FRANCE

1792-1977

Petites histoires autour de l'échafaud

Les anecdotes des exécutions

L'échafaud





A l'instar des dernières paroles, il existe beaucoup de petits faits marquants s'étant passés lors des exécutions capitales, ou ayant rapport avec l'exécution.

- En décembre 1949, à Béziers, on guillotine les assassins du Docteur Bonneton, Fournial et Vève. Le père de leur victime a adressé de nombreux courriers pour assister à l'expiation, sans succès. Alors, Mr Bonneton s'en fut trouver le bedeau de la cathédrale de Béziers, qui jouxte la prison, et le soudoya. Le matin de l'exécution, Mr Bonneton père se trouvait en haut de la tour, et put assister en toute tranquilité à la mort des deux assassins. Le fait fut connu, on voulut poursuivre les responsables, mais on y renonça. Quelques années après, pour éviter une nouvelle fois ce genre de désagréments, on recouvrit les cours des prisons de dais noirs lors des exécutions capitales.

- En août 1792, à Paris, le second fils de Sanson saisit une tête qui vient d'être tranchée, et d'un geste ample, la soulève pour la montrer au peuple. Il fait un faux mouvement, et tombe de l'échafaud, haut de deux mètres. Il tombe et se brise la nuque, mourant instantanément.

- Le charpentier Legros aidait régulièrement les Sanson à dresser l'échafaud. Promu aide, il participe à l'exécution de Charlotte Corday. Quand la tête de la jeune femme est tranchée, Legros l'attrape, la montre et lui colle deux gifles. La tête rougit ! Legros aura un blâme, une amende et sera emprisonné pour huit jours.

- Quand on réveille, en janvier 1941, à Bordeaux, Mme Ducournau pour son exécution, le procureur lui dit : "Le moment est venu de payer votre dette". Réponse de la condamnée : "Oui, j'ai de l'argent au greffe". La gardienne en chef devra lui expliquer, et Mme Ducournau se déchaîne sans vouloir y croire. En l'amenant vers la bascule, elle se débat tant qu'elle est à demi nue quand le couperet tombe.

- Le 12 janvier 1899, à Troyes, Deibler, sortant du palais de justice, est accosté par une jeune femme qui réclame d'assister à l'exécution du lendemain, celle de François Damoiseau. Elle se nomme Hélène Cordier, et est la fille du condamné à mort. Son père a tué, pour une sordide histoire d'argent, son gendre, blessé Hélène et son fils. Deibler s'opposera à la laisser se mettre au premier rang, mais Helène Cordier sera quand même là pour voir la tête de son père tomber.

- Le 12 mai 1899, Anatole Deibler pratique sa première double exécution, celle de Geffroy et Samson. Samson passe le premier, et quand Geffroy passe le cou dans la lunette, c'est pour pousser un abominable hurlement : l'aide a oublié d'ôter la tête tranchée de Samson de la bassine. Le couperet tombe enfin. Mais ce n'est pas fini. Au cimetière, la malheureuse mère de Samson se rend au cimetière pour identifier le corps de son fils. Mais les deux têtes n'ont pas été séparées. Deville, l'aide, se penche sur la panier, sort une tête dégoulinante de sang en la tenant par les cheveux, et montre l'affreux trophée à la mère en disant : "C'est bien celle-là?" La mère s'évanouit, Deibler recevra le seul blâme de sa carrière.

- Vers 1912, le shah d'Iran se rend à Paris. Ayant envie d'assister à une exécution, on le mène boulevard Arago. La tête tombe trop vite au goût de sa Majesté, qui dit n'avoir rien vu et réclame une seconde chute du couteau. Quand on lui répond qu'il n'y a plus de condamné, le Shah dit :"Ce n'est rien, prenez ce monsieur..." Il designe alors le chef du protocole, Mr Mollard, à l'air triste à la longue barbe noire. Le malheureux en fera une jaunisse.

- Quand Renard est exécuté en janvier 1912 à Paris, la tête est mal tranchée. Les aléas du métier. Mais n'exagérons pas : seul un lambeau retient la tête. Léopold Desfourneaux tire de sa poche un canif, sans être vu par un autre que Deibler, et coupe d'un geste le morceau récalcitrant.

- Le nombre de spectateurs à une exécution est très variable, mais certains battent des records : en 1878, quand on tranche Barré et Lebiez, 30000 personnes battent le pavé, et autant neuf ans après, lors de l'exécution de Pranzini. Lors de la double Allorto et Sellier en 1889, l'agence Cook loue plusieurs cars pour conduire les touristes au spectacle. 50000 personnes se trouveront là. Mais rien ne bat, pour l'époque "moderne", la reprise des activités de Deibler le 11 janvier 1909. Il faut dire qu'une quadruple exécution est une chose rare. A Béthune, paysans, mineurs du Nord et du Pas-de-Calais, étrangers se pressent dans les rares hôtels : au total, 100000 personnes piétineront dans la boue (il pleut à seaux cette nuit-là). Des anglais dépenseront des sommes considérables pour obtenir des autographes délivrés par de faux bourreaux. Un cafetier originaire de Montmartre, dont l'échoppe fait face à la prison, maculera une chope de sang de lapin, et affirmera que c'est la main de Deibler, tachée du sang des Pollet qui a laissé cette marque...

- Le 20 mai 1922, à Rennes, Deibler guillotine Lagadec, un parricide. Quand les portes de la prison s'ouvrent, un officier en grande tenue franchit les barrages qui cerclent l'échafaud. Quand le couperet tombe, l'officier, sabre au clair, salue, et clame : "Quand je vois tomber cette lame, je vois passer la justice de France !". Puis il s'approche de Deibler, lui parle. Anatole qui ne raffole pas des excentriques rencontre en ce militaire un ami, avec qui il correspondra jusqu'à la fin. Il écrira une dernière lettre à ce soldat la veille de son décès, sur le point de se rendre à Rennes pour exécuter Pilorge...

- En 1912, décision est prise : les militaires en dehors du service sont exécutés par la guillotine au lieu de la fusillade. Tisseau et Nolot, Patte et Vignau en feront les frais. Une décision similaire sera reprise le 13 mars 1940 : les militaires ou assimilés condamnés à mort par un tribunal pour crime de droit commun, et les civils condamnés par un tribunal militaire pour un crime qui ne relève pas de l'atteinte à la Sûreté de l'Etat, seront guillotinés.

C'est à qui aura le dernier mot !

Le triste réveil de Joseph Vacher

Boudas (1874) "J'ai froid, donnez-moi mes chaussettes" (on lui répond que c'est inutile) "Pardon, passez-les moi quand même !!!"

Moreau (1874) "Messieurs, vous allez voir mourir un innocent"

Gervais (1876) "C'est impossible, c'est un crime que va commettre la société !"

Billoir (1877) "Adieu mon père"

Lebiez (1878) "Adieu, les hommes"

Prévost (1880) "Je suis bien fâché pour l'administration !"

Campi (1884) "Je voudrais que l'échafaud fut bien haut pour que la foule me voie et m'entende » (et, en voyant la guillotine)"Ce n'est que ça !"

Heurtevent (1885) "Je meurs innocent. Vengeance sur le jury !"

Koenig (1886) "Où me menez-vous? Non, non, je n'irai pas !" (puis, le tête sous le couteau) "Ma mère, ma mère !!"

Frey (1886) "Adieu les garçons ! Aujourd'hui, on tue les jeunes !"

Rivière (1886)"Allez, vous pouvez dire au père Grévy que c'est un assassin !"

Paviot (1887) "Faut-y? Faut-y?" (au greffe, durant la toilette) "Ah, mes bons chers frères, accordez-moi la grâce de mourir dans mon petit lit..." (devant l'échafaud) "Faut-y? Faut-y?"

Géomay (1889) "Messieurs, je vous remercie de vos bontés"

Sellier (1889) "Je ne peux pas aller plus vite, j'ai les arpions ligotés comme des boudins !"

Eyraud (1891) "Constant est un assassin ! Il est plus assassin que moi ! Constant est un... "(le couperet tombe)

Rebours (1891) "Je l'ai bien mérité, faut que j'y aille, j'y vas!"

Baillet (1891) (A Deibler)" Voila 22 pas que je fais pour aller mourir" (A la foule)"Je vais mourir, je l'ai mérité ; mais Duthilleul est aussi coupable ! Allons !"

David (1892) (Après un assez long discours à la foule) "Maintenant, en avant, et vive la France !"

Hartelt (1892) (En voyant la machine) "Ah, très bien..."

Ravachol (1892) "Vive l'anarchie !"

Beaujan (1893) "En voilà des poires qui me regardent !"

Vaillant (1894) "Mort à la société bourgeoise ! Vive l'anarchie !"

Bouchareichas (1894) "Seigneur !"

Caserio (1894) "Courage, camarades, vive l'anarchie! "

Lemoine (1895) "Vous n'avez jamais vu exécuter un innocent? Eh bien, vous allez le voir !"

Simon (1895) "Je te demande pardon, Société, de mon crime. K'espère que tu me pardonneras. J'expie mes fautes."

Bonelli (1896) (en corse) "Je demande pardon à Dieu, je demande pardon à tous !"

Vaillat (1897) (probablement inspiré par son homonyme Vaillant) "Vive l'anarchie ! Mort à la société bourgeoise ! "

Fazzini (1897) (en montant dans le fourgon) "Regardez-moi bien, je suis un coupable"

Vacher (1898) "Portez-moi, si vous voulez ! Je ne marcherai pas !"

Damoiseau (1899) "Je n'en veux pas de votre Christ !" (puis, sur la bascule) "Vive la République ! A bas les Cor..." (le couperet tranche la syllabe "dier")

Bouché (1903) "Messieurs, si j'ai failli, c'est parce que je n'ai pas suivi les enseignements que j'ai reçus dans ma jeunesse..."

Leclerc (1903) "Au revoir"

Potin (1903) "Vive l'anarchie, vive l'anarchie, vive l'anarchie ! Je meurs innocent, les coupables courent encore !"

Languille (1905) (A la foule) "Sales paysans !" (puis sur la bascule) "Adieu la vie !"

Pozzi (1905) "Merde pour tous !"

Auguste Pollet (1909) "Ce que vous êtes pâles, les butteurs... C'est pourtant moi qui y passe ce matin."

Abel Pollet (1909) (à la foule) "Tas de salauds !" (puis, sur la bascule) "A bas les calotins ! Merde et encore merde !"

Besse (1909) (à Deibler qui lui coupe le col de chemise) "Quel tailleur vous faites !"

Duchemin (1909) (dans le fourgon qui le mène à la guillotine) "Où me conduisez-vous? Où me conduisez-vous?"

Berruyer (1909) "Je proteste..."

David (1909) (quand on coupe le col de sa chemise) "Ce n'était pas la peine de me la donner si chic pour la couper !" (en marchant) "Nom de Dieu, ce que vous m'avez serré, vous n'aviez pas cependant à avoir peur que je m'échappe !" (marche dans une flaque) "Je vais m'enrhumer" (devant la machine) "Salut ! Salut !" (sur la bascule) "Allez, envoyez !"

Liottard (1909) "Vive Deibler et mort aux vaches !"

Laroche (1910) "Au revoir pour toujours !"

Liabeuf (1910) "Non, mon exécution ne prouvera pas que j'étais un souteneur" (Liabeuf avait subi sa première grande condamnation pour avoir été l'amant d'une prostituée. Jugé pour proxénétisme, taxé d'une interdiction de séjour à Paris, il avait toujours considéré cette punition, qui, au bout du compte fut responsable de sa mort, injuste.)

Pierrel (1910) "Innocent, pas coupable..."

Terry (1910) (Voyant Deibler, au greffe) "Il a un beau bouc, cet homme-là !" (Il demande que les gardiens soient présents devant la guillotine. Puis, devant la machine) "Salut! Où sont les gardiens?"

Philippo (1911) "C'est malheureux de me couper le cou aujourd'hui, on aurait pu le faire il y a un an..." (Philippo avait été condamné à mort pour un premier crime le 05 juillet 1910.)

Caturegli (1911) (aux agents de police de la Seyne, qui sont présents, sur lesquels il avait tiré, tuant l'un d'eux) "Sias countent...bandits !!"

Tissot (1912) (A son complice Nolot) "Au revoir, Henri, courage !"

Nolot (1912) (A l'aumônier) "Pourquoi pleurer, dans quelques minutes, je serai plus content que vous ! " (puis, davtn la machine) "Dites à ma mère que ma dernière pensée est pour elle !"

Bourges (1912) (A l'aumônier qui lui dit courage) "Merci."

Bour (1912) "Adieu les amis ! Vive l'anarchie!"

Soudy (1913) (A ses camarades) "Il fait froid, au revoir."

Callemin (1913) "C'est beau, hein, l'agonie d'un homme?"

Monier (1913) "Adieu à vous tous, Messieurs, et à la Société aussi."

Monvoisin (1913) (fumant un gros cigare jusqu'au bout) "Dunkerquois, vous êtes des lâches !"

Doucet (1914) "Bonjour les amis ! Au revoir ! Adieu à mort, Tours !" (puis quand on le bascule) "Un, deux, tr..."

Verfeuille (1918) "Vive la Belgique !"

Vicini (1918) (voyant l'important service d'ordre faisant barrage) "Que d'honneur..."

Genevrois (1920) (a l'aumônier) "Faites le nécessaire..."

Maquehennen (1920) (quand on lui tend une cigarette) "Non, merci, je n'fume que l'Nil !" (Nota : Le Nil était une marque de cigarettes de l'époque, et son slogan était effectivement "Je ne fume que le NIL". Vous pouvez le voir dans les journaux d'époque).

Dehaemne (1920) (en pleurant) "Je suis innocent !"

Carré (1920) (face à la guillotine)"Ah, ah ! Te voilà, toi ! Eh bien, allons-y tout de suite, hein !"

Brossard (1921) "Bonsoir, messieurs, pour une fois la justice des hommes s'est trompée."

Bouy (1922) (il dit avoir mal à la gorge. Son complice Marcheselli lui dit qu'on va bientôt le guérir) "Eh oui ! Quand on a une dent malade, on vous l'arrache ! Quand on a mal à la gorge, on vous la coupe !" (quand les aides le lient) "Ce n'est pas la peine de nous attacher comme des colis ! Quand on va à la mort, on devrait y aller librement ! " (puis, face à la machine) "Ah ! Que c'est beau !"

Marcheselli (1922) "Ah, vous êtes tous venus !" (puis il se penche pour regarder une seconde le corps de Bouy dans le panier)

Landru (1922) "Faisons vite !"

Cassan (1922) "C'est içi..." (puis, à l'aumônier qui l'embrasse) "Au revoir, monsieur..."

Lucas (1922) "Salut à mon dernier matin ! Vive la Révolution !"

Charrier (1922) (à l'aumônier Gaëschmidt) "Pleurez pas comme ça, m'sieur l'aumônier, ca vaut pas la peine !"

Gounaud (1923) "Au revoir, maman."

Patte (1923) "Chrétiens, je suis chrétien, j'ai fauté, je paye !"

Viganu (1923) "Messieurs les juges, je vous remercie, vous avez fait votre devoir..."

Gueydan (1923) "Ne me poussez pas !"

Sicard (1923) (quand on l'attache) "Coupez-moi la tête si vous voulez mais ne faites pas de mal !"

Delval (1923) "Vas-y, mon pote ! Prends ma tête, je te la donne !"

Dumont (1924) "J'ai le vertige..."

Ousliman (1924) "Bonjour tout li monde !"

Olivier (1925) "A bas les curés, à bas les ratichons !"

Charpentier (1925) "Adieu."

Couliou (1925) "Vive l'anarchie, mort aux vaches !"

Berger (1926) "Adieu Maman ! Adieu Marguerite !"

Passevache (1926) "J'veux d'abord voir l'outil ! J'ai payé pour ça !"

Jeanty (1927) (alors qu'on lui permet de voir sa femme, condamnée à mort avec lui, et grâciée)"C'est ta faute, tu vois où tu m'as conduit. Débrouille-toi maintenant..."

Valence (1928) (quand on lui sert le verre de rhum) "Non, merci, je ne bois jamais ; quand je suis ivre, je ne sais plus ce que je fais..."

Montagnon (1928) (au réveil, au procureur) "En voilà, un salaud ! Fous le camp !" (à la toilette) "Qu'est-ce que c'est que cette histoire de m'attacher? Je vais pas foutre le camp ! (puis devant la Veuve) "Enlevez vos fusils, pas besoin de ça !" (puis il marche vers la bascule en riant et en fredonnant un air d'époque)

Frédillon (1929) (à l'aumônier) "Ca ne m'intéresse pas !" (puis, après avoir consulté le thermomètre : -6°C) "C'est quand même malheureux de partir pour l'autre monde par un froid pareil..." (puis, à la toilette) "On est ficelé comme un saucisson, c'est pas rigolo, votre truc!" (direction la machine, cigarette au bec et regard vissé sur la lame)

Ughetto (1930) (sur la bascule) "A moi les murs, la Terre m'abandonne !"

Clarisse (1930) (pendant qu'on le ligote) "Je suis courageux, mais je vois, Messieurs, que vous êtes aussi courageux que moi..."

Guiffaut (1930) (sur la bascule) "Adieu Fifine ! Mort aux vaches !"

Cipière (1930) (devant la machine, après avoir mordu et griffé les aides et les matons) "Li chei pas inquero ! Je veux parler au procureur !"

Barranger (1932) "La vie a épuisé ma sagesse, mais il y avait encore quelque chose de bon en moi. Je n'en veux à personne, Messieurs, pas même aux juges qui m'ont condamné ; mais je souhaiterais que cette exécution fût la dernière et servît de leçon. Il y aura, malheureusement, d'autres criminels après moi..." (puis, à l'aumônier) "Monsieur l'aumônier, on prétend que Dieu n'existe pas; c'est une erreur. Dans quelques instants, je vais le voir et j'en suis heureux !"

Cwojdzinski (1933) "Adieu la liberté ! Vive la liberté !"

Grandoux (1933) (quand on lui retire sa veste - c'est l'hiver) "Mais je vais avoir froid" (puis, face à la guillotine) "Comme elle est petite !"

Maucuer (1934) (sur la bascule) "Allez, envoyez !"

Putigny (1935) (à son réveil) "Je n'ai fait de mal à personne, il n'y a pas de justice" (accompagné d'un panel d'insultes variées...)

Spada (1935) "Au revoir à tous !"

Hubert (1938) (devant la machine) "Je suis innocent !"

Moyse (1938) (il fait un vrai scandale; pendant la toilette) "Ah, c'est vous Deibler? Vous êtes laid ! Et vous autres, vous avez de sales têtes !" (quand on découpe son col de chemise) "Maître Hubert, venez, on me donne des coups de ciseaux dans le cou !" (devant la Veuve) "Non, non, je ne veux pas !"

Kamphaus (1938) "Mieux vaut en rire qu'ne pleurer !"

Bloch (1939) "Nieder Hitler !" (A bas Hitler !)

Vocoret (1940) (à son frère, qui part le premier vers la machine) "De toutes façons, ca ne te portera pas chance..."

Rions de la mort d'illustres assassins inconnus

Est-il charitable de se moquer des condamnés à mort ? Le fait de rire de la guillotine est surêment contraire aux paroles d'Evangiles. Le Seigneur a dit :"Tu aimeras ton prochain comme toi-même." Personnellement, je préfère moi-même. Et j'ai horreur qu'on me tutoie.

L'accusé vient d'être condamné à mort. Le procureur de la République s'approche de lui et lui dit :
-Permettez-moi de vous offrir cette bouteille de champagne. Je fête ma centième tête...


Alors que le condamné sort de sa cellule, au matin de l'exécution, l'avocat général s'approche de lui et lui demande, sur un ton lugubre :
-Avez-vous une dernière volonté à formuler?
-Oui, dit l'autre. Je voudrais garder mon foulard...
-Votre foulard? Pourquoi?
-J'ai la gorge fragile...
(NB : Il semble que cette plaisanterie soit authentique, et elle serait l'oeuvre de Jerôme Marcheselli, exécuté à Marseille le 02 février 1922.)

Le même condamné à mort s'approche de la guillotine. Mais avant d'introduire sa tête dans la lunette, il siffle au bourreau :
-Vous n'avez pas honte de faire un métier pareil?
Et le bourreau ronchonne :
-Que voulez-vous? Il faut bien vivre...

(Ou bien sa variante, tel que la racontait mon grand-père :
Durant la Révolution, le bourreau s'adresse au ci-devant marquis, qui grimpe à l'échafaud :
-Citoyen condamné, patientez un instant, je fais aiguiser la lame, il faut bien que tout le monde vive...)

Cela fait trois fois que le couperet de la guillotine tombe sur le cou du condamné, et ça fait trois fois qu'il rebondit. Le juge, les avocats, l'aumônier, tout le monde s'arrache les cheveux. Le condamné, lui, est très guilleret. Il dit :
-Vous ne vouliez pas me croire, hein, quand je vous disais que je n'étais pas coupable !


La malheureuse épouse du condamné exécuté se promène dans un jardin public avec son garçon et une vieille amie l'aborde (pas Catherine) :
-Mon Dieu, comme il a grandi, ce petit ! Maintenant, il a au moins une tête de plus que son père !

*Guillotine : machine qui, à juste titre, fait hausser les épaules à un français.

Ambrose GWINETT BIERCE (1842-1914)




*Le bourreau Deibler avait de la sympathie pour Lucien Guitry, qui déclara :
"C'est normal, ma tête lui revient."

*Au moment où le condamné a la tête sous la guillotine, il devrait y avoir un silence avant que le couteau tombe. Un garde républicain sortirait des rangs et remettrait une lettre au bourreau et celui-ci dirait au condamné: "C'est ta grâce!" Et il ferait tomber le couteau. Ainsi le condamné mourait dans la joie.

Jules RENARD (1864-1910)




*"Qu'est ce que l'ordonnance de janvier 1847?
-C'est l'ordonnance Dunoyer de Segonzac par laquelle il est rappelé aux condamnés à mort qu'une exécution est un évenement sérieux.
-Est interdit de rire ou de plaisanter sur l'estrade pour provoquer la gaîté du public."

Jean GIRAUDOUX (1882-1944)



*A vendre, couperet guillotine, rigoureusement stérilisé afin d'éviter toute infection.

Pierre DAC (1893-1975)



*Thèse, antithèse et prothèse : il faut recapiter Louis XVI.

Jacques PREVERT (1900-1977)



*La Révolution, la Révolution, c'est toujours la même chose, on a choisi de couper la tête à un roi qui n'en avait pas.

Henri JEANSON (1900-1970)



*Plaider l'irresponsabilité en cour d'Assises, c'est tenter de convaincre un jury de ne pas envoyer un criminel à la guillotine parce qu'il n'a pas toute sa tête.

NOCTUEL (1923)




*Sur l'échafaud, ce bourreau avait en plus la voix tranchante.

Lionel CHRZANOWSKI (1958)



*On a vu des hommes monter sur l'échafaud, n'ayant que ce moyen pour s'élever au-dessus des autres.

Emile PONTICH (XXème siècle)



*Mon père disait que je mourrais un jour sur l'échafaud. Maman protestait pour la forme
-"Ne voyons pas tout en noir, il sera peut-être gracié."

Fernand TRIGNOL (XXème siècle)