garos, 23 ans, marchande ambulante, est condamnée à douze ans de travaux forcés. François "Coco" Duret, 26 ans, perruquier, est condamné à mort et gracié. Exécuté cours Charlemagne. 13 août 1853
03 novembre 1853 Jeudi, 12h Corcieux (Vosges) Marie-Catherine Balland, veuve Demangeon 54 ans, cultivatrice. Assassine de six coups de hache dans la nuit du 28 au 29 juin 1853 au Hagis-des-Belles, commune de La Chapelle, son époux Nicolas Demangeon, 60 ans, cultivateur. Son fils et complice, Maurice Demangeon, 20 ans, est condamné aux travaux forcés à perpétuité. Mobile : Maurice devait partir faire son service, chose qui pouvait être évitée contre un important pot-de-vin. Le père Demangeon, bien qu'avare, était résolu à payer la somme, mais son épouse, plus rapace encore, préféra opter pour une solution plus radicale : les enfants de veuve sont exemptés ! 03 septembre 1853
19 décembre 1853 Lundi, 8h Valence Jean Brotier 57 ans, meunier. Tue, le 11 septembre 1853 à Clérieux, Didier Reynier, 75 ans, colporteur, son locataire, pour le voler. 24 octobre 1853
22 décembre 1853 Jeudi, 8h Provins (Seine-et-Marne) Pie-Nicolas Bony 22 ans, arpenteur. Faussaire identifié par le banquier Moreau : contraint à rembourser l'argent qu'il n'a pas, il le tue à coups de hachette et de ciseau à bois le 14 octobre 1853 à Provins ainsi que son épouse. Dérobe environ 2850 francs et séquestre la domestique, Claudette Breunay, laquelle profite de son sommeil pour défaire ses liens et aller chercher les gendarmes. Devant l'échafaud de la place Saint-Ayoul, dit à la foule : "Je demande pardon à Dieu et à la société des crimes que j'ai commis." Exécuté par le bourreau de Paris, corps remis à l'institut médico-légal de Paris pour recherches. 21 novembre 1853
13 janvier 1854 Vendredi, 9h Capestang (Hérault) Auguste Jacques "Valat" César 44 ans, pêcheur. Le 04 décembre 1851, abat d'un coup de pistolet le père Cavalié, curé de Poilhes, parce que Sophie Valat, la soeur de César, avait fait du prêtre son légataire au détriment de son frère. Se réfugie dans son Espagne natale pour échapper aux recherches. 29 novembre 1853
19 janvier 1854 Jeudi, 8h35 Poitiers Jean-André Lacroix PARRICIDE, 38 ans, tisserand. Le 13 octobre 1853, à Beaumont, abat à coups de fusil son frère Vincent Lacroix et sa mère Marie Métoirest, dont il pensait qu'elle préférait son frère à lui. 29 novembre 1853
27 janvier 1854 Vendredi, 7h Chartres Désiré Frédéric Dejames 28 ans, jardinier. Condamné à sept ans de bagne en 1844 par les assises de la Seine pour vol, multiples séjours en maison d'arrêt, libéré de la prison de Rouen le 02 août 1853. Le 05 août, à Dreux, tente d'étouffer et d'étrangler Mme Julien, cafetière, pour voler 380 francs. Avait commis, sur les deux jours séparant sa libération de son crime de sang, commis quatre cambriolages sur la route qui devait le conduire à Montargis. Son complice Aubert Vivien, 20 ans, fils d'un forçat condamné à vie, est condamné à vingt ans de travaux forcés. Exécuté place Morard. 07 décembre 1853
01 février 1854 Mercredi, 8h Nantes Jules-François Verger 38 ans, frotteur. Blesse de plusieurs coups de couteau dans la tête son épouse Jeanne Rivet, puis égorge leurs deux enfants, Jeanne, 3 ans, et Alexandre, 10 mois, le 9 septembre 1853, 5 rue des Gorges à Nantes, avant de tenter de mettre fin à ses jours en s'ouvrant lui-même la gorge. Agit ainsi pour se venger de son épouse née d'une famille riche quand lui était couvert de dettes. Exécuté place Viarme. 14 décembre 1853
03 février 1854 Vendredi, 8h Troyes Marie Besançon, épouse Frétté PARRICIDE, 40 ans, ménagère. Tua le 20 août 1853 aux Croûtes sa mère Marie Besançon à coups de sabot avant de la jeter dans la mare. Depuis son mariage avec Jean-Baptiste Fretté, Marie-Rosalie et sa mère étaient brimées et battues par l'homme, ivrogne violent, qui obligeait la vieille dame à aller mendier de quoi se nourrir sur les routes : Rosalie voulait juste épargner à sa mère ces supplices, mais également obéir à son mari qui entendait s'en débarrasser ! Pour coups et blessures sur son épouse et sur son propre père, Frétté fut condamné à .... huit ans de prison ! Exécutée place des Charmilles. 15 décembre 1853
01 mars 1854 Mercredi, 7h Nantes Eugène Boquet 23 ans, domestique, déjà condamné pour vols deux fois et évadé de la prison de la Meilleraye. Assassine à coups de faux le 11 novembre 1853 à Maisdon Louis Guillet, marchand de bestiaux, pour lui voler sa ceinture contenant 150 francs au moins. Exécuté place Viarme. 22 décembre 1853
03 mars 1854 Vendredi, 7h Amiens Abraham-Isaac Jacob Duboille 40 ans, tisseur, déjà condamné cinq fois, forçat libéré. Surpris en plein cambriolage, dans la nuit du 21 au 22 novembre 1853 à Longvillers, frappe d'une vingtaine de coups de couteau les époux Bellavoine, épiciers, propriétaires des lieux, les blessant gravement. 14 janvier 1854
14 mars 1854 Montréal (Gers) Antoine Cézan 31 ans, agent de remplacement militaire, condamné à plusieurs reprises, pour vols et viols. Agressa à coups de couteau le 12 novembre 1853 les époux Catherine et Joseph Darras pour les voler au lieu-dit Nontries, commune de Fourcès, pour leur voler 150 francs. Catherine, touchée de deux coups dans la poitrine, meurt presque sur le coup, Joseph, frappé à cinq reprises, survit et dénonce son assaillant. Exécuté par le bourreau d'Agen. 16 janvier 1854
15 mars 1854 Mercredi, 8h Quimper Henry Colin 26 ans, domestique agricole. Etrangle le 26 septembre 1853 à Plovézet son beau-père, Jacques Bourdon, fermier, qui avait fait de lui son héritier. Déçu par le comportement tyrannique et violent de son gendre, Bourdon voulait user d'un alinéa du contrat, stipulant qu'en cas de mésentente, Colin devait remettre à son beau-père l'usage exclusif d'une maison dépendant de la ferme ainsi qu'une partie de la récolte céréalière des terrains à compter du 29 septembre ! 18 janvier 1854
05 avril 1854 Mercredi, 7h Caen Louis-Honoré Coeuret 31 ans, journalier. Égorge de dix coups de rasoir, le 10 novembre 1853 à Lisieux, son épouse Aimée Bernouy, 25 ans, domestique. Voulait cambrioler la maison des patrons de sa femme, les Guirard-Desjardins, et Aimée avait cherché à l'en empêcher. 11 février 1854
26 avril 1854 Mercredi, 6h Les Martres-de-Veyre (Puy-de-Dôme) Claude Fourneyron 49 ans, cultivateur. Chef d'une bande révolutionnaire, auteur de quinze incendies volontaires aux Martres-de-Veyre entre le 11 janvier 1852 et le 26 juin 1853, tous commis sur des maisons de riches propriétaires. Aucune victime, mais de justesse : le 8 août 1852, le fils d'Hugues Soleil, âgé de 4 mois, est sauvé alors que sa chambre est en feu. L'incendie du 9 janvier 1853, commis dans la ferme Parades, avait manqué causer la mort de la propriétaire et de son fils. Douze inculpés : un acquitté, quatre condamnations à vingt ans de travaux forcés, deux condamnations aux travaux forcés à perpétuité. Fioux-Courtry, Etienne Dauzon et Barthélémy Tixier sont condamnés à mort et graciés. Averti à Riom le 25 à 22h. Extrait de la prison à minuit, calme durant le voyage, taciturne mais courageux. Halte à Clermont-Ferrand. Conduit à la mairie des Martres-de-Veyre, pendant la toilette, répète de temps en temps : "Je suis innocent !" Echafaud dressé sur la place de la mairie. Grimpe les marches, regarde la machine, baisse la tête et se laisse basculer. Peu de gens présents. 13 février 1854
26 avril 1854 Mercredi, 7h Chartres Pierre Auffray 53 ans, marchand de bovins. Assassine le 28 juillet 1853 à Champrond-en-Gâtines Jean-Louis Chouet, maquignon, à coups de couteau et de bâton, pour lui voler 300 francs. Exécuté place Morard. 11 mars 1854
03 mai 1854 Mercredi, 6h Rouen Jean-Elie Meurdra 31 ans, journalier. Tue le 12 décembre 1853 à Sainte-Adresse M.Houllemare, garde particulier, qui l'avait arrêté en plein braconnage sur les terres de son maître, M.Acher. Prévenu à 4h par l'abbé Podevin, se montre résigné. A la chapelle du Palais de Justice, entend la messe, prie et s'entretient avec l'aumônier, demande qu'on donne son argent, ses boucles d'oreille et ses rares possessions à sa mère. Au prêtre qui lui demande s'il a des révélations à faire à la justice, il répond : "J'avais nié jusqu'à mon jugement avoir tiré le premier. Depuis, je l'ai publiquement avoué. J'en demande pardon à Dieu et aux hommes, mais je n'ai aucun autre renseignement à donner." Confié aux exécuteurs, embrasse le directeur de la prison au moment de monter en voiture, puis les gardiens en se souvenant de leur amabilité durant son emprisonnement. Au bout de 15 minutes de trajet, arrive place Bonne-Nouvelle devant l'échafaud. Assure aux exécuteurs qu'il n'a pas besoin d'être soutenu, seulement par l'aumônier, et monte d'un pas ferme les marches avant de remercier le prêtre, d'embrasser le crucifix une dernière fois. Acte-civil de décès introuvable en ligne. 22 mars 1854
04 mai 1854 Jeudi, 6h Saint-Flour Jean Roussille 26 ans, berger, domestique. Abat d'un coup de fusil en pleine tête, le 07 novembre 1853 à la ferme Chalvet, commune de Donnenuit, Catherine Bafoil, veuve Durant, la belle-mère du fermier, pour voler 560 francs et des bijoux. Il avait été licencié la veille de la ferme pour sa violence. 25 mars 1854
29 juin 1854 Jeudi, 12h30 Broons (Côtes-du-Nord) Marc Buglet 52 ans, laboureur. Tua à coups de hache le 21 août 1853 sa femme Perrine Bougault, 52 ans, et sa fille, Anne-Marie Buglet, 12 ans, à Trémeur. Veuf 16 ans plus tôt, la rumeur laissait entendre que c'est à force de maltraitances que sa première épouse était décédée. Averti dans la nuit, quitte Saint-Brieuc au petit jour. Arrivé à Broons à 11h, conduit au cachot local, réitère ses protestations d'innocence au juge de paix Saliou. Avant de quitter la petite maison de force, dit ! "Ma femme, ma fille et moi, nous mourons tous les trois martyrs." Foule importante. Refuse de prendre la voiture pour atteindre l'échafaud, va à pied, assez calmement et prie la Sainte-Vierge avant d'être basculé. 06 mai 1854
15 juillet 1854 Samedi, 6h Limoges Léonard Castel-Dugenest PARRICIDE, 49 ans, propriétaire-cultivateur. Assassine à coups de pieu le 02 avril 1854 au Teillet, commune de Marval, son père, pour le voler. 08 juin 1854
19 juillet 1854 Mercredi, 9h30 Montpellier Pierre Villebrun 35 ans, boulanger. Le 11 avril 1854 à Sète, tue à coups de marteau et de couteau son ami Jean "Carcassonne" Bord, portefaix, pour voler 204 francs, cautérise les plaies au fer rouge puis tente d'aller jeter le corps dans la Méditerranée, mais surpris en pleine rue, abandonne le cadavre. La guillotine ne revint pas à Montpellier pendant 38 ans. 03 juin 1854
28 juillet 1854 Vendredi, 12h Castelnaudary (Aude) Pierre "Tirotolo" Baylet 46 ans, bûcheron. Ancien domestique du général de Bréa, assassine à coups de bâton le 25 février 1854 à Labécède Jacques Azam, régisseur du domaine d'En Gay, pour lui voler 7.000 francs, du pain et du fromage. Exécuté rue du quai. 02 juin 1854
03 août 1854 Jeudi, 6h Barr (Bas-Rhin) Véronique Frantz 28 ans, domestique à Nothalten. Entre 1852 et 1854, empoisonne à l'arsenic les cinq membres de la famille de ses employeurs, dont trois décèdent : Marie-Anne Kobleth, épouse Ruhlmann, 74 ans, le 01 décembre 1852, Marie-Elisabeth Ruhlmann, épouse Guntz, 45 ans, le 06 juillet 1853, et George Guntz, 43 ans, vigneron, le 27 janvier 1854. Devenue la maîtresse de Guntz, rêvait d'occuper la place de maîtresse de maison, mais à son veuvage, ce dernier décida de choisir une autre femme comme seconde épouse. 17 juin 1854
07 août 1854 Lundi, 5h15 Bordeaux Etienne Dubourdieu PARRICIDE, 26 ans, propriétaire. Assassina d'un coup de marteau dans la tête le 07 février 1854 à Léogeats sa mère, Marie Ferrand, épouse Dubourdieu, cultivatrice, parce qu'elle s'opposait à ses prohets matrimoniaux. Exécuté place d'Aquitaine. 24 juin 1854
07 août 1854 Lundi, 6h Privas Jean-Pierre Blachier 26 ans, journalier, déjà condamné pour coups et blessures. Le 28 décembre 1853, au lieu-dit Albon, commune de Marcols, étrangle et assomme à coups de pierres son voisin Ladreyt Serre, 60 ans, colporteur, pour lui voler 200 francs. Réveillé à 5h par l'abbé de Saint-André et l'aumônier de la prison. Pleure un peu, puis se montre résigné. Entend la messe, puis subit la toilette. Chemin très court car l'échafaud est dressé devant la prison. Après une génuflexion pour embrasser le crucifix, grimpe l'escalier. A mi-parcours, s'arrête, regarde fixement le couperet et tremble un peu. Une fois sur la plate-forme, s'adresse à la foule : "Je demande pardon à Dieu et aux hommes de mon crime. Que mon supplice serve de leçon à ceux qui seraient tentés d'imiter ma coupable conduite." Cependant, voix trop basse pour être entendue de tous les spectateurs. Plus d'exécution à Privas jusqu'en 1923. 14 juin 1854
23 août 1854 Mercredi, 5h45 Orléans Jean-Baptiste "Pierre Bergevin" Bonnet 27 ans, maçon, domestique, voleur plusieurs fois condamné. Assassine à coups de serpe, fin décembre 1847 à Faverelles, Pierre Vignaux, colporteur de livres, pour voler ses affaires, et dissimule le corps dépecé, mutilé et ligoté au fond des eaux de la Cheuille avec une pierre pour le lester. Le corps est retrouvé le 8 mai 1847. La tête, elle, est repêchée dans une mare voisine en 1850. Sur l'échafaud, boulevard Saint-Vincent (emplacement de l'ancienne poudrière), dit quelques mots à la foule avant d'être exécuté. 4.000 personnes présentes. 13 juillet 1854
01 septembre 1854 Vendredi, 6h Orléans Pierre Oury 63 ans, cultivateur à Crucheray (Loir-et-Cher). Oury, devenu l'amant de sa domestique, Marie Burette, 25 ans, fille-mère, celle-ci tombe enceinte de lui à quatre reprises. Les deux premières fois, forcée par son amant contre une somme de 20 francs, la jeune fille abandonne les enfants à l'hospice de Blois quelques jours après leur naissance. En 1853, il oblige la jeune femme à donner le troisième nouveau-né vivant aux porcs. Elle étouffe le quatrième avec une chemise, et jette le petit corps dans le Loir. Jugés en première instance dans le Loir-et-Cher, tous deux condamnés à mort, arrêt cassé. Marie Burette est cette fois condamnée aux travaux forcés à perpétuité. 10 mai 1854, 10 juillet 1854
14 septembre 1854 Condom (Gers) Joseph Pissembert 30 ans, menuisier. Empoisonne à Condom le 30 novembre 1853 Marie-Ursule Launet, épouse Pissembert, à l'aide de vernis de menuiserie riches en plomb. Mobile : épouser sa jeune et jolie voisine, Joséphine Labat, 18 ans. Sa complice, Marie Tokast, épouse Labat, 45 ans, ménagère et épouse d'un commissaire de police, condamnée à mort, est grâciée. Exécuté par le bourreau d'Agen : la guillotine ne revint dans le Gers que 80 ans après. 16 juillet 1854
18 septembre 1854 Lundi, 7h Montreuil-Bellay (Maine-et-Loire) Jean Fardeau 40 ans, charretier. Abat de deux coups de fusil dans la nuque le maquignon Biémont, le 15 avril 1854 à deux kilomètres de Montreuil-Bellay, route de Thouars, pour lui voler 1.100 francs. 11 août 1854
06 octobre 1854 Vendredi, 7h Bacarrat (Meurthe-et-Moselle) Jean-Christophe Marchal 52 ans, garde forestier. Sa maîtresse Marie-Anne Aubert l'ayant quitté pendant son service militaire, il se marie avec Anne Fournier en 1826. Le 6 juin 1838, il empoisonne Jean Vincent, le mari de Marie-Anne, et récidive le 02 septembre sur sa propre épouse. Courant 1839, Marchal épouse Marie-Anne Aubert, mais celle-ci ayant vieilli, il s'en dégoûte rapidement et commence une relation avec la jeune Marguerite-Fiorentine Stoquer, épouse Geoffroy. Marie-Anne, qui faisait de nombreux reproches à son second mari à ce propos, est empoisonnée le 15 janvier 1853, puis agit de même sur le mari de Fiorentine, Eloi Geoffroy, qui meurt le 18 février 1853. Le 19 décembre, les amants se marient et les rumeurs criminelles se diffusent, et les preuves de l'intoxication par arsenic sont trouvées sur les deux dernières victimes. Fiorentine, 25 ans, est condamnée aux travaux forcés à perpétuité. 06 août 1854
07 octobre 1854 Samedi, 7h Dijon Marie Gautherot, épouse Gagey 35 ans, tenancière de l'auberge de la Côte-d'Or à Vitteaux, empoisonneuse multirécidiviste. Le 8 avril 1845, tue avec de l'arsenic la tante de son mari, Claudine Bertrand, 75 ans, qui avait vendu au couple sa maison en viager. Récidive en octobre 1849 sur une autre tante de son mari, Reine Commard, dont son mari et ses soeurs sont héritiers. Tue le 20 mai 1851 sa fille Marie, 14 jours, et recommence le 5 mai 1852 son fils Augustin, 4 jours, en leur faisant avaler de l'arsenic. En septembre 1853, empoisonne l'un de ses clients, M.Dougerolles, pour le voler, ce qui mène à son arrestation. 23 août 1854
07 octobre 1854 Guéblange (Moselle) Georges Brodberger PARRICIDE, 21 ans, tisserand. Assassine à Schweix - commune de Guéblange-lès-Sarralbe - le 23 mai 1854 son père Jean, 46 ans, meunier, de douze coups de pierre sur la tête : ne voulait pas faire son service militaire, et savait que les fils aînés de veuves en étaient exemptés. 20 août 1854
18 octobre 1854 Mercredi, 8h Nantes François Lalande PARRICIDE, 21 ans, laboureur. Assomme puis étrangle à mains nues le 12 juin 1854 à Herbignac sa mère Julienne Legouin qui s'opposait à son mariage. 07 septembre 1854
21 octobre 1854 Samedi, 6h30 Tours Jean-Marie Dubois 37 ans, ancien marin, repris de justice, libéré trois semaines plus tôt de Draguignan où il purgeait un reliquat de peine pour vol après cinq ans passés à Embrun. Sommé d'aller s'établir à St-Servan, en Bretagne, sous surveillance policière, profite de son passage en Touraine pour tuer à Barrou le 05 juin 1854 l'aubergiste Louis Laville à coups de pierre pour lui voler 1232 francs, dont il dissimule la majeure partie en l'enterrant dans un champ de blé. Exécuté place de l'octroi de Saint-Pierre-des-Corps. 07 septembre 1854
23 octobre 1854 Lundi, 6h05, 6h10 Blois Jacques Boyer et François Rottier 47 et 51 ans, journaliers, repris de justice, anciens terrassiers au chemin de fer d'Orléans à Tours via Blois en 1844. S'introduisent le 5 juillet 1844 chez M. Grousteau, capitaine à la retraite, faubourg des Granges, à Blois, qu'ils blessent gravement à coups de sabre et de burins, avant de tuer ses trois domestiques, Anne Bourreau, 22 ans, Marie Daridan, épouse Barnabé, 21 ans, et Jean-Louis Coudriau, 35 ans, pour les voler. Grousteau dénonce les terrassiers : Rottier et son collègue Thomas Rétif sont arrêtés, mais faute de témoins - ceux-ci ont peur -, bénéficient d'un non-lieu. Neuf ans plus tard, une voisine, Mme Cousin, ancienne cantinière au chemin de fer, avoue avoir vu trois hommes de sa connaissance s'enfuir de chez Grousteau le 5 juillet 1844 : Rottier, Rétif et Boyer, lui-même un voisin des victimes. Rétif décédé à l'hôpital de Blois en 1849. La compagne de Boyer, ayant eu connaissance du crime et arrêtée pour complicité, se pend dans la prison de Blois le 19 juin 1854. Pendant le trajet de la prison à la place du marché aux bestiaux, derrière la halle aux grains, Boyer embrasse plusieurs fois le Christ. Monté sur l'échafaud, dit tout haut aux gens : "Après cinquante jours de condamnation, je meurs innocent ! Vous tous qui assistez à mon exécution, priez pour moi !" Embrasse le prêtre et se laisse pousser sur la machine. Rottier, calme, monte à son tour, embrasse son confesseur, demande au public de prier pour lui. Pluie à verse, foule moyenne. 02 septembre 1854
07 décembre 1854 Jeudi, 8h Paris Jérémie-Victor Dombey 20 ans, ouvrier horloger. Tue à coups de gourdin l'horloger suisse Moïse-Isaac Wahl, 44 ans, le 11 septembre 1854, 17, rue du Petit-Pont à Paris, pour lui voler 92 montres. Il enveloppe le corps de robes, et le place dans une caisse qu'il conduit à la gare de Lyon pour l'abandonner. 31 octobre 1854
20 décembre 1854 Mercredi, 12h Chaumont Anne-Marie Louise Brocard, veuve Gauthier 31 ans, manouvrière, devenue cultivatrice par son mariage. Égorge à coups de rasoir le 24 juin 1854 à Poissons son époux Claude-Emile Gauthier, 24 ans, avec lequel elle était mariée depuis le 18 mai précédent. Mobile : regrettait avoir quitté son ancienne vie à Curel et trouvait son jeune mari trop autoritaire. Soupçonnée également d"avoir empoisonné à l'acide sulfurique la grand-mère de son époux, Marie Jacquot, veuve Colas, décédée trois semaines avant Emile et qu'elle n'avait cessé de maltraiter et d'affamer pendant le peu de temps qu'ils avaient vécu ensemble. 13 novembre 1854
29 décembre 1854 Vendredi, 7h45 Perpignan Pierre "Tézan" Comme 43 ans, cultivateur, repris de justice, ayant passé 19 ans en centrale, revient dans son village de Formiguères au printemps 1854. Dans la nuit du 16 au 17 mai 1854, à Formiguères, assassine à coups de hache M. Mir, son beau-frère, son épouse et leurs trois enfants, pille la maison et met le feu à la ferme. Exécuté sur l'Esplanade. 31 octobre 1854
16 janvier 1855 Mardi, 8h Lyon Louis Varvarande 27 ans, ouvrier en soie. Tue à coups de hachette pour les cambrioler les époux Desgravelles, marchands de bois septuagénaires, dans la nuit du 22 au 23 avril 1854, rue Saint-Louis à la Guillotière. Son complice, Joseph Monnet, 28 ans, condamné à mort également, est gracié. 10 novembre 1854
18 janvier 1855 Jeudi, 8h Dijon Philibert Gigot 36 ans, domestique de ferme. A Flavigny, en avril 1854, empoisonne à l'arsenic son épouse Jeanne Toulouse, qu'il n'avait jamais aimée, qu'il avait épousée parce qu'elle était enceinte de lui et qui avait fait de lui son héritier. Le 27 mai, Jeanne, comprenant qu'elle est en danger, alerte les autorités, ce qui lui sauve la vie. 02 décembre 1854
25 janvier 1855 Jeudi, 12h15 Brienne-la-Vieille (Aube) Jacques Guillard 28 ans, journalier. Auteur de plusieurs incendies volontaires à Brienne-la-Vieille entre le 24 août 1845 et le 06 novembre 1853. Le 29 novembre 1853, étrangla et assomma à coups de manche à balai sa voisine Emilie Joffrin, pour lui voler 2 francs 50, et tenta de laisser accuser un cousin de la victime d'être l'auteur du crime. 21 décembre 1854
31 janvier 1855 Mercredi, 8h Paris Arsène-Raymond Lescure 27 ans, tailleur. Dans la nuit du 27 au 28 novembre 1853, sur la plaine de Vanves, étrangle Chauvin, charpentier, pour lui voler 180 francs, et jette son corps dans une carrière desaffectée. Le 02 janvier 1854, à petite distance du lieu de son premier crime, étrangle M.Bonhommé, marchand à Bray-sur-Seine, pour lui voler 450 francs-or. Attaque les époux Talotte, aubergistes, à Sens (Yonne) dans la nuit du 14 au 15 mars 1854 : l'épouse est égorgée, son mari reçoit une balle dans la tête avant d'être étranglé avec un mouchoir. Son arrestation à Paris permet de le relier aux deux autres crimes encore jamais élucidés, et de retrouver le cadavre de Chauvin. Sa complice, Justine-Honorine Montaigu, 29 ans, prostituée, est acquittée. 30 novembre 1854
08 février 1855 Jeudi, 7h Le Mans Pierre Freslon 54 ans, cultivateur à Gré. Devenu en 1826 par mariage le beau-père de la petite Marie-Louise Benoist, 6 ans, viole la fillette régulièrement. En 1842, Marie-Louise épouse Jean Chauvin, mais continue ses relations avec Freslon. Quand Chauvin apprend l'histoire, il se sépare de son épouse, et sa mort est décidée par les amants. Le 08 octobre 1854, Chauvin à la tête défoncée, et son corps est retrouvé le lendemain dans le bois des Cassons. Marie-Louise est condamnée à quinze ans de travaux forcés. Exécuté place de l'Hôpital. 27 décembre 1854
17 février 1855 Samedi, 8h Neufchâtel-en-Bray (Seine-Inférieure) Etienne Damase 27 ans, tailleur. Tue à Neufchâtel, pour hériter plus vite, Florentine Mancaux, veuve Ducastel, mère de sa femme Augustine, le 4 septembre 1854 à coups de rateau et de maillet. Damase avait également été un insurgé en juin 1848. Sa femme, Augustine-Célina Ducastel, 23 ans, gérante d'un établissement de bains, condamnée à mort avec lui, est graciée. 21 décembre 1854
17 mars 1855 Samedi, 8h Quimper Olivier Blanchard 44 ans, journalier. Assassine de deux coups de couteau son frère Christophe Blanchard à Brasparts le 28 septembre 1854 pour ne pas avoir à recevoir une part moindre de l'héritage parental. 18 janvier 1855
29 mars 1855 Jeudi, 6h Lyon Philibert Revol 34 ans, ouvrier en soie. Egorge d'un coup de serpe sa voisine, la veuve Boyer, 48 ans, ouvrière en soie, le 14 novembre 1854 au 64, Grand'Côte à Lyon, pour la voler. 14 février 1855
03 avril 1855 Mardi, 6h Angers François Guyomard 35 ans, cultivateur. Tue de deux coups de pic dans la tête sa belle-mère, Mme Taluau, à Jumelle le 21 novembre 1854 ; il avait acheté sa maison en viager, et faute d'être payée, elle l'avait fait traduire en justice. Exécuté au quartier du faubourg Saint-Nicolas. 08 février 1855
04 avril 1855 Mercredi, 8h Quimper Charles Le Fleuter et Marie-Jeanne Le Néant, épouse Caradec 57 ans, fermier et 43 ans, mendiante. Le 26 avril 1854, à la ferme du Vouden, à Fouesnant, la femme Caradec étrangle avec une corde la seconde épouse de Fleuter, Marie-Jeanne Poissard, 20 ans, enceinte à terme de leur premier enfant - le neuvième pour lui ! Elle avait été payée pour ce crime 25 écus, plus de la nourriture pour ses enfants, par Fleuter, mari violent et adultère ! La domestique et maîtresse de Charles, Marie-Catherine Kerjosse, est acquittée contre toute attente. 09 février 1855
07 avril 1855 Samedi, 6h Lyon Claude Girin 49 ans, cultivateur et matelassier. Assassine à coups de couteau-poignard le 15 octobre 1854 à Anse Philibert Descoles, ouvrier cristallier, pour le voler. 17 février 1855
11 avril 1855 Mercredi, 6h Blois François Tironneau 46 ans, journalier. Assomme à coups de bâton, frappe de trois coups de couteau dans la gorge puis achève à coups de talon sur le crâne Etienne Porcher, cultivateur, le 16 octobre 1854 à Suèvres, pour lui voler 460 francs, avant d'enterrer le corps dans le sable d'un ilôt de la Loire fréquemment inondé. Réveillé à 5h. Si effondré qu'un aide et l'aumônier Dezairs doivent le soutenir pour grimper sur l'échafaud, au Champ-de-Foire, devant la halle aux grains. 07 mars 1855
16 avril 1855 Lundi, 7h Neufchâteau (Vosges) Pierre-François Laval 42 ans, ancien militaire. A Hagnéville, le 05 novembre 1854, assassine sa bienfaitrice, Elisabeth Richard, veuve Richard, 78 ans, sans profession, pour la voler. Jugé également pour les viols répétés, durant l'année 1854, sur sa nièce mineure Marie-Adèle Laval, journalière. Arrive à Neufchâteau d'Épinal à 5h30. A la prison locale, repousse l'assistance du curé, le père Rémy, et demande de quoi déjeuner. Il demande à partager ce repas avec un détenu, Mouttet, et pendant le déjeuner, chante et rit sans se montrer le plus affligé du monde, osant même dire qu'il regrette de ne pas avoir fait deux victimes de plus, puis insulte la société, la justice et leurs représentants. Quitte la prison peu avant 7h pour se rendre à pied jusqu'au champ de foire situé derrière les grandes écuries, lieu choisi car plus vaste que la place Carrière, lieu de la dernière exécution. Sur le chemin, alterne entre rires, chants, injures et blasphèmes, notamment à l'encontre du père Barjonet, qui l'avait accompagné depuis Épinal sans parvenir à lui faire accepter d'entendre ses paroles religieuses. En voyant l'échafaud, devient blême. "Ah, la voilà donc, la potence !" Embrasse le prêtre, monte sur la plate-forme, puis s'adresse à la foule moyenne - environ 2000 personnes, en raison de l'heure matinale, car la nouvelle de l'exécution était sue depuis plusieurs jours - "Mes amis, ne suivez pas mon exemple ! Ne faites pas comme moi !" Se laisse basculer juste après. 05 mars 1855
04 mai 1855 Vendredi, 8h Bergheim (Haut-Rhin) André Hollinger 37 ans, sans profession. Libéré le 28 août 1854 d'Ensisheim après avoir été condamné le 28 août 1849 à cinq ans de prison pour tentative de viol, revient dans son village de Bergheim dès le lendemain, le 29 août 1854, et viole Catherine Jehly, 19 ans, journalière, avant de la décapiter à coups de couteau. Condamné en première instance par les assises du Haut-Rhin, arrêt cassé, rejugé par les assises du Bas-Rhin. Réveillé à la prison de Strasbourg par le directeur Dereims et le greffier Speisser, averti par écrit à cause de sa surdité totale. Se lève, s'habille, puis demande à boire et à manger, mais d'abord va à la chapelle entendre la messe de l'aumônier Guerber. Déferré, va prendre son déjeuner dans la loge du concierge : une tasse de café, deux gâteaux, un petit pain avec du fromage, et plusieurs verres de vin rouge. Demande s'il sera conduit à Bergheim en train, et comme on lui répond oui, sourit : "Ainsi, ce sera donc fini aujourd'hui, j'en suis content !" Quitte la prison à 5h et va à pied jusqu'à la gare. Dans un train spécial, grimpe avec l'aumônier, le greffier et trois gendarmes. En chemin, croque deux gâteaux gardés dans sa poche durant le déjeuner, et s'inquiète de mourir de la sorte dans sa région natale. Arrive à la gare de Ribeauvillé, prend un omnibus qui arrive à 7h à la ville voisine de Bergheim. Enfermé à la maison commune, devant laquelle se dresse l'échafaud, entouré d'une foule - présence de gens même sur les toits. Boit un demi-litre de vin, et mange un autre petit pain, puis prie avec l'abbé Guerber, ainsi que le curé et le vicaire de Bergheim. "J'ai mérité la mort", répète-t-il plusieurs fois. Refuse de revoir son père une dernière fois, mais apprend avec joie que ce dernier lui avait pardonné. Confié aux exécuteurs à 7h30, monte avec fermeté les marches, mais manque défaillir en faisant le dernier pas : les exécuteurs doivent le soutenir pour le coucher sur la bascule. 30 novembre 1854, 22 mars 1855
14 mai 1855 Lundi, 5h Paris Giovanni "Antonio Laverani" Pianori 28 ans, cordonnier, Italien. Tenta de tuer de deux coups de pistolet l'empereur Napoléon III le 28 avril 1855 alors que celui-ci se promène à cheval sur les Champs-Elysées. Il ne le touche même pas. 07 mai 1855
23 mai 1855 Mercredi, 13h Saint-Etienne-Vallée-Française (Lozère) Maurice Rousson 28 ans, cultivateur. Sur la route entre St-Germain de Calberte et St-Etienne-Vallée-Française, le 12 septembre 1854, assassine à coups de couteau Jean-Jacques Chabrol, 42 ans, cultivateur, pour lui voler 700 francs et jette le corps dans un ravin, puis se rend chez Chabrol, au mas Bouissou, et tue sa femme, Marie-Jeanne Espagnac, 41 ans, et deux de leurs enfants, Jules, 17 ans, et Ferdinand, 7 ans, à coups de hache. Leur troisième enfant, une fille, va chercher du secours et dénonce Rousson. Déjà suspecté trois ans plus tôt d'avoir commis un quadruple assassinat dans la même ville. Avait massacré à coups de hache à la ferme de Soliers le 27 février 1851 ses cousins, François Rousson, 54 ans, cultivateur, son épouse Jeanne Chabrol, 42 ans, sa mère Louise André, veuve Rousson, 86 ans, et le petit Jules, 2 ans et demi. Le seul survivant avait été un enfant de quatorze ans, qui avait survécu non sans une blessure à la bouche qui l'avait rendu muet. Pendant le procès, accusa troiis villageois d'être ses complices. Transféré dans la nuit du 21 au 22 de Mende à Florac sous couvert d'aller y attendre sa grâce. Réveillé le 23 à 3 heures du matin. Est assez calme. Transporté jusqu'au Pont de Burgen, non loin du lieu du crime. Arrivé à 11h. Conduit dans une petite auberge, dit avoir à faire des révélations, et avoue qu'il est le seul coupable de l'histoire, et qu'il n'a accusé de prétendus complices que pour échapper à la peine capitale. Grimpé sur l'échafaud, demande pardon à Dieu et aux hommes. Le pasteur lit au public sa rétractation faite quelques instants plus tôt devant le juge d'instruction, puis le condamné est basculé. Environ 10.000 personnes présentes. 26 mars 1855
04 juin 1855 Lundi, 8h Digne Jean-Baptiste Pierre Telme 36 ans, cultivateur. Abat d'un coup de fusil Antoine Monge, 54 ans, le 21 août 1854 à Entrevennes. Monge était le cousin de son épouse, Marie Féraud, et les époux Telme avaient mis en place un plan destiné à faire de Marie la légataire universelle de la propriété de Monge... en devenant sa maîtresse. Cependant, délaissé par la jeune femme sitôt après la signature du testament, Monge finit par instaurer d'autres personnes - amis, puis autres maîtresses - légataires à sa place. Tenta de l'empoisonner, de se faire passer pour Monge chez d'autres notaires afin de faire valider l'ancien testament, et finit par tuer Monge. Condamné par les assises des Basses-Alpes, arrêt cassé, rejugé dans le Var. Transféré le vendredi 01 de Draguignan à Digne. Réveillé à 5h par l'aumônier Audemer. Eclate en sanglots, pris de frissons. Se confesse et prie avec l'abbé Gartel. Conduit place du Pré-de-Foire, embrasse le crucifix puis commence à grimper l'escalier. A cet instant, se rejette en arrière en hurlant violemment, au point d'en faire tomber l'escalier. Plusieurs minutes de lutte nécessaire pour maîtriser le condamné avant de pouvoir l'exécuter. Deux soldats s'évanouissent, une vieille dame qui regardait la scène depuis un balcon fait un malaise et meurt. Plus d'exécution à Digne avant 64 ans. 15 décembre 1854, 21 avril 1855
26 juin 1855 Mardi, 5h45 Reims Victoire-Élisa Gérard, veuve Moreau 47 ans, cultivatrice vigneronne à Vertus. Tue à Voipreux, le 16 avril 1855, Désiré Moreau, son second mari, à coups de croc à fumier puis fait rouler la charrette sur son corps. Son fils Stanislas Brunet, 25 ans, est condamné aux travaux forcés à perpétuité. Assez calme, moins bouleversée que l'aumônier. Exécutée porte Gerbert avec la guillotine de Paris. 19 mai 1855
04 juillet 1855 Mercredi, 4h Melun Victor-Amable Auguste Saulnier 34 ans, ouvrier tuilier. Viole et égorge d'un coup de couteau Louise Girard, 18 ans, près d'Egreville le 22 janvier 1855. 15 mai 1855
05 juillet 1855 Jeudi, 7h Grosmagny (Haut-Rhin, actuellement territoire de Belfort) Honoré-Ignace Poix 33 ans, journalier. Assassina le 27 juin 1854 près du village de Rougegoutte sa maîtresse Marguerite Grassier, épouse Girardey, parce qu'elle ne voulait plus vivre avec lui. Conduit à 6h50 à l'échafaud, dressé devant la forêt où eut lieu le crime, en présence de 4000 personnes environ. Fait une prière à genoux sur la plate-forme, puis s'adresse à la foule pour exprimer son repentir. 25 mai 1855
12 juillet 1855 Jeudi, 7h Caen Jean-Jacques "Frérot" Marie 43 ans, journalier. Auteur de plusieurs incendies volontaires dans le hameau de Bo-Bâton, commune de Saint-Pierre-la-Vieille, entre 1849 et 1854, pour se venger des voisins et des habitants qui, pensait-il, lui causaient du tort. Son épouse, Marie-Rose Boulland, 52 ans, est acquittée. Horrifié, mais résigné. Embrasse le crucifix tout le long du trajet. Embrasse le prêtre avant d'être basculé. Foule importante, surtout de femmes et d'enfants. 26 mai 1855
14 juillet 1855 Samedi, 5h Versailles Charles Frédéric Haulard 35 ans, journalier. Egorge de quatre coups de couteau Hilaire Verrier à Septeuil le 09 janvier 1853. Payé 200 francs en argent et deux setiers de blé pour ce faire par sa maîtresse, Anastasie Verrier, épouse Laroque, fille de la victime, qui voulait se débarrasser de son père qui lui avait vendu ses biens en viager, et comptait également se débarrasser de son frère Louis, ivrogne chronique, en le laissant accuser du parricide. Anastasie est condamnée aux travaux forcés à perpétuité. 18 mai 1855
16 juillet 1855 Lundi, 6h Paris Charles-Constant Métas 52 ans, vannier. Le 21 décembre 1851, à Saint-Prix (Seine-et-Oise), assomme et poignarde à coups de hachette de vannier Mme veuve Freytag, veuve d'un général, avant de l'étouffer avec un oreiller et de la voler. Le 24 décembre 1851, entre Saint-Denis et Pierrefitte, assassine de la même façon M.Rayon, marchand de pinces à linge à Abbeville, pour le voler. L'affaire, soumise à la cour d'assises le 16 février 1855, est renvoyée à une session ultérieure. Ses complices, Stéphane "Étienne Ange" Verdizini, 20 ans, joueur d'orgue, Jean Becker, 40 ans, vannier et Pierre-Gabriel Finck, sont respectivement condamnés aux travaux forcés à perpétuité, à vingt ans de travaux forcés et cinq ans de réclusion. Réveillé à 5h15 par l'aumônier. Effondré un moment, crie : "Je suis innocent ! En me condamnant, on s'est trompé ! On ne doit pas vouloir faire mourir un innocent !" Reste très énervé le reste du temps. Après un entretien avec l'aumônier, va à la chapelle, et après la messe, se met à terre pour embrasser le sol. Durant la toilette dans l'avant-greffe, continue à crier : "Je suis bien fâché maintenant de n'avoir pas dit toute la vérité ! Si je n'avais pas apporté de restriction dans mes délcarations si, en un mot, j'avais suivi ma première pensée, qui était de dire la vérité toute entière, et le jury aurait été convaincu de mon innocence, et il n'aurait pas hésité un instant à m'acquitter ! Mais maintenant, il est trop tard !" Alterne entre moments de calme et crises de colère. Pendant la toilette, s'étonne : "Vous ne me coupez donc pas les cheveux ?" On lui explique que cela ne sert à rien. Va titubant jusqu'à l'échafaud, et une fois dessus, crie une dernière fois : "Je suis innocent ! Plus tard ou..." Le couperet l'empêche de finir sa phrase. Foule nombreuse malgré l'heure. 28 juin 1855
07 août 1855 Mardi, 6h Strasbourg Joseph Klein 26 ans, garçon meunier, déjà condamné quatre fois pour vol, abus de confiance et vagabondage. S'introduit dans la nuit du 09 au 10 décembre 1854 au moulin de Rothmühl, à Hatten, et agresse à coups de couteau et de barre de fer le meunier Georges Ehresmann, son épouse et l'ouvrier Michel Jacki afin de les voler. Bien que frappés respectivement 11 et 5 fois, Ehresmann et Jacki survivent. Prévenu à 4h par l'aumônier Gerber et le directeur Dereims. Déjà debout à côté de sa couchette, réveillé depuis deux heures. Son compagnon de cellule, Schohn, condamné à mort pour incendie, font en larmes quand il apprend que l'Empereur a commué sa peine en travaux forcés à perpétuité. Klein, lui, répond : "Je m'y attendais depuis hier. Klein n'est pas bête. Un rêve que j'ai eu, il y a trois jours, m'a fait entrevoir mon sort." S'habille, mais dit à l'aumônier. "J'exige que la veste et le gilet que je porte soient remis après ma mort à mon frère. J'ai encore une chose à demander : je veux qu'après l'exécution, ma tête ne soit pas exposée au musée d'anatomie, car une pareille chose serait ignominieuse pour ma famille." On lui certifie que rien de tel n'arrivera, puis un serrurier lui retire ses fers. Va à la chapelle entendre la messe, puis prend un verre de vin et un petit pain comme déjeuner. Raconte en bref sa vie aux assistants, regrettant de ne pas avoir écouté sa soeur et sa mère. Après la toilette, quitte la prison en voiture et longe les quais surchargés de monde pour rallier la place d'Austerlitz via la rue des Orphelins. Monte à l'échafaud courageusement. 18 juin 1855
06 septembre 1855 Jeudi, 10h Piolenc (Vaucluse) Laurent "Gévaudan" Maurin 23 ans, cultivateur à Camaret. Le 01 novembre 1854, à Piolenc, assassine à coups de louchet - une bêche dentée - Marie-Catherine Millet, épouse Corsin, 68 ans, pour voler 1.100 francs en pièces d'or. Exécuté sur le cours Corsin. 07 juillet 1855
22 septembre 1855 Samedi, 6h Saint-Quentin (Aisne) Louis Joseph Desmaret 30 ans, linier à Brissy. Le 18 mars 1855, tue à coups de maillet Marie-Louise Lahire, veuve Gilbert, 76 ans, et la jette dans son puits avant de lui voler au moins 600 francs. Prévenu le vendredi à 20h à la prison de Laon, très calme. Conduit en voiture peu après en compagnie de l'aumônier Degoix, priant et fumant. Arrive à 2h30 à la prison de Saint-Quentin, reste toujours aussi calme. Discute avec les gardiens, puis écrit à sa femme pour lui demander pardon et l'embrasser, elle et leurs enfants. Entend la messe, et avant la toilette, remet au prêtre ses bretelles et sa bague, à l'intention de son épouse. Conduit par les exécuteurs de Paris et de Laon jusqu'à la voiture, mais refuse leur aide pour y monter : "Je n'ai besoin que de M. l'aumônier, qui m'a jusqu'ici servi de père et d'ami, et qui ne m'abandonnera pas." Prévenu de l'arrivée de l'abbé Genty, venu assister le père Degoix, le condamné lui demande : "De grâce, monsieur, placez une petite croix sur ma tombe, afin qu'on puisse prier sur moi." Trajet très court jusqu'au rond-point Saint-Martin, proche de la prison, et choisi exceptionnellement pour cette occasion, car la grand'place de la ville accueille alors la foire et les baraquements des colporteurs. En grimpant les marches, remercie l'abbé Degoix, et lui demande d'annoncer en son nom son repentir. Après avoir embrassé les deux prêtres, est remis aux exécuteurs. 07 août 1855
26 septembre 1855 Mercredi, 7h Perpignan Joseph "Jèpe-Sant" Villelongue 28 ans, berger. Tente de violer Marthe Coste, 16 ans, fille de ses patrons, le 1er juin 1854 à Castelnau, mais celle-ci lui échappe et le dénonce à ses parents. Licencié séance tenante, la surprend le lendemain, 02 juin, sur la route de Llupia et la poignarde de plusieurs coups de couteau catalan dans le bas-ventre. La jeune fille survit deux jours à son agression. Villalongue, lui, part se réfugier en Espagne où il n'est arrêté qu'en mai 1855 et extradé. Prévenu à minuit, très calme. Désire que le troupeau de moutons qu'il possédait soit vendu, et que la somme récoltée serve à faire dire des messes en sa mémoire et à rembourser les frais de soins de sa victime (!), puis se met à jouer à la balle jusqu'à l'arrivée des exécuteurs. Quitte la prison à 6h45 en charrette, précédé par une procession de pénitents de la confrérie de la Sang, portant des torches de cire rouge et un grand crucifix voilé de noir, accompagné par le prêtre avec lequel il prie. Cependant, curieusement, il pousse des cris comme ceux qu'il employait pour rassembler son troupeau, et à plusieurs reprises, gémit : "Qui mate more !" (Qui tue doit être tué). A proximité de l'Esplanade, son lieu de destination, une jeune femme venue de Castelnau, son village natal, s'avance vers la charrette et lui crie en catalan : "Tu ne serais pas là, si tu ne l'avais pas voulu !" Le condamné la regarde méchamment et crache dans sa direction. En voyant la guillotine, tremble de peur, puis se reprend. Regarde la foule, siffle bruyamment, mais pris de faiblesse, doit être hissé sur l'échafaud, et est basculé après une dernière prière. 30 juillet 1855
27 septembre 1855 Jeudi, 9h Marbaix (Nord) Pierre Joseph Legrand 34 ans, tisseur à Wassigny. Tue à coups de marteau, dans la nuit du 27 au 28 février 1855 à Marbaix les époux Moucheront, anciens brasseurs aisés, pour les voler. Adolphe Bouchard, son complice, est condamné aux travaux forcés à perpétuité. 18 août 1855
06 décembre 1855 Jeudi, 8h Paris Jacques Collignon 49 ans, cocher. Abat d'une balle dans la tête M.Juge, directeur de l'école normale de Douai, le 24 septembre 1855 au 83, rue d'Enfer, et tente d'abattre également son épouse, la manquant de justesse. Le 16 septembre, avait chargé les époux Juge de Paris à Auteuil et les avait contraints à payer 5 francs au lieu des 3 qui lui étaient légitimement dûs. M. Juge était allé le lendemain porter plainte contre lui et Collignon contraint à rembourser les deux francs excédentaires, ce qui l'incita à se venger. Se réveille à deux heures du matin, contrairement à ses habitudes. "C'est singulier, je dormais si bien ! C'est la première fois que ça m'arrive, c'est sans doute parce que je me suis couché de trop bonne heure hier soir." Demande au gardien de lui préparer une pipe, qu'il fume tout en marchant dans la cellule. "Elle est à sa fin ! Je n'en suis pas fâché, car elle est mal venue. Demain, j'en prendrai une neuve, et je la culotterai avec soin, et si vous revenez plus tard, vous verrez que quand je veux, je sais parfaitement culotter une pipe et que je pourrais en remontrer à ce sujet aux malins." Discute, chantonne à voix basse, le tout gaiement, et après avoir fumé une seconde pipe, se recouche et s'endort immédiatement. Réveillé pour de bon à 7h par le directeur. "Eh bien, tant mieux : il vaut mieux que ce soit plus tôt que plus tard ! Mais comme je veux mourir en chrétien, veuillez, monsieur le directeur, prier M. l'aumônier de venir recevoir ma confession générale et me donner les derniers secours de la religion." L'abbé Hugon le confesse puis l'accompagne à la chapelle. Confié aux exécuteurs dans l'avant-greffe à 7h45. Pendant qu'on coupe le col de sa chemise, tremble un peu et remarque : "Je sens comme un frisson qui me passe sur les épaules. C'est bien certainement le froid qui me produit cet effet !" On lui passe sa blouse sur les épaules, et comme on lui propose de quoi manger, dit : "Oh, il est trop matin pour ça !" Finit par croquer un quignon de pain et un demi-verre de vin. Demande à l'aumônier de faire savoir qu'il se repent de son crime, et au directeur d'offrir sa casquette en cadeau à un détenu qu'il avait pris en sympathie. Remercie l'assistance, puis va à l'échafaud en saluant les gens qu'il croise d'un hochement de tête. S'agenouille sur la première marche de l'échafaud, prie, puis monte sur la plate-forme soutenu par les aides. Foule dense mais respectueuse. 12 novembre 1855
31 décembre 1855 Lundi, 7h30, 7h35 Nevers Marguerite Blandin, épouse Galbois et Pierre Galbois PARRICIDE, 42 ans, journalière et 40 ans, tisserand. A Fragny, commune de Gacogne, battent et étranglent dans la nuit du 04 au 05 août 1856 Jean Galbois, 70 ans, venu s'installer chez eux en avril de l'an précédent suite à son veuvage. Sitôt chez eux, il fut spolié de ses biens et forcé de travailler comme un esclave pour mériter une maigre pitance et le gîte, mais sa bru trouvant qu'il coûtait trop cher malgré tout, décision fut prise de le supprimer. Guillotine arrivée le 30 de Bourges. Rues allant de la prison à la place de la foire barrées et remplies de foule dès 5 heures. A la même heure, le gardien-chef réveille les condamnés, difficilement car ils dorment profondément. Galbois tremble comme au moment du procès, et son épouse reste calme. Après quelques mots du substitut Hardoin, sont confiés aux abbés Cointe et Boussard, avec lesquels ils restent une heure. Pendant la toilette, Galbois manque défaillir, ses frissons se font intenses et il gémit. Quittent la prison à six heures dans un fourgon cellulaire de la rue du Parc au pont Cireau, où ils s'arrêtent, pour parcourir le reste du chemin pieds nus en vertu du rituel parricide. Foule impressionnante, difficile à franchir. L'huissier, après s'être frayé un chemin, lit l'arrêt de condamnation : Marguerite va la première sans résister ni mot dire. Galbois, lui, est pris de terreur pour grimper les marches, résistant, hurlant de peur : "Ma femme est morte ! Je ne veux pas mourir !" L'exécuteur et ses deux aides parviennent tant bien que mal à l'attacher à la bascule. 22 novembre 1855
14 janvier 1856 Lundi, 6h30 Chalon-sur-Saône Nicolas Jandot 29 ans, manoeuvre, déjà condamné pour vagabondage. Etrangle avec une corde près de Saint-Marcel le 05 octobre 1855 le jeune Vannier, 12 ans, pour lui voler cinq francs. Réveillé à 5h30 par l'abbé Mazoyer, dormait bien. Se met à crier et à pleurer : "Ah, mon Dieu ! Ah ! Ma pauvre mère !" Tout au long des paroles de réconfort du prêtre, ne cesse de gémir : "Ah ! Mon Dieu !" Confié à l'exécuteur de Dijon, à son fils et à l'exécuteur de Besançon et leurs aides respectifs : aucune résistance, se montre même plus calme. "Ne craignez rien", leur dit-il en croisant les mains dans son dos pour qu'on les attache. En voyant la voiture, s'exclame, terrifié : "Ah mon Dieu, voilà la guillotine !" Pendant tout le trajet, gémit : "Ah mon Dieu !" Devant la machine, place Ronde, embrasse le crucifix, monte deux marches, puis est pris de panique et se jette en arrière, doit être soulevé pour atteindre la plate-forme, ne cesse de crier et de se plaindre jusqu'à la chute du couteau. Froid rude et horaire matinal font que peu de spectateurs sont venus assister au supplice. 06 décembre 1855
14 janvier 1856 Lundi, 8h Paris Hubert Dessart 48 ans (ou 51 ans), Belge, déserteur, ouvrier forgeron au chômage, plusieurs fois condamné. Tue de treize coups de poignard le 10 septembre 1855 près de l'hôtel des Invalides une octogénaire, la veuve Naudin, tenancière de café, pour ne pas avoir à lui régler 13 francs 60 qu'il lui devait. Réveillé par le directeur de la prison à 7h15, dormait profondément, peu d'émotion. "Puisqu'il faut que cela se passe ainsi, à la grâce de Dieu !" Demande que ses quelques biens soient remis à un gardien, accepte les secours de la religion et prie assez longuement. A l'avant-greffe, pendant la toilette, prend une gorgée de vin et un peu de pain comme déjeuner. Peu de monde présent à cause du froid et de la nouvelle, apprise dans le quartier uniquement au moment où l'on dressait l'échafaud. Très ferme en quittant la prison. 29 novembre 1855
10 avril 1856 Jeudi, 6h Nîmes Pierre-Etienne Flandrin 44 ans, cultivateur, condamné cinq fois, dont deux comparutions devant la cour d'assises de l'Ardèche, s'étant soldées par une condamnation à cinq ans de travaux forcés, et une seconde à dix ans de travaux forcés. Tue en septembre 1855 à coups de manche de hache Alexis Michel, 76 ans, cultivateur, son ami et bienfaiteur, sur la route entre Alès et Barjac, puis mutile son cadavre avant de lui voler son porte-feuille et sa montre. Décision de changement de lieu d'exécution le 29 mars. Guillotine dressée à l'extrémité Sud du Cours Neuf. Pendant la toilette, à 6h, se montre insolent et agressif, repoussant violemment les aumôniers Imberton et Serre, insultant les officiels. Prononce des injures tout au long du trajet, chante des chansons paillardes et invoque la mémoire de Robespierre et de Marat, tant et si bien que Martin Berger, exécuteur du Gard, doit se résoudre à lui plaquer un mouchoir sur la bouche pour le faire taire. Ne se calme qu'en arrivant devant l'échafaud. Foule immense. 20 février 1856
29 avril 1856 Mardi, 9h Le Parcq (Pas-de-Calais) Sainte-Croix-Bénigne "Auguste" Warot 34 ans, manouvrier. Assassine à coups de pic dans la tête le 18 novembre 1855 à Wail Victoire Vincent, épouse Hernu, 59 ans, sa voisine, pour la voler, et met le feu à la maison pour faire disparaître les traces de son crime. Foule dense, avec estrades dressées sur le lieu à 20 centimes la place. Sept brigades de gendarmerie. Assisté par l'abbé Létendart, aumônier de la prison de Saint-Omer, se repent mais ne regrette pas pour sa vie, mais pour celles de son épouse et de leur enfant, à jamais souillés par... son exécution ! 08 mars 1856
12 juillet 1856 Samedi, 7h Cahors Pierre Bessou PARRICIDE, 40 ans, cultivateur. Assomme à coups de pelle à feu son père Guillaume Besson, 71 ans, charron, au hameau du Levat, à Carennac, le 28 février 1856. Parachève son travail en lui faisant avaler des poignées de cendres, puis en le jetant par une trappe dans le cellier, 2m50 plus bas : le vieil homme survit assez de temps pour désigner l'identité de son bourreau. Mobile : s'étant marié malgré les oppositions de son père, avait quitté la maison paternelle début février. Les intentions de son père pour le déshériter en faveur de son frère aîné l'avait rendu furieux. Exécuté place de Labarre. 17 mai 1856
28 juillet 1856 Lundi, 9h Jonzac (Charente-Inférieure) Pierre Giraudot 31 ans, charpentier de marine. Assassina à coups de gourdin Jean Bergeon, cultivateur, qu'il avait escroqué et qui, faute de compensation, allait le dénoncer à la police, le 25 décembre 1855 à Boisredon. Jean Giraudot père est condamné à douze ans de travaux forcés et Jean "Saint-Jean" Giraudot fils, 23 ans, est acquitté. 18 mai 1856
30 juillet 1856 Mercredi, 8h Graulhet (Tarn) Jean-Pierre Camboulives 26 ans, tue dans la nuit du 29 au 30 juillet 1855 Mr François Galinier, avec ses complices François Parayre (19 ans) et Victoire Galinier (22 ans), l'épouse de la victime et maîtresse de Camboulives, qui fera un faux témoignage. Les hommes sont condamnés à mort et Mme Galinier à 12 ans de travaux forcés à Albi. L'arrêt est cassé, et les coupables rejugés à Toulouse. La peine est la même. Parayre est grâcié le 03 août 1856, Victoire est libérée en 1864. Quitte la prison de Toulouse dans la nuit dans un fourgon clos aux stores baissés. Arrive à Graulhet à 6h, avec l'abbé Ratier. Enfermé dans une salle de la gendarmerie. Confié à l'exécuteur Guerchoux, de Toulouse, assisté par ses collègues de Rodez et Albi, entend lecture de l'arrêt de condamnation par un huissier. Après la toilette, remonte en voiture avec le prêtre, le visage livide et la démarche titubante. Echappe à la curiosité malsaine grâce à la voiture close : en descendant place du foirail, à la croisée de la maison Augue, voit la guillotine et fond en larmes, le visage baissé. Soutenu jusqu'à l'escalier devant une foule muette. Le public, à la demande du prêtre, fait une prière, et sitôt celle-ci achevée, les exécuteurs s'emparent du condamné. 25 mai 1856
23 août 1856 Samedi, 8h Albi François Garrigues 45 ans, conducteur de bestiaux. Dans la nuit du 24 au 25 mars 1856, vers Labastide-de-Lévis, tue à coups de bezouilh dans la tête Jacques Souloumiac, roulier à Carmaux, pour lui voler 850 francs. Avait assassiné dans la nuit du 1er au 02 novembre 1840 entre Carlus et Albi Louis Ribaudy à coups de couteau pour lui voler une montre d'argent et 15 francs. Réveillé par le commis greffier Lautier à 5h, dormait très profondément. Demande juste "Et la femme Jeanneton, qu'en fait-on ?", faisant référence à la veuve Fargues, condamnée à mort huit jours avant lui, et dont il était persuadé que son exécution précéderait la sienne - alors que l'arrêt la condamnant avait été cassé. Va à la chapelle où se trouve l'aumônier. Confié aux exécuteurs de Toulouse et de Pau : en quittant la prison, passe au milieu d'une double haie formée par les détenus de la prison d'Albi, qu'il salue, tandis que l'abbé Chaffary leur fait un sermon émouvant. Après la toilette, conduit en charrette au foirail du Castelviel. Sur l'échafaud, regarde la foule qui l'entoure, puis scrute la guillotine. Après que le prêtre ait demandé à la foule de prier pour le condamné, est basculé. 22 juin 1856
08 septembre 1856 Lundi, 5h Amiens Marie-Louise Clémentine Nollent, épouse Geoffroy PARRICIDE, 43 ans, cultivatrice à Courcelles-sous-Thoix. Avec la complicité de son mari, Lambert Geoffroy, 35 ans, empoisonne à l'arsenic les membres de sa famille pour toucher l'intégralité de l'héritage : son père Louis Honoré Nollent, 56 ans, journalier, le 04 janvier 1847, sa mère, Julie Desmarest, veuve Nollent, 64 ans, le 21 février 1848, sa soeur Marie-Madeleine Nollent, épouse Belin, 38 ans, fileuse, le 18 juillet 1851. Le 13 janvier 1856, tentent d'empoisonner Joseph Belin, le veuf de Julie, ainsi que son fils, avec un morceau de porc. Soignés peu de temps après l'apparition des premiers symptômes, ils survivent, et l'analyse prouve que la viande contenait suffisamment de poison pour tuer cinquante personnes. Geoffroy, condamné à mort également, est gracié. Passe une nuit très agitée, se levant et se couchant plusieurs fois. Prévenue par le commis greffier Lequien à 3h : très émue, ne pleure pas. Reproche aux habitants de Courcelles de l'avoir accablée, puis se met à prier. Demande à voir son époux, mais comme on lui explique qu'il est trop tôt, elle se laisse confier aux exécuteurs d'Amiens et de Douai. Quitte la cellule en refusant le cordial qu'on lui offre : "Je n'ai besoin de rien, et du reste, ce serait autant de perdu." Salue les religieuses en quittant la prison via les couloirs du tribunal, en tenue parricide, puis grimpe dans un tombereau, rue Saint-Denis. Durant le trajet vers le faubourg de la Hotoie, où se trouve le Marché aux Chevaux, écoute le prêtre avec calme. Regardant parmi la foule, identifie un de ses gardiens de prison et regrette que sa religieuse favorite ne soit à ses côtés. Arrivée à l'angle de la place, descend de voiture soutenue par le prêtre et un exécuteur adjoint. Recommande sa fille à l'abbé Douillez, puis, convaincue - à juste titre - qu'elle sera seule à mourir et que son mari est gracié, dit : "Souhaitez le bonjour à Geoffroy ! Et maintenant, puissé-je aller au ciel !" Apercevant la guillotine se dresser haut dans le brouillard matin, s'enquiert : "Me faudra-t-il monter tout là-haut ?" Entend la lecture de la sentence, et dans un tapis de brume subitement plus épais, disparaît à la vue du public, embrasse le crucifix après une dernière prière et se laisse basculer. Foule immense, nombreuses personnes juchées sur les promontoires, les haies et autres arbres de la place. 15 juillet 1856
11 septembre 1856 Jeudi, 6h Bourg-en-Bresse Antoine "Corrobert" Lagnieu 25 ans. Etrangle avec une ficelle Mme Cornaton à Sulignat le 16 mars 1856, puis pille la maison avant de laisser le cadavre en position de prière sur le prie-Dieu de sa chambre. Son complice, François Ronjon, 22 ans, condamné à mort, est gracié. Prévenu à 5h, bouleversé, soutenu par les paroles de l'aumônier. Exécuté sur le champ de foire, meurt courageusement. 25 juillet 1856
22 septembre 1856 Lundi, 8h45 Antibes (Var, puis Alpes-Maritimes) Giuseppe Besson 56 ans, ouvrier agricole, Sarde. Le 07 février 1856, à Antibes, en passant devant une maison, reçoit un trognon de pomme sur la tête, tombé accidentellement d'un étage où plusieurs convives déjeunaient à l'occasion des Cendres. Malgré les protestations de ces derniers, Besson va chercher son fusil et un couteau, se met en position face à la fenêtre et abat le propriétaire des lieux, Jean-Fortuné Bret, 34 ans, forgeron, sorti sur le balcon pour fumer un cigare. Transféré de Draguignan à Antibes dans la nuit du 21 au 22, sans qu'on prenne la peine de lui expliquer les vraies raisons du transfert - on lui parle d'un procès à Nice pour son affaire de bigamie. Arrive à Antibes à 3h. Reconnaissant l'aumônier de Draguignan, le père Doze, comprend les raisons de ce voyage. Tremble de peur, mais accepte d'entendre les secours de la religion, puis lui remet plusieurs menus objets qu'il lui demande de rendre à son épouse, gardant pour lui une image de la Sainte-Vierge. Dit qu'il meurt coupable, mais que c'est de la faute de son père qui l'a maudit quand il n'avait que cinq ans, alors conseille au prêtre de dire, dans ses futurs sermons, aux pères de ne jamais maudire leurs fils, de peur que ces paroles ne s'accomplissent : "Cette malédiction porte toujours malheur". Furieux, se montre violent quand on veut pratiquer la toilette. Seules les paroles des pères Doze et Malivert parviennent à le calmer. Doit attendre trois heures de plus en raison de problèmes pour monter l'échafaud. Va à pied place Masséna, en présence d'une foule dense, car jamais Antibes n'avait été lieu d'exécution. 16 juillet 1856
22 septembre 1856 Lundi, 8h47 Rouen Jean-Pierre Crochu 56 ans, cultivateur. Assassine le 28 décembre 1855 à Saint-Nicolas-de-la-Taille son voisin Isaac Letudois pour le voler, puis met le feu à la maison. Persuadé depuis quelque temps qu'il finirait exécuté. Prévenu à 5h par l'aumônier, déjà réveillé, calme : "Je m'en doutais, toute la nuit, j'ai entendu des bruits extraordinaires, des allées et venues qui m'ont fait comprendre." Ecoute les paroles du prêtre, mais refuse la messe. "Non, je craindrais de ne pas y assister avec assez de recueillement. Qu'on me laisse seul dire mes prières." Cependant, craignant qu'il ne profite d'un moment d'isolement pour se suicider, alors les gardiens et l'aumônier restent avec lui. Toilette à 8h10, très calme, facilitant même la besogne des exécuteurs d'Evreux et de Rouen. Se relève seul. Dans la cour, avant de monter dans la voiture, embrasse les mains de la soeur de charité qui l'avait aidé durant son incarcération et recommande son épouse au gardien-chef. Quitte la prison à 8h30. Arrivé place Bonne-Nouvelle, dans un silence absolu malgré une foule immense restée des heures sous la pluie, meurt courageusement. Plus d'exécution dans le département avant 1866. 24 juin 1856
07 octobre 1856 Mardi, 7h Rennes Jean-Pierre Etoré 37 ans, bateleur. Assassine à coups de poing et de pied le 23 mai 1856 à la Mare-du-Theil Rose Viteur, épouse Hamonnais, 65 ans, cabaretière, pour lui voler 93 francs. Jeanne Coquelin, épouse Etoré, 43 ans, est acquittée. Des changements dans l'ordinaire de la prison lui font craindre le pire dès le dimanche, se montre très agité. A 23 heures, le lundi, reçoit la visite de l'abbé Tiercelin, ce qui l'apaise quelque peu. Reste éveillé toute la nuit, et pris d'une soif incroyable, réclame du cidre : on le lui sert, juste assez pour qu'il ne devienne pas saoûl. Entend la messe à 5h, puis est confié aux exécuteurs de Rennes et d'Angers. Subit la toilette, résigné. Avant de quitter la prison, demande à embrasser le gardien-chef et deux gardiens. Cependant, reste dix minutes sous le porche de la prison avant de monter dans la charrette à parler avec l'aumônier pour une dernière confession. Grimpe seul dans la voiture et écoute les paroles du prêtre. Monte à l'échafaud, sur le Champ-de-Mars, sans assistance extérieure. 12 août 1856
18 octobre 1856 Samedi, 7h Cahors Jean-Pierre Bornes 22 ans, cultivateur à Blars. Etrangle avec une corde le 03 mars 1856 à Blars sa soeur Françoise Bornes, 13 ans, puis l'enterre dans la grange de la ferme familiale. Un mois plus tard, exhume le corps qu'il abandonne au milieu du village dans le but de lui offrir une vraie sépulture le 03 avril suivant. Bornes, aîné d'une fratrie de trois, envisageait de se marier, mais son père lui avait dit d'attendre d'abord que sa soeur se marie avant de convoler à son tour. Exécuté au faubourg Labarre. 26 août 1856
13 décembre 1856 Vendredi, 8h Caen Jean Lefrêne 45 ans, colporteur, détenu à Beaulieu. Frappe de deux coups de couteau au ventre et à la tempe droite, le 16 août 1856, son co-détenu Darius. Se repent. Quitte la prison à pied à 7h45 aux côtés de l'aumônier. Monte à l'échafaud d'un pas assuré. 20 novembre 1856
23 janvier 1857 Vendredi, 8h Nantes Jean Neveu 40 ans, cultivateur. Etouffa sa fille, Jeanne Neveu, 6 ans née d'une première union, en lui enfonçant un mouchoir dans la bouche au hameau de la Roustière, commune de Paulx le 18 mai 1856. La maltraitait depuis deux ans, date de son second mariage, l'affamant, la frappant sans cesse. Jeanne Orieu, épouse Neveu, 37 ans, belle-mère de la victime, est condamnée à quinze ans de travaux forcés. Prévenu à 2h par l'aumônier Benoist. "Autant ce jour qu'un autre." Prie, et pleure. Entend la messe à 5h30, et après l'office, refuse de prendre la moindre nourriture. Confié à 7h30 aux exécuteurs de Rennes et d'Angers, sans résistance. Conduit en voiture, dos à la route, jusqu'à la place Viarme, pleure tout au long du trajet. A du mal à descendre de charrette, et doit être soutenu par le prêtre et les exécuteurs pour gravir les marches. Se raidit sur la bascule. Foule importante, trop pour la superficie de la place : un soldat du service d'ordre fait un malaise à la chute du couperet. 09 décembre 1856
26 janvier 1857 Lundi, 7h Chartres François Guérin 42 ans, charretier à Auneau. Massacre à coups de marteau avant de les égorger au rasoir Pierre Simon Meunier, 57 ans, cultivateur, et sa femme Marie Rosalie Vigeard, épouse Meunier, 53 ans, dans la nuit du 20 au 21 décembre 1855 au hameau des Essarts, commune de Saint-Symphorien-le-Château, pour les voler. Déjà traduit aux assises pour meurtre. Son épouse, Marie-Françoise Villette, 39 ans, journalière, est acquittée, mais condamnée en correctionnelle pour violences sur leur enfant à deux ans de prison, meurt de la typhoïde à la prison de Chartres le 19 janvier. Réveillé à 6h par l'abbé Ferron : se redresse sur son lit et fait signe qu'il s'en doutait. Désignant le sol, affirme : "Je suis innocent comme ce pavé." Demande à parler au procureur impérial, et après, en apprenant le décès de sa femme, l'accuse d'être responsable du crime, accablant également d'autres "coupables" dont il ignore le nom. Conduit en voiture cellulaire porte Morard, embrasse l'aumônier puis le crucifix avant de monter à l'échafaud. Mention "exec" sur son acte-civil de décès. 18 décembre 1856
30 janvier 1857 Vendredi, 8h Paris Jean-Louis Verger 30 ans, curé de la paroisse de Séris (Seine-et-Oise). Assassina d'un coup de couteau en pleine poitrine Marie Dominique Auguste Sibour, 64 ans, archevêque de Paris, le 03 janvier 1857, dans l'église Saint-Etienne-du-Mont, alors que Sibour allait célébrer la messe en l'honneur de Sainte Geneviève, patronne de Paris. Blesse également une fidèle qui cherchait à le désarmer. Dément, protestait contre le dogme de l'Immaculée Conception. Ses oppositions lui avaient valu d'être interdit quelque temps auparavant. Réveillé à 7h15 par l'abbé Hugon, puis par le directeur, les greffiers et plusieurs policiers. "Mais ce n'est pas possible ! C'est une trahison de ne pas m'avoir prévenu ! Laissez-moi tranquille ! Je ne peux pas, je ne dois pas finir ainsi !" Au directeur, crie : "Vous qui avez été si humain, si bon pour moi, je vous demande une heure ou deux pour écrire à l'Empereur ! Vous ne pouvez pas me refuser cela !" Devant le refus, se met à hurler de peur, mais revient à des mots compréhensibles quand l'aumônier cherche à l'aider : "Ne me laissez pas prendre ainsi, Messieurs, laissez-moi tranquille, s'il faut mourir, je veux mourir tel que je suis, je ne veux pas de prêtres, ni de reliques !" L'aumônier dit parler au nom du Christ, provoquant de nouveaux cris de Verger : "C'est possible, oui, j'aime, j'adore le Christ, mais ce n'est pas ainsi que je dois, que je puis mourir ! Messieurs, vous qui êtes décorés, vous qui connaissez l'Empereur, demandez ! Obtenez pour moi la permission de lui écrire, c'est l'affaire de deux heures, on lui enverra un exprès !" Comme nul ne lui répond, devient furieux : "Je n'irai pas à l'échafaud, je n'y veux point aller, on ne me tirera de mon lit qu'en pièces, qu'en morceaux ; on me traînera à l'échafaud, je n'irai pas, je ne veux pas y aller, mais non, mais non, je n'irai pas !" Le directeur donne des ordres d'un ton sévère : "Non, mille fois non !" répond Verger, enroulé dans ses draps, tandis qu'un brigadier et cinq gardiens le saisissent. Se met à hurler comme une bête : "Au meurtre ! Au secours ! A l'assassin !" On cherche à l'habiller, mais la chose est impossible ! Doit être porté jusqu'à l'avant-greffe par quatre hommes ; on passe devant la chapelle sans s'y arrêter, tant le niveau d'exaltation du condamné est grand. Au greffe, soumis à la toilette, devient blanc comme un linge et abattu, et ne proteste plus. Ecoute les paroles de l'aumônier sans bouger, puis finalement, son visage s'apaise et il se lève pour dire : "Messieurs, je déplore la scène de violence dont je viens de vous rendre témoins. C'est la nature qui se révolte contre une fin prématurée. Dès ce moment, je n'écoute plus que mon âme, je ne m'occupe plus que d'elle, je la remets entre les mains de notre digne aumônier. Ecoutez, ô vous tous que j'ai scandalisés, je rétracte tout ce que j'ai dit. Je déclare, dans toute la plénitude de ma raison, que je veux mourir en chrétien, en catholique, en prêtre... autant que cela peut encore dépendre de moi. Je demande pardon à Dieu et aux hommes du crime odieux que j'ai commis. J'offre librement, sincèrement ma vie en expiation de tout le mal que j'ai fait." Demande alors à s'entretenir avec l'aumônier, et se met à genoux pour entendre les prières des agonisants, répondant en latin. Après cette brève cérémonie, se lève et très ému, remercie directeur et gardiens en leur demandant pardon des peines qu'il leur a causées. Soutenu jusqu'à l'échafaud, répète: "Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, ayez pitié de moi !" Devant l'échafaud, crie plusieurs fois : "Vive Jésus-Christ !" puis supplice le prêtre de l'accompagner : "Mon ami, mon seul ami, ne m'abandonnez pas encore dans ce dernier moment, vous seul pouvez me soutenir jusqu'au bout." Après l'ultime génuflexion, il rajoute : "Monsieur l'aumônier, mon frère, je vous charge de faire en mon nom amende honorable à tous mes supérieurs ecclésiastiques que j'ai contristés ou offensés. Dites-leur que je leur demande pardon comme je leur pardonne moi-même. J'offre ma vie en expiation de mes fautes." Puis embrasse le crucifix et le prêtre et se confie à l'exécuteur Heidenreich et ses aides. 17 janvier 1857
11 février 1857 Mercredi, 14h Ville-sous-la-Ferté (Aube) François Zacharie Vosmarin 27 ans, marchand forain. Détenu à la centrale de Clairvaux, à Ville-sous-la-Ferté. Exécuté à la centrale de Clairvaux. 15 décembre 1856
10 mars 1857 Mardi, 9h Cambrai (Nord) Maximilien Napoléon Longuet 47 ans, marchand de toiles. Tua le 06 novembre 1856 à Cambrai sa femme, Sophie Marie-Anne Laurent, épouse Longuet, 45 ans, en l'assommant à coups de marteau, puis en l'enfermant entre deux matelas et en restant assis sur eux pendant une demie-heure pour l'étouffer. Avait également contraint une de ses servantes, enceinte de ses oeuvres, à avorter, puis avait tenté d'assassiner le médecin qui l'avait aidé à pratiquer l'intervention. Prévenu à 3h par l'aumônier Leclercq, ne dormait pas. "Ah, monsieur l'aumônier, vous venez m'annoncer que l'heure fatale est venue ! Que la volonté de Dieu soit faite !" Discute avec le prêtre, puis se prépare. Dans l'entrée de la prison, demande au directeur et aux gardiens de prier pour lui. "Messieurs, j'ai versé le sang innocent de ma pauvre femme, bien bonne et bien vertueuse. Je vais donner le mien en expiation de ce forfait, mais mon supplice sera trop court. Priez, priez le bon Dieu pour moi, s'il vous plaît." Demande au directeur de transmettre un message au révérend père Adrien, du couvent des Bénédictins anglais, pour lui faire savoir qu'il est mort chrétiennement, et solliciter une messe de sa part. Comme des gendarmes vont lui passer la camisole, il répond : "A quoi bon ? Que craignez-vous ? Je vais voyager côte à côte avec cet ange de charité. Il m'a fait tant de bien que je ne voudrais pas aujourd'hui détruire tout son ouvrage en cherchant à me soustraire au supplice. Oh, non, jamais, jamais !" Comme le brigadier se justifie, tels sont ses ordres, finit par se réigner : "Que la volonté de Dieu soit faite." Prie durant le voyage. En arrivant en vue de Cambrai, remarque : "Je devrais être plus faible à mesure que je m'approche de la ville, mais je me sens plus fort en pensant que Notre-Dame-de-Grâce ne m'abandonnera pas. N'est-elle pas le refuge des pécheurs ?" Arrive à la prison de Cambrai à 8h15, demande de quoi écrire et rédige un mot au protecteur qui, en prison, l'a incité à retrouver la voie de la religion, en lui demandant de recommander ses filles. Pendant la toilette, ne voyant plus l'aumônier, se met à pleurer : "Monsieur Leclercq ! Est-ce que je suis abandonné ?" Le prêtre, qui priait dans un coin, se montre à lui et le rassure. Au procureur, demande la faveur d'aller pieds nus au supplice : le magistrat lui explique que c'est une aggravation de la peine, normalement réservée aux parricides, et qu'il ne peut l'ordonner. "Hélas, c'était une bien faible augmentation de peine, le trajet est si court ! Mais enfin, que la volonté de Dieu soit faite !" Quand le condamné monte en charrette, dans la chapelle, les détenus chantent le Miserere. Quitte la prison à 8h40, dos tourné à la route. Arrivé place d'Armes, s'inquiète de pouvoir faire son amende honorable, mais la peur est trop forte, et demande à l'aumônier de s'adresser au public en son nom pour réclamer le pardon. En grimpant les marches, répète : "Jésus, ayez pitié de moi !" Basculé, crie : "Marie im..." Le couperet coupe la phrase, et un jet de sang vient tâcher le surplis du prêtre. 11 février 1857
11 mars 1857 Mercredi, 9h30 Chaumont Jean-Paul "Paul Morisot" Vautrin 24 ans, valet de ferme. A Heuilley-le-Grand, le 21 janvier 1856, décapite le petit Pinot, onze mois, neveu de ses patrons, pour faire de son crâne un talisman qui devait le rendre invisible et ainsi, lui permettra d'aller piller les châteaux avoisinants sans se faire remarquer. La tête est retrouvée dans un bois le 18 mai suivant. Foule immense 28 janvier 1857
19 mars 1857 Jeudi, 7h Altkirch (Haut-Rhin) Jean Emberger 34 ans, cultivateur. Empoisonna le 12 juillet 1856 à Strueth Catherine Ritter, épouse Emberger, sa femme enceinte, et récidive en empoisonnant le 02 août 1856 sa belle-fille, Marie-Anne Kloetzler-Ritter, 7 ans, à l'arsenic. Exécuté place de la Halle. 11 février 1857
21 mars 1857 Samedi, 7h30 Marseille Gaspare Mattracia 47 ans, acrobate et prestidigitateur, Sicilien. Soupirant de Lucrezia Campisiano, 21 ans, dont il avait violé une soeur aînée sept ans plus tôt, pris de haine envers sa future belle-mère, Mme Campisiano, la tue de deux coups de couteau le 1er janvier 1857 au 31, cours Belsunce, avant de faire subir le même sort à sa future belle-soeur, Diana Campisiano, 17 ans. Il avait au préalable chauffé et frotté d'ail la lame. Ayant assisté à un changement d'attitude chez ses visiteurs, se doutait de sa fin depuis la veille. Prévenu à 4h par l'aumônier Richaud, se montre résigné et annonce qu'il fera volontier le sacrifice de sa vie. Reçoit la visite de deux jeunes gens, membres des Conférences de Saint-Paul, qui assistent à la messe avec lui. Reçoit lecture du jugement à 6 heures par le greffier, sentence traduite en italien. Calme, même quand un serrurier scie les fers de ses chevilles, trop ému pour les défaire autrement. Demande à enfile son habit et son pantalon noir, puis règle ses dettes avant de faire une dernière prière puis de se confier aux exécuteurs de Nîmes, Draguignan et Aix-en-Provence. Quitte la prison Chave à 7h15 en voiture : avait souhaité partir à pied, mais finit par se rendre aux arguments de l'aumônier. Arrive sur l'esplanade Saint-Michel ("La Plaine" ou Place Jean Jaurès), où aucune exécution n'avait eu lieu depuis des fusillades militaires sous le Directoire. Echafaud dressé tout près du grand bassin ; groupe de pénitents gris, chargés de l'inhumation, attendent dans un angle de la rue Bergère (Rue Horace-Bertin), pour ne pas être vus par le condamné. Devant la machine, parle un peu avec l'aumônier, grimpe soutenu par le prêtre, puis sur la plate-forme, dit en italien : "Marseillais, je vous demande pardon du crime que j'ai commis, du mauvais exemple que j'ai donné. Pardonnez-moi, comme je pardonne à mes ennemis. Priez pour moi. Je vais prier pour vous !" Embrasse le prêtre, puis la cage contenant son perroquet de compagnie, qu'il avait eu la possibilité de garder auprès de lui durant sa détention. A la chute du couperet, plusieurs malaises dans la foule, et même un évanouissement : une femme enceinte à terme aurait même accouché sur place ! Environ 60000 spectateurs, contenus par 1200 hommes d'infanterie. 13 février 1857
28 mars 1857 Samedi, 8h12 Conches
(Eure)
Zacharie-Benjamin "Coucou" Leclerc PARRICIDE, 39 ans, voiturier. Assassina son père Zacharie-Joachim, 65 ans, cordonnier, le 17 octobre 1856 à Conches. Réveillé à 5 heures par le greffier. Très calme, entend les paroles de l'abbé Nollent, vicaire de l'église Saint-Taurin. Quitte la prison d'Evreux en fourgon cellulaire. Arrive à Conches à 7h15, est enfermé dans la prison municipale et reçoit les visites du docteur Vivien et du doyen de Conches, ainsi que de son vicaire. Confié aux exécuteurs de Rouen et de Caen à 7h45, impassible, demande à faire un petit déjeuner. Quitte la geôle à 8h, en tenue parricide, d'un pas ferme, jusqu'au parc où se tient le marché aux bestiaux. En y arrivant, fait une station près du calvaire et médite face à l'image du Christ en croix. Grimpe à l'échafaud, entend la lecture de l'acte de condamnation, mais poussé sur la bascule, cherche à se rejeter en arrière et doit être maintenu pour que sa tête passe dans la lunette. Peu de monde présent autour de l'échafaud, la majorité des spectateurs se trouvait aux fenêtres des maisons alentour ou dans les rues pour regarder passer le parricide sans pour autant assister à l'expiation. 10 février 1857
03 avril 1857 Vendredi, 8h Versailles Eugène François Gontier 31 ans, cultivateur au hameau de la Falaise, près d'Epone. Ayant acheté en viager les terrains de sa mère, née Dauge, et de son oncle Dauge, 55 ans, en retard de deux ans dans le paiement de ce dernier, sommé de vendre ses biens pour régler sa dette, décide de se venger. L'assomme à coups de bûche le 22 novembre 1856 et lui vole 600 francs. Une tante de Gontier aurait été condamnée à mort et exécutée à Mantes pour avoir assassiné une voisine. 20 février 1857
06 avril 1857 Lundi, 8h Paris François Richeux 40 ans, cuisinier. Assassine à coups de couteau de cuisine son amant, Eustache-Etienne Jaunet, 40 ans, épicier, à Corbeil (Seine-et-Oise) dans la nuit du 08 au 09 décembre 1851, afin de le voler. Au 18, rue de Charenton, le 26 juillet 1856, assassine à coups de couteau de cuisine Bérard, 47 ans, cuisinier, son amant, pour lui voler argent et bijoux. Jugé uniquement pour ce second crime. Réveillé une première fois à 6h par un envoyé du procureur général pour recueillir ses déclarations. Richeux l'évince et se recouche. Reveillé à nouveau à 7h25 par l'abbé Hugon, le directeur de la prison et le chef de la Sûreté. "Je m'y attendais. Mieux vaut aujourd'hui que demain, car mes souffrances finiront plus tôt." Se lève, répond à quelques questions du policier, puis s'entretient avec l'aumônier, va à la chapelle pour entendre la messe. A l'avant-greffe, on lui propose de quoi déjeuner. Accepte seulement un petit verre d'eau-de-vie. Ne le boit qu'à demi : "Elle est trop forte." Prié de répondre à d'ultimes questions par le chef de la Sûreté et l'abbé Hugon, réplique : "Vous comprenez bien que ce n'est pas en ce moment que je cacherais la vérité !" Durant la toilette, remarque aigrement : "J'ai cependant rendu quelques services ! Mais j'ai commis une grande faute, et je l'expie... Surtout qu'on ne fasse pas de mal à ma famille." On lui répond que sa famille n'a rien à se reprocher, et par conséquent, lui n'a rien à craindre : "A la bonne heure !" Au moment où l'exécuteur Heidenreich l'informe qu'il est temps, il répond : "Je suis prêt, seulement, je vous préviens que nous n'irons pas comme en chemin de fer. Vous m'avez fait arranger de manière à m'empêcher de courir !" Remercie le directeur et les gardiens, puis demande s'il lui reste de l'argent, et devant la réponse affirmative, dit : "Eh bien, gardez-le pour vous ! Ce sera pour boire la topette à mon intention !" Ecoute le prêtre de la porte à l'escalier de l'échafaud, et une fois devant la machine, regarde le couteau d'un oeil impassible jusqu'à ce qu'il soit basculé. Parmi le public, l'écrivain Russe Léon Tolstoï, lequel devient résolument abolitionniste après ce spectacle. 28 février 1857
22 avril 1857 Mercredi, 9h Saint-Omer Louis Bruno Lesecq 34 ans, concierge et jardinier, au service de M.Defrance, du maire de Lumbres. Abat d'un coup de fusil le 10 septembre 1856 à Lumbres Désiré "Billot" Lebrietz, 32 ans, son collègue domestique, et enterre son corps dans une maisonnette abandonnée, où il est retrouvé le 26 janvier 1857. Avait également tenté d'empoisonner avec un café infusé d'allumettes en été 1856 Augustine Prouvé, sa collègue, cuisinière : il affirma mensongèrement qu'elle avait été sa maîtresse puis l'avait délaissé pour devenir la compagne de Désiré. Prévenu à 6 heures par l'aumônier Létendard après la messe. Demande pardon à Dieu pour ses crimes et gémit : "La malheureuse !" à plusieurs reprises. A 8 heures, avec tous les autres prisonniers, entend la prière des agonisants, entouré par les confrères de Saint-Léonard. Conduit dans une salle, les exécuteurs lui retire ses fers, et il demande un verre d'eau de vie. Arrive peu avant 9 heures au nouveau marché aux bestiaux, devant une foule immense avec beaucoup de femmes. Embrasse sur l'échafaud son aumônier et l'un des confrères. 18 mars 1857
20 mai 1857 Mercredi, 9h Garlin
(Basses-Pyrénées)
Jean "Quintou" Curon PARRICIDE, 27 ans, laboureur à Aydie. Empoisonna à l'arsenic le 29 décembre 1856 son père, Jean Curon, 75 ans, et sa femme, Jeanne Jouandoudet, 31 ans, et leur fils Jean-François, 14 mois. Quintou père meurt, Jeanne survit, paralysée des membres inférieurs, seul l'enfant se remet. Exécuté du place du Petit-Marcadieu. 08 février 1857
30 mai 1857 Samedi, 6h Amiens Antoine-Théophile "Simon Lacarrière" Roussel 24 ans, mineur. Egorgea à coups de couteau à Morlancourt Pierre Antoine Bailly, 69 ans, propriétaire, et sa femme Marie Anne Benoîte Cotrelle, épouse Bailly, 69 ans, pour leur voler 3.000 francs, puis mit le feu à leur grange. Son père et complice, Jean-Baptiste "Vast" Roussel, 60 ans, tisseur, est condamné aux travaux forcés à perpétuité. Réveillé à 4h par le directeur, deux gardiens et deux gendarmes dans le dortoir commun. Dormait bien : se lève rapidement, s'habille puis embrasse tous ses co-détenus, en particulier son père, qu'il va voir deux fois. Au greffe, informé par l'aumônier, tremble un peu et a les jambes qui flanchent, si bien qu'on doit l'asseoir dans un fauteuil. Une fois calmé, dit "Puisque j'ai donné la mort, je dois à mon tour la recevoir." S'agenouille pour prier, et refuse l'eau-de-vie qu'on lui propose peu après. "Je n'en ai pas besoin... mais je fumerais bien un peu." Avec l'autorisation du directeur, sort sa pipe, la bourre et la fume paisiblement. Comme on insiste à nouveau pour qu'il boive un petit remontant, finit par céder. "Soit, mais à la condition que le gardien, que j'aime beaucoup, trinquera avec moi." Comme ce dernier, après avoir entrechoqué les verres, hésite à consommer son eau-de-vie, Roussel répond, jovial : "Allons donc, père X..., buvez donc !" Prie à nouveau, puis demande à aller à l'échafaud à pied. "J'ai bien pu marcher pour commettre mon crime, je pourrai marcher pour aller l'expier !" Pluie abondante et chemins boueux sont les arguments avancés pour lui refuser cette condition, alors sollicite d'entendre la messe à la chapelle. En chemin, croise le chien d'un gardien et le caresse gentiment. Confié aux bourreaux à 5h, reste stoïque, parle avec l'aumônier. Sort de la prison à 5h30, couvert par le manteau de l'abbé Douillez. Prie et pleure en route, puis recommande son père au prêtre. "Si je n'avais pas perdu ma mère si jeune, je ne serais pas ici." A du mal à monter les marches de l'échafaud, place du Marché-aux-Chevaux. 18 avril 1857
19 juin 1857 Vendredi, 5h Nancy Nicolas Didier Oliot 34 ans, manoeuvre, bûcheron. Après une discussion avec sa femme, Geneviève Mélanie Zabé, épouse Oliot, 32 ans, le 03 février 1857 à Cirey, la tue à coups de hache, puis fait subir le même sort à sa belle-mère Catherine Troché, veuve Zabé, 71 ans, et à leur fille Appoline Oliot, 6 ans et demi. Exécuté sur le Champ-de-Mars, au faubourg Saint-Pierre. En fouillant sa cellule, on retrouve une lanière de tissu assez longue, taillée dans une couverture, et avec laquelle il comptait sans doute mettre fin à ses jours. 11 mai 1857
23 juin 1857 Mardi, 5h Epernay (Marne) Alphonse Bouquet 56 ans, chaudronnier à Epernay, plusieurs fois condamné pour vols, outrages, de même que son épouse et leurs deux fils. Condamné à une forte amende par le président du tribunal d'Epernay, Bazire, décide de se venger. Le 12 mars 1857, alors que le juge passe devant leur magasin, Marie-Rosalie Bouquet, épouse d'Alphonse, tire sur lui un coup de pistolet sans l'atteindre, et Alphonse lui tire dessus à son tour, le blessant gravement à la tête. Enfermés dans leur magasin, les époux tirent sur les policiers qui donnent l'assaut, blessant un maréchal-des-logis au visage. Le brigadier de police Félix Oudart, 33 ans, touché au ventre par Bouquet, meurt le 14 mars. Marie-Rosalie Bouquet, également condamnée à mort, est graciée. Leur fils Louis-Aimé est condamné aux travaux forcés à perpétuité. Le lundi, obtient de voir sa femme et son fils, l'une transportée à Paris, l'autre au bagne. Réveillé à minuit. Prend à minuit quarante le train pour Epernay en compagnie de l'aumônier Fescourt et de trois gendarmes. Pendant le voyage, n'arrête pas d'insulter les magistrats, sachant son exécution prochaine, sans pour autant supposer qu'il ne lui reste que quelques heures à vivre. A 2 heures, à Épernay, s'étonne du nombre de soldats formant service d'ordre. "Tiens, combien êtes-vous donc de gendarmes pour me recevoir ?" A la prison, surexcité, poursuit sa diatribe contre les juges, sans que le père Fescourt, le curé d'Épernay Appert et l'aumônier Bailly ne parviennent à le calmer. "Le pauvre Bouquet va périr ! Et périr de cette façon !" crie-t-il en trépignant. Comprenant que l'issue est proche, accepte la présence seule de l'abbé Fescourt, déjeune et fume sa pipe à cinq reprises.
"A quelle heure est-ce qu'on me mène à la guillotine ? A midi ? A une heure ? C'était l'heure ordinaire des exécutions autrefois.
- Ce sera plus tôt, mon pauvre ami. Les instants qui vous restent à vivre sont bien courts, il est temps de vous préparer à paraître devant Dieu.
- Quelle heure est-ce ?
- Quatre heures.
- Alors, j'ai encore deux heures à vivre !
- Pas même : une heure au plus."
A 4h30, toilette dans la cour, demande à ôter seul sa blouse. Récupère un peu d'argent, sa blague et sa pipe, puis son gilet, et cite les noms des personnes à qui il souhaite que ces biens soient remis. S'énerve encore contre les magistrats, en particulier le procureur impérial : "Voilà huit ans qu'ils n'ont cessé de poursuivre ma famille, il fallait bien finir par un tour pareil !" Comme l'exécuteur lui conseille de se calmer, il poursuit : "Oh, la mort ne m'effraie pas, mais j'ai juré de dire jusqu'au bout ce que je pense de la justice, je ne me démentirai pas. Je suis calme." Houspille les aides : "Ne me serrez pas tant avec vos cordes. Vous me ferez assez de mal tout à l'heure. En voilà des bricoles... Allons, puisqu'il le faut, faites votre devoir. Ah ! mon pauvre Bouquet, il faut t'en aller. Oh, vous, mes frères, je vous estime, mais les juges ! Ah, mon pauvre Bouquet, c'est fini pour toi... Allons, il fallait bien que cela finisse comme cela !" Remercie les prêtres, puis refuse d'être soutenu pour grimper dans la charrette, et une fois installé, crie : "Portez armes, marche ! Je suis Français pour la gloire et pour l'amour !" Durant le parcours, clame : "Vive l'Empereur ! Ah ! Si l'Empereur le savait, je ne mourrais pas ainsi !" Pâle et furibond, arrive place Louis-Philippe, devant la guillotine dressée à l'entrée de la rue du Commerce, face à son ancien magasin, où le siège avait eu lieu. "En voilà, du monde !" dit-il en remarquant la foule. Se laisse embrasser par les prêtres et grimpe à l'échafaud en continuant jusqu'au bout à maudire les magistrats.
16 mai 1857
20 juillet 1857 Lundi, 8h Albi Antoine-Napoléon Bousséguy 49 ans, passementier. Comparaissant le 28 février 1826 par les assises du Tarn pour les meurtres crapuleux de sa tante et de sa mère et pour une affaire de vol, n'est reconnu coupable que du dernier chef d'inculpation et condamné à dix ans de travaux forcés. Condamné à nouveau pour vols en bande organisée par la cour d'assises du Vaucluse en 1837 à vingt ans de travaux forcés, libéré après un total de 29 ans de bagne, logé chez son cousin Pradère. A la mort de ce dernier, s'attribue le rôle de chef de maison - était depuis quelque temps déjà l'amant de Mme Pradère. Celle-ci, cherchant à minimiser ses dépenses et le rendant jaloux en se montrant trop familière avec un domestique, provoqua sa haine. Par vengeance, décida de ruiner sa maîtresse : tua le 01 avril 1857 à Saint-Genest-de-Contest la veuve Vidal, mère de la veuve Pradère, à coups de hache pour la voler et met le feu à la maison. Refuse de former le moindre recours, d'où une rapidité peu habituelle dans la décision finale (37 jours entre procès et exécution). Malgré l'insistance de l'aumônier Chaffary, s'en tient à ce qu'il dit, tout en manifestant du repentir. Prévenu à 5h30 par le greffier Cahusac, reste calme. "C'est bien, monsieur, je vous remercie. Je suis prêt, quand on voudra." S'habille et ayant trouvé dans sa poche de la monnaie de billon, la jette dans la cour pour les autres détenus. Comme le gardien-chef lui dit qu'il aurait pu remettre la somme à son ancien co-détenu Romade, il rétorque : "Il n'y a pas de Romade ni de Romeau qui tienne. J'entends que cela appartienne à celui qui le ramassera." Va à la chapelle, entend la messe, prie. Interpelle le greffier en chef : "Vous oubliez, je crois, Monsieur le greffier, de me lire la sentence." L'homme de loi lui explique que cela est inutile, puisque le condamné n'a pas fait de pourvoi. "Cela suffit alors ? Je vous remercie." Passe les dernières minutes à parler avec l'aumônier, et une fois devant l'échafaud, meurt courageusement. 13 juin 1857
26 août 1857 Mercredi, 5h30 Orléans Denis "Antoine" Lechau PARRICIDE, 39 ans, maçon. Tue de trois coups de hache son père, 68 ans, entrepreneur en maçonnerie, le 13 mai 1857 à Olivet. Mobile du crime : Lechau s'estimait floué par son père lors de l'héritage de sa mère un an plus tôt. Réveillé par les gardiens soit disant pour entendre la messe. Comprend et refuse de sortir : "On ne célèbre pas la messe aussi tôt le matin !" L'abbé Rocher parvient à le calmer. Reçoit un verre de vin, n'en boit qu'une gorgée, pris de violents tremblements de peur. Proteste durant la toilette : "Ne me serrez pas trop fort, je ne veux pas m'en aller." Comme l'abbé lui conseille d'être calme afin d'être recompensé par Dieu, répond en montrant les bourreaux d'Orléans et de Bourges : "Aujourd'hui, ma récompense, la voilà. Je suis un grand coupable, et j'ai mérité mon châtiment." Dit adieu aux gardiens, demande à l'un d'eux de rendre à sa soeur une somme importante, puis grimpe en tenue parricide dans la charrette. Arrivé place de la Poudrière, après avoir entendu l'huissier lire l'arrêt, marche vers la guillotine en gémissant à voix haute : "Pardon, j'ai tué mon père ! Pardon, j'ai tué mon père !" Soutenu par les aides pour grimper les marches, se tortille un peu sur la bascule. 6000 personnes présentes, dont beaucoup de femmes. 10 juillet 1857
04 septembre 1857 Vendredi, 6h Moulins Gaspard Martinan 55 ans, journalier à Saligny. Braconnier et voleur violent qui n'hésitait pas à rosser les gardes. Ennemi juré de M.Bourre, garde particulier des propriétés de M. Martin, juge au tribunal de Moulins, le tue à coups de hache dans le bois Chollet au soir du 22 janvier 1857. Son complice Manciau se pend au lendemain de leur arrestation commune. Exécution tenue assez secrète, mais foule place du Marché aux Boeufs. Pris de faiblesse, doit être porté sur l'échafaud. 22 juillet 1857
05 octobre 1857 Lundi, 6h Melun Félix Merck 28 ans, Belge, manouvrier. Le 15 mai 1857, à Barcy, assomme d'un coup de pierre enveloppée dans un mouchoir Julie Normand, veuve Duviquet, 58 ans, avant de l'achever en l'étranglant à mains nues pour lui voler 600 francs. Son jeune frère, François Merckx, est condamné à vingt ans de travaux forcés. 20 août 1857
12 octobre 1857 Lundi, 6h Nevers Laurent Maurin 30 ans, sans profession. Assassine à coups de hache, dans la nuit du 06 au 07 avril 1857 à Livry, Louis Mouty, 39 ans, propriétaire terrien, pour lui voler ses économies. Réveillé à 4h, dormait bien. Demande en vain à ne pas être attaché : "Je ne veux pas me défendre." Discutant avec l'aumônier, il lui demande de remettre 14 francs à sa mère. Confié aux exécuteurs à 5h30, se laisse faire. Ecoute le prêtre tout au long du trajet vers la place du Champ-de-Foire. Devant la guillotine, saisi d'effroi, doit être soutenu par les prêtres. Pousse un cri quand on le bascule. Peu de monde présent, surtout des femmes. 18 août 1857
07 novembre 1857 Samedi, 6h30 Lons-le-Saunier Françoise Michaud, épouse Juge 48 ans, journalière, veuve en premières noces d'un M.Dejeux, se remarie avec Xavier Juge, journalier à la Vieille-Loye, et père de cinq enfants d'un premier lit. Françoise prend en grippe les trois plus jeunes de ses beaux-enfants, qu'elle maltraite tant et si bien que deux d'entre eux finissent par mourir. Le 03 avril 1857, empoisonne Emilie Juge, 8 ans, ce qui entraîne son arrestation. Ses enfants, Charles Dejeux, 17 ans, et Alexandrine Dejeux, 15 ans, sont respectivement condamnés à vingt ans de travaux forcés et à vingt ans de réclusion dans une maison de correction. Réveillée à 4h30 par l'abbé Malfroy. Se met à trembler, puis se reprend très vite, notamment grâce aux paroles de soutien du prêtre. Se laisse faire pour la toilette, récitant pendant ce temps les prières des agonisants, puis demandant à s'entretenir avec le procureur, ce qu'elle fait d'un ton égal, avec un calme peu courant chez les condamnés à mort. Quitte la maison d'arrêt en charrette, et arrive sur la place des exécutions, où parmi les spectateurs, on distingue un nombre important de jeunes femmes. Une fois sur l'échafaud, remise entre les mains des exécuteurs de Dijon et de Besançon, a pour dernières paroles : "Ne me découvrez pas devant tout ce monde, je ne suis pas une mauvaise femme." 04 septembre 1857
14 novembre 1857 Samedi, 9h30 Rodez Joseph "Roudez" 25 ans, sans profession. Attaque dans leur sommeil à coups de houe, dans la nuit du 13 au 14 mai 1857 près de Sauclières, les ouvriers Barthélémy Costes et Jean-Pierre Bioulac, ses compagnons de route, pour les voler. Bioulac survit et le dénonce. Réveillé alors qu'il dort bien, à 6 heures, par l'aumônier Loubières. Répond "Eh bien..." en baissant la tête, puis se montre résigné. Entend la messe, aux côtés des soeurs de Nevers, qu'il remercie de leur présence charitable après la cérémonie. A 8h, demande à parler au procureur de Verot, lequel, réclamé par le concierge de la prison, arrive peu après avec le substitut Fabre et le greffier en chef Benoît. En larmes, Joseph lui dit : "Monsieur le procureur impérial, je regrette vivement de n'avoir point dit la vérité devant la Cour d'assises et d'avoir nié mon crime. C'est moi qui suis l'auteur de l'assassinat commis sur la personne des nommés Bioulac et Costes, ainsi que les vols qui ont suivi ces crimes. J'en demande bien pardon à Dieu et aux hommes." Le magistrat, touché, lui répond par des paroles réconfortantes, d'espoir et de foi qui apaisent Roudez. Une fois le procureur et ses adjoints partis, prie avec l'aumônier et les religieuses. Quitte la prison à pied, lentement, avec l'aumônier qui lui présente le crucifix. Place du Palais de Justice, encombrée de foule, prie une dernière fois à genoux sur l'escalier, puis se laisse faire par les exécuteurs. 12 septembre 1857
08 décembre 1857 Mardi, 8h Moulins Pierre Petotot 71 ans, propriétaire. Décapite sa femme, Guillemette Cante, épouse Petotot, 72 ans, le 20 août 1857 à Moulins parce que celle-ci, avec laquelle il était en querelle depuis leur mariage, avait dépensé 80 francs en quatre semaines. Croyait en sa grâce. Dort très profondément à 5h30 quand les gardiens le réveillent, et les engueule de venir les déranger ainsi. Informé de l'exécution, se lève, prépare paisiblement ses affaires comme s'il partait en vacances, à tel point qu'on lui précise que cela n'est pas une mauvaise plaisanterie, qu'il ne va pas quitter la prison pour l'entérinement de sa grâce à Riom, mais bel et bien être décapité dans les heures qui viennent. Aucune émotion, répond : "Ne mangera-t-on pas aujourd'hui ? J'ai faim !" S'installe près du poêle, et déjeune avec appétit. Seule l'arrivée des exécuteurs lui fait comprendre la situation : fond en larmes et hurle qu'il ne veut pas mourir. Crise rapidement apaisée, s'entretient avec le prêtre. Durant le trajet jusqu'à la place aux foires/plan des Bouchers, prie à voix basse en demandant l'intervention des saints, notamment de la Vierge Marie, cependant en voyant la foule se presser pour le regarder passer, s'écrie : "Venez ! Venez me voir mourir !" Monte seul à l'échafaud, l'air calme et les yeux impassibles. 30 octobre 1857
16 décembre 1857 Mercredi, 11h45 Melay
(Haute-Marne)
Nicolas Devaux 32 ans, manouvrier à Villars-Saint-Marcellin. A Melay, le 17 mai 1857, assassine à coups de maillet M.Nicolas et à coups de houe sa femme, Anne-Marie Grosmond, épouse Nicolas, pour voler un pot de graisse, un quartier de lard et de l'eau-de-vie. Quitte la prison de Chaumont au soir du 15 : comme il s'inquiète, on lui ment en lui expliquant qu'il doit être transféré à Bourbonne dans le but d'une confrontation. Arrive à Bourbonne à 3 heures du matin, dort jusqu'à 9 heures. A son réveil, le curé de Chaumont vient lui annoncer la vérité, et dans la foulée, le condamné remonte en charrette pour parcourir les dix derniers kilomètres jusqu'à Melay. Sur place, est porté pour être conduit au poste des pompiers, où il se confesse avant d'être toiletté. Pendant le trajet jusqu'à l'échafaud, remercie le prêtre et lui confie le soin d'annoncer à sa mère et à sa soeur qu'il est mort dignement en chrétien. Près de l'église, fait la génuflexion et est béni. En voyant la machine, perd contenance et a du mal mal à grimper sur l'escalier. Avant qu'il ne soit basculé, le prêtre s'adresse aux quelques 10000 spectateurs présents : "Devaux implore le pardon de ses fautes ! Que la jeunesse et tous les âges se souviennent bien que c'est par l'oubli de Dieu et du devoir que tôt ou tard on arrive là !" 28 octobre 1857
28 décembre 1857 Lundi, 7h20 Draguignan Christine Pauline Truc, veuve Barnel 49 ans, cultivatrice, veuve de Martin Barnel. Le 29 juin 1846, au hameau de Saint-Jean, à Pierrefeu-du-Var, Martin, 42 ans, abat à coups de fusil sa mère Rose Teisseire, épouse Barnel, 66 ans, et met fin à ses jours. Bru et beau-père vivent dans la même maison en mésentente. Le 17 mai 1857, frappe de seize coups de manche de béchard son beau-père, Jean-Joseph Barnel, 78 ans, pour en hériter plus vite, et affirme avoir agi pour se débarrasser des avances indésirables du vieil homme. Prévenue à 5h, se montre résignée. Offre l'argent qui lui reste et ses vêtements aux autres détenues, puis entend la messe des abbés Doze et Fournier, en se repentant de son crime. Quitte la prison peu après sept heures pour la place de l'Horloge. Public modéré en raison de l'heure très matinale : une partie sur la place même, d'autres sur la route de Grasse qui offre un excellent panorama sur la place. Semble ragaillardie par le froid du matin, mais en apercevant l'échafaud, manque s'effondrer et doit être portée sur l'échafaud. 06 novembre 1857
31 décembre 1857 Jeudi, 9h50, 9h55, 10h Rosières-en-Santerre (Somme) Pierre-François Hippolyte Villet,
Henri-Clovis Bourse
et
Ferdinand-Henri Lemaire
51 ans, voiturier, 48 ans, sans profession, et 24 ans, journalier, membres de la "bande Lemaire", chauffeurs du Santerre (troisième bande, après celle de 1821 et de 1832), plus d'une cinquantaine de vols et plusieurs assassinats. Leurs complices, Pierre-Joseph Hugot, 36 ans, manouvrier, et Pierre-Louis Prosper Villet, 24 ans, garçon limonadier, fils d'Hippolyte, débutent leur carrière en cambriolant les époux Bourse, à Vrély, le 27 juin 1852, pour voler 209 francs. Hippolyte et Prosper Villet se rendent par deux fois auteurs d'incendies volontaires en septembre 1852 à Vrély et Wiencourt-l'Equipée. Hippolyte assassine le 30 novembre 1852 Jean-Baptiste "Moyeu" Chrétien, 47 ans, à Vrély, pour le voler. En 1855, Bourse assassine à Ivry, près de Ham, la veuve Josse. Lemaire, Hugot et Bourse tuent le 05 décembre 1855 à Blérancourt M.Deschamps, marchand de vaches, pour lui voler 2000 francs en or et en billets. Le 07 avril 1857, à Folies, Lemaire et Hugot tuent à coups de bûche et d'éperon de voiture les vieux époux Thory pour voler... trente sous ! Jugés par les assises de l'Aisne.
Hugot, condamné à mort, est grâcié.
Prosper Villet est condamné aux travaux forcés à perpétuité ;
sa mère, Victorine Lemaire, épouse Villet, 50 ans, à dix ans de prison ;
sa soeur, Marie-Amélie Villet, 20 ans, à huit ans de réclusion ;
Jean-Baptiste Rabache, 40 ans, briquetier, à sept ans de prison ;
Marie-Alexandrine Thuillier, épouse Hugot, 26 ans, Prosper-Louis Pillot, 32 ans, charpentier, Augustin Prévost, 37 ans, tricoteur et Pierre-François Caron, 53 ans, marchand de peaux de lapins, à cinq ans de réclusion.
Jean-Baptiste Villet, 43 ans, cultivateur, Pierre-Omer Fournier, 43 ans, fabricant de bonneterie, sont acquittés.
Exécutés au lieu-dit "L'arbre d'Avesne". Une heure après la mort de son fils, le père Lemaire succombe, victime de maladie et de chagrin. 17 novembre 1857
14 janvier 1858 Jeudi, 10h15 Brillac (Charente) François Cubeau 47 ans, marchand drapier. Lors du cambriolage du presbytère, tente d'assassiner à coups de marteau dans la nuit du 05 au 06 août 1857 à Brillac son voisin, M.Maynard, 34 ans, curé de Brillac, qui survit par miracle à l'agression. A Angoulême, ne comprend ce qui va se passer qu'en voyant des gendarmes dans la prison, le 13 au soir : tremble de peur. Quitte la prison à 22h30 en compagnie de l'abbé Coullet, au milieu d'un grand rassemblement de gens. (à compléter) 14 novembre 1857
28 janvier 1858 Jeudi, 8h40 Mauriac (Cantal) François Maniac 58 ans, cordonnier à Frugères, connu pour sa violence. Etrangle à Drugeac le 23 novembre 1856 Guillaume Grégoire, 80 ans, usurier, à qui il devait 350 francs qu'il ne pouvait rembourser, et le vole. Exécuté place de l'Hôtel-de-Ville. Environ 1500 spectateurs. Très calme, n'avoue jamais son crime. 20 novembre 1857
08 février 1858 Lundi, 8h10 Évreux Louis Béquet PARRICIDE, 28 ans, cultivateur. Le 11 septembre 1857, au hameau de Feuguerolles, commune des Andelys, abat d'un coup de fusil en pleine poitrine son père, Michel-Constant Béquet, 52 ans, puis place le canon du fusil sous son menton pour tenter de se suicider. Ne réussit qu'à se défigurer, le coup de feu emportant toute la partie inférieure de son visage, ce qui l'oblige à porter un récipient de fer-blanc pour remplacer son menton détruit et à être nourri avec un entonnoir directement placé dans son gosier. Prévenu à 6h par le commis-greffier Lebouc, aucune émotion, répond - malgré sa blessure qui l'empêche de parler normalement - qu'il a mérité son sort et est prêt à mourir. Ecrit pendant une heure environ à sa mère et à sa femme. Quitte la prison à 8h, en tenue parricide, et à bord d'une voiture alors qu'il souhaitait y aller à pied. Pré du Bel-Ébat, environ 1500 personnes maintenues aux extrémités de la promenade. Récite les prières des agonisants en route, et sur place, monte seul à l'échafaud, entend l'arrêt de condamnation lu par l'huissier Quiettier, avant de se remettre aux exécuteurs. Inhumé par les soins de la Charité d'Évreux. 07 décembre 1857
18 février 1858 Samedi, 8h45,
9h
Le Puy-en-Velay Marie Racon, veuve Héritier















Jean Rolland
34 ans, employée d'un sabotier. Veuve sans grandes ressources, pressée par un prétendant, le soldat Jean Gaucher, frère de son employeur, décide de se débarrasser de ses enfants pour refaire sa vie avec lui. Le 07 mai 1857, au Puy-en-Velay, empoisonne, avec une mort-aux-rats à base de phosphore, sa fille Marie-Louise Héritier, 2 ans et demi. Le 06 juin, récidive et empoisonne avec la même substance son fils, Pierre Héritier, 7 ans. Si le produit toxique ne peut alors être identifié par la science, l'empoisonnement est avéré et Marie avoue son double crime quelques jours plus tard.





46 ans, fabricant d'allumettes. Patron ivrogne et violent, abat au fusil de chasse ses anciens ouvriers, Jacques Vigouroux et Hippolyte Rogues, le 18 août 1857 au Puy-en-Velay. Vigouroux, 30 ans, meurt le 27 septembre, Rogues survit après quarante-cinq jours d'hôpital. Vigouroux, après des années de vexations, avait fini par quitter l'atelier Rolland dont il était le seul ouvrier en juillet 1857 pour travailler avec son rival, Rogues, dont l'atelier d'allumettes n'était qu'à vingt mètres de celui de Rolland.
Au réveil, à 7h, Marie fond en larmes et ne parvient à se reprendre qu'après un quart d'heure de sanglots. "Eh bien, puisque c'en est fait, priez pour moi !" Rolland déjà réveillé à l'arrivée des officiels. Quand on lui propose de quitter la cellule, comprend aussitôt, et va à la chapelle pour entendre la messe en compagnie des autres détenus et de Marie, puis refuse la confession et regagne sa cellule pour saluer ses compagnons de détention. Il distribue les quelques biens qui lui restent, et se nourrit un peu. Les condamnés quittent la prison en voiture vers 8h30 et gagnent la place du Breuil. Marie prie en silence pendant le trajet. Après une brève halte dans l'entrée du palais de justice pour entendre une dernière fois les secours de la religion, prodigués par un jésuite, Marie est avertie par un exécuteur qu'elle sera la première à expier. "Qu'il en soit ainsi", répond-elle. Montant à l'échafaud la première, elle est prise de défaillance et doit être portée sur la plate-forme par les bourreaux. Elle embrasse le crucifix de l'aumônier Bonhomme, puis se laisse basculer. Rolland la suit, toujours ferme, même si pris de tremblements incontrôlables. 08 décembre 1857









03 décembre 1857
27 février 1858 Lundi, 12h Pradelles (Haute-Loire) Pierre "Gandard" Sauzet 42 ans, journalier. Incendiaire récidiviste : met le feu à l'hospice - asile de nuit de Pradelles - le 04 février 1857. Réitère son geste par deux fois le 09 février, ne laissant que des cendres. Recommence en incendiant l'asile provisoire le 19 février, au lendemain de sa construction, ainsi que le 22 février. Mobile : la vengeance. Lui et ses complices, vivant et abusant des secours de l'hospice, avaient vu leurs "revenus" baisser quand les soeurs avaient confié la culture des terres dépendantes de leur établissement à des domestiques et non plus à eux ! Ses complices, Louis Hugon et André "Pelet" Arnier, sont condamnés aux travaux forcés à perpétuité. Deux autres complices, Régis Hugon et Isidore Bonnet, ayant essayé de mettre le feu à d'autres bâtiments après l'arrestation des coupables pour tromper la justice, sont respectivement condamnés à dix et sept ans de travaux forcés. Réveillé à 3h à la prison du Puy en sursaut. S'asseoit sur son lit et accepte avec ferveur le châtiment. Entend la messe puis demande au prêtre : "Laissez-moi faire nu-pieds le trajet. Le Sauveur, en allant au Calvaire, n'avait pas de chaussures." L'aumônier lui répond : "Mon fils, Jésus-Christ n'allait pas en voiture." Quitte la prison à 5h, et grimpe dans une voiture rue Saint-Gilles. Prie durant le voyage. A Costaros, pour changer de chevaux, le convoi fait halte, livré à la curiosité des passants. Comme ceux-ci n'hésitent pas à grimper sur le marchepied pour regarder le condamné de près, le prêtre s'emporte, et Sauzet lui dit : "Mais, mon père, laissez-les faire ! Il y avait du monde à la Passion ! Je mérite bien ces humiliations pour l'avoir si peu aimé pendant ma vie !" Arrivent à Pradelles à 10h. Sauzet obtient satisfaction : les deux cents derniers pas seront accomplis pieds nus dans la neige. A la mairie, subit la toilette. Le prêtre demande à l'exécuteur de Riom s'il veut bien lui laisser un instant pour prêcher à la foule. L'exécuteur accepte. Peu avant midi, le convoi arrive sur le foirail. Prêtre, bourreaux et condamné montent sur la plate-forme où l'aumônier demande aux spectateurs d'accorder leur pardon au supplicié, et de prier pour lui. Bourreaux et condamnés agenouillés font une prière, et c'est en psalmodiant que Sauzet est basculé. 16 décembre 1857
13 mars 1858 Samedi, 7h Paris Orso Teobaldo Felice Orsini
et
Giovanni Andrea Pieri
39 ans et 50 ans, carbonari, révolutionnaires républicains Italiens. Le 14 janvier 1858, rue Le Peletier devant l'Opéra, lançent trois bombes sous l'attelage de Napoléon III, faisant 156 blessés et 12 morts. L'empereur et l'impératrice en ressortent choqués mais indemnes, protégés par le blindage d'acier de leur carrosse. Pieri est arrêté quelques heures avant l'attentat, en possession d'armes et d'une quatrième bombe. Carlo Camillo Di Rudio, 26 ans, condamné à mort, est gracié. Antonio Gomez, 29 ans, est condamné aux travaux forcés à perpétuité. 26 février 1858
27 mars 1858 Samedi, 6h40, 6h43 Valence Marie-Magdeleine Reynier, veuve Guilliny et Jean-Pierre "Mathieu" Estève 51 ans, journalière et 31 ans, cultivateur. Marie déjà condamnée à trois reprises pour inhumation d'enfant sans autorisation, vol et rébellion contre l'autorité, amants diaboliques. Marie battait son époux depuis longtemps. Etranglent M.Guilliny avec une corde dans la nuit du 14 au 15 août 1857 à Montbrun-les-Bains et menaçent Eléonore Guilliny, 12 ans, de lui faire subir le même sort si elle les dénonce. Rose Tyran, 42 ans, la compagne d'Estève, complice, est condamnée à vingt ans de réclusion criminelle. Prévenus par l'aumônier Baï et l'abbé Bertrand. Marie s'emporte, surexcitée par la panique, Estève reste calme. Entendent la messe. Exécutés place du Petit-Saint-Jacques. 14 janvier 1858
01 avril 1858 Jeudi, 6h15 Dijon Nicolas Guignard PARRICIDE, 19 ans, ouvrier tailleur d'habits. Tue, dans la nuit du 31 janvier au 1er février 1858 à Beaumont-sur-Vingeanne son père Jean-Maurice Guignard, épicier, et deux de ses soeurs, Antoinette, 23 ans, et Marie, 11 ans, à coups de marteau, de hache et de couteau, pour s'emparer d'environ 200 francs économisés par leur père, ce pour le dépenser en alcools notamment avec Pauline "Clara" Hanot, prostituée dont il était tombé amoureux et qui le détestait. Exécuté place du Marché-au-Foin. Présence de Pauline Hanot au premier rang. 28 février 1858
14 juin 1858 Lundi, 8h45 Peyrehorade (Landes) Dominique Auguste Jarvot 28 ans, laboureur. Libéré de la centrale d'Eysses après un an pour vol, retourne le 02 décembre 1857 chez ses anciens maîtres, les époux Duquenne, à Orthevielle, qui l'avaient gardé comme domestique trois années durant. Tue d'un coup de pieu dans la tête Pierre Duquenne, 66 ans, cultivateur, dans l'étable, et tue Catherine Barrail, épouse Duquenne, 71 ans, de trois coups de la même arme avant de voler un sac d'écus d'or d'une valeur de 995 francs. Prévenu à 15h à la prison de Mont-de-Marsan par l'abbé Fourcade : doit prendre le train de 17h25 pour Morcenx. Les secours de la religion sont repoussés, comme tout au long de l'incarcération. Impassible, mais heureux d'apprendre qu'il passera sa dernière nuit à Dax, déjeune tardivement, demandant aux autres prisonniers de le prendre en exemple. Répète : "Dieu et moi savons seuls ce que j'ai fait depuis vingt ans." Aux gardiens qui lui attachent les poignets, dit : "Serrez fort, je l'ai bien mérité !" En quittant la prison à 16h45, presque souriant, salue l'assistance autour de la maison d'arrêt : "Adieu, messieurs et mesdames, je l'ai bien mérité !" A la gare, obtient quatre cigares, alors qu'il en voulait un. Fume durant toute la première partie du trajet. Au changement, à Morcenx, boit de la bière et relate avec force détails le crime dont il s'est rendu coupable. Empruntant le train Bordeaux-Bayonne, arrive à Dax à 20h30, et est conduit, au milieu d'un grand rassemblement de foule, à la prison locale en jardinière. Reçoit la visite de nombreux prêtres, du juge Lacrampe à qui il avait avoué son crime durant l'instruction, mais aucun ne parvient à lui faire accepter d'entendre la messe. Quitte Dax à 3h le lendemain, sur la même voiture que la veille, en compagnie des exécuteurs de Bordeaux et de Pau. Touché par le spectacle de la nature de cette fin de printemps, dit avec émotion : "Mon Dieu, que les récoltes sont belles ! Je n'en profiterai pas, mais les gens qui ont tant souffert seront dédommagés cette année. Ca me fait bien plaisir !" Reconnait tel endroit, telle maison, décrit les lieux, salue les gens qu'il connaît quand il les voit de loin. Arrive à Peyrehorade peu avant 8h, foule immense. Conduit à la geôle municipale pour la toilette, se laisse finalement convaincre d'écouter les paroles du père Fourcade. Conduit sur la place, accepte de faire la dernière prière en gravissant les marches de l'échafaud. 27 avril 1858
17 juin 1858 Jeudi, 6h Reims Jean-Louis Collignon 42 ans, marchand de chevaux. Tua en l'étouffant avec un oreiller le 15 mars 1858 à Vieil-Dampierre son épouse Marie-Anne Scholastique Doucet, 43 ans, autrefois sage-femme. Celle-ci était devenue impotente physique et mentale depuis quelques années. Ses complices, Eulalie Grellois, domestique des Collignon, qui maltraitait la victime, et la veuve Nicaise sont respectivement condamnées à vingt ans de travaux forcés et à vingt années de réclusion. Réveillé à 4h, s'exclame : "Faut-il mourir pour les autres !" S'attendait depuis deux jours à son supplice, mais sombre dans le marasme. Accepte l'assistance de l'aumônier Fescourt. Dicte au prêtre son testament : sur les 119 francs dont il dispose encore, 25 francs pour faire dire des messes en sa mémoire, 25 autres pour la mémoire de sa femme qu'il jure ne pas avoir tuée, 25 francs à remettre aux détenus indigents de la maison d'arrêt, et le reste à distribuer à des gens qui furent jadis ses amis. Conduit en charrette porte Gerbert, face à une foule regroupée depuis 3h. Exécution rapide. 08 mai 1858
02 juillet 1858 Vendredi, 7h Versailles Jean-Baptiste "Roi-du-Tabac" Jacquet 36 ans, jardinier, déjà condamné le 17 avril 1845 à dix ans de bagne pour vol qualifié. Condamné à quinze mois de prison le 14 décembre 1856, détenu à la centrale de Poissy. Le 20 décembre 1857, tua d'un coup de couteau dans la poitrine Pierre-Adolphe Mussard, un co-détenu de 18 ans qui refusait ses avances, tenta de tuer de trois coups de couteau le prévôt René Viel et blessa les détenus Eugène Thabot et Antoine Méraville. Mussard meurt six jours plus tard. Prévenu à 5h par l'aumônier Baruel. Calme, s'habille, puis entend la messe dans la cellule. S'étant lancé dans la rédaction d'un livre durant son incarcération, en lit quelques extraits aux assistants avant de s'arrêter quand on lui explique que c'est trop long et que l'heure avance: "Si j'avais eu plus de temps, je vous en aurais dit davantage !" Pendant la toilette, râle: "Vous n'avez pas bientôt fini ? C'est une comédie !" Puis se plaint que ses bras sont trop étroitement liés. Heidenreich fait desserrer les entraves, avec méfiance, car Jacquet est un colosse. Boit un petit verre d'eau-de-vie coupé d'eau, puis quitte sa cellule, tout en demandant qu'on la conserve en l'état - l'avait décorée de coupages stellaires en papier, d'une cinquantaine d'images pieuses, d'objets de prières, et de meubles soigneusement cirés par les soins de son co-détenu. Remercie les prêtres, puis monte dans la charrette. Trouve la route assez longue, et informé de l'emplacement exact, à la barrière de Porchefontaine, dit : "Je la vois." On cherche à le détromper, en disant que c'est plus loin, insiste : "Je vois les casques des militaires." puis, peu après : "J'ai l'oeil fin, l'échafaud est à droite." Demande à parler à la foule, et en est dissuadé, donc, après une prière faite à voix haute pour solliciter la grâce divine, embrasse son confesseur avant d'être basculé. 20 mai 1858
05 juillet 1858 Lundi, 7h Saint-Méen (Ille-et-Vilaine) Pierre Richard 39 ans, laboureur. Entre Plumaugat (Côtes-du-Nord) et Saint-Méen, attaque sa soeur, Françoise Richard, 42 ans, infirme et presque aveugle, le 24 janvier 1858, en la jetant depuis un pont dans un ruisseau gelé. Comme elle ressort de l'eau et le supplie de l'aider, il la repousse par trois fois avant de la saisir à la gorge pour la maintenir sous l'eau. Prévoyait de faire subir le même sort à sa mère, Perrine Dubreuil, veuve Richard. Son frère et complice Joseph, 32 ans, laboureur, est condamné aux travaux forcés à perpétuité. 14 mai 1858
12 juillet 1858 Lundi, 5h Grenoble Marie-Joseph Eugène Duchenaux 34 ans, potier à Feyzin. Cambriola à Corbas le 22 mars 1858 la maison de M.Molly, chez lequel il avait été domestique, et vola à ses anciens collègues valets des vêtements, 27 francs et une montre en argent. Vendit la montre à son collègue Gabriel Balouzet pour 20 francs, mais le hasard fit qu'un ancien débiteur, Monnet, domestique de M. Molly, retrouva sa trace et vint réclamer règlement de sa dette le 18 avril au matin. Ce faisant, il remarqua la montre de Balouzet et le pantalon de Duchenaux et alla chercher ses compagnons à Corbas pour qu'ils identifient leurs biens. Au soir, Duchenaux était déjà parti faire une course à Lyon avec Balouzet : ce dernier, témoin gênant, avait encore sur lui une somme d'argent convenable. Vers 4h du matin, le 19 avril, l'attirant sur les bords du Rhône, lui fracassa le crâne à coups de pierre et le jeta dans le fleuve. Informé par le directeur, résigné. "J'ai eu le courage de tuer un homme, j'aurai celui de mourir pour expier mon crime." Reçoit les sacrements, et durant tout le trajet écoute les paroles de soutien de l'abbé Bergeret. Arrivé au Champ-de-Mars, entre les fortifications, le Cours et le chemin Berriat, une foule immense l'attend. Embrasse le prêtre et se confie aux exécuteurs. 22 mai 1858
26 juillet 1858 Lundi, 5h15, 5h30 Bordeaux Jean Desbats









Louis-Jean "Brillant" Bonnecarrère
PARRICIDE, 42 ans, propriétaire et vacher à Lanton. Par haine et par intérêt, abat d'un coup de fusil en pleine tête le 08 mars 1858 son père Pierre Desbats, 60 ans, qu'il maltraitait depuis des années et qui voulait enfin le déshériter au profit d'un voisin et ami.

24 ans, domestique au service des Lachapelle. Libéré le 20 août 1857 de la maison centrale d'Aix-en-Provence où il avait purgé une peine de cinq ans pour vol. A Pessac, le 03 juin 1858, profitant de l'absence de ses patrons, entraîne sous un faux prétexte la bonne Marie Bartille, 18 ans, dans l'étable, avant de la frapper à coups de bêche sur la tête, de l'étrangler, puis de piller la maison pour voler 1.200 francs en or et en argent, ainsi qu'une montre en or.
Prévenus la veille à 19 heures par l'aumônier Nolibois, mais ce dernier parle d'imminence, sans préciser que l'exécution aura lieu le lendemain. Desbats est terrorisé, Bonnecarrère préfère consacrer quelques heures à écrire. Le greffier vient officiellement les avertir à 4 heures. Tous deux entendent la messe. Desbats grimpe dans la charrette en premier, en tenue parricide, accompagné par l'aumônier, visiblement à deux doigts de défaillir. Exécution rapide, la charrette repart à la prison, et revient avec Bonnecarrère, impassible comme lors de son procès. Environ 20000 personnes place Saint-Julien, plusieurs syncopes chez les femmes présentes - plus à cause de la foule que du spectacle. Une partie des spectateurs suit le convoi funéraire jusqu'au cimetière, et un cahot malencontreux faisant se déplacer une bâche permet aux curieux de voir les corps décapités dans leur caisse. 12 juin 1858









17 juin 1858
06 septembre 1858 Lundi, 6h Bourg-en-Bresse Joseph Billon PARRICIDE, 42 ans. A Hauterive, près de Saint-Jean-le-Vieux, le 29 mai 1858, agresse à coups de fourche son père, François Billon, 62 ans, alors que celui-ci travaille aux champs, puis le frappe de seize coups de hache, dont six mortels. François décède le lendemain de l'agression. Joseph affirma que son père le volait depuis longtemps et qu'il n'avait fait que défendre son bien. Réveillé à 4h par l'aumônier et le directeur, s'exclame en patois : "Ah ! Il y a bien du monde chez moi ce matin ! Je vois bien qu'on vient pour me couper le cou !" Tombe sur son lit en larmes. Le père Beroud tente de lui apporter les secours de la religion, mais Billon est très sourd et n'entend rien. Quitte la prison à 5h45, en tenue parricide, et tient à faire le trajet jusqu'au champ de foire à pied. Devant la guillotine, arrivée la veille de Lyon, entend lecture du jugement puis monte à l'échafaud, se retournant pour dire adieu à l'aumônier. Foule composée pour plus de la moitié de femmes. 29 juillet 1858
21 octobre 1858 Jeudi, 6h Lons-le-Saunier Herminie Julliard 28 ans, journalière et prostituée. Tua en juin 1857 à Lect ses deux filles naturelles, Marie-Clotilde, 6 ans et Joséphine, 5 ans à coups de serpe dans la tête. Ayant commis un vol le 30 mai à Arinthod, elle voulait s'enfuir à Lyon et ses enfants constituaient un fardeau et un risque accru d'arrestation. Les corps sont retrouvés le 31 août suivant, et Herminie découverte sous une fausse identité à la prison de Bourg-en-Bresse, en novembre 1857, suite à une condamnation à huit mois de prison pour vol de chaussures. Réveillée à 5h par l'aumônier ; pleurant mais résignée, se repent. Panique en voyant les ciseaux de l'exécuteur, car elle croit qu'on va s'en servir pour l'exécuter. Se réfugie dans les bras du prêtre qui la rassure. Va en charrette jusqu'au marche aux Boeufs, assistée par l'aumônier et un père Jésuite, parlant de sa mère, avec laquelle elle est brouillée depuis longtemps, en pleurs. "Désormais, je n'ai plus qu'une mère : Marie, celle qui est aux cieux !" Prise de faiblesse, doit être aidée pour monter à l'échafaud. Devant les 1500 spectateurs, tombe à genoux, demande pardon à Dieu et aux hommes, conseillant aux gens de la prendre comme l'exemple du chemin à ne pas suivre. Poussée sur la bascule, crie : "Ma mère Marie ! Ne m'abandonnez pas !" 03 septembre 1858
22 octobre 1858 Vendredi, 7h Montbrison Anne Collange, épouse Philippon 34 ans. Femme adultère, mariée à un homme de 36 ans son aîné, empoisonna le 04 janvier 1858 à Saint-Romain-d'Urfé Jean Philippon, son fils, 6 ans et sa fille, Céline, 8 ans, le 18 janvier 1858, en leur faisant boire de la "tisane" dans laquelle elle faisait infuser des allumettes au phosphore. Pensait être graciée et libérée au bout de vingt ans de prison. Très choquée à 5h30, quand l'aumônier Barou la réveille. Se reprend vite. A la toilette, demande à l'exécuteur de faire attention au col de sa belle robe, et aussi de ne pas lui trancher les oreilles en lui coupant les cheveux. Au moment de sortir de la prison, réclame le procureur pour obtenir trois jours de sursis, mais comme on lui explique que cela ne peut arriver, elle n'insiste pas davantage, et écoute les paroles du père Barou. Sur l'échafaud, s'agenouille pour une dernière prière avant d'être suppliciée. Foule imposante, composée surtout de femmes. 04 septembre 1858
23 octobre 1858 Samedi, 6h30 Bordeaux Jeanne Constantin, veuve Viela 39 ans, couturière. Etrangla avec un mouchoir le 18 juillet 1857 à Cadaujac sa voisine, la veuve Marie Laporte, qu'elle avait attiré dans un guet-apens pour lui voler des meubles. Réveillée à 4h30, comprend immédiatement et prise d'une crise de folie furieuse, se met à hurler de rage, maudit les gens présents. "On m'a trahi ! Je ne veux pas mourir ! Et puis d'abord, on aurait dû me prévenir plus tôt !" Sa colère la pousse à vociférer de façon incompréhensible, recouvrant de sa voix la lecture, par le greffier, de l'arrêt de la cour d'assises. Une fois son coup d'éclat passé, redevient calme et se range aux avis apaisants des religieuses de la prison. Après la toilette, entend la messe, et quitte la prison en tombereau, la tête coiffée d'un mouchoir. Place d'Aquitaine, monte les marches avec calme, et se laisse exécuter après la dernière prière. 07 septembre 1858
05 novembre 1858 Vendredi, 7h30 Caen Antoine "Pascal" Coudurier et Jean "Graft" Minder 40 ans, marchand ambulant et 43 ans, sans profession. Coudurier déjà condamné huit fois, dont une à perpétuité par contumace, Minder déjà condamné à Caen en 1835 à dix ans de travaux forcés pour vol et à Cahors en 1849 à dix autres années de bagne, évadé de Rochefort le 15 novembre 1849. Dans la nuit du 29 au 30 août 1857, rue Guillaume-le-Conquérant à Caen, attaquent Jules Péchard, 26 ans, horloger, et l'abattent de quatre balles de pistolet et de quatre coups de poignard dans le visage et l'aisselle, pour voler ses marchandises, d'une valeur estimée entre 12.000 et 15.000 francs. Le jeune homme meurt deux jours plus tard. Salomon "Mayer" Gugenheim, 36 ans, colporteur, est condamné à perpétuité, Émile Bloch, 39 ans, marchand ambulant, à huit ans de prison, Joseph Lambert, 35 ans, marchand de plumes métalliques, à six ans de bagne, Bernard Meyer, 38 ans, marchand, à quatre ans de prison, Salomon Ulmo, 61 ans, négociant, à huit ans, Madeleine Minder, veuve Gaul, 44 ans, concierge, à cinq ans de bagne, Marguerite "Chrétien" Chatelain, 24 ans, à cinq ans de prison, Marie Milice, 35 ans, à six ans de prison, Louis Meyer, 35 ans, tripier, à deux ans de prison, et Léon May, 44 ans, marchand de plumes métalliques, à six ans de prison. Exécution attendue depuis fin août (jusqu'à 5000 spectateurs réunis en vain le 30 août !). Retard provoqué par l'instruction d'une autre affaire d'assassinat, à Rouen, où la participation de Minder et Coudurier était probable. Réveillés à 5h30 par le greffier. Pascal reste calme, Graft accuse le coup un instant, puis se reprend et annonce qu'il est prêt. Accompagnés par les abbés Lemoine et Morand, vont à la chapelle : Pascal communie. S'embrassent en sortant du lieu sacré, puis se rendent au greffe pour la toilette. Graft passe le premier, et proteste quand on va couper sa chemise de beau linge : "Ne pourrait-on seulement la rabattre ?" Comme on lui explique que cela ne peut se faire, ne dit plus rien et attend, dans un coin de la pièce, que Pascal subisse la même chose. Avant de quitte la prison, disent adieu aux gardiens et les remercient. Graft, notamment, en embrasse plusieurs, demande au gardien-chef de le pardonner s'il l'a contrarié durant son séjour, et dit regretter de ne pas avoir pu embrasser le fils de ce gardien, un enfant avec lequel il avait sympathisé. Après une dernière accolade, les deux condamnés quittent la prison. Le père Lemoine recouvre de son manteau les épaules de Pascal, monté dans la charrette, mais Minder, lui, veut y aller à pied. En raison du marché, la route est plus longue, obligeant le convoi à passer par la place St-Sauveur et la rue Neuve-des-Cordeliers plutôt que d'emprunter la rue Pémagnie et la place St-Martin. Foule immense, environ 10000 personnes, mais plus bienveillante que par le passé, en raison du délai exceptionnellement long entre procès et supplice. Pascal monte à l'échafaud le premier, après un court moment de faiblesse, encouragé par l'abbé Lemoine. Graft, lui, dit au père Morand qu'il regrette de ne pas avoir communié avant de quitter la prison, et une fois encore, de ne pas avoir revu le petit enfant du gardien-chef. Embrasse le prêtre, puis, une fois sur la plate-forme, dit au public : "Adieu Messieurs !" avant de se placer seul sous le couperet. Plusieurs spectateurs s'évanouissent, dont l'un ayant assisté au supplice perché dans un arbre de la place. 10 juillet 1858
22 novembre 1858 Lundi, 6h50 Saint-Mihiel Jean-Nicolas Jausset 28 ans, domestique. Frappa d'un coup dans la tête, le 14 juillet 1858 au hameau de Lochères, à Aubréville, Elizabeth-Sophie Raulin, 45 ans, la femme de son patron, Nicolas-Séverin Marchand, 51 ans, cultivateur. Elle survit deux jours à l'agression. Marchand et Jausset étaient amants, et la haine du domestique envers sa rivale chaque jour plus violente. Grimpé sur l'échafaud, place du collège, dit au public : "Je meurs innocent. Plus tard, le coupable sera connu." 08 octobre 1858
03 janvier 1859 Lundi, 8h11 Angoulême François Gaudichaud 55 ans, cantonnier. Dans la nuit du 22 au 23 décembre 1857, au hameau de Gondeville, commune de Mérignac, assassine à coups de bâton ferré Anne Grondin, veuve Lhédet, 82 ans, pour lui voler des vêtements et des draps, avant de mettre le feu à la maison. Réveillé à 5h par l'abbé Coullet, le directeur et le gardien-chef. Comprend aussitôt : "Ah ! Ma pauvre fille ! Je vais donc mourir sans la voir !" Reste seul avec le père Coullet, qui soudain appelle à l'aide, faisant revenir au pas de charge les employés pénitentiaires. Gaudichaud est en effet en train d'essayer de s'étrangler avec un mouchoir ! On le lui enlève, et il lance, rageur : "Laissez-moi faire ! On m'a pris en traître ! Si j'avais été prévenu, vous ne m'auriez pas trouvé vivant !" On le laisse à nouveau seul, mais il tente à nouveau de se suicider en se frappant la tête avec ses sabots. On l'empêche de continuer, et cette fois, il reste sous la surveillance des gardiens, privé de tout ce qu'il pourrait utiliser pour se détruire. Entend l'arrêt lu par le greffier à 7h, s'entretient un peu avec lui. Confié aux exécuteurs à 7h45, pleure mais ne résiste pas. Demande à emporter avec lui ses cheveux tombés au sol : on lui répond que cela ne sert à rien, alors empoche malgré tout le col découpé de sa chemise. Monte dans la voiture sous bonne escorte. Grimpe à l'échafaud, sur le champ de foire, sans assistance, sous les yeux d'une foule dense. 11 novembre 1859
12 janvier 1859 Mercredi, 7h30 Riom Louis "Alphonse Demarbre" Minder 31 ans. Membre d'un trio de malfaiteurs responsables d'une vague de vols dans le département à compter de 1857. Tue de trois coups de couteau le 9 octobre 1857 à Maringues M.Guérin, gendarme à Randan, qui venait de l'interpeller. Son père et complice, Georges "Beck" Minder, 66 ans, déjà condamné à 15 ans de travaux forcés par contumace le 14 août 1845 par les assises du Calvados pour vol, est condamné à la réclusion perpétuelle. Jean-Baptiste "Guérini" Laurent, précédemment condamné à huit ans de travaux forcés par les assises de Charente le 28 novembre 1846, est condamné à mort et gracié. NB : les frères de Louis Minder avaient été tous les deux condamnés à mort : Philippe "Louis Brun" Minder, avait été condamné à mort en 1854 par les assises de la Loire et du Rhône pour avoir assassiné deux gendarmes à Saint-Symphorien-en-Lay, sa peine commuée en raison de sa jeunesse, et Jean "Graft" Minder, condamné par les assises du Calvados le 10 juillet 1858 pour l'assassinat de l'horloger Pêchard avait été guillotiné à Caen le 05 novembre 1858. Réveillé brusquement à 5h55 par le gardien-chef Martin, qui ouvre la porte munie d'un gros cadenas et lui demande de s'habiller. "Est-ce que cela est arrivé de Paris, monsieur Martin ?" Face à la réponse positive, reste muet, puis s'enquiert du sort de Laurent. "Suis-je seul ?" Cette fois, le gardien préfère éluder, laissant à l'aumônier le soin de lui apprendre la vérité. Pleure un peu : "Oh, ma pauvre femme, mes pauvres enfants ! Faut-il mourir pour si peu de chose !" N'arrive pas à s'habiller seul, intervention des gardiens. Refuse le verre de rhum : "Oh, merci, je n'ai pas soif, et d'ailleurs, ça ne passerait pas." Accepte de voir le père Cohadon, curé de Saint-Amable, qui le confesse et lui promet, à son grand soulagement, qu'il veillera au salut de ses enfants après sa mort. Un temps rassuré, éclate de colère : "Ah, si j'avais su que ma peine ne serait pas commuée, je me serais donné la mort le lendemain de ma condamnation !" Le prêtre, qui s'en allait, revient sur ses pas et lui conseille d'oublier de telles pensées. Prient ensemble quelques minutes de plus. Après avoir été averti que son complice a bénéficié de la clémence impérale, Minder demande à fumer une dernière pipe, puis accepte volontiers une grande tasse de café noir. A 7h10, le gardien-chef donne le signal du départ : quittent les cellules du premier étage, et Minder refuse qu'on l'aide à descendre les marches, qu'il emprunte d'un pas assuré. Dans le hall précédant la sortie, on retire ses fers, et comme il surprend un trouble chez les serruriers qui y procèdent, dit : "Faites bien attention à ce que vous faites : inutile que je souffre pour rien pendant le peu qu'il me reste encore à vivre !" Toilette rapide, car il a le crâne presque rasé. Enfile à sa demande une chemise blanche et propre. Avant de sortir, cherche des yeux le gardien Martin, et le fait appeler pour le remercier de ses bons soins, avant de lui demander de donner son paletot à son père, Georges. Quitte la maison d'arrêt à pied, pipe en bouche, aussi calme que durant son procès, marchant entre l'aumônier et le père Cohadon. Quand il arrive au pied de l'échafaud, jette la pipe au sol et la casse du pied, puis grimpe à l'échafaud, et après avoir embrassé les deux prêtres, se jette sur la bascule sans que les exécuteurs n'aient à intervenir. Foule imposante, notamment de Maringue, ville d'où Laurent était originaire, car on pensait le voir expier lui aussi. 27 novembre 1858
25 janvier 1859 Mardi, 8h Paris Jean-Nicolas Parang 32 ans, malfaiteur récidiviste. Le 31 août 1858, viola et pendit sa nièce, Lucie Parang, 15 ans, à un arbre, au bord de la route de Flandres, à Pantin. Après sa condamnation, sa mère le dénonce comme étant l'auteur du meurtre de la veuve Chéreau, rentière septuagénaire, étranglée avec une serviette rue Geoffroy-Saint-Hilaire le 24 janvier 1856. Son épouse et ses complices Delanneau et Henoi sont jugés au printemps 1860 pour cette affaire (verdict ?) Réveillé vers 6h par le directeur de la prison, sa réaction est fataliste : "Enfin ! Tant mieux ! J'avais hâte d'en finir avec la vie, et j'en étais arrivé à regretter les révélations que j'ai faites sur différents vols, parce que je pensais que ces révélations pourraient retarder contre ma volonté l'heure de mon exécution. Je suis content d'apprendre que le terme de mes souffrances est enfin arrivé." Se lève, puis reçoit la visite du juge d'instruction enquêtant sur la mort de la veuve Chéreau : aux questions, il répond négativement, jurant n'être pour rien dans cette affaire - mais ayant employé la même tactique pour nier le meurtre et le viol de sa nièce. Après cela, l'aumônier vient à sa rencontre pour le confesser, puis le guide jusqu'à la chapelle. Après la messe, toilette à l'avant-greffe. Parang affirme ne pas craindre la mort, puis continue : "Mes gardiens pourraient affirmer que j'ai manifesté plusieurs fois le désir de voir arriver mon dernier jour. Si cela eût été en mon pouvoir, j'aurais plutôt hâté que reculé l'heure de mon exécution." Ecoute le prêtre sans dire mot, puis, au moment de quitter la pièce, remercie directeur et gardiens. Quand le grand portail s'ouvre, se montre subitement moins attentif envers les paroles du prêtre et fixe tout au long du chemin la guillotine et surtout le couperet. Après sa dernière prière sur l'escalier, face à la bascule, regarde le couperet une ultime fois avant d'être poussé en dessous. 15 décembre 1858
11 février 1859 Vendredi, 7h30 Nantes Françoise Lebreton, veuve Perrot 29 ans, prostituée, cinq fois condamnée, dont trois fois pour vols. Veuve d'Yves Perrot, condamné au bagne pour vols, évadé et abattu par la police lors de son arrestation. Noie son second enfant, François, 4 ans, en le jetant dans l'étang de Sainte-Anne, à Saint-Etienne de Mont-Luc, en le lestant avec une grosse pierre à l'automne 1857. Le corps n'est récupéré que le 26 mars 1858. Aux dires de sa fille aînée, aurait également empoisonné son second fils en lui faisant avaler une décoction à base de vinaigre qui l'aurait tué en une journée. Ordre donné le mercredi, précisant au contraire des habitudes que l'exécution ne doit pas avoir lieu un jour de marché, et être accomplie une heure plus tôt que prévu. Reveillée à minuit 45 par le directeur et l'abbé Benoît. Peu émue, geint plusieurs fois : "Mon Dieu, comme je suis malheureuse d'avoir commis un aussi grand crime !" A sept heures, embrasse les gardiennes avant de les remercier. Pleure en arrivant devant l'exécuteur et dit d'une voix larmoyante : "Faites de moi ce que vous voudrez." Dès lors, plonge dans le plus total abattement, à tel point qu'après la toilette, doit être assise sur une chaise pour être placée sur la charrette. Sort de la prison par une issue rue Mercoeur pour éviter la cohue de la place Lafayette. Quand le véhicule arrive place Viarme, on doit la descendre sur sa chaise et la conduire sur l'échafaud où elle demeure sans bouger jusqu'à ce que les exécuteurs ne l'en délient pour la plaquer contre la bascule, après qu'elle ait embrassé le cruifix. 20 décembre 1858
18 février 1859 Vendredi, 7h30 Saint-Mihiel Victor Rainon 25 ans, vigneron à Loupmont. Viole et étrangle avec une corde Marie-Félicie Joly, sept ans, dans le bois de Saint-Nicolas à Loupmont dans la nuit du 17 au 18 août 1858. Exécuté devant la prison, rue de la Buanderie. 04 janvier 1859
28 mars 1859 Lundi, 7h30 Dijon Chrétien Henny 45 ans, tailleur d'habits. Assassina à coups de passe-carreau - une longue pièce de bois servant à repasser les coutures - sa fille Louise Henny, 21 ans, ouvrière, le 24 décembre 1858 à son domicile, 7, rue Musette à Dijon. Il violait son enfant depuis longtemps. Tente de mettre fin à ses jours avec le passe-carreau après avoir commis son crime, et tente de s'égorger avec un couteau quelques instants après le verdict. Réveillé peu avant 7h, par les bruits de pas dans le couloir. Comprend immédiatement ce qui va lui arriver, et contrarié par la présence de l'aumônier, le rabroue vertement. Boit un verre de rhum avec un plaisir évident, gardant l'alcool en bouche. Fume une cigarette. Pendant la toilette, quand on lui coupe les cheveux, constate avec surprise à quel point son séjour en prison a provoqué sa canitie, ce qui le fait rire aux éclats nerveusement. Va à pied jusqu'à la place du Morimont et meurt courageusement. Foule, pour une fois, davantage composée d'hommes que de femmes et d'enfants, sans doute à cause du caractère incestueux du crime. 25 février 1859
30 mars 1859 Mercredi, 8h04 Vendôme (Loir-et-Cher) Jean-Pierre "Joly" Lehoux 33 ans, tuilier. Braconnier, abat d'un coup de fusil à bout portant le garde particulier Jean-Pierre Maubert, employé des Montesquiou-Fezensac au château de Prunay, alors que celui-ci allait l'arrêter pour chasse interdite le 31 octobre 1858 à Sasnières. Réveillé à 3h55 à Blois par le gardien-chef, dormait bien. "Mais pourquoi pas ici, plutôt qu'à Vendôme, au milieu de ma famille ?" Au greffier, affirme qu'il s'y attendait depuis la veille, car il avait fait un rêve dans lequel les enfants Maubert demandaient à revoir leur père. Dit adieu à ses co-détenus, quitte la prison à 4h10. Arrivée à 6h30. En voyant au dehors des têtes connues, il dit : "Me voilà-t-y dans une belle position !" Messe à la chapelle de la prison locale. Promet de ne pas manquer de courage à l'aumônier Landault. "Je ne regrette pas la vie. J'aime mieux la mort que les travaux forcés. Mais il m'en coûte de mourir, à cause de ma pauvre femme qui était si bonne !" Comme M. d'Orléans et ses aides lui retirent blouse et gilet, remarque, narquois : "Est-ce que vous voulez me mettre tout nu ?" Souhaite ne pas aller en charrette, mais on lui explique que cela n'est pas permis. Hissé dans le véhicule, maintenu par un aide par la blouse au cas où lui viendrait l'idée de s'échapper. Arrive place de l'Islette, ultime génuflexion, puis, monté sur l'échafaud, on lui retire casquette et blouse. "Que le plus pauvre vienne les ramasser !" dit-il en les faisant tomber de l'estrade d'un coup de pied. Voyant qu'un jeune ramoneur s'empare de ses affaires, il danse et crie : "Bravo, Messieurs !" Aussitôt après, basculé. 10 février 1859
27 mai 1859 Vendredi, 8h Albi Paul Prosper Ferrand 28 ans, filateur à Mazamet. Assassina à coups de couteau sa femme Victoire Bouisset, et l'amant de celle-ci, Louis Armengaud, le 17 octobre 1858, qu'il avait "surpris" en pleine action dans le lit conjugal. Comptait faire passer son geste sur le coup d'un crime passionnel excusable, mais les moeurs de son épouse et ses infidélités répétées étaient connues de tous. Ferrand avait l'intention de se remarier tout en profitant des biens de famille dont il hériterait à la mort de Victoire. Réveillé par le greffier Lautier à 5 h, ne comprend pas. "Mais j'ai demandé ma grâce à l'Empereur, il faut attendre sa décision." Informé que la grâce a été aussi rejetée, fond en larmes : "Tout est donc fini ! Mon père ! Mon pauvre père !" A l'arrivée du procureur, fournit des aveux complets, puis demande pardon à Dieu et aux hommes. Accepte les secours de la religion de la part de l'abbé Chaffary. Confié aux exécuteurs à 7h30, puis se rend en voiture avec le prêtre place du Foiral. Public nombreux. Calme, sans faiblesse, écoute les paroles de l'aumônier, et grimpe seul les marches de l'échafaud. Plus d'exécution à Albi avant 1890. 26 mars 1859
04 juin 1859 Samedi, 6h Quimper Goulven Hélégoët 44 ans, cultivateur. Dans la nuit du 05 au 06 décembre 1858, au Conquet, tue à coups de soc de charrue son cousin Jacques-François "Locrouan" Thomas, marchand de porcs, pour lui voler 900 francs. Prévenu à 3h, pleure abondamment, mais se reprend grâce aux paroles du prêtre. Va à pied de la prison à la place Mesgloaguen, à proximité immédiate, et meurt courageusement. 11 avril 1859
16 juin 1859 Jeudi, 6h Paris Marie-Louis-Jean-Baptiste Verry 40 ans, ouvrier chapelier. Surpris pendant un cambriolage commis le 17 janvier 1859 au 109 boulevard Beaumarchais, décapite à coups de couteau la domestique Marguerite Lecointre, sa maîtresse, qui l'avait inconsciemment renseigné sur les habitudes de la maison et constituait un obstacle. Repart sans avoir trouvé les espèces qu'il convoitait. Affaire soumise aux assises en avril 1859, et renvoyée à la session suivante. Réveillé par l'abbé Hugon à 5h, s'asseoit sur son lit et dit "Ah, c'est donc pour aujourd'hui !" avant de pleurer un peu, puis de se reprendre en feignant de rire. Demande à ce qu'on remette à sa fille naturelle une bague et son portrait - il avait, à force de brutalités, tué la mère de son enfant. Refuse les secours de la religion : "Je ne veux pas entendre parler de Dieu, dit-il furieux au père Hugon qui lui tend le crucifix, s'il y avait un Dieu, est-ce que je serais ici ? Je serais encore à faire des chapeaux, car je suis innocent. Je meurs pour un autre, car je suis innocent !" et promet qu'on devra le traîner si le prêtre s'avise de l'accompagner sur l'échafaud. Affirme aussi être juif pour l'en dissuader. Au final, l'abbé Hugon se contentera d'aller jusqu'à la porte de la prison. En quittant sa cellule pour l'avant-greffe, crie en passant devant la cellule de Millard, un autre condamné à mort : "Eh, bonjour, cher ! C'est moi qui ouvre la marche !" Comme il prétend connaître le coupable, on le prie de le nommer, en lui confirmant que l'exécution peut connaître un sursis : "Non, je ne veux nommer personne ! J'aime mieux mourir innocent !" Quand l'aide lui découpe le col de sa chemise, il ricane : "Ah, c'est comme cela que vous arrangez les chemises ! Eh bien, on vous en donnera !" En quittant la salle de la toilette, il demande une prise de tabac au gardien et commente : "Dire que c'est la dernière, cependant, et que cette tête-là va la danser tout à l'heure !" Demande à aller à la mort pieds nus, mais on lui explique que c'est une aggravation de peine réservée aux parricides. Il salue les autres prisonniers, traverse la cour, et passant devant la chapelle, on lui propose à nouveau de prier, et il se fâche pour de bon contre l'aumônier : "Qu'il ne vienne pas, ou je dis des horreurs !" Monte seul les marches de l'échafaud ("Ne me soutenez pas, je marcherai très bien seul !"), puis s'adresse à la foule imposante malgré l'horaire : "Je meurs innocent ! Allez voir le Courrier de Lyon, l'affaire Lesurques !" Puis il se retourne vers M.Heidenreich et dit : "Je suis prêt !" 10 mai 1859
27 juin 1859 Lundi, 4h Melun Léonard Faugeras 31 ans, domestique. Assassine au 1, place d'Armes à Fontainebleau, dans la nuit du 28 au 29 août 1858 le docteur Claude Martial Bardout, 69 ans, médecin du château et de l'hospice de Fontainebleau, et Edmée Joséphine Morlet, épouse Bardout, 66 ans, ses anciens patrons, à coups de couperet. Première audience en février 1859, renvoyée à la session suivante. Prévenu à 3h par l'abbé Desgents, très calme. Toilette sans histoire, conduit à la barrière des Carmes, faisant face au cimetière. Meurt calmement, devant une foule notamment venue de Fontainebleau. 20 mai 1859
23 juillet 1859 Samedi, 6h Paris Charles Auguste Millard 36 ans, garçon boucher. Le 03 avril 1859, rue de la Roquette, s'introduit dans la boucherie Colombe pour cambrioler, et étrangle à mains nues Louise Collet, 28 ans, la domestique qui dormait sur place, pour ne pas être dénoncé. Dérobe 1.500 francs. Son complice Nicolas Constantin Fleuret, 34 ans, potier, condamné à mort, est gracié. Réveillé par l'abbé Hugon alors qu'il dormait bien à 5h30. "Je m'y attendais depuis quelque temps. Je vais me lever, messieurs, et me mettre à votre disposition." Refuse les secours de la religion : "Je vous remercie, M. l'abbé, mais si vous voulez me faire plaisir, ne me parlez plus de cela, car j'ai mon idée là-dessus." L'aumônier parvenant à se montrer convaincant, Millard le suit jusqu'à la chapelle et s'entretient quelques instants avec lui, puis tous deux retournent dans l'avant-greffe. Cherche Fleuret en tournant la tête plusieurs fois. "L'autre ne vient donc pas ? Tant mieux : je souhaite qu'il ait sa grâce, car je ne lui en veux pas, moi." Après la toilette, on lui propose de quoi déjeuner. "Non, ce serait inutile. Et puis, je n'ai besoin de rien." Accepte finalement un verre de rhum servi par l'aumônier, lequel tremble en le versant. "Mais, monsieur l'abbé, vous tremblez ? Et je ne tremble pas, moi. Cependant, ce n'est pas vous, c'est moi qui vais mourir !" Comme le père Hugon lui explique que ce n'est pas par peur, mais par empathie et émotion envers le sort qui l'attend, ricane sarcastique : "Ah, oui... maintenant que je n'ai plus que quelques minutes à vivre, toute le monde s'intéresse à moi ! Avant, c'était autre chose !" Foule importante, car la rumeur d'une double exécution s'était largement répandue. Rejoint la rue entre aumônier et exécuteur, grimpe les marches étroitement soutenu, et se laisse basculer sans dire un mot. 06 juin 1859
27 juillet 1859 Mercredi, 5h Bastia Jean-Paul "Broccolone" Andréani 42 ans, laboureur, bandit, auteur de quatre assassinats. Exécuté place Saint-Nicolas 23 mai 1859
15 septembre 1859 Samedi, 8h Nîmes Pierre "François Gaillard" Séquier 36 ans, scieur de long, condamné plusieurs fois pour vols et attentat à la pudeur. Tue de deux coups de couteau Louise Coulomb, fille d'aubergiste, le 12 avril 1859 à Moulezan, avant de lui broyer la tête avec une grosse pierre pour voler 15 francs. Dans la nuit du 17 au 18 avril, dans le bois du Mas-Neuf, près de Saint-Félix, tue Guillaume Richard, berger, à coups de pierre pour lui voler son portefeuille. Le 24, à Alès, tente d'étrangler Mme Baucilhon, 59 ans, et est arrêté sur place, des voisines étant intervenues en compagnie de policiers. "Je m'y attendais, je le sentais", dit-il à l'abbé Pauc qui vient le réveiller à 5h. Quand les exécuteurs se présentent, dit : "Je serai courageux. N'ayez crainte, je sais bien que je mérite mon sort !" Sur le Cours-Neuf, s'agenouille devant l'échafaud pour prier, puis grimpe les marches sans un regard pour la foule. 12 août 1859
27 septembre 1859 Lundi, 9h Lannoy (Nord) Séverin Joseph Dewaste 27 ans, journalier. Assassina le 05 juin 1859 à Ascq Auguste Agathon Desquiens, 85 ans, rentier, sa femme, Marie-Albertine Chuffart, épouse Desquiens, 78 ans, et leur fille Pauline Olimpie Desquiens, 39 ans, rentière. Conduit dès minuit de Douai à Lannoy, arrive à 7h30, en compagnie de l'aumônier, très calme et résigné. Détenu pour la dernière heure dans une pièce de l'hôtel de ville, se repent à plusieurs reprises. En voyant la guillotine, pris de tremblement, doit être porté sur l'échafaud. Cri d'épouvante dans la foule à la chute du couperet. 22 août 1859
17 décembre 1859 Samedi, 8h30 Angoulême Jean "Pinson" Martin 52 ans, cultivateur, sept condamnations pour vol et coups et blessures. Au bout de 32 ans de mariage, assassine le 13 août 1859 à Montchaude son épouse de deux coups de pieu dans la tête. Avait déjà tenté en 1832 de la tuer à coups de couteau de boucher. Dort bien à l'arrivée de l'abbé Coullet, du directeur, du gardien-chef et des gardiens, à 5h. En voyant tout ce monde, est effondré : "Ah, je vois bien que c'est une mauvaise affaire pour moi aujourd'hui." Un serrurier lui retire ses fers à 8h, puis les exécuteurs procèdent à la toilette. Refuse de manger, est très abattu et parle sans cesse de ses enfants. Quitte la prison à pied, en tenue de prisonnier, pâle comme un mort, soutenu par l'aumônier Coullet. Au Champ-de-Foire, n'a plus aucune volonté et est porté par les exécuteurs sur la bascule. Plus d'exécution avant 1880. 08 novembre 1859
30 décembre 1859 Vendredi, 11h Oloron-Sainte-Marie (Basses-Pyrénées) Francisco Borau et Miguel Martin 24 et 21 ans, journaliers, Espagnols. Dans la nuit du 17 au 18 juillet 1859 à Lasseube, étouffent avec une mante puis égorgent Miguel Ferreo, 35 ans, Espagnol, leur compagnon de route. Le 19 juillet, à Araguez dit Puerto, agressent le curé du village, qu'ils blessent d'un coup de couteau, et tuent de deux coups dans le ventre la servante qui arrivait. Pascual Borau est condamné aux travaux forcés à perpétuité. Prévenus à la prison de Pau à 1h par l'abbé Philipon et le comte de B. Se montrent calmes, font leurs adieux aux gardiens puis suivent les exécuteurs qui vont les conduire à Oloron. Si paisibles pendant le trajet que les gendarmes de l'escorte s'en étonnent. Répondent : "Depuis que nous avons communié hier matin, nous sentons en nous un courage terrible." Conduits à la chapelle à 9h, y restent pendant une heure et demie avec l'abbé Philippon et le père Hayet, d'Oloron, qui s'adresse à eux en espagnol. Après la toilette, amenés place Sainte-Marie, soutenus par les prêtres, et priant à voix basse. En voyant M. de B., leur bienfaiteur, au premier rang, sourient, reconnaissants. Borau, monté le premier, s'adresse à la foule sur l'échafaud après avoir prié : "Pères et mères, surveillez vos enfants. Ne les laissez pas s'éloigner du toit paternel, c'est cet abandon qui nous a perdus. Elevez vos enfants dans la crainte de Dieu, pardonnez-nous nos crimes et priez pour nous !" Martin tourne le dos à la guillotine et n'assiste pas à la mort de son ami, mais quand vient son tour, monte tout aussi courageusement que lui les escaliers, et parle à son tour aux nombreux spectateurs, pour demander leur pardon et leurs prières. Pleurs dans l'assistance quand le couperet tombe pour la deuxième fois. 22 novembre 1859
14 janvier 1860 Samedi, 8h Saint-Flour Louis Bertrandias 24 ans, cordonnier ambulant, mari violent. Assassine de dix coups de marteau dans la tête Anne Combes, veuve Albeinc, sa belle-mère, le 14 juillet 1859 à Lavastrie, parce que celle-ci incitait sa fille à le quitter. Réagit calmement à la nouvelle, entend la messe, et prie docilement. Va à pied à l'échafaud, dressé place du Foirail en face du Petit Séminaire, grimpe les marches, soutenu par l'aumônier et un aide-exécuteur. Avant d'être basculé, embrasse le crucifix et demande à la foule de prier pour lui. 25 novembre 1859
14 janvier 1860 Samedi, 8h Carcassonne Pierre Semat 29 ans, cultivateur. A Labastide-Esparbairenque, empoisonne sa femme Marguerite Alby le 29 août 1857 après six jours d'agonie. Il avait acheté exprès de l'arsenic sous un faux nom à Mazamet. Prévenu à 5h par les gardiens, un inspecteur de police et l'aumônier Figeac. Très calme, s'habille, se confesse puis entend la messe. Après la cérémonie, accepte de prendre un déjeuner, mais demande à le partager avec le détenu qui lui servait de compagnon de cellule. Mange avec appétit. Toilette rapide, quitte la prison à 7h50 avec l'aumônier en voiture. Foule dense massée de la prison jusqu'au rond-point de la Porte des Jacobins. Prie et embrasse le crucifix tout le long. Aidé à monter sur l'échafaud, fait une dernière prière avant d'être supplicié. 18 novembre 1859
16 janvier 1860 Lundi, 9h Aix-en-Provence Joseph-François Vincent 22 ans, ouvrier mineur. Abat d'un coup de pistolet son camarade Valette, ouvrier terrassier, le 01 août 1859 près du mas de Merle, à Arles, pour lui voler sa montre, qu'il vendit à un militaire. Réveillé à 6h30 par le directeur. Accepte de ne pas faire de bruit qui puisse éveiller Boyer, condamné à mort dormant dans la cellule voisine. Reçu par trois prêtres à la chapelle, prie en leur compagnie, puis ressort de la messe galvanisé. Remercie et fait ses adieux à tous les gardiens, se soumet docilement à la toilette. Quitte la prison, les épaules sous une couverture de laine pour ne pas avoir froid, d'autant qu'il refuse de monter dans un tombereau et tient à aller à la mort à pied. Monte à l'échafaud sans assistance, embrasse les prêtres puis se laisse saisir par les exécuteurs. Dernier exécuté place de la Rotonde, foule importante. 25 novembre 1859
18 janvier 1860 Mercredi, 9h Saint-Ciers-Lalande (Gironde) Jean Vinson 49 ans, cultivateur. Assassina à coups de pelle à Saint-Aubin dans la nuit du 22 au 23 octobre 1859 M.Moulineau, 65 ans, et son épouse, Marguerite Chouteau, 60 ans, cultivateurs, pour leur voler plusieurs centaines de francs, et tente de dissimuler son crime en mettant le feu à la maison. Prévenu le 17 dans l'après-midi, quitte Bordeaux pour Blaye en fourgon avec l'aumônier Nolibois et deux gendarmes. Pendant le trajet, se montre détendu et plaisante. En franchissant un village où les gens tentent de le voir à travers les fenestrons, les gendarmes vont pour fermer les rideaux, et il réplique : "N'empêchez personne de me voir, ils n'ont pas si longtemps à me regarder." Refuse de manger, en expliquant : "Je puis bien aller à Blaye comme ça ; je pense quelement qu'en y arrivant, j'y trouverai bonne table et bon lit." Parle de chasse, de pêche, de labours, puis conclut : "Tout cela est fort beau, mais quand on ne peut plus en jouir, il vaut mieux finir comme moi, plutôt que d'aller traîner dans les bagnes une existence misérable. Et puis d'ailleurs, c'est si vite fait qu'on n'a presque pas le temps d'y penser. Dans une seconde, tout est dit." Le père Nolibois essayant de ramener la conversation sur des sujets plus religieux, il rétorque : "Et pourquoi ? Vous croyez que ça m'intimide ? Vous vous trompez ! Je ne regrette qu'une chose, c'est que ça fasse fatiguer tant de monde pour si peu de choses." Cependant, à l'arrivée à Blaye, sa décontraction se fissure et il pleure, priant à haute voix, l'air d'avoir perdu la raison. A la prison locale, ne dort qu'une heure et passe les heures restantes à prier. Quitte Blaye dans la matinée pour Saint-Ciers, au milieu de la foule. Fond en larmes en remarquant qu'il passe devant le cimetière. Exécuté au Bourg, sur la place principale du village, après avoir gravi les marches de l'échafaud seul et avec courage. Dix mille personnes présentes à son supplice. 14 décembre 1859
24 janvier 1860 Mardi, 9h Aix-en-Provence Henri Boyer 34 ans, marchand de volailles. Tue à coups de marteau le 12 octobre 1859 sur la route départementale 1, à La Fare-les-Oliviers, Mathias Péchier, messager à Mallemort, et sa fille, 12 ans, pour leur voler environ 1.500 francs. Déjà réveillé à 6h, quand les officiels entrent dans sa cellule : comprend immédiatement et reste épouvanté. S'entretient avec les prêtres, puis refuse de déjeuner, mais prend au final quelques gorgées d'une tisane proposée par l'aumônier. Sort de la prison soutenu par le prêtre, faisant face à la guillotine dressée place Pereyre, à une trentaine de pas de la porte de la prison. Devant l'escalier, titube et tombe à genoux, et les exécuteurs se saisissent de lui, presque inconscient et mort de peur. 21 décembre 1859
31 janvier 1860 Mardi, 9h Beauvais Vincent François Boitel 43 ans, cultivateur, braconnier, très violent, quatre fois condamné. Surpris en pleine chasse interdite à Silly le 06 septembre 1859, tire un coup de fusil dans la figure du gendarme Guilloreau, le défigurant et le rendant aveugle, et rate de justesse le brigadier Goubert. Prévenu à 7h30 par le commis-greffier Pitre, reste incrédule jusqu'au moment où le gardien-chef lui demande s'il a un message pour sa famille. Après avoir répondu non, tremble de panique et reste prostré. L'abbé Bricquesard, lui demandant s'il est toujours disposé à faire à Dieu le sacrifice de sa vie, répond oui, puis retombe dans le mutisme. Les exécuteurs de Paris, Amiens et Rouen viennent le prendre en charge, et après la toilette, le soulevent et le portent jusqu'à la charrette. Foule dense de la prison au Franc-Marché, malgré le mauvais temps et l'absence, ce jour-là, de marché en ville : environ 5000 spectateurs. Répond d'un mot aux paroles du père Bricquesard. Une fois arrêté, doit être à nouveau porté sur la plate-forme, où il s'agenouille pour une dernière prière avant d'être basculé. 12 décembre 1859
11 février 1860 Samedi, 9h Rodez Jean "Sarrat" Bondal 31 ans, cultivateur à Privezac. Assassina le 07 août 1859 de dix coups de hache Pierre Marty, 43 ans, époux de sa maîtresse Rosalie Bessière pour refaire sa vie avec elle. Celle-ci fut également condamnée à mort et graciée. Prévenu par l'aumônier à 6h, pris d'une si intense terreur qu'il tremble sans discontinuer, même durant la cérémonie : le prêtre a du mal à lui donner l'Eucharistie. En passant devant l'entrée du quartier des femmes, il attend quelques instants, comme s'il souhaitait voir sortir Rosalie pour l'accompagner à la mort, mais comme rien ne se passe, devient encore plus pâle. Doit être porté jusque sur la charrette, puis de la voiture à l'échafaud, place du Palais-de-Justice. Foule, en majeure partie de femmes. Plus d'exécution à Rodez avant 1910. 14 décembre 1859
12 mars 1860 Lundi, 7h Château-Thierry (Aisne) Victor Josset 18 ans, berger, plusieurs fois condamné pour vol. Tua à coups de fourche le 01 novembre 1859 Julie Constance Maurice, épouse Laly, 62 ans, et Honoré Isidore Laly, 70 ans, cultivateurs, à Courmont. Il avait volé chez eux une montre la veille et comprenant que les soupçons se porteraient sur lui sitôt le vol découvert, il voulut faire taire ses probables accusateurs. Malade mais résigné, doit être transporté de la prison au fourgon cellulaire, accompagné par l'abbé Degoix. La voiture va jusqu'à la gare de Laon, et montée sur un wagon, dirigée jusqu'à Château-Thierry à six heures. Etat de faiblesse si conséquent qu'une fois arrivé au rond-point de la Nouvelle-France, doit être soutenu pour grimper sur l'échafaud. Mention "guillotiné" sur son acte-civil de décès. 16 février 1860
07 avril 1860 Samedi, 6h Lyon Jean Montel 29 ans, ouvrier terrassier/marchand colporteur. Tua à coups de pioche dans la tête son maître Antoine Rustand, 52 ans, cultivateur à Morancé, le 30 novembre 1859 pour le voler. Exécuté à l'Hippodrome. 03 mars 1860
14 mai 1860 Lundi, 8h20 Strasbourg Marthe Cuénat, épouse Haumesser 47 ans, ménagère. Par jalousie, tua, le 02 décembre 1859 à Elsenheim, Jeannette, sa fille de 21 ans, en la frappant à la tête à coups de tire-braise et en l'égorgeant avec un couteau de cuisine. Voulut faire disparaître le corps en le découpant au hachoir et en le jetant dans une marmite d'eau bouillante Réveillée à 5h30 par l'abbé Guerber, le directeur de la prison et le greffier. Calme et résignée, revêt une robe rouge, puis va à la chapelle pour prier avec l'aumônier. Après la messe, retourne voir ses co-détenues pour leur dire adieu, leur offre ses quelques babioles, fichus et vêtements qu'il lui reste, et les prisonnières s'agenouillent, émues, pour prier pour elle. Mange avec plaisir un petit pain et une tasse de café au lait, silencieuse, puis remarque : "J'ai bien prié, mais je crois que le bon Dieu ne me regardera plus." L'abbé Guerber la rassure. On lui sert alors un verre de vin sucré qu'elle boit avec plaisir après avoir porté un toast : "A votre santé, Messieurs !" Remercie la soeur Nathalie, chargée de sa surveillance, puis est remise aux exécuteurs pour la toilette. Quitte la prison à 8h, en fourgon couvert, jusqu'à la place d'Austerlitz, très abattue, le visage défait et mouillé de larmes. Arrivée devant l'échafaud, monté entre la caserne et la rue d'Austerlitz, et entouré d'une foule dense, a les mains liées dans le dos en en descendant de voiture. Un témoignage rapporte qu'en allant vers l'escalier, elle reconnaît au premier rang son époux effondré ; le mépris reprenant le pas sur la peur de mourir, elle lui lance méchamment : "Ne vous tourmentez pas, mon homme. Elle n'était pas de vous !" Après avoir monté les marches, soutenue par le prêtre et un adjoint, elle s'agenouille pour une dernière prière avant d'être basculée. Un photographe local, Aron Gerschel, prend une photo de l'exécution et expose ses photographies sans autorisation, ce qui lui vaut d'être condamné à la fin du mois à un mois de prison pour avoir enfreint l'article 22 du décret organique sur la presse. Corps remis à l'hospice civil, aux soins du docteur Morel, qui pratique sur la dépouille des examens à l'aide de piles électriques. 31 janvier 1860
13 juin 1860 Mercredi, 5h Nancy Joseph Charles Vital 42 ans, tisserand, repris de justice condamné deux fois pour vols. Assassine avec un soufflet en fer le 14 novembre 1859 à Badonviller Jean-Baptiste Gérard (cinq coups) et sa femme, Marie-Marguerite Clavé, épouse Gérard (trois coups), pour les voler. Fume tout au long du trajet de la prison au Champ-de-Mars, chemin de la Garenne, dans le faubourg Saint-Pierre. Monte seul à l'échafaud en tirant des bouffées de cigare, avant d'embrasser le crucifix et de se laisser faire par les exécuteurs. Environ 6000 personnes présentes. 06 mai 1860
22 juin 1860 Vendredi, 5h Besançon Jean-Pierre Ackermann 42 ans, sabotier à Ornans. Egorge à coups de couteau son épouse Jeanne-Claude Garmond, de dix ans plus âgée que lui, le 21 mars 1860, et frappe de quatre coups de couteau sa belle-soeur, Jeanne Louise Garmond. Il n'avait pris femme que pour gagner un toit, et alcoolique au dernier degré, faisait de la vie des deux femmes un enfer depuis vingt ans, à tel point que celles-ci, en septembre 1859, étaient allées s'installer dans une maison voisine où il n'était pas le bienvenu. 08 mai 1860
04 juillet 1860 Mercredi, 5h20 Reims Louis Apollinaire Brodart 47 ans, sans profession. Fils de bagnard, lui-même condamné en 1832 à cinq ans de bagne et en 1838 à vingt ans de bagne, peine purgée à Cayenne. Sommé de résider à Reims, où il exerce la profession d'infirmier auxiliaire à l'hospice, se met en rupture de ban en septembre 1859, vagabondant dans la Champagne. Cambriole le 17 octobre 1859 à Francheville la maison des Simonet. Le 13 novembre 1859, au sortir d'Avize, frappe à coups de pierre et tente d'étrangler avec sa cravate M. Godmé, cultivateur à Bisseuil, pour lui voler 16 francs. Godmé survit. Le lendemain, pille la maison des cabaretiers Duval, à Écury-le-Repos, volant 25 francs, des vêtements et de l'eau-de-vie. 25 mai 1860
09 juillet 1860 Lundi, 5h15 Versailles Louis-Gabriel Duclos 53 ans, cabaretier rue de Charonne à Paris. Veuf, envisageait de se remarier avec Aimée Joséphine Lebrasseur, veuve Morel, 39 ans, qu'il savait riche (au moins 300.000 francs). La jeune femme avait en premier lieu accepté ses avances, mais constatant sa violence et son intempérance, avait fini par rompre leurs relations. Le 25 décembre 1859, Duclos l'attire en son domicile et l'égorge de deux coups de couteau de cuisine. Condamné une première fois à Paris, arrêt cassé. Prévenu à 4h par le directeur et l'aumônier. Semble résigné et calme, mais après s'être habillé, est surpris par les autorités en train d'avaler une petite dose de vert-de-gris pour se suicider. On le fait recracher de justesse, puis il écoute, bien qu'il soit mécréant, les exhortations de l'abbé Barruel et du vicaire de Sainte-Marguerite, qui l'incitent à se réconcilier avec Dieu. Devant l'échafaud, au Pont-Colbert, embrasse son confesseur en lui demandant de le bénir, et avant d'être basculé, hurle : "Je meurs victime des brigands !". 15 mars 1860, 19 mai 1860
16 juillet 1860 Lundi, 6h Évreux Armand Adrien Claquecin 31 ans, journalier. Assassine de 27 coups de couteau le 16 février 1860 à Ecouis Hugues Pascal Delaplace, 55 ans, régisseur d'une grande propriété, pour le voler Réveillé à 5 heures : l'annonce le ramène aussitôt à des sentiments chrétiens, alors que les visites répétées du chanoine Jouen n'avaient rien changé à son aggressivité durant son incarcération - ne parlait que de se venger de ceux qui l'avaient accablé durant le procès, et envisageait de se détruire pour ne pas avoir à être supplicié. Regrette de ne pas avoir la possibilité de communier. Quitte la prison en voiture à 5h45, précédé par les exécuteurs de Rouen, de Chartres et de Caen. Guillotine de Rouen dressée sur le chemin de Saint-Germain, au pré du Bel-Ebat, au milieu de la foule. Exécution : R.A.S. 21 mai 1860
25 juillet 1860 Mercredi, 8h15 Loches (Indre-et-Loire) François Claude Giboureau 35 ans, coquetier, homme violent, plusieurs fois condamné. Poignarde à coups de couteau le 07 mai 1860 au lieu-dit "La Borderie", à 1 km de Loches, son épouse Clémentine Ruby, 25 ans, avec laquelle il était séparé depuis dix-huit mois. Prévenu à la prison de Tours vers minuit et demi. Surpris, dit : "C'est bien." S'habille, et comme on lui fait remarquer qu'il a omis de passer son gilet, répond : "Je suis assez vêtu comme ça." Quitte la prison à 1 heure en voiture avec l'aumônier, arrive à Loches à 5h. A la prison locale, entend la messe, et se soumet à la toilette. Quand vient l'heure de partir, se met à pleurer et demande ce qu'il va advenir de son fils de 3 ans. Rassuré sur l'identité de son tuteur, demande à l'aumônier de récupérer le crucifix qu'il porte en pendentif afin de le remettre à l'enfant. Pendant le chemin, gémit : "Mon Dieu ! Ayez pitié de mon âme !" Passant devant le logis de sa défunte épouse, remarque : "Ah, voilà la maison de ma défunte femme !" puis prie derechef. Arrive place du Champ-de-Foire, devant le palais de justice, embrasse le prêtre puis le crucifix par deux fois. 12 juin 1860
08 août 1860 Mercredi, 6h Amiens Jean-Baptiste Laurent Rouard 51 ans, ouvrier tanneur. Assassine le 28 mars 1858 à Piennes M.Gravet, meunier, pour voler un peu d'argent, une bague en or et les clés de la maison. Echappe aux recherches pendant deux ans, arrêté le 11 mars 1860 à Ercheux : s'était présenté chez Me Delapierre, notaire et maire du village, sous un faux prétexte - voulait cambrioler la maison -, et frappa de trois coups de marteau dans le visage la domestique, Mlle Haraux. Réveillé à 3h30 par le gardien-chef dans le dortoir qu'il partage avec plusieurs détenus, se méprend et croit à une grâce. Le gardien-chef, heureux de cette erreur, ne fait rien pour le détromper et prie un co-détenu, destiné à un prochain transfert à la centrale de Loos, de se lever aussi. Rouard s'habille, et va jusqu'au bureau du gardien-chef, où le greffier lui annonce la vérité : abattu, se met à trembler, incapable de prononcer une parole. L'abbé Douillet, aumônier, l'embrasse et tente de lui redonner courage. Boit un verre d'eau sucrée avec quelques gouttes d'eau-de-vie, un cordial qui le remet d'aplomb. Condamné et prêtre discutent longuement, puis vont ensemble à la chapelle pour la messe. Pendant deux minutes environ, au milieu de la cérémonie religieuse, s'assied par terre et répète en gémissant : "Mourir innocent ! Quel malheur ! Mon Dieu, ayez pitié de moi, Sainte Vierge, secourez-moi !" Continue après la messe à parler avec l'aumônier jusqu'à 5h, heure à laquelle les exécuteurs d'Amiens, de Douai et leurs adjoints viennent le chercher pour lui retirer ses fers et procéder à la toilette. Prie pendant ce temps. Présence exceptionnelle de Me Froissard, son avocat : en le voyant, Rouard se met à pleurer et lui donne l'accolade. Quitte la prison à 5h45 en charrette avec l'aumônier et, à sa demande, le gardien chargé de la surveillance de son quartier ; prie tout au long du trajet. Foule considérable place du Marché-aux-Chevaux. Descend de voiture et monte à l'échafaud sans avoir besoin d'assistance. 05 juillet 1860
14 août 1860 Mardi, 6h45, 6h50, 6h55 Saint-Cyr-au-Mont-d'Or (Rhône) Antoine Déchamps, Jean-François Chrétien et Jean Joanon 47 ans, tailleur de pierres, 44 ans, tailleur de pierres et 33 ans, orfèvre, sans emploi. Poignardèrent et égorgèrent à coups de couteau et de doloire Marie Desfarges, veuve Gayet, 37 ans, sa fille Pierrette, 13 ans, et assommèrent à coups de pierre la mère de Marie, la veuve Desfarges, 72 ans, le 14 octobre 1859, au hameau du Canton-Charmant, à Saint-Cyr-au-Mont-d'Or. Marie et Pierrette furent également violées - jamais on ne sut exactement par qui - avant que les assassins ne pillent la maison. Joanon était un voisin, qui avait courtisé Marie mais avait essuyé un refus; la belle-mère de Chrétien était la tante de Marie ; Déchamps était son cousin germain. Antoinette Pernoux, épouse Chrétien, coupable de recel, fut condamnée à six ans de prison. Marie Viard, épouse Déchamps, est acquittée. Prévenus à minuit passé dans les prisons de Lyon. Joanon ne dormait pas : "S'il faut mourir, nous mourrons... autant plus tôt que plus tard." Chrétien dit : "C'est donc aujourd'hui..." Les trois hommes sont conduits dans une geôle pour revêtir la camisole et être déferrés. Joanon voudrait faire des remarques, mais l'aumônier lui conseille de songer plutôt au salut de son âme. Les trois hommes s'embrassent, se pardonnent, entendent la messe et communient. Revenus en cellule, prennent une tasse de café, un demi-verre de vin blanc et grignotent un biscuit. Pris de nausée, Déchamps vomit. Joanon, revenant sur son pardon, l'attaque : "C'est le remords d'avoir commis le crime qui le rend malade ! Je ne donnerais pas ma part au ciel contre la tienne !" Lui et Déchamps s'engueulent, jusqu'à ce que les aumôniers et les gardiens s'interposent. A 3h, le juge d'instruction et le greffier viennent entendre les déclarations : Joanon affirme son innocence, de même que Chrétien. Déchamps, lui, dit que ce n'est qu'après sa mort qu'on connaîtra la vérité, et demande à être inhumé à Saint-Cyr. Joanon part dans un délire, affirmant que l'empereur viendra les voir pour les gracier. Des religieuses viennent leur offrir prises de tabac et verres d'eau sucrée. Déchamps rend à nouveau. A cinq heures, les exécuteurs de Lyon, Riom et Grenoble viennent saisir les trois condamnés. Pendant la toilette, Déchamps pleure : "Mon Dieu ! Quel malheur ! Mon enfant ! Moi, mourir innocent !" Chrétien se tait, Joanon parle sans que quiconque ne lui réponde. A bord d'une voiture cellulaire, gagnent Saint-Cyr. Sur la place neuve des Quatre-Chemins, Déchamps remarque : "Il y a plus de monde qu'à la vogue". Il y a environ 50.000 personnes présentes. Déchamps descend le premier, embrasse crucifix et prêtre en regardant la guillotine, et pleure : "Adieu, mes parents ! Adieu mes amis ! Adieu ma femme, mon enfant, mes frères, mes soeurs ! Adieu !" Dans le public, des femmes perdent connaissance. Chrétien le suit, grimpant les marches avec calme et fermeté. Enfin, Joanon, pâle et gémissant, apparaît sur l'échafaud à son tour et crie : "J'ai la conscience en paix ! Je demande pardon à Dieu et aux hommes de tous le mal que j'ai fait. Je pardonne tout ! Bientôt, la vérité se fera connaître !" 13 juillet 1860
18 août 1860 Samedi, 7h Mende Jean-Clément Peytavin 34 ans. Fracasse le crâne de Jean Hébrard, 27 ans, marchand de bestiaux, dans la nuit du 1er au 02 novembre 1858 à Belvezet, pour voler le contenu d'une malle - notamment des pièces d'or. La nouvelle étant sue depuis quelques jours, foule assez importante. Arrive sur place entouré de deux aumôniers, grimpe les marches et se livre aux bourreaux sans rien dire. 25 juin 1860
10 septembre 1860 Lundi, 7h Fougerolles (Mayenne) François-Marie Cottin 36 ans, ouvrier agricole. Tue de quatre coups de hachette et de couteau dans la tête, le 06 mars 1860 à Fougerolles, Mme Daniel, sexagénaire, débitante de boissons pour lui voler 460 francs. Réveillé le 9 vers 11h30 par le greffier en chef, résigné : "Je préfère la mort plutôt que de rester là à attendre sans savoir, comme c'est le cas depuis deux mois." S'habille et mange des côtelettes. Après avoir remercié les gardiens et même embrassé le gardien-chef, quitte la prison à minuit en fourgon cellulaire. Le trajet dure six heures, avec une halte à La Baconnière. Arrivée à 6h30, conduit dans une salle de la mairie, y discute avec l'aumônier Foucault. Confié aux exécuteurs pour la toilette, arrive sur la place. Sur la plate-forme, s'adresse à la foule : "Ne suivez pas mon exemple ! Eloignez-vous des cabarets ! Ce sont des lieux de perdition !" 20 juillet 1860
10 septembre 1860 Lundi, 7h Laon Pierre Eléonore Robert 39 ans, maçon. Entretien pendant dix ans une relation incestueuse avec sa soeur, Marie-Félicie Valentine Robert, 25 ans, ménagère. A Prouvais, tuent avec la complicité de leurs parents les cinq enfants que Marie-Félicie met au monde. Jean-Nicolas Robert, 62 ans, manouvrier, est acquitté. Marie-Catherine Dollé, épouse Robert, 63 ans, est condamnée à la réclusion perpétuelle. Marie-Félicie, condamnée à mort, est graciée. Réveillé à 5h, si choqué par la nouvelle qu'il sombre dans la prostration : doit être soutenu pour qu'on lui retire les fers. Après avoir senti un peu d'éther, revient complètement à lui, puis refuse le vin que des religieuses lui proposent. Au greffe, se laisse aller au désespoir en regardant par la fenêtre : "Qui dirait que je vois le jour, et que tout à l'heure, je vais être en deux morceaux ? Je n'ai pas eu mes quarante jours ! Avoir fait six ans d'Afrique et m'être bien conduit au régiment... n'être pas mort sur le champ de bataille et arriver là !" On lui propose une chaise, car on craint une nouvelle faiblesse de sa part qui le ferait tomber du banc où il se trouve. "Je suis assez bien assis pour le temps que j'ai à y rester !" Parle avec regret de son père, regrettant la situation lamentable dans laquelle il l'a mis, et accuse sa soeur d'être la responsable : "Si je ne l'avais pas écoutée, je n'en serais pas là." Comme on lui dit que Napoléon III a décidé de gracier sa soeur mais qu'il ne pouvait en être de même pour lui, en raison du nombre de ses crimes et de leur brutalité, rétorque : "J'aime mieux mourir pour elle, mais il faudrait demander une nouvelle grâce, à cause du pauvre petit innocent qui va être abandonné." Entend la messe et répond aux versets à haute voix. Dès son sortir de la chapelle, bien plus ferme et courageux qu'au réveil. Demande à aller à pied jusqu'à la mort, et avant de quitter la prison, remercie pêle-mêle le directeur, les gardiens, les gendarmes qui l'avaient arrêté et les religieuses qui veillent sur les détenus. Au Champ-Saint-Martin, reconnaissant une habitante de Neufchâtel, tente d'aller lui parler, mais on le lui interdit. Grimpe sur l'échafaud, écoute le prêtre s'adresser à la foule, puis agit de même : "Mes chers frères et mes chères soeurs, j'ai été sept ans en Afrique soldat sous Louis-Philippe, d'une vie irréprochable. Aussi, quel malheur ai-je eu de commettre de si grands crimes, car je suis l'auteur de tous les maux tombés sur ma famille. Je ne devais pas mourir sur l'échafaud. Je remercie l'Empereur d'avoir donné la grâce à ma soeur ; je veux mourir courageusement et chrétiennement. Je demande pardon à Dieu, à Notre-Seigneur Jésus-Christ, à la sainte Vierge et à la société." Va pour poursuivre, mais affolé par l'idée de la mort imminente, son esprit se perd et il bafouille des choses insensées. L'aumônier lui explique qu'il en a assez dit, alors, docile, il se met à genoux pour la dernière bénédiction avant d'embrasser le prêtre et le crucifix et de laisser exécuter. 14 août 1860
29 septembre 1860 Samedi, 9h La Guerche-de-Bretagne (Ille-et-Vilaine) Adolphe Benjamin Boulogne 40 ans, plâtrier, plusieurs fois condamné. Assassine le 02 juillet 1859 à La Guerche-de-Bretagne Louis Lebreton, 75 ans, en lui fracassant le crâne et le jettant dans sa fosse d'aisances pour le voler. Léon Boulogne, 46 ans, équarisseur, est acquitté, mais reste en prison une année, condamné quelque temps plus tôt pour outrages envers un des témoins de l'affaire. Le 28, à la prison de Rennes, est déjà convaincu que sa fin est proche : "J'ai comme un pressentiment que ce sera pour demain." Propose à ses co-détenus : "Qui veut acheter mon chapeau et mon col ? Un homme sans cou n'a pas besoin de cela pour entrer au paradis !" Prévenu à 1 heure du matin par le gardien-chef, dormait profondément. S'habille et va à la conciergerie où se trouvent l'aumônier Tiercelin et l'abbé Carou, ce dernier qui lui est alors inconnu et lui demande la permission de l'accompagner jusqu'à La Guerche. Boulogne accepte volontiers en lui serrant la main. Tremblant de peur et de colère, affirme plusieurs fois qu'il est innocent, et qu'il s'apprête à mourir guillotiné, c'est à cause de faux témoignages l'incriminant. Quitte la prison à 1h30, après avoir embrassé et remercié le gardien-chef et lui avoir donné 11 francs pour faire fabriquer une châsse. "Au revoir ! Non... c'est adieu que je veux dire !" Arrive à destination à 6h : fait d'abord étape à l'église pour entendre la messe et se confesser, puis discute avec le procureur de Vitré et le juge de paix de La Guerche, auxquels il affirme une fois encore son innocence. Repousse l'offre d'aller à la mort en charrette, et prend la route à pied. Sur la place du village, 1200 personnes environ assistent à sa mort, tout en conservant le silence d'une façon respectueuse. 14 août 1860
02 octobre 1860 Mardi, 6h Sens (Yonne) Louis Théodore Millot 32 ans, cureur de puits. Assassine le 19 février 1860 à Lixy Clotilde Percot, veuve Cléret, 69 ans, fabricante de tuiles, pour la voler. Transféré le 29 septembre dans la soirée depuis Auxerre : grimpe seul dans une voiture cellulaire qui le conduit à la gare, dans le train qui mène à Sens. Discute tranquillement avec les gendarmes qui l'escortent, et demande dans la conversation où ils se rendent. "On vous conduit à Paris... ou plutôt à Sens, vu que c'est la dernière ville du département. Là, une autre brigade viendra vous reprendre le 02, pour vous accompagner jusqu'au terme de votre route." A Sens, s'étonne d'un mouvement de foule près de la gare, mais un des gardiens parvient une fois encore à donner le change. Passe les deux journées suivantes calmement, persuadé d'être conduit à Paris pour y recevoir sa grâce. A la venue du greffier à 4h30, reste figé sur sa couchette, puis se lève, se met à hurler qu'il est innocent, puis s'assied, terrifié, dans une attitude prostrée qui ne le quittera plus jusqu'à la mort. Reste sans réagir pendant la toilette, doit être porté dans la charrette en compagnie de trois prêtres, se cache le visage et évite de voir les visages des gens dans la rue. Au Clos-le-Roi, foule imposante, notamment de femmes depuis 3 heures du matin. Semble presque inconscient à son arrivée près de l'échafaud, résiste un peu pour descendre de voiture et doit être porté jusque sur la bascule. 27 août 1860
12 octobre 1860 Vendredi, 9h Nort-sur-Erdre (Loire-Inférieure) Denis Chaillou 34 ans, meunier. Fracasse à coups de fourche, le 15 août 1860 à Nort-sur-Erdre, la tête de François Chrétien, 75 ans, maquignon, pour lui dérober 2.000 francs, puis l'achève en lui enfonçant dans la bouche un tampon de graines de foin et une casquette. Prévenu à 4h45 par le directeur et l'abbé Benoît. Se met à trembler nerveusement et répond : "Mon Dieu, ce que c'est que la vie !" A 5h20, va de sa geôle à la place Lafayette où l'attend un fourgon, où il grimpe en compagnie de l'aumônier. Geint misérablement durant le trajet. Escorte de deux gendarmes, puis de quatre à compter de Carquefou. Arrivée à Nort à 8h30, foule imposante car jour de marché. 10 septembre 1860
15 octobre 1860 Lundi, 7h Paris Jean-Jacques Alder 40 ans, cordier. Tenta à Beauvais en 1858 d'étrangler sa première épouse, Louise Flamant, pour se venger des parents de cette dernière qui lui avaient refusé un prêt de 2.200 francs. Louise, enceinte de ses oeuvres pour la onzième fois - aucune grossesse n'ayant été menée à terme - se réfugie chez ses parents, perd l'enfant et meurt de peur et d'épuisement. Remarié le 21 septembre 1859 avec Appoline-Clémentine Lutembacher, fille d'un tapissier de Beauvais, qu'il commence à battre huit jours après leur mariage, en lui promettant de tant la malmener qu'elle en mourra naturellement ! A la mi-décembre, tente de l'étrangler et monte à genoux sur son ventre alors qu'elle est enceinte. Appoline se réfugie chez ses parents, mais finit peu de jours après par regagner le domicile conjugal. Quittant l'Oise pour Paris, s'installent le 7 avril 1860 à Paris, 263, rue du Faubourg-Saint-Martin, où Alder continue à battre son épouse. Le 15 juillet 1860, alors qu'Appoline se remet de l'accouchement, Adler tue sa belle-mère, Mme Lutembacher, 50 ans, de neuf coups de couteau, et entend faire subir le même sort à sa femme, qui parvient à s'enfuir. Réveillé à 6h30 par le directeur, le pasteur Rouville et le chef de la Sûreté, quand la porte s'ouvre. Après avoir été embrassé par le pasteur, qui l'encourage à tenir ses promesses de courage, il répond : "Oui, oui, monsieur le pasteur : depuis le jour du crime, j'étais résigné à mourir." S'habille puis remarque aigrement : "C'est bien malheureux lorsqu'on est resté honnête homme jusqu'à quarante ans de mourir sur l'échafaud !" Boit deux verres de vin, se plaint du froid ; on lui met une capote sur les épaules, puis il demande une cuvette remplie d'eau, afin de se laver le visage et se peigner. "C'était mon habitude, chaque matin", se justifie-t-il. Reste quelques minutes seul avec le pasteur, puis va à l'avant-greffe pour la toilette. Demande à rester debout pendant ce temps et obtient ce droit. "Dépêchons-nous, je vous en prie car, malgré mon courage et ma résignation, je ne veux pas vous cacher que j'éprouve ici une certaine émotion, et qu'en y restant trop longtemps, je craindrais de faiblir au dernier moment. C'est bien malheureux de mourir sur l'échafaud ! Moi qui ai fait le tour de la France, sans donner nulle part le moindre sujet de plainte, et qui avait réalisé 1500 francs d'économies ! Ah, ce sont les mauvaises connaissances qui m'ont perdu ! Ce sont elles qui m'ont fait oublier mes devoirs et m'ont rendu meurtrier à quarante ans. Mais il est trop tard : c'est plus tôt que j'aurais dû connaître la mauvaise voie. Maintenant, je dois subir l'expiation de mon crime, et je suis prêt !" Une minute avant de sortir de la prison, remercie le directeur et les gardiens, puis rajoute : "Allons, monsieur le pasteur, puisque l'heure est arrivée, donnez-moi mon passeport !" Le prêtre l'embrasse et l'accompagne jusqu'aux marches de l'échafaud, où après une dernière accolade, Alder va se positionner sans dire un mot sur la bascule. Foule importante, mais ordonnée. 13 septembre 1860
14 décembre 1860 Vendredi, 7h45 Moulins Nicolas Delombre 41 ans, journalier. A Nizerolles, à partir de juin 1859, empoisonne- sous couvert de la soigner - sa femme Françoise Bardet pour refaire sa vie avec sa maîtresse Jeanne Audin, nièce de Françoise, laquelle décède le 13 avril 1860. Effondré depuis que le père Giron, aumônier des prisons, l'a réveillé, doit être porté de la charrette à l'échafaud, dressé place du Champ de Foire. 03 novembre 1860
22 décembre 1860 Samedi, 8h Nîmes Pierre "Pépetro" Ottavi 28 ans, laboureur. Condamné par la cour d'assises de Bastia le 07 mars 1857 à sept ans de réclusion pour tentative de meurtre : avait, ivre, tiré un coup de fusil sur son voisin Jules Fratacci le 09 mai 1856 à Piétroso, blessant Fratacci à l'épaule. Détenu à la centrale de Nîmes, travaille à l'atelier de cordonnerie. Par haine, dans la nuit du 05 au 06 octobre 1860, blesse mortellement de deux coups de tranchet dans la poitrine son co-détenu et collègue cordonnier, Désiré Geoffroy, capitaine au long cours, condamné à deux ans de prison pour faux par le conseil de guerre de Marseille. Geoffroy survit deux jours à ses blessures. Réveillé à 4 heures, réagit avec calme : "Puisqu'il faut mourir, mieux vaut aujourd'hui que demain." S'entretient avec l'aumônier Pau, entend la messe. Après la toilette, consomme un petit pain trempé dans du café au lait. Grimpe dans la charrette qui le conduit à l'extrémité du cours Neuf, priant et écoutant en silence les paroles du prêtre. En grimpant sur l'échafaud, embrasse le crucifix puis l'aumônier qui se met à pleurer. 30 novembre 1860
31 décembre 1860 Lundi, 7h40 Metz Jean Vincent 37 ans, cordonnier. Assassine de cinq coups de tranchet dans la gorge, le 16 août 1860 à Metz, rue des Jardins, son épouse Marie-Catherine Albert, 28 ans, revendeuse de pain. Revenu après quatre ans d'errance en Afrique du Nord et en France, il avait été très mal accueilli par Marie-Catherine, qui refusait d'entretenir comme autrefois cet époux paresseux et violent. Pluie battante. Grande foule, en majeure partie féminine, derrière l'église Saint-Simon du Fort-Moselle, entre la caserne et les remparts. 02 décembre 1860
07 janvier 1861 Lundi, 8h05 Metz Nicolas Didier 40 ans, domestique, Bavarois, déserteur de l'armée allemande, voleur récidiviste. Ancien employé des Rolland, propriétaires terriens à Rémilly, qu'il quitte pour se mettre au service d'un sellier à qui il vole 10.000 francs de marchandises, ce qui lui vaut une condamnation à cinq ans de prison par les assises de la Seine. Libéré en octobre 1860, regagne Rémilly, se cache dans la propriété de ses anciens maîtres pendant trois jours. Dans la nuit du 15 au 16 octobre 1859, tue M.Rolland d'un coup de hachette dans la tempe et Mme Rolland de deux coups, frappés chaque fois si violemment qu'il fait exploser la boîte crânienne, puis achève son travail en décapitant les victimes avec un couteau de cuisine. Tente par la suite de fracturer le coffre-fort. Prévenu à 7h. Accepte un peu de pain et un verre de vin. Quitte la prison en voiture jusqu'aux abords du Fort-Moselle, en compagnie du prêtre avec lequel il parle tout au long du trajet. Devant l'échafaud, avant de descendre de charrette, s'adresse à la foule pour exprimer son repentir. Se livre aux exécuteurs sans résister. Foule dense pour la troisième exécution capitale messine de la semaine - le 05 janvier, à 15 heures, Bauer, maréchal-des-logis, avait été fusillé au fort Belle-Croix pour avoir assassiné le commandant Arrivet. 05 décembre 1860
26 janvier 1861 Samedi, 8h Châteaubriant (Loire-Inférieure) François Louis Volant 23 ans, laboureur. Tue à coups de clé anglaise le 08 novembre 1860 le percepteur de Moisdon-la-Rivière, François-Marie Danion, 44 ans, et lui vole 36 francs en oubliant un porte-monnaie contenant 600 francs Prévenu à 1 heure du matin par l'abbé Benoît et le gardien-chef à la prison de Nantes, reste impassible. S'habille, puis, comme le prêtre le lui permet, s'étend un quart d'heure sur sa couche en attendant qu'on vienne le chercher. Ferré aux pieds, aux poignets et aux coudes, va aussi fermement que possible dans une voiture l'attendant place Lafayette, sans oublier de saluer tous les assistants. Départ à 1h30, seul avec l'aumônier : tous deux passent la route à prier. Arrivée à 7h40. Guillotine arrivée de Rennes la veille à 14h30, montée dès 2 heures du matin place des Terrasses, en face de la gendarmerie. Halte rapide à la prison, pour quelques prières. En quittant la prison, Volant voit l'échafaud non loin de là et préfère s'y rendre à pied, faisant la route l'air triste, roulant entre ses doigts, dans son dos, un chapelet. Devant les marches, secoue la tête pour faire tomber son chapeau, quitte ses sabots puis monte sur la plate-forme. A la dernière marche, prie et se fait bénit, puis embrasse à deux reprises le crucifix et le prêtre. Comme le condamné demande au père Benoît de prier pour lui, ce dernier, ému, lui pose fraternellement la main sur la joue avant que les exécuteurs n'accomplissent leur tâche. 2.000 personnes environ, majorité de femmes. Sitôt l'exécution faite, le père Benoît, bouleversé, va à l'église pour faire dire une messe pour le salut de l'âme de Volant. 14 décembre 1860
01 février 1861 Vendredi, 9h Coutances Benjamin-Yves Jean Legadel 36 ans, marin, détenu à la centrale du Mont-Saint-Michel. Le 27 octobre 1860, dans l'atelier de cordonnerie de la centrale, tue à coups de tranchet son co-détenu, Pierre Marie Plessix, 55 ans, et blesse avec la même arme le contre-maître libre Martin : ce dernier survit car dès le premier coup de tranchet dans entre les côtes, l'arme se brise en deux dans la plaie à cause d'un mouvement violent du blessé. Legadel, lassé par l'ambiance de la prison insulaire, voulait à tout prix la quitter... Prévenu à 6h30, croit à une mauvaise plaisanterie et rabroue ceux qui lui apportent la nouvelle, tout en déjeunant d'un quignon de pain, en demandant qu'on le laisse tranquille. Ce n'est qu'à l'arrivée des exécuteurs, pour la toilette, qu'il comprend qu'il ne s'agit pas d'un simulacre, et son visage pâle et contracté reflète sa peur. Refuse de monter dans la charrette, préfère y aller à pied. A mi-parcours, on relâche les liens de ses jambes pour lui permettre de marcher plus aisément : il profite de cette halte pour hurler des insultes envers les habitants de Coutances si pressés et ravis d'aller voir mourir un homme qui n'avait pas atteint son quarantième anniversaire. Devant l'échafaud, on lui retire la veste de prisonnier qui recouvrait ses épaules, et sa casquette. Regarde la guillotine fixement, à la fois épouvanté et fasciné, livide et les jambes tremblantes. Accepte pour la seule fois les secours du prêtre et embrasse le crucifix. Sur la plate-forme, après y être monté assez vite, retire ses sabots puis se livre aux bourreaux. Peu de monde, bien que la nouvelle de l'exécution se fut répandue depuis la veille, mais la dernière exécution s'étant déroulée à midi, les gens ne se doutaient pas de l'horaire désormais matinal. Présence notable de mères venues avec leurs enfants pour les édifier sur le sort qui les attend s'ils ne se montrent pas sages ! 12 décembre 1860
05 février 1861 Mardi, 7h25 Auxerre Alexandre-Dorothé Lault 40 ans, ferblantier. Mari et père violent, mais uniquement envers ses filles. Le 16 juillet 1857, à Clamecy (Nièvre), défenestre sa fille Célestine, 10 ans, et fait passer sa mort pour un accident. Le 16 septembre 1860, au hameau du Bois-Avril, à Etais (Yonne), jette sa fille, Marie, 8 ans, dans un puits profond de 25 mètres. Exécution attendue depuis trois semaines. Guillotine arrivée le lundi, dressée à partir de 22h place du faubourg Saint-Amatre. Prévenu à 6h par le gardien-chef, suivi par l'abbé Duru et l'abbé Appert, aumôniers. Pensait être gracié, mais reste calme. Quand il revêt la redingote qu'il portait aux assises, récupère des lettres laissées dans une des poches, et les déchire. Demande un petit délai à l'exécuteur, avant de lui attacher les poignets, pour s'offrir une prise de tabac, puis un verre d'eau-de-vie. Sans pleurer, soupire plusieurs fois : "Hélas ! Mourir si jeune, à quarante ans ! Mes pauvres enfants ! Donnez-leur mes effets !" Il demande ensuite au gardien-chef : "Pour quand ? Est-ce pour bientôt ? Faut-il mourir d'une mort pareille ! Hélas ! Hélas !" Avant de grimper dans la charrette, reçoit encore un peu d'alcool, puis s'installe entre les prêtres, baisant plusieurs fois le crucifix. Sur ordre du directeur, la charrette quitte la prison à 7 heures, et prend les boulevards jusqu'à la place. Pendant le trajet, Lault observe attentivement la foule sur les bords de la route, et comme on s'interroge, répond : "Ce n'est pas par effronterie, mais si je pouvais voir quelqu'un de mon pays... j'aurais mieux aimé que ce fût à Clamecy." Il prie le reste du voyage. Sur la place, se penche car un des prêtres gêne son champ de vision : en découvrant la guillotine, détourne les yeux, le visage horrifié. On le descend de voiture, et il s'écrie : "Mes amis, mes amis ! Sauvez-moi donc la vie !" Face à l'absence de réaction, il poursuit : "Il n'y a donc personne pour demander ma grâce ? Dieu veut donc que je perde la vie ! Je demande pardon à Dieu et aux hommes de tout le mal que j'ai fait !" Après une dernière prière, est conduit sur la plate-forme, tente de s'adresser encore à la foule, mais est alors basculé : pousse un cri de peur, stoppé net par la chute du couperet. Présence possible de son fils aîné dans la foule. Plus d'exécution à Auxerre avant 1912. 13 décembre 1860
05 mars 1861 Mardi, 8h15 Foix Armand Saint-Pastou 45 ans, domestique. Bat, étrangle et égorge de 19 coups de couteau, aux Allemans (La Tour-de-Crieu) son nouveau patron, Martial Isaac, 35 ans, colporteur, dans la nuit du 02 au 03 octobre 1860. La victime l'avait embauché la veille à la foire de Tarascon, et avait eu la mauvaise idée de lui montrer ses gains de la journée ; Saint-Pastou affirma que le crime avait été commis parce qu'Isaac avait refusé de lui rembourser quelques francs qu'il lui avait avancés à Tarascon. Transféré la veille au soir dans une cellule proche de la chapelle, car de sa cellule, aurait pu assister au montage de l'échafaud sur le Champ de Mars en contrebas. On lui explique que ce transfert est motivé par des réparations à faire. Prie, dort un peu, d'un sommeil troublé, car inquiet. A l'aube, avec l'arrivée de l'abbé Boy, qui le confesse et prie pour lui, ne comprend pas immédiatement ce qui se passe, mais au bout de quelques minutes, s'écrie : "C'est pour aujourd'hui !" et que le prêtre le confirme, s'agenouille en larmes pour recevoir l'absolution. Confié aux exécuteurs à 7h45, très calme, sort de sa veste une bourse avec 40 centimes qu'il confie au serrurier qui retire ses fers pour qu'elle soit donnée aux prisonniers. Refuse de prendre un déjeuner, et quitte la prison en saluant gardiens et détenus. Descend à pied par le chemin escarpé jusqu'au palais de justice, avec une voiture qui le suit au cas où. Place du tribunal très encombrée, de même que les rues allant jusqu'au Champ-de-Mars, foule dense venue des cantons de Pamiers et Varilhes. Pleurs dans la foule, mais lui reste calme. Grimpe sans hésiter les marches, et sur la plate-forme, le père Boy, en son nom, fait l'aveu du crime et demande qu'on prie pour le condamné. Saint-Pastou s'agenouille, et environ les trois-quarts des 6000 spectateurs se découvrent et prient. Se relevant, le condamné s'adresse à son tour aux spectateurs pour demander pardon, et il le répète pendant qu'on le lie à la bascule : "Je demande pardon ! Demandez pardon pour moi, à tout le monde et à Dieu !" 16 janvier 1861
19 mars 1861 Mardi, 7h Paris Adolphe Bourçois 29 ans, journalier, apprêteur sur étoffes. Le 06 octobre 1860, tua à Puteaux Joseph Davain, 44 ans, horloger à Courbevoie, à qui il vola une boîte contenant 6.000 francs de bijoux. Le butin ne fut retrouvé, enterré dans un champ de Puteaux, qu'en novembre 1861. Réveillé à 6h15 par le directeur et l'abbé Cros, dormait bien. Pousse un cri de peur rauque, devient livide et manque perdre connaissance. Un verre d'eau-de-vie le ramène à lui, et il cesse de trembler, restant muet et impassible comme au cours du procès. S'entretient un quart d'heure avec le prêtre avant d'aller à la chapelle. Après la messe, se rend à l'avant-greffe, et là, le chef de la Sûreté lui rappelle une promesse : celle de faire des aveux au dernier moment, et surtout de révéler l'emplacement où il avait caché le coffret aux bijoux. Pris au dépourvu, Bourçois bafouille, finit par dire qu'il n'a rien à rajouter à ce qu'il avait dit par le passé. L'aumônier le presse à son tour de se mettre en règle avec la justice avant de mourir, en employant de sages formules, mais ne réussit qu'à braquer le condamné. Peu de réaction pendant la toilette, mais tremble violemment quand on le ligote. Quand on le lève du tabouret, dit à l'attention du personnel pénitentiaire : "Messieurs, je vous remercie de vos bons soins ! Je vous salue bien ! Au revoir !" Temps de pluie n'ayant pas dissuadé la foule, se pressant depuis six heures derrières les haies du service d'ordre. Léger mouvement d'effroi en découvrant la guillotine, mais se reprend vite, allant d'un pas titubant mais décidé vers l'échafaud. Exécuté après une dernière prière silencieuse. 08 février 1861
15 avril 1861 Lundi, 7h Nantes Auguste-François "Napier" Josset 28 ans, cordonnier, déjà condamné quatre fois. Le 11 janvier 1861, au 6, rue Fourcroy à Nantes, tue à coups de pierre et étrangle Elisabeth Johamin, veuve Lacroix, 63 ans, sa logeuse, pour lui voler 387 francs. Réveillé à 4h par l'aumônier Benoît et le directeur. Calme tout au long de la matinée. Avant de quitter la prison, remercie les gardiens de leurs bons soins, leur fait des adieux, et les prie de communiquer ses remerciements et ses adieux aux soeurs s'occupant des détenus, absentes pour l'heure. A la porte, refuse de grimper dans la charrette et demande, sans crânerie, d'aller à la mort à pied. Devant l'échafaud, place Viarme, quitte ses sabots, grimpe fermement les marches, et après une dernière prière, se laisse saisir par les exécuteurs en criant : "Mon père ! Ma mère !" 07 mars 1861
22 avril 1861 Lundi, 7h Tours Sébastien Mabilleau 46 ans. Pour hériter de ses biens, soit environ 1.000 francs, abat d'un coup de fusil dans la hanche sa seconde épouse Marie-Louise Pichegault, 42 ans, journalière, à Lerné, le 05 février 1861, huit mois après leurs noces. Aurait tué déjà sa première femme en lui assénant un coup de marmite dans le ventre. Réveillé à cinq heures par l'aumônier Bluteau et le directeur. Ne comprend pas : était persuadé à tort que la cassation ou la grâce serait validée et qu'il serait rejugé par les assises de la Seine. "Va-t-on me conduire à Paris par le chemin de fer ?" On lui explique ce que le rejet de la grâce signifie : gémit : "Quel malheur ! Ah ! Mon Dieu, quel malheur !" Se calme et entend avec attention les paroles de l'aumônier. Prend un verre de kirsch et un biscuit, et au père Bluteau, demande que ses vêtements soient donnés à ses enfants. Grimpe dans la voiture à 6h45 et dit à l'assistance : "Allons, c'est bien fini, je vois bien qu'il n'y a pas de rémission possible." Arrivé au bout du boulevard Heurteloup, près du canal, monte fermement les marches de l'échafaud, s'agenouille pour se recommander à Dieu puis embrasse le prêtre avant d'être basculé par les exécuteurs d'Orléans et d'Angers. Grande foule, notamment sur les remparts. 09 mars 1861
19 juin 1861 Mercredi, 6h Blois Clovis Etienne Vernouillet 22 ans, domestique à Courbouzon. Le 27 mars 1861, sur la route, à 1500 mètres du village, tire une cartouche de fusil dans le visage de M.Jallon, fondé de pouvoir du percepteur de Mer, puis l'achève à coups de serpe pour le voler, mais des témoins arrivant sur place l'empêchent de lui "faire les poches". M. Jallon, ami de la famille Vernouillet, avait enseigné la lecture et l'écriture au jeune garçon. Dormait profondément à cinq heures, à l'entrée du greffier et de l'aumônier. Sans qu'ils aient dit un mot, s'exclame : "Allons, je vois bien que c'est pour aujourd'hui... et peut-être pour tout à l'heure !" Converse une demi-heure avec le prêtre, puis se voit retirer les fers. Aucune réaction en présence des exécuteurs, si ce n'est une plainte durant la toilette : "Vous me faites souffrir en serrant trop fortement les cordes à mes poignets. C'est signe que vous allez me faire souffrir en me coupant la tête tout à l'heure." Le bourreau tâche de le calmer, et y parvient. Après un verre d'eau-de-vie, quitte la prison à 5h55. Arrive sur la Grand-Pièce, devant la halle aux grains, impassible, sans un regard pour les 6.000 personnes présentes. Grimpe rapidement les marches, s'agenouille quelques instants, embrasse trois fois l'aumônier, puis se livre sans résister aux bourreaux. Long jet de sang qui tâche les mains et les vêtements de l'exécuteur. Mise à mort saluée par des acclamations. 02 mai 1861
24 juin 1861 Lundi, 6h Versailles Ferdinand Ballagny 29 ans, boucher au chômage. Dans la nuit du 11 au 12 janvier 1861, tue de deux coups de de merlin Théodore Huet, 73 ans, rentier à Carrières-St-Denis, un ancien client et ami, pour voler argent, bijoux et vêtements. Avait déjà cambriolé la maison d'Huet trois jours auparavant. Réveillé à 4h par l'abbé Follet et le gardien-chef Huline, comprend aussitôt, répond : "Puisqu'il faut y aller, j'aime mieux que ce soit aujourd'hui que plus tard." Discute, apaisé. S'habille en civil, donne à un gardien la médaille de la Vierge qu'il portait au cou : "Je ne peux pas la laisser autour de mon cou, elle serait perdue tout à l'heure." Le gardien la lui attache au poignet. Pendant un quart d'heure, se confesse, puis demande de quoi écrire à sa femme ; lettre dans laquelle il manifeste son remords. Boit un verre d'eau-de-vie, grignote un biscuit. Quittant la prison, est visiblement surpris par les décorations de la ville en raison d'un concours national de fanfares. Arrivé au Pont-Colbert, descend vite du véhicule, grimpe sur la plate-forme, s'agenouille pour prier. Protestations dans la foule, car le fourgon cache la guillotine aux spectateurs. Le temps qu'on bouge la voiture, basculé après une dernière prière. 13 mai 1861
01 juillet 1861 Lundi, 4h45 Poitiers Charles-Marie Talbot 52 ans, journalier, déjà condamné à quatorze reprises, dont la première à 16 ans par le tribunal correctionnel de la Seine pour avoir donné un coup de couteau à une femme. Le 27 février 1861, à Loudun, tente d'égorger avec une alêne Mme Vautier, cabaretière, pour la voler. Avait, le 10 janvier précédent, assommé d'un coup de poing sa compagne, Rose-Marie Gaudin, 50 ans, mendiante, avant de l'égorger et de l'éventrer à coups de couteau et d'enterrer le corps dans la cave de leur maison. Réveillé à 3h ; revenu à des sentiments chrétiens durant son emprisonnement, se montre calme, et demande à entendre la messe, puis communie. Avant la toilette, boit un verre de madère avec un plaisir non dissimulé, mais refuse des biscuits pour accompagner l'alcool : "Je vous remercie, mais je n'ai pas le coeur assez gai pour manger. Le verre de vin me suffira." Avant de quitter la prison, remercie le directeur de prison, puis va à la place du Pont-Guillon à pied, d'un pas ferme. Foule importante, avec une majorité féminine. 23 mai 1861
16 juillet 1861 Mardi, 6h Saint-Flour Géraud "Edouard" Champeix 35 ans, voleur récidiviste, ancien colporteur. Après dix années passées à la centrale de Limoges pour vols, libéré le 25 février 1860, employé à l'usine de couvertures d'Auriac, à Saint-Flour. Au sortir de la foire de Brion, assomme d'un coup de bâton, le 14 septembre 1860, Jean Ladevie, 40 ans, colporteur, pour lui voler 25 francs. Ladevie meurt le lendemain. Le 11 octobre, en revenant de la foire de Maillargues, blesse grièvement de la même manière Jacques Serre, 53 ans, fermier à Saint-Saturnin, et lui vole 106 francs : deux jours après son agression, se rappelle avoir déjà vu Champeix, accusé dix ans plus tôt d'avoir volé deux juments à son père ! Planifie une évasion avec deux complices : échoue le 30 juin. Réveillé à 4h, aucune émotion. Ecoute la messe, puis demande du potage en remarquant : "Tiens ? Ca ne me coupe pas l'appétit !" Regardant les exécuteurs arriver, il dit : "Dans un moment, je serai débarrassé de tout !" Quand les bourreaux font la toilette, rajoute :" Ne craignez rien de moi, je ne vous ferai pas d'embarras, je marcherai seul." Marche de la prison à la place où se dresse l'échafaud, devant lequel il s'agenouille brutalement. Prie, embrasse l'abbé Gandillon, puis grimpe les marches sans soutien. 31 mai 1861
25 juillet 1861 Jeudi, 6h15 Bordeaux Ramon "Cardini Santilli" Carratala 28 ans, Espagnol. Assassine à coups de couteau dans la gorge et la poitrine le 01 février 1861, rue d'Arès à Bordeaux, Hermance "Jeanne" Clément, prostituée, pour la voler. Apprend l'information avec calme, entend la messe et se laisse faire par les exécuteurs. Quitte la prison en voiture à 6h, parle avec l'abbé Nollibois tout au long du trajet. Arrivé place Saint-Julien, regarde la guillotine, monte l'escalier avec fermeté. Embrasse le prêtre puis le crucifix avant d'être basculé. Dernière exécution à Bordeaux sur un échafaud. 15 juin 1861
21 octobre 1861 Lundi, 6h55 Beauvais Charles-Marie Mercery 37 ans, charretier à Puiseux-en-Bray, au hameau du Tronquet. Etrangle et viole, dans la nuit du 14 au 15 juillet 1861, Marie-Jeanne Benoît, veuve Lefort, 84 ans, rentière, au hameau du Fil, chez laquelle il "squattait" régulièrement. Réveillé à 6h, et conduit à la geôle pour qu'on lui retire les fers, croit que c'est pour être conduit à Amiens pour l'entérinement de sa grâce, alors est souriant. En voyant dans la salle des gendarmes armés, comprend tout et quand le greffier l'informe officiellement de l'heure de l'exécution, se contente de répondre : "C'est bien." Revient dans son cachot pour s'entretenir avec l'aumônier Boyeldieu. Avant la toilette, boit un verre d'eau-de-vie. Va en charrette jusqu'au Franc-Marché. Au pied de l'échafaud, s'adressant aux exécuteurs : "Messieurs, c'est inutile, je ne ferai de mal à personne." Grimpe les marches d'un pas assuré, embrasse une dernière fois le crucifix avant d'être basculé. 05 septembre 1861
10 décembre 1861 Mardi, 7h15 Bourg-en-Bresse Antoine Marie Huillet 27 ans, cultivateur à Rochefort. Tue dans la nuit du 05 au 06 juin 1861 sur la route de Bourg à Ceyzériat François Carbon, 35 ans, propriétaire à Ramasse, en lui fracassant le crâne à coups de joug à boeufs, pour lui voler 400 francs dont il se sert pour éponger ses dettes. Exécution attendue depuis près d'une semaine. Environ 6000 personnes présentes sur le Champ de foire. En arrivant en charrette, demande à la foule de prier pour lui. Pris de faiblesse en descendant de voiture, embrasse le crucifix puis doit être porté jusque sur la plate-forme. La foule reste silencieuse. 27 octobre 1861
08 janvier 1862 Mercredi, 9h Fougères (Ille-et-Vilaine) Victor Xavier Guénée 34 ans, ouvrier chauffeur de verrerie à Marcillé-Raoul. Pour refaire sa vie, empoisonne sa première épouse Eugénie Françoise Cotard, qui décède le 26 juin 1860 en faisant de lui son unique héritier. Remarié trois mois plus tard à Marie Alexandrine Josset, sa maîtresse. Le 22 juin 1861, mêle à de la farine de sarrasin de l'arsenic pour empoisonner sa belle-mère, Marie Jourdan, veuve Josset, qui refusait de se soumettre à ses douteux arrangements financiers. Celle-ci partage ses galettes de blé noir avec son autre gendre, Joseph Cotard, sa fille Marie Josset, épouse Cotard, et leurs quatre enfants Héloïse, Joseph fils, Jeanne-Marie et Pierre. Tous survivent à d'atroces douleurs stomacales et intestinales, sauf Héloïse, qui meurt le 09 septembre à l'âge de 8 ans. Réveillé le 07 à 23h30 à la maison d'arrêt de Rennes, se lève en sursaut, mais on se contente de lui parler d'un déplacement à Fougères. Croyant qu'il s'agit d'une audition comme témoin dans une affaire dénoncée par ses soins au procureur, remarque juste : "Tiens, on aurait bien dû me prévenir hier soir !" Prend ses vêtements civils, va au poste de la prison fumer une pipe et boire une tasse de café, mais à la conciergerie, voyant l'abbé Tiercelin et les gendarmes, comprend les vraies raisons de ce départ nocturne. Bouleversé, il s'écrie : "La justice m'a trompé !" L'aumônier parvient à lui faire garder son calme. Menotté, il va à pied de la conciergerie à la voiture, doit être aidé pour y monter faute d'avoir l'usage de ses bras, et avant d'y monter, dit uniquement : "Au revoir, monsieur le gardien-chef !" Le convoi part à minuit un quart et arrive à Fougères à sept heures. A la prison, entend la messe puis revient sur ses protestations d'innocence jusqu'alors maintenues, avouant pour la première fois avoir empoisonné sa première femme, mais réfutant les accusations sur l'empoisonnement de sa belle-mère, avant de conclure avec amertume : "Je vois bien que je n'ai plus rien à attendre de la justice." Fume une pipe sur les coups de huit heures, puis déjeune avec un bel appétit. Quand les exécuteurs se présentent à lui, remarque qu'on lui découpe la chemise. "Je vais donc être guillotiné ? J'aimerais mieux être fusillé ! Je commanderais le feu !" Va à pied jusqu'au champ de foire, à un kilomètre de là, accompagné par les prêtres et monte sur la guillotine sans dire un mot, devant environ 3000 spectateurs. 15 novembre 1861
15 février 1862 Samedi, 8h Péronne (Somme) Jean-Baptiste Nicolas Magnier 30 ans, manouvrier. Abat à coups de chevrotines le 26 novembre 1861 Clément Ferdinand Bondois, 30 ans, percepteur à Estrées-Deniécourt, pour lui voler 1.800 francs. Prévenu le vendredi à 23 heures à la maison d'arrêt d'Amiens, s'y attendait, ayant reçu quelques jours plus tôt la visite de l'évêque d'Amiens. Se dit prêt à payer son crime et prend la route en compagnie de l'aumônier Corblet, priant tout le trajet. Commence à remarquer l'affluence au niveau de la gare d'Albert, devient tout pâle mais dit : "Notre Seigneur aussi est mort au milieu d'une grande foule. J'ai mérité la mort, il faut que je m'y résigne." Aux abords de Dompierre, est pris de nostalgie en reconnaissant son pays : "Oh, si je pouvais, ne fût-ce que quelques instants embrasser une dernière fois ma pauvre mère, ma femme, mon enfant ! S'il faisait un peu plus clair, je pourrais d'ici apercevoir encore ma maison ! J'offre à Dieu ce sacrifice !" Arrive à Péronne à 5 heures, foule immense, car la rumeur s'est répandue depuis le jeudi à 16 heures, et l'échafaud a été dressé avant minuit sur la place principale du bourg. Conduit à la chapelle de la prison, y entend la messe de l'abbé Debrecq, et prie avec ferveur. Conduit ensuite dans une cellule avec des gendarmes et quelques détenus, à qui il parle de ses proches et exprime un repentir qui émeut profondément l'assistance. Donne au gardien-chef son chapelet et sa médaille pour qu'il les remette à son épouse, et demande à l'abbé Corblet d'écrire à sa femme pour l'inciter à mener une vie de foi et de bien élever leur enfant. S'enquiert de l'heure de l'exécution et remercie celui qui le renseigne. Pendant la toilette, frissonne quand on lui lie les poignets. "Ce n'est qu'une simple formalité", explique l'exécuteur. "C'est bien." Arrive en charrette sur la place, le silence se fait. S'agenouille, prie, récite le Confiteor, puis embrasse les prêtres et le crucifix avant de s'adresser aux exécuteurs : "Adieu, mes amis ! Nous nous reverrons ailleurs. Ne me liez pas, c'est inutile. Vous voyez que j'ai du courage !" Se place de lui-même sur la bascule sous les yeux du public impressionné par sa dignité. 10 janvier 1862
06 mars 1862 Jeudi, 8h Sancerre (Cher) Etienne Jules Crochet 25 ans, garçon meunier. Venait tout juste de sortir de quatre années de prison pour vol qualifié. Tua à coups de barre de fer dans la nuit du 9 au 10 septembre 1861 François Pinson, 44 ans, propriétaire à Crézancy, pour lui voler 20 francs. Conduit le 05 au soir depuis Bourges en voiture cellulaire en compagnie de l'aumônier. Passe les dernières heures à la maison d'arrêt de Sancerre. A la chapelle, entend une messe de l'ancien curé de Crézancy qui lui avait, quelques années auparavant, fait faire sa première communion. Conduit en charrette place du Champ Loiseau (Champ de foire), via la rue du Dogue et le rempart. Foule immense autour de la guillotine, dressée dans la nuit par l'exécuteur de Bourges et l'exécuteur d'Orléans et leurs aides, et ce malgré un temps effroyable de pluie toute la nuit. Sur la plate-forme, embrasse l'aumônier et le bourreau d'Orléans avant de se laisser courageusement basculer. Dernière exécution publique dans le Cher. 27 janvier 1862
08 mars 1862 Samedi, 7h Montluel (Ain) Martin "Raymond" Dumollard 52 ans, cultivateur. Tueur en série, fils d'un Hongrois exécuté en Italie vers 1813 (?). Arrêté le 03 juin 1861, une semaine après l'agression de Marie Pichon, veuve Bertin, 27 ans, domestique. A Lyon, de 1853 à 1861, appâtait les domestiques en recherche d'emploi, de préférence jeunes et jolies, et les attirait dans la campagne déserte aux alentours de Montluel pour les violer, les tuer et voler leurs biens avant d'enterrer les corps dans le bois de Montaverne. Inculpé de trois assassinats et de neuf tentatives de viols, reconnaît six assassinats, dont Marie Baday, disparue le 25 février 1855, et Marie-Eulalie Bussod, disparue en février 1861. Nombre exact de victimes inconnues, mais frôlant probablement la soixantaine : lors de la perquisition à son domicile, 1250 toilettes féminines différentes furent récupérées. Son épouse, Marie-Anne Martinet, 47 ans, est condamnée à vingt ans de travaux forcés. Prévenu à la prison de Bourg-en-Bresse à 16h par le curé de la ville : accepte d'embrasser la croix et de prier, puis est confié à l'abbé Beroud, aumônier de la prison, et se montre très calme, ne réclamant qu'un peu à manger. On lui propose de voir sa femme, et il accepte : celle-ci fond en larmes en le voyant, il la console et tous deux soupent ensemble paisiblement : il lui conseille, à plusieurs reprises, d'utiliser l'argent qu'il lui laisse pour s'offrir de meilleurs repas durant son incarcération. Au bout d'une heure, ils se séparent pour la dernière fois, réconciliés, et elle l'embrasse en lui disant "Songe au ciel", mais Dumollard reste calme : "Eh bien, c'est bon ! Adieu !". Quitte la prison à 22h30, dans un fourgon obligé de fendre la foule réunie autour de la maison d'arrêt depuis midi. Tout au long du trajet, reste calme et observe l'extérieur, faisant de temps en temps quelques remarques comme "Je connais bien ce chemin, je l'ai emprunté bien des fois". A Chalamont, pendant une étape qui dure une dizaine de minute pour relayer l'équipage, comme plusieurs personnes essayent de l'apercevoir avec des lanternes, il dit : "Que veulent ces gens-là ? Ils ne verront pas grand'chose." Plaisante de façon très vulgaire et privée en remarquant la présence de femmes. Arrive à Montluel à 4h30 : près de dix mille personnes se sont réunies dans le village, plus aucune chambre n'y est disponible, et plus de deux cents militaires ont été chargés d'effectuer le service d'ordre. Devant cet afflux de personnes, répète : "Que veut-on voir ? Ce sera bientôt vu." Conduit dans une pièce dépendante de la salle principale de la mairie, faute de disposer d'une prison en bon état, passe les dernières heures avec l'aumônier et l'abbé Carrel, curé de Montluel. Demande à se réchauffer les pieds. Une demi-heure avant l'exécution - averti de l'horaire par le curé local -, Dumollard demande à voir M.Guillot, greffier de Trévoux, pour une dette impayée selon lui.
"Il ne faut pas oublier de me faire payer les 25 francs qui me sont dûs par Untel, pour la façon de sa vigne.
- Mais il n'est pas dû autant : il n'y a eu que la première façon de faite.
- Dans tous les cas, il me revient bien au moins 18 francs, et je veux qu'on m'en tienne compte."
Réclame aussi 47 ou 48 francs d'une veuve de Dugneu pour, là encore, le soin de ses vignes, fournissant de nombreuses explications à la somme réclamée. Malgré cette attitude terre à terre, pleure un peu quand le greffier lui prodigue de sages paroles. Au juge de paix qui lui demande s'il n'a pas caché dans une vigne d'autres corps de victimes, ou de l'argent qui pourrait servir à atténuer les conditions d'incarcération de son épouse, et lui affirme son intention de faire sonder les lieux prochainement, répond : "Non, il n'y a rien. Et si l'on trouve quelque chose, ce n'est pas moi qui l'aurai mis. Cette vigne n'a pas toujours été à moi. Je l'ai achetée et j'en ai bien miné le milieu. Il n'y avait rien, bien sûr. Quant aux deux bouts, je n'y ai pas touché, je ne peux pas savoir si l'on y a mis quelque chose !" Quand on lui demande une dernière fois de faire des aveux, répond, mécontent : "J'ai dit tout ce que je savais. Vous me tourmenteriez vingt ans que je ne vous dirais rien de plus, voilà tout. De toute façon, je paye pour les autres." Après des examens médicaux, pour voir son état d'émotion - son pouls est relevé à 87, pas davantage - il prend du café, dont il complimente la qualité, un verre de Malaga, puis est confié aux exécuteurs. Cette fois, montre quelques signes de peur et de vertige ; reçoit encore les ultimes prières des deux prêtres restés tout le temps à ses côtés. Refusant la voiture, va à pied de la mairie à l'échafaud, dressé place Bourgeat (actuelle place Carnot) à près de 200 mètres de là, d'un pas de plus en plus ferme. Embrasse le crucifix dès la première marche, puis sans dire un mot ni regarder plus personne, atteint la plate-forme et se laisse faire par les exécuteurs. Corps inhumé au cimetière, la tête récupérée à fins de moulage et d'analyse.
01 février 1862
15 mars 1862 Samedi, 7h Laon Louis Joseph Liébert 32 ans, marchand de graines. Etrangle le 31 octobre 1861 à Grandlup son épouse Marie Eugénie Schotkosky, 28 ans, ménagère, et camoufle le corps sous un tas de paille, et fait subir le même sort à Françoise Aurélie Déruelle, 60 ans, tante et voisine de sa femme, et cache le cadavre dans le four. Etait déjà réveillé à 6 heures, l'oreille collée sur la porte à épier les bruits inhabituels de la prison depuis la veille. A la nouvelle, sa première pensée est pour son fils de six ans : "Mon pauvre p'tiot ! Ah, si je l'avais su seulement au soir, j'aurais envoyé un exprès pour pouvoir l'embrasser encore avant de partir !" Pleure, mais s'habille sans défaillir. Embrasse tous ses compagnons de dortoir, ayant fait preuve d'humanité avec lui tout au long du séjour, et qui tous étaient plus consternés que lui par sa mort imminente. Des religieuses le soutiennent et lui donnent du vin. Il en boit quelques gorgées, puis pose le verre en disant qu'il boira le reste plus tard. On essaie de le consoler par rapport à son fils, en lui expliquant que même gracié, il aurait été envoyé en Guyane et ne l'aurait donc plus jamais revu. "Oh, ce n'aurait pas été la même chose, je ne serais pas mort à la honte du monde, et on n'aurait pas pu en faire le reproche à ce pauvre innocent !" Etend la messe, mais bouleversé, demande à ce qu'on arrête : "Je ne peux plus, ma soeur. Mon pauvre p'tiot !" avant de fondre en larmes. Confié aux exécuteurs, s'exclame quand on lui attache les chevilles : "Comment ? Est-ce que vous voulez que je traverse la ville ainsi ? Si c'est comme cela, j'aime mieux aller en voiture ! Déliez-moi, j'irai à pied, et je vous promets que je ne ferai pas la moindre résistance !" L'aumônier se portant garant de lui, les exécuteurs accèdent à sa requête. Il embrasse les gardiens, puis va d'un pas ferme vers l'extérieur. A peine sorti, un homme vient à sa rencontre pour l'embrasser : c'est le frère de son épouse et victime qui lui dit : "Va, Louis. Je ne t'en veux pas." Sur l'échafaud, prie à genoux et embrasse l'aumônier. 08 février 1862
21 mars 1862 Vendredi, 8h Fougères (Ille-et-Vilaine) Jeanne-Marie Liger, veuve Tessier 35 ans, cultivatrice. Empoisonne à Lecousse le 25 novembre 1861 au sulfate de cuivre son mari Michel Tessier, 62 ans, pour hériter de ses biens plus rapidement. Ce dernier meurt le 29 novembre. Son père et complice, Pierre Liger, est condamné aux travaux forcés à perpétuité. Prévenue à 22 heures le jeudi, peu de réaction. Prend une collation et quitte la prison de Rennes à 23 heures avec l'abbé Tiercelin, aumônier, et le vicaire de Saint-Germain, M.Bouttevilain. Durant le chemin, après douze kilomètres de route, fait un malaise et perd connaissance assez longuement. Lors d'une halte à Saint-Aubin-du-Cormier, prend une tasse de thé qui lui fait du bien. A la prison de Fougères, reçoit les secours de la religion, apportés par les deux premiers prêtres, mais aussi un troisième, l'abbé Launay, de l'église Saint-Léonard de Fougères. Effondrée, elle parvient malgré tout à subir dignement la toilette, et à la demande des hommes d'église, fait des aveux - même s'ils sont incomplets. Quitte la prison à 7h45. Foule dense sur le parcours jusqu'au Champ de Foire pour voir mourir l'enfant du pays, pas de haine de la part des spectateurs, de tous âges et tous sexes, mais de la pitié et du chagrin. 11 février 1862
26 mars 1862 Mercredi, 7h Vendôme (Loir-et-Cher) Auguste-Louis Bonvallet 31 ans, journalier. Tue de plusieurs coups de couteau, sectionnant le cou et mutilant les parties génitales, le maquignon Auguste Hureau, route de Tours à Vendôme, dans la nuit du 11 au 12 octobre 1861, pour le voler. Réveillé à 1h05 par le gardien. "Je m'attendais tous les jours à cette nouvelle !" Délié, on lui propose à manger : "C'est pas la peine, ce serait de la nourriture gâchée !" Il accepte l'eau-de-vie : "Apportes-en donc... si ça pouvait me donner du courage !" Monte dans la voiture à 2h avec l'abbé Bioré. Pleure tout au long du trajet et supplie Dieu de le pardonner. Arrive à Vendôme à 5h30, sanglote plus fort encore. Conduit dans une cellule où un autel a été improvisé. Entend la messe, toujours pleurant. Presque inconscient quand remis aux exécuteurs d'Orléans et de Blois. Foule immense place de l'Islette. Soutenu pour monter les marches, ne regarde pas la foule, fait une ultime prière, puis embrasse le prêtre. 05 février 1862
26 mars 1862 Mercredi, 8h23 Pertuis (Vaucluse) Claude Alphonse Léonard 31 ans, fermier à Martelly. Dans la nuit du 20 au 21 octobre 1861, massacre et dépèce à coups de couteau de boucher et de faucille sa seconde épouse, Marguerite-Véronique Tamayon, 32 ans, alors enceinte de jumeaux depuis trois mois, son fils Pierre-François, 8 ans, né de son premier mariage, et le fils de son épouse, Paul-Xavier Mercier, 6 ans. Tente de faire brûler les restes de sa femme dans la cheminée. Criblé de dettes, espérait hériter de l'argent de son épouse. Quitte la prison de Carpentras le 25 mars à 6 heures du matin. Prie tout le long du trajet, ne cesse de baiser deux médailles de la Vierge. Lors d'une halte à Notre-Dame des Lumières, se repent devant les gens présents pour le voir passer, affirme que la sentence est juste, et n'attendant plus que le pardon divin. Arrivé à 11 heures à la prison d'Apt, prie en compagnie de l'abbé Monier et des recteurs des Pénitents Noirs de Carpentras et d'Apt. Quitte la sous-préfecture dans la nuit, sous l'orage. A Pertuis, ciel couvert et vent. Arrive place Mirabeau, devant 12.000 personnes. A une cinquantaine de mètres de l'échafaud, est conduit à la prison : la toilette a lieu dans la conciergerie. Il y remercie le gardien Croux pour ses bons soins lors de son arrestation. Termine le parcours à pied, soutenu par l'aumônier de Carpentras, encadré par les pénitents noirs. Juste avant que l'exécuteur de Nîmes, assisté par ceux d'Aix et de Grenoble, ne fasse son office, celui-ci demande au condamné s'il a une dernière parole. Léonard chuchote qu'il avait l'intention de demander pardon à tous, mais qu'il n'en a pas la force. Basculé aussitôt après. La tête tombe de l'échafaud et roule jusqu'aux pieds des spectateurs. 30 janvier 1862
01 avril 1862 Mardi, 6h Grenoble François Gabriel "Livache" Gresse 30 ans, instituteur-adjoint à la Motte d'Aveillans. En poste en 1855 à St-Martin en Vercors, dans la Drôme, condamné par contumace à vingt ans de travaux forcés par les assises de la Drôme pour attentat à la pudeur sur fillette de dix ans. Devenu l'amant intéressé d'Eugénie Reynier, épouse Berthier, fermière, 31 ans, mère d'une de ses élèves, qui tombe enceinte de lui. Finit par la convaincre d'empoisonner son époux pour pouvoir l'épouser par la suite, et lui fournit à compter de juin 1861 de l'arsenic blanc pour en "assaisonner" les plats. Berthier décède le 21 septembre 1861... Après la naissance de l'enfant le 26 octobre, les suspicions naissent dans le village, à tel point qu'Eugénie, rongée de remords, avoue la vérité à son frère puis se suicide à la mi-novembre en avalant une fiole de vitriol. Réveillé à 4h par le greffier, le directeur de la prison et l'abbé Gerin, dormait bien. Se montre résigné, et durant la messe de l'aumônier Bergeret, fait preuve d'un incroyable sang-froid, répondant en latin sans se tromper, replaçant soigneusement une feuille qui venait de se décoller du livre de prières. Prend une tasse de café et boit un grand verre de rhum, disant à un gardien : "Eh bien, vous voyez que j'avais raison quand je disais que ce serait pour mercredi. Je ne me suis trompé que d'un jour !" Quitte la prison en vêtements civils, blancs et bleus, avec les abbés à ses côtés en voiture, ainsi que les exécuteurs de Lyon et de Grenoble. A plusieurs reprises, tourne sur son siège pour apercevoir l'échafaud. Arrive en cinq minutes à peine à l'échafaud dressé près du Champ-de-Mars, au carrefour du cours Berriat et du chemin des Boiteuses (actuel angle nord-ouest du lycée Champollion), la tête basse, mais sans l'aide de quiconque. 6000 personnes présentes, dont les trois-quarts sont des femmes : le silence se fait à l'arrivée du condamné, et dans la foule, beaucoup de gens ferment les yeux à l'instant suprême ! 23 février 1862
12 avril 1862 Samedi, 6h Château-Chinon (Nièvre) Claude Jeannin 26 ans, journalier. Tua, dans la nuit du 10 au 11 novembre 1861 à Brassy, Lazare Râteau, propriétaire, 66 ans, en lui fracassant le crâne pour le voler. Transféré la veille de Nevers à Château-Chinon en compagnie de l'abbé Martinet. Sollicite la présence de son gardien et d'un gendarme venant du même village que lui. Conduit à la maison d'arrêt locale, reste dans une cellule porte ouverte pour discuter avec les gardiens. A 22h, le sous-préfet et le procureur impérial, le trouvant devisant, le prient de dormir : "C'est ma dernière nuit, il est bien inutile que je prenne du repos." Dans la nuit, demande un repas qu'il déguste. A 4h, entend la messe de l'abbé Martinet et se confesse. Demande au procureur et au juge d'instruction de venir afin de les saluer une dernière fois. Au cours de leur conversation, leur demande pardon pour son crime et est encouragé par les deux magistrats. Toilette rapide. Quitte la prison à 5h30, très surpris par l'affluence dans la ville. Place du Champlin (place du marché), devant l'échafaud, dit : "Je n'en avais jamais vu." Embrasse le crucifix et les prêtres, puis grimpe les marches. Un cri chez les 3.000 spectateurs quand sa tête tombe. 21 février 1862
15 avril 1862 Mardi, 6h Paris Jean Dorangeon 21 ans, ouvrier cordonnier. Egorge à coups de couteau le 25 novembre 1861, rue Saint-Placide, Catherine Sophie Hostalier, épouse Cabardos, gérante d'un commerce de vins et de mets fins, et sa nièce, Marie Augustine Bessière, 10 ans, pour les voler. Réveillé à 5h30 par l'aumônier, le chef de la Sûreté et le directeur de la prison. "Je m'y attendais", répond-il sans émotion. Se lève, s'habille, parle avec l'aumônier puis vont ensemble prier à la chapelle durant une dizaine de minutes. A l'avant-greffe, en croisant un gardien, se rappelle de la question qu'il posait fréquemment durant son séjour dans le quartier des condamnés : "A quelle heure coupe-t-on la tronche ici ?" Il dit : "Eh bien, aujourd'hui, on la coupera !" Comme il perd un chausson et qu'on veut le lui remettre, il dit : "Ce n'est pas la peine, ça durera assez longtemps !" On a du mal à lui enlever sa blouse, il ricane : "Tiens, ma tête est trop grosse ! Oh... ça passera facilement tout à l'heure !" On lui lie les bras, il se contente de bander les poignets et de constater des entraves : "Elles sont neuves, elles ne casseront pas !" Après avoir remercié le personnel pénitentiaire, il quitte la prison, et repousse l'exécuteur Heidenreich qui lui avait pris le bras : "Vous n'avez pas besoin de me soutenir, je marcherai bien seul." Joignant le geste à la parole, il traverse la cour avec fermeté, n'est pas choqué par la vision de la guillotine, embrasse plusieurs fois crucifix et aumônier, puis, une fois sur la plate-forme, regarde en souriant la foule avant de se poser de lui-même sur la bascule. 14 mars 1862
28 avril 1862 Lundi, 7h Beauvais Nicolas-Prosper Dupille 26 ans, marchand de fromages et de légumes. Assassina le 16 décembre 1861 pour le voler le courrier Gréal, chargé du service des dépêches de Beauvais à Saint-Germer. Accusé de complicité, Chamorand est acquitté. Entend le commis-greffier Pitre lui annoncer la nouvelle : "Je m'y attendais. Depuis quelques jours, je n'espérais plus." Soutenu par l'aumônier Boyeldieu, reçoit les secours de la religion, puis prend place dans la charrette à 6h45. Calme, reste ferme même quand la carriole a du mal à se frayer un chemin à travers la foule dense du Franc-Marché. Demande qu'on l'aide à monter les marches de l'échafaud, dit encore quelques mots à l'aumônier, puis embrasse le crucifix. 17 mars 1862
27 mai 1862 Mardi, 6h Banassac (Lozère) Jean-Baptiste Coulon PARRICIDE, 43 ans, cultivateur. Benjamin d'une fratrie de six, assassine le 25 octobre 1860 au hameau de Viala, commune de Banassac, sa mère, Marguerite Deltour, veuve Coulon, 75 ans, avec laquelle il était en très mauvais termes, en la noyant dans les eaux du Lot. Prévenu la veille à 22 heures par l'abbé Chapelle. Perd contenance quelques instants, puis se reprend. S'entretient une demi-heure avec l'aumônier, puis enfile une camisole de force avant de saluer les gardiens, de les remercier, puis de grimper dans une voiture de la poste réservée exprès. Sous l'escorte de cinq gendarmes, le convoi prend la route à 23 heures en fendant la foule réunie aux abords de la prison. Lors d'une étape à Chanac, l'escorte est changée, et le condamné arrive à destination à 4 heures. Il est alors enfermé dans la remise d'une auberge locale en compagnie du prêtre, surveillé discrètement. Peu avant 6 heures, les exécuteurs se saisissent de lui, et il pleure quand on lui passe la chemise et le voile des parricides. Soutenu vers l'échafaud, dressé sur la route impériale au niveau du hameau de la Mothe, par l'aumônier et par un exécuteur-adjoint, il manifeste l'envie de parler à la foule pour demander pardon, mais le prêtre le lui déconseille. Sur l'estrade, pendant qu'un huissier lit l'arrêt de condamnation, reconnaît sa famille parmi la foule. Basculé, il prie : "Marie, conçue sans péché, ayez pitié de moi". Environ 1800 spectateurs, surtout des femmes. 26 mars 1862
03 juin 1862 Mardi, 5h18, 5h20 Saint-Mihiel Jeanne-Elisabeth François, veuve Thiéry, et Nicolas Auguste Thiéry PARRICIDE, 53 ans, journalière, et 21 ans, émouleur, mère et fils. Tuent en le frappant à coups de canon de fusil avant de l'étrangler Jean-François Thiéry, 45 ans, journalier à Chardogne le 24 février 1862 sous les yeux des deux autres enfants âgés de 18 et 13 ans. La veuve Thiéry est la première avertie à 4h45 par l'abbé Maucourt : "Ah, mon Dieu, je m'y attendais !" Le prêtre quitte le quartier des femmes pour rejoindre la cellule d'Auguste, qui comprend aussitôt : "Si c'est pour aller là-bas, je suis prêt." De son côté, Jeanne s'entretient avec son avocat, Me Edouard Vicq, qui l'incite à être courageuse pour donner l'exemple à son fils. "Ah, nous aurons du courage tous les deux ! Après avoir été si malheureuse, faut-il périr si misérablement !" Elle pleure en pensant à ses deux derniers enfants : "Ah, mes pauvres enfants, je leur disais bien quand je les embrassais il y a quinze jours, c'est pour la dernière fois, nous ne nous reverrons plus !" Elle demande dans combien de temps elle sera exécutée, et remercie de son avocat pour sa réponse en lui demandant de l'embrasser. Pendant la toilette, elle dit aux exécuteurs : "Vous n'avez pas besoin de me lier, je ne ferai pas de résistance !" L'abbé Maucourt lui explique que cette humiliation a pour but de montrer à Dieu son sincère repentir. Dans sa cellule, Auguste remercie avec chaleur Me Collignon son avocat. Mère et fils se recroisent pour la première fois depuis le procès dans le vestibule de la prison : ces retrouvailles finissent en larmes. "Mon pauvre enfant, nous sommes perdus !" dit Jeanne en embrassant son fils. Ce dernier la repousse gentiment par crainte de perdre toute contenance. "Laissez-moi, ma mère. Ne pleurons pas." Quittent la prison en tenue parricide à 5h12 et se rendent rue de la Buanderie, où se dresse l'échafaud en compagnie des aumôniers. Meurent tous deux avec courage. 14 avril 1862
09 juillet 1862 Mercredi, 6h Gramat (Lot) Bernard Afaux 62 ans, chiffonnier. Assassine dans la nuit du 01 au 02 décembre 1861, sur la route entre Couzou et Gramat, son beau-frère Mathurin Pons de 26 coups de couteau pour le voler, mais également avec l'intention de supprimer un obstacle entre lui et sa belle-soeur qu'il convoitait. Prévenu à la prison de Cahors le mardi, à 21h45, alors qu'il est couché. Aucune réaction, demande : "Quand partons-nous ?" avant de saluer les gardiens, de coiffer son chapeau et de poser sa veste sur ses épaules. Comme on l'avertit que la nuit est fraîche, il répond : "Mais non, j'ai eu bien chaud toute la journée, et je peux bien me passer de ma veste, étant déjà vêtu d'un tricot." En descendant l'escalier, souhaite le bonsoir à la fille du gardien, et grimpe seul dans le fourgon. Trois gendarmes l'accompagnent et le menottent, alors il proteste : "Ne me serrez pas trop fort, je n'ai pas l'intention de vous échapper." Foule aux abords de la prison, la rumeur de l'exécution circulant depuis la veille. Arrivé à Gramat à 4h30, Afaux est enfermé dans la prison. Quelques minutes avant l'heure légale, les exécuteurs prennent possession du condamné, qui se laisse docilement faire "la toilette" debout. Remarquant la femme du concierge de la maison d'arrêt, Afaux lui confie veste et sabots pour qu'ils soient remis à sa femme. Refuse de prendre la charrette pour aller au supplice, se rend à pied d'un pas plutôt décidé. Remercie l'aumônier pour ses bons offices avant de se confier aux bourreaux. Foule assez dense, avec une majorité de femmes. 17 mai 1862
12 juillet 1862 Samedi, 7h Soissons (Aisne) Jules Duvant 50 ans, chiffonnier à Bucy-le-Long. Assassin de la veuve Chovet pour la voler. Sa complice, Mme Faucheux, chiffonnière, est condamnée à mort et graciée. Réveillé à minuit à la prison de Laon. S'habille rapidement sans protester. Pendant le trajet, discute politique avec l'aumônier et critique les socialistes. Arrive à 3h50 à Soissons, immédiatement enfermé à la prison locale. A 5h, va à la chapelle avec la soeur Saint-François et l'abbé Degoix pour entendre la messe de l'abbé Mondet. Demande à entendre les litanies de la Sainte-Vierge. Reste une heure durant dans la salle basse pour attendre l'heure du départ. Entre-temps, l'évêque de Soissons arrive à son tour, puis le juge d'instruction. Se dit innocent, mais accepte de mourir : "C'est un malheur quand on n'a pas de bons conseils, pas de bons exemples ! Je paie pour les autres ! Il y en a qui ont fait bien pis que moi. Que voulez-vous ? J'aime toujours bien Dieu !" Quand l'huissier lui lit l'arrêt de condamnation, dit être heureux que sa complice, la veuve Faucheux, soit graciée. En entendant la charrette arriver, dit : "Voilà la voiture qui emmènera mon cadavre." Subit la toilette, puis conduit sur la Grand'Place. L'abbé Degoix monte à ses côtés sur l'échafaud et l'embrasse plusieurs fois avant que les exécuteurs ne s'emparent du condamné. Une bouchère de Coeuvres perd conscience une fois le couperet tombé : elle décède début août, victime de l'émotion ressentie par le spectacle. 10 mai 1862
28 juillet 1862 Lundi, 7h Arras (Pas-de-Calais) Jean-Baptiste Picard 43 ans, journalier, lieutenant d'une bande de dix malfrats. Assassine pour le voler le 02 mars 1862 André-Joseph Evrard, 75 ans, ménager à Boyelles. L'assassin, Irénée Legrand, le chef de bande, se suicide en prison, de même que deux autres complices. Un complice est acquitté, les cinq autres sont condamnés à des peines de travaux forcés à perpétuité ou à temps. Prévenu la veille à la prison de Saint-Omer. Pas surpris, dit juste : "Je devais m'y attendre, je suis indigne de la pitié des hommes". Transféré en voiture cellulaire, en compagnie de l'aumônier Descelers. Arrive à Arras à 5h du matin, et sur place, s'informe du sort de ses fils, arrêtés et condamnés au bagne pour vols : ceux-ci sont déjà partis pour purger leur peine. Entend deux messes successives, communie. Quand l'exécuteur vient procéder à la toilette, Picard frémit quand sa main le touche, puis dit : "Faites votre devoir". Quitte la prison à 6h50. En voiture, gagne la Grand'Place, et descend seul. Monte avec difficulté les degrés de l'échafaud, puis embrasse les prêtres et le crucifix avant de dire qu'il n'a tué personne et de livrer aux exécuteurs. 06 juin 1862
30 juillet 1862 Mercredi, 6h Paris Claude-Louis-Marie Marco 45 ans, maçon. Demeurant au 37, route de Bagnolet, dans l'immeuble acheté par ses parents décédés, en compagnie de son frère Manuel et de la veuve Dufour, compagne de ce dernier. Suite à une licitation judiciaire demandée par M.Servet, fils de la défunte soeur des Marco et donc héritier de la maison, Mme Dufour proposa de racheter à l'amiable les parts de chaque héritier. Tous acceptèrent, sauf Louis. Après plusieurs tentatives judiciaires, s'obstinant et promettant de se venger, tue la veuve Dufour à coups de merlin et blesse grièvement son frère avec la même arme. Réveillé à 5h30, dormait bien, entend la nouvelle sans prononcer un seul mot. S'habille, boit un verre d'eau-de-vie, puis accompagne l'aumônier à la chapelle. Au greffe, un aide lui enlève la capote qu'on lui avait jeté sur les épaules. Marco remarque que sa chemise est largement ouverte, et dit : "Ayez la bonté de me boutonner ce bouton", ses seules paroles de la matinée. Les yeux mi-clos, supporte la toilette. Traverse la cour, faible, et gagne l'extérieur. Pluie continue, 500 spectateurs, en majorité des femmes. Embrasse le crucifix au pied de l'échafaud, puis est presque porté sur la machine par les aides. 28 juin 1862
24 septembre 1862 Mercredi, 6h45 Valence Louis-Jules Artaud 35 ans, cultivateur. Egorge le 29 décembre 1861 à Rémuzat Victoire-Eugénie Richaud parce que celle-ci refusait de l'épouser. Tente de s'égorger par la suite : se blesse grièvement, obligé de respirer grâce à une trachéotomie faite d'un tube d'argent. Réveillé en sursaut à 4h30 dans la salle d'infirmerie où il était détenu, saisi par les poignets par les gardiens. Effrayé, tente de se débattre et également de retirer sa trachéotomie. Se lamente, soutenu par les aumôniers Baï et Daudel. Demande par signes à écrire, et obtient une ardoise pour dire qu'il veut récupérer ses biens et écrire à son mère. S'habille calmement, écrit paisiblement, puis entend la messe. Pendant la toilette, effectuée par les exécuteurs de Nîmes et de Grenoble, son tube lui est retiré. Refuse de prendre le fourgon, demande à aller à pied, remercie les gardiens et le directeur. Conduit place Saint-Félix, près des grilles de la caserne, par les deux aumôniers, manque s'effondrer en voyant la guillotine. Embrasse le père Daudel au pied de l'escalier, et demande au père Baï de l'accompagner sur la plate-forme. Public nombreux, comprenant femmes et enfants. 26 juillet 1862
28 novembre 1862 Vendredi, 9h Gien (Loiret) André-Jacques Bruère 23 ans, déjà condamné trois fois pour vols et vagabondage. Viole et poignarde à vingt-deux reprises Léonide Bongibault, 8 ans, le 14 juillet 1862 à Coullons. Réveillé par l'abbé Rocher, quitte la prison d'Orléans à 2h. Arrive à Gien à 8h. Halte à la cuisine du gardien-chef devant la cheminée pour réchauffer le condamné. Obtient un verre de vin, puis entend la messe. Prostation totale en arrivant place du Champ, recule de peur face à la guillotine, doit être aidé et soutenu pour grimper les marches de l'échafaud. 3000 personnes présentes. 23 octobre 1862
20 décembre 1862 Samedi, 9h15 Bailleul (Nord) Henri-Joseph Vanhalwyn 46 ans, journalier, placeur de domestiques. Assassine Martin Doise, 65 ans, cultivateur, à coups de pioche, dans la nuit du 20 au 21 janvier 1861 à Saint-Jans-Cappel, pour le voler. Rosalie Pauline Doise, épouse Gardin, 28 ans, dentellière, sa fille avec laquelle il avait des relations détestables, est inculpée de parricide et arrêtée, de même que son mari Séverin. Incarcérée à la prison d'Hazebrouck, Rosalie, enceinte, accouche le 30 avril d'un petit Séverin qu'elle ne peut allaiter et qui décède au bout de vingt-quatre jours. Finit par avouer pour être détenue dans une prison plus salubre. Jugée par les assises du Nord le 12 août 1861, elle est condamnée aux travaux forcés à perpétuité pour ce crime et incarcérée à Doullens (Somme). Arrêté pour dix cambriolages, pour le meurtre de Louis Verhille, 78 ans, le 1er janvier 1862 à Bailleul et l'agression d'Emérantine Lebrun, décédée le 30 avril 1862 de ses blessures, Vanhalwyn est dénoncé par son épouse concernant l'affaire Doise et avoue le crime. Condamné pour les crimes de Bailleul en première instance, puis pour le meurtre de Doise. Cependant, l'absence de complicité entre Rosalie Doise et Vanhalwyn provoque un supplément d'enquête et Rosalie Gardin est renvoyée devant les assises de la Somme, en même temps que Vanhalwyn et son complice Verhamme. Rosalie est finalement acquittée mais la justice refusera de lui accorder le moindre dédommagement, prétextant que son attitude vis-à-vis son père méritait bien vingt-deux mois de prison ! Une quête sera effectuée et 8.000 francs récoltés pour les Gardin. Rosalie mourra mère de cinq enfants et grand-mère de huit en 1899. Le complice de Vanhalwyn, David Verhamme, est condamné aux travaux forcés à perpétuité. Réveillé à la maison d'arrêt de Douai. Arrive à Bailleul par le train de 7h30. Conduit directement à la prison locale, cernée par les curieux. Quitte la prison à 9h en charrette en compagnie de l'aumônier de Douai et de M.Dehaene, doyen de Saint-Amand. Très pâle, doit être porté de la voiture jusque sur l'échafaud, dressé sur la Grand'Place de la ville, par les exécuteurs-adjoints. 14 août 1862, 16 août 1862, 17 novembre 1862
22 janvier 1863 Jeudi, 9h Aix-en-Provence Juan Ramons 31 ans, ouvrier, Espagnol. Dans la nuit du 26 au 27 septembre 1862, à Fos-sur-Mer, égorge de trois coups de couteau et de rasoir l'aubergiste Denis Lieutaud, frappe de quatre coups sa femme, Marguerite Caniglier, qui cherchait à lui prêter secours. Leur fillette de huit ans, Marie, subit le même sort. Un voisin logé exceptionnellement dans l'auberge s'enfuit par la fenêtre et donne l'alerte. Mobile du crime : le vol. Son complice Raspay, 29 ans, est condamné aux travaux forcés à perpétuité. Réveillé à 7h par le gardien-chef. "Je m'y attendais : que la volonté de Dieu s'accomplisse." Conduit à la chapelle, se confesse et entend la messe des pères Chardin et Saboulin, communie. Accepté dans les rangs des pénitents bleus. Remercie le gardien-chef pour ses bons soins ainsi que tous les autres. Quitte la chapelle à 8h45, livré aux exécuteurs, subit la toilette debout. Le gardien-chef lui demandant si on lui fait mal, il répond : "Je ne puis trop souffrir." Au moment de quitter la prison, embrasse tout le monde. Intimidé par l'échafaud dressé à l'entrée de la maison d'arrêt, mais va courageusement. Se prosterne devant le père Chardin, embrasse le crucifix. Basculé les yeux au ciel, priant Dieu de bien vouloir lui pardonner. 26 novembre 1862
03 février 1863 Mardi, 9h Benfeld (Bas-Rhin) Georges Ruf et Philippe Gigax 22 ans chacun, garçons boulangers. Etranglent Elisabeth Wissemer, 32 ans, domestique, puis sa patronne, Marie-Anne Reibel, 73 ans, rentière, à Benfeld dans la nuit du 30 au 31 octobre 1862 pour voler vêtements et plusieurs milliers de francs en pièces d'or. Xavier Wolff, 20 ans, ouvrier maçon, est condamné à mort également, mais bénéficie de la grace impériale. Réveillés par le greffier à 7h à la maison d'arrêt de Strasbourg, dormaient profondément. Wolff répond en allemand : "Voilà qui me va." Ruf se lève et proteste : "Dieu est juste, mais les hommes ne le sont guère !" Gigax lui fait signe de se taire : "Nous avons mérité notre triste sort, et nous n'en voulons nullement à Wolff en raison de la faveur dont il a été l'objet. Que ne puis-je sauver aussi Ruf !" Vont à la chapelle. Déferrés au sortir, conduits au greffe, reçoivent du café au lait et des gâteaux, mais ne parviennent à manger que peu, et demandent à dire adieu à leur camarade. Se séparent fraternellement, en pleurant dans les bras les uns des autres. Prennent un verre de vin, trinquent. "Il est bon, ce vin-là", approuve Ruf. Il demande à écrire à sa mère. Quittent la prison à 8h10 dans un omnibus en compagnie de l'aumônier Diemer, du greffier et de six gendarmes. Prennent un train express spécial ; pendant le trajet, Gigax lit un livre de prières. A Benfeld, le frère de Gigax tente de courser la voiture : on le calme et on lui promet qu'il aura un peu de temps pour parler à son frère. Déposés devant le corps de garde de la mairie. Les frères Gigax se retrouvent, et le condamné console son frère en larmes. Après la toilette, menés au pied de la guillotine, dressée devant la mairie. En compagnie du pasteur, Ruf monte le premier. On incite Gigax à détourner le regard, mais il assiste à la mort de son camarade. Agenouillé, prie quand l'exécuteur le saisit. Monte fermement les marches et se laisse faire. 2.000 personnes présentes. 19 décembre 1862
24 février 1863 Mardi, 7h Besançon Eugène Théophile Fournier 27 ans, ex-agent d'assurances à "La Générale", ancien chasseur d'Afrique, déjà condamné deux fois par les conseils de guerre pour vol et abus de confiance. Licencié de son dernier poste pour escroqueries, sans le sou, égorge à coups de rasoir chez elle, le 14 août 1862 rue Battant, à Besançon, Jeanne Henriette Maître, 41 ans, couturière, ancienne cliente, la soupçonnant d'être riche. Réveillé à 5h par le greffier. Calme, remercie et reste seul avec le curé de Saint-Pierre. Prend un peu de café noir et un peu de vin. Entend la messe du vicaire Lavaux, assisté par le vicaire Poisse et le curé Dupuis. Quitte la prison à 7 heures, ligoté, les épaules couvertes par son paletot. Tout au long, écoute les consolations des prêtre. Arrivé place des Jacobins, aidé par les religieux à grimper sur la plate-forme. S'agenouille, récite une courte prière. Après l'ultime absolution et un baiser aux deux prêtres, se laisse entraîner par les exécuteurs. Foule immense difficile à contenir. 22 janvier 1863
06 juin 1863 Samedi, 7h15 Alençon Martin-Marie "Zéphir" Caignard 38 ans, chiffonnier, ancien soldat. Massacre à coups de gourdin, le 13 janvier 1863 dans leur maison du "Moulin-à-Vent" à Vingt-Hanaps les époux Chardel, septuagénaires, pour les voler. N'avait pas dormi de la nuit quand à 5h30 arrive le greffier Lamarre. Demande une tasse de café et de l'eau-de-vie qu'on lui sert rapidement. Entend la lecture de l'acte avec calme, ne dit pas un mot, semble ne pas être effrayé par l'idée de mourir. Venue des exécuteurs d'Angers et de Caen à 6h30 avec une charrette. Pendant la toilette, Caignard est ferme. Souhaite avoir les mains liées sur le torse au lieu du dos, ce qui est impossible. Boit un verre de vin, salue le personnel de la prison. A 6h45, quitte la prison et marche calmement dans la rue, blouse sur les épaules. S'arrête trois fois en cours de route, au carrefour des Etaux, rue de la Sarthe devant l'hospice - le condamné y boit deux verres de vin - et à l'angle de la rue conduisant au Champ-du-Roi. Semble ému face à la guillotine, s'arrête quelques instants au pied des escaliers, puis prend son courage, grimpe les degrés. Embrasse l'abbé Lindetet et le gardien de la prison qui l'avait accompagné, et se laisse basculer. 24 avril 1863
15 juin 1863 Lundi, 4h30 Vallauris (Alpes-Maritimes) Joseph Mars Verdegl 58 ans, fermier, assassine pour le voler, le 19 décembre 1862 à Vallauris, son employeur Jérôme Philippe Roland, 63 ans, propriétaire terrien, puis enterre son corps, avant de se raviser, de le déterrer et de le jeter dans un réservoir où il est repêché le 03 janvier 1863. Son épouse, Marguerite Barrière, est condamnée à cinq ans de réclusion. Arrive de Nice à 4h, en compagnie de deux aumôniers. Conduit à l'hôtel de ville, reçoit les secours du curé Vermeil et du vicaire Augier. S'effondre presque en voyant la guillotine. 14 avril 1863
22 juin 1863 Lundi, 6h05 Provins (Seine-et-Marne) François-Serein Voyé 51 ans, cultivateur à Chalautre. Assassine au soir du 11 février 1863 à Provins Charles Alexandre De Fava, 51 ans, ancien commissaire priseur, de sept coups de couperet et blesse grièvement son épouse, Henriette Marie Bertrand pour ne pas avoir à rembourser une obligation vieille de trois ans et s'élevant à 1.665 francs. Transféré le 21 juin de Melun à Provins, arrivé vers midi. Quitte la prison en compagnie de deux prêtres, livide, porté par les aides de l'exécuteur. Place Saint-Ayoul, sur l'échafaud, s'agenouille pour l'ultime prière, puis entend la lecture de l'arrêt avant de se confier aux exécuteurs. 3000 personnes présentes. Un témoin de la scène confie que dix ans plus tôt, il a déjà assisté à l'exécution de Bony en ce même lieu en compagnie d'un voisin qui était revenu particulièrement traumatisé par la scène : il s'agissait de Voyé. 12 mai 1863
04 juillet 1863 Samedi, 6h Nîmes Louis Causse 25 ans, condamné à six reprises - peine prévue jusqu'en 1883 -. En prison à Coti-Chiavari, s'évade en décembre 1861 et commet un incendie volontaire. Condamné à sept ans de réclusion le 05 août 1862 par les assises de Corse, détenu à la Centrale de Nîmes. Assassina le gardien Cassagne le 25 mars 1863 d'un coup de couteau à la gorge durant la promenade. Affirma s'être vengé des mauvais traitements récurrents de sa victime. Réveillé à 4h par l'abbé Paul. Certain d'être grâcié, est pris d'un malaise pendant quelques minutes. Incité par l'aumônier, prie en sa compagnie, ainsi qu'avec deux soeurs de charité. Causse serre ensuite avec force la main du directeur de la centrale, l'assurant qu'il n'a aucune haine envers lui, qu'il n'a fait qu'être honnête en témoignant contre lui au procès, puis le remerciant de ses bons soins. Le gardien-chef apporte une bouteille de vin, dont Causse boit juste quelques gouttes tout en continuant de discuter : "J'ai mérité la mort, la vie ne me tient plus à coeur, parce que j'ai beaucoup souffert depuis quelques mois. Je suis heureux, ça va finir. Mon seul chagrin en ce moment, c'est l'idée du déshonneur de ma famille." On doit insister pour qu'il prenne une tasse de café noir. Se livre patiemment aux exécuteurs. Quitte la prison calme, monte dans la voiture qui le conduit à l'extrémité sud du Cours-Neuf. Espérait une voiture ouverte pour voir le peuple et être vu. Embrasse plusieurs fois crucifix et aumônier avant d'être basculé. 18 mai 1863
06 juillet 1863 Lundi, 5h Aléria (Corse) Pierre Chauville 22 ans, cordonnier, condamné pour vol, détenu à Casabianda pour trois années. Tue son co-détenu François-Bernard Troyes à coups de couteau pendant une tentative d'évasion. Exécuté dans l'enceinte du centre pénitentiaire en présence des autres détenus. 06 mai 1863
12 août 1863 Mercredi, 6h05 Compiègne (Oise) Pierre Antoine Lefèvre 39 ans, bûcheron au Meux. Tue dans la nuit du 24 au 25 janvier 1863 à coups de marteau Pascal Vilcoq, propriétaire à Armoncourt, et ne vole qu'un rasoir faute de trouver de l'argent. Transféré le mardi à 4 heures du matin de Beauvais à Compiègne en voiture. Prend la route, assez ferme. Haltes à Hermes, Clermont et Arsy, arrivée à 13h. Reconnu sitôt arrivé, foule se presse sur son passage. Désespéré, gagne la prison et doit être soutenu par les gendarmes pour y rentrer. Chez le concierge, demande et voit un verre de cidre, puis est placé dans une cellule en compagnie d'un gardien. Sans camisole ni menottes, juste enchaîné aux chevilles. Confesse que ce qui l'attriste le plus, c'est d'être guillotiné à Compiègne. Dîne bien, passe la soirée et la nuit, tantôt assis, tantôt dormant sur le lit, tantôt se promenant dans sa cellule, pensif. Reçoit l'abbé Boïeldieu à 4h45. Va à la chapelle, puis à la geôle pour y entendre lecture de l'arrêt. Toilette effectuée par les exécuteurs d'Amiens et de Paris : quand on lui retire sa veste, aide les bourreaux et leur indique où se trouve une épingle pour la faire tenir sur ses épaules. Refuse la chaise, dit qu'il se tiendra debout. Grimpe dans une charrette qui le conduit place de l'Hôpital. Descend avec calme, regarde l'échafaud amiénois un instant, tremble un peu, mais se reprend et monte seul les marches avant de se confier aux soins des exécuteurs. Foule importante. 25 juin 1863
13 octobre 1863 Mardi, 7h Chalon-sur-Saône Claude Vernet 33 ans, tailleur à Simard. Père et mari violent - il maltraitait sa femme, Françoise Pelot, 21 ans, couturière, ne nourrissait pas leur fillette et voulait que son épouse suive son exemple -, tenta plusieurs fois d'étrangler sa femme, et finit par l'assassiner le 04 juin 1863 de plusieurs coups de fer à repasser sur la tête, puis fait subir le même sort à Marie-Claudine, leur enfant de 3 mois et demi. Réveillé à 6h par l'abbé Simon. Peu ému : "Je m'en doutais bien. Que la volonté de Dieu soit faite !" Se lève, se lave, se peigne. Avec le prêtre, se confzesse, entend la messe en compagnie d'une soeur de Saint-Vincent de Paul en répétant les prières, communie. Prêtre, religieuse et condamné récitent la prière des agonisants, puis Vernet lui son acte de contrition. Arrivée de l'exécuteur de Dijon, de ses fils et de son gendre à 6h45. N'écrit rien, avait écrit la veille à sa mère pour lui demander pardon. Toilette rapide, demande une petite collation. Avant de quitter la prison, dit au gardien-chef : "Permettez-moi de vous embrasser pour la première et la dernière fois !" Monte dans la charrette sans hésitation. Monte lentement les marches de l'échafaud place Ronde, embrassé par l'aumônier, pose ses lèvres sur le crucifix avant d'être basculé. 03 septembre 1863
07 décembre 1863 Lundi, 7h50 Tours Alexandre-Aloïs Maurice 29 ans, forçat en rupture de ban. Condamné à dix ans de travaux forcés, évadé de Cayenne. Tue le 30 mai 1863 à Ouzouer M.Barilleau, 75 ans, de seize coups de couteau et de pavé pour lui voler 100 francs environ. Arrêté une heure après le crime. Condamné en première instance par les assises d'Indre-et-Loire. Arrêt cassé le 02 octobre, recondamné par les assises du Loiret. Réveillé à 6h par le greffier. Dormait bien, se montre calme. "Je m'y attendais. Ma vie a été tellement souillée qu'on ne pouvait, en vérité, pas me grâcier. Je suis un trop grand criminel. S'entretient avec l'aumônier Bluteau, se montre ferme jusqu'au bout. Entend la messe. Reste debout durant la toilette, accepte un verre de vin et des biscuits. Embrasse un compagnon de cellule en pleurant : "Ah, mon cher ami ! Que mon sort vous serve d'exemple ! Gravez bien dans votre esprit la fin de ma vie ! Priez bien le bon Dieu pour le salut de mon âme !" Quitte la prison en charrette, embrasse le crucifix durant le trajet. Boulevard Heurteloup, devant la gare, monte fermement les marches avec son confesseur, s'agenouille et prie, puis embrasse le prêtre et se livre à l'exécuteur. 04 septembre 1863, 29 octobre 1863
16 décembre 1863 Mercredi, 7h50 Valence Joseph Gardan PARRICIDE, 25 ans. Tue sa mère, la veuve Gardan, à Lens-Lestang dans la nuit du 17 au 18 août 1863 à coups de hache, puis tue de la même façon son frère Jean, 27 ans, avant d'abattre d'un coup de revolver dans la tête son autre frère, Félix, 18 ans, puis met le feu à la maison et à des meules de paille pour effacer les traces de son triple crime. Malaisé financièrement, comptait demeurer le seul héritier de sa famille. Fit également des faux billets d'endossement en imitant bien mal la signature de son frère Jean. Réveillé à 6h par le directeur, qui le prévient qu'il lui reste deux heures pour se préparer à mourir. Entendant la lecture du greffier, Gardan demande :"C'est donc pour demain ?" Détrompé, est pris d'un court malaise. Laissé avec l'aumônier, se confesse, entend la messe et communie. Avant de quitter la prison, demande à voir ses gardiens, qu'il remercie, ému aux larmes, pour leur bon comportement à son égard. Sollicite de la part du bourreau le droit de s'exprimer une fois sur l'échafaud, ce qui lui est permis. Va de la prison à la place Saint-Félix en tenue parricide, pieds nus, vêtu d'un peignoir blanc et la tête voilée de noir. Au pied de la machine, l'huissier lit la sentence, qu'il entend agenouillé sur la première marche. Embrasse l'aumônier. A la demande du prêtre, qui lui conseillait de se recueillir plutôt que de discourir, ne dit pas un mot et grimpe seul les degrés de la guillotine avant de se laisser basculer sans réagir. Foule immense malgré la pluie qui tombe à verse. 30 octobre 1863
13 janvier 1864 Mercredi, 9h La Gacilly (Morbihan) François Clairo 21 ans, ouvrier carrier, connu pour sa violence. En pension chez la veuve Bouchard, refusant de payer son loyer, est assigné en justice par le fils de sa logeuse, Jacques, 52 ans, pour une somme de 31 francs 40. Le 28 août 1863, pour l'empêcher de se présenter à l'audience à la Gallicy, l'attend à la butte de Saint-Jean et lui fracasse le crâne de trois coups de gourdin (une bûche de châtaignier). Jugé par les assises d'Ille-et-Vilaine. Son père Olivier, 66 ans, ouvrier carrier, condamné à mort également, est grâcié. Impassible. Refuse de prendre la voiture pour aller de la mairie à la place principale. Marche jusqu'à l'échafaud en parlant avec l'aumônier de Rennes. Au pied de la machine, embrasse les trois prêtres qui l'accompagnent, les deux exécuteurs, leurs aides et même le maréchal-des-logis qui l'avait arrêté quelques mois plus tôt. Sans dire un mot, se confie aux exécuteurs. Environ mille personnes présentes. 13 novembre 1863
16 janvier 1864 Samedi, 7h30 Melun Henri Mertz 27 ans, domestique, Luxembourgeois. Egorge à coups de couteau le 7 août 1863 à Champotran, commune de Vaudoy-en-Brie, Mme Mirveaux, fermière. Dérangé par l'arrivée d'une voisine avant même d'avoir pu dérober quoi que ce soit. Avait également agressé Marie-Rose Colin, 76 ans, le 29 septembre 1861 à Villebon (Seine-et-Oise), la frappant et l'étranglant pour 82 francs 10. Aucune réaction au réveil, pas plus que durant la toilette. Au moment de quitter la prison, l'aumônier l'incitant à demander pardon à Dieu et aux hommes se voit répondre par des insultes blasphématoires. Pendant tout le trajet en voiture fermée jusqu'au lieu d'exécution, ne cesse de manifester son mécontentement face aux exhortations de l'abbé. Arrivé devant l'échafaud dressé devant le cimetière, semble se raviser et embrasse plusieurs fois le crucifix avant d'être basculé. 08 décembre 1863
30 mai 1864 Lundi, 5h40 Versailles Pierre Philibert Henne 23 ans, garçon boucher. Voleur, mauvais payeur, logeant à Port-Villez, menacé d'expulsion à l'été 1863. Trouvant un co-locataire, Jacques Demesse, cordier, 60 ans, qui apportait meubles et garanties, pouvait rester dans la maison. Ses vols finirent par alarmer Demesse, qui manifesta publiquement ses intentions de partir vivre ailleurs. Tue Demesse de deux coups de maillet dans la tête le 18 décembre 1863, dépèce le corps avec un couteau et jette les restes à 800 mètres de chez lui, dans un trou à marne, où ils sont récupérés le 12 janvier 1864. Vola également les vêtements de sa victime, et fut également inculpé de vol de fusil commis à Normandie (Eure) chez M. Prévost en mars 1863. Réveillé à 4h par l'abbé Folley et le docteur Bérigny. Tente de se suicider en se fracassant la tête contre le mur, empêché par les gardiens. Semble désespéré. Entend les paroles de l'aumônier avec émotion, puis tremble et perd toutes ses forces. Doit être soutenu pour monter en voiture et également pour grimper à l'échafaud. Embrassé par l'aumônier avant d'être basculé. Pousse un hurlement quand on déclenche la lunette puis le couperet. 21 avril 1864
09 juin 1864 Jeudi, 7h Paris Désiré-Edmond "Marquis de Couty de" Lapommerais 34 ans, docteur en médecine. Gigolo, escroc, empoisonne le 10 octobre 1861 sa belle-mère Mme Dubizy, avec laquelle il était brouillé depuis ses fiançailles. La cause de la mort est attribuée alors au choléra. Le 17 novembre 1863, empoisonne sa maîtresse Julie de Pauw, qui avait contracté une assurance-vie de 550.000 francs dont il était bénéficiaire, et avait fait de lui son légataire universel. Employait pour ce faire un mélange de nicotine et de digitaline. Réveillé à 5h30, dormait profondément. Semble surpris, s'assied sur son lit. "Ah... bien !" Met son pantalon comme il peut - la camisole l'empêchant de se mouvoir -, enfile ses chaussons. Accepte, en dépit de tous ses refus précédents, de se confesser à l'aumônier pendant quelques minutes. Silencieux, soutenu dans les escaliers et les couloirs - on lui fait prendre une route inhabituelle pour le soustraire au regard des détenus - parvient dans la salle de toilette. Assis sur un tabouret, camisole retirée, attaché, nuque rasée, col découpé. Répond par de simples "non", accompagnés de mouvements de la tête, aux questions qui lui sont posées. Accepte juste, de la part du prêtre, qu'une mèche de ses cheveux soit remise à son épouse. Quitte la prison, les épaules couvertes d'un paletot noir. Lève la tête en franchissant le portail, voit la machine, la laisse tomber. A deux mètres des marches, embrasse le prêtre et le crucifix. Poussé en avant, s'arrête net, se retourne vers l'aumônier et lui murmure, l'embrassant à deux nouvelles reprises : "Pour ma femme." Soutenu pour gravir les marches, exécution très rapide. Corps rendu à la famille. 18 mai 1864
23 juin 1864 Mercredi, 8h30 Valenciennes Pierre-François "Tiot Trotteux" Duwez 46 ans, "sorcier". Après avoir abusé régulièrement de leur crédulité, assassina à coups de pierre le 10 mars 1864 à Quérénaing Jean-François Joseph Prévost et son épouse Joséphine Haussy, bergers, pour ne pas avoir à leur rendre une somme de 800 francs que les Prévost lui avait prêté. Son fils François-Joseph, 20 ans, complice, est condamné à vingt ans de travaux forcés. Prévenu la veille, se montre calme. Arrive de Douai par le train de 7h30 avec l'aumônier Huyser, gagne la prison en voiture fermée. Subit la toilette sans protester, boit deux verres de vin, puis dit aux prisonniers qui assistent à la scène : "Mes amis, c'est un exemple." Se dispense de fournir toute précision supplémentaire, toute révélation sur son crime. Grimpe avec l'aumônier de Douai et l'abbé Delannoy, aumônier de Valenciennes, et prête attention à leurs consolations. Précédé par les membres de la confrérie de la Miséricorde. 8 à 10.000 personnes présentes, place de l'Esplanade. Embrasse les prêtres, monte fermement à l'échafaud. 09 mai 1864
11 septembre 1864 Lundi, 7h10 Foix Jacques "Matilou" Latour 47 ans, boulanger, malfaiteur. Relégable, s'était évadé à Narbonne en 1862 alors qu'on allait le conduire en Guyane.Tue d'une trentaine de coups de hache chacun, au château de Baillard, commune de La Bastide-de-Besplas, dans la nuit du 25 au 26 février 1864 Alexandre Bugad de Lassalle, 74 ans, propriétaire des lieux, ainsi que ses trois domestiques, Jean Lacanal, 65 ans, Pélagie Becheyre, 55 ans et Raymonde Bergé, 53 ans, avant de cambrioler les lieux. Son complice, François "Hercule" Audouy, 48 ans, artiste forain, est condamné aux travaux forcés à perpétuité. Menotté le dimanche après-midi à 17h, s'étonne. Informé par le gardien-chef que tout sera fini le lendemain, saisi de peur, puis devient fou furieux : "Les scélérats ! Les brigands ! Les anthropophages ! Et le curé ! Qu'il ne se présente plus au moins, ce suppôt de Lucifer, ce représentant du diable !" Déchire avec les dents le scapulaire qu'il avait au cou, jette sa Bible et ses médaille de la Vierge : "Eh bien, le curé trouvera là un bel ouvrage, mais il n'a pas besoin de revenir. Ah s'il a cette audace, gare, vous verrez, vous verrez !" Entendant la clochette de l'entrée, réagit : "Est-ce le curé ? Le vrai Satan, le vrai Lucifer ? Je n'ai pas besoin de lui pour mourir. J'irai demain à l'échafaud en chantant. Je chanterai... je chanterai la chanson de la Gargouille ! Oh, ce sera drôle !" Quand le curé vient lui rendre visite à 18h, Latour le menace et précise : "Je ne respecte que les bourreaux !" A 20h, s'enquiert sur l'heure exacte du supplice. "Sept heures ? Fort bien ! Je suis prêt ! Je veux laisser un morceau de mon corps à tous les brigands qui m'ont persécuté ! Ils me mangeront à la sauce piquante !" Jusqu'à 23h, vocifère sans arrêt une série d'insultes et d'acclamations curieuses : "Vive la mort ! Vive le bourreau ! Vive la guillotine !" Puis songe à ses dernières volontés : "Je peux déjeuner demain matin, et avoir ce que je veux ? Je demande à déjeuner de bonne heure : il me faut un litre de vin et un quart de litre d'eau-de-vie. Après ça, qu'on fasse rouler ma boule ! Quelle heure est-il ? Onze heures ? Eh bien, profitons de la soirée, parce que demain, je serai enfoui. Allez chercher du vin et jouons aux cartes... Non... il vaut mieux que je fasse mon testament." Pendant une demi-heure, fait oralement une parodie de testament, dans laquelle il lègue des ordures au curé de Foix et aux carmélites de Pamiers, puis aux gardiens. S'endort finalement vers 23h30, mais le calme est de courte durée. Au réveil, recommence : "Vive la mot ! Vivent les bourreaux ! Mais seul, tout seul ! Si le curé a le malheur de monter avec moi sur l'échafaud, je le précipité en bas d'un coup de tête. Parlons de choses sérieuses, nous avons du vin et de l'eau-de-vie pour déjeuner, mais qu'est-ce que nous mangerons ? Je veux du boeuf, et des poires !" Se rendort jusqu'à 2 h du matin. Se réveille, crie à nouveau et houspille le gardien-chef parce que la chaîne lui fait mal aux bras. Le surveillant le détache et remplace la chaîne par un morceau de drap. Se rendort une fois encore entre trois et cinq heures du matin. Cette fois, on le réveille pour les ultimes préparations. A 6h, le curé Peyrat s'approche et est tout de suite rabroué : "Que me voulez-vous, bête noire ? Je n'ai besoin que des bourreaux. Satan ! Allez retrouver Lucifer ! Ah ah ! Il me tarde de me trouver face à face avec le diable ! Latour ne le craint pas : c'est le diable qui aura peur, et non pas moi !" Le prêtre s'enfuit, les yeux levés au ciel. Latour mange avec appétit le menu qu'il désirait. "Ce boeuf est excellent, mais j'aurais préféré un morceau de ma cuisse. Si on voulait la faire cuire, j'en mangerais avec plaisir." Avisant le commissaire de police, rajoute : "Tiens, j'inviterais monsieur à partager mon repas alors !" Boit un demi-verre de vin, délaisse les poires, puis réclame davantage de vin et l'eau-de-vie. Les bourreaux de Toulouse, Agen et Montpellier arrivent à 6h30. Se lève pour les recevoir : "Bonjour, mes amis. Vous venez me chercher pour faire votre affaire, eh bien, me voici. Je suis prêt et je vais vous suivre. Attachez-moi selon votre habitude, mais ne me faites pas mal, ne serrez pas comme l'ont fait ces scélérats de gardiens." Saisi, assis sur un tabouret, attaché, se tait, crispé par le contact des ciseaux sur sa peau. "Vous, là, vous serrez trop" dit-il à l'aide qui semble ne pas s'en soucier. "Ne feras-tu donc rien ? Tu ne dois pas être le chef des bourreaux, canaille ! Tu ne peux être qu'un valet !" L'aide répond : "Je suis le mandataire de M. Bugad de Lassalle et des trois victimes assassinées !" "Ah, tu es fâché que je t'appelle bourreau ? Cela te déplaît ? Eh bien, je t'appelerai monsieur, cela te fera-t-il plaisir ?" ricane Latour. Au directeur de la prison qui lui demande des détails sur Audouy, répond simplement "Merde". En voyant les gendarmes à 6h45, ses cris redoublent et ses insultes aussi :"Bonjour, hirondelles à potence !" Conduit via les couloirs, entend les chevaux du fourgon cellulaire hennir : "Tiens, j'entends Rossinante, le coursier de don Quichotte de la Manche." Sur le seuil du bâtiment, on le déferre. Conseille alors au directeur et aux exécuteurs : "Vous devriez aller mettre votre tête sous la lunette de la guillotine. Ce serait un bien beau spectacle !" Remarque la fille adolescente du gardien : "Oh, voilà Dulcinée du Toboso, la dame de mes pensées ! Bonjour, Dulcinée, bonjour !" Avant de grimper en voiture, crie aux gendarmes : "Portez armes ! Vous êtes les chiens du bourreau. Vous allez chercher le lièvre et l'amenez au pied de l'échafaud." Voyant la pluie, revient sur sa décision d'aller à pied et monte dans la voiture. Trois cents mètres plus loin, à l'angle du champ de foire et du chemin des prisons, descend de voiture. Foule moyenne, la nouvelle n'ayant pas filtré assez vite et la pluie est forte. Chante à tue-tête "La mère Gaspard". Le curé Peyrat tente de se rapprocher, puis se ravise. En descendant de voiture, Latour casse d'un coup de tête un carreau du véhicule, puis regarde les gens et grimpe les marches en chantant une version de la Marseillaise : "Allons, pauvre victime, ton jour de mort est arrivé ! Contre toi, de la tyrannie, le couteau sanglant est levé !" Chante encore quand on le bascule : seul la chute du couperet le fait taire.
Prévenu de sa mort dans la matinée, Audouy répond : "Qu'il y reste !" La tête de Latour sera exhumée le 27 et soumise à examens phrénologiques.
27 août 1864
23 janvier 1865 Lundi, 8h Creil (Oise) Edouard Mercier 24 ans, maçon. Viole et éventre à coups de couteau Marie Miette, 7 ans, le 16 août 1864 à Creil. Tenta en 1863, le long des fortifications de Paris, de violer une fillette de dix ans qu'il assomma à coups de pierre avant de s'enfuir. Averti à la prison de Beauvais le 22 à 22h45. Enfile ses vêtements civils, embrasse ses quatre compagnons de cellule, et demande à aller chercher son peigne au chauffoir, objet qu'il glisse dans la poche de sa veste. Boit deux verres de vin, puis va au greffe. Après que le greffier lui lise le rejet de son pourvoi, répond :
"Pardon, je n'ai pas bien compris. Vous m'annoncez ?
-Que votre pourvoi en cassation est rejeté.
-Ah, il est rejeté ? Et mon recours en grâce ?
-Rejeté aussi.
-Ah!"
On lui propose de s'asseoir, dit : "Merci, je suis bien comme cela." Demande une prise de tabac au gardien. Ferme, ne s'assied qu'en voyant que la voiture est en retard. A 23h30, embrasse les gardiens et monte dans un char bâché. En route, camisolé et ferré aux chevilles, s'agenouille et prie. Demande une nouvelle prise de tabac : n'en ayant pas, un gendarme lui offre un cigare. A 2h, arrivée à Creil, détenu dans une pièce de la gendarmerie, demande à boire : on lui sert du bouillon. Remercie les gens pour leurs soins, et écrit au crayon un message pour un ami. Demande des nouvelles de la mère de sa victime, puis donne au curé de Creil son chapelet pour cette femme. Durant le trajet entre gendarmerie et guillotine, donne à deux passants, une femme et un enfant, un crucifix. Echafaud dressé à vingt mètres du pont. Pleure légèrement en arrivant devant la machine, mais monte sans soutient, salue la foule, fait une génuflexion puis embrasse les deux aumôniers et le curé de Creil avant de se confier aux bourreaux.
06 décembre 1864
02 mars 1865 Jeudi, 7h10 Plouha (Côtes-du-Nord) François Le Picard 43 ans, marin-pêcheur. Le 1er novembre 1864, à Plouha, tue à coups de bâton Françoise Martin, veuve Guillermo, 71 ans, sa belle-mère, qu'il détestait, et à qui il devait verser annuellement une rente. Enterre le corps dans son champ. Averti le 1er mars dans la journée, se montre calme. Quitte la maison d'arrêt de Saint-Brieuc à 2h du matin en compagnie des abbés Perrichon et Hard. Prie durant le voyage, répète : "Je ne suis plus de ce monde. Je ne veux plus m'occuper que de mon âme et du ciel. J'ai confiance en Dieu qui, je l'espère, m'a pardonné." Arrivé à Plouha à 5h15. Conduit à la mairie, dans une salle du rez-de-chaussée, pour subir les derniers préparatifs. Prend une tasse de café, subit la toilette sans rien dire, mais manifeste l'envie d'aller à la mort pieds nus en signe de contrition : les prêtres l'en dissuadent. Va fermement à l'échafaud. Devant la machine, dressée sur la grande place, demande pardon à Dieu, embrasse les deux prêtres et se confie aux exécuteurs. Environ 4000 personnes présentes. 10 janvier 1865
03 avril 1865 Lundi, 7h Blois Jean Requille PARRICIDE, 19 ans. Tue le 28 décembre 1864 à Chambon sa mère, Anne Requille, 56 ans, de trois coups de bûche sur la tête, vole 14 francs et jette le corps dans la fontaine du village. Réveillé à 6h par le greffier. Fond en larmes, calmé par l'abbé Bioret. Pleure tout au long de la toilette, revêtu de la tenue des parricides, et gémit en grimpant dans la voiture : "Hélas ! Mon Dieu, que n'ai-je écouté à temps les bons conseils ! Mon Dieu ! Ayez pitié d'un grand criminel !" En arrivant sur le Champ-de-Foire, regarde la foule, estimée à 8.000 personnes, qui escorte la voiture. Sur la plate-forme, se jette à genoux et reçoit l'absolution avant d'être basculé. 17 février 1865
13 avril 1865 Jeudi, 6h35 Tours Jacques Decouais 42 ans, cultivateur. Tue à la ferme du Petit-Plessis, commune du Riche, dans la nuit du 31 décembre 1864 au 1er janvier 1865 Jeannette Viau, veuve Desécot, 70 ans, d'un coup de marteau sur le crâne, puis vole et met le feu à la ferme. Réveillé à 5h45. Très calme au début, puis s'échauffe, dit qu'on le prend à l'improviste, qu'il fallait le prévenir quelques jours plus tôt afin qu'il abandonne toute espérance en son sort. Se calme pour de bon. Reste 15 mn avec l'abbé Bluteau, entend la messe. Calme durant la toilette. Voyant le monde, demande au confesseur de lui cacher le visage avec un capuchon. Le convoi foit fendre la foule tout au long du boulevard Heurteloup jusqu'au talus de la gare du Canal, lieu d'exécution. Palit devant la guillotine, mais reste ferme. Après l'ultime bénédiction, se livre aux exécuteurs d'Orléans, Bourges et Angers. 12.000 personnes présentes. 10 mars 1865
25 avril 1865 Mardi, 5h Xertigny (Vosges) Antoine Aubel 24 ans, ouvrier menuisier. Etrangle le 22 décembre 1863 à la Chapelle-aux-Bois Jean-Joseph Dusapin pour le voler. Son complice Ballay, aubergiste, 21 ans, est condamné aux travaux forcés à perpétuité. Réveillé à minuit par l'abbé Claudel, pousse des cris de chagrin et se soule sur son lit. Reprend son calme, et à 1h, à l'entrée du greffier et du directeur dans sa cellule d'Épinal, ne laisse paraître aucune émotion, se dit prêt à affronter sa peine. A la chapelle, entend la messe, lit un livre de prières, communie. Conduit à la sacristie par l'abbé Claudel pour se confesser. A 2h, quitte la prison en voiture couverte. Pendant le trajet, embrasse plusieurs fois le crucifix. Arrive à la maison de dépôt de Xertigny à 4h20, refuse toute nourriture, demande du vinaigre. Explique aux exécuteurs de Nancy, Metz et Colmar comment lui retirer ses chaînes. Au moment où ceux-ci l'attachent, le directeur de la prison lui propose un verre de vin qu'il décline puis accepte. Refuse d'emprunter la voiture, va à pied à l'échafaud. 10 mars 1865
27 avril 1865 Jeudi, 6h05 Boulogne-sur-Mer Jean-Baptiste Leduc 41 ans, domestique. Marié à une domestique de seize ans son aînée, la délaissa pour s'installer en Angleterre. Devient bigame en épousant Ann Campbell, de douze ans sa cadette, à qui il fait croire qu'il était veuf. Eut trois enfants avec elle, l'aîné mort au berceau. S'ennuie rapidement de l'existence et menace de se suicider ou bien de tuer sa famille. Au cours d'une visite chez sa soeur à Boulogne-sur-Mer en octobre 1864, supplie ses proches de s'occuper de ses enfants : essuie un refus, à cause de ses mensonges et tromperies passées. Le 7 novembre 1864, à Boulogne, noya dans la Liane ses enfants, Henry Campbell, 4 ans et dix mois, et Arthur Campbell, 3 ans et un mois. Transféré de Saint-Omer à Boulogne le 26 avril au soir en compagnie de l'abbé François. Triste mais résigné, discute avec le prêtre puis s'endort pendant le trajet. Arrivé à Boulogne à 3h30, conduit à la prison de la haute ville. Entend la messe de l'abbé Quandale, puis laisse les exécuteurs faire la toilette en faisant un léger déjeuner. Grimpe sur la charrette, les épaules sous un paletot et la tête coiffée d'un grand chapeau. Arrivé place de Capécure, voit la machine et pâlit affreusement. Descend de charrette en pleurant, monte lentement les marches, embrasse les prêtres puis se laisse pousser sous la machine. 10.000 personnes présentes. 16 mars 1865
17 juin 1865 Samedi, 6h30 Orléans Alexandre-Frédéric Houdebine 63 ans, ouvrier tonnelier. Ancien forçat : condamné à dix ans de réclusion pour vol en 1835, puis à vingt ans de travaux forcés pour cambriolage en 1839. Incarcéré au bagne de Toulon, libéré en 1858. Tente d'assassiner à coups de marteau, le 16 février 1863 à la Chapelle-Saint-Mesmin, Mme Meusnier, 78 ans, vigneronne. Assassine à coups de marteau le 16 novembre 1864 Sylvain Desouches, 82 ans, sabotier, route d'Olivet à Orléans. Assassine Jean Courtin, 68 ans, vigneron, le 23 janvier 1865 à Saint-Hilaire-Saint-Mesmin, toujours à coups de marteau. A chaque fois, jette des cendres pour absorber les flaques de sang répandu. Suspecté également d'autres crimes : le 25 octobre 1859, Alexandrine Gomier, veuve Poulain, 59 ans, débitante de tabac, tuée d'un coup de marteau à la tempe à Villeneuve-d'Ingré. Le 21 janvier 1860, Etienne Feuillâtre, 63 ans, vigneron, à Saint-Jean-la-Ruelle. Le 25 juin 1862, Philippe-Joseph Plust, 63 ans, marchand de farine, faubourg Bourgogne à Orléans. Le 21 juillet 1862, tentative d'assassinat sur Mme Dumont, épicière à Olivet, qui survit mais ne peut donner que peu d'indices sur son meurtrier. Réveillé à 3h30 par l'abbé Rocher. Ecoute les prières, mais refuse de se rendre à la chapelle pour entendre la messe. S'habille seul, mais refuse de mettre sa cravate, la donne au gardien pour qu'il la remette à ses enfants. Au greffe, refuse le verre de vin chaud qu'une religieuse lui avait préparé, et n'accepte aucun aliment. Conduit en voiture place Saint-Charles. Pâle, grimpe les marches soutenu par l'exécuteur et par l'aumônier. Répète trois fois, d'une voix tremblante, son innocence. Daigne finalement embrasser le crucifix. Les exécuteurs d'Orléans et de Bourges lui enlèvent sa blouse et le basculent. 10.000 personnes présentes. 29 avril 1865
02 septembre 1865 Samedi, 5h30 Marseille Louis-Pierre Picot 50 ans, marin, cuisinier. Déjà condamné au Havre à deux ans de prison pour outrage public à la pudeur et excitation de mineurs à la débauche. Le 20 mai 1865 à Marseille, viole Alphonse Barrus, 7 ans, avant de le précipiter d'une hauteur de 27 mètres dans la Méditerranée depuis la pointe du Pharo pour ne pas être dénoncé. Le corps est repêché le 27 au niveau du Château-d'If. Extrait de la prison d'Aix à 1h, particulièrement effondré. Conduit à Septèmes-les-Vallons en chariot, à 3h30, prend le fourgon cellulaire pour Marseille. Durant le trajet, pose sa tête sur l'épaule d'un des prêtres. Arrive à la prison Chave à 4h30, va à la chapelle entendre la messe, soutenu par les aumôniers d'Aix et de Marseille. Refuse une côtelette, mais accepte un verre de vin blanc. Toilette rapide, grimpe dans une tapissière pour se rendre place Sébastopol. Pris de faiblesse, tombe presque de la voiture en descendant, supporté par les prêtres, au moment de monter l'escalier, doit être presque porté par un des exécuteurs. Sur la dernière marche, embrasse le crucifix. Cri d'épouvante quand chute le couperet, puis de surprise : la machine dispose d'un système qui permet de faire disparaître le corps sitôt après la décapitation (panier latéral ?). Présence de Mme Barrus, mère de la petite victime, au premier rang. Acharnée et insultant le condamné, demandant son sang, elle est priée de se retirer par un gendarme. Les Bourras, confrérie de pénitents, conduisent la dépouille au cimetière Saint-Pierre. Environ 15.000 personnes présentes. 05 juillet 1865
09 septembre 1865 Samedi, 5h55 Landrecies (Nord) Constantin-Joseph "Grand-Dumoulin" Manesse 52 ans, cultivateur, connu pour sa violence. Au soir du 17 mars 1865, à Favril, massacre à coups de marteau le frère de son épouse, Martial Isidore Largillière, cultivateur, 48 ans, son fils, lui aussi baptisé Martial Isidore, 16 ans, sa fille Bibiane Flore, 20 ans, puis Marie Désirée Largillière, 42 ans, soeur d'Isidore, et Marie Léopoldine, 16 ans, fille de cette dernière ; blesse grièvement de la même façon Julie Lebon, épouse Largillière, 39 ans, seule survivante. La veille, à la prison de Douai, reçoit sa femme, sa belle-fille et son fils, qu'il embrasse en disant : "Il a été bien élevé, le p'tiot ; j'espère bien qu'il ne fera jamais comme moi". Transporté jusqu'à Valenciennes en train, puis de là, en voiture cellulaire jusqu'à Landrecies. Peu affecté, chantonne : doit être ramené au calme par les gendarmes. Arrive à 5h30, les portes de la ville sont fermées à environ 2500 mécontents. Au corps de garde, est confié aux bourreaux de Douai et d'Amiens, se montre calme. Confie ses volontés d'héritage à un agent de police et envoie rudement sur les roses le prêtre. Quitte le lieu à 5h50, monte seul dans la charrette pour parcourir les derniers trente mètres. Echafaud dressé place de l'Esplanade, à une dizaine de mètres du rempart. Descend d'un bond, grimpe sans soutien. Embrasse le Christ, puis l'aumônier, auquel il recommande son fils, puis l'un des exécuteurs. Basculé, crie : "On va me couper la tête ! Au revoir, terloutes, au revoir, mes enfants, adieu min garchon Joseph, au rev..." Quelques secondes au moment où il est placé sous le couperet, sans doute à cause d'un petit embarras mécanique. Exclamations dans la foule, environ 15.000 personnes. 05 août 1865
21 octobre 1865 Samedi, 7h Chalon-sur-Saône Joseph Petit PARRICIDE, 18 ans. Tua Françoise Petit, 55 ans, journalière, sa mère, qu'il maltraitait, de trois coups de pioche dans la tête à Sercy le 1er juin 1865. Réveillé à 6h20 par l'aumônier, soupire : "Eh bien, monsieur... eh bien... je vais revoir ma pauvre mère !" Se confesse et prie. Pris en charge par l'exécuteur de Dijon et ses aides - sa famille - à 6h35. Demande au préalable à se laver les mains et à se débarbouiller. Se montre calme durant la toilette, demande si son corps sera inhumé au cimetière. Satisfait de la réponse. Remercie le gardien-chef pour son traitement, et lui dit "Je prierai pour vous, Monsieur." Quitte la prison à pied, pieds nus, en tenue parricide. Place Ronde, alors qu'il grimpe les marches, un exécuteur lui dit : "Allons, encore du courage !" "J'en aurai jusqu'au bout", répond Petit. Voile retiré sur la plate-forme, lecture de l'arrêt de condamnation, le prêtre embrasse Petit qui est basculé. 07 septembre 1865
16 janvier 1866 Mardi, 8h15 Chalon-sur-Saône Henri Félix Ducré 31 ans, tailleur. Viole et assassine Marguerite Troncy, 6 ans, dans le Bois-Mouton à Oyé, le 06 novembre 1865. Réveillé à 7h par l'abbé Clunet. Résigné, pleure et dit : "Ma pauvre mère !" Demande à boire, avale goûlument un verre de vin sucré. Ne parle que de sa mère, et demande à l'aumônier : "Voici mon chapelet. Veuillez je vous en supplie, le faire parvenir à ma mère et y joindre une mèche de mes cheveux." L'exécuteur de Dijon, ses deux fils et son gendre procèdent à la toilette. Toujours impassible, dit "J'ai soif" et obtient un second verre de vin sucré. Agitation de la foule quand les portes de la prison s'ouvrent. Va à pied jusqu'à la place Ronde, tête penchée, soutenu par les aides-exécuteurs. Sur l'échafaud, embrasse trois fois l'aumônier, ne cessant de gémir, en larmes : "Ma mère ! Ma pauvre mère !" 16 décembre 1865
08 février 1866 Jeudi, 7h Versailles Barthélémy-Etienne "Gabriel" Poncet 28 ans, domestique. Condamné en 1862 pour vol qualifié à douze ans de travaux forcés. S'évade du bagne avec un faussaire, Gatebourse, qui finit dévoré par un caïman, et Poncet retourne au bagne. S'évade une seconde fois en décembre 1864, recueilli par un bateau américain, s'engage en pleine guerre de Sécession dans l'armée du Nord, où il se bat en héros et est blessé trois fois. Revient en France en septembre 1865. Egorge à coups de couteau dans le bois d'Orgemont, commune d'Argenteuil, dans la nuit du 05 au 06 octobre 1865 Thomas Lavergne, 78 ans, ancien employé à l'administration à l'Ile Maurice, pour lui voler une montre en or et sa chaîne. Réveillé à 4h30, pâlit. Puis sourit : "Au fait, il vaut mieux encore piquer une tête sur la montagne que de retourner là-bas, à Cayenne, recevoir à tout moment vingt coups de corde, quand ce n'est pas plus." Demande de l'eau-de-vie, mais celle-ci est coupée d'eau. "Ce n'est pas digne de Poncet, cela !" On finit par le satisfaire. Fume un cigare, et se plaint au docteur Berigny que ceux-ci ne sont pas aussi bons que ceux que le médecin lui avait donnés. Se confesse, entend la messe. Remet au docteur une lettre, destinée à son frère, et contenant une mèche de cheveux. Confié au bourreau, dit : "Ne craignez pas d'user vos ciseaux, je n'ai pas beaucoup de cheveux, mais en revanche, j'ai laissé pousser mes favoris ! Quand je pense que j'en ai pour trois-quarts d'heure d'existence encore... Cela me semble si drôle... enfin, faites !" Délié, se lève, s'étire, puis met ses bras en arrière dans la position correcte pour être attaché. "Je connais ça, voilà comment ça se fait. C'est pour les cordes." Embrassé par le prêtre, palit à nouveau, et dit à la foule, du côté de Jouy : "Je suis innocent, Dieu le sait !" 13 janvier 1866
10 avril 1866 Mardi, 6h Paris Jean Castex 46 ans, colporteur. Viole et assassine à coups de pierres le petit Antoine Sorel, 3 ans et demi, le 03 janvier 1866, avenue de Paris à Saint-Denis. Son complice Jean Ternon, 16 ans, est condamné à vingt ans de réclusion en maison de correction. Réveillé à 4h55. Résigné, va à la chapelle soutenu par l'abbé Croze - il est handicapé d'une jambe -, communie et entend la messe. Bégaye quelques mots en patois avant d'être confié aux exécuteurs. Quand la porte s'ouvre, cris dans la foule "A bas les parapluies !" car il pleut à verse. Après avoir embrassé prêtre et crucifix, quelques difficultés pour atteindre la plate-forme, basculé aussitôt. 14 mars 1866
20 avril 1866 Vendredi, 5h Nantes Pierre-Marie Harnois PARRICIDE, manoeuvre, 38 ans. Tue de deux coups de hache dans la tête sa mère, Mathurine Maujaret, veuve Harnois, rue Petite-Biesse à Nantes le 23 janvier 1866 et vole 12 francs. Réveillé par le directeur et l'abbé Benoist à 1h. "Vous auriez bien dû me le dire deux ou trois jours plus tôt." Le directeur lui explique que cela n'aurait fait qu'aggraver sa panique. "Enfin..." Se résigne, demande un verre d'eau-de-vie et le droit d'aller à l'échafaud à pied. Accompagne l'abbé Benoist à la chapelle, se confesse et entend la messe. Confié aux bourreaux de Rennes et de Caen. Retire sa veste, demande son eau-de-vie, la boit tranquillement. Surpris quand on lui saisit les poignets : "Vous m'attachez ?" Une fois expliqué que c'est obligatoire, s'asseoit et ne dit plus rien. Tremble au contact des ciseaux dans son cou, crie quand on veut lui passer le voile noir des parricides, se débat. Une fois encore, les paroles de l'abbé l'aident beaucoup à s'apaiser. Quitte, pieds nus, tout de blanc vêtu - sauf le voile - la prison à 5h15 en direction de la place de Viarme. Pâlit en voyant la machine, mais continue à marcher fermement. L'aumônier lui conseille alors de pardonner, puisqu'il avait laissé libre cours à sa rage quelques minutes plus tôt. Harnois fait acte de contrition, grimpe les marches, s'agenouille sur la dernière. Prie sur les conseils du prêtre, qui l'embrasse : "Merci, Monsieur", répond-il avant d'être poussé sur la guillotine. 16 mars 1866
16 juin 1866 Samedi, 5h Riom Barthélémy "Jean-Pierre Granet" Cellier 24 ans, cordonnier. Condamné onze fois pour vagabondage, coups et blessure et tentative d'évasion, incarcéré à la centrale de Riom, devient le leader des détenus rebelles. Le 1er mars, organise une révolte au cours de laquelle il tue le gardien François Lauriat, 46 ans, et le détenu Antoine Garnier, 26 ans, d'un coup de tranchet dans le coeur. Il reprochait à Lauriat de l'avoir empêché de se rendre à l'infirmerie huit jours plus tôt après s'être auto-mutilé, et Garnier d'être un détenu trop docile qui le suppliait de ne pas tuer Lauriat. Réveillé à 3h par le gardien-chef. "Ah ah ! C'est donc pour aujourd'hui ! Eh bien, autant vaut aujourd'hui que demain !" Comme le gardien avoue que c'est une triste besogne d'annoncer cela, il répond : "En effet, c'est bien triste, mais c'est votre devoir." Discute jusqu'à 4h30 avec l'aumônier Sauvagnat, puis est conduit au vestibule où il est accueilli par le curé Ricodon. Calme, boit une tasse de café et un verre de Bordeaux. A 4h45, les exécuteurs de Riom et Bourges procèdent à la toilette. Silence, puis remercie les gardiens de leurs bons soins et réclame une cigarette. On lui conseille de s'abstenir, répond : "Eh, que voulez-vous ? C'est la dernière !" Cigarette aux lèvres, en tenue pénitentiaire, Cellier quitte la prison pour rejoindre le carrefour du boulevard du Palais de Justice et de la rue de la Maison-Centrale - la place Desaix est occupée par une foire devant s'ouvrir le lundi suivant. Parcourt 200 mètres, serein, souriant aimablement, comme s'il allait à sa délivrance. Regarde le couperet sans faiblir, jette sa cigarette, l'écrase de son sabot, parle avec les prêtres quelques secondes, les embrasse, puis grimpe seul. Fait tomber la veste qui lui couvre les épaules, et silencieux, regardant la foule en souriant, salue par deux fois. Foule importante. 18 mai 1866
24 juillet 1866 Mardi, 6h Paris Louis-Joseph Philippe 34 ans, ouvrier encadreur. Tueur en série de prostituées, dix victimes probables, condamné pour quatre assassinats. Le 11 avril 1864, égorge à coups de couteau de cuisine Julie Robert, 26 ans, prostituée, au 14 rue Saint-Joseph et vole son porte-feuille. Tue à coups de couteau le 06 novembre 1864 Flore Mage, 32 ans, prostituée, ainsi que son fils Henri, 4 ans. Assassine le 08 janvier 1866, au 54, rue de Ville-l'Evêque - juste au dessus d'un commissariat de police -, Marie-Victorine Bodeux, prostituée. Attaque pour la voler le 11 janvier 1866 au 3 rue d'Erfurth Louise Midy, artiste peintre, tentant de l'étrangler. Arrêté quand il cherche à s'enfuir. Etendu mais déjà éveillé à l'arrivée, à 5h30, de l'abbé Crozes et le greffier. Calme, prie quelques instants, puis se laisse habiller. Refuse la nourriture, mais prend quelques gouttes de cognac. Dans le vestibule, on lui retire la camisole et on coupe son col. Pâlit terriblement et tremble comme s'il comprenait enfin ce qui va se passer. Trébuche en franchissant le seuil. Jette un regard à la foule. Soutenu par le bourreau, embrasse le prêtre sur les deux joues. Sur la bascule, ses jambes s'agitent jusqu'à ce que le couperet tombe. 17 juin 1866
22 septembre 1866 Samedi, 6h Rouen Théodore-Jules Picard 25 ans, domestique, journalier plusieurs fois condamné, libéré de Gaillon le 30 janvier 1866. Viole au Havre le 14 avril 1866 Hélène Toupin, 12 ans. L'enfant parvient à s'enfuir. Il lui vole 24 centimes. Le 17 avril, à Octeville, s'introduit par effraction chez M. Aubourg et vole 550 francs. Part pour Paris pour faire la fête, revient le 23 avec 136 francs. Le 24 avril, à Beuzeville, cambriole la maison Bailleul, mais doit s'enfuir quand un voisin donne l'alerte. Un passant, Decaens, cherchant à lui interdire de s'enfuir, est menacé d'un couteau. Agresse une passante, Mlle Picot, et la menace de se faire poignarder si elle ne répond pas à sa question : est-elle journalière ? Quelques heures plus tard, à Virville, rentre chez la veuve Vason, au hameau Dufay, en se faisant passer pour un percepteur, et assassine d'un coup de couteau dans le coeur Marie-Rose-Dorothée Levasseur, veuve Hattenville, 77 ans, et s'apprête à faire subir le même sort à son petit-fils Albert Vason, mais celui-ci a donné l'alerte. Couteau à la main, il se défend avant d'être mis à terre d'un coup de râteau et capturé. Reçoit la visite du gardien-chef Poidevin à 4h40 à la prison du Palais-de-Justice où il est incarcéré depuis sa condamnation. N'a pas dormi de la nuit, prend la nouvelle assez bien : vendredi, son avocat lui avait dit, contrairement à ses habitudes, dit "Adieu" en le quittant, et Picard avait tout de suite déduit que c'était la fin. Se laisse habiller, guider à la chapelle pour se confesser et entendre la messe de l'abbé Boucourt. Conduit dans une salle basse à 5h30 pour entendre lecture de l'arrêt, puis est livré au bourreau de Rouen, assisté d'un adjoint et d'un adjoint de Paris. Remercie les gardiens et prie M.Poidevin de remercier également Me Hommais, son avocat, pour son humanité et ses efforts. Refuse toute nourriture, grimpe dans la voiture à 5h45. Foule immense place Bonne-Nouvelle, dont beaucoup de femmes, ce malgré la pluie. Marche d'un pas ferme. Prie une dernière fois, à genoux sur l'échafaud. Saisi par les aides, se laisse aller au désespoir, tremble fortement et gémit à haute voix : "Oh mon Dieu ! Oh mon Dieu !" 07 août 1866
24 septembre 1866 Lundi, 6h05 Le Cateau (Nord) Henri Joseph Gosse 24 ans. Satyre assassin de Constance Elise Derombise, 12 ans, le 12 juin 1866 à Montay. Prévenu le 23 à 20h45 par le directeur de la prison de Douai. Aucune réaction, dit à l'aumônier : "Vous verrez que je saurai mourir avec courage !" Quitte la prison à 21h. Très calme, répond aux questions. Arrivé à 5h. L'hôtel de ville assez loin de la rue du Faubourg-de-Cambrai, lieu choisi pour l'exécution - la place principale étant occupée par la foire -, toilette effectuée dans les dépendances d'une auberge à dix mètres de la guillotine : le condamné reste debout. Va à l'échafaud assez fermement, regardant la foule avec mépris, mais son visage trahit son angoisse. Monte les marches avec fermeté, embrasse aumôniers et crucifix, dit quelques mots au bourreau avant d'être basculé. Environ 10.000 spectateurs, dont un nombre appréciable de femmes et d'enfants. Une enfant de 12 ans est blessée à la tête quand un spectateur descend du toit et fait tomber une tuile. 10 août 1866
09 octobre 1866 Mardi, 6h Nantes Mathurin Chaneau 25 ans, tailleur d'habits, ancien détenu en maison de correction, condamné à deux ans de prison pour coups et blessures. Viole puis frappe à coups de sabot, poignarde à la gorge avec une épingle et étrangle avec un mouchoir Anne-Marie Portejoie, 10 ans, entre Nantes et Candé, le 1er juillet 1866. Déjà éveillé à 4h à l'arrivée de l'abbé Benoît, très calme. Entend la messe avec recueillement. Pendant la toilette, conseille même à l'aide-exécuteur de placer le lien de ses jambes plus haut ou plus bas, mais ailleurs qu'au niveau de l'articulation du genou, arguant que cela l'empêcherait de marcher. Devant la machine, reste les yeux fixéx sur le couperet. Embrasse l'aumônier ainsi que le bourreau avant de grimper les degrès. Foule importante place Viarme. 05 septembre 1866
11 octobre 1866 Jeudi, 6h30, 6h33, 6h35, 6h38 Brest Jean Étienne Lénard, François-Marie Thépaut, Antoine Carbuccia et Pierre Louis Oillic 28 ans, matelot de 3e classe/maître d'équipage, 26 ans, matelot de 2e classe/responsable de la barre, 26 ans, quartier-maître de manouvre/charpentier et 28 ans, matelot de 3e classe, marins à bord du "Foederis-Arca", voilier parti fin le 8 juin 1864 de Sète à destination de Vera Cruz, au Mexique, chargé de liqueur et de vin. Embauchés faute de mieux - nous sommes en période de guerre -, se montrent les plus indisciplinés des matelots. Puisant sans vergogne dans la cargaison, s'attirent les foudres du capitaine Alfred Richebourg et de son second Théodore Aubert, 28 ans. La nuit du 30 juin 1864, Aubert est battu et frappé à la poitrine d'un coup de couteau avant d'être jeté à la mer. Richebourg subit le même sort juste après. A l'aube, à moitié soûl et comprenant que la mutinerie est sans issue, le cuisinier se jette à la mer également. Pour faire croire à un naufrage au cours duquel les victimes ont péri, le bateau est sabordé le 03 juillet. Les neuf survivants ne sont plus que huit, car le mousse Dupré, 11 ans, qui risquait de dénoncer l'affaire, est abandonné au milieu de l'océan à son tour. L'enquête, en septembre 1865, montre des incohérences dans l'affaire, notamment la clarté de la nuit en un soir de lune presque pleine et l'état valide des survivants. Julien Chicot, novice, est le premier à parler. Seul un seul matelot ne sera jamais retrouvé. Jugés par le tribunal maritime de Brest. Les marins Pierri et Tessier et les novices Chicot et Le Clerc sont acquittés. Peine confirmée par le tribunal maritime de révision de Toulon le 07 septembre 1866. Prévenus à 4 heures. Thépaut avait remarqué la veille au soir la présence exceptionnelle d'un piquet de troupe à la prison et se doutait des raisons de leur venue. S'entretiennent une heure avec quatre aumôniers, puis vont à la chapelle entendre la messe : seul Oillic ne communie pas. Oillic et Thépault mangent un en-cas de pain et de viande, arrosé de vin, tandis que Carbuccia et Lénard boivent un quart de litre de vin pour toute nourriture. La toilette est effectuée par les exécuteurs de Rennes, d'Angers et Caen, en silence. Carbuccia remarque, dépité, quand les ciseaux entaillent le col de sa chemise : "Couper une si belle chemise !" Avant de grimper dans le fourgon, les condamnés remercient les gardiens. Le convoi quitte la prison à 6h15, avec une voiture contenant à la fois les condamnés et les aumôniers, les exécuteurs derrière le fourgon à pied, avec les soldats à l'arrière. Entre 20000 et 30000 personnes présentes place Fautras, derrière un considérable service d'ordre, sur les remparts, aux toits et aux fenêtres. Tous vont à tour de rôle sur l'échafaud calmement, avec une prière et un baiser de l'aumônier. Une photo de leurs têtes après l'exécution. 22 juin 1866
05 décembre 1866 Mercredi, 7h20 Foix Bertrand-Marie-Ferdinand Balagué 39 ans. Abat de quatre balles dans la poitrine le 22 septembre 1866 à Saint-Girons sa soeur Marie Massart pour qu'elle ne touche pas l'héritage parental, puis au cours de sa cavale, tira sur le gendarmes Darbas et blessa le garde-champêtre Hispa. Marie survit huit jours à ses blessures. Réveillé à 5h15 par l'abbé Boy. Sitôt réveillé, repousse et menace le prêtre s'il ne sort pas. On lui lie les mains, mais dit : "Je ne vous ferai rien, vous autres. Vous êtes des domestiques. Vous ne faites que votre devoir." Reçoit les exécuteurs en plaisantant, demande si le couperet est bien affûté : "Vous aurez bientôt fait, n'est-ce pas ? Vous ne me ferez pas de mal ?" Mange une côtelette de veau, réclame du vin blanc mais doit se contenter d'un demi-litre de vin rouge, et d'un café arrosé d'eau-de-vie, repas qu'il avale avec appétit. Raconte son service militaire, notamment ses punitions, puis se lance dans une apostrophe révolutionnaire : "Vive 93 ! Vive Robespierre ! Vive Saint-Just ! Il n'y a pas de Dieu, Dieu, c'est le mal, la propriété, c'est le vol ! Proudhon avait raison !" Puis insulte Napoléon III et regrette que l'empereur soit toujours en vie. Après la toilette, quitte la cellule. Dans la cour, voit les gendarmes et imite Jacques Latour : "Peloton, par le flanc gauche, marche !" Puis ordonne aux hommes de garde : "Vous mangerez la gamelle à neuf heures, pour moi, il est probable que je ne la mangerai pas !" Ne portant qu'un pantalon, torse nu, cerné par les exécuteurs, va à pied jusqu'au Champ de Mars tout en continuant à crier "Vive Robespierre ! Vive 1793 !" Devant l'échafaud, manifeste un court moment de faiblesse qui montre que ses cris ne sont là que pour se donner du cran. "Allons-y", dit-il en grimpant les marches. 24 octobre 1866
08 mars 1867 Vendredi, 6h05 Paris Charles-Félix Lemaire 19 ans, serrurier dans l'entreprise paternelle. Le 20 décembre 1866, rue de Chartres, tua de sept coups de couteau sa voisine et future marâtre, Marie-Barbe Boltz, veuve Bainville, 39 ans, blanchisseuse, qui devait épouser Charles-Joseph Lemaire père, 68 ans, le surlendemain. Avoua haïr son père et prévoir de le tuer depuis 18 mois pour l'empêcher de dépenser son argent avec ses maîtresses. Temps glacial. Réveillé à 5h. "Eh bien allons", dit-il avant de discuter avec les gardiens. Entend les exhortations de l'abbé Croze. Après la toilette, dit à un gardien : "Oh, tout ira bien !" Quand sort de prison, silence absolu. A peine soutenu par Heidenreich et un aide, regarde les gens à droite et à gauche avec indifférence. Accélère à l'approche de l'échafaud, regarde le couperet brillant dans le jour naissant. Se laisse embrasser par l'aumônier, puis bascule. Peu de monde présent, suivant la fausse croyance que l'on exécute jamais le vendredi. 25 février 1867
18 mars 1867 Lundi, 6h05 Lyon Ambroise Barrel 31 ans, repris de justice. Etrangle et étouffe en lui écrasant la poitrine sa voisine Anne-Marie Thomasset, veuve Violet, 71 ans, dans la nuit du 2 au 3 décembre 1866 à Couzon-au-Mont-d'Or, puis fouille les meubles pour la voler. Mangeant à côté de sa victime, gêné par ses râles, l'achève. Guillotine - de couleur verte - montée sous un terrible orage. Déjà réveillé, discutait avec ses gardiens qui avaient reçu ordre de ne pas le laisser se rendormir pour faciliter ses réactions. Calme, repentant, prend un peu de vin blanc, puis va à la chapelle, s'entretient avec l'aumônier, entend la messe et communie. Au greffe, mange une sardine et tire quelques bouffées d'un cigare. Durant la toilette, parle avec les gens et affirme être d'accord avec l'idée de payer son crime. Embrasse le directeur, les aumônier et les gardiens. Monte en voiture cellulaire avec son confesseur et les exécuteurs. Ferme, grimpe les marches de l'échafaud, fait une dernière prière, embrasse le crucifix puis se laisse basculer. Court délai avant la chute du couperet. Environ 2500 spectateurs. 16 février 1867
18 mars 1867 Lundi, 7h Soissons Charles Sylvestre Demigneaux 48 ans, propriétaire à Montigny-Lerbain. Assassina le 12 juillet 1866 sa femme Marie-Madeleine Aubert, 51 ans, dans leur ferme d'Orval. Réveillé à Laon à 00h10 par l'abbé Degoix et par le directeur Amic. Dormait bien : s'assied, sa tête lui tombe sur la poitrine. SOutenur par l'aumônier, se lave un peu, puis salue quatre co-détenus avec lesquels il partageait sa cellule. Emporte quelques vêtements à léguer à ses proches. S'était offert une calèche pour aller jusqu'à Soissons : mains liées, fait le trajet avec l'aumônier et deux gendarmes. Très calme, pleure en silence. Remercie fréquemment le prêtre et plaint les gendarmes d'avoir à assurer pareille tâche. Puis demande tout de go l'heure de son supplice, et panique un peu : "Qu'est-ce qu'une guillotine ? Je n'en ai vu qu'une, il y a bien longtemps déjà, lors de l'Exposition universelle de 1855 à Paris. Mais sais-je, moi, comment cette machine fonctionne ?" Arrive à la prison de Soissons à 5h. Dans le vestibule, se réchauffe auprès du poêle. Délié, va à la chapelle, prie avec l'aumônier, toujours pleurant, le visage caché derrière un mouchoir. Revenu en cellule, demande à écrire à ses amis et à ses parents, faire un court testament, et demande que ses amis procèdent à son inhumation au village non sans avoir réclamé le pardon divin. La lecture de l'arrêt l'impressionne plus encore. Pris de frissons, se colle presque au poêle. Toilette dans le vestibule de le prison. Franchit la porte, la veste de bure sur les épaules, va d'un pas assez ferme à la machine dressée juste devant l'entrée. Embrasse le prêtre après une ultime prière. 10 février 1867
23 mars 1867 Samedi, 7h Châtellerault (Vienne) Louis Beaugeard 39 ans, jardinier, ayant passé depuis 1847 quinze ans en prison pour vols, escroqueries et offenses à l'empereur. Libéré le 13 août 1866 du pénitencier de Chiavari. A Coussy-les-Bois, le 22 octobre 1866, viole et égorge Clémentine Pichon, 25 ans, domestique. Réveillé à 2h à Poitiers, discute avec son gardien jusqu'à 3h. Le greffier lui annonce alors le rejet de la grâce. Dit : "Comme ça, Me Jacquelin n'a rien obtenu ? Je m'en doutais bien." Demande que son gardien, Sagot, l'accompagne jusqu'au bout : obtient gain de cause. Reste avec l'aumônier, entend la messe, communie. Un gardien pris d'un malaise lui fait dire : "En voilà un crâne qui se trouve mal, lui qui a été militaire." Demande à manger : déjeune d'un pâté et d'une pomme qu'il arrose de deux verres de vin et d'eau-de-vie en disant : "Je n'ai pas faim, mais ce n'est pas la peur qui m'empêche de manger." Embrasse tous les gardiens, les remercie, demande au directeur de l'accompagner aussi, puis embrasse un détenu en lui conseillant de ne pas faire comme lui. En sortant de prison, attaché dans la camisole, se dit seul coupable et affirme mériter son sort, donne quelques détails sur son crime. Va à pied à la gare, prend un train à 4h30. Arrive à Châtellerault à 6h11, monde à la gare. Conduit à la prison locale, y fait d'ultimes révélations, et demande s'il peut demander pardon au peuple une fois sur l'échafaud. On lui conseille de se résigner et de penser à Dieu. Refuse du bouillon et un verre de bin, mais prend un peu de liqueur de cassis. Toilette effectuée par l'exécuteur de Poitiers en larmes assisté par l'exécuteur d'Angers. Font le dernier trajet à pied au milieu d'une foule silencieuse. Arrivé sur le champ de foire, voir la guillotine sans trembler. Grimpe seul les marches, s'agenouille, embrasse prêtre et bourreau, puis dit fort : "Je demande pardon à Dieu et à la société tout entière. Certains me croient innocent. Je déclare que je suis coupable : le seul coupable !" S'étend seul sur la bascule. Environ 15.000 perspnnes présentes. 21 février 1867
29 avril 1867 Lundi, 7h Beauvais Désiré Edouard "Clément" Sellier 24 ans, ouvrier boutonnier. Trouvant le 25 février 1867 trois garçonnets cherchant des balles dans le champ de manoeuvres de Beauvais, commune d'Allonne, les fait boire du vin et leur donne de l'argent pour aller acheter des pétards. Resté seul avec le petit Arthur Lainé, 10 ans, l'attire dans un petit bois, l'enivre, le déshabille, l'éventre à coups de couteau, le viole et finalement lui plante son couteau dans la gorge. L'enfant survécut juste assez de temps pour l'identifier. Réveillé à 5h55, répond : "C'est bien." On lui propose à manger : "Donnez-moi seulement un peu de pain et une chopine de vin... Ah ! Je m'attendais bien à ça ! On vous endort avec des recours en grâce... Le plus puni, ce n'est pas moi, une fois exécuté, je ne saurai plus si j'ai vécu. Le plus grand malheur, c'est pour ma mère, ma femme et mon enfant. J'en ai vu exécuter trois, tenez, ça m'a fait beaucoup d'effet. Je me disais, est-il possible de venir mourir là ? Je ne croyais jamais que mon tour viendrait. Il est vrai que j'ai commis mon crime dans un moment de folie... Enfin, folie ou non, il faut la payer. C'est une mauvaise destinée. J'avais toujours été bon et honnête jusque là." Grignote à peine son pain : "Je n'ai pas faim, si tôt que ça." Propose au gardien un verre de vin, et demande qu'on donne à son enfant la croix qu'il porte à son cou. "Maintenant, buvons tranquillement la chopine, il est vrai que je n'ai plus beaucoup de temps devant moi, j'ai peut-être encore une heure à vivre, je demande à avoir du courage jusqu'à la fin. Je voudrais bien y aller à pied. Ca m'encouragerait encore plus. Je ne veux pas du curé. Je me suis bien comporté en prison, j'ai fait mes devoirs, communié, tout. C'est assez comme ça." On lui dit que l'aumônier accompagne habituellement le condamné alors dit "Soit. Je n'ai pas besoin de lui, je n'ai pas peur de la mort." Demande du café, puis demande aussi à qui se rendra dans son village de conseiller à sa femme de se remarier et de prendre soin de leur fillette. Prétend avoir entendu monter la guillotine, on lui affirme qu'elle est trop loin : "Ah, alors c'est vous qui avez fait du bruit dans la prison... et vous ne m'avez pas débarbouillé ce matin." Reçoit enfin son café, mais celui-ci, sans eau-de-vie, ne satisfait pas le condamné, qui le repousse, et prend une prise de tabac, regrettant de ne pas avoir pu aller à l'échafaud à pied pour fumer une pipe en marchant. Chantonne, se plaint du vin qu'on lui propose, regrette la vergogne qui pèse sur les enfants de guillotinés, puis rit en disant : "Il ne doit pas en manquer, de gens qui se cassent les jambes pour venir me voir." Toilette rapide, demande qu'on ne le fasse pas souffrir, et s'il a le droit de fumer en chemin. Allume un cigare en montant en voiture, salue la foule sur la route qui conduit au Franc-Marché. Sur la plate-forme, crache son cigare, embrasse prêtre et bourreaux avant de se laisser basculer. 20 mars 1867
11 mai 1867 Samedi, 5h Versailles Victor Eugène Pivost PARRICIDE, 35 ans, jardinier. Frappe à coups de marteau et étrangle avec une corde son père Eloi Pivost, 65 ans, jardinier, le 29 décembre 1866 à Livry-Gargan, pour le voler. Sa femme et complice, Marie-Félicité Raveaux, est condamnée aux travaux forcés à perpétuité. Réveillé à 3h par le directeur de la prison, le greffier et l'abbé Follet. Répond : "Je m'y attendais. Je suis prêt." S'entretient une heure avec l'abbé, puis va à la chapelle entendre la messe. Toilette et déferrement à 4h30. Calme, écoute le prêtre et recommande ses enfants. Demande un verre d'eau au directeur. Quitte la prison en tenue parricide à 4h45. Arrivé au Pont-Colbert, grimpe les marche, entend l'arrêt de mort, reçoit l'ultime bénédiction puis est basculé. Environ 5.000 personnes présentes. 06 avril 1867
21 août 1867 Mercredi, 6h Moulins Jacques "Chapriot" Boulanger 74 ans, fendeur. Condamné en 1843 par la cour d'assises de la Creuse aux travaux forcés à perpétuité pour tentative d'assassinat sur son beau-père, gracié après avoir purgé vingt ans de bagne, vient s'installer à Nocq. Invité chez les frères Antoine et Louis Sarrassat, 65 et 55 ans, sabotiers à Mesples, le 29 mars 1867, frappe les deux frères à coups de hache dans la tête, puis menace la domestique, Mlle Auberger, qui parvient à s'enfuir et à donner l'alerte. Louis décède dans la soirée, Antoine survit. Crime commis dans le but de s'emparer de leur argent. Réveillé à 5h15. Ferme, entend la messe de l'abbé Lacour. La toilette a lieu à 5h30, et condamné et exécuteurs quittent la prison à 5h45. Ne dit pas un mot, mais semble de plus en plus accablé à mesure que l'on s'approche de la guillotine. Si prostré en arrivant qu'on doit le porter pour le conduire sur la bascule. Foule assez grande. 11 juillet 1867
26 août 1867 Lundi, 6h Tourrette-Levens (Alpes-Maritimes) Marthe Tordo, épouse Clérissi PARRICIDE, 37 ans, cultivatrice. Dans la nuit du 30 au 31 mars 1867, à Tourrette, tue d'un coup de bâton dans la tête son père, Paul Antoine Tordo, âgé de 79 ans, et affirme qu'il a été assassiné par des cambrioleurs. Avertie le 25 à 11 heures du soir par les abbés Moriez et Boelli, aumôniers. Quittent la prison de Nice à 3 heures du matin : Marthe embrasse la femme du concierge, qui pleure, et lui promet de se revoir au paradis. Trajet de deux heures et demie pour 13 kilomètres. Console les gens autour d'elle. A 5h30, conduite à la mairie, dit adieu à ses enfants. Quelques instants avant six heures, revêtue de la tenue des parricides, quitte l'hôtel-de-ville et va à l'échafaud, monté sur la place devant environ 5.000 personnes. Reste calme et ferme. Devant l'escalier, entend l'arrêt de condamnation, puis dit à la foule : "Faites exemple sur ce qui m'arrive ! Je demande pardon à Dieu et aux hommes. J'ai péché, je suis contente de mourir." Grimpe les marches, dit encore un mot de repentir, puis au moment d'être basculée, pousse un cri étranglé en apercevant finalement le couperet. 09 juillet 1867
28 novembre 1867 Jeudi, 7h Paris Jean-Charles Alphonse "Davinain" Avinain 68 ans, ancien boucher. Condamné en 1848 aux travaux forcés, passe 18 ans au bagne de Guyane, revient à Paris en 1866. Attire dans un piège similaire deux marchands de graines et de fourrage : le 17 mars 1867, rue des Chasseurs à Asnières, tue à coups de pierre Isidore Vincent, 28 ans, marchand à Croissy-Beaubourg, dépèce son cadavre et le jette dans la Seine. Le 26 juin 1867, dans un hangar de Courbevoie bordant la Seine, tue M.Duguet, 75 ans, cultivateur à Longepierre, de dix-sept coups de marteau, dépèce son corps et le jette dans le fleuve. Chaque crime lui rapporte environ 11.000 francs. Temps de brume. Réveillé à 6h30, dormait bien. De très mauvaise humeur. "C'était inévitable : les hommes m'ont déjà fait tant de mal !" Mange un gâteau, prend deux verres de vin, s'entretient avec l'aumônier puis va à la chapelle. En arrivant au greffe, injurie sa femme et sa fille pour leur manque de soutien, puis dit : "C'est injuste ! On gracie les menteurs, et à moi qui dis la vérité et qui avoue, on va me couper le cou ! Voilà ce qu'ont fait de moi la justice et la police !" Puis remarquant M.Claude, chef de la Sûreté, s'excuse : "Je ne dis pas cela pour vous, vous avez été plein de bienveillance et d'égards avec moi. Et puis, après tout, le monde m'a traité trop mal pour que je regrette de le quitter. Je suis un homme, je mourrai en homme !" Pendant la toilette, trouve le temps trop long : "Allons, dépêchez-vous, lâches que vous êtes ! Qu'on en finisse !" Quand il sort de prison, clame : "Adieu, enfants de la Patrie !" Juge qu'il y a trop de monde présent pour son exécution : "Trop de peuple !" Résiste pour grimper les marches, crie quand on le bascule : "Messieurs, n'avouez jamais ! N'avouez jamais !" 26 octobre 1867
07 décembre 1867 Samedi, 7h03 Besançon Joseph "La Montagne" Legros 37 ans, bûcheron, cultivateur. Voleur déjà condamné, au cours d'un cambriolage, assassina d'un coup de hache dans la gorge Pierre-François Demandre, 81 ans, après avoir massacré sa domestique Joséphine Gillet, 32 ans, dans le nuit du 06 au 07 avril 1867, à Rigney, pour dérober environ 10.000 francs en louis d'or. Temps de neige. Réveillé à 4h30 par le gardien-chef, dormait bien. Se relève sur un coude, accablé : "Comment ? Il n'y a pas quarante jours ? On m'avait dit qu'il fallait quarante jours ! C'est égal, c'est bien dur... C'est bien, je vous remercie." S'habille, s'entretient avec le curé de Saint-Pierre, va à la chapelle, écoute la messe de l'abbé Lavaux, gémit doucement durant l'office. Au greffe, fond en larmes, et s'emporte contre le commissaire qui lui demande où il a caché l'argent de sa victime : "Comment voulez-vous que je vous dise où l'argent est caché, puisque ce n'est pas moi qui ai fait le coup ?" Interrompant le curé, rajoute : "Je ne puis vous idre autre chose que ce que je vous ai dit hier et avant-hier. Je n'ai rien à dire qui ne puisse être entendu de tout le monde. Je suis innocent, on le saura plus tard, vous verrez... On dit que j'ai voulé l'argent, mais celui que j'avais venait de mes économies. Mes pauvres enfants, que vont-ils devenir ? La justice m'a pris mon argent : c'est ma femme et mes enfants qu'elle prive ! Ah, si Mme Demandre, la religieuse, voulait, elle ferait commuer ma peine !" Toilette dans le vestibule, on lui enlève les fers et on le ligote pendant qu'il s'agite, se dit innocent, demande à voir sa famille, donne au gardien-chef deux médailles argentées à remettre à sa femme. Avale un petit verre de madère en guise de cordial. Monte dans la charrette. Sur le pavé glissant, un cheval tombe qu'il faut remplacer, ce qui entraîne un retard. Environ deux mille personnes présentes place des Jacobins malgré la neige qui tombe sans interruption. Les yeux en larmes, monte fermement les marches, s'agenouille sur l'échafaud, prie pour sa famille, puis dit à voix haute : "S'il y a quelqu'un d'influent parmi vous, je vous recommande ceux que je laisse après moi." 07 novembre 1867
18 décembre 1867 Mercredi, 8h Blois Pierre Casimir Farneau 23 ans, ouvrier agricole connu pour sa violence. Assassina les époux Herpin, 63 et 53 ans, demeurant au "Chêne-Vert", à Souvigny-en-Sologne, dans la nuit du 03 au 04 août 1867 à coups de coutre de charrue pour voler environ 700 francs. Réveillé à 6h, impassible, semble ne pas comprendre ce qui va arriver. Parle avec l'aumônier. Admet l'imminence de sa fin durant la toilette, mais ferme et calme, dit : "Ne me faites pas trop de mal, vous allez m'en faire assez tout à l'heure." Demande au gardien-chef de remettre aux pauvres ses biens. Dernier entretien avec le prêtre, puis voyant la charrette dans la cour du Palais-de-Justice, dit "Je me sens de faire la route à pied", mais grimpe dans la voiture qui le conduit au Champ-de-Foire. Exécution sans histoires. 14 novembre 1867
30 décembre 1867 Lundi, 8h05 Bayeux (Calvados) François-Honoré Juhel 40 ans, sans profession, vivant à Crouay. Usant de faux pour rembourser les 14.000 francs de dettes accumulées, menacé de mort par l'un de ses créanciers et voisins, le tanneur Pierre Bernard, l'assassine le 24 août 1867. Réveillé à 2h30 par les aumôniers de Bayeux et de Caen, les abbés de Bisson et Lemoine. Très résigné, ne s'oopose même pas. Entend la messe et communie. Transféré à la maison d'arrêt de Bayeux en voiture fermée. Arrive à 7h. Durant la toilette, demande aux exécuteurs : "Surtout, ne me manquez pas !". Grimpe seul dans la charrette en compagnie des prêtres : conduit sur la nouvelle place, sise entre la caserne de la Charité et l'église Saint-Patrice, apparaît aux yeux de tous portant un foulard rouge sur la tête, pièce de tissu fournie par l'abbé Lemoine. Très pâle, monte sans hésiter les marches de l'échafaud. Embrasse le crucifix, se laisse embrasser par les aumôniers. Foule immense et bruyante, ne cessant de parler qu'à l'arrivée du condamné. 27 novembre 1867
16 janvier 1868 Jeudi, 7h33 Chartres Jean-Pierre Breckler 22 ans, vendeur de peaux de lapins, effectuant son service dans le 25e régiment de ligne. Assassine à coups de bâton, le 19 août 1867 à Ver-les-Chartres Mme Colas, 67 ans, cabaretière, pour lui voler 107 sous et égorge M.Chauveau, facteur, qui venait au secours de la première victime. Prévenu à cinq heures, entend la messe. Prend un petit déjeuner avec un verre d'eau-de-vie avant de quitter la prison. Arrive au polygone de tir, dans une carrière, rue des Perrières, avec un son de trompette. Descend du fourgon à l'entrée de la carrière, va à pied jusqu'au poteau avec l'aumônier, puis prie à genoux en tournant le dos au peloton. Se laisse bander les yeux, et tombe face contre terre après la salave. Fusillé sur ordre de Napoléon III, à la demande du maréchal Canrobert et du ministre de la guerre, qui considèrent que le crime a été commis par un militaire, et tombe donc sous le coup de l'article 196 du Code de justice militaire. 5000 spectateurs environ. 15 décembre 1867
27 janvier 1868 Lundi, 7h30 Marseille Félice Nardi, Antonio Quaranta et Giovanni "Petrucci" Codda Zabetta 27 ans, pharmacien, 30 ans, terrassier et 35 ans, ébéniste, membres d'une bande de voleurs italiens de grand chemin dont Codda était le chef. Attaquent le 30 mars 1867, route du Canet près de Marseille le laitier Fiandino, le frappent d'un coup de pierre et volent 22 francs. Le 1er mai, au quartier Camp-Major entre Marseille et Aubagne, attaque la maison de Jean-Baptiste Bérenger, agressant au passage sa fille, Rosine Camoin, qui les a vus en embuscade. Bérenger et son fils Polycarpe sont battus à coups de bâton, et blessés d'un coup de revolver et de couteau. Jean-Baptiste doit rester convalescent trois semaines pour s'en remettre. Près de Nice, dans la nuit du 14 au 15 juin, attaquent successivement plusieurs charretiers sur la grande route. Alors que les époux Vital sont assaillis, leur domestique Eloi Arnaud, qui tente de les défendre, est abattu de deux coups de feu à la poitrine et au bras, puis achevé de deux coups de couteau dans les reins. Dans la nuit du 02 au 03 août 1867, se postent à l'entrée sud d'Aix, lieu-dit "Albertas" et attaquent les passants et les diligences. Alors qu'ils attaquent le cocher Martin, la diligence de Marseille à Apt leur passe tout à côté, mais ne daigne pas s'arrêter face à leurs menaces. Un coup de feu atteint M. Maurin, passager circulant à côté du cocher, en pleine poitrine. Il meurt juste avant d'entrer dans Aix. Il faut associer à cela au moins une dizaine de cambriolages commis sur la même période, parfois avec menaces et violences. Un quatrième complice, Giacomo "Tretoc" Mulateri, 40 ans, tanneur, est condamné à mort et gracié. Oggero et Trivero sont condamnés à vingt ans de travaux forcés. Cinq autres sont condamnés à des peines allant de quinze à huit ans de bagne. Seul Malesti est acquitté. Réveillés à minuit à la maison d'arrêt d'Aix. Seul Codda ne dormait pas, et dit calmement : "Ah, j'avais le pressentiment que ce serait pour demain, aussi, je ne voulais pas me déshabiller." Quand ils quittent la cellule, on isole Mulateri. Comprennent aussitôt qu'il est grâcié et prennent mal la nouvelle. Nardi dit : "Il en a fait plus que nous !" Remercient le gardien-chef puis sont chargés dans la voiture. Croisent en chemin la même diligence que celle qu'ils ont attaqué cinq mois plus tôt. Arrivent à Marseille à 4h30. A la prison Chave, Codda encourage ses camarades : "Fate corraggio !" Nardi demande à faire des révélations au procureur, Coda demande qu'on les autorise à marcher pour exprimer en public leur repentir. Trop de foule, ils doivent terminer le parcours en voiture. Place Sébastopol, Nardi passe le premier, s'adressant au public, demandant pardon à Dieu et aux hommes : "Adieu la France", conclut-il. Quaranta ne dit rien, pâle et atterré. Codda embrasse le bourreau, demande pardon à la France et meurt avec courage. Utilisation d'une guillotine à panier, comme pour Picot en 1865. 16 décembre 1867
30 janvier 1868 Jeudi, 7h15 Chamonix (Haute-Savoie) François-Basile "Vicaire" Vicquéry 26 ans, ouvrier agricole, originaire de Brusson (Val d'Aoste). Coupable de vols, de faux et usage de faux, attire, le 12 août 1867, le père Jean-Marie Mariaz, 61 ans, curé de Vallorcine, dans un guet-apens, l'assomme à coups de gourdin avant de le jeter depuis le pont de la Mollietaz dans le torrent de l'Eau Noire. Au prebsytère, menace Hélène Jacquet, la bonne du curé, et fouille les lieux, sans trouver d'argent mais en dérobant une montre. Le curé, contre toute attente, survit à l'épreuve et peut dénoncer et reconnaître son assaillant, qui est arrêté dès le lendemain. Guillotine transportée de Chambéry dès le vendredi 24.Transféré le 29 depuis la prison d'Annecy sous couvert d'une nouvelle enquête, mais il n'est pas dupe du mensonge. "Si c'était vrai, M. l'Abbé Laffin ne serait pas là. Il est inutile de chercher à me tromper. Je veux faire une bonne mort, me confesser et communier." Raconte deux rêves : "Dans le premier, je traînais avec peine une vache noire avec la tête blanche qui ne voulait pas marcher, et j'ai bien dit : c'est le curé de Vallorcine. La seconde fois, j'ai vu venir le brigadier du Plot qui venait me mettre les menottes et j'ai dit : c'est bien le moment !" Affirme également : "C'est le garde-champêtre qui m'a perdu." Long trajet, très froid, et douleurs vives à cause des entraves. A Bonneville, halte : boit un verre de vin chaud offert par le gardien de la prison locale qui l'avait "accueilli" quatre mois durant. L'embrasse et lui dit : "Adieu, jusqu'à l'autre monde !" Neige à compter de Chedde, et à partir de Servoz, utilisation d'un traîneau de six chevaux pour franchir les deux pieds de neige qui recouvrant la route. Transféré d'un véhicule à l'autre emmitouflé sous une couverture. Pris d'un tremblement nerveux à mesure que le convoi se rapproche, et reproche à ces gens leur curiosité, arguant qu'il n'est qu'un pauvre pénitent que Dieu pardonnera. Arrive à Chamonix à 18h, hébergé dans une chambre de la caserne de gendarmerie avec une cheminée. Dort jusqu'à minuit et demi. Se leva, discute avec les gardiens, refuse la nourriture mais prend une tasse de café, puis se recouche jusqu'à 6h. Réveillé par le procureur, aucune émotion. "Je sais que je vais mourir, mais j'ai mérité ce châtiment." Entend la messe. Conduit en traîneau à 7h10 place du Bouchet, le long de la route de Montenvers, en face du temple anglican. Terrain déblayé durant la nuit. Silence absolu. Epouvanté, s'agenouille devant l'escalier, demande à l'aumônier des prisons d'Annecy : "Priez pour moi !". Soutenu par les exécuteurs de Chambéry et de Grenoble. Après la chute de la tête, des femmes s'enfuient en hurlant d'horreur. Temps glacial, -10°C, congères d'un mètre. Foule : environ 3.000 personnes, dont pas mal de femmes et d'enfants, venus du Valais et d'Aoste. Première et unique exécution capitale en Haute-Savoie depuis l'annexion de 1860. 18 décembre 1867
22 avril 1868 Mercredi, 7h Beauvais Charles Adolphe Longé Déjà condamné en 1851 à cinq ans de travaux forcés pour incendie volontaire, puis à sept ans de réclusion en 1858 pour vol qualifié. Assassina à coups de marteau, de bûche, de pied et de mains, le 1er décembre 1867 à Beauvais, profitant d'une tempête terrible, deux sexagénaires, Florentin Millet et Mme Delacroix, pour voler au moins 250 francs et une broche en or, avant de tenter d'incendier la maison en faisant brûler la paillasse. Réveillé à 5h30, dormait légèrement, un peu surpris, mais reprend son sang-froid. Entend la messe de l'abbé Boieldieu. Ne dit rien durant la toilette, mais défaille un peu en montant dans la charrette à 6h45, écoutant attentivement les exhortations de l'aumônier. Saisi en voyant la foule sur la place du Franc-Marché, s'effondre assis, tandis que la foule acclame son arrivée. Doit être porté sur la bascule. 20 mars 1868
24 juillet 1868 Vendredi, 5h Vannes Mathurin Lodého 30 ans, journalier. Assomma à coups de barre de fer avant de l'égorger à coups de couteau sa femme Jeanne-Marguerite Lino, 27 ans, le 01 avril 1868 à Vannes, et tenta de récidiver deux jours plus tard à Kerno sur la personne de son beau-père Joseph Lino, qu'il blesse seulement au bras. Très calme, prie avec l'aumônier Le Floch et le père Fréhaut. Sur le chemin séparant la prison de la place, très courageux : interpelle une personne qu'il connaît, et passant devant une auberge, demande à l'aumônier d'aller lui chercher un verre de cidre qu'il obtient. Un millier de personnes présentes place du Champ-de-Foire. 11 juin 1868
05 septembre 1868 Samedi, 5h50 Bourg-en-Bresse Jean-François Blanc-Gonnet 32 ans, sans profession. Etrangle le 25 mai 1868 Aimée-Clémentine Rolland de Ravel, épouse Ferrand, 58 ans, à Conzieu, sa mère adoptive, parce que celle-ci se serait opposé à ses fiançailles avec l'une de ses domestiques, puis vole des bijoux. Réveillé à 3h par l'aumônier, promet d'avoir du courage. Entend la messe dans la chapelle, prend un peu de café er fume sa pipe jusqu'à l'arrivée des exécuteurs. Fait remettre une lettre au journal local "Le Courrier de l'Ain", dans laquelle il remercie bien des personnes : "J'ai trouvé le temps un peu long, mais me voilà bientôt libre d'une bonne liberté. N'oubliez pas, monsieur le rédacteur, de dire aux moins que je meurs espérant en Dieu et en la Vierge Marie. Ah ! Si je meurs confiant et tranquille, c'est que je vois ma noble victime qui m'a pardonné..." Quitte la prison à 5h30 et malgré la présence d'un camion, demande à faire le chemin à pied jusqu'à la place du Champ-de-Mars. Très ferme, accompagné par l'aumônier qui psalmodie et par l'exécuteur, regarde la foule, s'agenouille devant l'échafaud, puis grimpe seul. Se tournait vers le public, semblant vouloir leur parler, quand les exécuteurs font leur oeuvre. 25 juillet 1868
16 septembre 1868 Mercredi, 7h Colmar Martin Reguette 26 ans, déjà condamné à trois reprises. Assomme et étrangle, le 29 juin 1868 dans la forêt de Thannenkirch M.Laurent, 67 ans, pour lui voler 550 francs. Apprenant cette somme au détour d'une conversation dans une auberge, passa la journée à l'enivrer avant de l'attirer dans un guet-apens. Réveillé à 5h par le greffier. Tombe dans l'abattement, ne dit plus un mot. Assiste avec d'autres détenus à la messe. Au seuil de la maison d'arrêt, on lui propose d'aller à l'échafaud à pied ou en voiture : il opte pour la voiture. Arrivé au pied de l'échafaud, dressé place de la caserne de cavalerie, s'agenouille et récite une prière avec l'abbé Meyblum. Monte les marches sans soutien. 08 août 1868
28 septembre 1868 Lundi, 5h30 Eymoutiers (Haute-Vienne) Léonard Clédassou 28 ans, cultivateur à Peyrat-le-Château, connu comme violent et voleur. Epouse le 29 janvier 1867 Jeanne Mazin et touche une dot de 600 francs. Le 28 février suivant, profitant du sommeil de son beau-père, Léonard, maçon à Eymoutiers, lui vole 1.100 francs. Mazin se rendant compte du larcin le force, par obligation notariée, à le rembourser. Tentant par plusieurs escroqueries de faire annuler ce remboursement, finit par assassiner Mazin d'un coup de maillet de menuisier le 07 mars 1868 et enterre le corps dans un champ. Ses complices présumés, Lerousseau et Pénicaud, sont acquittés. Incarcéré à Limoges, prévenu la veille à 18 heures. Délié de sa camisole et des fers, résigné. Embrasse toutes les personnes présentes et émet le regret de n'avoir pu dire adieu à Mme Noyer, sa bienfaitrice. Grimpe en voiture avec l'abbé Torrilhon. Arrive à Eymoutiers à une heure du matin. Conduit à la prison, puis à l'église attenante, entend la messe et communie. Reçoit la visite de proches en prison, les embrasse avec effusion, prononce des mots de repentir et incite les gens à ne pas suivre son exemple. "Après tout, chacun fait son chemin dans le monde. Si Dieu eût voulu, j'aurais été à Cayenne. J'y aurais passé dix ans ans, vingt ans peut-être, et puis je serais mort. Je meurs tout de suite et j'ai la joie d'être en état de grâce. J'espère que l'intercession de la Vierge, de Saint Léonard, de Saint Joseph et de Saint Amand m'obtiendront la miséricorde divine." Refuse les aliments, mais accepte un peu de vin et plusieurs vigares qu'il fume jusqu'à l'arrivée des exécuteurs de Limoges et d'Orléans. Ferme durant la toilette, grimpe dans une voiture découverte qui le conduit à 150 mètres de la prison, près de la route de Limoges. Soutenu par l'aumônier et le curé de Peyrat-le-Château, qui grimpent avec lui les marches, les embrasse ainsi que le crucifix. 2.000 personnes environ, première exécution à Eymoutiers depuis une pendaison en 1767 ou 1768. 23 août 1868
07 avril 1869 Mercredi, Saint-Omer (Pas-de-Calais) Alfred Joseph Legrand 23 ans. Agresse à coups de bâton Jean-Pierre Petit, 60 ans, cultivateur à Couin, au soir du 22 novembre 1868, à mi-chemin entre Couin et Souastre pour le voler, alors que celui-ci revient du marché au grain d'Arras. Entend la nouvelle sans réagir, meurt courageusement. Trois charpentiers, Leclercq, Cotel et Liégard, se verront inquiétés par la justice pour avoir refusé d'assembler l'échafaud malgré les injonctions du procureur impérial suivant la loi du 22 germinal an IV et jugés devant le tribunal de police le 22 avril. 10 mars 1869
14 juin 1869 Lundi, 5h Reims Pierre Jules "Louis" Diot Bonnetier. Assomme mortellement et défigure à coups de crosse de fusil, le 14 décembre 1868 chemin de Villeneuve à Pleurs, M. Jollard, ancien maire de la commune, contre lequel il avait gardé rancune depuis que Jollet avait fourni aux policiers, lors d'une précédente enquête, les plus mauvais renseignements à son sujet. Le corps n'est retrouvé que le 02 janvier, enterré dans un fossé d'irrigation à plus d'un kilomètre du lieu du crime. Théodore Diot, frère et complice de Jules, est condamné aux travaux forcés à perpétuité. Réveillé à 3h par le gardien-chef. Va à la chapelle, se confesse. Subit la toilette sans protester, puis est conduit place du Marché-aux-Chevaux, près du cimetière Sud, nouveau lieu d'exécution rémois. Faible, doit être soutenu par les aides pour grimper sur l'échafaud, et ne cesse jusqu'à la dernière seconde de se recommander à l'abbé Sacré. Environ 4.000 personnes présentes. 28 avril 1869
19 juillet 1869 Lundi, 3h45 Poitiers Jean-Auguste Babin 43 ans. Le 18 août 1868, à Buxerolles, attaque les époux Gas, restaurateurs : en l'absence de l'épouse, Marie Laverret, descendue tirer du vin à la cave, blesse gravement Jean-Auguste Gas à la tête d'une balle de revolver, puis le frappe de six coups de poignard dans le dos. Gas parvient à grimper un mur et à s'enfuir pour donner l'alerte. De deux balles, blesse Mme Gas au poignet et au front, puis se bat avec elle dans la cave jusqu'à ce qu'elle perde conscience. La conduit à l'extérieur pour la jeter dans le puits. Doit à nouveau se battre quand elle reprend ses esprits et cherche à échapper à la mort en s'agrippant à tout : en vain, elle est précipitée dans le puits, profond d'une trentaine de mètres. Babin est dénoncé et reconnu par M. Gas, qui meurt le 19 à dix heures du matin. Condamné en première instance par les assises de la Vienne, arrêt cassé, puis par les assises de Charente-Inférieure. Réveillé à 2h, informé par le greffier. Venait de se réveiller, engoncé dans la camisole. Calme, pleure à sanglots étouffés. L'arrivée de l'aumônier le plonge dans la stupeur, pleure davantage : "Ma pauvre femme, mes pauvres enfants, mon pauvre père, faut-il mourir sans les voir ! Mes pauvres enfants, ils vont être deshonorés !" Refuse toute nourriture. A la chapelle, entend la messe, mais a communié et s'est confessé la veille. Dans sa cellule, discute à nouveau avec l'aumônier, puis passe ses vêtements civils tout en parlant de sa femme et de ses enfants, et se plaignant de ne pas avoir été averti plus tôt. "Il y a du monde dehors pour moi ? Non ? Tant mieux !" SUbit la toilette avec calme, et demande à l'exécuteur si c'est bien cela qu'on appelle la toilette. Le bourreau pleurant, Babin lui demande pourquoi, et l'exécuteur explique qu'il fait preuve de beaucoup de sensibilité dans son métier. Avant de quitter la prison, remercie les gardiens et les embrasse. Quitte la prison en voiture à 3h30, passant difficilement à travers la foule de la rue de la Visitation. En voyant, place du Pont-Guillon, la guillotine, tressaille et s'agenouille, mais se relève immédiatement. Au pied de l'escalier, nouvelle génuflexion et prière, puis grimpe sur la plate-forme. Les manches de sa chemise, attachées sur ses épaules, sont détachées. Babin embrasse le prêtre, les exécuteurs et leurs aides, puis se place seul sur la bascule en embrassant légèrement le crucifix une dernière fois. 18 février 1869, 17 juin 1869
05 août 1869 Jeudi, 4h59 Paris Désiré-Pierre "Collignon la Grenouille" Momble 49 ans, ancien marinier. Ivre, tue le 7 mai 1869 rue Compoise à Saint-Denis Mme Padieux, épouse Gagnon, couturière, 32 ans, sa maîtresse et son fils Arthur, onze ans, à coups de hache. Réveillé à 4h30 par le prêtre. "Ah... je m'y attendais un peu... même beaucoup !" Remercie un gardien : "Tous vos collègues n'ont pas été pour moi aussi bons que vous. C'est égal, je vais mourir. C'est le sergent de ville qui en est cause, il a détourné ma femme, jusqu'alors fidèle à ses devoirs. C'est un coquin. Je lui en voudrai toujours ! Il a fait mon malheur." Conduit dans une cellule voisine, s'entretient avec l'abbé Croze pendant cinq minutes. Dans le vestibule, subit la toilette, se plaint que les liens de la camisole lui font mal. "Rendez-moi un dernier service, coupez-moi une longue mèche de mes cheveux et envoyez-la à mon frère." L'abbé obéit. Puis Momble demande à boire, et le prêtre sort de sa poche un flacon de vin, en remplit un verre qu'il tend à Momble, qui l'avale vite. "Ah, je regrette mon crime ! Oh ! L'agent de police ! Quel grand malheur !" Va à l'échafaud d'un bon pas, le visage légèrement penché vers le sol. Sur la plate-forme, s'adresse aux gens : "Adieu tout le monde !" 15 juillet 1869
14 septembre 1869 Mardi, 6h10 Rouen Jean-Guillaume Canu 54 ans, domestique à Ancretteville. Massacre en mars 1869 au hameau des Grandes-Dalles, commune de Saint-Pierre-en-Port, Mme Lefrançois, 79 ans, veuve d'un capitaine au long cours, en la défigurant et l'éventrant à coups de couteau pour la voler. Réveillé à 4h30 par le directeur de la prison et l'abbé Boncourt. Réagit peu. Délié, la camisole retirée, va à la chapelle, se confesse, entend la messe et égrène un chapelet. Va sans soutien subir la toilette : les exécuteurs de Rouen et de Caen n'étant pas encore arrivés à la prison, s'étend sur un lit de camp destiné aux gardiens et somnole pendant un quart d'heure en les attendant. Quand les exécuteurs arrivent, dit au prêtre qui l'incite au courage : "C'est un grand malheur, je n'avais pas le caractère méchant." On lui propose de l'eau-de-vie qu'il refuse : "Cela fait trop de mal". Boit un demi verre de vin, mais ne le finit pas : "C'est assez... je n'aime pas cela !" Pendant la toilette, dit aux exécuteurs : "Prenez garde à mon bras droit, il ne va pas comme l'autre." (Il était handicapé de ce bras suite à une fracture ancienne), et l'exécuteur lui répondit : "N'ayez pas peur. Nous ne voulons pas vous faire de mal." Ne dit plus un mot. A peine soutenu, grimpe dans le fourgon qui le conduit à la place Bonne-Nouvelle. Arrivée dans le silence. Descend, le visage ravagé par l'horreur. Grimpe l'escaler, s'arrête à la seconde marche pour chercher du regard l'aumônier. S'agenouille sur l'échafaud, embrasse le crucifix, demande pardon à Dieu. Relevé par les aides, embrasse à trois reprises l'aumônier puis se laisse basculer. 07 août 1869
21 octobre 1869 Jeudi, 7h Arras Charles Augustin "Apollinaire" Carpentier 32 ans, bonnetier à Puisieux. Le 15 juillet 1869, entre Bucquoy et Mailly, abat d'un coup de pistolet dans la tête Alfred Boulant, cultivateur à Puisieux (Somme), qui revenait du marché d'Arras pour lui voler 700 francs. Incarcéré à Saint-Omer, reçoit, à 18 heures le 20 octobre, la visite de l'aumônier et du directeur de la prison qui l'informent du rejet de la grâce. Pousse un hurlement de peur et tremble comme un perdu. Arrive à Arras peu avant sept heures du matin. En allant à l'échafaud, dressé sur la Grande Place d'Arras, un exécuteur lui dit : "C'est bien, mon ami, vous avez du courage, ayez-en jusqu'au bout." "Je tâcherai". Reçoit le baiser d'adieu des aumôniers de Saint-Omer et d'Arras avant d'être basculé. 11 septembre 1869
02 décembre 1869 Jeudi, 8h Quimper Yves Nicot 43 ans, sans profession, voleur récidiviste. Trancha la gorge, le 29 mai 1869 à deux kilomètres de Bannalec, de Véronique Le Gall, épouse Jaffré, fermière de Bannalec qui l'avait pris en voiture en revenant du marché de Quimper. Il lui déroba une centaine de francs, gagnés sur la vente d'avoine au marché. Se repent, va à la mort dignement. Au pied de l'échafaud, s'agenouille en compagnie de l'abbé Téphany pour une ultime prière. Mouvement de recul au moment d'être basculé, le photographe le tient par les cheveux. Grand nombre de spectateurs dont femmes et enfants. Exécuté par Louis Deibler. 23 octobre 1869
20 décembre 1869 Lundi, 9h Ensisheim (Haut-Rhin) Ferdinand Jean Altemeyer 25 ans. Tue le 23 août 1869 Joseph Vermuth, 18 ans, co-détenu à la centrale d'Ensisheim, d'un coup de rasoir qui le décapite presque. Réveillé à la prison de Colmar à 4 heures. On lui sert une assiette de soupe qu'il trouve trop chaude, puis il voit un verre de vin blanc. Fait le trajet menotté, en silence, avec l'abbé Meyblum et deux gendarmes. Lors d'une halte à l'auberge de Reguishelm, prend un nouveau verre de vin blanc et demande un cigare. Ecoute les prières du prêtre et lui demande de rester avec lui jusqu'au bout. Aux gendarmes qui veulent chasser les curieux qui tournent autour de la voiture, dit : "Laissez-les me contempler, ils prendront un exemple." Dit à ses accompagnateurs : "Mon Dieu ! Quand je songe qu'en 1860, j'ai assisté à Strasbourg à l'exécution de la femme Haumesser, et qu'aujourd'hui, je dois subir le même sort !" Regrette son crime et se repent, accepte la mort et dit que son principal regret est de ne pouvoir rendre la vie à sa victime. Demande à être inhumé au cimetière des détenus d'Ensisheim. Arrivée à 7h45, devant l'Hôtel-de-Ville. Conduit dans une salle, mange de la viande, du pain, et un dernier verre de vin blanc. Mange de bon appétit, demande régulièrement l'heure. Prie avec l'aumônier, embrasse le crucifix en pleurant. A neuf heures moins cins, les exécuteurs viennent procéder à la toilette et lui lient les mains avec un ceinturon en cuir. S'évanouit au moment de se lever, soutenu, perd à nouveau connaissance. Se reprend et quitte la mairie pour gagner la place, à une trentaine de mètres de là, avec fermeté. Devant l'escalier de l'échafaud, s'agenouille, dit une prière, embrasse le crucifix, puis grimpe seul les marches avant d'être basculé. Environ 6.000 spectateurs, dont des femmes ; émotion grande et larmes parmi le public. 12 novembre 1869
19 janvier 1870 Mercredi, 7h Paris Jean-Baptiste Troppmann 20 ans, mécanicien. Empoisonna Jean Kinck, 43 ans, industriel de Roubaix, avec de l'acide prussique (du cyanure) au château de Herrenfluh le 24 août 1869. Tente d'obtenir, avec un faux, une procuration sur les finances de la famille, mais son plan échouant, massacre à coup de pelle, de pioche et de couteau Gustave Kinck, le fils aîné, le 17 septembre dans un champ de Pantin. Le 19 septembre 1869, dans un autre champ de Pantin, massacre le reste de la famille : Mme Hortense Rousselle, épouse Kinck, 39 ans, enceinte de six mois, de 29 coups de couteau, Alfred, 6 ans, égorgé de trois coups de couteau, la tête broyée d'un coup de pioche, Marie, 2 ans, éventrée et la tête cassée à la pioche, Emile, 13 ans, est battu à mort puis étranglé, Achille, 8 ans, a eu le visage et le torse lardé de coups de couteau et Henri a reçu un coup de pioche en plein front. Certains d'entre eux ne moururent que parce qu'on les enterra vifs. Arrivée des officiels à 6h30. Troppmann réveillé depuis 15 mn, accoudé à la table, avait bien dormi. Informé par M.Claude, chef de la Surêté. Impassible. Ne donne aucun détail, dit qu'il n'a pas frappé et qu'il ne donnera pas non plus le nom de ses complices. Demande que l'on remette à ses proches une lettre destinée à son frère. "Il faudrait la mettre sous enveloppe", précise-t-il. On lui déboucle la camisole et on lui propose ses vêtements civils. Une fois habillé, laissé avec l'abbé Croze. Pris de faiblesse : "Tout est donc bien fini ! Oh ma mère ! Mon père ! Frères et soeurs, pardonnez-moi, c'est pour vous !" Fond en larmes. Descend au greffe, assez distant de la cellule. Assis sur une chaise, ligoté, ne tremble qu'au moment où l'on lui coupe les cheveux et le col de la chemise. Se redresse seul, et marche assez bien malgré les entraves. Se redresse devant la guillotine, se laisse embrasser par l'aumônier, et précise : "Dites à M.Claude que je persiste..." Recommande sa famille et grimpe les marches. Une fois devant la bascule, se raidit, se tord, et se retrouve la tête au-dessus de la lunette. Doit être maîtrisé à deux mains pour le ramener en place, parvient à se défaire une seconde fois, et quand est finalement coincé, mord le majeur gauche de l'exécuteur Heidenreich avant que celui-ci ne déclenche la machine. Pousse un cri aussitôt interrompu par la chute du couperet. 29 décembre 1869
21 janvier 1870 Vendredi, 8h01 Beauvais Clément-Modeste Bellières PARRICIDE, 33 ans. Le 24 octobre 1869, à Saint-Germain-la-Poterie, tente de mettre le feu à la maison familiale, tue son père à coups de couteau et de poing, et cherche à tuer sa mère et son frère réfugiés dans la maison. Montage des bois par temps de neige. Réveil à 7h, ne dormait pas, comprend aussitôt : "Ma mère ! Ma pauvre mère !" Refuse de voir l'aumônier de la prison, mais accepte celui du collège, M. Carpentier, et prie avec recueillement. Pendant la toilette, se débat, et les exécuteurs doivent faire preuve de force car le condamné est très robuste. "Je ne veux pas être guillotiné ! L'échafaud déshonorerait ma mère !" hurle-t-il. Calmé par le prêtre, finit par se soumettre aux exécuteurs en disant : "Je meurs en me repentant." Quitte la prison en tenue parricide, à bord d'une charrette, en compagnie de l'aumônier. Embrasse le prêtre avant de grimper les marches, soutenu par les bourreaux Nicolas Roch, assisté d'un aide, et Jean-François Heidenreich. Peu de monde (personne durant le montage). 11 décembre 1869
26 mars 1870 Samedi, 7h Laon Alexandre Duchemin 49 ans. Condamné à perpétuité le 12 juin 1869 pour avoir étranglé sa mère Marie-Rosalie Charpentier, veuve Duchemin, 80 ans, le 7 novembre 1868 à Berny-Rivière, sous prétexte qu'elle ne servait plus à rien dans la ferme. Son fils Louis-Joseph, dit Victor, 18 ans, est condamné à quinze ans de prison. Après le procès, les gendarmes s'intéressent aux ragots du village qui affirment qu'à quatre reprises, en 1863, 1865, 1867 et 1868, la fille Duchemin, Eugénie (27 ans en 1870) est tombée enceinte, et c'est son père qui s'est chargé de l'accoucher et de tuer les bébés en les piétinant ! La famille entière est cette fois jugée : Marie-Rose Duchemin, 48 ans, est condamnée à vingt ans de travaux forcés, Eugénie à dix ans, Victor à cinq ans et Alexandre, 22 ans, est acquitté. Réveillé à 6h, s'évanouit en apprenant la nouvelle. Une fois revenu à lui, boit une goutte d'eau-de-vie et fume une pipe. Conduit à la chapelle, entend la messe et prie. Demande à voir sa femme, ce qui lui est accordé : celle-ci ne semble absolument pas comprendre ce qu'il va se passser, et pleure un peu. Quitte la prison à 6h45 sous la neige. Arrivé au Champ-Saint-Martin, perd ses forces au moment de gravir les marches, s'agenouille sur la plate-forme pour recevoir l'absolution. Foule composée en grande partie de femmes. Exécuté par Nicolas Roch, bourreau d'Amiens, assisté du bourreau de Douai et de celui de Paris. 11 février 1870
02 juin 1870 Jeudi, 5h45 Valence Guillaume Bayon 27 ans, ouvrier passementier. Assassine de 34 coups de couteau dans le rapide Marseille-Paris le 20 mars 1870 l'homme d'affaires Alexandre Lubanski, 39 ans, entre Valence et Saulce, et jeta le corps sur la voie ferrée. Réveillé à 4h. Courageux, ne manifeste pas l'abattement habituel - chantait souvent en cellule durant son incarcération : "C'est bien, je m'y attendais". Calme, refuse les secours de la religion : "Je n'ai rien à vous raconter." Au greffe, mange un gros morceau de jambon, avant de boire du vin, du cognac et un café, et de fumer un cigare. Refuse de monter dans la charrette qui le conduit à son lieu d'exécution : "Une voiture, comme pour aller au Palais de Justice ? Non ! Je veux aller à pied jusqu'à la guillotine." On insiste, puis on lui cède. Foule énorme car jour de marché. Discute en chemin avec ses exécuteurs de Lyon et de Grenoble. Avisant des gens qui le regardent passer sans l'accompagner, les héle : "Eh bien ! Pourquoi ne venez-vous pas ? La vue n'en coûte rien !" Pâlit devant la machine, mais monte les marches avec courage et semble manifester un certain empressement. Refuse une dernière fois les secours de la religion : "Pas plus ici que dans la prison !" 27 avril 1870



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